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- 1. Le troc comme remède à l’autarcie (952- 991)
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Produire pour survivre. Au moment de la fondation de la Cité de Siracuzzia, le système économique des rescapés reposait sur la répartition du travail et le troc. Chaque membre de la communauté, y compris les enfants, était mis à contribution. Chaque personne était un rouage du système et si l’un d’entre eux se trouvait défaillant, tout le système en était impacté. C’est grâce à cette organisation méthodique qu’il parvenaient par exemple à se nourrir, en s’appuyant notamment sur la présence de nombreux bancs de poissons à quelques mètres à peine de la côte. Initialement réticents à se retrousser les manches, ces anciens coutumiers de l’oisiveté seigneuriale se surprenaient désormais, poussés par leur instinct de survie, à scier vigoureusement les troncs, chasser le gibier au javelot ou encore pêcher la dorade au harpon, comme le ferait n’importe quel serf. Ici, sur cette terre vierge coupée du continent, leur or n’était d’aucune utilité. Il sommeillait dans le fond des cales des navires échoués sur le littoral. En revanche, tout matériau présent sur l’île avait une valeur marchande. Les bûcherons échangeaient leur bois aux poissonniers pour se nourrir, poissonniers payaient les constructeurs en dorades pour que ceux-ci bâtissent leurs habitations avec le bois ainsi récupéré, etc... La vie de la communauté était rythmée par un système de troc général organisé. Seule un telle organisation économique leur permettait d’avoir une chance de survivre dans ce milieu sauvage.
Produire pour repartir. Il leur était toutefois impossible d’oublier la précarité de leur niveau de vie. Leur objectif restait de regagner le continent pour retrouver leur rang et cesser de vivre en sauvages. Sur l’île, ils n’avaient pas accès à certains matériaux essentiels comme la pierre. Difficile également de cultiver en l’absence de semences. Impossible d’arrêter de chasser ou pêcher en raison de l’absence de bétail à élever. Les exilés étaient victimes de leur isolement. Incapables de retrouver le chemin du continent, ils vivaient dans une autarcie subie qui les privait de tout espoir de développement. Le seul moyen de pouvoir retrouver le chemin du continent était de parvenir à constituer des réserves de nourriture suffisantes pour survivre à plusieurs jours voire plusieurs semaines d’errance en mer. Mais la communauté produisait à peine de quoi survivre et le nombre de bouche à nourrir augmentait. En 980, presque 30 ans s’étaient écoulés depuis l’arrivée des rescapés sur l’île sans aucun signe de vie du continent. Ceux qui étaient encore des enfants lors de la découverte de l’île avaient enterrés leurs parents et fondé leur propre famille. Même en rationnant les portions, il leur était impossible de constituer des réserves suffisantes pour nourrir une communauté comptant une centaine de membres pendant plusieurs jours de navigation. Une autre solution avait été envisagée : envoyer une poignée de personnes en éclairage pour tenter de repérer des terres à proximité. Cette solution permettait de continuer à chercher sans avoir à constituer des réserves de nourriture trop importantes. L’expérience fut couronnée de succès puisqu’en 991, un des groupes envoyés à la recherche du continent regagna l’île : la liaison avec le continent était rétablie.
- 2. L’import comme remède à la précarité (991-1158)
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Vider les coffres. Bannis du Saint-Empire d’Arsois et incertain quant à leur sort une fois de retour sur le continent, une majorité de personnes avait décidé de ne pas rallier le continent. Les habitants étaient conscients du risque qu’ils prenaient en restant sur l’île mais il était désormais persuadé de pouvoir bâtir une véritable cité. Les richesses ramenées du continent par les rescapés en 952 pouvaient permettre de subvenir aux besoins de l’île pendant au moins 200 ans. Mieux, ces richesses allaient permettre de doper le développement de l’île en ayant massivement recours à l’importation : importation de matières premières (semences, pierres…), importation de bétail pour l’élevage (poules, vaches et laine) mais également importation de main d’œuvre (serfs dont on racheta la liberté). L’explosion démographique qui s’en suivit a conduit au déclin progressif de la langue latine (parlée par les fondateurs arsois) au profit d’autres langages parlés par les continentaux, tels que l’italien.
Développer l’île. Ce système économique outrageusement dépensier a radicalement transformé le visage de l’île. Afin d’accueillir toujours plus de navires et de stocker les marchandises importées, on érige le premier port de la Cité de Siracuzzia (qui en compte aujourd’hui deux), que l’on appela plus tard « Porto Vecchio » (Vieux Port). Il s’agissait au départ un d’un simple dock en bois mais au fil des années on le fit agrandir puis on le fit reconstruire en pierres pour s’assurer de sa solidité. De 991 à la création d’un second port à l’époque industrielle (1837), ce « Porto Vecchio » a été le centre névralgique de la Cité de Siracuzzia, un instrument économique dont les siracuzzains se sont servis comme des virtuoses. Par ailleurs, ce système économique articulé autour de l’import avait permis de remplacer les constructions en bois par des constructions en pierre. Les rues principales furent pavées et les ruelles restèrent tracées dans la terre. La première église de Siracuzzia fut également érigée en plein cœur de la petite ville. Cette église n’existe plus aujourd’hui, elle se situait sur l’emplacement de l’actuelle Cathédrale San Marco située à proximité du Palais ducal. En somme, l’importation a permis à Siracuzzia de faire un bon considérable dans son développement. Mais, très vite, les coffres finirent par se vider et la petite cité ne produisait pas suffisamment pour répondre aux besoins toujours plus grands de ses habitants. Il fallait mettre en place des stratégies pour trouver des sources de richesse.
- 3. La République marchande (1158-1524)
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Organiser l’économie et le travail par les corporations. Le recours intensif à l’import et l’arrivée massive de nouveaux habitants ne devait pas plonger l’île dans le chaos. Il fallait mettre en place une organisation claire, à l’image de celle établie à l’initiative d’Angelius Dandolius en 952 lors de l’arrivée des rescapés. En 1158, la Déclaration Fondamentale fut adoptée et le premier Doge nommé par la Comice fut Giovanni Dandolo. Très vite, il prit la décision de regrouper les métiers par quartier et de créer une hiérarchie dans chacun d’eux. Un véritable système de corporation vit le jour. Les corporations regroupaient tous les membres d’une profession et les répartissait en trois catégories selon leur expérience et leurs accomplissements. Au bas de la hiérarchie, les apprentis débutaient dans le métier et sur autorisation de la corporation ils payaient pour suivre une formation de 10 ans auprès d’un compagnon. Après 10 années de formation, l’apprenti devenait lui-même compagnon et pouvait ouvrir son propre atelier ou sa propre boutique. Pour devenir maître et atteindre le sommet de la hiérarchique corporatiste, le compagnon devait réaliser un chef d’œuvre reconnu par ses pairs. Les maîtres étaient les décisionnaires au sein de la corporation. La corporation organisait une véritable discipline, notamment en exerçant son pouvoir réglementaire dans la profession. Elle contrôlait l’arrivée de nouveaux apprentis (pour réguler la concurrence qui peut avoir une répercussion sur les prix), la qualité des fabrications ou marchandises, etc. Pendant longtemps ce système permit à Siracuzzia de faire du travail un art. La qualité des productions (sculptures de bois ou de pierre, bateaux, orfèvrerie, joaillerie, textile, verrerie, etc.) permettait de revendre sur le continent ou dans la Cité des produits à un prix bien plus élevé que le coût de leur production ou de leur importation à l’état de matière première.
Exploiter les richesses de la mer. Le Doge Giovanni Dandolo et ses successeurs ont rapidement été conscients de l’importance d’exploiter le maximum de richesses qu’offrait l’île pour rééquilibrer la balance commerciale. Les siracuzzains prirent alors conscience de la valeur de la mer qui les encercle. Les premières salines naquirent au milieu du XIe siècle. Le Doge en ordonna l’implantation de plusieurs dizaines sur le littoral des îles qui entourent Siracuzzia et qui composent l’archipel de Siracuzzia. La production de sel était telle que Siracuzzia parvenait non seulement à se sustenter mais également à en exporter sur le continent dytolien auprès des pays enclavés. Très vite, d’autres activités se développèrent selon un modèle de productivité qui ne plaisait guère aux corporations, attisant les tensions entre les maîtres (roturiers) et le Doge (soutenu par les grandes familles de marchands). Mais celui-ci persista sur cette voie : algoculture, ostréiculture, conchyliculture, mytiliculture, perliculture, etc… Toute richesse exploitable fut exploité autant que faire se peut, avec le bénédiction du Doge. Très vite, les importations alimentaires de la Cité diminuèrent et une quasi-autosuffisance alimentaire avait été atteinte. On se nourrissait essentiellement grâce aux ressources de la mer (poissons, huîtres, moules, crustacés…) et les plus chanceux parvenaient à se procurer de la viande ou des fruits soit produits en faible quantité sur d’autres îles de l’Archipel, soit importés au prix fort depuis le continent.
Créer de nouvelles routes maritimes. Au début du XIIe siècle, les doges s’interrogèrent sur de nouvelles méthodes à appliquer pour développer le modèle économique siracuzzain encore trop peu propice à l’enrichissement de l’île. S’inspirant de la République de Dentegorie (Ligue amarantine), les doges siracuzzains développèrent une stratégie économique tournée vers le commerce maritime. Aidée par sa position centrale entre la Dytolie, la Marchésie et l’Algarbe, Siracuzzia était l’intermédiaire idéale pour ouvrir et exploiter des routes commerciales reliant ces continents les uns aux autres. En plus de constituer une escale idéale pour les navires marchands en transit entre les continents, Siracuzzia encourageait ses marchands à acheter des petits territoires sur les côtes de ces continents pour y constituer des comptoirs commerciaux. En pratiquant de faibles taxes de péage, les marchands siracuzzains avaient bien l’intention de concurrencer leurs adversaires économiques de Detengorie. Enfin, la proximité avec l’Algarbe permettait aux marchands siracuzzains de s’approvisionner à moindre coût en ressources convoitées (épices, or, diamant, …) pour les revendre à bon prix à Siracuzzia ou à un prix encore plus intéressant en Dytolie, où la demande était très forte. Ainsi, la marine marchande de Siracuzzia devint rapidement une référence. Pour sécuriser les nouvelles routes maritimes, les doges érigèrent une puissante flotte de galères, de galéasses et de galions. Le « Porto Vecchio » de Siracuzzia devint un véritable arsenal que les historiens qualifièrent « d’usine du monde ». Pendant tout le XVe siècle, les ateliers du port tournèrent à plein régime, employant jusqu’à 16.000 ouvriers à son apogée. Le XVe siècle constitua donc l’Âge d’or de Siracuzzia. La Cité forgea à cette époque sa réputation de « Ville Miraculée », fondée par des rescapés puis devenue un centre économique majeur de la Renaissance. Toutefois, la découverte des continents olgarien et dorimenrien à la fin du XVe siècle marqua un tournant dans l’histoire siracuzzaine et annonça un déclin inéluctable.
- 4. La République banquière (1524-1800)
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Les bouleversements économiques. Le déplacement des flux commerciaux maritimes vers l’océan Déchinésien fit le malheur des marchands siracuzzains. Déjà en proie aux difficultés, le coup fatal leur sera porté avec l’épisode de la Bataille de la Baie de Siracuzzia. En 1524, afin de mettre un terme à un blocus mis en place par le Saint-Empire d’Arsois autour de la République de Siracuzzia, le Doge Enrico di Constanzo réquisitionna l’ensemble des navires mouillant dans les eaux siracuzzaines. Les navires marchands furent improvisés comme navires de guerre et envoyés en première ligne (pour préserver la flotte ducale) combattre la flotte ennemie. Si le blocus fut levé, les pertes humaines et matérielles furent néanmoins considérables. Selon les historiens, entre deux tiers et trois quarts des navires envoyés au combat furent coulés. Nombre de marchands ont perdu la totalité ou la quasi-totalité de leurs vaisseaux dans cette tragique bataille. Impossible, dès lors, de continuer à exploiter les routes commerciales contrôlées par Siracuzzia, routes qui devenaient, qui plus est, de moins en moins rentables. Les marchands n’obtinrent aucune indemnisation de la part du Doge et une nouvelle levée d’impôts fut ordonnée pour reconstruire la flotte militaire. Privés de l’instrument de leur activité (les navires) et dépouillés de leurs quelques réserves d’or, de nombreux marchands, bourgeois et nobles, firent faillite. Siracuzzia perdit également ses derniers comptoirs commerciaux, vendus par les familles de marchands notamment pour s’acquitter de leurs impôts. Toute la fin du XVIe siècle fut marquée par une profonde crise économique. La fragilité économique de Siracuzzia ne fut par arrangée par le Soulèvement des Insulaires en 1525, qui conduisit en 1526 à l’adoption de la Déclaration Réformatrice. L’audacieux Doge Cesare Dandolo était persuadé que l’avènement d’une société libérale et d’une économie capitaliste serait le remède aux maux de la « Ville Miraculée ».
Le développement du capitalisme. Face à la multiplication des faillites et au développement de la misère sociale dans la Cité de Siracuzzia, le Doge Cesare Dandolo fit le choix de mettre un terme au système corporatiste qui limitait l’accès aux travaux dans les ateliers. La Déclaration Réformatrice instaure la Liberté du commerce et de l’industrie, permettant à tout citoyen qui le souhaite de débuter et exercer librement l’activité de son choix, sans se voir imposer des réglementations ou des contrôles de la part du reste de la profession. Suite à la Déclaration Réformatrice, le Doge œuvra durant tout son règne en faveur du développement du capitalisme dans la Cité de Siracuzzia. Il convoqua les grandes fortunes de l’île et les incita à regrouper une partie de leurs richesses pour la mettre à disposition des siracuzzains sous forme de prêts. Les créanciers seraient financés sous formes d’intérêts majorant le montant à rembourser par leurs débiteurs et ces derniers pourraient utiliser l’or prêté pour débuter ou développer leur activité. Très vite, les grandes familles de Siracuzzia y virent un moyen de faire fortune tout en contribuant au redressement de la Cité. Les premiers établissements bancaires siracuzzains naquirent. La pratique assurantielle se développa également aux XVIIe et XVIIIe siècles : sur conseil des établissements bancaires, les marchands souscrivirent de plus en plus fréquemment à des contrats d’assurance pour couvrir tout risque de perte de leurs outils de travail (ex : les navires, par crainte de nouvelles perquisitions ducales en cas de guerre). En outre, le développement du crédit entraina une explosion de la démographie. C’est au XVIIe siècle que l’on construisit les premières extensions artificielles de l’île de Siracuzzia. On développa des techniques nouvelles pour faire face à l’obstacle de la mer, notamment en asséchant les zones à bâtir au-delà du littoral de l’île. Des techniques qui firent la réputation du secteur siracuzzain de la construction. L’accroissement d’activité espérée par le recours au libéralisme et au capitalisme devait pouvoir permettre à Siracuzzia de changer son modèle économique et redresser la barre. Mais les résultats obtenus, bien que constatables, ne furent pas à la hauteur des espérances.
Le développement des foires et des carnavals. C’est dans ce contexte de régression (puis stagnation) économique que se développèrent de nouvelles formes d’activité à travers les foires et carnavals. Les siracuzzains noyèrent leur nostalgie dans la fête et l’alcool. Les carnavals connurent très vite un succès phénoménal : le premier Carnaval de la
Sensa (Ascension) avait réuni pas moins de 15.000 siracuzzains en 1617. À mesure que les siracuzzains se vautraient dans la dépression, une véritable économie de la fête se développait : costumes excentriques, masques extravagants, vin, orchestres, jeux, artificiers… S’abandonner à la frivolité était un moyen d’oublier les temps difficiles. A la fin du XVIIIe siècle, la Cité de Siracuzzia organisait jusqu’à 5 carnavals par an (chacun d’eux s’étalant sur plusieurs jours). Parallèlement, les foires, destinées à un public moins bourgeois, connurent également un certain succès. Ces fêtes populaires étaient l’occasion, pour les moins fortunés, de noyer leur chagrin dans le vin, de se payer les services de courtisanes ou, pour les plus raisonnables, de danser jusqu’à l’aube. Mais une fois la fête terminée, il fallait revenir à la dure réalité.
La stagnation économique. Les XVIIe et XVIIIe siècles furent des périodes de stagnation économique. Incontestablement le développement d’une économie capitaliste permit à Siracuzzia de limiter l’impact de la crise économique vécue au cours du XVIe siècle. Mais la disparition des vieilles routes commerciales et la perte des comptoirs commerciaux ne fut jamais véritablement compensées. Le commerce maritime générait des revenus considérables qui profitaient à l’ensemble de Siracuzzia. La reconversion des anciens marchands en commerçants ou artisans, aidée par le nouveau système capitalistique, ne permettait pas de produire une richesse comparable. En outre, la faiblesse d’une économie encore très manuelle et artisanale ne permettait pas de diminuer de manière suffisante le déficit de la balance commerciale. Il fallut attendre l’entrée dans l’ère des machines pour permettre à Siracuzzia de renouer avec le rayonnement économique.
- 5. La République industrielle (1800-2000)
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L’impact du perfectionnement de la machine-outil. Le XIXe siècle fut une étape décisive, un tournant historique pour l’économie siracuzzaine. Incapable de se réinventer après l’effondrement de son modèle de République marchande, et ce malgré l’essor important du capitalisme, Siracuzzia trouva son salut dans une nouvelle voie : l’industrie. Le premier des maux de la République Sérénissime était la faiblesse de sa production. Plombée par une balance commerciale déficitaire, Siracuzzia s’était fixé, depuis les premières années de son existence et plus encore après la suppression des corporations, l’objectif de produire toujours plus et le plus de biens ou services possibles pour permettre une autosuffisance mais également pour exporter et réduire le déséquilibre de la balance commerciale. À cet égard, l’apparition de nouvelles machines-outils (énergie manuelle) dans des secteurs clés (textile, imprimerie) fut une véritable aubaine. En quelques années, la mise en place de ces nouvelles machines perfectionnées permit d’augmenter considérablement la production. Elles également transformèrent les méthodes de production à Siracuzzia : les petits ateliers de la Cité de Siracuzzia ne semblaient plus adaptés. Bien aidés par un système bancaire bien rodé, les fabricants prirent la décision de construire des manufactures à l’extérieur de Siracuzzia pour accueillir ces nouvelles machines. En cela, l’industrialisation contribua considérablement au développement économique et démographique des autres villes siracuzzaines. Des villes comme Portegrandi, Santacroce ou Portechioggia n’auraient pas le même visage aujourd’hui sans l’implantation de ces manufactures.
L’impact de l’apparition de la machine à vapeur. Une étape supplémentaire fut franchie au milieu du XIXe siècle avec l’introduction à Siracuzzia des premières machines à vapeur importées de Dytolie. Pour se procurer ces imposantes machines, les patrons devaient débourser des sommes considérables. Le modèle capitaliste développé au XVIIe siècle par Siracuzzia joua donc entièrement son rôle pour appuyer le développement économique. Les machines à vapeur permirent le développement d’une production mécanisée à un rythme accéléré. Les machines à vapeur provoquèrent également le déclin fulgurant des navires propulsés par l’énergie du vent ou l’énergie manuelle. Une véritable transition s’organisa vers la production de bateaux à vapeur. Mais ce type de transports ne convenait guère à une utilisation par les particuliers.
L’impact de l’apparition du moteur à combustion. Le point d’orgue de ce renouveau par l’industrie fut la création du moteur à combustion. Importé à Siracuzzia au milieu du XXe siècle, le moteur à combustion transforma le mode de vie des siracuzzains. Beaucoup plus pratique et petit que le moteur à vapeur, le moteur à combustion était idéal pour en équiper les bateaux destinés aux particuliers. Si bien qu’à la fin du XXe siècle, la plupart des familles siracuzzaines étaient dotées d’un bateau à moteur. Le moteur à combustion va également être à l’origine d’une découverte majeure de l’aéronautique : l’hydravion. Le mariage de l’avion et du bateau : un transport adapté à tous les milieux, idéal pour les siracuzzains qui vivent dans un environnement qui mêle étroitement la mer et la terre. La première production d’hydravions en série à Siracuzzia remonte aux années 1950. Les premiers modèles, destinés aux particuliers, connurent un immense succès. En 1971, le Doge lui-même fit un appel d’offre aux industriels pour lui construire un modèle unique mais d’un gabarit beaucoup plus imposant que les premiers modèles : ainsi naquit le
« Ducazzo » , le célèbre hydravion officiel des doges de la République Sérénissime, munis de pas moins de 12 moteurs. Le succès de l’hydravion a permis un développement important de l’industrie navale et aéronautique à Siracuzzia et acheva ainsi une dynamique de réduction du chômage initiée dès l’apparition de la machine à vapeur. L’hydravion, en facilitant la communication et le transport entre les différentes villes de l’Archipel de Siracuzzia participa à la mise en valeur de ces territoires. En permettant de dépasser l’obstacle l’insularité, l’hydraviation mit définitivement fin à l’isolement de Siracuzzia. L’accès facilité à la Cité de Siracuzzia par les airs ou par les mers permit l’exploitation d’une nouvelle source de rentes : le recours au tourisme de masse.
- 6. La République touristique (depuis 2000)
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Les XIXe et XXe siècle furent les siècles du retour à la croissance. Cette croissance avait fluctué au gré des découvertes. L’effet de l’épopée de l’hydraviation commençait à s’essouffler dès les premières années du XXIe siècle. Presque tous équipés d’un bateau ou d’un hydravion, les siracuzzains n’avait plus de raison d’investir à nouveau dans ces transports. La demande existait encore, mais à une intensité beaucoup trop faible pour continuer à dynamiser une croissance en perte de vitesse. Le développement de la mondialisation avait rapproché les peuples et permis une nouvelle source de richesse : le tourisme. Flairant la bonne affaire, les investisseurs siracuzzains ont massivement développé des moyens afin de faciliter le transport à Siracuzzia et accroître l’attractivité du pays. Dans cette optique, plusieurs établissements bancaires siracuzzains s’associèrent à la fin du XXe siècle pour construire le premier (et aujourd’hui encore unique) aéroport international à Siracuzzia à proximité du village de Jesolo, situé au Nord de l’ïle San Michele, la plus grande de l’archipel. Il existait déjà des pistes d’atterrissage mais elles n’étaient pas compatibles avec l’ambition d’un trafic aérien dense. Dans la même optique, des compagnies de croisière virent le jour, on lança la construction de petits paquebots auprès des constructeurs navals. Les revenus liés au tourisme furent multipliés en seulement quelques années. Le nombre d’hôtels, de restaurants et de boutiques de souvenirs, eu égard à la forte demande, fut également décuplé. On fit en sorte qu’il y en ait pour tous les goûts : les touristes amoureux de l’histoire se délestaient de leurs économies dans les boutiques des musées, ceux qui préféraient le tourisme de luxe séjournaient dans des anciens palais rénovés et faisaient leurs courses dans les boutiques les plus célèbres de la ville. Les bénéfices du tourisme rejaillirent également au-delà de la Cité de Siracuzzia. Devenue une véritable fourmilière à touriste, la Cité a fini par être désertée par les touristes en quête de calme et d’authenticité. Des villes comme Trevizzia ou Malta sont de véritables joyaux pour les amoureux de la culture siracuzzaine qui fuient le tourisme de masse.
Aujourd’hui, beaucoup de siracuzzains regrettent les effets du tourisme de masse. Certains craignent que la République Sérénissime finisse par perde son âme. D’autres s’exilent en dehors de la Cité, ne supportant plus de vivre étouffés par les hordes incessantes de touristes. Nombreux sont ceux qui remettent en cause cette nouvelle stratégie. Toutefois, dans son historique quête d’une source de revenus capable de rééquilibrer sa balance commerciale, Siracuzzia semble avoir trouvé la bonne formule en ayant misé sur le tourisme, une source de revenus conséquente et inépuisable qui fera vite oublier la désillusion des modèles économiques précédents.[/justify]