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Posté : mar. juin 07, 2016 10:17 am
par Sébaldie
[center]
Le présent sujet centralise les RPs du Royaume de Sébaldie, Etat autoproclamé et non reconnu par la République Sébalde, dont il est sécessionniste.
Ces RPs se déroulent hors du cadre officieux et de la Cour du roi.
Pour accéder aux RPs la République Sébalde, veuillez [url=http://www.simpolitique.com/sebaldie-f249.html]suivre ce lien[/url].[/center]
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[center]
RP - Activités internes
[img]http://zupimages.net/up/16/21/ueg4.png[/img][/center]
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[center]Peuvent interagir sur le sujet les joueurs dont les factions ont eu une assise importante sur l'une des trois municipalités qui composent le royaume :
- Alwine
- Johel3007
- Otto
- Rumy
- Hohenhoff
- Gwenael
- Thunderoad
Bénéficient également d'une autorisation de poster :
- Chaarden
Ces RPs ne seront pas comptabilisés dans le calcul de l'évolution de l'emprise des factions
sur les municipalités composant le royaume ; seuls sont autorisés les RPs d'ambiance, sur les sujets
ayant trait à la vie quotidienne dans le royaume, des citoyens lambda et des factions.[/center]
Posté : mer. juin 08, 2016 4:27 am
par Otto
Depuis la Restauration, des cantiques sonnent à nouveaux dans les rues et dans les églises comme à Saint-Stanislas de Friedstempel où les prêtres prient pour le nouveau roi. Tout un peuple orthodoxe traditionaliste se lève et chante pour la gloire de Dieu et du Roi. Ce peuple a participé à la Restauration et n'est pas prêt de revenir sur sa victoire, quoiqu'en dise les grandes entreprises. Dieu, et les autres monarchies traditionnelles du monde, viendront à l'aide du peuple Sébalde... Voici un exemple de ces nouveaux chants :
[url=https://www.youtube.com/watch?v=h4YDmA1k7u4]Air et paroles originales[/url]
Refrain :
O Marie, ô Mère chérie,
Garde aux coeurs des Sébaldes la foi des anciens jours,
Entends du haut du ciel, le cri de la Patrie,
Orthodoxe et Sébalde toujours,
Entends du haut du ciel, le cri de la Patrie,
Orthodoxe et Sébalde toujours,
Orthodoxe et Sébalde toujours !
1. Console-toi, Vierge Marie,
Vois, ton pays reviens à Dieu ;
Viens au secours de la patrie :
D'être chrétienne elle a fait vœu !
2. Sur notre bannière, ô Vierge sainte,
Valerian a mis les Loups de la Sélbaldie,
Et son nom seul sème la crainte
Parmi les rangs des ennemis !
3. Oh ! Sur nous, règne, bonne Mère,
Tes enfants sont à tes genoux !
Sois leur refuge tutélaire !
Sauve le Royaume, sauve-nous !
4. Ils assiègent ton sanctuaire,
Ils accourent à nos portes ;
Pardon, grâce, ô puissante Mère !
Fléchis le cœur de Dieu ton Fils !
5. Protège la couronne de ton fils,
Confonds les méchants et leurs vœux,
Fais que le successeur des anciens rois
Connaisse enfin des jours heureux.
Posté : jeu. juin 16, 2016 7:01 pm
par Sébaldie
[center]Faire un bœuf
18 mai 2030
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/389652boeuf.jpg[/img][/center]
[justify]Sasha, 46 ans, était éleveur de bovins à Ambrosius. Son activité avait été quelque peu remuée ces derniers temps. Non seulement elle subissait de plein fouet le changement de régime de l’autre côté de la frontière, en Constance, qui a fait diminuer ses ventes annuelles mais en plus l’anarchie qui régnait dans cette partie de la Sébaldie ne l’encourageait guère à prospérer. [url=http://www.simpolitique.com/post284348.html#p284348]Ses bovins avaient été égorgés par ces ordures d’islamistes[/url]. Heureusement, ces derniers ont été trop idiots pour revendiquer leur acte : il a ainsi pu être indemnisé par son assurance. Avec la prime, qui compensa une grande partie de ses pertes, il put notamment remplacer les bœufs tués. La brève expérience des fascistes identitaires ne lui a guère été profitable, des clients étrangers ont refusé d’acheter quoi que ce soit en provenance de cette ville, Ambrosius.
Puis vint la libération par les Juifs, qui ont finalement porté allégeance au « Royaume des Maksimov » comme on l’appelait jusqu’alors dans les bars d’Ambrosius. Sasha lui se moquait d’être dirigé par un président, un roi, un empereur, un homme, une femme, une chèvre… Il recherchait juste le calme. Les royalistes ont semble-t-il réussi. Sans se convertir au monarchisme, il espérait que la nouvelle équipe allait être sensible à ses doléances. Après tout, le roi était lui-même un entrepreneur agricole !
Sasha était un producteur de qualité, reconnu comme tel. Sa viande était servie sur les tables des grands restaurants. En reprenant l’activité de son père, il y a quinze ans de cela, il avait fait le pari fou : laisser son bétail grandir en toute liberté. Ses concurrents s’étaient tous convertis au saint-élevage intensif, il était donc le seul à Ambrosius à miser sur l’extensif. Pour autant, Sasha ne blâme pas ses collègues. La province se paupérise d’année en année et il était difficile de lutter contre la concurrence du Kalternan et plus encore étrangère. L’élevage intensif permettait un rendement maximum et rapide. Et tout le monde n’avait pas hérité de plusieurs hectares de terrain comme lui, pour y développer son activité. La viande de Sasha se vendait plus chère que ses concurrents mais il n’y perdait pas : ils ne ciblaient pas les mêmes marchés. D’ailleurs, il refusait de les considérer comme des concurrents, du moment qu’ils ne marchaient pas sur ses platebandes.
Mais voilà que le Royaume, par l’intermédiaire de la Réforme Beslmov, avait décidé d’abandonner l’économie de marché au profit d’un système de corporations. Autrement dit, Sasha allait être regroupés sous la même corporation que ces usines à viande de bêtes qui voient à peine la lumière du jour, nourris avec des compléments alimentaires : la corporation des éleveurs bovins. Si ce n’était qu’une classification statistique, soit ! Mais la corporation avait des pouvoirs puissants : celui de déterminer le salaire des employés et surtout le prix des produits. La corporation était incarnée par des représentants élus par leurs pairs. Problème pour Sasha : il est minoritaire ! Même s’il a tenté de s’imposer, c’est la majorité qui l’a emporté. La dernière réunion des membres de la corporation a été très musclée : les représentants ont décidé, pour rester compétitifs, de s’entendre sur un prix relativement bas… en faisant fi de la qualité ! Un steak de bœuf en élevage intensif se vendra au même montant qu’un steak de sa production. Sasha pourrait « faire comme tout le monde », se convertir à l’élevage intensif, d’autant qu’il bénéficie d’un très grand terrain pour y bâtir la plus grande exploitation d’Ambrosius voire du royaume, mais l’homme s’y refuse. Il s’est bâti une réputation dans la qualité, et refuse de devoir payer pour les autres et d’être solidaires avec ceux qui ne connaissent pas leur métier. La concurrence ne lui fait pas peur ; au contraire, il l’apprécie et il vit pour elle !
Que pourrait lui proposer le Royaume ? Sasha aimerait rencontre le Roi pour faire part de son indignation face à ce système économique archaïque, lui demander de bâtir sa propre « corporation des exploitants d’élevages bovins extensif » dont il serait peut-être le seul représentant ou alors de déroger à cette obligation de s’inscrire à une telle corporation et exercer en tant qu’indépendant. Dans sa lettre adressée au roi, il expose ses arguments :
[quote](…) Si je peux me permettre, Sa Majesté ne doit pas craindre la concurrence. La Réforme de Monsieur Belsmov semble dater du XVIIIe siècle, à une époque où les travailleurs recherchaient essentiellement à vivre de leur activité, où le lieu de production et celui de consommation étaient similaires et où les produits n’étaient pas destinés à l’exportation, sauf cas très particuliers. Elle date aussi d’une époque qui connaissait à peine les moyens d’augmenter la productivité, alors qu’aujourd’hui les compléments alimentaires sont – pour le cas qui me concerne – légion. Je crains que la Réforme Belsmov ne contribue à un nivellement vers le bas et la médiocrité : éleveurs, producteurs, artisans qui exercent mieux leur activité que la majorité n’ont pas à se faire dicter le prix et la manière de gérer leur activité par cette même majorité. Si ce système perpétue, je vendrai à perte.
Je demande que le travail soit reconnu à sa juste valeur. L’économie de marché a bien des défauts mais elle permet de mieux rendre compte des attentes des consommateurs. De grâce, Votre Majesté, n’incitez pas les forces vives de votre royaume à le quitter. (...)[/quote]
Si la réponse du Roi ne lui convient pas, Sasha ira plaider sa cause auprès des journaux de la République Sébalde, qui se battront jusqu’au sang pour avoir l’exclusivité du témoignage d’un sujet qui discréditerait le nouveau pouvoir royal. La concurrence a décidément du bon.[/justify]
Posté : ven. juin 17, 2016 9:26 pm
par Alwine
Réponse royale :
[right]21 Mai 2030[/right]
Le monarque avait été fort surpris de recevoir une lettre de plainte de la part d'un agriculteur qu'il connaissait de nom et respectait... et dont il ne manquait pas de manger de temps en temps de la viande, de qualité donc, depuis qu'il s'était établit à Krideric et avait restauré le Royaume – un roi ne devait-il pas, après tout, consommer les produits de son propre royaume, pour stimuler l'économie de celui-ci, autant que possible ? – ce qui avait sans doute joué un rôle dans le fait que la lettre lui parvienne dans un si bon délais. Il fut plus surpris encore d'en découvrir le contenu, et ne manqua pas de faire part de ces problèmes à son Conseiller à l'Économie, avec la charge de vérifier si les faits étaient avérés et, au besoin, de prendre des mesures. Par ailleurs, il ne manqua pas non plus de répondre au courrier, envoyant une belle réponse royale – écrite à la main par un secrétaire et dotée d'un superbe cachet aux trois loups, s'il vous plaît – à l'agriculteur concerné.
Dans celle-ci, il se disait touché par la situation de l'intéressé, et lui assurait que, ayant œuvré longuement dans l'agriculture lui-même, il comprenait les soucis de son citoyen. Néanmoins, il l'invitait à ne pas perdre foi dans le modèle corporatiste, qu'il décrivit comme « le meilleur des systèmes quand il s'agissait de réguler la production pour l'amener vers le mieux ». Il lui dit que ce qu'il rapportait était préoccupant, mais que, officiellement, il n'existait nulle corporation séparée pour les éleveurs où auraient cours de telles pratiques dictatoriales. Il le renvoya, en lui fournissant la documentation nécessaire, à la récente publication du [url=http://www.simpolitique.com/presse-officielle-actualites-royaume-t12958.html#p287243]règlement de la corporation paysanne[/url] élaboré à la suite du dernier congrès de celui-ci, et aux valeurs promues par ladite corporation, loin du modèle hyper-productiviste. Il lui dit ainsi de ne pas se fier à d'éventuelles manœuvres d'intimidation de certains de ses collègues usurpant le modèle corporatiste et, si les faits étaient avérés, à ne pas hésiter à les dénoncés.
Enfin, en le renvoyant aux conditions établies [url=http://www.simpolitique.com/presse-officielle-actualites-royaume-t12958.html#p286765]dès la création du système corporatif par le pouvoir royal[/url], il lui confirma que si malgré tout il ne trouvait pas son bonheur dans le modèle corporatif, celui-ci n'avait rien d'obligatoire ou de coercitif et que n'y entraient que ceux qui le voulaient. Hors donc il n'avait besoin de nulle dispense s'il voulait éviter d'y entrer lui-même. Malgré tout, il lui confia qu'il appréciait beaucoup sa méthode de travail, en tant que connaisseur du monde agricole, autant que sa production, en tant que consommateur, et l'encouragea à « participer à la construction collaborative et solidaire du système corporatif sébalde » pour permettre à tous de pouvoir consommer mieux dans le futur. Le tout étant bien sûr suivit de solennelle salutations d'usages et autres enjolivures royales, qui faisaient tout le cachet de ce genre de lettre.
Posté : mer. juil. 20, 2016 11:15 am
par Chaarden
[center]Chasser Satanaël - Episode 1
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=823431105356857o.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/823431105356857o.jpg[/img][/url][/center]
Lodewijk, Claas et Stefan étaient trois jeunes Sébaldes en perdition. Enfin, c’est presque un pléonasme, car un Sébalde, c’est avant tout un individu en perdition. Depuis de nombreuses années maintenant, ils avaient pu constater la dérive de leur nation. Que l’autorité religieuse se soit affaissée, c’est une chose, mais que l’autorité politique, morale et sociale s’effondre, c’en est une autre. Tout un pan du pays partait à vau-l’eau sans que l’Etat s’en occupe. Un sociologue imbu de son jargon (et surtout de lui-même) utilisera sûrement le terme de « recomposition historique » ou de « restructuration politique ». Le Royaume de Sébaldie, ainsi, avait profité du vide laissé par un état failli pour s’installer. La nature a horreur du vide, les Sébaldes s’y sont accommodés. Le roi Valerian III était vu par beaucoup comme un monarque stabilisateur qui contribuerait à recréer une cohérence et une unité nationale perdue depuis trop longtemps. De plus en plus de Sébaldes ralliaient sa cause ou du moins, la considéraient avec bienveillance sans s’y investir personnellement.
Le vide institutionnel, et nos trois jeunes hommes en était intimement convaincu, pouvait être facilement comblé, mais ce n’était pas le cas du vide des cœurs. Si le monde entier s’effondre autour de vous, le seul roc auquel vous accrochez, c’est vous-même, votre cœur, votre âme, votre esprit, votre foi, vos aspirations les plus profondes. Dans ce petit Royaume de Sébaldie, la religion majoritaire était l’orthodoxie. Assez classique au Jeekim. Cependant, une analyse historique sérieuse et rigoureuse de la question religieuse amenait à penser que l’église orthodoxe avait souvent été un élément de perdition pour les hommes ici-bas. Elle s’était forgée autour des hommes, et non autour de Dieu. C’était le principal reproche que l’on pouvait lui faire. A cette objection, elle n’avait pas grand-chose à répondre, sinon à hurler à l’hérésie. A l’heure actuelle, les orthodoxes de Sébaldie, et même plus largement, les chrétiens catholiques ou protestants, étaient amenés à se questionner de plus en plus sur leur foi, et sur Dieu de manière générale.
Lodewijk, Class et Stefan avaient compris qu’il fallait absolument s’engouffrer dans la brèche. Célibataires, sans enfants, sans emploi, avec seulement quelques économies de côté, les trois quarantenaires étaient d’anciennes connaissances. Ils ont vécu longtemps ensemble, vu les prix des loyers, et s’ennuyaient à longueur de journée. Ils avaient même pensé à utiliser la « loi d’esclavage » pour trouver un maître. C’était la dernière chose à faire. Et c’est alors que Lodewijk tomba sur quelque chose d’intéressant. Il apprit le renouveau de la foi bogomile dans une contrée lointaine de l’Alméra orientale. La foi bogomile… qu’est-ce que c’était donc que ça ? Une hérésie pour certains, une secte pour d’autres, la Vérité et la Vie pour ses adeptes. C’est alors que son représentant, le confédéré Boleslas Komarov publia les [url=http://www.simpolitique.com/post290290.html#p290290]Trente-Deux Canons[/url]. Bien avant cela, Lodewijk avait déjà saisi les lignes de la foi bogomile, et les Trente-Deux Canons étaient en fait un concentré, une synthèse claire et limpide de tout ce qu’il avait appris.
Il en avait la conviction : quelque foi aussi fiable, aussi cohérente, aussi claire, ne pouvait être que la Vérité. Il partagea rapidement ses découvertes avec Class et Stefan, qui acquiescèrent son point de vue. Ils se disaient bogomiles.
Pourquoi donc une adhésion aussi rapide et une conversion aussi puissante ? La marche du monde semble correspondre aux attentes et à la cosmologie bogomile. Le chemin était trouvé. En effet, il est énoncé que le monde est résultant d’une lutte entre le Bien et le Mal. Quoi de mieux qu’être Sébalde pour comprendre que le monde visible est bel et bien le Mal ? La Sébaldie toute entière s’est vouée à la chair et au plaisir matériel ; voyez le résultat !
Les notions de Trinité, de Baptême et de Croix ne sont pas nouvelles dans l’esprit des trois jeunes hommes. Ils étaient eux aussi à l’église étant petits mais jamais on ne leur expliqua la signification profonde de tous ces termes, jamais. Enfin, la foi bogomile répondait aux multiples questions que l’on se posait : Dieu l’omniscient, Jésus la Porte du monde visible vers l’invisible et le Saint-Esprit qui combattait dans le monde invisible contre les forces de Satanaël. L’espoir était là, le chemin était là, il fallait choisir son camp, et Lodewijk l’avait choisi. Bientôt, la volonté s’ancra en son cœur de s’investir plus que tout autre dans le bogomilisme. Cette religion l’avait tiré de son marasme, lui et ses amis, et il savait mieux que quiconque que beaucoup de Sébaldes étaient dans la même boue qu’eux. Ils avaient tous les trois décidés de devenir des Parfaits ; des élites de la foi bogomile, prédicateurs et ascètes qui avaient pour but d’étendre la Vraie Religion à qui était prêt de la recevoir.
Devenir un Parfait était un long chemin de lutte pour la purification de son corps. Trois éléments s’articulaient, pour commencer : aucune relation sexuelle, aucune viande, aucune richesse. Pour le Sébalde de base, ce n’est pas un problème : les relations homme-femme sont au plus bas, les richesses ne servent plus à rien, si ce n’est à se conforter dans sa solitude, et la viande n’est qu’un plaisir subalterne. Une fois cela fait, il fallait pousser la rigueur ascétique plus loin encore : Sept prières par jour, trois par nuits, durant des séances de génuflexions qui pouvaient durer une heure. Jeûnes plusieurs fois par mois, ablutions à l’eau vive cinq fois par jour, séances de confession avec Claas et Stefan, et bien sûr, les trois hommes accrochèrent l’Evangile de Jean à leur ceinture et s’habillèrent de vêtements rêches et sobres. Cela suffisait-il ? Non, il fallait toute une vie pour mériter l’entrée dans le Royaume de Dieu, et ici-bas, c’était le Royaume de Sébaldie qu’il fallait viser pour le moment. Lodewijk, Claas et Stefan prirent le peu d’affaires qu’ils avaient et se mirent en route pour les régions reculées du Royaume. Ils avaient avec eux de nombreux exemplaires des Trente-Deux Canons et d’autres supports servant à présenter la foi bogomile, la Vraie Foi qui les avait fait revivre. La prédication devait commencer.
Posté : mer. juil. 20, 2016 2:21 pm
par Otto
La Mission (1.)
Fiat Lux
Quelques mois après la proclamation du Royaume, qui avait eu lieu avec le soutient de l'Eglise locale, les fidèles orthodoxes comme le père Stanislaw de Friedestempel décidèrent d'entamer un mouvement de conversion des fidèles et créèrent la "Mission Orthodoxe de Sébaldie". Cette organisation avait le soutient d'une partie du clergé locale et de quelques personnages importants du Royaume, parmi lesquels le ministre Belsmov. Le soutien de tels personnages apportait au mouvement une manne financière capable de soutenir les difficiles oeuvres de la Mission.
La Mission regroupait une dizaine de prêtres et une trentaine de familles "coopérantes", c'est-à-dire liée à la Mission par leurs prières et par leurs actions. Justement, les premières actions se préparaient. Avec la rentrée scolaire qui approche, la Mission décida d'organiser dans chaque des trois villes du Royaume des groupes de scouts sous la bannière des Eclaireurs du Royaume afin de rallumer la flamme de la foi parmi la jeunesse. De même, les aumôneries scolaires devraient être redynamisées par la Mission qui les soutiendra par l'envoi de Bibles et de Missel à destinations des enfants et des jeunes. Enfin, les parents ne sont pas mis de côté : la Mission créé une officine dédiée aux jeunes parents (l'Association d'Aide aux Jeunes Parents) et une autre pour les parents d'élèves (l'Organisation Chrétiennes des Parents d'Elèves).
La Mission aura cependant beaucoup de travail devant elle. Non seulement elle devra agir dans un pays très sécularisée, mais en plus, elle devra faire face aux missionnaires bogomiles arrivés récemment dans ce pays en proie à l'anarchie...
Posté : ven. juil. 22, 2016 10:28 am
par Zaldora
[justify]
La Mission (2.)
Fiat Lux
Comme prolongement des activités missionnaires de l'Église orthodoxe et dans l'optique de lutter contre l'invasion du gloubi-boulga bogomiliste, les popes décident, en accord avec leur primat, de ressortir de vieux livres, depuis longtemps oubliés par la Sébaldie sécularisée. Il s'agit de
Contre les Hérésies, une œuvre magistrale écrite par Saint Irénée afin de contrer les sectes gnostiques de son temps. Malgré son ancienneté, l'ouvrage est toujours valable et considéré comme une référence du genre contre le gnosticisme (dont les bogomiles font partie). Les autres livres sont de Saint Augustin, ancien manichéen, convertis par Saint Ambroise, et qui au cours de sa vie s'employa à lutter contre le manichéisme et le gnosticisme, dans
les Confessions notamment, prouvant avec talent l'absurdité du dualisme dans sa conception de Dieu, et étayant le lien que possèdent les diverses hérésies ci-dessus avec les cultes initiatiques (connaissance cachée connut des seuls initiés, possibilité de rapprochement avec les fameux "Parfaits" du bogomilisme) de l'ère païenne. Ces différentes ressources documentaires des Pères de l'Église sont utilisées lors des sermons et de la catéchèse, avec une bonne dose de pédagogie.[/justify]
[HRP : si j'ai outrepassé mon droit, Sébaldie peut supprimer.
]
Posté : ven. juil. 22, 2016 9:16 pm
par Chaarden
[center]Chasser Satanaël - Episode 2
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=401521Gnose.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/401521Gnose.jpg[/img][/url][/center]
La nuit venait de disparaître derrière les collines du Gelnan et déjà le soleil éclairait l’horizon. Lodewijk venait de se réveiller, après une très courte nuit. Il s’était levé toutes les 2 heures pour se recueillir dans la prière, comme le voulait la tradition initiatique bogomile. Il descendit à la rivière la plus proche et y nettoya sa gamelle. Il partagea un bref repas composé de poissons, de fromage de chèvre et de haricots avec Claas et Stefan. Les trois jeunes hommes étaient à l’heure actuelle dans une petite ville au Nord du l’autoproclamé Royaume de Sébaldie. Ils savaient, grâce aux réseaux sociaux, que beaucoup de personnes habitant ici avaient eu vent de la renaissance de l’ancienne foi bogomile ; il y avait des cœurs à convertir. Lodewijk leva les yeux au ciel et implora son Seigneur d’éloigner Satanaël de sa route aujourd’hui, car il devait rencontrer quelques dizaines de personnes intéressés par son discours. Il savait aussi que parmi eux, certains seraient des orthodoxes ou des catholiques convaincus cherchant à le déstabiliser. Cependant, les prédicateurs bogomiles dont il était possédaient toute une panoplie de réponses préparées qui leur permettaient de faire preuve d’une grande répartie en toutes circonstances. Répondre du tac-au-tac était d’ailleurs la preuve que l’on avait fait place au Seigneur au sein de son esprit. Chaque question qui lui serait posée trouvera une réponse. Dieu est juste, et si nous choisissons de rallier son camp, alors nous contribuons à la lutte contre Satanaël le Fourbe. Claas et Stefan avaient aussi en tête de devenir à terme des Parfaits, mais Lodewijk était plus investi dans sa foi et avançait sur le chemin de la lumière avec plus de détermination et de force. Les jeûnes, prières et génuflexions répétées faisaient souffrir ce corps qu’il détestait tant, mais consolidait son esprit. C’était la force de l’esprit qui comptait pour prendre part à l’inlassable lutte entre le bien et le mal.
Stefan avait passait suffisamment de temps sur le net pour apprendre à ses camarades ce qui se passait sur la scène internationale : la foi bogomile était attaquée de tous côtés. Le clergé maokorien en première ligne, avait ressorti les attaques auxquelles les bogomiles sont tellement habitués, « hérésie », « fanatique » etc. Les clergés thorvaliens et viertensteinois aussi s’étaient levés contre la vraie foi. Lodewijk regardait cela d’un œil distrait : des hommes attachés à la chair ne comprenaient pas la volonté d’élévation spirituelle des Parfaits bogomiles, cela ne faisait sûrement que commencer. La chair contre l’esprit était une belle symbolique : les clergés sécularisés cherchaient à détruire les « aimés de Dieu », comme on appelait les bogomiles, par l’insulte et l’amalgame. Il fallait combattre Satanaël et ses succubes par la rhétorique, la dialectique, la controverse, le débat, la discussion, et c’est ce pour quoi Lodewijk s’était levé, c’est ce pour quoi il avait trouvé un sens à sa misérable vie. La littérature bogomile, à laquelle il consacrait plusieurs heures par jour, était pleine de ressources, pleine de vie, pleine de sens, et il savait au fond de lui qu’il avait pour mission de l’étendre, afin que le plus de personne possible rejoigne les rangs de Dieu pour accélérer la victoire de ce dernier.
La petite ville dans laquelle les trois hommes s’étaient arrêtés comptait quelques quatre mille habitants, majoritairement des orthodoxes culturels, et beaucoup de personne en questionnement ou déjà en perdition, au vue de la débandade spirituelle et politique de la nation. Prostitution, salles de shoot, alcools… bref, une ville dévouée entièrement à Satanaël, et dans laquelle le clergé local était ou bien complice ou bien coupable, comme souvent. C’est là qu’il fallait agir. Une petite salle prêtée pour l’occasion par des sympathisants, dans laquelle s’étaient réunis quelques dizaines de Sébaldes, certains très intéressés, d’autres tirés là par des proches, et même ceux qui n’avaient rien d’autre à faire ou qui avaient la télé en panne. Ludowijk connaissait bien les profils présents ce soir, il avait été collègue et famille de ce genre de personnages avant même sa conversion. Il prenait la parole avec Dieu au cœur, pour détruire de sa parole les influences de Satanaël le Maudit. A la fin de son « sermon », des tracts et autres papiers seront distribués afin que la foi bogomile soit étendue au-delà des murs de cette salle. Stefan s’occuperait de recevoir les personnes intéressées par une éventuelle conversion. Ces personnes, de toute manière sans attache dans ce monde à la dérive, auront la possibilité de suivre les trois premiers bogomiles sébaldes.
Très rapidement, Lodewijk constata que ses paroles touchaient l’auditoire. Après un monologue d’une petite quinzaine de minutes, durant laquelle il précisa la cosmologie et la théologie bogomile en s’appuyant principalement sur les Trente-Deux Canons, une longue période de questions-réponses s’enchaîna. L’un des premiers à prendre la parole fut un pope venu d’un village voisin. Rouge comme une tomate, il s’en prit violemment à Lodewijk. Ce dernier lui demanda, dans un calme et une sérénité qui étonna la foule, quels points de la doctrine il remettait en cause. Le pope s’en prit notamment aux sacrements qui, on le sait, sont quasiment inexistants dans la foi bogomile en dehors du baptême. Ludowijk lui répondit d’une manière qui surprit l’assemblée : les sacrements sont faits de main d’hommes, avec des objets d’hommes, entourés d’hommes, dans un lieu construit par des hommes… et que ce sont la chair et les objets déjà ? Ah oui… des productions de Satanaël. Ainsi, très habilement, le bogomile ne condamna les pratiques des clergés non : il affirma tout simplement qu’utiliser les armes de Satanaël pour se battre aux côtés de Dieu relevait d’un tour de force qui mettait l’homme bien au-dessus de ses propres capacités. Quand le pope demanda quid du baptême, Ludowijk répondit simplement qu’il s’agissait là d’une manière de montrer aux hommes que l’on s’engageait dans la voie de Dieu et que l’on dédiait notre vie à ce dernier.
Le point qui posa vraiment souci, au début, est cette dualité originelle et omnipotente entre le bien et le mal. Cela signifie-t-il que Dieu n’est pas tout-puissant ? Car finalement, si le monde est une lutte entre Dieu et Satanaël, cela signifie que Satanaël rivalise, et donc est au moins aussi puissant que Dieu… voilà la principale objection que la foule fit à Ludowijk : la négation de la toute-puissance de Dieu n’est-elle pas une entorse faite aux Evangiles ?
Premièrement, l’Evangile énonce un Dieu d’amour avant d’énoncer un Dieu tout-puissant, qui est plutôt présenté tel dans l’Ancien Testament, livre par et pour les Juifs. Deuxièmement, les hommes sont une création de Satanaël, qui voulait se venger de son exclusion du monde immatériel en créant des êtres –les Hommes- qui passeraient le temps à se faire des guerres et à se mentir. Dieu, dans son infini amour, intervint et partagea une partie de sa puissance, qu’il insuffla dans les cœurs des Hommes : s’il n’est pas tout-puissant, c’est simplement parce qu’il a fait grâce d’une partie de sa puissance pour donner à l’Homme une possibilité de s’extirper de la puissance de Satanaël. Troisièmement, cela signifie que nous avons en chacun de nous une graine, une toute petite graine, une portion de la puissance originelle de Dieu, dont il s’est amputé lui-même, et que nous pouvons faire fructifier si l’on fait le choix de suivre la vraie foi, la foi bogomile.
Ainsi, la négation de la toute-puissance de Dieu n’est pas une hérésie, mais au contraire une preuve de la bienfaisance du Dieu de l’univers, qui a donné à chacun la force de rejoindre les plus hauts sommets de la spiritualité.