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Posté : mer. juil. 27, 2016 7:25 pm
par the0
[center]"Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer."
Octave Kragnaat, journaliste zanyaaner, 1916[/center]

DIE ZANYAANER fondé en 1867
Die Zanyaaner était à l'origine un petit feuillet d'information gratuit que l'on jetait dans les rues des grandes villes zanyaaner au milieu des foules. Bardé de publicité, le feuillet était surtout une compilation des bonnes affaires actuelles, des spectacles et musiques dans le temps, quelques retranscriptions de poètes locaux, et les nouvelles locales les plus basiques. Au début de la guerre zanyaaner de 1898, le feuillet vire nationaliste et se politise ainsi fortement. Autrefois feuillet, il devient véritable journal d'actualité et de débat. Il est aujourd'hui le journal de référence du Zanyaaner.
Journal détenu par la ZGB (Zanyaaner Geselskap Boere, compagnie zanyaaner des agriculteurs), grand groupe agro-alimentaire.

THE ABABA GAZETTE fondée en 1911
La gazette de l'Ababe est aujourd'hui l'équivalent landbuner du Die Zanyaaner. Elle résulte de la fusion du Seacester Globe et de la Columbia Gazette, le premier étant un journal de faits divers et d'actualité générale, le second un journal d'opinion et de polémique nationaliste. C'est le journal de référence du Landbun.
Journal détenu par la LMPC (Landbun Mining Company, compagnie minière du Landbun), grand groupe minier.

LE TERRENEUF fondé en 1908
Le Terreneuf, souvent appelé et abrégé "39", est le journal de référence de Terreneuve. Originellement un journal de commerce et de finances, il a développé un aspect plus politique, sociétal et littéraire dans les années 10, les années folles de la Terreneuve. C'est aussi un journal conservateur qui a néanmoins la particularité de traiter d'actualité interprovinciale et de ne pas simplement se refermer aux enjeux locaux.
Journal détenu par la SMT (Société marchande de Terreneuve), grande association d'intérêts commerçants.

LE SIÈCLE fondé en 1911
Le Siècle est le journal de référence de l'élite administrative et universitaire de l'ensemble de l'Atis et de l'Ababe. Tout comme l'Encyclopédie de l'Atis et de l'Ababe, Le Siècle est une création étroitement liée à la fondation de la nouvelle République de l'Atis et de l'Ababe. Il a ainsi pour intérêt de traiter l'ensemble de l'actualité fédérale et d'être très attentif aux informations internationales. C'est un journal au ton légèrement plus modéré que les trois autres références.
Journal détenu par la maison d'édition Lafont-Royal-Brötta, grande maison d'édition terreneuvoise, landbuner et zanyaaner.

Posté : jeu. juil. 28, 2016 12:15 pm
par the0
[center]LE TERRENEUF

[img]http://www.etaletaculture.fr/wp-content/uploads/2013/12/Combat_de_negres_dans_une_cave.jpg[/img][/center]

Posté : jeu. juil. 28, 2016 7:32 pm
par the0
[center]LE SIÈCLE[/center]

Zanyaanstad-Columbia en onze heures de route !
Le conseil doyen prévoit de lier l'Ouest à l'Est par une autoroute
[justify]"Je crois que nous sommes finalement parvenus à un accord" s'est exclamé Armand Thonault, président de la Compagnie terreneuvoise du fret (CTF), à la sortie d'un rendez-vous avec l'officier des affaires économiques Matibis Boli ce matin. L'Atis-Ababe ne peut certainement pas être fière de son réseau autoroutier, qui ne dessert à l'Ouest que les grandes villes zanyaaner et à l'Est les grandes villes terreneuvoises et landbuner. "Il est quand même remarquable qu'un pays aussi immense ne voit pas ses métropoles efficacement interconnectées. La quasi-totalité du chemin au demeurant très emprunté entre Zanyaanerstad et Sainte-Madeleine ou Columbia, c'est-à-dire plus de mille kilomètres, se fait sur une grande route à deux voies percluse de nids-de-poule" avait plaidé le représentant du Syndicat Atisababien des Transporteurs (SAAT) devant le conseil doyen une semaine plus tôt.

L'histoire des réseaux routiers en Atis-Ababe est avant tout une histoire politique. Les grands capitalistes réclament depuis des décennies la conclusion d'un accord gouvernemental pour construire cette autoroute, qui pourrait écourter les trajets de 35% selon une étude du Cabinet d'études mercantiles (CEM) et qui réduirait largement l'usure des camions et la consommation en pétrole des transporteurs, outre la plus grande mobilité des personnes. Dans les années 2010, le conseil doyen régenté par feu Arnold Herbeck était presque parvenu à un accord réunissant les grands groupes et les provinces fédérées jusqu'à ce que la République de Terreneuve se retire du projet sous la pression de la Compagnie terreneuvoise du transport ferroviaire (CTTF), alors en plein développement, qui plaidait davantage pour une connexion en voie ferrée. Dans les années 1990, c'était la Cour de révision qui avait invalidé le projet porté par le régent Marbre alors que celui-ci sombrait dans une affaire de conflits d'intérêts.

Cette autoroute n'en sera pas vraiment une au sens alméran. Elle présentera des irrégularités de potentialité. Jusqu'aux territoires du Fleuve Nègre et de la République d'Anabe, l'autoroute sera classiquement composée de quatre et quatre voies, mais dans le profond intérieur des terres, en territoires nègres, elle sera réduite à une route nationale - certes flambant neuve - de seulement deux fois deux voies. "Question de maîtrise des coûts et de réalisme, aussi, puisque le conseil doyen prévoit d'autres dépenses, notamment celles tendant à la construction d'une grande ligne ferroviaire qui joindrait la Terreneuve, le Landbun et le Zanyaantat" a déclaré une source proche de l'office des affaires économiques au journal Le Siècle.

L'appel d'offres sera formé à l'international. Selon plusieurs experts consultés par la rédaction, un tel projet coûterait, selon les négociations effectuées par le conseil doyen, "entre plusieurs centaines de millions et un milliard de livres". Un coût largement à la charge du Fonds souverain et de la République, mais qui devrait aussi être légèrement partagé avec la Compagnie terreneuvoise du fret (CTF), la Compagnie landbuner des transports routeirs (CLTR) et la République de Terreneuve. Le Commonwealth de Landbun, lui, a décliné toute participation, mettant tous ses efforts budgétaires dans la réduction de ses importants déficits.[/justify]

Posté : dim. juil. 31, 2016 3:55 pm
par the0
[center]THE ABABA GAZETTE[/center]

Scandales et manipulations autour du salon du livre de Columbia
Une lettre co-écrite par neuf écrivains majeurs dénonce la complaisance du jury avec la "littérature dégénérée"
[justify]Nous nous souvenons du grand débat ayant eu lieu l'année dernière lorsque le jury du salon du livre de Columbia avait décerné à Oscar Voernek le prix Columbia du meilleur roman historique pour son oeuvre "Loin des côtes" ("Away from the shore"). Cet auteur controversé, homosexuel, zanyaaner mais d'expression anglophone, avait pris le parti d'une "analyse freudienne de l'histoire rurale atisababienne, la mise au microscope d'un Blanc déchu, relégué au fond des terres, parti courir après les chimères d'une vie meilleure, finalement confronté à un tragique complexe phallique face à la virile sauvagerie nègre". Le livre avait même été condamné moralement par le Premier ministre du Commonwealth du Landbun, ayant qualifié l'oeuvre de "torchon débilitant, à la portée dialectique nulle, un coup inutilement porté à l'honneur de nos aïeuls". À la chambre des députés, Winnefred-Mathias Franz avait même brûlé un exemplaire du roman, amorçant le système d'alarme anti-incendie... À l'époque, de nombreux prestigieux écrivains (Jean-Louis Dessange, Gerard Botha notamment) avaient menacé de ne plus se déplacer à cet événement littéraire et de tout faire pour empêcher la mention de leurs romans durant le concours si une sélection similaire était réalisée lors des prochaines éditions.

C'est une tribune du plus ancien membre du jury parue dans la revue littéraire landbuner Reflections qui aura finalement mis le feu aux poudres. George Carlin, dans son texte féroce de trois mille mots, titré sobrement La mort du salon de Columbia, met en cause les membres du jury arrivés depuis moins de trois ans et qui "modifient en profondeur les rapports de force des différentes visions de la littérature, et donc du monde". Ses griefs sont nombreux mais se concentrent sur trois noms : Louis H. Woodrow, William Hough et Milton Polly - "trois universitaires trentenaires, petits-bourgeois ayant fait leurs études en Alméra, probablement invertis, pauvrement renseignés sur la littérature atisababienne, préférant fantasmer sur la pertinence de la psychanalyse dans la littérature, pas du tout étrangers au surréalisme, à toute cette fiente du Nouveau Roman comme on l'appelle au Vieux-Continent, en somme, des obsédés de la nouveauté, du toujours-plus-loin, du encore-plus-moderne, et donc, finalement, du rien." C'est surtout les révélations sur les délibérés préliminaires du jury qui ont fait tonner la foudre dans le milieu littéraire, puisque George Carlin livre, en pleine violation du secret des délibérations, que "pour le moment, sous la houlette de ces gitons, l'ouvrage en tête n'est autre que Nuits de candeur de l'écrivain Mary Williams". Stupeur ! Le livre de Mary Williams, qui rejoindrait l'un des rares livres écrits par une femme primés dans l'un des trois salons majeurs chaque année, a comme sujet principal la promiscuité sexuelle dans un couvent catholique...

"Qui peut encore accorder un minimum de valeur au jugement de ce jury ?" a déclaré François Belcour, régent du conseil doyen, au retour d'une visite diplomatique en Sébaldie. Le Commonwealth de Landbun quant à lui, est en train d'étudier la possibilité du retrait complet des subventions au salon du livre de Columbia. La polémique n'a pas désenflé puisque neuf écrivains reconnus (Sandra Sheley, Jesse A. Green, André Clavet, Jean-Louis Dessange, Germain Montagnier, Klaas-Jan Snoep, Henk Oldekamp, Jurrien Broeks, Jan-Willem Langedonk) ont publié dans l'édition du 29 septembre du Terreneuf une lettre ouverte au jury dans laquelle ils annoncent ne pas se présenter au salon, éventuellement refuser tout prix qui leur serait décerné, et, grande nouvelle, concourir à la création d'un nouveau salon littéraire landbuner "loin des dégénérescences modernisantes". Une rumeur mondaine laisserait enfin entendre qu'un voire deux autres membres du jury seraient prêts à abandonner leurs places, pourtant très prestigieuses et fort bien rémunérées.[/justify]

Posté : mar. août 02, 2016 5:09 pm
par the0
[justify][center]LE SIÈCLE[/center]

La République dans un cycle extraordinaire de dépenses
Depuis l'ouverture de l'Atis-Ababe, près de deux milliards de livres ont été investies dans l'économie intérieure
Après l'appel d'offres international formé par la République pour la construction d'une autoroute liant Dieplandstad et Columbia/Ste Madeleine pour un coût à prévoir d'environ 1 milliard de livres, les grandes annonces économiques se sont multipliées. Ce fut d'abord le lancement du programme de la compagnie agricole indigène (près de 500 millions de livres), puis l'annonce de la construction d'une ligne ferroviaire transzanyanaise méridionaire, abrégée TZM, pour un montant d'environ 1500 millions de livres dont un tiers sera à la charge de la République. Hier, le Sénat a validé un projet de loi du conseil doyen visant à libéraliser complètement le marché des télécommunications en exonérant les entreprises investisseuses, aussi bien nationales qu'étrangères.

"Si l'on observe ces vagues de dépenses avec l'oeil conservateur, c'est de l'irresponsabilité totale. Si l'on voit ça comme de la tambouille keynésienne, on peut éventuellement y voir un dopage de la croissance.." a commenté Bernard J. Simpson, journaliste spécialisé dans le domaine économique. Si la République est en déficit public stable depuis environ cinq ans, elle n'a jamais autant dépensé en si peu de temps. "Les conséquences économiques sont assez imprévisibles dans ce genre de situation. A priori, cela créera un appel d'air, un vrai électrochoc, et donc une importante croissance. Mais le résultat à moyen-terme, c'est la surchauffe, à moins que la Banque d'Atis-Ababe ne baisse drastiquement les taux d'intérêt dans les deux ans à venir" a déclaré le professeur d'économie John Carlough à l'Université de Columbia sur son blog. Les entreprises quant à elles, du secteur primaire au secteur tertiaire, jouissent d'un remplissage important des carnets de commande qui leur permet d'envisager l'année 2031 avec un grand optimisme. Mais pour beaucoup de cabinets de conseil de la place financière terreneuvoise, ce regain soudain de l'activité productive ne doit pas induire comme conséquence des investissements en coûts fixes qui seraient trop lourds à supporter lorsque le tonneau des Danaïdes gouvernemental se rebouchera. Le cabinet Willer a ainsi suggéré à ses partenaires de profiter de ces liquidités pour réaliser des modernisations du matériel productif, pour améliorer la formation des salariés et ouvrir d'autres établissements à travers le pays. "Ce sont trois types d'investissements qui sont toujours rentables sur le long terme et qui résistent largement aux variances conjoncturelles comme celles-ci".

Sieur Matibis Boli, officier des affaires économiques, a donné une conférence de presse hier soir. "C'est en effet un coup de boost donné à notre économie à l'occasion de notre ouverture diplomatique. Nous voulons rattraper un retard important, notamment sur le plan des infrastructures qui manquent encore en Atis-Ababe. Nous sommes persuadés que le risque de surchauffe est faible, puisque nos investissements ne sont pas conjoncturels mais structurels. Une autoroute, une voie ferroviaire, c'est du très-long-terme, cela portera ses fruits massivement même dans dix ans. Nous ne sommes absolument pas dans une perspective court-termiste" a-t-il déclaré devant un parterre d'une cinquantaine de journalistes au siège du conseil doyen. Dans les couloirs des hautes administrations, on avance même la possibilité d'un grand barrage hydroélectrique sur l'Atis, qui alimenterait le nord-Zanyaanstat en électricité quotidienne, permettant d'y améliorer le développement des activités industrielles.

Et la dette publique dans tout ça ? Actuellement aux alentours de 10% du PIB, et suite à ces excès de dépenses (qui ont tous été validés par le Sénat comme la coutume le prévoit), elle devrait s'établir à 12% l'année prochaine, et, si un même rythme de dépenses gouvernementales venait à être tenu, attendrait les 40% du PIB en moins de huit ans, en raison du risque d'augmentation exponentielle. "Pour l'instant, les marchés empruntent à un taux moyen. L'Atis-Ababe est vu comme un emprunteur relativement fiable et prometteur. Mais cela sera-t-il le cas pendant longtemps si l'on commence à percevoir notre machinerie gouvernementale comme une corne d'abondance ?" s'est lamenté le député nationaliste zanyaaner Erik Ekert hier après-midi au micro de ZTV.

Nouvelles : Arrestation de six terroristes nègres dans la banlieue de Nigramoep. Ceux-ci planifiaient une manifestation violente dans les rues dans deux mois. • Le programme de la Compagnie agricole indigène a déjà réuni huit mille demandes de bail, ce qui représente au total, en comptant la famille s'installant avec l'agriculteur, de 50.000 à 60.000 personnes. • Le centre hospitalier universitaire de Terreneuve-Ville (CHUTV) fera l'acquisition de douze machines ultra-modernes, notamment des scanners tridimensionnels et des appareils de dialyse à la pointe de la technologie. Le CHUTV bénéficie pour cela d'un mandat de 80 millions de livres par an sur trois ans au titre de la modernisation des hôpitaux fédéraux.[/justify]

Posté : ven. août 05, 2016 2:00 pm
par the0
[justify][center]LE SIÈCLE[/center]

Nouveaux dandies, nouvelles musiques
Ils ont 20 ans, vivent dans les grandes villes côtières, et n'écoutent que de la pop music[/justify]
[justify]Les filles ne coiffent pas leurs cheveux blonds et laissent leur nombril à l'air. Elles lancent des regards arrogants aux passants. Les garçons les tiennent par la taille, parfois par les seins, les embrassent en public, chantent des couplets de pop music dans la rue. Ils traînent en groupe le plus souvent, en couple sinon, et déboulent dans les bars, cigarette à la bouche, coupent le jukebox et mettent leurs enceintes audios sur le comptoir. Pour eux, tous les jours sont une petite révolution individuelle. Qu'il vente, pleuve ou neige, il y a toujours de la jouissance à tirer dans ce bas-monde, relativement facilement, sans trop d'effort, sans trop de sérieux surtout : "J'ai arrêté mes études de lettres modernes il y a trois mois. Je n'en ai pas grand chose à foutre, moi, monsieur, des lettres modernes" nous lance Matthew, sourire mesquin éclairant son visage. Certains bars à Columbia les refusent, par peur d'effrayer leur clientèle habituelle. D'autres les accueillent à bras ouverts, espérant être dans le vent. Ils sont quelques milliers à se montrer aussi ostensiblement dans les grandes villes atisababiennes et pourraient bien représenter un segment mercantile potentiel pour certaines enseignes de night clubs. À Terreneuve-Ville, deux clubs parfaitement modernes sont en cours de construction. "On ne sait pas vraiment quoi en penser, franchement. C'est un peu ringard, les clubs. Je parie que vos lecteurs y vont, vous, dans les clubs ! Nous, on préfère danser dans les caves, et se toucher dans les ruelles..." souffle Anna à notre journaliste.

Vraiment subversive, cette génération ? Quelques vieux punks se souviennent. "C'était mort, à l'époque, ici. Alors on est partis en Adélie, et au Pelabssa, pendant quelques années. C'était dingue. Sur tous les plans. Notre musique était une rupture. On était en plein dans le underground, dans la remise en cause de l'ordre établi. Dès que l'on pouvait prendre le contre-pied, on le faisait, rien que pour provoquer. Ca avait un côté très teenager dans le caprice, mais très nihiliste dans l'idée. Eux... je ne sais pas trop, ils ne sont ni engagés ni anti-engagés, ils s'en foutent, ce sont des dilettantes. Ils font beaucoup l'amour entre eux, c'est peut-être le seul point commun" commente Laars Pooete, ancien lead singer des Koep, groupe de punk rock qui sévit très brièvement à Nuwestad au début des années 80. Quand on demande à Anna ou Lorent ce qu'ils pensent de l'Eglise réformée, ils répondent comme toujours avec des formules toutes faites : "la religion, pourquoi pas, mais avec une bonne sauce au citron, et des petites pommes de terre !" ou "une Église, quand on y baise, ça fait de l'écho, ça a un côté un peu angoissant". Et des indigènes, qu'en pensent-ils ? "Ils ont dans leur musique cette syncope, ce rythme... on retrouve un peu ça dans quelques mouvances pop..." Les réflexions volent bas, mais volontairement. Ces dandies en sont des véritables. "C'est une génération libérée des carcans : familial, religieux, universitaire, capitalistique. Ils ne se distinguent pas par un engagement ou par une prise de position mais par une complète indolence. C'est une réaction typiquement anti-calviniste. Pas de vertu, pas de long-terme, pas de chape de plomb, pas d'encouragement à agir sur le monde, pas d'ouverture, juste de la jouissance en dilettante, du bon temps" commente Walter Friedman, professeur de sociologie à l'Université de Columbia.

Une génération d'autant moins subversive qu'elle est principalement d'origine bourgeoise (voire petite bourgeoise). Le père est typiquement notaire ou avocat et finance la frivolité de son enfant, bon gré mal gré. Quand on demande au père d'Anna ce qu'il pense du libéralisme de sa fille, celui-ci répond, désabusé "je ne sais pas, je suis peut-être un peu trop vieux. J'espère quand même qu'elle reprendra ses études". Et Anna, se tenant sagement au bras de son père munificent, d'acquiescer, les yeux pétulant d'ironie : "oui, sûrement. Je ne voudrais quand même pas finir négresse !"

Les autorités des grandes villes, quant à elles, sous la pression des associations de famille et des électeurs conservateurs, s'apprêtent à promulguer des arrêtés interdisant la flânerie dans les lieux publics pour les jeunes de moins de 25 ans. L'armée, quant à elle, a assuré qu'elle n'aurait "aucune complaisance" avec les dilettantes qui passeront leur service militaire dans un futur proche.

Nouvelles : La conférence des églises réformées a reçu depuis une semaine plus de douze millions de livres de dons, notamment suite à l'appel du conseil doyen d'être généreux lors de ce programme d'offrande. • Arrivée à Dieplandstad du président du conseil fédéral sélène Rodolphe Sprügler, accueilli par le régent François Belcour. • La Fiémance expulsera sous peu tous les immigrés les plus anciennement installés sur le territoire du Royaume. Ce décret royal a fait bondir la communauté internationale, notamment la Sélénie. D'autres pays s'organisent pour accueillir l'afflux futur de migrants. Le conseil doyen n'a pas publiquement réagi mais des sources proches ont assuré que des discussions ont eu lieu avec le Royaume de Fiémance pour accueillir les expulsés qualifiés n'ayant nulle part où se rendre. • Délivrance de l'autorisation préalable pour la construction de la tour de la Compagnie marchande de Terreneuve (CMT) à Terreneuve-Ville. Un appel d'offres sera lancé sous peu.[/justify]

Posté : ven. août 05, 2016 6:39 pm
par the0
[justify][center]LE TERRENEUF[/center]

"Notre dette est une dette d'avenir, pas une dette du présent"
Le régent Belcour a défendu les dépenses massives de la République lors d'une allocution télévisuelle
Cela faisait six mois que le régent Belcour n'avait pas tenu d'allocution grand public. Il est vrai, le régent se fait moins remarquer que son prédécesseur William Brandeis... du moins seulement en fait d'image publique. François Belcour crée en effet le débat sur la politique économique du conseil doyen. Celui-ci, avec la sempiternelle approbation du Sénat autorisant les surplus budgétaires, a déjà acté pour presque deux milliards de livres de déficit public en 2030, "and still counting!" s'est exclamé Arnold Dovenge, député du parti landbuner.

La possibilité pour la République de contracter des dettes est nouvelle. Jusqu'à l'an 2026, celle-ci était contrainte à un déficit maximal de 0,25%, et le Sénat ne pouvait autoriser des dépenses exceptionnelles qu'en cas d'urgence nationale. Mais depuis la révision constitutionnelle de décembre 2026 qui a attribué des pouvoirs importants à la République, le conseil doyen peut contracter des dettes sans aucun plafond, et peut demander au Sénat l'autorisation de s'endetter davantage même si le budget ne le prévoit pas. Très récemment, le lancement de grands projets (compagnie agricole indigène, autoroute Dieplandstad-Columbia/Ste Madeleine, discussions sur la Transzanyanaise méridionale...) a marqué l'entrée du pays dans un nouveau cycle économique. Un âge d'or ? "Plutôt un âge de dépenses effrénées, une course folle à l'investissement. Ce revirement du conseil doyen est assez surprenant. On sentait l'administration assez molle, hésitante, et puis désormais, les projets fleurissent" commente Edgar Rovin, commentateur politique à la Télévision Terreneuvoise (TVT).

Le régent Belcour a souhaité répondre aux questionnements qui pesaient sur son action gouvernementale lors d'une allocution télévisuelle hier soir. "Il n'est pas question d'augmenter monstrueusement le poids du gouvernement républicain comme je l'entends parfois à la Chambre des députés. Il n'est pas non plus question de se baser désormais sur un modèle de relance économique. Il n'est pas non plus question que ce mode économique perdure pendant des décennies. Ce que nous faisons, c'est un investissement massif dans les infrastructures, dans la recherche et dans l'allocation des ressources économiques aujourd'hui non-utilisées, pour que ce qui constituait hier un blocage devienne aujourd'hui une opportunité. L'autoroute qui réunira efficacement la côte Ouest à la côte Est en est le meilleur exemple. Le conseil doyen ne compte absolument pas se départir de cette politique économique." Interrogé par le journaliste Wilhelm Toebeg sur les capacités de paiement de l'Atis-Ababe, Belcour a nié tout risque de perte de confiance des marchés. "L'Atis-Ababe est un pays plein d'opportunités. Nous avons des réserves d'or qui couvrent environ 15% en garantie les emprunts que nous réalisons, ce qui est un taux largement suffisant pris en comparaison du marché mondial des bons du trésor. Et j'ai déjà eu des retours de l'Institut Atis-Ababien des Statistiques Economiques et Demographiques (INSAASED) qui prévoient une très forte croissance cette année. Dans tous les cas, et il faut que chaque citoyen le comprenne, notre endettement n'est absolument pas un endettement de fonctionnement. Si l'on retire les investissements réalisés cette année, notre déficit chute à moins d'1%. C'est un endettement ponctuel, de développement des infrastructures. Cet endettement cessera quand l'Atis-Ababe sera un pays dont les acteurs privés pourront soutenir seuls la croissance économique".

Certains députés nationalistes zanyaaner ont exprimé leur mécontentement en faisant brûler un exemplaire du budget de la République en plein hémicycle (déclenchant une fois de plus l'alarme-incendie du bâtiment, une tradition en plein développement après la crémation d'un roman jugé décadent par le député Winnefred-Mathias Franz il y a quelques semaines). "C'est indubitablement le prodrome d'une République toute grasse et ballonnée, qui va piétiner la souveraineté des peuples indépendants de l'Atis-Ababe !" s'est exclamé Mathias Boer, député zanyaaner. Plus que jamais chez les députés nationalistes, on craint le fédéralisme suite aux dépenses massives de la République. Alors que l'horizon économique est loin d'être assombri par cet endettement, qui pose surtout problème aux mouvements anti-fédéralistes (personne n'ose nier l'impact largement bénéfique de l'autoroute ou de la compagnie agricole indigène), Belcour semble avoir pris un sentier politique dangereux : il s'éloigne des nationalistes en rénovant le rôle de la République dans l'économie, et s'éloigne des progressistes en focalisant uniquement ses investissements et sa politique de développement sur les provinces blanches. Le conseil doyen reste néanmoins largement soutenu par un Sénat complètement suiveur (comme à l'accoutumée), et par une très large majorité conservatrice à la Chambre des députés.[/justify]

Posté : dim. août 21, 2016 7:22 pm
par the0
[justify][center]LE ZANYAANER[/center]

Éditorial satirique par René Sans-Pol
Un prêtre catholique décède dans un camp d'immigration atisababien
Le père Matis Mtombe avait été arrêté il y a un mois et placé dans un camp près des Territoires du Fleuve Nègre
La nouvelle a fait hurler à l'office des affaires intérieures. Le "père" Matis Mtombe, prêtre catholique âgé de 56 ans, est décédé des suites d'une déshydratation et d'une bastonnade délivrée par les gardiens du camp. Déjà la petite communauté catholarde du pays a exprimé sa plus profonde indignation pour la disparition du clerc nègre. Indignation ! En voilà un de terme bien catholique, bien propret, bien souffrant et miséreux, coincé dans les cloaques du bon catéchisme moral complètement baltringue du Saint-Siège... Je vois déjà les paroisses papistes entonner des cantiques latins pour le salut de l'âme du ministre aux grandes narines. Même en Alméra ! Alors qu'au Barly (F23) (pays d'origine de sieur Mtombe) l'on crève la dalle et vit dans des huttes, les bons petits-bourgeois numanciens et les retardés thorvaliens (dans tous les sens du terme) singeront leur humanité universelle dans une vaste pantomime ecclésiastique. Requiem et tout le tintouin ! Ca va donner, c'est sûr... Mais pourquoi est-il mort, au fait, le nègre Mtombe ?

Les faits, maintenant. Le père Mtombe fut arrêté dans les territoires du Nigramoep, province nègre dans laquelle il conduisait des missions de charité et d'évangélisation. Un jour que le père Mtombe fut un peu trop inspiré (trop de catholicisme tue le catholique, cf l'adoration des martyrs !), il s'en alla célébrer une messe en plein air dans une friche... Sauf que ce n'était pas vraiment une friche mais un champ en jachère ! Con Momo Mtombe ! Évidemment, ça n'a pas loupé, le propriétaire a appelé le patrouilleur du coin, l'on demanda les papiers des participants, et la rafle fut fructueuse puisque sur trente-six nègres, trois n'avaient pas d'autorisation de séjour sur le territoire, dont le prêtre. On l'amena au camp le plus proche. Grâce à [url=http://www.simpolitique.com/congres-atis-ababe-t13067.html#p291383]une loi récente[/url] votée par le Congrès et proposée par le Conseil doyen, pas de jugement, mais une décision administrative peut mettre l'internement dans un camp de transit où l'on peut être condamné aux travaux forcés. L'on désapa Momo l'Ostie (comme on doit sûrement l'appeler dans son village !... non ?) de sa soutane ou que sais-je, et, zou, tout nu dans la douche anti-poux. Et là, tout devient comique, car à poil dans un camp de transit pour immigrés illégaux, il n'y a plus de clerc car plus de soutane, tout le monde devient protestant ! "T'es qui ?" "Matis Mtombe !" "Tu fais quoi ?" "Je suis ministre religieux..." Le con n'a pas osé dire son appartenance à la sacro-sainte Église... Et le gardien, sûrement baigné dans le brouhaha des nègres hululant et hennissant dans les couloirs du camp de Neuve-Tombe, n'a selon le rapport fourni à l'administration centrale qu'entendu le mot "ministre"... et a pris Mtombe pour un rigolo, l'envoyant direct dans son baraquement.

En attendant la décision finale de l'administration qui devrait sceller son destin pour une durée pouvant aller jusqu'à douze mois de travaux forcés, Matis Mtombe fut placé en internement provisoire, dans le même camp, et contraint aux travaux forcés aussi, kif-kif... Et là, gros dilemme pour Mtombe ! Hurler qu'il est prêtre et qu'il désire un traitement de faveur ? Ou se taire et la jouer martyr ? En tout cas, on sait qu'il n'a jamais rien dit... mais qu'il a fait, car deux messes clandestines ont été répertoriées dans les incidents relevés par les gardiens. Manu militari, Matis Mtombe fut foutu à l'isolement ! Et là, il refusa de boire. On lui cassa la gueule pour qu'il veuille bien boire ! Et il but... Passé le burlesque, passé l'isolement, on le renvoya dans son baraquement où les gardiens (des Nègres eux aussi !!!) ont visiblement pris un plaisir sadique à faire de Mtombe leur souffre-douleur, encourageant les autres détenus à l'humilier sévèrement. Mtombe cessa de manger, puis rapidement de boire. La bastonnade eut lieu le 1er décembre, on laissa Mtombe gisant au sol, inconscient, puis bientôt mort. Le cadavre sera renvoyé au Barly.

Doit-on s'en étonner ? Non.. Tout cela était assez prévisible, le Congrès ayant visiblement créé des camps complètement dérogatoires au droit commun. Faut-il s'en émouvoir ? Oui, évidemment. Un prêtre qui meurt, tout comme un menuisier ou un charpentier, c'est navrant. Mais au surplus de la disparition, en raison du sacerdoce de la victime, c'est quelque chose d'un peu plus grand qui est touché. Tout cela est même un peu honteux pour l'Atis-Ababe, se prétextant supérieure en humanité, et montrant comme toujours un placide visage de cruauté quand il advient des faibles et des opprimés. Oui, je sais, l'on me reprochera cet élan de charité, de compassion. Mais la compassion, cons de lecteurs qui vous abreuvez chaque jour de ma haine, c'est le revers de la superbe médaille du cynisme.[/justify]