Posté : jeu. déc. 17, 2015 6:23 pm
La vie des Casti
[url=http://www.casimages.com/i/151217050701826288.jpg.html][img]http://nsa38.casimages.com/img/2015/12/17/151217050701826288.jpg[/img][/url]
La Partie 1 est [url=http://www.simpolitique.com/palais-royal-t12330.html#p273980]ici[/url].
Cet homme bedonnant dont l'aspect témoignait de sa cinquantaine, c'était Saali'Kajar. Il vivait dans une petite maison de briques rouges, maison très courante à travers tout le pays. Il avait une petite famille: un fils qui travaillait dans "son" usine, un autre fils que le précédent roi lui avait pris comme esclave (aujourd'hui dans l'armée, suppose t-on, on les appelle les "favoris"), une fille de dix-sept ans qui faisait des études religieuses et allait sans doute devenir archéologue et une autre fille de dix ans qui n'était pas intéressante, donc on en parlera plus. Il vivait avec son épouse Mücar, une femme entreprenante ancienne fille de joie.
Saali gardait une impression amère de sa rencontre avec le roi, il ne savait pas trop qu'en penser: pourquoi s'est-il énervé si vite, que risquait-il vraiment. Dégustant son aprhey, ou plutôt le subissant, avec son gout d'alcool à brûler, il était assis devant la maison sur une caisse en bois. Perdu dans ses pensées, il regardait le bidonville, éclairé par une multitude de lampes jeunes. Le quartier n'étant pas électrifié, les lampes à huile assuraient l'essentiel de l'éclairage. Son vieux cabot errant dans la rue, un bâtard gris tacheté de blanc au poil crasseux. Alors qu'il poussait un léger soupire, il entendit:
-A table !
-Enfin, vu l't'temps qu'ça lui prend à cuisiner ça a interet à être bon... Marmonna t-il.
Alors qu'il se levait lentement, la levée de son ventre imposant réclamant de gros efforts, un coup de feu se faisait entendre au loin. Rien d'inhabituel. Il entre dans la maison et va prendre place à table. Le repas arrivait: une sorte de bouillie de sorgho avec du mouton mariné. Il en avait assez de manger ça, ce qu'il voulait, c'était du porc, du pain, des pommes de terre.
-Encore? Ca fait trois jours qu'on mange que ça...
-'Faudra faire avec. Répondit sèchement son épouse, loin d'être surprise ou vexée par cette remarque.
-Mais on a de l'argent, tu pourrais prendre autre chose au marché.
-Non, il n'y a que ça. Ca, et du Chien ou des drôles de bestioles.
-Ben va dans un autre marché...
-Déjà fait.
-Alors va plus loin !
-Achètes une voiture Saali alors, parce que j'ai déjà été dans toute la ville, y reste que ça à manger. Et les prix montent.
-Quoi?
-Oui, ils montent. Y parait que ça vient des troubles. Donc je fais c'que je peux avec c'que j'ai.
-Et bien ma grosse tanche, ça va changer. Tu sais que le roi devait venir nous voir?
-Non... Tu me dis jamais ce que tu fais au travail...
-Ben là c'est fait. Donc il est venu, il m'a dit que si j'arrive a produire ce qu'il faut, j'aurais du fric.
-Ouais?!
-Ouais! J'ai même relu le contrat, j'ai 15% des bénéfs mais pas de salaire.
-Vu ce que ta boite produit, ça fait déjà beaucoup!
La conversation continuait, Saali se contentant de son repas trop cuit et fade (le sel était, lui aussi, introuvable). Les enfants mangeaient tranquillement, ils n'ont pas le droit de parler à table. Le plus grand avait 24 ans, mais comme il n'était pas marié, il était considéré comme ayant 5, 10 ou 12 ans. La fille -la plus jeune dont on a que faire- mange aussi. Après son repas, Saali sort. Il ne partageait pas l'enthousiasme de sa femme, car s'il ne produit pas assez avec la manufacture, il serait au mieux tué. Il se rassoit sur sa caisse, essuyant ses commissures avec un chiffon. Il pouvait reprendre son activité favorite: regarder le quartier du haut de sa colline, s'enivrant, jetant parfois un oeil à son livre, "La revanche de la griffe". Il en avait lu cinquante pages en deux mois, il n'aimait pas lire mais il n'y a que ça à faire. Tiens, quelqu'un vient.
C'est le voisin, Alfik. Grand, de longs cheveux blancs, une veste gris clair -comme le pantalon- en coton, yeux gris clair semblables à du granite. Saali ne prend pas le temps de le saluer, il lui donne quelques billets et l'homme repart. Il vient de payer sa protection à un petit mafieux de base, le racket étant légal, nul ne trouve cela anormal. L'homme lui laisse cependant une publicité, de la Lazak'Autos, elles sont moins cher qu'à l'importation. Il en sait quelque chose, son frère les décharge sur les quais. Il a entendu un prix 30% plus élevé que celui indiqué sur le prospectus.
Après tout, il n'est peut-être pas aussi mauvais que les autres, ce roi?
Suite à venir.
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La Partie 1 est [url=http://www.simpolitique.com/palais-royal-t12330.html#p273980]ici[/url].
Cet homme bedonnant dont l'aspect témoignait de sa cinquantaine, c'était Saali'Kajar. Il vivait dans une petite maison de briques rouges, maison très courante à travers tout le pays. Il avait une petite famille: un fils qui travaillait dans "son" usine, un autre fils que le précédent roi lui avait pris comme esclave (aujourd'hui dans l'armée, suppose t-on, on les appelle les "favoris"), une fille de dix-sept ans qui faisait des études religieuses et allait sans doute devenir archéologue et une autre fille de dix ans qui n'était pas intéressante, donc on en parlera plus. Il vivait avec son épouse Mücar, une femme entreprenante ancienne fille de joie.
Saali gardait une impression amère de sa rencontre avec le roi, il ne savait pas trop qu'en penser: pourquoi s'est-il énervé si vite, que risquait-il vraiment. Dégustant son aprhey, ou plutôt le subissant, avec son gout d'alcool à brûler, il était assis devant la maison sur une caisse en bois. Perdu dans ses pensées, il regardait le bidonville, éclairé par une multitude de lampes jeunes. Le quartier n'étant pas électrifié, les lampes à huile assuraient l'essentiel de l'éclairage. Son vieux cabot errant dans la rue, un bâtard gris tacheté de blanc au poil crasseux. Alors qu'il poussait un léger soupire, il entendit:
-A table !
-Enfin, vu l't'temps qu'ça lui prend à cuisiner ça a interet à être bon... Marmonna t-il.
Alors qu'il se levait lentement, la levée de son ventre imposant réclamant de gros efforts, un coup de feu se faisait entendre au loin. Rien d'inhabituel. Il entre dans la maison et va prendre place à table. Le repas arrivait: une sorte de bouillie de sorgho avec du mouton mariné. Il en avait assez de manger ça, ce qu'il voulait, c'était du porc, du pain, des pommes de terre.
-Encore? Ca fait trois jours qu'on mange que ça...
-'Faudra faire avec. Répondit sèchement son épouse, loin d'être surprise ou vexée par cette remarque.
-Mais on a de l'argent, tu pourrais prendre autre chose au marché.
-Non, il n'y a que ça. Ca, et du Chien ou des drôles de bestioles.
-Ben va dans un autre marché...
-Déjà fait.
-Alors va plus loin !
-Achètes une voiture Saali alors, parce que j'ai déjà été dans toute la ville, y reste que ça à manger. Et les prix montent.
-Quoi?
-Oui, ils montent. Y parait que ça vient des troubles. Donc je fais c'que je peux avec c'que j'ai.
-Et bien ma grosse tanche, ça va changer. Tu sais que le roi devait venir nous voir?
-Non... Tu me dis jamais ce que tu fais au travail...
-Ben là c'est fait. Donc il est venu, il m'a dit que si j'arrive a produire ce qu'il faut, j'aurais du fric.
-Ouais?!
-Ouais! J'ai même relu le contrat, j'ai 15% des bénéfs mais pas de salaire.
-Vu ce que ta boite produit, ça fait déjà beaucoup!
La conversation continuait, Saali se contentant de son repas trop cuit et fade (le sel était, lui aussi, introuvable). Les enfants mangeaient tranquillement, ils n'ont pas le droit de parler à table. Le plus grand avait 24 ans, mais comme il n'était pas marié, il était considéré comme ayant 5, 10 ou 12 ans. La fille -la plus jeune dont on a que faire- mange aussi. Après son repas, Saali sort. Il ne partageait pas l'enthousiasme de sa femme, car s'il ne produit pas assez avec la manufacture, il serait au mieux tué. Il se rassoit sur sa caisse, essuyant ses commissures avec un chiffon. Il pouvait reprendre son activité favorite: regarder le quartier du haut de sa colline, s'enivrant, jetant parfois un oeil à son livre, "La revanche de la griffe". Il en avait lu cinquante pages en deux mois, il n'aimait pas lire mais il n'y a que ça à faire. Tiens, quelqu'un vient.
C'est le voisin, Alfik. Grand, de longs cheveux blancs, une veste gris clair -comme le pantalon- en coton, yeux gris clair semblables à du granite. Saali ne prend pas le temps de le saluer, il lui donne quelques billets et l'homme repart. Il vient de payer sa protection à un petit mafieux de base, le racket étant légal, nul ne trouve cela anormal. L'homme lui laisse cependant une publicité, de la Lazak'Autos, elles sont moins cher qu'à l'importation. Il en sait quelque chose, son frère les décharge sur les quais. Il a entendu un prix 30% plus élevé que celui indiqué sur le prospectus.
Après tout, il n'est peut-être pas aussi mauvais que les autres, ce roi?
Suite à venir.