Posté : mer. août 31, 2016 10:16 am
[center]La justice privée : droit légitime et justice rétributive[/center]
Le but de la justice est de permettre aux hommes de vivre ensemble en paix, de résoudre leurs différends et de rétablir cette paix quand elle a été troublée. Une véritable justice est donc une entreprise de pacification de la société qui cherche à résoudre les conflits existants en évitant d'en introduire de nouveaux.
C'est pourquoi le système de justice adopté par le pays de Yanlei est un système de justice privée basé sur le droit coutumier : celui où les individus sont libres et responsables des choix relatifs à leur propre sécurité et à la résolution des conflits qui les concernent. Cette liberté-responsabilité leur permettra de rechercher et les poussera à rechercher les moyens de régler leurs différends au moindre coût.
Le pays de Yanlei a effectué la transition en 2029 de la Démocratie à la Sociocratie, passant d'une justice publique à une justice privée. Voici les principaux éléments qui ont mené à ce changement :
1) Droit légitime contre législation
Dans une démocratie, ou état de droit, les simples citoyens sont dépossédés de la gestion de leur propre sécurité, effectuée en leur propre nom mais en dépit de leurs opinions. Leurs droits élémentaires sont discutés, aménagés ou ignorés sans qu'ils n'en sachent rien. La législation a pour principe l'oppression des faibles par les puissants qui imposent arbitrairement leurs règles au nom d'une majorité parlementaire.
Le droit légitime consiste à respecter la vie, la liberté et la propriété d'autrui. Le droit reconnaît que chacun est propriétaire de son propre corps et de son propre esprit, et possède légitimement tout ce qu'il n'a pas pris de force ou par ruse à autrui, y compris tout ce qu'il a créé ou obtenu par un échange mutuellement consenti. Le droit consiste donc à bannir le meurtre, l'asservissement, le vol... Dès lors, que peut donc décréter l'État qui ne soit pas une violation de cette vie, liberté et propriété ?
La législation est donc une violation du droit des personnes qu'elle oblige à agir contre leurs préférences. Toute interdiction d'une action honnête, d'une transaction consensuelle, etc..., viole le droit de tous ceux qui voient leur action prohibée. Toute obligation viole de même le droit de ceux qui se voient forcer à agir, à parler, à payer, à l'encontre de leur conscience.
2) Justice rétributive contre justice pénale
Dans un système de justice privée il n'existe pas de crime sans victime « contre la société ». S'il n'y a pas de victime alors il n'y a pas de crime, s'il y a des victimes alors c'est à elles, et non à la société qu'il faut apporter réparation, et c'est aux causeurs de tort et non pas à des tiers innocents d'apporter ces réparations. La seule conception de la justice compatible avec le droit légitime, c'est donc la justice rétributive : ceux qui ont causé du tort sont tenus de le réparer, dans la mesure de leurs moyens, quitte à s'endetter.
Au contraire, la législation crée de toute pièce de nombreux crimes et délits. Le monopole public confisque aux victimes les moyens d'obtenir justice et les réparations que leur doivent les coupables. Les coupables mêmes sont dépossédés de leur liberté et de leur responsabilité : loin d'être réhabilités, ils sont avilis et entraînés dans un cycle de violence et de criminalité. Toute cette justice pénale n'est qu'une collectivisation de la justice au détriment de tous les individus concernés.
Bien sûr, dans les cas où un causeur de tort n'est pas attrapé ou a dilapidé ses biens mal acquis, il n'est pas possible d'obtenir de lui réparation. Dans un système de justice privée, les victimes potentielles ont donc intérêt à s'assurer mais l'assurance est là encore une affaire privée entre les assurés qui se prémunissent des risques et les éventuels assureurs qui les couvrent. À l'opposé, dans un système de monopole public, les victimes se retrouvent souvent sans compensation même quand le coupable est pris et quand compensation il y a, c'est souvent le reste du public qui se retrouve comme autant de victimes innocentes forcées de payer à la place des coupables, en plus de devoir financer le fonctionnement de ce système.
3.1) Le monopole de la justice publique
Ce monopole de la justice publique est non pas au service des citoyens mais au service du pouvoir politique. Les dossiers ouverts ou clos au gré de l'administration sont autant de dénis de justice envers ceux que l'on ne protège pas et de privilèges en faveur de ceux que l'on protège. De plus, ceux là même à qui on dénie la justice doivent payer en impôts pour la protection des privilégiés du pouvoir politique.
Si on entend beaucoup de critiques vagues du système judiciaire, on entend par contre rarement parler de cas concrets : c'est parce que la justice publique censure systématiquement toute contestation d'une décision, toute mise en cause de ses membres, toute remise en question du système, avec des délits tels que diffamation ou outrage envers un fonctionnaire, un dépositaire de l'autorité publique ou un citoyen chargé d'un service public par parole, image, écrit ou moyen de communication audiovisuelle, atteinte à l'autorité judiciaire par discrédit jeté sur une décision de justice.
3.2) Choisir ses propres juges
Seul le libre choix de ses propres juges garantit que chacun aura affaire à des juges compétents, responsables, et surtout, respectés par les deux parties. C'est une condition nécessaire de toute pacification. Ceux qui refuseraient les procédures admises pour régler pacifiquement les conflits perdraient le concours de leur police privée qui ne voudra pas couvrir des forcenés : les contrats de défense par des polices privées contiendront des clauses spécifiant les juges dont la police s'engage à respecter et faire respecter les jugements. Dans le cas où une partie joue le jeu et l'autre ne le joue pas, les rapports de force donneront immédiatement raison à celle qui se montre honnête, via les forces de police.
4) L'inexistence d'une justice préventive
Prévenir des crimes qui n'ont pas été commis, cela ne peut pas être du ressort de la justice car la seule vraie justice est rétributive. Dans un système privé cette prévention n'est donc pas du ressort de la justice, mais de la police et de l'assurance : c'est une affaire de police que d'arrêter les forcenés qui mettent la vie d'autrui en danger et c'est une affaire d'assurance que certaines personnes apportent des garanties de non-nuisance, ou de solvabilité en cas de nuisance.
Bien sûr, l'action de la police pourra elle-même faire l'objet d'un règlement en justice si elle fait l'objet d'une objection valable de la part des personnes improprement arrêtées par la police, ou dans le cas contraire de la part des citoyens que la police a omis de protéger comme elle s'y engageait. Les criminels notoires, les personnes peu fiables, verront leur police d'assurance augmenter. Ils devront, pour pouvoir commercer avec autrui, donner des garanties, se soumettre volontairement à la prison, à la surveillance, ou toute autre mesure qui rassurera toutes les honnêtes gens qui sans cela refuseront d'avoir à faire à eux. Et ce sont ces criminels eux-mêmes qui paieront ce service, et non pas les contribuables.
5) Les hors-la-loi
Il y aura toujours des gens malhonnêtes et autres forcenés qui ne respectent pas autrui et ne cherchent pas à résoudre et éviter les conflits mais au contraire s'entêtent à les aggraver et à en créer de nouveaux. Ces hors-la-loi ne seront pas plus arrêtés par une justice publique que par la justice privée.
Or, refuser de se plier aux sanctions, agresser des innocents, etc., c'est déclarer la guerre à la société. Et déclarer la guerre à une société d'hommes libres et armés, c'est la perdre, car ces hommes s'organiseront librement en de nombreuses associations qui rivaliseront d'efficacité jusqu'à mettre l'ennemi public hors d'état de nuire.
Par contre, une fois les hommes soumis et désarmés par l'État, il devient possible à des criminels de prospérer dans les zones de non-droit délaissées par la justice et la police. L'État est donc un facteur majeur de criminalité, par la désorganisation qu'il induit chez les citoyens. Pire encore, en collectivisant la justice, le monopole d'État transforme des conflits privés en conflits publics. Nombreux sont les criminels qui se justifient comme rebelles « contre la société », alors que chacune de leur victime est un individu privé.
Un véritable système de justice privée ne permet pas la création de cette caste de criminels. Tous les conflits restent délimités et les agresseurs prennent nécessairement conscience du caractère interpersonnel de leurs actes : une agression ne transforme pas le transgresseur en criminel mais en débiteur.
6) L'échec du système carcéral
Empêcher les prisonniers de travailler, c'est les priver des moyens d'acquérir et de préserver leur dignité. Le principe du système carcéral est l'humiliation des coupables. Ce principe est en contradiction totale avec leur réhabilitation qui consiste à les rendre humains à nouveau. La prison et les autres peines du système de justice pénale répondent à la violence illégale par la violence institutionnelle.
Avec la justice rétributive, les coupables ne sont pas sortis de la société pour devoir y rentrer de nouveau. Ils sont plus complètement intégrés qu'ils ne l'étaient auparavant (à moins d'être des hors-la-loi forcenés, qui seront mis hors d'état de nuire). Ils ne sont pas ennemis de la société entière mais des causeurs de torts devenus débiteurs de leurs victimes. Ils sont confrontés au mal qu'ils ont fait et n'ont pas de prétexte pour se retourner contre des tiers innocents.
7) La question de la peine de mort
En l'absence de justice pénale il n'y a pas de peine capitale, pas plus qu'aucune autre peine. La mort, la peine, n'a jamais rien réparé. Tuer ne peut donc jamais être un acte de justice. Dans un système de justice privée, une peine de mort ne peut pas être prononcée. Par contre, tuer peux être un acte de police ou un acte de guerre. Ainsi, face à un agresseur qui refuse de faire la paix, voire face à un hors-la-loi forcené qui nie le droit, il n'y a parfois pas d'autre moyen que d'user de violence. Et compte tenu de la résistance de l'ennemi, tuer est parfois nécessaire. Il n'est pas forcément choquant qu'un assassin soit exécuté si rien d'autre ne l'empêche immédiatement et durablement à la fois de commettre ses forfaits.
Cependant quand il apparaît nécessaire de tuer un ennemi autrement irréductible, la justice est perdante. Il n'y a aucune justice à supprimer un être humain, les victimes se sont en aucune mesure compensées par le coupable. Cette mesure de police pourra éviter bien des désagréments et bien des crimes futurs envers des victimes potentielles, mais la justice ne peut sanctionner que des faits avérés et présume un homme comme innocent jusqu'à preuve du contraire. Tuer n'est donc jamais un acte de justice.
8) La limite du système procédurier
Les procédures sont un outil par lequel est garanti le respect des droits des individus confrontés à l'appareil policier et judiciaire. Cependant, lors d'une poursuite judiciaire, les procédures alourdissent un processus qui pourrait sinon être simple, et rendent la justice peu rentable. C'est un déni de justice envers les victimes et les agresseurs qui auraient pu chercher une solution si elle avait été moins chère et c'est aussi une lourde charge pour le contribuable écrasé par l'impôt.
Pire encore, un vice de forme annule toute la procédure, du fait du monopole, et constitue alors un déni de justice envers les victimes qui ne sont pas responsables des fautes des agents publics qui ont commis le vice de forme. Dans une justice privée, il n'y a pas de monopole de la justice, ni de monopole pour définir les procédures et les imposer à des parties non consentantes. Par contre, il y a un marché libre de la justice qui punira ceux qui useront de moyens universellement réprouvés et refusera toute validité aux preuves obtenues dans le mépris des formes reconnues comme nécessaires pour établir leur authenticité.
Ainsi, un policier brutal, un avocat malhonnête, un procureur indélicat, sera poursuivi en justice et devra réparer les conséquences de ses abus ou délits. Un innocent pourra réclamer compensation pour le temps perdu et un coupable même pourra réclamer compensation pour toutes mesures excessives et inutiles prises à son encontre.
9) Le clientélisme des hommes de loi
Le monopole de la justice donne l'occasion à certains dans les coulisses du pouvoir de vendre leur influence à ceux qui ont les moyens et l'absence de scrupule nécessaires pour les acheter. Ce sont des notables qui fréquentent les mêmes écoles et les mêmes cercles sociaux que les avocats, les juges, les législateurs, et leurs syndicats et bénéficieront d'un traitement de faveur, ne serait-ce que par la familiarité que les uns auront pour la cause des autres, leur façon de penser, leur intérêt.
Dans un système de justice privée, au contraire, chaque juge, chaque avocat, chaque greffier est directement responsable devant ses clients. Ainsi, un mauvais juge perdra vite ses clients pour faire place à de meilleurs juges. Comme l'application de leurs décisions dépend du bon vouloir de forces de police privées, elles-mêmes contrôlées par les usagers qui choisissent de les financer, les juges ne peuvent pas se contenter de donner des opinions arbitraires, mais doivent pouvoir les articuler de façon assez convaincante pour qu'il n'y ait pas appel. Étant pleinement responsables de leurs décisions, ils peuvent eux-mêmes être jugés et condamnés si au cours d'un appel, d'une révision du procès, ou d'une plainte ultérieure, ils ont mal fait leur travail.
Le but de la justice est de permettre aux hommes de vivre ensemble en paix, de résoudre leurs différends et de rétablir cette paix quand elle a été troublée. Une véritable justice est donc une entreprise de pacification de la société qui cherche à résoudre les conflits existants en évitant d'en introduire de nouveaux.
C'est pourquoi le système de justice adopté par le pays de Yanlei est un système de justice privée basé sur le droit coutumier : celui où les individus sont libres et responsables des choix relatifs à leur propre sécurité et à la résolution des conflits qui les concernent. Cette liberté-responsabilité leur permettra de rechercher et les poussera à rechercher les moyens de régler leurs différends au moindre coût.
Le pays de Yanlei a effectué la transition en 2029 de la Démocratie à la Sociocratie, passant d'une justice publique à une justice privée. Voici les principaux éléments qui ont mené à ce changement :
1) Droit légitime contre législation
Dans une démocratie, ou état de droit, les simples citoyens sont dépossédés de la gestion de leur propre sécurité, effectuée en leur propre nom mais en dépit de leurs opinions. Leurs droits élémentaires sont discutés, aménagés ou ignorés sans qu'ils n'en sachent rien. La législation a pour principe l'oppression des faibles par les puissants qui imposent arbitrairement leurs règles au nom d'une majorité parlementaire.
Le droit légitime consiste à respecter la vie, la liberté et la propriété d'autrui. Le droit reconnaît que chacun est propriétaire de son propre corps et de son propre esprit, et possède légitimement tout ce qu'il n'a pas pris de force ou par ruse à autrui, y compris tout ce qu'il a créé ou obtenu par un échange mutuellement consenti. Le droit consiste donc à bannir le meurtre, l'asservissement, le vol... Dès lors, que peut donc décréter l'État qui ne soit pas une violation de cette vie, liberté et propriété ?
La législation est donc une violation du droit des personnes qu'elle oblige à agir contre leurs préférences. Toute interdiction d'une action honnête, d'une transaction consensuelle, etc..., viole le droit de tous ceux qui voient leur action prohibée. Toute obligation viole de même le droit de ceux qui se voient forcer à agir, à parler, à payer, à l'encontre de leur conscience.
2) Justice rétributive contre justice pénale
Dans un système de justice privée il n'existe pas de crime sans victime « contre la société ». S'il n'y a pas de victime alors il n'y a pas de crime, s'il y a des victimes alors c'est à elles, et non à la société qu'il faut apporter réparation, et c'est aux causeurs de tort et non pas à des tiers innocents d'apporter ces réparations. La seule conception de la justice compatible avec le droit légitime, c'est donc la justice rétributive : ceux qui ont causé du tort sont tenus de le réparer, dans la mesure de leurs moyens, quitte à s'endetter.
Au contraire, la législation crée de toute pièce de nombreux crimes et délits. Le monopole public confisque aux victimes les moyens d'obtenir justice et les réparations que leur doivent les coupables. Les coupables mêmes sont dépossédés de leur liberté et de leur responsabilité : loin d'être réhabilités, ils sont avilis et entraînés dans un cycle de violence et de criminalité. Toute cette justice pénale n'est qu'une collectivisation de la justice au détriment de tous les individus concernés.
Bien sûr, dans les cas où un causeur de tort n'est pas attrapé ou a dilapidé ses biens mal acquis, il n'est pas possible d'obtenir de lui réparation. Dans un système de justice privée, les victimes potentielles ont donc intérêt à s'assurer mais l'assurance est là encore une affaire privée entre les assurés qui se prémunissent des risques et les éventuels assureurs qui les couvrent. À l'opposé, dans un système de monopole public, les victimes se retrouvent souvent sans compensation même quand le coupable est pris et quand compensation il y a, c'est souvent le reste du public qui se retrouve comme autant de victimes innocentes forcées de payer à la place des coupables, en plus de devoir financer le fonctionnement de ce système.
3.1) Le monopole de la justice publique
Ce monopole de la justice publique est non pas au service des citoyens mais au service du pouvoir politique. Les dossiers ouverts ou clos au gré de l'administration sont autant de dénis de justice envers ceux que l'on ne protège pas et de privilèges en faveur de ceux que l'on protège. De plus, ceux là même à qui on dénie la justice doivent payer en impôts pour la protection des privilégiés du pouvoir politique.
Si on entend beaucoup de critiques vagues du système judiciaire, on entend par contre rarement parler de cas concrets : c'est parce que la justice publique censure systématiquement toute contestation d'une décision, toute mise en cause de ses membres, toute remise en question du système, avec des délits tels que diffamation ou outrage envers un fonctionnaire, un dépositaire de l'autorité publique ou un citoyen chargé d'un service public par parole, image, écrit ou moyen de communication audiovisuelle, atteinte à l'autorité judiciaire par discrédit jeté sur une décision de justice.
3.2) Choisir ses propres juges
Seul le libre choix de ses propres juges garantit que chacun aura affaire à des juges compétents, responsables, et surtout, respectés par les deux parties. C'est une condition nécessaire de toute pacification. Ceux qui refuseraient les procédures admises pour régler pacifiquement les conflits perdraient le concours de leur police privée qui ne voudra pas couvrir des forcenés : les contrats de défense par des polices privées contiendront des clauses spécifiant les juges dont la police s'engage à respecter et faire respecter les jugements. Dans le cas où une partie joue le jeu et l'autre ne le joue pas, les rapports de force donneront immédiatement raison à celle qui se montre honnête, via les forces de police.
4) L'inexistence d'une justice préventive
Prévenir des crimes qui n'ont pas été commis, cela ne peut pas être du ressort de la justice car la seule vraie justice est rétributive. Dans un système privé cette prévention n'est donc pas du ressort de la justice, mais de la police et de l'assurance : c'est une affaire de police que d'arrêter les forcenés qui mettent la vie d'autrui en danger et c'est une affaire d'assurance que certaines personnes apportent des garanties de non-nuisance, ou de solvabilité en cas de nuisance.
Bien sûr, l'action de la police pourra elle-même faire l'objet d'un règlement en justice si elle fait l'objet d'une objection valable de la part des personnes improprement arrêtées par la police, ou dans le cas contraire de la part des citoyens que la police a omis de protéger comme elle s'y engageait. Les criminels notoires, les personnes peu fiables, verront leur police d'assurance augmenter. Ils devront, pour pouvoir commercer avec autrui, donner des garanties, se soumettre volontairement à la prison, à la surveillance, ou toute autre mesure qui rassurera toutes les honnêtes gens qui sans cela refuseront d'avoir à faire à eux. Et ce sont ces criminels eux-mêmes qui paieront ce service, et non pas les contribuables.
5) Les hors-la-loi
Il y aura toujours des gens malhonnêtes et autres forcenés qui ne respectent pas autrui et ne cherchent pas à résoudre et éviter les conflits mais au contraire s'entêtent à les aggraver et à en créer de nouveaux. Ces hors-la-loi ne seront pas plus arrêtés par une justice publique que par la justice privée.
Or, refuser de se plier aux sanctions, agresser des innocents, etc., c'est déclarer la guerre à la société. Et déclarer la guerre à une société d'hommes libres et armés, c'est la perdre, car ces hommes s'organiseront librement en de nombreuses associations qui rivaliseront d'efficacité jusqu'à mettre l'ennemi public hors d'état de nuire.
Par contre, une fois les hommes soumis et désarmés par l'État, il devient possible à des criminels de prospérer dans les zones de non-droit délaissées par la justice et la police. L'État est donc un facteur majeur de criminalité, par la désorganisation qu'il induit chez les citoyens. Pire encore, en collectivisant la justice, le monopole d'État transforme des conflits privés en conflits publics. Nombreux sont les criminels qui se justifient comme rebelles « contre la société », alors que chacune de leur victime est un individu privé.
Un véritable système de justice privée ne permet pas la création de cette caste de criminels. Tous les conflits restent délimités et les agresseurs prennent nécessairement conscience du caractère interpersonnel de leurs actes : une agression ne transforme pas le transgresseur en criminel mais en débiteur.
6) L'échec du système carcéral
Empêcher les prisonniers de travailler, c'est les priver des moyens d'acquérir et de préserver leur dignité. Le principe du système carcéral est l'humiliation des coupables. Ce principe est en contradiction totale avec leur réhabilitation qui consiste à les rendre humains à nouveau. La prison et les autres peines du système de justice pénale répondent à la violence illégale par la violence institutionnelle.
Avec la justice rétributive, les coupables ne sont pas sortis de la société pour devoir y rentrer de nouveau. Ils sont plus complètement intégrés qu'ils ne l'étaient auparavant (à moins d'être des hors-la-loi forcenés, qui seront mis hors d'état de nuire). Ils ne sont pas ennemis de la société entière mais des causeurs de torts devenus débiteurs de leurs victimes. Ils sont confrontés au mal qu'ils ont fait et n'ont pas de prétexte pour se retourner contre des tiers innocents.
7) La question de la peine de mort
En l'absence de justice pénale il n'y a pas de peine capitale, pas plus qu'aucune autre peine. La mort, la peine, n'a jamais rien réparé. Tuer ne peut donc jamais être un acte de justice. Dans un système de justice privée, une peine de mort ne peut pas être prononcée. Par contre, tuer peux être un acte de police ou un acte de guerre. Ainsi, face à un agresseur qui refuse de faire la paix, voire face à un hors-la-loi forcené qui nie le droit, il n'y a parfois pas d'autre moyen que d'user de violence. Et compte tenu de la résistance de l'ennemi, tuer est parfois nécessaire. Il n'est pas forcément choquant qu'un assassin soit exécuté si rien d'autre ne l'empêche immédiatement et durablement à la fois de commettre ses forfaits.
Cependant quand il apparaît nécessaire de tuer un ennemi autrement irréductible, la justice est perdante. Il n'y a aucune justice à supprimer un être humain, les victimes se sont en aucune mesure compensées par le coupable. Cette mesure de police pourra éviter bien des désagréments et bien des crimes futurs envers des victimes potentielles, mais la justice ne peut sanctionner que des faits avérés et présume un homme comme innocent jusqu'à preuve du contraire. Tuer n'est donc jamais un acte de justice.
8) La limite du système procédurier
Les procédures sont un outil par lequel est garanti le respect des droits des individus confrontés à l'appareil policier et judiciaire. Cependant, lors d'une poursuite judiciaire, les procédures alourdissent un processus qui pourrait sinon être simple, et rendent la justice peu rentable. C'est un déni de justice envers les victimes et les agresseurs qui auraient pu chercher une solution si elle avait été moins chère et c'est aussi une lourde charge pour le contribuable écrasé par l'impôt.
Pire encore, un vice de forme annule toute la procédure, du fait du monopole, et constitue alors un déni de justice envers les victimes qui ne sont pas responsables des fautes des agents publics qui ont commis le vice de forme. Dans une justice privée, il n'y a pas de monopole de la justice, ni de monopole pour définir les procédures et les imposer à des parties non consentantes. Par contre, il y a un marché libre de la justice qui punira ceux qui useront de moyens universellement réprouvés et refusera toute validité aux preuves obtenues dans le mépris des formes reconnues comme nécessaires pour établir leur authenticité.
Ainsi, un policier brutal, un avocat malhonnête, un procureur indélicat, sera poursuivi en justice et devra réparer les conséquences de ses abus ou délits. Un innocent pourra réclamer compensation pour le temps perdu et un coupable même pourra réclamer compensation pour toutes mesures excessives et inutiles prises à son encontre.
9) Le clientélisme des hommes de loi
Le monopole de la justice donne l'occasion à certains dans les coulisses du pouvoir de vendre leur influence à ceux qui ont les moyens et l'absence de scrupule nécessaires pour les acheter. Ce sont des notables qui fréquentent les mêmes écoles et les mêmes cercles sociaux que les avocats, les juges, les législateurs, et leurs syndicats et bénéficieront d'un traitement de faveur, ne serait-ce que par la familiarité que les uns auront pour la cause des autres, leur façon de penser, leur intérêt.
Dans un système de justice privée, au contraire, chaque juge, chaque avocat, chaque greffier est directement responsable devant ses clients. Ainsi, un mauvais juge perdra vite ses clients pour faire place à de meilleurs juges. Comme l'application de leurs décisions dépend du bon vouloir de forces de police privées, elles-mêmes contrôlées par les usagers qui choisissent de les financer, les juges ne peuvent pas se contenter de donner des opinions arbitraires, mais doivent pouvoir les articuler de façon assez convaincante pour qu'il n'y ait pas appel. Étant pleinement responsables de leurs décisions, ils peuvent eux-mêmes être jugés et condamnés si au cours d'un appel, d'une révision du procès, ou d'une plainte ultérieure, ils ont mal fait leur travail.