Page 1 sur 1

Posté : dim. mai 08, 2016 2:07 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE D'ARAN REDECK

- Chapitre 1 : Intervention en Schenkennie? -[/bask]

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/628179NELx6ZFjc90IOR1b1146271632831029.jpg[/img][/center]
Luis Rodriguez Mandela, ministre des Affaires étrangères, se tenait débout au milieu du bureau du nouveau Premier Ministre, Aran Redeck. Le fonctionnaire latin observait comment le nouveau chef de gouvernement tarnois vidait le contenu d’un grand carton sur la table de travail, faisant sortir dossier après dossier. Les deux hommes se connaissaient bien de l'époque où ils avaient siégé ensemble sur les bancs du Sénat, tous les deux représentant le courant le plus conservateur du parti raptor. Le fait qu'ils se retrouvaient désormais dans ce bureau n'était pas un hasard. La victoire des conservateurs aux derniers examens sénatoriaux avait permis de donner au parti raptor la puissance pour s'imposer au sein du Gouvernement fédéral, cela au grand damne de ceux qui rêvaient de voir les sociaux-démocrates prendre le dessus. Néanmoins, les pandas, parti progressiste, avaient su bien négocier avec les raptors les plus modérés pour faire passer les projets politiques phares de leur mouvement. En l'espace de deux ans, on avait assisté à la fin du programme de recherche de la bombe atomique, l'instauration du salaire universel et la dissolution de l'Armée permanente. Des belles victoires, mais les progressistes, animés par l'ivresse du pouvoir, avait commencé par négliger un aspect central : on ne gouverne pas avec des beaux principes.

On pouvait dissoudre l'Armée, la haine du Raksasa et du Wapong pour le Tarnosia restait intact. On pouvait abjurer la bombe atomique, l'Occident continuait à mépriser les Tarnois. On pouvait tout faire, les pays occidentaux étaient un animal qui ne pardonnait rien et exigeait des peuples mille ans de repentance. C'était donc à l'étranger que les conservateurs avaient trouvé leur plus précieux soutien. Plus l'Occident provoquait, plus il faisait d’exercice militaire à Kapasane, plus il hurlait contre les Tarnois, plus les conservateurs tarnois pouvaient montrer du doigt les grandes puissances et dire « Voyez, ils nous menacent, les progressistes désarment notre pays alors que la haine de l'Occident ne fait que grandir. Cette politique nous condamnera ».

Le Mayong avait alors fini par devenir complice des ambitions conservatrices. Alors que les nationalistes étaient depuis des mois sur les barricades, le refus d'inviter le Tarnosia au G8 avait fait déborder le tonneau. C'était une petite goutte, mais elle suffisait. Le Gouvernement du Mayong était bien innocent en vérité, il n'avait tout simplement pas pris en compte que la péninsule tarnoise n'avait jamais digéré les exercices militaires de Kapasane et les complications pour être invitée au précédent G8.

Oh, les conservateurs n'étaient pas restés les bras croisés. Ils avaient pris bien soin d'agiter les journaux et de dramatiser la situation. Et cette stratégie avait fonctionné. Même les plus farouches progressistes avaient dû admettre que la stratégie du pacifisme pur était un échec. Les conservateurs n’avaient donc eu aucune peine de forcer le Prince à faire nommer Aran Redeck comme Premier Ministre. De toute façon, le Gouvernement ne pouvait pas rester éternellement sans Premier Ministre car le Prince ne pouvait pas diriger les affaires courantes sans tomber dans les luttes partisanes et donc exposer la monarchie.

Est-ce que le prince Oroskon VI aimait son nouveau Premier Ministre, Aran Redeck ? Certainement pas, mais à la fin, personne ne lui demandait cela. Redeck était un conservateur dur et pur et le Prince sentait probablement que la politique du pacifisme strict était contre-productive. A force de ne pas vouloir user de violence, on finissait par menacer la sécurité collective. Désarmer le pays ? C'était une belle idée, mais en vérité on constatait que cela conduisait qu'à isoler le Tarnosia. Si vous n'avez pas une épée à la main, personne ne vous écoutera. La non-invitation au sommet du G8 était la preuve formelle selon les conservateurs.

Bien évidemment, le monde socialiste n'avait pas hésité une seconde quand la nouvelle de la non-invitation avait été rendue publique. Même, les différents ambassadeurs communistes avaient accouru au Ministère des Affaires étrangères, créant un véritable embouteillage humain à l'entrée et annonçant, chacun plus vigoureusement que l'autre, que le Tarnosia pouvait compter sur eux. C'était une stratégie payante. Chaque fois que l’Occident donnait un coup de pied aux Tarnois, les communistes accouraient et offraient des contrats commerciaux et leur soutien politique. C'est ainsi que la Tchoconalie et ses alliés avaient pu devenir le principal fournisseur d'hydrocarbures de la péninsule. Et si la Rostovie était un peu plus penchée sur le commerce, sans aucun doute qu'elle aurait une belle assise économique dans la péninsule. Heureusement pour le Raksasa et la Fiémance, la Rostovie restait vieille jeu en ce qui concernait le commerce. La seule raison pourquoi elle ne dominait pas le monde s'était sans aucun doute ses hésitations dans le domaine économique.

C'est alors que Mandela dit au Premier Ministre avec une pince d'ironie.

« Nous devrions envoyer un carton de remerciement à Yoon Shin. Il nous a rendu un fier service avec ce sommet du G8. »

Redeck sourit, posa un dossier sur la table et répondit.

« Voyons, je pense qu'il doit déjà être en train de se mordre les doigts. Ne soyons pas trop taquins avec lui car le Mayong, de toutes les puissances occidentales, est sans aucun doute le plus respectable. C'est juste leur anticommunisme irrationnel qui les rend imprévisible. Non, le véritable ennemi est et doit rester le Raksasa. »

« Certes, mais j'espère que nous ferons quelque chose concernant la Schenkennie ? Je vous ai fait un rapport à ce sujet... » souligna Mandela.

« Que j'ai lu. » dit Redeck avant d'ajouter. « Néanmoins, si je suis d'accord sur le fait que notre neutralité actuelle ne nous apporte rien, voire même sert au Raksasa ; un soutien ouvert à la Schenkennie serait peu productive. La guerre entre l'Empire et la Varlovie ne nous concerne pas ; la seule raison pourquoi elle devient importante pour nous c'est car l'Occident en a fait une affaire. A partir de ce moment, nous ne pouvons pas laisser la Schenkennie tomber sous les bottes d'une Néo-OTH. On a bien vu ce qui arrive quand on laisse l'OTH prend pied sur un continent. Nous devons donc soutenir la Schenkennie afin de protéger nos intérêts économiques dans ce pays, mais cela doit se faire de manière discrète et indirecte. Tout le monde s'attend maintenant à ce que nous faisions quelque chose d'éclatant. Leurs observateurs suivent chaque mouvement de la Garde nationale mobilisée. Profitons-en pour lancer le combat contre la Néo-OTH dans les ombres. »

« A quoi bon se cacher ? Les grandes puissances sauront que c'est nous qui apporterons de l'aide à la Schenkennie. » remarqua le Ministre des Affaires étrangères.

Le Premier Ministre dit avec beaucoup de calme.

« Parce que notre soutien envers la Schenkennie sera un message.

Tout le monde pense que la véritable violence, c'est faire la guerre. Cela est faux et le Prince ne l'a pas compris. La vraie violence est une force et comme toute force, elle gagne son efficacité par son dosage. Le pacifisme est une ânerie pour cette même raison. Croire qu'on peut combattre un incendie en s'asseyant par terre sans rien faire, c'est une stupidité. Croire qu'on combat un incendie en créant un autre incendie, donc la guerre, c'est de la folie. En revanche, c'est un brûlant un bout de bois précis, en rasant un bâtiment spécifique, en somme en appliquant une violence ciblée et précise, qu'on arrive à endiguer un incendie et qu'on l'empêche de s'étendre. Voilà, ce qu'une vraie violence représente. Voilà ce que le Prince a refusé de faire : répondre à la violence avec une violence proportionnée. Il pense aux principes de la Bible préconisant de tendre la joue quand on vous gifle. Je dis qu'en vérité, la seule manière d'arrêter la violence c'est que quand on vous gifle, de gifler à votre tour.

Vous faites un exercice militaire à Kapasane ? On soutient un pays anti-libéral. Vous ne nous invitez pas au G8 ? On signe des chèques pour les communistes. Vous nous refusez l'accès à votre marché ? Nous donnons des contrats commerciaux à vos ennemis. En somme, à chaque attaque, nous répondrons par une contre-attaque jusqu'à ce que l'Occident comprenne que s'ils veuillent notre soutien, ils doivent nous traiter comme des partenaires et non comme un homme à qui on demande de faire pénitence en tout instant. C'est le seul langage qu'ils comprennent. Ils ne respectent que la force et méprisent le pacifisme. Cela est la triste vérité. »