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Posté : dim. nov. 22, 2015 8:28 pm
par Jahor
[center]Les arcanes du pouvoir[/center]
[justify]Les détails contenus dans ce forum ne sont pas, sauf indications contraires, connues du grand public.[/justify]

Posté : lun. nov. 23, 2015 5:08 pm
par Jahor
08/09/2028
Arrivé par télécopie au Jahor Morning Post.

[quote]Le présent rapport ambitionne d’éclairer les objectifs du programme « Jahor 2040 : a new vision for education ». Ce dernier est lui-même un sous-ensemble du programme « This is Jahor » voulu par le Premier ministre Kuan Deng Lee.
Il est cependant à noter que son contenu ne pourra entrer en vigueur que d’ici un à deux ans, en raison de la nécessité de publier les outils législatifs et réglementaires permettant un déploiement global à l’ensemble des structures ayant des missions d’enseignement.
  • I. Le système éducatif jahori est basé sur une conception dépassée de l’enseignement et appelle des réformes en profondeur qui deviennent de plus en plus indispensables
L’organisation de l’enseignement est basée sur le School & Education Act de 1983. Cette loi votée dix ans après la déclaration d’indépendance ambitionnait de répondre aux dysfonctionnements qui sont apparus dans l’architecture de l’enseignement. Entièrement gratuite depuis 1983 jusqu’à l’entrée à l’université, l’école constitue une obligation pour l’ensemble des enfants jusqu’à leur seizième année révolue.

La scolarité se déroule de manière inchangée depuis une quarantaine d’année. Elle débute à la sixième année avec un premier cycle de cinq années. Au cours de cette période, les jeunes enfants sont censés assimiler les bases qui leur serviront dans la poursuite de leurs études. Il s’avère toutefois que de graves lacunes apparaissent chez de plus en plus d’élèves. En effet, près d’un jeune sur cinq quitte le cycle primaire avec des difficultés de lecture ou de calcul. Ces difficultés sont à noter à des degrés variables. Allant de la lacune légère à la véritable incompréhension des textes présentés ou des calculs à effectuer, elles constituent un sujet de préoccupation majeur pour le Ministry of Education, Youth Affairs and Sports. Le cycle intermédiaire s’étale sur six ans jusqu’à la majorité des élèves. La réforme de 1983 avait regroupée, à l’époque les deux échelons qui constituaient l’enseignement secondaire pour n’en laisser exister qu’un seul. Il s’agissait à l’époque de permettre une « plus forte harmonisation et progressivité des parcours pour les élèves intégrant l’école publique » (Jiao Fiu Commission Report, 1981). Au cours de ce cycle, les élèves perfectionnent les acquis du cycle primaire avant de choisir une spécialisation au moment de la quatrième année du cycle. Les quatre voies existantes sont les filières économiques, scientifiques, littéraires ou techniques. Enfin, le cycle supérieur est calqué sur les pratiques des principales universités alméranes, nord-vicaskaranes et makaranes. Découpée en Bachelor, Master et Doctorate, l’université est considérée comme particulièrement élitiste et les conditions d’accès sont jugées très en décalage avec les réalités du niveau de l’enseignement primaire et intermédiaire jahori. Ainsi, seuls les élèves ayant pu disposer d’enseignements délivrés en écoles privées ou ayant suivi des cours particuliers parviennent en règle générale à se hisser au niveau des exigences pour intégrer les plus prestigieuses universités.

Le décalage entre les attentes du système éducatifs avec les réalités du niveau conduit à s’interroger tant sur le contenu des parcours que sur l’agencement même de ceux-ci. La structuration entre écoles publiques et écoles privées doit ainsi être complètement révisées pour s’adapter aux enjeux d’un monde de plus en plus compétitif et dont les multiples composantes tendent à être toujours plus connectées et interdépendantes. Les rigidités qui apparaissent dans les programmes et dans l’organisation hiérarchique de l’enseignement sont également un chantier qu’il conviendrait de saisir pour faire entrer l’école jahori dans la nouvelle ère dont elle s’est jusqu’à maintenant maintenue à l’écart pour des raisons budgétaires mais également politiques.

En effet, jusqu’à présent le système éducatif de la Republic of Jahor, organisé par le School & Education Act de 1983, présente une structure particulièrement hiérarchisée dont le sommet est le Ministry of Education, Youth Affairs and Sports. Cela implique également une organisation intra-établissement très rigide. Le chef d’établissement est ainsi le responsable de l’organisation sans pour autant disposer des leviers pour adapter les programmes scolaires aux réalités socio-culturelles des élèves dont il a la charge. S’en suivent les dysfonctionnements détaillés précédemment.

Des réformes conséquentes s’imposent pour faire muter l’école vers son siècle et intégrer davantage les outils numériques à la formation, dès le plus jeune âge. Pour autant, si la refonte des programmes scolaires apparaît comme une évidente nécessité, elle devra s’accompagner d’une transformation notable dans l’organisation des établissements et la structuration du parcours scolaires. Cela passe donc par une interrogation sur le modèle même à adopter pour les décennies à venir.
  • II. Le modèle d’établissements intégralement publics ayant démontré son inefficacité, il convient de la réformer en profondeur pour laisser place à un modèle reposant sur des communautés d’enseignement capables d’adapter les formations aux besoins des élèves.
Trois grands axes se dégagent des réflexions menées par le Education & Academies Committee, qui s’est réuni sous la présidence du ministre de l’Enseignement, de la Jeunesse et des Sports au cours de la législature qui s’achève. Ses conclusions amènent à refonder complètement le modèle jahori tel que nous le connaissons depuis quarante-cinq ans.
  • A. Privatiser l’enseignement
La privatisation du système éducatif doit constituer la première étape de la modernisation de l’école. Il s’agit de transférer de l’Etat vers des associations la charge de gérer les établissements scolaires. Ces dernières se doteront d’une assemblée générale à laquelle doivent participer de droit l’ensemble des parents d’élèves ainsi que les contributeurs financiers extérieurs (entreprises, fondations, particuliers, etc.). A charge pour cette assemblée générale de désigner un conseil d’administration, dont la taille variera selon l’importance du corps scolaire. Chaque conseil d’administration devra toutefois compter un minimum de trois membres élus. Ce conseil fixe les grandes orientations pédagogiques et les objectifs à atteindre à la fin de chaque année scolaire. Il revient à ce conseil d’administration, ou à toute commission qu’il institue à cette fin, de procéder à la sélection du corps enseignant, selon des critères qu’il est libre d’établir. Un chef d’établissement sera délégué à la gestion quotidienne de l’établissement, en répondant de ses actions devant le conseil d’administration.

Les programmes scolaires seront ainsi supprimés. Ne subsisteront que des objectifs intermédiaires de validation des acquis qui vérifieront régulièrement, à des échéances fixées, la progression des élèves. S’il n’existera plus aucun programme scolaire imposé année par année, l’examen de fin de cycle comprendra des examens dont les acquis à valider seront communiqués tous les trois ans. Le but est d’autonomiser les établissements dans l’organisation des enseignements. Ces réformes seront applicables à l’ensemble des filières, générales et techniques.

Le financement de ces établissements se fera sur des fonds privés, tirés des frais de scolarité, et des donations. Les bénéfices après investissement ne pourront néanmoins pas excéder 5% du chiffre d’affaires. IL s’agit par cette mesure d’éviter une course à l’enrichissement des associations en charge de gérer les établissements scolaires. L’objectif premier doit en effet rester la délivrance d’un savoir et non une course aux profits.

L’école publique subsistera pour offrir un enseignement aux élèves dont les parents ne peuvent pas leur permettre une inscription dans les Free Academies. Elle a cependant vocation à devenir l’exception davantage que la règle.
  • B. Revoir notablement la durée de la scolarisation pour faciliter l’émergence de nouvelles voies du savoir
La scolarisation débutait à six ans et s’achevait au plus tôt à seize ans. La réforme du School & Education Act se fixe pour ambition de rendre l’école obligatoire dès trois ans en instaurant un cycle préparatoire de deux ans, avant l’entrée en cycle primaire.

Au cours de ces deux années, les enfants recevront les fondements de la lecture, du calcul et d’une première langue vivante. L’enseignement se faisant en anglais, il sera offert aux parents de choisir entre l’apprentissage du mandarin ou d’une langue vivante proposée à l’apprentissage dans l’école. A la fin des trois ans, l’élève devra maîtriser la lecture de textes simples sur des sujets non techniques. Le calcul devra retenir une attention particulière de la part du corps enseignant. La langue vivante choisie sera nécessairement la première langue étrangère apprise lors du cycle primaire. A la fin du cycle intermédiaire, l’élève sera bilingue en anglais et dans la première langue étrangère apprise, tout en maitrisant, à un niveau encore à déterminer, une troisième langue vivante.

Le cycle primaire durera quatre années. Il permettra d’asseoir les savoirs acquis en cycle préparatoire en lecture, calcul et langue étrangère. A ces enseignements s’ajouteront les programmes des Free Academies. A l’issu de ces quatre années, un examen de validation des acquis sanctionnera le passage en cycle intermédiaire. Ce dernier s’étend sur deux temps. Le premier, de cinq, ans permet de se préparer à une spécialisation. A l’issue de ce premier temps, il est offert aux élèves de poursuivre dans la voie générale en préparant les concours des universités, ou de débuter un apprentissage en vue de préparer à un diplôme technique.

Enfin, le cycle supérieur connaîtra également une privatisation. Les universités, à l’exception de la University of Jahor, seront également privatisées. Elles fonctionneront sur le modèle des Free Academies. Les conditions d’accès seront fixées par les conseils d’administration lors de leur première réunion et entreront en vigueur à la rentrée suivant leur validation. Les universités et écoles supérieures resteront organisées sur le modèle Bachelor, Master Doctorate. Toutefois, certains autres diplômes universitaires pourront obtenir un agrément du Ministère de l’Enseignement. [/quote].