Posté : mar. août 23, 2016 6:09 pm
A l'origine d'un pays : I Vespri di Montalvo
[img]http://www.operaincerta.it/archivio/083/foto/blangi_1_nere.jpg[/img]
La confusion règne le 16 août 1950 dans les rues de Cartagina. On sait que de l'autre côté de la mer, les négociations sont en cours, malgré la poursuite des combats, entre l'autorité métropolitaine, les représentants des provinces du Bassin, et les ennemis. Dans la matinée encore, la foule lynche quatre personnes Piazza dell'Aquila, soupçonnés d'être des espions de la Britonnie.
Cartagina est alors la principale ville d'envergure économique, parmi les provinces italophones rattachées, tout autour du Bassin, à une métropole d'où était censée se restaurer un État et une civilisation dépositaire de l'antique gloire latine.
Le Parti Fasciste local, dirigé alors par Maurizio Larbugli, est au bord de l'implosion et de la guerre interne ; que décidera la métropole, forcée par les Britonniens et leurs alliés ?
Les cadres du Parti ont peur, mais la foule aussi ; les vieilles familles originaires de Dytolie préparent déjà leurs valises, s'apprêtant à être chassées manu militari, pour aller se réfugier à Siracuzzia, en Olgarie ou dans les villes italophones du Marquaz turc. Les rumeurs circulent quant au démentellement de la Nazalie au profit partiel ou total des ligues panarabes modérées, ou de l’État barbaresque.
A Suresisca, en Arovaquie, les Britonniens ont déjà débarqué pour prendre possession du port et de bâtiments militaires. Boris Ciurcoschi, le Président de la province, en a déjà donné les clefs aux "Libérateurs" contre l'avis du Parti Fasciste arovaque qui organise la répression des mouvements de résistance antipatriotique dans les campagnes. Les villes côtières, soumises parfois à des bombardements isolés, voient fuir leur population pour les arrière-pays, et en regagne une autre qui souhaite prendre un bateau pour un pays neutre.
L’Été a été terrible, d'abord avec la mort du Conte qui a laissé toute la nation dans l'incertitude, par le déchaînement de violence de certains bataillons militaire en retraite à l'égard des Musulmans (en Nazalie), des Slaves (en Arovaquie), ou des Amarantins (en Alilée), parmi d'autres minorités et d'autres provinces, dans les campagnes isolées. Le Parti Fasciste, tiraillé entre ceux voulant négocier et ceux voulant poursuivre la lutte, se déchire publiquement à l'occasion des réunions politiques ou même de rixes accidentelles dans l'espace public.
Sur le front central, la métropole est désormais pour grande part tombée aux mains de la Britonnie et de ses alliés. En Nazalie, les troupes ennemies arrivent autour de Sidibuzi. L'Alilée est entièrement occupée, à l'instar d'autres provinces, et l'on négocie déjà son intégration à la Ligue Amarantine ou sa transformation en terre internationale censée accueillir tous les réfugiés du continent. A Cartagina, le Maire Silviano Rocca s'apprête à décréter la mobilisation des hommes de plus de 12 ans pour suppléer les forces armées, harassées par des pertes énormes en prisonniers de l'autre côté de la mer.
Là-bas, justement, dans une petite ville rurale nommée Montalvo, à l'heure des Vêpres qui se terminent, un document est enfin en voie d'être signé. L'ancien ministre général de l'Information, Paolo Asconti, représente l’État et valide, aux côtés du Gouverneur des provinces d'outremer Ponesco Laggiani, un traité qui met fin au front de l'Est et au front d'Algarbe. Pour le côté "allié", le Général Winston Jr. Plymouth est présent.
"Dans le souci d'assurer aux populations italophones présentes ou assimilées depuis près de sept à cinq siècles dans des territoires divers du Bassin, en dépit des frictions régionales causées par les différences de civilisation, le droit de demeurer dans leurs patries et de jouir d'une commune représentation au nom de leur histoire commune, les Etats belligérants en quête de pacification de leurs rapports s'entendent sur les points suivants."
C'est ainsi que commence le document resté dans l'Histoire comme celui des Vêpres de Montalvo, signé le 17 août 1950 entre l'autorité fasciste ultramarine, l'autorité métropolitaine qui renonce à son empire, et les vainqueurs...
Le "Serment du 17 août" est resté comme une déchirure dans l'esprit de nombreux Nazaliens, Arovaques ou Aliléens, bientôt réunis sous la bannière d'une Ligue dite "de Montalvo", du nom de la ville où se trouvait la petite église de la signature du Serment. Cette ligue remplacerait l'autorité nationale ou supranationale (question de point de vue) que s'étaient choisi ces vieilles provinces italophones du pourtour du Bassin en la personne morale d'une métropole sur la voie de son unification à la fin du XIXème siècle.
De même qu'alors, la réunion à une Mère Patrie au nom de liens historiques et culturels s'imposait du fait d'un contexte de menace géopolitique (Barbaresques en Algarbe, retard économique de développement, Nationalistes slaves autour de l'Arovaquie, Nationalistes helladiens en Allilée), 60 ans plus tard c'était sous la menace du communisme et des nationalismes nord-algarbiens que l'autorité des vainqueurs s'autorisait à parlementer avec le régime fasciste, à accorder à ses membres une relative amnistie, et aux ex-provinces se rêvant en nouvel empire latin le droit de demeurer, pour au moins certaines, comme un futur partenaire mondial à l'heure troublée du second XXème siècle.
[img]http://www.operaincerta.it/archivio/083/foto/blangi_1_nere.jpg[/img]
La confusion règne le 16 août 1950 dans les rues de Cartagina. On sait que de l'autre côté de la mer, les négociations sont en cours, malgré la poursuite des combats, entre l'autorité métropolitaine, les représentants des provinces du Bassin, et les ennemis. Dans la matinée encore, la foule lynche quatre personnes Piazza dell'Aquila, soupçonnés d'être des espions de la Britonnie.
Cartagina est alors la principale ville d'envergure économique, parmi les provinces italophones rattachées, tout autour du Bassin, à une métropole d'où était censée se restaurer un État et une civilisation dépositaire de l'antique gloire latine.
Le Parti Fasciste local, dirigé alors par Maurizio Larbugli, est au bord de l'implosion et de la guerre interne ; que décidera la métropole, forcée par les Britonniens et leurs alliés ?
Les cadres du Parti ont peur, mais la foule aussi ; les vieilles familles originaires de Dytolie préparent déjà leurs valises, s'apprêtant à être chassées manu militari, pour aller se réfugier à Siracuzzia, en Olgarie ou dans les villes italophones du Marquaz turc. Les rumeurs circulent quant au démentellement de la Nazalie au profit partiel ou total des ligues panarabes modérées, ou de l’État barbaresque.
A Suresisca, en Arovaquie, les Britonniens ont déjà débarqué pour prendre possession du port et de bâtiments militaires. Boris Ciurcoschi, le Président de la province, en a déjà donné les clefs aux "Libérateurs" contre l'avis du Parti Fasciste arovaque qui organise la répression des mouvements de résistance antipatriotique dans les campagnes. Les villes côtières, soumises parfois à des bombardements isolés, voient fuir leur population pour les arrière-pays, et en regagne une autre qui souhaite prendre un bateau pour un pays neutre.
L’Été a été terrible, d'abord avec la mort du Conte qui a laissé toute la nation dans l'incertitude, par le déchaînement de violence de certains bataillons militaire en retraite à l'égard des Musulmans (en Nazalie), des Slaves (en Arovaquie), ou des Amarantins (en Alilée), parmi d'autres minorités et d'autres provinces, dans les campagnes isolées. Le Parti Fasciste, tiraillé entre ceux voulant négocier et ceux voulant poursuivre la lutte, se déchire publiquement à l'occasion des réunions politiques ou même de rixes accidentelles dans l'espace public.
Sur le front central, la métropole est désormais pour grande part tombée aux mains de la Britonnie et de ses alliés. En Nazalie, les troupes ennemies arrivent autour de Sidibuzi. L'Alilée est entièrement occupée, à l'instar d'autres provinces, et l'on négocie déjà son intégration à la Ligue Amarantine ou sa transformation en terre internationale censée accueillir tous les réfugiés du continent. A Cartagina, le Maire Silviano Rocca s'apprête à décréter la mobilisation des hommes de plus de 12 ans pour suppléer les forces armées, harassées par des pertes énormes en prisonniers de l'autre côté de la mer.
Là-bas, justement, dans une petite ville rurale nommée Montalvo, à l'heure des Vêpres qui se terminent, un document est enfin en voie d'être signé. L'ancien ministre général de l'Information, Paolo Asconti, représente l’État et valide, aux côtés du Gouverneur des provinces d'outremer Ponesco Laggiani, un traité qui met fin au front de l'Est et au front d'Algarbe. Pour le côté "allié", le Général Winston Jr. Plymouth est présent.
"Dans le souci d'assurer aux populations italophones présentes ou assimilées depuis près de sept à cinq siècles dans des territoires divers du Bassin, en dépit des frictions régionales causées par les différences de civilisation, le droit de demeurer dans leurs patries et de jouir d'une commune représentation au nom de leur histoire commune, les Etats belligérants en quête de pacification de leurs rapports s'entendent sur les points suivants."
C'est ainsi que commence le document resté dans l'Histoire comme celui des Vêpres de Montalvo, signé le 17 août 1950 entre l'autorité fasciste ultramarine, l'autorité métropolitaine qui renonce à son empire, et les vainqueurs...
Le "Serment du 17 août" est resté comme une déchirure dans l'esprit de nombreux Nazaliens, Arovaques ou Aliléens, bientôt réunis sous la bannière d'une Ligue dite "de Montalvo", du nom de la ville où se trouvait la petite église de la signature du Serment. Cette ligue remplacerait l'autorité nationale ou supranationale (question de point de vue) que s'étaient choisi ces vieilles provinces italophones du pourtour du Bassin en la personne morale d'une métropole sur la voie de son unification à la fin du XIXème siècle.
De même qu'alors, la réunion à une Mère Patrie au nom de liens historiques et culturels s'imposait du fait d'un contexte de menace géopolitique (Barbaresques en Algarbe, retard économique de développement, Nationalistes slaves autour de l'Arovaquie, Nationalistes helladiens en Allilée), 60 ans plus tard c'était sous la menace du communisme et des nationalismes nord-algarbiens que l'autorité des vainqueurs s'autorisait à parlementer avec le régime fasciste, à accorder à ses membres une relative amnistie, et aux ex-provinces se rêvant en nouvel empire latin le droit de demeurer, pour au moins certaines, comme un futur partenaire mondial à l'heure troublée du second XXème siècle.