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Posté : ven. avr. 29, 2016 8:31 pm
par Sébaldie
[center]L’innocence des mécréants (1/2)
25 décembre 2029
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Une cellule tél-éribaine de luxe pour Norbert « Abdallah » Förstner[/center]
[justify]25 décembre à Tel-Erib. L’été battait son plein : 11°C à l’ombre, ni plus ni moins dans ce pays constamment touché par les vents glaciaux de l’Antarctique. Ailleurs, les Chrétiens fêtaient l’un des jours les plus importants de l’année tandis que les athées se réjouissaient d’avoir un jour de congé. À Tel-Erib, c’était un jour comme un autre, on y travaillait, on s’y amusait comme n’importe quel jour. Les gardiens de la prison d’Erib, située dans la capitale tél-éribaine, travaillent eux aussi comme n’importe quel jour.
Dans le bloc « haute sécurité », un détenu de prestige logeait depuis un peu plus d’un an. Norbert Förstner, dit « Abdallah », ne prêtait lui aussi guère d’attention au calendrier et s’adonnait à des séries d’haltères de chaque bras, assis sur son lit. Jusqu’à ses 24 ans, il fêtait Noël comme n’importe quelle famille de l’ouest de la Sébaldie, selon le rite orthodoxe plus précisément. Aujourd’hui, il en a 35 et est devenu musulman. Plus précisément, [url=http://www.simpolitique.com/post259975.html#p259975]il avait trouvé sa voie dans un islam rigoriste[/url], proche des mouvements salafistes. La raison de son séjour en prison était totalement indépendante de sa pratique religieuse. Il avait été [url=http://www.simpolitique.com/post266252.html#p266252]condamné par contumace par la Cour de justice de Tel-Erib[/url] pour diffamation à l’encontre de cet Etat du Sud-Vicaskaran, une peine de trois ans réduite à [url=http://www.simpolitique.com/post271439.html#p271439]un an[/url]. Entre-temps, Norbert « Abdallah » Förstner était devenu député du Gelnan, sous l’étiquette « Gouvernance populaire », un mouvement antisioniste qui a fait son entrée au Parlement en 2027. Pour ne pas subir de mauvaise presse, le Tel-Erib a refusé les avances d’une Sébaldie zélée qui voulait l’extrader le plus vite possible. Un accord avait finalement été trouvé : Norbert « Abdallah » Förstner serait extradé vers le Tel-Erib en novembre 2028 pour y purger une peine de prison de 13 mois, mais en gardant des privilèges qu’aucun autre détenu ne pourrait prétendre : non seulement il restait député du Parlement sébalde mais en plus, il pouvait continuer à jouer ses matches de boxe, avec les deniers publics tel-éribains. Tel-Erib avait une carte à jouer en montrant qu’il traitait humainement même les individus qui lui étaient les plus hostiles.
Norbert « Abdallah » Förstner était donc logé dans l’une des cellules les plus prestigieuses de la prison. Celle-ci était même divisée en trois pièces : une chambre, une salle d’études et une salle de musculation et de boxe. Ce détenu très spécial, qui continuait à voter les délibérations du Parlement sébalde à l’autre bout de la planète, devait quotidiennement décortiquer les innombrables textes de lois, amendements… Connecté à Internet, son ordinateur lui permettait de voter quasi-instantanément et même de participer aux débats parlementaires, grâce à la vidéo-conférence. Depuis quelques mois néanmoins, il avait quelque peu abandonné cette activité plus que chronophage. Il savait que la peste tel-éribaine lui accorderait tout ce dont il avait besoin pour lustrer une image du pays qu’il avait lui-même contribué à ternir en Sébaldie. Le soutien gouvernemental à l’égard de Tel-Erib était disproportionnel au soutien populaire. Il a surtout profité de son séjour en prison pour réétudier les textes sacrés. Bien qu’il le connût par cœur, il s’adonnait plusieurs heures par jour à la lecture du Coran. Le reste du temps, il s’entretenait dans la salle de musculation. Même s’il ne fêtait plus Noël, ce jour-là était particulier : c’était celui de son retour en Sébaldie. Un gardien vint ouvrir la porte de sa cellule et lui cria :
Gardien de prison : « ! למעלה »
Abdallah avait bien compris ce que lui disait le gardien. Il lui avait dit « Debout ! » en hébreu. Au fil de son séjour, il avait compris quelques mots de cette langue qu’il méprisait comme le reste de la culture tel-éribaine. Il s’exécuta. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il dépassait d’au moins deux têtes un gardien, pas du tout impressionné par la carrure de son détenu, et qui continua à lui donner des ordres, en adélien cette fois-ci :
Gardien de prison : « Habille-toi vite et suis-moi. »
Abdallah enfila sa tenue de prisonnier avant d’être menotté et d’être conduit là où on l’attendait. C’étaient les dernières formalités avant la sortie de la prison.
Gardien de prison : « Déshabille-toi ! »
Abdallah s’exécuta là encore. Il était rodé à ce rituel depuis un an. Sans complexe, il se mit à nu et se pencha tandis que les gardiens effectuaient une fouille complète. Rien à signaler.
Gardien de prison : « Rhabille-toi ! »
Abdallah s’exécuta encore et toujours, un petit sourire aux lèvres. Pendant près d’une demi-journée, il fut suivi par une kyrielle de spécialistes en tous genres. Psychologues, médecins, agents administratifs… Réveillé à sept heures du matin, ce n’est qu’à treize heures qu’il put enfin être libéré de ses menottes et reconduit par avion en Sébaldie…[/justify]
[center]
26 décembre 2029 [/center]
[justify]La dinde de maman était succulente. Les champignons, les marrons et la sauge avaient su relever le goût de ce plat typique de Noël. Koen s’était même resservi une deuxième fois. Mais en ce 26 décembre, il avait dû mettre un terme précoce à ce séjour chez ses parents. Koen Van Overbeck était président de la République mais ne l’avait toujours pas réalisé, et ce même un an et demi après son élection. La fonction était honorifique, Koen ne faisait la plupart du temps qu’assister aux cérémonies civiles et apposer une signature officielle pour ratifier officiellement des documents déjà en vigueur. Aucune responsabilité n’était à prendre… sauf une, celle de nommer le Premier ministre. Mais, pensait-il, il ne le fera qu’à la prochaine échéance électorale, en 2031. D’ici là, les cordons à couper se compteront en centaines et les photos des journalistes – voire même de Sébaldes qui veulent se prendre en « selfie » avec le président – se compteront en milliers.
[url=http://www.simpolitique.com/post269808.html#p269808]Timide maladif, manipulable à souhait, sans la moindre assurance ni confiance en lui[/url], Koen s’adaptait à ce rôle comme il le pouvait… Aujourd’hui, il devra embrasser maman plus tôt que d’habitude. En effet, il doit être à Stranaberg en fin d’après-midi pour recevoir un député du nom de Norbert Förstner, incarcéré au Tel-Erib. Il doit signer en sa présence un document le réhabilitant pleinement de ses droits civiques. Une formalité administrative remplie par le président lui-même car il s’agit d’un parlementaire. Koen ne le connaissait guère et son indifférence relative vis-à-vis de tout ce qui l’entourait ne l’incitait pas à juger cet homme. « Il a déjà été jugé, laissons-lui une seconde chance » pensa-t-il seulement. Au Palais présidentiel, Koen accueillit dans son bureau l’ancien détenu :[/justify]
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/629808forstner.jpg[/img]
Norbert « Abdallah » Förstner
Député du mouvement « Gouvernance populaire » au Parlement sébalde (depuis 2027)
Multiple champion de boxe de Sébaldie.[/center]
[justify]Norbert « Abdallah » Förstner : « Monsieur le Président… »
Koen paraissait minuscule, voire minable à côté de ce colosse barbu, ce qui ne l’aidait guère à se sentir à l’aise.[/justify]
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2015/10/10/151010070525935708.jpg[/img]
Koen Van Overbeck
Président de la République Sébalde (depuis 2028).[/center]
[justify]Koen Van Overbeck : « Monsieur… Förstner. Je vous souhaite un bon retour en Sébaldie et… euh… »
Que pouvait-il sincèrement dire ? « Vous nous avez manqué ? », « Vous avez passé de bonnes vacances ? »… Il ne connaissait même pas ce type ! Il se cantonna à sourire et ricaner bêtement, le visage rouge écarlate mais son interlocuteur avait son esprit ailleurs pour le remarquer. Ce dernier se cantonna, lui, d’un sourire léger et poli.
Koen Van Overbeck : « Bon… Où en étions-nous ? Voulez-vous un rafraîchissement ? »
Norbert « Abdallah » Förstner : « C’est gentil à vous, Monsieur le Président, mais ça ira. Bien loin de moi l’idée de vous commander, je suis venu pour le document à signer… »
Koen Van Overbeck : « Oh, pardonnez-moi. Je prends de votre temps et en tant que député, je pense que vous avez beaucoup à faire. Tout est préparé, nous n’avons qu’à signer. »
Koen apposa une signature assez enfantine sur le document réhabilitant de ses droits civiques le parlementaire Abdallah Förstner. Et ce dernier signa à son tour, en un quart de seconde.
Koen Van Overbeck : « Voilà qui est fait. Euh… Eh bien… Nous nous verrons peut-être, alors à bientôt. »
« Inch’Allah » pensa Abdallah Förstner qui serra fermement la main du garçon-président avant de le saluer silencieusement et sortir du Palais Présidentiel. Koen Van Overbeck resta bêtement immobile dans son bureau tandis qu’Abdallah arpentait déjà les rues du quartier diplomatique de Stranaberg. Entre le néerlandais, le mandarin kaiyuanais, l’hébreu, l’allemand, il était impossible de se faire comprendre auprès du plus proche piéton. Il se saisit de son téléphone mobile prépayé et se commença à s’exprimer en arabe :
Abdallah Förstner : (en arabe) « Je suis revenu. »
Interlocuteur : (en arabe) « Cela nous fait plaisir d’entendre ta voix, Abdallah. Nous attendions tes ordres pour passer à l’acte. »
Abdallah Förstner : (en arabe) « Mes Frères, ne vous précipitez pas, nous devons nous faire discrets durant le prochain mois. Notre foi en Allah sera toujours prioritaire, nous devons observer le mois de Ramadan qui s’annonce avec la plus stricte attention car dans les combats que nous mènerons, certains de nos frères tomberont et il faudra veiller au respect de leur âme. Je vous recontacterai dans la semaine, à mon retour au Parlement… »[/justify]
Posté : lun. mai 09, 2016 5:14 pm
par Sébaldie
[center]Un siège pour trois
27 janvier 2030
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/953505juozas1.jpg[/img]
Juozas Menecius
Ancien Premier ministre de la République Sébalde (2028-2030)
Ancien vice-Premier ministre de la République Sébalde (2023-2028)
Ancien ministre de l’Education et de la Recherche du Royaume de Liethuviska (2016-2021)[/center]
[justify]Juozas Menecius était d’humeur bougonne ce jour-là et cela se traduisait par l’absence de nœud papillon. C’était très rare pour ce quinquagénaire plein d’entrain, très bon vivant, amateur des bonnes choses. En pleine crise varlove, la Cour Constitutionnelle avait prononcé sa destitution pour une misérable initiative populaire non tenue ! Il n’était plus Premier ministre de la République Sébalde. La logique aurait voulu que le Président le renomme à ce poste dans le quart d’heure qui suivait sa destitution mais Koen Van Overbeck, l’intéressé, tardait à donner son aval… Aussi, le Liethuviskien naturalisé sébalde prit-il le taureau par les cornes et se rendit-il au Palais Présidentiel pour demander à son locataire d’accélérer le calendrier. Le Président était occupé – au téléphone semblait-il d’après sa secrétaire. Patientant dans la salle d’attente, Juozas Menecius tua le temps en lisant sur son smartphone les dernières actualités sur le pays qu’il dirigeait il y a encore dix jours. Il tomba sur [url=http://www.simpolitique.com/post283588.html#p283588]cet article du PozovaPost[/url] faisant l’éloge de la « tutelle totale et consentie » de Goran Horandson, son ancien Vice-Premier ministre qui assure désormais l’intérim en Sébaldie
Juozas Menecius : « Pfff… Quel torchon ! »
Juozas était effaré par ce qu’il lisait. PozovaPost était de toute façon le journal des nationalistes sébaldes. Il voyait à travers cet article la patte de Horandson, qui a dû user de son bras long pour mener une campagne de propagande. Juozas, lui, était farouchement à cette loi stupide, qui avait déjà suscité l’ire d’Etats étrangers comme la Rostovie, la Fiémance ou même l’Hokkaido. Juozas avait laissé Horandson dans ses fantasmes, il adorait être la coqueluche des médias… mais il n’avait pas prévu qu’il allait passer à l’acte au Parlement. Dana Liesder, la Première ministre qui l’a précédé à ce poste, l’avait pourtant bien prévenu : ne jamais s’allier aux nationalistes, ô jamais. Menecius comprend mieux maintenant la mise en garde de Dana… Hélas, la femme était dans un état quasi-légumier aujourd’hui, il aurait bien voulu obtenir ses conseils.
Au même moment, Koen Van Overbeck, le Président de la République discutait au téléphone avec le chef de file de l’Alliance Sociale-Démocrate, le parti politique auquel il était affilié.
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/638974OskarIngersben150.jpg[/img]
Oskar Ingersben
Ministre de l’Intérieur (depuis 2023)
Député du Parlement Sébalde (depuis 2009)
Premier secrétaire de l'Alliance Sociale-Démocrate (depuis 2018)[/center]
Oskar Ingersben : (par téléphone) « Koen, fais-moi confiance : en tant que Président de la République, tu dois prendre une décision importante, celle de nommer le chef du gouvernement à venir. N’oublie pas que si tu es à ce poste, c’est grâce à nous. Nous attendons donc à ce que tu nous renvoies l’ascenseur. Nous sommes en mesure de bâtir une coalition de gauche, avec le MRS et les libéraux, que je mènerai assez logiquement : elle représenterait 200 députés sur 360. Mince, Koen, nous n’avons pas gouverné le pays depuis 2014 ! Plus de quinze ans ! Nous avons un boulevard devant nous et tu hésites ? »
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2015/10/10/151010070525935708.jpg[/img]
Koen Van Overbeck
Président de la République Sébalde (depuis 2028).[/center]
Koen Van Overbeck : « Je suis désolé, Oskar… Je ne veux pas me précipiter. Je ferais en sorte de te nommer Premier ministre. Laisse-moi juste deux ou trois jours. »
Oskar Ingersben : « Dépêche-toi. Le progrès n’attend pas. »
Le chef de file social-démocrate raccrocha. Koen lui aussi, de sa main tremblante, éteignit son téléphone. Comment annoncer la nouvelle à Juozas ? Il était là, juste derrière cette porte… Après avoir réajusté sa chemise et pris une longue respiration, Koen se dirigea vers la porte pour l’ouvrir.
Juozas Menecius : « Bonjour, Monsieur le Président. Ne perdons pas de temps, nous devons finaliser quelques détails avant la conférence de presse de ce soir, où vous me reconduirez au poste de Premier ministre. »
Koen Van Overbeck : « Excusez-moi, Monsieur Menecius mais… »
Juozas Menecius : « Une chose est certaine : je ne reconduirai pas la collaboration des libéraux avec les nationalistes. C’est évident, avec le coup de poignard que Horandson m’a donné. Je formerai un gouvernement minoritaire mais ce n’est pas important, le Parlement sera dissous d’ici quelques jours et des élections anticipées seront convoquées. »
Koen Van Overbeck : « Monsieur Menecius, je… »
Juozas Menecius : « Je compte sur vous pour louer mon action au gouvernement ce soir. Les Sébaldes vous apprécient, ils seront sensibles à ce que vous direz. En moins de deux ans, nous avons réalisé beaucoup de projets, non ? »
Koen Van Overbeck : « Monsieur Menecius, s’il vous plaît…»
Juozas Menecius : « Oui, je n’ai pas mis de nœud papillon aujourd’hui, n’y voyez aucune offense. »
Koen Van Overbeck : « Monsieur Menecius… je ne pense pas… euh… vous reconduire à la tête du gouvernement. »
Le Président devint rouge écarlate. Juozas Menecius, lui, vit le teint de son visage blanchir en un quart de seconde. L’ex-Premier ministre regarda le Président avec un air sévère.
Juozas Menecius : « J’insiste, n’y voyez aucune offense, je ne voulais pas mettre de nœud papillon aujourd’hui. Si je peux me permettre, monsieur le Président, l’heure n’est pas à la blague ; nous avons un conflit varlovo-schenkennien à gérer et des élections anticipées à organiser. »
Koen Van Overbeck : « Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Menecius, je ne plaisantais pas… Je… euh… J’ai reçu un coup de fil de… euh… Oskar Ingersben et… »
Juozas Menecius : « Oskar ?! Plus opportuniste celui-là, tu meurs ! Vous saviez qu’il n’a jamais mis les pieds en Varlovie ? Lors du dernier Conseil des ministres, il a situé Senin en Constance ! S’il vous a demandé de le nommer Premier ministre, ne l’écoutez pas. On ne peut pas laisser l’armée sébalde aux mains d’un cancre en géographie. Vous ne regretterez pas votre choix en me reconduisant à la tête du gouvernement, je vous donne ma parole d’homme. Bien, dans ce cas, on se dit à ce soir, à la conférence de presse ? »
Koen Van Overbeck : « Euh… D’accord Monsieur Menecius. Je ferai ce que je peux pour vous nommer Pre… »
Juozas Menecius : « Je n’ai jamais douté de votre honnêteté, Monsieur le Président. Dites le bonjour à votre maman, son rôti de la Saint-Sylvestre était une merveille ! »
L’ancien Premier ministre quitta le bureau présidentiel. Son locataire, lui, restait immobile, l’air hébété. Il ne savait plus à qui faire confiance… Oskar était le chef de file de son mouvement mais il avait de la sympathie pour Juozas… Le téléphone sonna de nouveau : c’était Goran Horandson.
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/948416GoranHorandson.jpg[/img]
Goran Horandson
Premier ministre par intérim de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien Vice-Premier ministre de la République Sébalde (2028-2030)
Député chef de file du Mouvement Nationaliste Sébalde (depuis 2023, suppléé depuis 2028)
Ancien vice-président de la République Sébalde (2018-2023)
Ancien ministre sébalde de l’Economie (2016-2018)[/center]
Goran Horandson : (par téléphone) « Monsieur le Président, comment allez-vous ? »
Koen Van Overbeck : « Euh... Bien, monsieur Horandson… enfin, je veux dire, monsieur le Premier ministre… »
Goran Horandson : (par téléphone) « Le Premier ministre par intérim, hélas ! C’est bien là la raison de mon appel. Il me paraît important, monsieur le Président, que le Premier ministre en place soit confirmé à cette place, afin de garantir la continuité de l’Etat et mener à bien les projets qui attendent notre nation. Actuellement, en tant que Premier ministre par intérim, comme vous le savez, mes pouvoirs sont limités, je gouverne poings et mains liés. »
Koen Van Overbeck : « Oskar Ingersben et Juozas Menecius m’ont déjà sollicité à ce propos, monsieur Horandson. »
Goran Horandson : (par téléphone) « Aucun d’eux n’a le courage de ses opinions. Ils conduiront l’un et l’autre la Sébaldie droit dans le mur. Vous avez un profond respect pour les institutions académiques, je le sais, Monsieur le Président. En tant qu’ancien universitaire, je suis le seul à pouvoir diriger le pays par la raison et non par la communication tous azimuts. Ingersben et plus encore Menecius ne sont que des baudruches. Ils se moquent de vous quotidiennement. J’ai, en revanche, toujours gardé du respect pour vous. Vous auriez pu être mon élève. »
Koen Van Overbeck : « C’est vrai, monsieur le Premier ministre… »
Goran Horandson : (par téléphone) « Je compte donc sur vous. Ne vous laissez pas distraire par ces énergumènes. Mais ne tardez pas car le progrès, lui, n’attend pas. »
Horandson raccrocha. Koen se retrouvera seul. Une fois de plus. En fait, il n’avait jamais été aussi seul dans sa vie que depuis qu’il était Président. À la tête du pays, il n’avait plus personne au-dessus de lui, aucune autorité douée de raison et capable de l’aiguiller. Seul. Seul. Seul. Koen était désespérément seul. Mais surtout, il devait faire ce qu’il craignait au plus point : agir vite. À moins que sa perpétuelle hésitation ne reprenne le dessus ?[/justify]
Posté : mar. mai 10, 2016 10:55 pm
par Sébaldie
[center]Un trône pour siège
29 janvier - 1er février 2030[/center]
[justify]Il était dix-neuf heures et Valerian Maksimov avait terminé sa journée. À la tête d’une coopérative agricole de taille moyenne, qui embauchait une trentaine de salariés, les derniers mois furent difficiles pour ce petit entrepreneur qui exerçait dans le Gelnan, à quelques lieues de la frontière sébaldo-constancienne. Son entreprise, qu’il a fondée dans les années 2000 avait pu prendre son envol grâce à un marché intéressant avec la Constance, alors varlovienne. Ses rapports avec l’ancien président varlovien Janovitch étaient bons et fructueux. Depuis, la Constance avait acquis son indépendance. Raréfiées, les échanges commerciaux avec l’Etat voisin restaient honorables. L’arrivée violente au pouvoir du général Alcevic avait empiré la situation mais c’est surtout la situation des derniers mois en Constance qui donna le coup de grâce. Une guerre civile de l’autre côté de la frontière avait en effet éclaté, des militants proches des mouvements communistes avaient pris le pouvoir, soutenus par les alliés est-almérans de la Schenkennie dans le conflit qui l’opposait à la Varlovie.
Valerian ne soutenait aucunement l’empereur schenkennien, surtout qu’il était soutenu par les rouges. Il restait un ami de la Varlovie éternelle. Il n’était pas davantage du côté du régime alceviciste, responsable de la mort de son ami Sacha Janovitch. Valerian était surtout un homme seul. Certes, sa fidèle épouse Marina était là pour le soutenir mais hélas, elle ne pouvait rien faire contre la bêtise des hommes et ces conflits diplomatiques puérils. Valerian était homme de stabilité. Descendant de la maison Maksimov, qui a régné sur la Sébaldie au XVIIIe siècle, il en était l’héritier hypothétique. Mais il n’avait guère envie de revenir sur un trône, de toute façon acquis aux néerlandophones et au mondain Sebastiaan Van Althuis.[/justify]
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/112556manoir.jpg[/img][/center]
[justify]Valerian, lui, était un homme blasé. Il avait perdu espoir dans la politique sébalde et d’ailleurs, il refusait de se prêter à ce jeu hypocrite de la démocratie électorale. Il s’occupait de ses propres affaires et comme pour marquer sa séparation d’un pays qu’il ne reconnaissait plus, il avait acheté une charmante propriété, éloignée de tout, dans un domaine boisé. La ville l’étouffait. Les gens l’étouffaient. Les Sébaldes l’étouffaient. Il n’avait chez lui aucune télévision et utilisait son téléphone mobile et son ordinateur à des fins exclusivement professionnelles. À quoi bon acquérir cette « boîte à cons » que l’on appelait plus poliment le « petit écran » ? La télévision sébalde n’était qu’une succession infernale de jeux télévisés débiles et de télé-réalités tordues et malsaines. Les journaux télévisés le déprimaient bien plus qu’ils ne l’informaient. Défaitiste ? Non, Valerien avait juste une indifférence vis-à-vis de ce qui se passait autour de lui. Il n’avait plus aucune prétention à changer la Sébaldie… mais il restait tout de même attaché à sa province natale. La politique nationale ne l’intéressait pas, il était même incapable d’épeler correctement le nom de l’actuel Premier ministre. La vie politique sébalde était si stranabourgeoise, à l’autre bout du pays. Ce soir-là, comme tous les soirs, au moment de franchir le portail avec son véhicule, ses cinq beagles l’accueillirent comme un roi. Enfin, comme leur roi. Les chiens se moquaient de ces querelles dynastiques. Autrefois, il allait chasser avec eux. C’était rare mais ça lui arrivait, certains dimanches. C’était avant que la chasse fut purement et simplement [url=http://www.simpolitique.com/post273627.html#p273627]interdite par votation populaire en 2028[/url]… Il embrassa sa femme mais avant qu’il ne put aller se doucher, son téléphone sonna.[/justify]
Voix masculine : « Votre Majesté… »
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/260311Maksimov.png[/img]
Valerian Maksimov
Prétendant au trône hypothétique slave[/center]
[justify]Valerian Maksimov : « Je vous ai déjà dit de ne m’appeler le soir, Roman. Et appelez-moi monsieur Maksimov ou je raccroche. »
Roman était le chef de groupe des salariés de la coopérative agricole. Royaliste convaincu, il avait un respect immense pour Valerian.
Roman : « Pardonnez-moi, Votre Maj… monsieur Maksimov. Je vous appelle car le comportement de l’une de vos salariées m’inquiète. Lydia Bakhuijsen. »
Valerian Maksimov : « Je ne sais pas de qui il s’agit. »
Roman : « Elle travaille dans la filière porcine, monsieur Maksimov. Une blonde, la vingtaine, un peu limitée intellectuellement. Vous l’avez embauchée il y a deux ans. Elle refuse désormais de travailler avec les porcs. »
Valerian Maksimov : « Encore une convertie ? Faites-la travailler avec les vaches. On verra si l’odeur de la bouse la contentera. »
Roman : « Ce n’est pas tout, monsieur Maksimov. Elle refuse de travailler avec ses collègues, hommes comme femmes. Elle les rend responsables de la destruction des minarets en Sébaldie ces derniers mois. »
Valerian Maksimov : « Que voulez-vous que je vous réponde ? Elle n’avait qu’à ne pas rejeter le Christ, le quotidien aurait été plus facile à supporter pour elle. Vous savez, Roman, depuis que je suis à la tête de la coopérative, j’ai toujours veillé à ce que chacun puisse travailler en bonne intelligence, indépendamment de leur origine sociale, leur origine ethnique ou de leur religion. Les caprices de petites gamines communautarisées et fanatisées m’intéressent peu. Nous la licencierons si elle refuse de travailler, indépendamment de ses opinions. »
Roman : « C’est sûr, vous avez entièrement raison… Mais sauf votre respect, monsieur Maksimov, je connais bien cette salariée. Je me suis entretenu avec elle et tout ce qu’elle disait avait l’air… préparé, prémâché… Elle ne semble pas croire en ce qu’elle dit. Saviez-vous qu’elle avait un tuteur ? »
Valerian Maksimov : « Non. En quoi cela devrait-il m’intéresser ? »
Roman : « Prétextant avoir un réseau de clients potentiels, elle a posé des questions étranges sur la coopérative, notamment sur son chiffre d’affaires. Elle avait un mouchard sur elle. Je ne sais pas ce qu’elle cherche précisément mais une chose est sûre, c’est un espion et elle est aux ordres de son… « tuteur ». Elle et son tuteur ne sont pas très malins… »
Valerian se tut. Cette histoire lui semblait si rocambolesque mais aussi, à quelques égards inquiétante. Que lui voulait-on au fond ? Lui qui, pourtant, se tenait à l’écart de tout le remue-ménage sébalde…
Valerian Maksimov : « Essayez de connaître l’identité de son tuteur et si elle s’y refuse, licenciez-la. »
Roman : « Très bien, monsieur Maksimov… » Il se tut un moment. « Hum… Vous savez, Monsieur Maksimov, si je peux me permettre, vous sous-estimez l’influence politique que vous pourriez avoir sur le Gelnan mais aussi sur la Sébaldie. Le pays aurait besoin d’un homme aussi intègre et humble que vous. »
Valerian Maksimov : « Roman, nous en avons déjà discuté… Je refuse de participer à cette supercherie électorale sébalde. J’aspire à la tranquillité, à la sérénité, pas aux mondanités ni aux courbettes. Marina est du même avis que moi. À défaut de pouvoir sauver la Sébaldie de ses vicissitudes, je tente déjà d’élever mes propres petits-enfants selon les valeurs qui m’ont été inculquées. Croyez-moi, c’est aussi fatiguant que de gérer un pays ! Pensez-vous réellement que la jeunesse sollicitera un vieux croulant comme moi ? »
Roman : « Ne soyez pas si dur avec vous-même. Vous êtes apprécié des Gelnanais. Jeunes comme anciens, vous leur apporteriez beaucoup en mettant un terme à cette République moribonde… En dehors du système politique classique, bien sûr. »
Valerian Maksimov : « Nous en reparlons, Roman. Je ne m’oppose pas à votre idée mais elle n’est clairement pas ma priorité. Réglez déjà ce différend avec cette salariée. »
Deux jours plus tard, le différend fut réglé. Après l’avoir cuisinée pendant des heures, Lydia Bakhuijsen donna le nom de son tuteur, un important boucher salafiste duquel elle s’était prise de passion amoureuse au point de laisser sa vie entre ses mains. En représailles, elle fut décapitée par celui-ci. Une pratique parfaitement légale puisqu’elle était devenue son bien meuble. Valerian apprit la nouvelle avec effroi. Le prétendant au trône slave, d’habitude si indifférent au monde qui l’entourait, était envahi de culpabilité. Comment pouvait-il se faire pardonner ? Certains avaient bien leur petite idée…[/justify]
Posté : ven. mai 13, 2016 9:20 pm
par Sébaldie
[center]L’innocence des mécréants (2/2)
10 février 2030[/center]
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/546714terroriste.jpg[/img][/center]
Comme tous les musulmans, Norbert « Abdallah » Förstner avait rompu il y a quelques jours le mois de Ramadan par la fête de l’Aïd. Moment de recueillement, de piété mais aussi de joie, le Sébalde de souche converti à l’islam, égérie du mouvement antisioniste de Sébaldie, n’avait guère chômé. Pour l’aider à oublier la sensation de soif et de faim, il avait ce besoin de travailler en plus de la prière. Après un séjour pas si désagréable dans les geôles tél-éribaines, il avait retrouvé son quotidien, celui de député du Parlement sébalde.
Il était deux heures du matin et Abdallah était toujours sur son ordinateur portable. Aujourd’hui allait être un grand jour : le projet sur lequel il travaillait depuis des mois allait enfin prendre forme. Sans doute allait-il perdre son mandat aujourd’hui, peut-être même la vie, qui sait. Mais il était prêt à mourir pour ses convictions. La Sébaldie était allée trop loin, il devait mettre un terme à cette escalade. Il attendait une information capitale, qui n’est généralement pas communiquée avant deux heures du matin : le lieu et l’heure exacte du prochain chantier de destruction de minaret. En vertu de [url=http://www.simpolitique.com/post279819.html#p279819]l’adoption par voie référendaire de l’initiative anti-minarets[/url], la Sébaldie avait [url=http://www.simpolitique.com/post280219.html#p280219]délégué cette tache assez ingrate à une entreprise cobraquoise[/url]. Pour éviter les mouvements de foule, étaient tenus secrets le lieu et la date des prochaines destructions. Généralement, le chantier démarrait vers quatre heures du matin, à l’heure où la majorité des gens dormait. Le chantier allait incontestablement les réveiller mais qu’importe, le but était avant tout d’éviter ces mouvements de foule. L’information était communiquée aux députés du Parlement, qui avaient un droit de regard sur ces grands chantiers, mais ils avaient défense absolue de la transmettre à qui que ce soit sous peine de poursuites judiciaires.
Après une interminable attente vint l’information capitale : « Dracberg – Mosquée al-Kâtib – 4h00 ». Il transmit l’information par un simple SMS sur son téléphone portable à un groupe d’individus avec lequel il avait déjà conversé fin décembre.[/justify]
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Mosquée al-Kâtib de Dracberg[/center]
[justify]Ce groupe était composé de cinq individus, cagoulés. Ils répondaient au nom d’Abdelaziz, de Walid, Salem, Mohamed ou Djamil. Pour deux d’entre eux, ce n’était pas leur prénom d’origine mais celui de conversion. Mais tous étaient sébaldes et avaient grandi en Sébaldie même s’ils souvent voyagé au Barebjal, au Lerminia notamment, où ils avaient acquis une expérience militaire quasi-professionnelle et avaient gardé quelques contacts avec ce qui restait de la Main Noire locale. Armés de leur fusil d’assaut, à cinq dans un petit fourgon aux vitres teintées, ils reçurent le message de leur leader et prenaient désormais la route vers Dracberg, petite municipalité au sud de Gelnoberg.
Ils arrivèrent près de la mosquée al-Kâtib vers 4h15 et se stationnèrent, feux éteints, à un kilomètre de là. Le noir de la nuit profonde avait cédé sa place à un bleu très foncé. Dans quelques heures, le soleil allait se lever et le travail devait être accompli le plus vite possible, pour les ouvriers comme pour les islamistes. Le groupe camouflé s’approcha du lieu de culte. Là, dix ouvriers du Crobac commencèrent à effectuer le gros œuvre, sous la supervision de leur contremaître et la surveillance de quatre policiers. Le gouvernement n’avait pas estimé nécessaire d’investir de grands moyens pour cette banale mosquée de la banlieue de Gelnoberg. Il a eu tort.
L’assaut est donné à 4h23. Mohamed tira le premier et toucha de plein fouet le policier stationné à l’entrée de la mosquée, tué sur le coup. Le second policier fut sévèrement touché à l’estomac. Les deux autres, alarmés, tentèrent de localiser les tirs et appelèrent de nombreux renforts. Ils se retranchèrent dans la mosquée. Le contremaître, lui, sauta dans son véhicule et partit à vive allure sur la route. Djamil se plaça au milieu de celle-ci et tira, grâce à son fusil d’assaut, à travers le pare-brise de la voiture grise. Le contremaître reçut la balle en pleine tête. Mais sa voiture, lancée à vive allure, continua sa course et percuta Djamil, qui n’eut pas le temps de l’éviter. Percuté sur le pare-choc, le coup fut fatal pour ce dernier.
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/637726voiture.jpg[/img][/center]
À hauteur de la mosquée, des tirs s’échangèrent en continu entre les forces de l’ordre et les assaillants. L’un d’eux toucha Salem au bras. Mais Mohamed parvint à toucher le policier directement au cœur. Le précédent, grièvement blessé à l’estomac, ne faisait que vomir du sang, le regard hagard. Abdelaziz abrégea ses souffrances d’une balle dans la tête. Le dernier était reclus avec les dix autres ouvriers dans la mosquée, ces derniers s’attelant à son calfeutrage, le temps qu’arrivent les renforts. Mais il était déjà trop tard : Walid, Mohamed et Abdelaziz étaient entrés de l’autre côté. Ils prirent en étau le policier et les forces de l’ordre. Le policier, cerné, lâcha son arma et leva les bras sous le menace des trois islamistes. Peu importe, il reçut une balle, elle aussi fatale. Les dix ouvriers, apeurés et désarmés se retrouvaient maintenant seuls face à eux. L’un d’eux tenta en vain de s’échapper. Il n’eut même pas le temps de franchir la porte. Mohamed demanda aux neuf autres de s’aligner agenouillés. L’un d’eux, une croix autour du cou, avança sur les genoux en sa direction, le priant de l’épargner, répétant « S’il vous plaît, j’ai une famille, j’ai une famille, j’ai une famille ! ». Peu sensible à cette argumentation, Mohamed exigea de lui à ce qu’il recule.
Mohamed : « À toi l’honneur. Venge-nous la mort de Djamil. »
Mohamed s’adressait à Walid, la plus jeune recrue du groupe. À peine 18 ans, c’était sa première opération. Comme l’exigeait la tradition, il avait l’honneur d’achever toute la lignée à la mitrailleuse. Les neuf ouvriers tombèrent comme des mouches, les uns après les autres, sous les balles du jeune Walid, sans aucune forme de procès. Mohamed, le plus ancien, sourit en direction de son jeune poulain, encore ému par sa première fois. Officiellement, il était maintenant des leurs.
Mais le groupe n’avait guère le temps de célébrer l’occasion. Ils sortirent vite de la mosquée al-Kâtib, qui ressemblait désormais un morceau de gruyère, ce qui était d’autant plus ironique que les assaillants voulaient éviter qu’on en saccage les minarets. Le corps de Djamil gisait au centre de cette route, très peu fréquentée à cette heure. Ses compagnons le récupèrent et le placèrent dans le fourgon pour honorer dignement sa mort et son sacrifice pour cette noble cause. Salem, lui, se tordait de douleur dans son bras, où une balle s’était logée. Alors qu’Abdelaziz conduisit le fourgon qui allait les ramener au quartier général, Mohamed assis à côté appela Norbert « Abdallah » Förstner :
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Norbert « Abdallah » Förstner
Député du mouvement « Gouvernance populaire » au Parlement sébalde (depuis 2027)
Multiple champion de boxe de Sébaldie.[/center]
Norbert « Abdallah » Förstner : « Vous avez terminé, je pense ?
Mohamed : « Oui. Malheureusement, Djamil est tombé au combat. »
Norbert « Abdallah » Förstner : « J’annoncerai la nouvelle à son frère. Ses épouses seront protégées pour tout le restant de leur vie. Sa famille pourra être fière de lui. Une nouvelle vie s’offre désormais à lui, les houris l'attendent. »
Abdallah raccrocha. Il avait perdu l’un de ses frères mais il n’était guère peiné, son projet s’était enfin réalisé, les Sébaldes avaient payé pour leur arrogance et leur impertinence… Mais ce qui s’était passé ce soir n’était qu’un avertissement. Abdallah ne comptait pas s’arrêter là.[/justify]
Posté : dim. mai 22, 2016 3:05 pm
par Sébaldie
[center]Vie (et mort) à Ambrosius (1/?)
6 mars 2030
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/498171rp1.jpg[/img][/center]
[justify]De l’application des actes administratifs
Il est né, le divin Etat. Bâti sur des larmes et du sang, notamment versé par les compagnons de route, victimes de l’attentat contre le quartier général d’Identité Sébalde, perpétré par des islamofascistes. Adam van Aarle, 41 ans, simple flic municipal, avait obtenu du galon grâce à son engagement aux côtés de Caspar Maas, le dirigeant du nouvel Etat libre de Sébaldie. Mais il avait perdu en chemin son meilleur ami et collègue, Gregor, tombé sous les balles mahométanes [url=http://www.simpolitique.com/post284649.html#p284649]le 24 février dernier[/url]. Ce dernier faisait partie des 21 malheureux décès. Le sentiment d’injustice face à un Etat impuissant sinon indifférent face aux barbus l’avait plus que jamais convaincu de prêter allégeance au nouvel Etat. Adam était là quand l’ancien maire, ce libéral islamophile, fut poussé à la sortie par la garde rapprochée de Caspar Maas. Plus précisément, il faisait partie de la garde rapprochée de Caspar Maas. Bien loin de son uniforme de policier municipal, il arborait désormais une tenue de soldat. Il faut dire que la faction avait bien amélioré les conditions de travail des policiers ambrosiens. Adam était désormais chargé de la bonne application des édits du nouvel Etat, en particulier [url=http://www.simpolitique.com/post284892.html#p284892]l’édit n°1 visant à exécuter les étrangers détenus et anciens détenus[/url]. Pour ce faire, il avait chargé quelques-uns de ses jeunes brigadiers de rassembler au même endroit les Ambrosiens concernés par l’édit. Ambrosius ne comptait pas de prison, juste une maison d’arrêt qui détenait les petits délinquants pour de courts termes et ceux en attente d’un procès. La maison d’arrêt d’Ambrosius n’était qu’un lieu de passage et n’avait guère vocation à être un réel pénitencier. Le nombre de places était limité à 89… si on se conformait à la législation sébalde sur les conditions de détention. On pouvait facilement placer 300 vauriens là-dedans ! Qui, à Ambrosius, allait de toute façon s’émouvoir du fait que ces nègres zanyanais et barabjaliens auraient autant de place dans leur cellule qu’une poule de batterie n’en a ?
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/567949prison.jpg[/img]
Maison d'arrêt d'Ambrosius[/center]
Les jeunes brigardiers alertèrent leur supérieur : grâce au travail d’analyse de données, ils avaient placé tous ceux qui répondaient aux critères en détention dans la maison d’arrêt. Il revenait en effet à Adam de procéder à leur exécution, conformément au nouvel édit. Pour cela, ils étaient accompagnés d’un juriste-notaire du bureau de la Fraktion Atome et d’un médecin affilié au mouvement chargé de veiller à la bonne mort des détenus. Tout sourire, chantant un de ces airs connus au Valaryan, Adam se dirigea vers la maison d’arrêt. Là, douze malheureux attendaient, entassés derrière les barreaux : deux Zanayais, dix Barebjaliens. La mine déconfite, le petit kapo s’adressa à ses deux brigardiers :
Kapo Adam van Aarle : « C’est tout ?! »
Brigardier : « Oui, mon caporal-chef. Il y avait encore une cinquantaine de détenus le 27 février mais ils ont tous été déférés devant le tribunal de Gelnoberg, et placés en détention là-bas. Nous n’avons réussi qu’à attraper ceux-là, les autres se sont enfuis de l’Etat libre de Sébaldie ou se sont bien cachés… »
Kapo Adam van Aarle : « Bon. La prochaine fois, je ne me déplacerai pas tant qu’il n’y aura pas au moins 20 vermines derrière ces barreaux. Vous me faites perdre mon temps. Bien, nous pouvons commencer, alignez-les devant moi. »
Le kapo se saisit de son fusil d’assaut mais avant qu’il ne le déclencha, le gratte-papiers à lunettes qui l’accompagnait, répondant au nom de Wetzel, et qui servait accessoirement de juriste du nouvel Etat, l’interpella :
Juriste Wetzel : « Mon caporal, si vous me le permettez, je serais d’avis à ce que nous soyons procéduriers dans l’exécution. La République Sébalde ne reconnaît pas encore notre Etat et si vous le voulez bien, je vous propose de vous mettre en conformité avec la loi sébalde, de telle sorte à ce que Stranaberg soit incapable de contester notre politique… »
Kapo Adam van Aarle : « Bien… Je vous écoute alors ! »
Juriste Wetzel : « Nous devrions soumettre chacun des prisonniers à un contrat dit de tutelle totale et consentie avant de procéder à leur exécution. Ce contrat permettra au tuteur – en l’occurrence, vous – de faire de chacun des douze détenus votre propriété. Ce qui vous autorisera, de manière ultime, à procéder à la bonne application de l’édit en restant en conformité avec la loi stranabourgeoise. Pour ce faire, je dois faire la lecture des droits et devoirs. Il faut compter une demi-heure de démarches administratives avant de leur faire signer le contrat. J’attesterai alors de la bonne conformité du contrat. »
Kapo Adam van Aarle : « Tant que ça ?! Eh bien, lisez leurs droits et devoirs aux douze, en même temps ! »
Juriste Wetzel : « Malheureusement, ça ne se passe pas comme cela. Le contrat ne peut être signé qu’en présence du tuteur et de son disposé uniquement. »
Kapo Adam van Aarle : « Mais ça va nous prendre une éternité ! Nous y serons encore à la tombée de la nuit. »
Juriste Wetzel : « Six heures au moins, exactement. Vous êtes libre d’agir en dehors de ces formalités, je pense néanmoins que ce n’est pas dans votre intérêt et celui de l’Etat. Je vous enjoins donc à suivre mon conseil, mon caporal. »
Kapo Adam van Aarle : « Soit. Commençons par lui là-bas, le nègre ! »
Adam désigna l’un des deux jeunes hommes d’origine bardaranaise.
Kapo Adam van Aarle : « Ton nom. »
Détenu bardaranais: « Ahmad Bouraoui. »
Kapo Adam van Aarle : « Trop compliqué. Pour des raisons administratives, tu t’appelleras Nègre numéro 1. Quel est ton délit ? »
Ahmad se tut. Le jeune homme noir regardait à présent ses pieds.
Brigardier : « Agression physique contre un commerçant blanc en 2028. Il était présent lors de la manifestation de joie des sales punks à chien devant les locaux brûlés d’Identité Sébalde. »
Ahmad Bouraoui : « C’est faux, j’suis jamais allé à cette manif’ ! »
Ahmad se prit un coup de matraque dans l’estomac par l’autre brigadier avant de tomber à terre.
Kapo Adam van Aarle : « Au mieux, tu n’as fait qu’agresser physiquement un honnête commerçant sébalde. »
Ahmad : (timidement) « Oui… »
Kapo Adam van Aarle : « Nous allons procéder à ta mise sous tutelle, qui fait partie de la politique de réintégration des détenus mise en place par l’Etat libre de Sébaldie. »
Ahmad : « S’il vous plaît, je ne peux pas mourir… »
Le jeune homme fut accompagné jusque dans un bureau annexe à la cellule, où le notaire procéda à la lecture de ses droits et devoirs. Se refusant à signer le contrat, il fut attaché par les deux brigardiers tandis que le kapo Adam écrasa sa main, et accompagna le mouvement d’une signature, l’obligeant à signer le document.
Ahmad : « S’il vous plaît, laissez-moi ! »
Ahmad fut isolé dans le couloir de la maison d’arrêt. Se tenant les coudes, les yeux fermés, il commença à réciter des prières en arabe, avec un chapelet sorti de sa poche qu’il tenait entre les deux doigts de sa main. Le kapo Adam van Aarle le retourna et écrasa son revolver sur la tempe du mahométan. Ahmad, alors, prononça de plus en plus rapidement et fortement ses prières. Adam déclencha le chien. Adam tira. Ahmad lâcha son chapelet et s’écroula de manière nonchalante contre le sol. Adam, qui venait d’effectuer la première exécution depuis la proclamation de l’Etat libre fut quelque peu ému. La société venait d’être libérée de l’un de ses malfaiteurs.
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/406329chapeletislam.jpg[/img][/center]
Le sort était encore pire pour les Sébaldes de souche convertis à l’islam. Considérant que la couleur de leur peau ne correspondait pas à la nouvelle religion qu’ils avaient épousée, l’Etat libre proposait à ce qu’ils soient dépecés vivant. Le médecin du nouvel Etat était chargé de procéder à cette opération. Après quelques instants d’absence, Adam retourna dans la cellule où les onze détenus restaient. Il désigna le deuxième Zanyanais, quant à lui d’origine maokorienn et de confession chrétienne orthodoxe.
Kapo Adam van Aarle : « Ton nom. »
Maokorien : « Marok Gakog… »
Kapo Adam van Aarle : « Trop compliqué. Tu t’appelleras désormais Nègre numéro 2. Qu’est-ce que tu caches dans ta main ? »
Les brigardiens firent ouvrir la main de Marok. Il tenait une petite croix chrétienne dans la paume de sa main.
Kapo Adam van Aarle : « Si tu es chrétien, moi je suis le petit Jésus. »
À l’instar des Sébaldes convertis, Marok avait selon l’idéologie du nouvel Etat la mauvaise religion avec la mauvaise ethnie. Être chrétien lui permettra-t-il de sauver sa peau ?[/justify]
Posté : sam. mai 28, 2016 12:25 am
par Sébaldie
[center]Baronne Veronika
Mars 2030
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/331237salomon.jpg[/img]
Veronika Salomon
Maire de Krideric[/center]
[justify]Veronika Salomon : « Je te l’avais dit que Karel avait pris la mauvaise décision ! »
22 mars 2030. Veronika était, à 52 ans, mairesse de la municipalité de Krideric depuis 2013, sans aucune interruption et ce jour-là, elle exprimait son ressenti auprès de son premier adjoint, Johannes. Karel, c’était [url=http://www.simpolitique.com/post284816.html#p284816]Karel Stankor, l’ancien maire d’Ambrosius[/url] destitué par la faction identitaire le 27 février dernier. En tant que maires de municipalités voisines, ils se connaissaient forcément très bien. Apolitique, Veronika avait de l’estime pour son homologue voisin mais dressait un constat sévère sur lui.
Veronika : « Il n’avait pas de charisme, pas de prestance. D’après les dernières nouvelles, Caspar Maas ne serait plus à la tête d’Ambrosius. Pour autant, le peuple ambrosien ne veut pas du retour de Karel. Il a grillé son fusible. Nous avons fait le bon choix en nous associant aux Maksimov, crois-le moi. »
Veronika avait été approchée par des conseillers du roi il y a quelques jours pour l’inciter à soutenir le régime monarchique slave. La femme, qui ne voulait pas connaître le même sort que son voisin, a été prudente et s’est tout de suite rangée du côté du peuple, telle une girouette. C’est ainsi que Veronika a, d’année en année, d’élection en élection, réussi à s’imposer. Reprenant en main une municipalité au bord du gouffre financier après l’arrêt de l’exploitation des mines de craie, cette ancienne enseignante en lettres modernes dans le seul lycée de Krideric avait réussi à se faire un nom dans sa commune, loin des batailles politiciennes. La femme se voulait apolitique. Le lundi, elle était nationaliste et appelait à lutter contre la concurrence déloyale, notamment agricole, en provenance d’Etats comme le Remino. Le mardi, elle était libérale et rencontrait les entrepreneurs pour mettre en place un plan de baisse de la fiscalité locale. Le mercredi, elle était régionaliste et fustigeait le pouvoir stranabourgeois. Le jeudi, elle inaugurait un service d’aide sociale aux familles kridériquoises précaires. Le vendredi, l’imam la recevait après la prière et lui serrait même la main, ce qu’il ne faisait à aucune autre femme. Le samedi, elle participait au concert de rock organisé par des jeunes sur la place principale. Le dimanche, après avoir serré les mains des fidèles chrétiens, elle se fait photographier aux côtés d’un apiculteur biologique. Veronika n’était pas une femme d’idées mais de contacts. Elle savait qu’elle avait besoin de ratisser le plus large possible pour se maintenir au pouvoir. Cela avait un coût, qu’elle payait au prix de subventions diverses et variées pour obtenir l’appui de ses relais d’opinion disséminés partout en ville.
Ses opposants, de tous bords, qui fustigent sa politique clientéliste, la surnomment d’ailleurs très vulgairement « Veronika-couche-toi-là ». Prête à coucher, prête à se coucher. Pour autant, le bilan de la ville était irréprochable : Veronika avait réussi à la désendetter et le dernier exercice budgétaire affichait même un léger excédent. Pour autant, elle était victime collatérale de la situation gouvernementale. Autant elle se sentait Sébalde, autant elle détestait tous ceux là-bas, à Stranaberg, qui formaient le gouvernement. La mairesse n’avait pas envie de s’offrir un mandat national, elle se plaisait bien à Krideric. Car même si elle avait toujours le mot pour rire, elle était définitivement seule. Séparée depuis plusieurs années, son activité chronophage de mairesse a tué son couple. Ces derniers temps, cependant, elle avait rencontré un séduisant quadragénaire, avocat de profession, du nom de Vladislav Pezniev. Il l’avait déjà invité à quelques reprises au restaurant car Veronika aimait se faire entretenir. Ses goûts de luxe lui faisaient parfois perdre le sens des responsabilités. Au bout de quelques semaines, l’homme avait fini par l’inviter à la plage de Turzaberg, sur la côte triansaise, où Veronika avait ses habitudes. Passionnée de planche à voile, elle s’adonnait dès qu’elle le pouvait à quelques heures de pratique.
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/782266borddemer.jpg[/img][/center]
Week-end du 16 et 17 mars 2030. Cette fois-ci, ils n’avaient pas l’intention d’aller se baigner. La mer était encore trop froide en cette fin de mois de mars et ces premiers jours de printemps. Elle avait été invitée à la terrasse d’un restaurant au bord de la mer de Jeekim déguster quelques succulentes huîtres. L’esprit est bon enfant, voire mielleux. Jusqu’à ce que [url=http://www.simpolitique.com/post285326.html#p285326]Vladislav, missionnaire de l’identitaire Caspar Maas[/url], aborde un sujet plus sérieux :
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2016/05/22/160522121636418543.png[/img]
Vladislav Pezniev[/center]
Vladislav : « De ce que j’ai pu comprendre, vous n’exercez plus en tant que mairesse de Krideric… N’avez-vous pas l’impression qu’il s’agit là d’un coup d’Etat ? »
Veronika : « Les circonstances exceptionnelles que l’on vit actuellement, l’anarchie dans le Gelnan, m’amènent à me retirer un peu de l’exécutif. Je pense que Sa Majesté Valerian III est capable d’affronter ces petits ministres arrogants de la capitale ! Je les hais ! Ils sont cyniques, méprisants, orgueilleux… Nous avons un autiste en guise de Président et un arriviste hautain en tant que Premier ministre par intérim. Je ne connaissais des Maksimov que ce que l’on voulait bien dire dans les journaux. Je pense qu’ils sont à la hauteur pour régner sur le pays. »
Vladislav : « Oui, certainement… Je partage votre mépris pour la classe politique qui nous gouverne… Si je peux me permettre, quel sera votre rôle précisément ? »
Veronika : « Les conseillers du roi m’ont sollicité pour fédérer les Kridériquois autour de sa personne. Je connais pratiquement chacun de mes administrés. En dix-sept ans de mandat, j’ai besoin de me reposer un peu ! Ils ont beaucoup de respect pour mon bilan et ma fonction. Le roi envisagerait de m’anoblir pour tout le travail que j’ai effectué à Krideric. Baronne, duchesse, comtesse... je ne sais pas quel serait encore mon titre. »
Vladislav : (surpris mais intéressé) « Anoblir ?! Cette nouvelle a dû vous réjouir. Avec ou sans titre de noblesse, vous êtes une très charmante personne, Veronika. Ce statut vous octroiera bien des privilèges. Votre sourire envoûtera toute la cour… *Sourire* »
Veronika : (Rougissant légèrement) « Allons, allons… D’ailleurs, pourquoi nous vouvoyons-nous encore ? »
Et ils se sont tutoyé à partir de maintenant. Veronika fut intégralement ressourcée lors de ce week-end sur la côte. Après plusieurs heures de train puis de taxi, toujours payés par son amant, elle arrive à destination, chez elle à Krideric, le cœur plein d’entrain, la tête pleine de projets. Retour au 22 mars 2030. Alors qu’elle faisait le point avec son premier adjoint, Johannes, celui-ci la coupa :
Johannes : « Veronika, nous aurions eu besoin de ta présence le week-end dernier, nous avons eu à faire face à un afflux massif d’Ambrosiens. J’ai l’impression que tu es ailleurs, en ce moment. Ce n’est pas dans tes habitudes. »
Veronika : « Lâche-moi un peu la grappe, Johannes, je t’en prie. Krideric n’a pas besoin de moi pour le moment… »
Johannes : « Pour te dire franchement, je reste très dubitatif quant à cette histoire de roi. J’ai l’impression qu’on nous fait écouter une berceuse pour atténuer le bruit du massacre qui se produit à côté. Certes, Caspar Maas est parti mais le chaos continue de régner à Ambrosius. Et… Tu m’écoutes au moins ? »
Veronika : (pensive) « Hein ? Euh… Non, pour te dire, tu m’ennuies profondément. Je serai sous peu membre de la cour royale et tu m’embêtes avec tes remarques de petit gratte-papier. Je n’ai pas de compte à te rendre ! »
Veronika haussa le ton. La femme était capricieuse et avait de temps à autre ce genre de réactions hystériques. Alors qu’elle levait les mains au ciel, son premier adjoint remarqua un intéressant détail :
Johannes : « Tiens… Qu’est-ce que c’est ? »
Veronika : « Oh… Un présent. »
L’adjoint désigna avec son doigt la bague de fiançailles offerte par Vladislav à Veronika. La femme, songeuse depuis ce week-end, voyait la vie en rose et refusait qu’on l’embête avec de la politique. Tout lui souriait : elle n’avait pas vécu le même sort que son maire voisin, le Roi allait remettre de l’ordre en Sébaldie, elle allait pouvoir couler des jeux heureux dans la cour et mener le train de vie qu’elle souhaitait… et elle allait bientôt se marier. Mais si, en fin de compte, Veronika n’était-elle pas sur un nuage mais sur une toile d’araignée ?[/justify]
Posté : mer. juin 01, 2016 8:59 pm
par Sébaldie
[center]République fiduciaire (1/?)
3 avril 2030[/center]
[justify]Goran Horandson avait-il atteint l’âge de la maturité politique ? Entré au gouvernement pour la première fois en 2016, l’actuel Premier ministre par intérim entamait sa quinzième année de sa carrière politique. Car c’était bien le mot : Goran Horandson avait entrepris une carrière politique, depuis qu’il eut cessé ses activités de professeur à l’université. En 2016, il entrait à l’Economie, avec l’espoir de mettre un terme à une surpopulation surtout fantasmée que réelle. Deux ans plus tard, il accède à la Vice-Présidence même si dans les faits, c’est lui qui tenait les rênes du parti et du gouvernement. Mettant en place sa politique malthusienne, il se confronte néanmoins à la nécessité permanente du consensus et de la coalition. Puis vint la traversée du désert, entre 2023 et 2028, durant laquelle il est exclu du gouvernement par Dana Liesder. La renaissance survint en 2028 lorsque Juozas Menecius fait appel à lui pour le seconder et s’assurer une large majorité parlementaire. Mais encore et toujours cette nécessité de rechercher le consensus. Toujours faire des courbettes à tel ou tel autre parti qui détient les deux pelés et les trois tondus qui manquent pour la majorité. Goran Horandson s’était lassé de ce petit jeu politicien. Si en 2016, son rêve était d’accéder à la fonction suprême de la Sébaldie, ce ne l’était plus aujourd’hui. Ce qu’il voulait désormais, c’était marquer l’Histoire. À 61 ans, l’homme entreprendrait son dernier tour de piste politique et il ne voulait guère qu’on se souvienne de lui comme un Premier ministre parmi d’autres qui aura durant son petit mandat obtenu un petit accord avec ses petits alliés de coalition sur une petit politique légiférant le poids et la courbure des concombres. Horandson voulait impulser une dynamique nouvelle à la société, réinventer l’homme. Tâche peu aisée mais qui portait déjà ses fruits, au Wapong notamment grâce au Comité de Libération de l’Espace. Petit à petit, les hommes prennent conscience qu’ils sont trop nombreux sur Terre.
Les politiques malthusiennes de Goran, entreprises par le passé, manquaient pourtant d’ambition. Certes, la population sébalde avait légèrement diminué durant sa vice-présidence, entre 2018 et 2023 et la natalité avait elle aussi connu un repli mais les évolutions étaient négligeables. Une diminution de 10 % de la population sur 10 ans était l’objectif que Goran Horandson s’était affiché. Pour autant, le malthusien était un démocrate. Il refusait de s’adonner aux pratiques génocidaires d’Ambrosius. Il n’était pas raciste au fond et n’était pas plus islamophobe que christianophobe. Il n’avait du mépris que pour les modèles culturels populationnistes. Que l’on prie Allah ou le Petit Jésus ne l’intéressait guère. Le pouvoir, pourtant, lui tendait les mains : il était le seul à bâtir une coalition gouvernementale car il avait le parti nationaliste à sa botte, qui était la pierre angulaire de toute coalition. Le brave mais naïf président de la République lui avait proposé le poste, Goran l’a refusé après l’avoir quémandé pendant des semaines. Les expériences locales à Ambrosius et Krideric lui avaient montré qu’il était autrement plus efficace de sortir du circuit officiel.
Comment concilier le malthusianisme avec les principes de démocratie directe et qui transcendent tout clivage politique ? Les Sébaldes avaient soif de liberté et de démocratie mais en même temps revendiquaient leur vie en communautés. Après plusieurs mois de réflexion, Goran Horandson était fier de sa production : il avait imaginé un Etat composé de centaines de petites communautés qui, chacune, élirait chaque année aux postes de responsabilité les citoyens les plus appréciés et désignerait les éléments les plus perturbateurs. Le système se voulait entièrement fondé sur la démocratie directe, le pouvoir donné au peuple de choisir non seulement ses dirigeants mais aussi ses voisins. Une démocratie entièrement participative, qui inciterait les exclus à trouver leur place dans chacune des centaines des communautés. Il y en a bien une qui leur correspondrait. Ce régime avait l’ambition d’abolir la République Sébalde et d’instaurer en lieu et place une République fiduciaire. La République, c’était la « rex publica » en latin, la chose publique. Elle est fiduciaire car reposant sur la confiance (« fiducia »). Une société qui se co-construit par ses membres, plutôt qu’une société créée ex nihilo par les lubies des dirigeants.
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Les citoyens les moins appréciés seraient exécutés. Car le peuple aura voulu qu’ils le soient. Le régime n’avait donc rien de totalitaire. Le totalitarisme impose au contraire sa volonté au peuple, un carcan immuable. Pour autant, pour garantir la cohésion sociale, un citoyen apprécié pouvait apporter son immunité à un citoyen détesté. Cela ralentirait sans doute le processus de la diminution démographique mais c’était le meilleur moyen pour faire durer le système sur le long terme. Les personnes les plus appréciées, détentrices du pouvoir, ne devaient pas ressentir l’injustice, celle de voir leurs amis se faire exécuter. Cette situation renverserait la situation à la faveur des parias, Goran Horandson voulait absolument l’éviter. Et quand bien même, l’ami de notre meilleur ami est rarement notre ennemi. Le Premier ministre voulait une société organisée en de multiples « bandes de copains » où les élus n’auraient le droit de transmettre qu’une seule immunité, c’est-à-dire protéger un seul être cher. Le système n’incitait pas à la procréation par conséquent. Au contraire, le célibat et l’union homosexuelle sans enfant deviendraient la norme de cette société fantasmée par Horandson.
Qu’en était-il de son application ? Goran Horandson observait avec grand intérêt [url=http://www.simpolitique.com/participatif-2030-anarchie-gelnan-t12906.html]ce qui se passait au Gelnan[/url]. La faction islamiste avait été dépossédée par la faction identitaire qui elle-même avait été dépossédée par la faction juive, elle-même affaiblie à force de combats. Elles ne représentaient guère des menaces pour Goran. L’arrivée des soldats malthusiens, à un moment où la plupart des factions étaient fatiguées, survenait à un moment très opportun. Seuls lui dérangeaient les royalistes. Pas plus qu’il ne portait dans son cœur le « bouffon néerlandophone », sobriquet donné par ses adversaires qui l’avait bien fait rire, il n’appréciait les Maksimov et son jeune prince arrogant. En d’autres lieux et temps, Goran aurait séduit par la beauté du jeune homme mais actuellement, il voulait lui faire fermer son clapet. Alors que les autres factions s’entretuaient, les royalistes slaves concentraient leurs critiques sur le gouvernement. Goran, lui, se protégeait en prétextant ne pas avoir les moyens constitutionnels nécessaires pour régler la situation et préférait en accuser le Président. De toute façon, le jeune Président n’allait pas s’opposer au sermon d’un ancien professeur d’université comme lui. Koen Van Overbeck était en effet reclus chez papa et maman durant la crise politique. La voie était donc libre pour Goran. Ses plus grands partisans, parfois d’anciens étudiants, étaient là. Ensemble, ils allaient libérer la Sébaldie du carcan populationniste. Ils manifestaient quelques signes d’impatience :
Marius, partisan de Goran Horandson : « Monsieur le Premier ministre… »
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Goran Horandson
Premier ministre par intérim de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien Vice-Premier ministre de la République Sébalde (2028-2030)
Député chef de file du Mouvement Nationaliste Sébalde (depuis 2023, suppléé depuis 2028)
Ancien vice-président de la République Sébalde (2018-2023)
Ancien ministre sébalde de l’Economie (2016-2018)[/center]
Goran Horandson : « Horandson ! Monsieur Horandson ! Prenez le temps de m’appeler ainsi car je n’agis pas en ma qualité de Premier ministre et je ne pourrai pas user des moyens laissés à disposition par l’Etat pour vous aider. »
Marius : « Oui, pardon Monsieur le… Horandson. Quand pourrons-nous agir ? Les royalistes s’apprêtent à conquérir une deuxième ville, Friedenstempel. À ce rythme, ils vont conquérir toute la province. »
Goran Horandson : « Encore un peu de patience. Attendons quelques semaines avant d’agir. En attendant, je compte sur vous pour réunir le maximum de moyens financiers, militants et militaires. La bataille que nous engagerons pour libérer la Sébaldie ne se fera pas la fleur au fusil. La première cartouche, nous l’adresserons au pseudo-Prince, les suivantes à tous ceux qui soutiennent la décadence du pays. »
Marius : « Je crains que la Rostovie ne veuille plus nous vendre ses armes… »
Goran Horandson : « (Soupir) Quand je parlais de fusil, c’était une image. Il faut le moins d’effusions de sang possibles. Seulement quand c’est nécessaire. Rappelez-vous que ce n’est pas à nous d’avoir le droit de vie et de mort sur les citoyens. C’est au peuple. Il n’y a qu’un seul modèle démocratique et humaniste viable, c’est celui que nous proposons. »[/justify]