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Posté : lun. mai 09, 2016 6:15 pm
par Vladimir Ivanov
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519659394-504105drapeaupurementnationaldelarostovie2.png[/img] - [img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519660982-679298drapeauduthorval2.png[/img]
Ce jour était historique. C'est peut-être même bien la première fois que la Reine du Thorval se rendait sur la Terra Rostovia, cet immense pays slave et sir, à la fois repoussant et mystérieux, farouche et menaçant, déchiré et totalitaire, traditionaliste et révolutionnaire... chrétien et communiste. Situé à la pointe orientale du plus grand continent du monde, ce pays fut victime d'une série de péripéties révolutionnaires sanglantes depuis plus de 70 ans, après des siècles d'oppression féodale et deux désastreuses petites parenthèses "libérale-démocrates" capitalistes. Avec le dépassement du progressisme révolutionnaire et la subversion du communisme kirovien par la Main Noire, la Rostovie n'était devenue rien de plus qu'une machine à tuer militaro-industrielle, aussi froide que l'espace intersidéral, d'une cruauté telle qu'elle osait encore se réclamer de la sagesse ou d'une forme de communisme.
Aujourd'hui, heureusement, la Rostovie est revenue à ses fondamentaux communistes, tout en se réconciliant avec la religion.
Désormais, le pays célébrait Saratova comme l'égale de Kirov. Deux héros du peuple rostov, dont la popularité n'avait d'égal... qu'Annabelle II du Thorval en Rostovie elle-même !
Oleg Dniepropetrov et Svetozar Dzérine attendaient la Souveraine thorvalienne à l'aéroport de Novgorod. Après les cérémonies formalistes, un voyage était prévu, notamment sur l'Anneau d'or de la capitale, mais également un hommage historique devant la tombe de Saratova, ainsi que des diners et quelques discussions officielles.
Posté : mar. mai 10, 2016 7:06 pm
par Zaldora
[justify]Le contexte ne pouvait être moins idéal avec la marmite géopolitique menaçant d'exploser et les activités de groupes séparatistes islamistes liés à la Main Noire. Malgré tout, le voyage de Sa Majesté en Terra Rostovia se tiendrait bel et bien. Pour ce premier périple, la reine souhaitait, au delà des discussions politiques, ressentir la si particulière, mystérieuse et ambiguë âme rostove où s’entremêlait indistinctement la mélancolie d'une vie somme toute rude, et la joie de vivre s'adossant à un intense amour pour le terroir slave. Le pays était-il toujours habité par des poètes de si grande mémoire, comparable aux scaldes thorvalois qui traversaient présentement le royaume tels des nomades ? Cette pérégrination à mille lieux du Thorval sera celle de la découverte de la Rostovie profonde. Les Thorvalois arrivaient à Novgorod à bord d'un [url=http://cdn-www.airliners.net/aviation-photos/photos/0/2/0/2763020.jpg]avion de petite taille[/url] (40 passagers) que Thorval Air exploitait sur certaines lignes internationales qui ne demandaient pas de grosses capacités. Les nordiques se mirent au devant de leurs hôtes tandis que des mécaniciens auscultaient l'aéronef comme après chaque vol. Tous s'habillaient dans le pure style thorvalois: du grand chambellan portant tunique en laine et cape, à la reine arborant une longue robe ornée de motifs brodés et d'un bonnet fleurie. D'aucuns individus étaient pieds-nus et s'accoutraient de vieux habits religieux bruns, cheveux tonsurés à l'ancienne : des frères franciscains qui officieraient aujourd’hui en tant que secrétaire, conseiller ou traducteur. Deux gardes royaux se tenaient aux cotés de Sa Majesté, uniformes impeccables. Leur présence révélait une certaine inquiétude, surtout que les menaces de la Main Noire étaient prises au sérieux. En plus, le Grand Chambellan portait le glaive à gauche, une dague glissée dans sa manche et un pistolet à la ceinture. Il avait lu la partie ou les slaves s'inquiétaient du Saint-Empire. Il aima, car pour lui, la Couronne impériale ne valait rien et le Saint-Empereur, un coquin de la pire espèce. Toutefois, son serment l'obligeait à obéir et à sa haute position au Conseil seyait une attitude organique. Sa Majesté ne paraissait pas plus anxieuse que ça, elle esquissa un radieux sourire et hocha la tête pour saluer.
[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]
« Mes chers messieurs, bonjour. Nous attendions ce jour avec hâte et le voici arrivé... »[/justify]
Posté : ven. mai 13, 2016 12:38 am
par Vladimir Ivanov
La sécurité était bien-entendu maximale : c'est sur elle que reposaient la vie de la souveraine thorvalienne et la crédibilité de toute la Rostovie.
En régime conventionnel, la Rostovie n'avait pas vraiment de chef unique en particulier, mais plusieurs. Ainsi saluèrent Annabelle II en premier, sur le territoire rostov, les personnalités suivantes :
_ Oleg Dniepropetrov, le commissaire-général du KOS au Vietché (comité gouvernemental de l'Assemblée Populaire Suprême), le dirigeant saratoviste issu du Vosroskom, converti au christianisme grâce à Saratova en personne pendant la résistance contre Terienkov.
_ Svetozar Dzérine (Narkom aux Affaires Étrangères, et de facto le N°2 de l'URR), kirovien modéré et bon diplomate, issu du Vosroskom, qui considère Saratova comme la seconde héroïne de l'Histoire rostove après Kirov.
_ Sviatoslav Borisovitch (Narkom à la Défense), saratoviste, un grand partisan du MiR et relativement pacifiste dans les affaires internationales (il s'est opposé aux généraux de l'ANR qui voulaient intervenir directement en Varlovie)
_ Vladimir Arkharov (Narkom à la Normalité Intérieure), kirovien pur et dur, mais de confession chrétienne (comme Tian Guo en Eran !), issu du Vosroskom, grand admirateur du MiR et pourtant chef du terrifiant NKRD (qu'il s'est efforcé de purger et de bâillonner, avec un certain succès pour le moment).
_ Igor Arzamas, le puissant Narkom au Komgosplan -économie-, kirovien pur et dur, mais admirateur d'une obschina du MiR.
C'est ainsi qu'ironiquement, trois kirovistes saluèrent la Reine du Thorval. Mais deux d'entre-eux venaient du Vosroskom (le comité de libération de la Rostovie contre la Main Noire), l'un était chrétien, l'autre modéré. Le dernier, Arzamas, bien qu’intransigeant sur les questions socio-économiques, acceptait la rechristianisation de la société rostove et œuvrait lui-même de tout cœur au développement du MiR dans le pays, ces communautés rurales où coexistent l'égalité sociale et la piété religieuse, la solidarité heureuse et l'ascétisme militaire, un travail parfois pénible et une naïveté quasi-pacifiste !
Après les premières présentations, la Reine fut accompagnée pour la cérémonie de bienvenue par le représentant du Vietché, à savoir Oleg Dniepropetrov. Marchant entre une haie d'honneur de gardes armés, fusils levés au ciels, les hymnes des deux pays retentirent.
[url]https://www.youtube.com/watch?v=pRSYhLQ_XJM&feature=youtu.be[/url]
[url]https://www.youtube.com/watch?v=L6MuBslefto[/url]
Une fois la cérémonie et ses formalités achevées, le Grand Chambellan entra en discussion avec Arkharov, tandis que la Reine Annabelle discutait avec Dniepropetrov et son diplomate en chef, Dzérine, grand polyglotte, qui parlait parfaitement pas moins de trois dialectes thorvalois, dont l'adurstedois -le thorvalois standard-. Borisovitch et Arzamas discutaient avec deux autres conseillers franciscains, via interprètes quand cela était nécessaire.
Oleg Dniepropetrov : Vous êtes courageuse de venir chez nous en personne ! Beaucoup à votre place ne nous aurais pas fait confiance. C'est donc la Rostovie toute entière qui vous remercie pour votre témérité malgré les menaces persistantes de la Main Noire. Mais soyez assurée que nous ferons notre maximum pour garantir votre sécurité.
C'est un jour historique pour nos deux pays. Après la visite de Nina Saratova au Thorval, vous voilà dans notre pays pour honorer, en communion avec notre peuple, sa mémoire.
Vous aurez l'occasion de visiter plusieurs de nos plus belles églises et monastères, ainsi que de découvrir par vous même le fonctionnement du MIR !
Le planning :
[quote]premier jour :
_ matin : cérémonies d'accueil
_ déjeuner au Grand Palais du Kremlin
_ après-midi : visite de Novgorod
_ dîner au Grand Palais du Kremlin
deuxième jour :
_ matin : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Sergueï Posad
_ déjeuner dans un wagon du transrostov
_ après-midi : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Pereslavl-Zalesski
_ dîner dans un wagon du transrostov
troisième jour :
_ matin : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Iaroslavl
_ déjeuner dans un wagon du transrostov
_ après-midi : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Vladimirovo
_ dîner traditionnel rostov à l'obschina de Vladimirovo (MIR)
quatrième jour :
_ matin : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Kostroma
_ déjeuner dans un wagon du transrostov
_ après-midi : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Ivanovo
_ dîner dans un wagon du transrostov
cinquième jour :
_ matin : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Suzdal
_ déjeuner dans un wagon du transrostov
_ après-midi : visite de l'anneau d'Or de Novgorod : Vladimir
_ dîner dans un wagon du transrostov
sixième jour :
_ matin : rencontre diplomatique à Novgorod pour le renforcement des relations Thorval-Rostovie
_ après-midi : visite de Kirovgrad
_ début de soirée : recueil devant la tombe de Nina Saratova au Nord-Est de la ville
_ soir : départ en bateau du port de Kirovgrad
Note générale : Les repas, matinées et soirées seront ponctuées de temps de prières, individuelles ou collectives, s'adaptant à la volonté de l'invitée royale. Tandis qu'il existe des églises construites ou en construction dans pratiquement chaque commune, les chapelles sont innombrables ![/quote]
Posté : ven. mai 13, 2016 11:36 pm
par Zaldora
[justify]La souveraine reçue le salut des différentes têtes politiques de l'URR. Trois se réclamaient du kirovisme, sacrée ironie dans la mesure où le principe de royauté symbolisait pour eux, un néant absolu. A son tour, la reine présenta les siens et se prêta au jeu de la cérémonie de bienvenue en traversant la haie d'honneur formée par les hommes en arme en compagnie du chef Oleg Dniepropetrov. Le protocole accomplit, on se répartit en plusieurs groupes. Le Grand Chambellan accompagna Arkharov, sans doute pour s'aviser de la sécurité et peut-être échanger sur leur aversion commune des empires. De leurs coté, les mendiants franciscains partirent vers les ministres rostoves de la défense et de l'économie. Les frères seraient bien capables de les convertir tous les deux ou au moins un, pensa la reine, tandis que le chef de l'État et le dirigeant de la diplomatie slave se trouvaient à ses cotés. Elle fut très surprise d'entendre Dzérine s'exprimer sans fausse note en dialectes thorvalois. Les étrangers maitrisant le standard étaient déjà très rares, alors que dire des variantes...
[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]
« Il ne faut pas laisser la peur guider nos pas, ni donner trop d'importance à ces brigands. Une reine doit être forte, toujours. Nous ne pouvions décliner votre invitation sans y voir un grand échec. D'autant qu'il aurait été vraiment dommage de ne pas venir, ce programme promet un riche et intéressant séjour en Rostovie, avec une fin en apothéose. »[/justify]
Posté : mer. mai 18, 2016 1:31 am
par Vladimir Ivanov
Hormis [url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661057-245487basilelebienheureux.jpg]la célébrissime Cathédrale Basile-le-Bienheureux[/url] véritable symbole de l'architecture traditionnelle rostove, la Reine du Thorval a pu visiter d'autres grands édifices religieux de la capitale connus dans tout le pays voire le monde entier.
===> [url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661072-114979kremldenovgorod.jpg]illustration du Kremlin pour s'y retrouver[/url] !
La "Place Rouge" et la Cathédrale Basile-le-Bienheureux (pas représentées) se situent juste en haut de l'image, à l'extérieur de l'enceinte.
[spoiler="Place des Cathédrales du Kremlin"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661083-521670dormitionkremlin.jpg[/img]
Cathédrale de la Dormition à la "Place des Cathédrales" du Kremlin de Novgorod : c'est ici qu'on mariait et couronnait les Tsars de Rostovie !
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661089-314836annonciationcathedrale2.png[/img]
Cathédrale de l'Annonciation à la "Place des Cathédrales" du Kremlin de Novgorod : elle abrite parmi les plus belles icônes du pays. Elle était la chapelle personnelle du Tsar.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661096-191063catedraldelarcngel1.jpg[/img]
Cathédrale de l'Archange Saint-Michel à la "Place des Cathédrales" du Kremlin de Novgorod : comme beaucoup d'édifices du Kremlin, elle fut bâti sous la direction d'un architecte numancien. De cet édifice typiquement centre-alméran émerge des bulbes qui rappellent qu'on est bien en Rostovie. Il s'agit de la nécropole des souverains rostovs de l'ère tsariste, c'est là qu'ils sont enterrés.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661101-507340clocherdivanlegrand.jpg[/img]
Haut de 81 mètres, le Clocher Ivan-le-Grand est le campanile de la Place des Cathédrales du Kremlin.[/spoiler]
______________________________
[spoiler="Cathédrales à l extérieur de l enceinte"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661123-592330christthesaviorcathedralmoscow.jpg[/img]
Cathédrale du Christ-Sauveur, la plus grande de la capitale, reconstruite en 2014 du temps du "bicéphalisme" (ère de co-direction Kirov-Saratova dont s'inspire aujourd'hui le régime rédemptoriste).
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661129-490215cathdraledelathophanie.jpg[/img]
Cathédrale de la Théophanie : Ovskorine en avait fait le siège du Patriarcat de Novgorod après avoir rasé la première. Elle était ainsi durant un demi-siècle, la cathédrale primatiale de l'Église orthodoxe rostove.[/spoiler]
Oleg Dniepropetrov, grand connaisseur des lieux religieux de Rostovie, commentait la visite de lui-même à la Souveraine thorvalienne. Lorsqu'il commettait des fautes en thorvalien, c'est Svetozar Dzérine, grand linguiste, qui le corrigeait, respectueusement bien-sûr !
Ce sont donc les deux hommes qui conversaient le plus avec la Reine Annabelle.
Si la cérémonie d'accueil était restée sobre, pour des raisons de sécurité entre autres, il en était autrement du reste de la journée. Dans un premier temps, c'est au parvis de chaque cathédrale qu'une foule nombreuse accueillait systématiquement la Reine, cela avec grandes joie et émotion, et toujours après avoir visité l'intérieur de l'édifice, laissé relativement vide et silencieux au cas où Annabelle réclamerait un petit temps de recueillement. Même si les drapeaux thorvaliens qui étaient brandis par cette foule qui se pressait devant l'église à la sortie de la Reine montraient le caractère organisé -ou plutôt surveillé- de ces accueils (mesures de sécurité), il n'en demeurait pas moins sincère, et cela se voyait clairement. Certaines femmes retenaient leurs larmes (par pudeur), en raison de l'émotion produite : elle rencontrait pour la première fois celle qui représentait un symbole pour toute la chrétienté, catholique comme orthodoxe, celui du souverain juste et pieux ! Mais aussi en tant que chère amie de Saratova et du peuple rostov, la Reine Annabelle était bien le personnage étranger le plus populaire en Rostovie, loin devant tous les autres dirigeants mais aussi célébrités du monde. Elle était particulièrement admirée par les femmes de Rostovie, réputées pour leur attachement bien plus marqué à la religion que les hommes.
De surcroît, dans chaque déplacement (lent) en voiture, elle pouvait voir par la fenêtre de nombreux rostovs qui la saluaient avec beaucoup de ferveur, et spontanément cette fois-ci, malgré la surveillance.
Des pancartes géantes affichaient au-dessus des grands axes urbains du pays, telle une affiche de propagande, une photographie d'Annabelle aux côtés de Saratova.
Oleg Dniepropetrov : Pour beaucoup de rostovs, votre visite est une bénédiction pour notre pays. En tant qu'amie de Saratova et de la nation rostove, comme vous l'avez maintes fois prouvé malgré les circonstances terrifiantes, notre peuple vous en est plus que très reconnaissant.
J'espère que cette visite des principaux sites cultuels de la capitale vous a plus, parce qu'il y en aura d'autres !
La nuit tombée (en hiver, elle survient très tôt, surtout en Rostovie...) elle devait participer à un dîner officiel -pour le coup luxueux- dans le Grand-Palais du Kremlin.
[ Mon 5000e message 
]
Posté : jeu. mai 19, 2016 7:50 pm
par Zaldora
[justify]Après l'aérodrome, on atteignit Novgorod intra-muros. Le convoi se rendit directement au Kremlin, cœur de la capitale et forteresse urbaine la plus connue de Rostovie. Elle abritait nombres des édifices les plus prestigieux, notamment sur la fameuse place des Cathédrales. Annabelle découvrit de ses propres yeux le patrimoine religieux qui se présentait devant elle. La Cathédrale de l'Annonciation, la Cathédrale de la Dormition ou la Cathédrale du Christ-Sauveur... des édifices réellement somptueux et impressionnants qui témoignaient de l'orthodoxie des peuples qui avaient de ces contrées fait leur foyer. La Reine put visiter les intérieurs et contempler les riches décorations de mosaïques, de fresques et d'icônes. Dniepropetrov agissait comme son guide et se fendait de commentaires sur les détails architecturaux et l'histoire des différentes églises. Toutes étaient, de près ou de loin, liées à l'ère tsariste. L'une avait accueillit sacres et mariages des tsars, une autre leur servait de chapelle personnelle et une troisième de nécropole impériale. Intacts d'ailleurs étaient les tombes, signes que les successives révolutions ne les avaient pas profané, du moins c'est ce que Annabelle se dit sur le moment. A la sortie de chaque édifice, la souveraine était chaleureusement saluée par une cohue de personnes sur le parvis, sans doute pas de manière spontanée, mais l'expression et l'émotion que l'on percevait sur les visages ne laissaient pas douter de leur authenticité. La reine s'en montra ravie et répondit par des saluts de la main, des hochements de tête, agrémentés de radieux sourires. L'enthousiasme et la ferveur populaire redoubla encore lors des trajets en voiture à basse vitesse. Pour la première fois, Sa Majesté se sut appréciée des rostoves. Vu du Thorval, la chose n'était pas si évidente à cause de l'opposition radicale entre socialisme et royalisme. Ainsi, étant donné que les peuples de Rostovie avaient des décennies durant reçus une éducation selon les préceptes socialistes, ils pouvaient facilement voir en Annabelle un élément bourgeois. Ces hypothèses furent néanmoins balayées par la réalité.
[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]
« Ah oui, nous avons beaucoup apprécié ce tour des cathédrales, très enrichissant. Nous avons aussi aimé le contact direct avec les gens de Novgorod. Sincèrement, nous n'imaginions pas un tel accueil populaire. »[/justify]
Posté : lun. mai 23, 2016 3:44 pm
par Vladimir Ivanov
[url=https://www.youtube.com/watch?v=cB0g5fT5wag]ambiance musicale[/url]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661253-643160mikhailnesterov001.jpg[/img]
Serge de Radonège, Saint-Patron de la Rostovie et protecteur de son peuple : tableau du peintre Nesterov représentant un moment de la vie du futur ermite, lorsqu'il rencontra un moine starets (patriarche/prieur de monastère) qui bouleversa sa vie et dira de lui ces paroles prophétiques : « Cet enfant va devenir la demeure de la Sainte Trinité, et amènera une multitude à la compréhension de Sa volonté ».
En Rostovie, les gens ne connaissent généralement que deux villes : Novgorod et Kirovgrad. Si on pouvait comparer la Rostovie a un corps humain, la première serait le cerveau et la seconde, les poumons.
Novgorod, autour de son célèbre Kremlin, est la base politico-historique du pays (Novgorodie), le centre culturel du monde slave et l'une des cités les plus anciennes d'Alméra orientale. Par ses vieilles églises, son Kremlin et ses nombreuses petites résidences traditionnelles (jadis en bois), elle est typiquement slave... mais aussi typiquement socialiste : les grattes-ciels ovskoriniens et grands-ensembles se sont ajoutés à l'avant-dernier siècle aux églises et aux monuments traditionnels. Biens que les immeubles d'habitation conventionnels ou d'architecture brutaliste peuvent paraître trop sobres, trop carrés, voire repoussant, les gratte-ciels de l'ère kiroviste tels que les grands ministères et grandes universités publiques sont reconnues pour émettre une sorte de majesté, laquelle reflétait la puissance du pays et son rayonnement à travers le monde.
Kirovgrad, ex-Pétropavlovsk, a été fondé en 1703. Elle est le symbole de la modernisation du pays durant le XVIIIe siècle, ainsi que de son ouverture sur le monde. Bien que la ville soit typiquement almérane, et même d'inspiration ouest et centre-almérane, elle est devenue malgré elle (cette cité portuaire se voulait la ville de l'avenir et de la modernisation) un symbole de la Rostovie traditionnelle ! Pour la raison très simple qu'elle fut "épargnée" par l'architecture socialiste (grands-ensembles et gratte-ciels d'architecture dite "totalitaire", ou "art déco" qui ont transformé Novgorod), et conserva son style horizontal type "néo-classicisme alméran du XVIIIe".
Novgorod : centre de l'âme slave et du socialisme totalitaire.
Kirovgrad : vitrine de l'alméranisme rostov et du néoclassicisme moderne.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661268-175913novgorodkomgosplan.jpg[/img]
Le gigantesque Narkomat du Komgosplan (ou ministère de l'économie et des planifications)
Le cerveau pour le contrôle politique et l'esprit culturel slave et socialiste (Novgorod), les poumons pour l'ouverture économique et culturelle à la modernité almérane. Mais alors, où est finalement le plus important de tous les organes humains ? le cœur de la Rostovie ?
Il est dans ce qu'on appelle communément l'Anneau d'Or (en rostov : zolotoïé kol'tso, à prononcez : "zalatoïé kal'tso"). Il s'agit d'un cercle de petites villes (quelques dizaines de milliers d'habitants seulement chacune) à l'Est de Novgorod, espacées entre-elles d'environ 50 km. Jadis, entre le IXe et le XIIIe siècle, elles étaient les grandes cités princières, riches, autonomes et puissantes, qui formaient la confédération de la "Grande Principauté Rostove". Chacune défendues par des kremlin en forme de triangle, elles avaient leurs propres viétchés (assemblées de boyards) et leurs propres armées. Puis la christianisation progressive entre l'an mil (conversion du Grand-Prince Vladimir Ier au christianisme en 981) et les invasion Sirs leur a pourvus des premières églises.
La première d'entre-elles est Sergueï Posad, située à 80 km au Nord-Est de Novgorod. Il abrite le monastère le plus intime de la culture rostove, le cœur battant de l'identité du pays : "Sviata-Troitskaïa-Sierguiiéva-Lavra" ou Laure de la Trinité Saint-Serge. Fondé au milieu du XIVe siècle par le Saint-Patron de la Rostovie en personne, Serge de Radonège, moine réformateur et thaumaturge canonisé, elle était le premier véritable centre spirituel du monde slave. En 1380, c'est là, selon la légende, que la Rostovie recouvra sa liberté.
Insurgés contre leurs terribles oppresseurs Sirs (turco-mongols semi-islamisés qui occupaient la Rostovie depuis plus d'un siècle), les chrétiens rostovs demandèrent l'aide de Dieu. Ermite et ascète, priant quasi-exclusivement pour le Salut des âmes, Serge de Radonège consenti à la demande du prince Igor, commandant des armées slaves-chrétiennes qui s'était rendu dans le monastère pour être béni par lui au nom de Dieu. On était à la veille d'une bataille qui s'avérera décisive : Koulikovo.
[url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661412-467422lissnertroicesergievalavr.jpg]Peinture de Lissner représentant la bénédiction du Prince Igor [Dmitri Donskoï IRL] par Serge de Radonège dans l'enceinte du monastère.[/url]
Lorsque la grande bataille commença, tout allait mal pour les rostovs : la charge de la cavalerie Sir venait de tuer 10 000 fantassins rostovs dès la deuxième heure de combat, tandis que le prince Igor était déjà blessé. Le starets Serge se rendit alors dans son isba éloignée de la forêt. Cela, conformément à son habitude, mais à une exception : il pria cette fois-ci pour la victoire et la libération de son pays.
A la troisième heure, grâce à une contre-offensive "miraculeuse" d'un détachement de l'armée d'Igor, la bataille se solda finalement par la victoire des rostovs. C'est ainsi qu'Igor Ier reçu le titre d' "Osvabaditiéliï" (le libérateur) et régna avec les sages conseils de Serge de Radonège sur un pays à reconstruire après l'achèvement de plus d'un siècle d'oppression turco-mongole. C'est donc à la suite de cette bataille que de magnifiques et prestigieux monastères furent bâtis dans de nombreuses villes de l'ex-Novgorodie, sur l'exemple de celui de Sergueï-Posad, considérés comme le lieu de la victoire de l'indépendance du pays en plus d'en être le cœur spirituel. Certaines laures (titre monastique le plus élevé pour les établissements) deviennent ainsi de véritables écoles pour l'instruction et lieux de recueillement pour l'éveil spirituel de tous les habitants des cités et villages alentours.
[spoiler="Sergueï Posad"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661279-224681lauredelatrinitsaintsergedesergueposad.jpg[/img]
Laure de la Trinité Saint-Serge : le véritable cœur spirituel de la Rostovie. Malgré sa modestie touristique (très peu de visiteurs, austérité des lieux), il est le symbole par excellence de l'âme rostove.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661285-259730sviatatroitskaasierguiivalavra.jpg[/img]
Laure de la Trinité Saint-Serge en hiver (tel qu'il est vu par Annabelle II le jour de sa visite).
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661290-363712lauredelatrinitsaintsergedesergueposad2.jpg[/img]
Vue aérienne de la Laure en été.[/spoiler]
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[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661297-944394monastrenikitsky.jpg[/img]
En profondeur dans la quasi-désertique campagne rostove, Pereslavl-Zalesski est la deuxième cité monacale de l'Anneau d'Or, située à environ 50 km au Nord-Est. Ville natale du légendaire Alexandre Nevski, elle est moins peuplée, mais abrite toutefois, autour d'elle, pas moins de quatre monastères. Ici le vieux monastère Saint-Nicétas (Nikitskiï) : plus ancien que celui de Sergueï-Posad (bâti dès le XIe siècle), il a été plusieurs fois ravagé par les envahisseurs Sirs. Terienkov l'avait transformé en prison ("centre de détention provisoire") entre 2018 et 2023. Il a été restauré en 2027.
[spoiler="Pereslavl-Zalesski"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661500-430261monastregoritskipereslavlzaleski.jpg[/img]
Monastère Goritski.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661512-136240nikitskyinpereslavl.jpg[/img]
Monastère de Nikitskiï.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661520-215320monastretroitsedanilovpereslavlzaleski.jpg[/img]
Monastère de Troitse-Danilov, ou "Sainte-Trinité-de-Daniel", vu tel quel par la Reine du Thorval lors de sa visite d'hiver 2030.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661529-285494spasopreobrazenskycathedralinpereslavlzalessky.jpg[/img]
Église de la Transfiguration ("Spaso-Preobrazhenskiï Sobor"), une des plus anciennes de Rostovie.[/spoiler]
Durant la visite du monastère de Troitse-Danilov, Oleg Dniepropetrov répondit à Annabelle pour expliquer son immense popularité dans le pays :
[quote]Vous savez, Vladimir Arkharov, le véritable fondateur du régime actuel de la Rostovie, l'Union Rédemptoriste (un kiroviste qui a participé à la chute de Terienkov, vous le connaissez sans doute par vos rapports de la SNSI -sourire- il est vrai qu'il s'agit d'un homme très froid et dur), m'a fait une confidence qui m'a profondément marqué, et a favorisé notre réconciliation personnelle, et par elle, celle des kiroviens et saratovistes.
Selon lui, la Rostovie a une âme à la fois communiste et chrétienne. Notre pays serait guidé par deux lignes : une horizontalité socialiste et une verticalité orthodoxe.
Depuis l'ère bicéphale Saratova-Kirov, et à nouveau depuis la proclamation de l'URR le 25 octobre 2027 par Vladimir Arkharov, l'athéïsme a été extirpé du marxisme pour en reprendre l'essentiel certes, sur le plan socio-économique avant-tout, mais cela adapté aux valeurs chrétiennes et à la culture orthodoxe de notre pays. Systématiquement, à chaque fois que l’athéisme fut érigé en "religion d’État" (URSR, deuxième ère kirovienne, puis ère terienkoviste) le pays sombrait dans la Terreur politique. De l'aveu même d'Arkharov, un kirovisme sans christianisme ne peut être qu'une idéologie froide et inhumaine, aux conséquences irrémédiablement tragiques pour le peuple rostov.
Selon Arkharov ce n'est qu'avec la religion orthodoxe que le communisme peut être transcendé et devenir une idée juste et bienfaitrice pour la société rostove. Et biens que viscéralement attachés aux acquis sociaux et aux principes égalitaires du communisme, les rostovs savent que sans le christianisme, le communisme peut conduire à d'effroyables catastrophes.
En rappelant que le Thorval, avec lequel notre pays entretien des relations depuis 981, est justement l'évangélisateur du peuple rostov, Arkharov m'avoua que c'est votre pays qui nous a permis d'endurer toutes les épreuves de notre Histoire, y compris face à la Main Noire. Historiquement, le Thorval nous ouvert les lieux sur la Vérité Trinitaire, la vie après la mort, la Justice divine et le Salut en Jésus-Christ. C'est grâce à vos missionnaires évangélistes que le Grand-Prince Vladimir Ier a été converti et qu'un peu plus d'un millénaire plus tard, c'est grâce à vous, la Reine du Thorval, que la Rostovie a pu être sauvé des griffes de Terienkov : l'aide que vous avez apporté à notre héroïne nationale, Saratova, ne sera jamais oublié. Vous étiez et êtes encore un exemple de grandeur morale pour le peuple rostov, et cette vision idéale, et en même temps justifiée, l'a beaucoup aidé dans les terribles épreuves de ces deux dernières décennies.
Donc en effet, comme vous pouvez le constater, même chez certains des kirovistes les plus durs, vous avez des admirateurs !
Et s'il va de soi que notre pays encourt toujours le risque de retourner dans ses travers "ultras", le peuple rostov s’attachera toujours à sa foi chrétienne, et finalement, à son amitié avec son évangélisateur, le Thorval, pour résister aux épreuves passées et à venir.[/quote]
Posté : sam. mai 28, 2016 12:14 am
par Zaldora
[justify]La première journée prit fin sur un dîner réunissant une quinzaine de personnes au Palais du Kremlin, avant que chacun ne se laisse tomber dans les bras de Morphée pour un repos bien mérité. Le lendemain, on prit, dès les aurores, la route du nord-est de Novgorod. Durant le trajet, Oleg D. fit un exposé à la reine sur les deux principales cités rostoves (Novgorod-Kirovgrad), présentant leurs histoires, leurs particularités culturelles et architecturales, ainsi que leurs rôles complémentaires au sein de l'Union. Une sorte d'introduction vis-à-vis de ce qui allait suivre : l'entrée dans l'Anneau d'Or, un cercle d'anciennes villes emplit de mémoire et nœud qui formait la Rostovie médiévale. La première était Sergueï Posad. Peu connue à l'étranger, la commune urbaine tenait pourtant une place prépondérante dans l'identité et l'âme rostove, en ce qu'elle abritait le grand monastère Laure de la Trinité-Saint-Serge, cœur spirituel du pays. Elle fut aussi le théâtre de la victoire contre l'occupant Sirs au XIVe siècle, lors de la mémorable bataille de Koulikovo dont l'issue tint tout du miracle tellement l'ennemi domina aux premières heures. Un véritable tournant, qui laissa place à une profonde expansion de la vie moniale dans la région, devenant rapidement l'épicentre de l'instruction et de l'éveil spirituel du monde rural proche. Ainsi, sans l'alliance du Prince Igor et de celui qui allait devenir Saint Patron (Trône et Autel), la Rostovie serait sans doute musulmane aujourd'hui. Annabelle se cultiva donc notablement et en bonne amatrice d'Histoire, ces récits la passionnèrent. On profita du parcours en train pour déjeuner et notamment déguster une Chtchi avec du pain de seigle. Un plat que le chef s'était vanté d'avoir préparé à l'ancienne, en le laissant mijoter plusieurs heures à feu doux. La reine avait parfaitement confiance en ses hôtes et savait qu'ici, on ne lui servirait pas de viande aux hormones. L'après-midi fut consacrée à la deuxième cité monacale des environs, Pereslavl-Zalesski. Celle-ci renfermait d'anciens et beaux monastères, en plus d'être le lieu de naissance d'un Grand-Prince ! La souveraine fit la moue lorsqu'on lui dit que le Saint-Nicétas était devenu une prison sous Terienkov... C'est au cours de cette même visite que Dniepropetrov essaya d'expliquer d’où venait la popularité de Sa Majesté en Rostovie, pourtant toujours belle et bien socialiste.
[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440448981-annabelle-ii.png[/img]
« Nous sommes touchées par l'estime que le peuple rostove nous porte, ainsi que par les liens qui unissent nos nations par delà la géopolitique, fluctuante et source de trahison, de rapports de force et d'épisodes dramatiques. C'est très beau. Et soyez sûr, monsieur, que nous ne reproduirons pas nos erreurs passées. Nous ne laisserons pas votre patrie retomber dans ses travers, les honnêtes gens ont bien assez soufferts. Nous vous en donnons notre parole d'honneur. »[/justify]
Posté : mer. juin 01, 2016 9:24 pm
par Vladimir Ivanov
Avec plus de 700 000 habitants, Iaroslavl est une exception : de loin la plus grande ville de l'Anneau d'or, elle est la seule à avoir été marqué par le développement industriel du pays au XXe siècle. Bâtis vers l'an Mil par Iaroslavl le Sage, prince rival païen de Vladimir, elle vit le jour alors que les principautés rostoves étaient loin d'être complètement christianisées. Finalement convertie au christianisme, c'était une des villes les plus puissantes de la Grande-Principauté rostove. Indépendante au début du XIIIe siècle, elle atteint son apogée en devenant la plus grande (explorations de terres situées quelques centaines de kilomètres à l'Est), la plus prospère (essor de l'artisanat et enrichissement grâce au commerce fluvial du bois et des fourrures via l'Oka, la rivière qui se jette dans le Mir) et la plus militarisée des principautés rostoves. Malheureusement, en 1250 les cavaliers Sirs submergent littéralement les armées de la Cité, puis le Kremlin de la ville. Iaroslavl est mise à sac puis complètement rasée, sa population est exterminée. Péniblement reconstruite durant la décennie 1250, les Sirs l'anéantissent une deuxième fois en 1266, puis une troisième en 1271, et une quatrième et dernière fois en 1279, massacrant à chaque fois toute la population. Elle ne sera définitivement reconstruite que très progressivement au cours du XIVe siècle, et sous la menace d'un énième raid Sir (le Khaganat Sir avait alors imposé aux princes rostovs des tribus à payer en échange de la paix et de leur relative autonomie)... avant de renaître dans la sécurité, enfin, une fois le pays libéré à la bataille de Koulikovo un siècle plus tard.
Au sein de la Novgorodie naissante, Iaroslavl occupe une place de premier plan : elle sert de rempart contre les incursions Sirs qui continuent régulièrement depuis l'Est, mais sans succès cette fois-ci puisque la ville tient bon et sauve la Rostovie de biens d'autres désastres. Ainsi en sécurité, l'artisanat et le commerce se développent à nouveau au XVIe siècle, et la ville redevient une des plus riches de Rostovie, jusqu'à devenir la deuxième, rivalisant avec Novgorod. L'essor commercial et artisanal de la ville s'accompagne d'un foisonnement culturel et cultuel : durant le XVIIe siècle, les édifices religieux poussent comme des champignons grâce aux mécènes de la cité, qui à leur tour attirent des architectes et des pèlerins venus de toute l'Alméra. Iaroslavl devient alors tout-à-la-fois un rempart militaire (contre les Sirs à l'Est), un poumon économique (artisanat du bois, du fer...), une plateforme commerciale (trafic de bois et de fourrures par voie fluviale), un haut-lieu culturel (architecture rostove typique, grandes écoles) et un centre spirituel (églises renommées, icônes précieuses, dépouilles incorruptibles de Saints évangélisateurs, autres reliques...) !
Malgré un terrible incendie accidentel en 1658 (détruisant 28 églises), la ville est entièrement reconstruite (ce sera la cinquième fois depuis le premier raid des Sirs). Centre de l'industrie textile rostove au XIXe siècle, elle devient la capitale de l'industrie légère rostove durant la période communiste et cela, jusqu'à aujourd'hui.
Un des seuls édifices religieux à avoir résisté à l'incendie de 1658 est le plus célèbre de la ville, à savoir l'Église du Prophète Élie, le centre de l'éparchie orthodoxe (équivalent du diocèse catholique) du raïon de Iaroslavl [entité administrative équivalente à un très gros département français IRL]. C'est théoriquement le premier bâtiment de la ville, puisque bâti peu après l'an Mil. Sa destruction par les Sirs fait dater la reconstruction en pierre du dernier édifice au début du XVIIe siècle.
Son intérieur est richement décoré. Comme pour la plupart d'entre-elles, de spacieuses et somptueuses galeries ceinturent l'édifice : les " papert' " (en rostov). Face au climat continental extrêmement rude l'hiver, ces adjonctions typiquement russes servent d'abri, qui permettent également aux fidèles de déambuler quelque peu pendant les longs offices de la liturgie orthodoxe.
[url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661661-409107processionpascaleiaroslavlparalexebogolioubov1863.jpg]"Procession pascale à Iaroslavl, peinture d'Alexeï Bogolioubov (son nom signifiant "Amour de Dieu"), datant de 1863[/url]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661683-494776iaroslavlmonastredetolga2.png[/img]
Kremlin de Iaroslavl
[spoiler="Iaroslavl"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661692-311699iaroslavlegliseduprophteelie2.png[/img]
L’Église du Prophète Élie, à la tête de l'éparchie de la ville et de son raïon (en hiver, tel qu'il est vu par Annabelle II le jour de sa visite)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661698-640665iaroslavlegliseduprophteelie22.png[/img]
L’Église du Prophète Élie (en été)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661704-896254iaroslavlegliseduprophteelieintrieur.jpg[/img]
Fresques intérieures de l'Église du Prophète Élie.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661710-687818insideofchurchofelijahtheprophetinyaroslavl.jpg[/img]
Iconostase de l'Église du Prophète Élie.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661717-312031cathedralofthedormitioniaroslavl.jpg[/img]
L'immense Cathédrale de la Dormition ("Assomption" orthodoxe) de Iaroslavl, haute de 70 mètres, est théoriquement une des plus anciennes églises de la ville. Elle a été détruite puis reconstruite à plusieurs reprises : après les invasions Sirs, puis l'incendie de 1658, c'est Terienkov qui à son tour la dynamita en 2019. Elle sera définitivement reconstruite entre 2024 et 2029.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661723-771700iaroslavleglisesaintjeanbaptiste.jpg[/img]
L'Église Saint-Jean Baptiste de Iaroslavl (en hiver, tel qu'il est vu par Annabelle II le jour de sa visite). Construite à l'apogée historique de la cité, à la fin du XVIIe siècle, elle s'élève à 45 mètres de hauteur. Des architectes jeekimois auraient participé à sa construction en stricte conformité cependant à la tradition rostove.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661729-146077iaroslavleglisesaintjeanbaptiste22.png[/img]
L'Église Saint-Jean Baptiste de Iaroslavl (ici, en été).[/spoiler]
______________________________
La ville de Vladimirovo se trouve à plus de 200 km au Nord-Est de la banlieue la plus orientale de Novgorod. Plus petite que Iaroslavl (300 000 habitants), elle n'en demeure pas moins la deuxième plus grande cité de l'Anneau d'Or et une des cités princières le plus anciennes de l'Histoire rostove (elle a été fondé avant l'an Mil !). Particulièrement étendue, elle abrite aujourd'hui la plus grande et plus célèbre obschina, ainsi que, en son sein, un monastère-forteresse renommé dans tout le pays : le Kremlin de Vladimirovo, lui-même partie intégrante du MiR.
Historiquement, le complexe militaro-monacal de son Kremlin est considéré comme le "deuxième centre spirituel" du pays après celui de la Laure de la Trinité Saint-Serge de Sergueï-Posad : son métropolite (chef de l'éparchie du raïon éponyme) est le deuxième de toute la hiérarchie orthodoxe, juste après celui de Novgorod... et n'a d'égal que le métropolite de Sergueï-Posad.
De surcroît, l'obschina de Vladimirovo est la "capitale" du MiR de toute la Rostovie. C'est ici que l'on délibère pour promulguer les décisions nationales majeures concernant l'ensemble du réseau des communes de tout le pays (toutes les obschiny du MiR rostov).
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661737-876564kremlindevladimirovorostovirl.jpg[/img]
Kremlin de Vladimirovo [Rostov IRL]
[spoiler="Vladimirovo"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661747-598264kremlindevladimirovo2rostovirl2.png[/img]
Les deux principaux édifices religieux de Vladimirovo : l’Église de la Résurrection devant, et la Cathédrale de la Dormition à l'arrière plan
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661753-660413papertedeleglisedelarsurrectionvladimirovorostov2.png[/img]
Paperte ("papert'") de l’Église de la Résurrection.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661759-899777vladimirovorostovkremlincathdraledeladormition2.png[/img]
Cathédrale de la Dormition de Vladimirovo (et les remparts blancs du Kremlin de la ville), le centre spirituel n°1 du MiR rostov.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661766-339151vladimirovo22.png[/img]
Le Kremlin cénobite de Vladimirovo, la capitale du MiR rostov.[/spoiler]
Jadis, cette cité princière florissante s'organisait autour de son Kremlin, un rempart en forme de triangle, au fonctionnement triple : comme forteresse de défense militaire, comme centre monacal et donc religieux et comme édifice esthétique pour le rayonnement culturel de la cité.
Aujourd'hui, son Kremlin est le centre du MiR rostov, dont la fonction est toujours triple :
_ une organisation de jeunesse pour la rééducation (qu'on appelle toujours communément "komsomol" : rééducation des jeunes par la piété et le collectivisme égalitaire)
_ un système de coopératives pour le travail collectif (qu'on appelle encore "kolkhoz" : activités diverses, de l'artisanat traditionnel aux services tel que l'accueil et le logement des pèlerins, les soins -centre hospitalier-, l'éducation -théologie, morale, instructions...- et l'entretien général des lieux)
_ un monastère pour le recueillement et la relation avec Dieu (centre cénobite chrétien orthodoxe, églises, communauté de moines et de popes).
La Reine du Thorval s'y rendra en personne, pour visiter le Kremlin en fin d'après-midi, dîner puis participer à une soirée de veille avec les membres de l'obschina de la ville [à voir au message suivant].
Posté : dim. juin 05, 2016 7:11 am
par Vladimir Ivanov
GALADRIEL AU PAYS DU MORDOR
[url=https://www.youtube.com/watch?v=GKFAPJoApmo]ambiance musicale[/url]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661977-143144mordor2.png[/img]
La Rostovie...
_ ce pays du froid, de l'alcoolisme et du tabac, ce pays de la boue (lors du dégel), de la pluie déprimante d'automne et des orages violents, ce pays où l'été ne dure que 2 mois et où les hivers interminables sont dépourvus d'ensoleillement sur la moitié du territoire...
_ ce pays de la pollution, où les terres, l'eau et l'atmosphère sont souillées par les gaz et les déchets toxiques des usines mécaniques et chimiques du complexe militaro-industriel...
_ ce pays du social-impérialisme militaire, du totalitarisme et de la Terreur, ce pays du Perelag, des camps de rééducation par le travail aux centres expérimentaux pour cobayes humains, ce pays de la Justice sommaire, des condamnations à mort et des fosses communes.
Dans ce pays la vie humaine est un paradoxe : elle est aussi rare qu'elle a peu de valeur. Selon certains théoriciens, la Rostovie serait un pays fondamentalement misanthrope. Un peuple qui mérite de subir la Terreur parce qu'il en est lui-même responsable, par sa passivité, ou par le caractère finalement intrinsèque du "rovostranisme" de ce pays, de son Histoire sanglante et de sa nature impitoyable.
D'autres parlent d'une véritable "Sébaldie inversée" : là où le malthusianisme sébalde pousse à la dépopulation... tout en refusant de porter atteinte à la vie des individus, le kirovisme (extrême) pousse au contraire à la surpopulation... tout en multipliant les déportations et/ou exécutions (ces dernières bien que devenues quasi-inexistantes, étaient légions de 2015 à 2023, tandis que les camps de travaux forcés et de rééducation sont toujours largement utilisés, encore de nos jours).
Partageant une hostilité commune de l'hypocrisie que dissimulent souvent mal les manières d'être (bienséance et signes de politesse...), les sébaldes et les rostovs s'opposent fondamentalement quant aux alternatives à adopter : là où les premiers [url=http://www.simpolitique.com/post277124.html#p277124]manifestent une franchise parfois brutale dans les relations individuelles[/url], les rostovs (en fait, surtout les jeunes) font preuve d'un excès de naïveté, d'une gentillesse sincère, souvent qualifiée d'absurde ou de ringard par les visiteurs étrangers. Là où un sébalde attendra de la part d'autrui une preuve de sa fiabilité avant de lui faire confiance, un jeune rostov aura tendance à accorder sa confiance à n'importe qui, cela avant de connaître la personne. Un rostov est en général très difficile à mettre en colère... au point même que, surtout chez les jeunes, il refusera de répondre à une insulte verbale ! Une attitude passive qui a ses limites : d'abord et heureusement, le caractère se renforce progressivement et l'individu, avec l'âge, devient plus soucieux d'être respecté par son entourage, de sorte qu'en réalité, le stade de "l'enfance" (au sens de "comportement naïf") dans la vie de chacun en Rostovie, dure plus longtemps que dans les autres pays. Et une fois la maturité atteinte (entre 30 et 40 ans ?), la chaleur humaine se rétracte quelque peu vers les seuls proches au détriment des inconnus. Ensuite, ce caractère de passivité fâcheuse est modéré quand la personne est témoin de l'agression d'un tiers : un rostov, en général, comme tout être humain qui se respecte, ne supporte pas qu'on s'attaque à une tierce personne, surtout lorsqu'il s'agit d'un ami ou d'un membre de la famille. L'énergie avec laquelle il le protégera est inversement proportionnelle à celle qu'il utilisera pour se défendre lui-même.
Cette disponibilité à venir défendre ou secourir autrui contre un agresseur, contraste donc curieusement avec l'absence de réaction face à une altercation qui touchera à sa propre personne. Cela est peut-être du à un sentiment de culpabilité : la Terreur terienkoviste a atteint un tel degré de souffrance et de cruauté que la psychologie des rostovs en a été durablement altéré, cela jusque dans leur subconscient.
L'extrême facilité à laquelle les rostovs pardonnent à leurs agresseurs pourrait sembler incongrue voire insolente s'ils n'avaient pas (heureusement) cette propension à protéger autrui d'une attaque injustifiée.
Néanmoins, la culpabilisation comporte à son tour des limites puisque l'agression physique contre un rostov est fortement déconseillée : de nature plutôt robuste, s'il peut encaisser les insultes et le mépris des autres, il ne supporte pas les violences physiques et y répondra très certainement avec plus d'énergie encore...
A cet égard, beaucoup sont surpris par cet autre paradoxe rostov : entre d'un côté l’État (le monde politique), toujours froid et distant, souvent dur et inflexible, parfois impitoyable et terroriste... et d'un autre côté la jeunesse rostove, parfois passive, souvent joyeuse, toujours naïve.
Quelques "anekdoty" rostoves (des dictons et plaisanteries populaires) illustrent parfaitement cet état de fait paradoxal. Par exemple, ces deux dictons :
_ en Sébaldie, tout est permis sauf ce qui est interdit ; en Rostovie, rien est permis sauf ce qui est autorisé
_ en société fasciste, rien est permis ni possible ; en société capitaliste, tout est permis mais rien est possible ; en société socialiste, rien est permis mais tout est possible ; en société communiste, tout est permis parce que tout est possible
Si la première est une critique clairement péjorative de leur propre pays, la seconde rappelle que le capitalisme demeure quasi-unanimement rejeté par la population.
Et deux plaisanteries populaires :
_ un agent du NKRD sort de son bureau en riant à tue-tête. Un collègue s'approche et lui demande pourquoi il rit. "Je viens d'entendre la plaisanterie la plus drôle du monde !" - "Allez, camarade, racontes-la moi !" dis l'autre agent. - "Je ne peux pas, pour ça je viens de condamner son auteur à 10 ans de Perelag !"
_ Un fiémançais, un raksas et un rostov sont condamnés à mort. Chacun est autorisé à choisir son mode d’exécution. Le fiémançais passe en premier, et choisit la guillotine. Mais par chance, elle ne fonctionne pas et on décide de le libérer. Alors qu'il sort de prison, le fiémançais murmure au suivant, le raksas, que la guillotine est cassée, afin qu'il puisse la choisir et être remis en liberté. Ce qu'il fît, et on le libéra, après avoir murmuré au rostov le même conseil : choisir la guillotine car le couperet est bloqué en haut. Le rostov répond alors, à haute voix : "eh bien si la guillotine ne fonctionne pas, je choisis le peloton d’exécution !"
La première montre que les rostovs peuvent prendre la Terreur aussi effroyable soit-elle, avec un certain sens de l'humour ! La dernière souligne la naïveté -pourtant sincère- des rostovs qui peut aller jusqu'à prendre des décisions absurdes, surtout quand cela concerne leurs propres intérêts !
A l'étranger comme chez elle, la Rostovie est souvent comparée à un ours. Un ours qui peut être selon les situations, aussi bien agressif et impitoyable que passif et renfermé sur lui-même. Un ours farouche dans les deux sens du terme : véhément voire violent en politique (fermeté de l'idéologie kiroviste, puissance militaire et économique...), timide et même craintif dans les autres types de contacts sociaux de la vie quotidienne (attrait culturel faible, tourisme très pauvre, relations avec les autres pays limitées quand il ne s'agit pas de "diplomatie militaire"...).
Néanmoins, à l'intérieur des frontières du pays, un autre animal lui est parfois attribué, cela officieusement, et par ses propres habitants : le scorpion. Derrière le gros mammifère kirovien à deux visages, rôderait alors un insecte terienkoviste aussi discret que résistant, et dont l'indicible dangerosité s'explique par sa capacité à subvertir l'ours, à le dénaturer en monstre sanguinaire, en machine à tuer, jusqu'à ce que sa conscience d'ours ne disparaisse à jamais sous l'effet du venin. Une situation dont réchappa le peuple rostov, heureusement, il y a de ça quelques années.
Bref, c'est dans ce drôle de pays à la fois mystérieux et repoussant, que la Reine Annabelle II du Thorval voyageait.
Malgré l'hiver, la Reine du Thorval en personne était invitée à une fête traditionnelle de l'obschina de Vladimirovo en plein air, à la lisière d'une forêt. Il y avait environ une centaine de participants, de tous les âges, mais une majorité de jeunes entre 18 et 30 ans. On y discutait accroupis sur l'herbe enneigée. Heureusement le froid n'excédait pas -5° Celsius, une température largement supportable pour les thorvaliens comme pour les rostovs.
Les conseillers de la Reine étaient presque tous présents, Dzérine, Dniepropetrov et même Arkharov qui travaillait beaucoup dans la [url=http://www.simpolitique.com/post139441.html#p139441]ZATO (centre de recherche de la ville-fermée de Vladimirovo-103)[/url].
C'est alors qu'on organisait un khorovod. Le Khorovod (prononcez "Haravot"), est une danse traditionnelle collective rostove, en cercle et à trois temps, dont la pratique remonte à plus de deux siècles. Tous habillés de costumes traditionnels typiques, bon marchés mais jolis et colorés, tous ceux présents devaient naturellement participer à la danse.
Pour Svetozar Dzérine, il allait de soi que la Reine ferait exception. Un peu de tenue tout de même !
Eh bien non, les rostovs aussi naïfs que courageux, osèrent inviter Annabelle -avec tout le respect qu'ils doivent à un souverain bien-sûr- à venir participer à la danse collective. Et elle accepta ! [HRP : confirmant l'autorisation spéciale de Zaldora !]
Dzérine inquiet, fut lui aussi invité et ne résista guère longtemps aux pressions : après-tout, le communisme impose un minimum de modestie et la participation de tous à cette fête égalitaire !
Seul Arkharov restait spectateur : son devoir de commissaire du peuple à la sûreté intérieure lui imposait un maximum de froideur et de distance dans les relations humaines et culturelles. Et quoiqu'il en soit, en tant que chef du NKRD, personne n'osait lui adresser la parole... le courage des rostovs a ses limites, et il ne resta pas longtemps (la nuit tombée, il repartit travailler à Vladimirovo-103). Néanmoins il gardera un souvenir positif de cette courte pause où il put s'entretenir également avec la Reine thorvalienne !
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661987-872659danse3.jpg[/img]
Le Khorovod : danse traditionnelle collective rostove la plus populaire
Annabelle, en tant qu'invitée spéciale, reçue l'honneur de se tenir d'abord seule en plein centre des cercles, et à observer finalement le peuple rostov dans sa représentation symbolique, fêter joyeusement sa visite et la remercier pour son courage d'être venue là où le froid, la Terreur et la mort sont omniprésents... et dissuadent la plupart des touristes de choisir ce genre de destination !
Quelques chants et musiques traditionnelles de rythmes de plus en plus rapides accompagnèrent la danse collective. Puis les participants dînèrent ensemble, où chacun put discuter avec la Reine du Thorval : ils lui posèrent de très nombreuses questions... alors qu'elle découvrait la gastronomie rostove, telle qu'une bonne soupe typiquement slave !
Une soupe froide typiquement rostove : l'okrochka
[spoiler="Okrochka"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519661994-819785okrochka12.png[/img]
_ Okrochka de base au bœuf : recette qui se prépare, en plus de la viande, avec des légumes coupés en petits morceaux (pommes de terre bouillies, navets, rutabagas, carottes, concombres avec des pincées de légumes parfumés tels que des oignons verts, de l'aneth, du persil...)
_ Smetana : une crème fraîche épaisse typique d'Alméra orientale)
_ Kvas : une boisson typiquement rostove (surnommée "khlebnoïe pivo", c'est-à-dire « bière de pain »), fermentée et pétillante, légèrement alcoolisée (mais pas plus de 2,2 %)
_ Vinaigrette à base de moutarde, jaune d’œuf, raifort, oignon vert et sel.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662000-513821okrochka22.png[/img]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662005-123577okrochka32.png[/img]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662010-346546okrochka42.png[/img]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662023-385355okrochka52.png[/img]
Résultat final (ajout de glace)[/spoiler]
Malgré l'embarras de Dzérine, attaché aux conventions diplomatiques, Dniepropetrov se réjouissait plutôt du bon déroulement de la fête.
A la fin du repas on organisa un "défilé de mode" à la rostove, à la fois patriote et communiste ! Dans la mesure où, naturellement, la mode superficielle a laissé place au folklore et aux traditions, où le show-business télévisuel a laissé place à un spectacle communal entre frères, sœurs et amis réunis dans la nature pour partager leur joie d'être ensemble, et où les mannequins n'en sont pas puisque les femmes présentées sont justes des "travailleuses socialistes" qui festoient dans la dignité, c'est-à-dire en toute liberté, volontaires et joyeuses dans la gratuité la plus totale. En somme, cela peut éventuellement ressembler à une fête villageoise du Thorval !
En Rostovie, l'apparence physique a fort peu d'importance : exceptés les vêtements occidentaux superficiels (qui sont non-seulement "mal-vus", mais n'existent en fait tout simplement pas), on peut librement "mal s'habiller", cela gênera bien peu de monde. Les gens vêtus de tissus de piètres qualités sont nombreux (l’industrie textile rostove de masse n'a jamais été très à la pointe) et ils ne suscitent aucune réaction négative. Au contraire même, ce sont les gens "chics", les gens trop propres sur eux, les "dandys", qui peuvent être regardés de travers... en réalité, cela dépasse ce stade là puisque le NKRD ne tarde généralement pas à intervenir avant que ce genre d'individus "ne troublent l'ordre public" (comprendre : "avant que ce genre d'individus n'en pervertissent d'autres"). Le fait de "trop bien" s'habiller, notamment avec des vêtements occidentaux de luxes éventuellement procurés sur le marché noir, est pour les kirovistes un "signe d'hypocrisie qui rappelle l'aristocratie décadente" du début du XXe siècle et de la toute-fin de l'ère tsariste.
Si la Rostovie impériale tsariste est largement rejetée par le kirovisme (et relativement ignorée par les saratovistes), il en est bien autrement de la Rostovie médiévale, qui inspire largement l'URR. Celle des principautés rostoves autonomes de l'an Mil, des premiers temps de l'évangélisation chrétienne, de la lutte contre les Sirs, des cités moniales de l'Anneau d'Or, du MiR -organisation des communes médiévales- et du Viétché, l'assemblée populaire (bien qu'elle ne comprenait que les boyards à cette époque), ces deux derniers tout simplement récupérés par le système politique actuel !
Contre la Rostovie impériale de l'ère moderne, élitiste car oligarchique, débauchée et hypocrite, on invoque la Rostovie communale de l'ère médiévale, populaire et "aristocrate" (sens platonicien du terme), chrétienne et sincère.
Rejoignant ce qui a été dit précédemment (donc à l'instar de la Sébaldie), la Rostovie a mené une impitoyable guerre contre l'hypocrisie depuis la Première Révolution Kiroviste de 1950. Contre les bienséances et faux-semblants de l’aristocratie, on vantait (parfois à l'excès) la pauvreté en tant que telle, les habits de médiocre qualité. Cette mentalité bien qu'atténuée, demeure encore largement aujourd'hui.
Toutefois, lorsque les vêtements de luxe sont de propriété collective, donc partagés, alors et seulement à cette seule condition, plus ils sont beaux plus ils sont appréciés ! C'est ainsi, par exemple afin de redécouvrir l'Histoire médiévale de leur commune de Vladimirovo, que des costumes traditionnels des dames boyards sont présentés à tous ce soir là, sous la lumière de petits feux de camp, et sous [url=https://www.youtube.com/watch?v=L4iDAqTglzQ]la douce mélodie de diverses musiques traditionnelles rostoves au rythme plus lent[/url].
Les jeunes femmes se présentent alors couvertes par de longs et chauds vêtements luxueux*, jadis portées par les dames boyards de la Rostovie médiévale.
* et qui à ce titre appartiennent donc formellement à la communauté toute entière, que toutes les filles de la collectivité peuvent essayer et se partager.
Annabelle elle-même est finalement invitée à en porter un, et elle se présenta donc en personne, devant la petite communauté, vêtue d'une superbe robe médiévale rostove d'hiver !
[quote]Vêtements traditionnels féminins : les grandes dames boyards du XVIe siècle* en Rostovie médiévale
(* l'ère médiévale en Rostovie s'arrête vers la fin du XVIIe siècle, soit bien plus tard que dans le reste de l'Alméra.)
[spoiler="la femme boyard rostove"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662053-169869femmeboyard2.jpg[/img] - [img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662053-932088femmeboyard3.jpg[/img]
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