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Posté : lun. avr. 25, 2016 5:52 pm
par Arios
[center]Chantiers navals d'Ovelsburg
[img]http://www.routard.com/images_contenu/communaute/Photos/publi/042/pt41534.jpg[/img]
Vieux-quai d'Ovelsburg[/center]
Après consultation et accord des pays constitutifs, le Saint-Empire lance le projet d'aménagement de chantiers navals sur plus de 2500 hectares, construits au Hohenhoff.
La ville d'Ovelsburg, sur son détroit, a été choisie par les ingénieurs du Saint-Empire.
Posté : lun. avr. 25, 2016 5:57 pm
par Arios
Le 12 novembre 2029, le projet est présenté aux membres constitutifs du Saint-Empire sous ces formes :
[quote]Le cabinet de Sa Seigneurie Monsieur Eucher Massieux, Ministre impérial de l’Agriculture et de l’Industrie, conclue au rapport ci-joint concernant la nécessité de construction de chantiers navals impériaux.
Les nations constitutives du Saint-Empire ne disposent que de structures industrielles mineures voir absentes face aux capacités de production industrielle des pays d’Alméra de l’Est ; la raison à cela est le tropisme socialiste pour la production de masse, et la réticence intrinsèque des pays du Saint-Empire face au consumérisme.
Néanmoins, la force industrielle n’est pas uniquement un outil du capitalisme de masse, mais également un atout pour le contrôle de secteurs clefs au service des stratégies dirigistes de défense et de faire-valoir de nos sociétés.
Aussi, le cabinet impérial conclue, après avoir pris connaissance des tissus industriels et des habitudes commerciales des pays du Saint-Empire, à la nécessité d’aménagement de chantiers navals afin de :
-répondre aux besoins de transporteurs des grandes compagnies commerciales reliant lesdits pays entre eux et avec leurs partenaires mondiaux
-diversifier les centres de production existant et utilisés dans le cadre du partenariat C.D.I. sur la Défense.
-favoriser l’innovation au contact d’une entreprise industrielle moderne
-permettre la création de richesses au service de classes prolétaires impériales souvent précarisées ou de classes rurales désireuses de revenus complémentaires en relançant l’emploi.
Le cabinet impérial préconise une attention particulière afin de limiter, voire d’exclure, l’impact au sol des aménagements portuaires et estime que les chantiers à venir devront répondre aux caractéristiques suivantes :
-4500 hectares de surface en sol + bassins
-15 bassins et fosses de lancement inondables/polyvalents, 4 docks principaux et 16 quais, une vingtaine d’écluses.
-construits sur terre-plein et reliés à la terre par 5 ponts (routiers, ferroviaire, piétons, etc…).
-au moins 7 portiques amovibles d’assemblage pouvant desservir deux bassins chacun, en plus de séries de grues.
-pouvant construire de petits, moyens et lourds tonnages (polyvalence).
Les chantiers feront travailler trente mille personnes dans leur phase de construction, en plus de milliers de sous-traitants industriels dans les pays du Saint Empire, ainsi que des milliers d’entreprises implantées dans la région d’accueil des ouvriers et desdits chantiers.
Dans leur phase de production, ces installations feront travailler à temps plein environ 12 000 personnes, en plus des intérimaires, stagiaires, sous-traitants occasionnels et marins.
Elles devraient être en mesure de soutenir la production de 3 à 4 paquebots/porte-containers/cargos lourds par an dès la troisième année, et 6 bateaux (dragueurs/porte-containers/cargos/paquebots) moyen dès la deuxième année, en plus d’une série de remorqueurs.
Le partage du chantier entre les entreprises de construction des divers pays est recommandée, bien que la direction générale du chantier et les ingénieurs seront particulièrement encadrés par le pays disposant des plus grandes capacités technologiques, dans l’intérêt de la modernité des infrastructures à bâtir ; à savoir la Fiémance.
La propriété des chantiers est à discuter entre les pays du Saint Empire, pour la part réservée au public et la part réservée au privée, mais aussi pour la nature du public et du privé (propriété commune ou propriété partagée, gestion de la direction des chantiers, choix des armateurs,etc…).
Ces installations ne feront pas oublier celles existantes par ailleurs dans le Saint Empire.
Est soumis le présent rapport aux Ministères de l’Industrie des différents pays constitutifs.
Est attendue leur approbation et leurs propositions de sites pouvant accueillir lesdits chantiers, sur des surfaces industrielles ou post-industrielles existantes ou sur un site portuaire non industriel.[/quote]
Après avoir été mis à l'épreuve du terrain proposé par le Hohenhoff -aucune autre proposition, les pays ayant soutenu à l'unanimité l'emplacement proposé-, la superficie prévue est réduite à 2500 hectares, dont une ville nouvelle aménagée en partie sur l'espace urbain de l'ancien bourg - le reste étant prévu en terre-plein.
Fin novembre, on convient à la Diète de certaines modalités de chantiers :
[quote]-que les chantiers et la ville doivent mobiliser une main d’œuvre impériale, en fonction d'appels d'offre faisant appel à la libre-concurrence des entreprises et sous-traitants des différents pays, mais aussi de quotas afin de faire travailler au moins 15% de chaque nationalité.
-que le pays d'accueil devra apporter les mêmes services et mêmes droits civiques (hors votation et politique) aux ouvriers qu'il accueillera le temps du chantier et par la suite des constructions navales.
-que l'accueil d'un tel site, co-financé par les pays membres, est soumis à la garantie que les financeurs conservent un droit de regard sur l'endroit quand bien même la pays quitterait le Saint-Empire.
-qu'il faudrait s'appuyer pour partie sur des investisseurs privés pour garantir des capitaux de lancement et qu'il convient de définir selon un appel d'offre. Nous recommandons à ce que ces investisseurs soient purement ressortissants des pays membres.
-que nos Etats doivent prévoir des liaisons régulières entre le site et leur territoire, afin de permettre aux ouvriers de conserver leurs liens avec, et donc l'aménagement d'un aéroport.
-que les pays les plus technologiquement avancés insèrent leur technologie dans les constructions navales et aéronavales, qui ne pourront ainsi être vendus sans leur accord.
-qu'une base militaire aidée de toutes les capacités de défense moderne à disposition des différents pays puissent être en permanence apte à défendre ces infrastructures.[/quote]
Les emplois directs et indirects estimés pour l'Empire ne sont pas négligeables :
[quote="Eucher Massieux, M.I. de l'Agriculture et de l'Industrie"]Nos nouvelles estimations portent à 40 000 le nombre d'ouvriers directement impliqués dans la phase de construction, jusqu'à 150 000 emplois impliqués indirectement dans le reste du Saint-Empire, et à 12 000 en phase de production. En plus des aménagements suscités, nous insistons sur la nécessité de création d'une ville nouvelle pour accueillir cette population et, si cela s'avère possible par la suite, des familles de travailleurs.[/quote]
Posté : lun. avr. 25, 2016 6:13 pm
par Arios
Ovelsburg, située à la pointe Est de l'Hohenhoff, possède un détroit avantageux pour les projets du Ministère. Promettant un projet sans artificialisation de sols naturels, la plus grande partie des chantiers est prévue pour l'aménagement de terre-pleins. Cette technique, longtemps expérimentée par la Fiémance chorocrate sur son protectorat de Shish ou le long de ses côtes, est mise à profit d'un gain de surface et d'une correction du débit du fleuve dans l'intérêt de la navigation.
[spoiler="Détroit"][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/25/160425081010369429.png[/img][/spoiler]
Le 15 décembre 2029, le Ministère de l'Agriculture et de l'Industrie dévoile à la Diète un projet s'établissant sur 8 îles artificielles reliées par des ponts - sur la partie nord du détroit, ou par navette avec l'île du sud "Jean III".
[spoiler="Projet"][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/25/160425081012462376.png[/img][/spoiler]
Ne comprend pas l'emplacement des bassins
Le projet, prévu comme celui d'aménagement de chantiers navals civils, comporte finalement un zonage incluant une zone de construction des modules militaires afin de gagner en temps d'assemblage, des espaces de recherche et d'application aéronavale civile, ainsi que des terminaux gaziers, pétroliers, céréaliers, et industriels pour améliorer la logistique de l'Hohenhoff autant que pourvoir à l'approvisionnement des chantiers et de la ville-nouvelle.
Les surfaces non-zonées sont prévues pour l'accueil des chantiers navals en tant que tels, services communs et industries en rapport, mais sont prévues avec largesse pour permettre la requalification de surfaces en cas de besoin.
[spoiler="Zonage"][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/25/16042508100638865.png[/img][/spoiler]
Pour accueillir une main d’œuvre temporaire comme permanente, mais aussi compenser la perte de cadre des Ovelsbourgeois, une ville nouvelle est censée s'élever partiellement sur l'île de Villeneuve, et à l'Est d'Ovelsburg sur ses quartiers industriels vétustes existant. Pour permettre le déplacement des ouvriers entre les îles et secteurs, mais aussi entre la ville où la majorité réside et les chantiers, un réseau complexe de liaisons de métro est prévu. Un ensemble de 37 stations et 4 gares multimodales doit servir aux déplacements intra-urbains, en plus des navettes et bus prévus à cet effet.
[spoiler="Métro"][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/25/160425082021815514.png[/img][/spoiler]
Ovelsburg et sa ville-neuve devraient également faire l'objet de travaux pour une meilleure connexion ferroviaire au reste du pays, à hauteur de la dimension impériale que prend la ville. Une base militaire commune aux nations du S-E est envisagée, et les municipalités locales réfléchissent avec les pouvoirs royaux pour définir le lieu d'accueil, non sans conséquences sur l'économie.
Posté : mer. mai 25, 2016 2:45 pm
par Arios
Diffusé dans différents journaux des pays membres, papiers de Ludovic Rimbaux.
Ovelsburg : des chantiers, de la sueur, du moderne !
La ville-neuve a commencé à se dessiner, sur les faubourgs commerciaux et industriels déconstruits d’Ovelsburg l’ancienne, qui seront déplacés un peu plus loin. Deux axes principaux découpent déjà ce champ de ruines, de moellons, de tas de sable importés des archipels de l’Altevum sud, et des graviers extraits du cœur des montagnes d’Alméra.
L’Avenue d’Hellas, un grand axe Ouest-Est qui se termine en rond-point sur une esplanade offrant la vue sur la campagne hohenhoffoise, à l’Est, et sur la placette Fritz Miediger où débute la vieille-ville, à l’Ouest. Le remembrement a sacrifié les anciennes parcelles héritées d’un découpage artisanal, et institué de nouveaux lots redistribués et dédommagés aux propriétaires dont témoignent des buchettes rouge-cochenille sorties du sol aux quatre angles des futurs buildings.
Le Boulevard du Viertenstein, une grande allée-double Sud-Nord qui se termine sur un étroit front de mer déjà bouleversé, au Sud, et face à la future Cité Sanitaire, au Nord, derrière laquelle la Forêt de Würfenz termine la ville. Le Boulevard est large : il prévoit l’abondance circulation des autobus bondés de travailleurs, le tramway, des bouches d’aérations du métro partiellement recouvertes de plantes à terme. Il doit être cerné des plus beaux logements collectifs de la ville, et de rez-de-chaussée en colonnades où les boutiques, les épiceries, les tavernes et restaurants distingués prendront place.
Mais qu’en sera-t’il du style ? Si Ovelsburg la neuve sert de magnifique terrain de jeu aux architectes les plus talentueux du Saint Empire, le cœur de la ville d’habitation, déterminé dans l’espace par ces deux axes et leur mariage central sur la future Place Impériale, correspondra à un style relativement classique, mélangeant des éléments modernistes par un souci profond du confort de cadre (larges baies pour la lumière, balcons panoramiques, rangées d’arbres et murs végétalisés, appartements traversant et cours lumineuses d’intérieur), des tendances traditionnelles (plan orthogonal, façades sans enfoncements, toits à double-pentes, cheminées), et invocations de l’Histoire (gargouilles, linteaux, chainages de pierres apparentes, assises sculptées et colonnades au sol ou sur les façades, statues de souverains, d’artistes, de scientifiques, de personnages historiques ou vivant).
Ovelsburg, capitale industrielle de l’Alméra, pourrait aussi bien devenir sa capitale d’un urbanisme refondé, bien loin des conquêtes vertigineuses d’Opemont l’aveugle qui prive ses classes inférieures (dans la hauteur !) de la lumière du jour, d’Adursted la faubourgeoise où les interminables quartiers de maisons individuelles et colorées imitent l’habitat des pêcheurs quand elles sont la demeure des artisans et des abbés, de Hochburg la Grand-Siècle où le Néo-classique et l’Haussmannien dessinent une ville hantise des automobilistes et livrent les périphéries au blocs sans fioriture et sans poésie, à l’Alémanique !
L’estuaire, lui, est le grand sacrifié du paysage. Pas un jour sans que des hommes, en rage et pleurs, ne manifestent leur colère contre le comblement de leur terrain de vie, la fuite vers le large de leur seconde épouse, et le temps qu’ils perdront chaque matin et chaque soir à suivre les canaux qui les emmènent plus loin, là où les plus petites barques ne peuvent pas aller. Il y a là, toujours, la paire de bras d’un soldat ou d’un ingénieur pour soutenir un pêcheur à bout de souffle, à bout de voix, et pour lui expliquer autour d’un quart de vin chaud à l’arrière des pick-up de chantier, qu’il en va du salut de centaines de millions d’êtres, de ses frères almérans et humains.
« Mein lieber freund ! Nos adversaires détestent la vie, ils ne respirent que pour vivre les conflits, les suivre et les alimenter comme un feu promis à dévaster le monde. Ici, nous bâtissons le plus grand levier industrialo-portuaire du monde, la réserve industrielle de l’Altevum et de l’Alméra, aussi une formidable bouche à nourrir qui achètera ton poisson plus cher qu’avant, et le fromage de ton frère qui là-bas, sur la colline, fait paître ses bêtes impassibles. » Alors le pêcheur re-pleure de plus belle, bien que son esprit ait compris son cœur ne se remet pas de ce mal, car nul brave homme de ces côtes ne peut renoncer à l’estuaire qui est autant son seuil que sa maison et ce depuis toujours.