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Posté : mar. avr. 07, 2015 5:47 am
par Thunderoad
[center]RP entre Amaski et moi[/center]

[right]The trial[/right]

[center]2 H de l'après-midi[/center]

Salle du tribunal de haute-instance de Yamakawa , chargé de mener l’enquête et le procès de l'affaire du viol d'une jeune ryukoise par 3 soldats tarnois . Le juge entre dans la salle principale :

Mesdames , mesdemoiselles et messieurs de tout bords , levez-vous pour l'honorable juge Koro qui a été mandaté par le Garde des Sceaux pour présider la séance .

Tout le monde se lève , salut à l'hokkaidienne , puis se rassoit .

Avant de commencer , les avocats de la défense souhaitaient soulever un point de constitutionnalité .
Maitres , qu'avez-vous à dire ?


Nous désirons rappeler que la victime étant de race ryukoise et les accusés de race nameken il n'était pas légal selon le système judiciaire d'Aquanox de juger nos clients dans cette affaire .
Nous demandons l'abandon du procès pour vice de procédure .


Requête rejetée . Les accords signés par la République avec la Fédération sont toujours valables et ceux-ci prévoient que lorsqu'une affaire oppose tarnois contre hokkaidiens et que la victime est hokkaidienne c'est la justice d'Hokkaido qui s'en charge . De plus , la loi de l'Empire ne reconnait aucune distinction raciale . Il n'y a donc aucune base juridique légale à votre demande .

Bien , votre honneur .

Faites entrer la victime , je vous prie .

Une jolie jeune fille de 12 ans entre dans la salle . Elle jette un regard noir aux accusés qui restent silencieux et impassibles dans le box .

Bienvenue mademoiselle dans ce tribunal . Je te remercie de bien vouloir participer au procès .

C'était mon devoir . La place de ces bouchers est en prison et nulle part ailleurs .

Peux-tu donc raconter en détail, sur tes propres mots, ce qui s'est vraiment passé ce soir là ?

Oui . Je m'en souviens encore parfaitement . Il était environ 18 H 30 la dernière fois que j'ai regardé ma montre avant mon kidnapping . Je marchais sur une petite route de campagne entre deux champs de canne à sucre , je rentrais à la maison après les cours au collège quand j'ai entendu trois voix parler doucement derrière moi . J'ai eu quelques secondes pour reconnaitre que c'était du tarnois puis j'ai été violemment frappée à la nuque et je suis tombé dans l'inconscience .

Et à ton réveil que s'est-il passé ?

A mon réveil j'avais très mal au crane , et je me sentais complétement groovy . J'étais enchainée dans une espèce de van et j'étais en train d’être défloré par le plus grand des trois . Ce salaud m'a volé l'un de mes biens les plus précieux , que je ne récupérerai jamais !

A ce moment , on voit que ses yeux sont chargés d'une fureur incroyable , si elle avait les accusés à portée elle les auraient tous étranglés à mains nues !

Et donc que s'est-il passé ensuite ? Les autres aussi t'ont violé ?

Oui , tout les trois !

Un accusé se lève :

C'est faux ! Elle ment ! Je l'ai pas touché , j'ai conduis le van d'un bout à l'autre !

C'est toi le menteur , enfoiré ! Tu m'es passé dessus , comme les 2 autres ! Ais le courage d'avouer !

Silence dans le box ! Poursuivez , mademoiselle , je vous en prie .

Au bout de plusieurs heures , je ne sais pas , j'avais plus ma montre qu'il m'ont volé avec ma virginité en passant ... J'ai cherché à me débattre : j'ai tiré sur mes liens , j'y étais presque ! J'étais sur le point d'arriver à m'évader quand le plus grand , celui qui m'a défloré , l'a remarqué . Ils m'ont alors frappé de plus en plus fort , partout , comme des sauvages .
Ils m'ont écrasé la tête avec leurs chaussures militaires , m'ont brulé la peau en écrasant leurs cigarettes sur mon ventre ... A un moment il m'a carrément tasérisé et la douleur était telle que je suis de nouveau tombé inconsciente .
A mon réveil , j'étais complétement nue en pleine nuit sur une petite route de campagne que je connais bien , dans le fossé entre la chaussée asphaltée et un champ de canne à sucre ...
J'étais paralysée dans tout le corps et je ne pouvais plus marcher ! J'ai rampé comme j'ai pu jusqu'au champ pour attraper de la canne à mâcher pour tenir . Je n'avais que cette idée en tête : survivre !
Tenir jusqu'à ce que quelqu'un passe sur cette route qui est hélas déserte même le jour .
J'ai compté 4 crépuscules et 3 aubes , allongée là à mâcher du sucre et attendre désespérément un secours que j'ai bien cru ne jamais voir venir ... Alors je me suis endormie tout en sachant que dormir serait la mort à coup sur et lorsque je me suis réveillé de nouveau j'étais branchée de partout à des machines dans une chambre d’hôpital .


Un " oooh ! " scandalisé parcourt la salle .

Voilà mesdames et messieurs ma très sinistre drôlerie , la tragédie comique que j'ai enduré .

La moitié de la salle pleure , l'autre est trop triste pour pleurer .

Bien , je crois que cela est déjà bien assez pour vous , mademoiselle . Félicitations , vous avez fait montre d'un courage exceptionnel en venant témoigner à la barre . Je congédie la séance !
Huissiers , videz la salle !

Posté : mar. avr. 07, 2015 4:50 pm
par Amaski
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/676675law142835423495945.jpg[/img][/center]
[ve]Elna Korhonen était avocate, néanmoins ceci serait négliger le fait qu'elle n'était pas une simple avaleuse de livres de droit, mais une des principales experts des affaires juridiques dites « difficiles ». Ces honoraires étaient bien évidemment à la hauteur de ces compétences et ce n'était pas la misérable solde des trois soldats sayaken accusés de viol d'une jeune ryukoise qui aurait pu acheter ses compétences. Mais un sénateur tarnois d'obédience nationaliste s'était épris des trois soldats et avait donc décidé d'engager Elna pour défendre les militaires. Pourquoi? Elle ne savait pas et à vrai dire, elle ne cherchait pas à connaître la raison. On lui avait confié une mission et elle été décidée de la poursuivre jusqu'au bout.

Elle entra dans la petite salle de rencontre de la prison où étaient retenus les soldats. Les trois jeunes hommes étaient assis – menottés – auprès une table en acier. L'avocate s'assit devant eux, posant son porte-document sur la surface brillante de la table et en sortant un dossier contenant les principales informations sur l'affaire. La situation n'était pas simple, mais c'était la raison pourquoi elle était ici.

L'accord signé entre la République du Hokkaido et la Fédération d'Aquanox imposait que les crimes commis sur le territoire hokkai soient soumis à la justice du Hokkaido. Ceci pouvait sembler jouer en la défaveur des soldats, mais en vérité la justice fédérale était nettement plus brutale dès que ça touchait aux affaires de sang et de viol. Le droit fédéral était un des droits les plus compactes et minimalistes au monde et fonctionnait sur la base d'un principe de sanction exponentielle. Les crimes légers étaient que rarement sanctionnés alors que dès qu'on commettait un crime plus grave, la peine capitale n’était jamais loin. L'idée était d'épargner les petits criminels, souvent contraints par leurs conditions socio-économiques, et d'agir avec brutalité et de manière dissuasive contre les meurtriers, grands voleurs et violeurs qu’on voyait comme des éléments nuisibles pour la société. Korhonen était consciente de ceci et avait la ferme intention de jouer sur le caractère laxiste du droit hokkai. C'est avec une voix ferme qu'elle s'adressa donc aux trois prisonniers.

« J'ai pu voir que la tentative d'invoquer le droit fédéral a échoué... »

Un des soldats répliqua immédiatement.

« Oui, une belle merde... »

Elna répondit.

« Soyez-en heureux, vous seriez probablement déjà pendus depuis des heures si vous auriez passé par un tribunal fédéral. »

Une certaine pâleur apparue sur le visage des militaires. Ils n'avaient visiblement pas envisagé cette option. Certainement qu'ils avaient espérés être rapidement acquittés devant un tribunal d'outre-mer. L'avocate continua en faisant fi de leurs inquiétudes.

« La première parution n'a pas été un grand succès, mais je pense que nous avons un grand atout. Pour le moment, c'est la déclaration de la fille contre la vôtre. Bien évidemment, elle est nettement plus crédible devant un tribunal. Une pauvre gamine face à trois soldats, ceci ferait fondre le cœur à n'importe qui. »

Les trois sayaken étaient visiblement toujours inquiets. Elna sourit et dit.

« Néanmoins, toute crédibilité peut être défaite, surtout quand c'est une fille qui a été déshydratée pendant plusieurs jours. Rien nous dit qu'elle n'ait pas hallucinée pendant ce temps et prit ces hallucinations pour des souvenirs. »

Elle continua, dévoilant son jeu au fur à mesure.

« Aussi, soyons assez franc pour dire qu'une fille de cet âge ne doit pas avoir vu beaucoup de Sayaken dans sa vie ou que de loin. Il semble donc peu probable qu'elle ait pu mémoriser le visage de ses agresseurs vu qu'à ses yeux, tous les Sayaken doivent se ressembler, ce qui est le cas pour les gens ne côtoyant pas les gens d'autres d'ethnies suffisamment longtemps. Très certainement, qu'elle a pris les trois premiers visages qu'elle a vu après l'attaque pour ceux de ses agresseurs. Un mécanisme de compensation du cerveau sans aucun doute. »

Les militaires l'écoutant religieusement et il ne fallait pas longtemps pour se rendre compte que l'avocate leur donnait la clé de la défense qu'elle allait engager devant le juge. Discréditer la victime était une sale tactique, mais c'était de bonne guerre aux yeux d'Elna. De toute façon, elle avait pour sa part des sérieux doutes sur le témoignage de la fille. Celle-ci avait parlé de manière trop « mature » à ses yeux et donc il était possible que certaines réponses aient été préparées en avance par des adultes. Elle se leva et laissa les soldats sur place. Il fallait préparer la prochaine séance du procès qui allait être cruciale et les trois militaires lui étaient d’aucune utilité pour ceci.[/ve]

Posté : ven. avr. 10, 2015 8:57 am
par Thunderoad
[right]The trial[/right]

[center]15 H 33[/center]

L'avocat de la victime se lève , branche son traducteur , et commence à s'adresser au jury .

Mesdames et messieurs , nous avons tous bien entendu la défense de Maitre Korhonen qui a pu mettre en doute la parole de ma cliente . J'entends bien aussi que tout un chacun puisse émettre des doutes sur la véracité des dires d'une gamine de 12 ans fortement déshydratée et brisée psychiquement .

Sauf que Maitre Korhonen joue avec le feu en osant aller sur ce terrain là ! Elle joue avec le feu car ses clients sont coupables et ce n'est pas les preuves qui manquent ! Mademoiselle Sakura aurait réciter un texte = Qui ne le fait pas en ce genre d'enceinte ? Je l'ai seulement aidé à mettre des mots sur sa douleur et rien de plus . Comparez avec le texte tapé de sa main sur un clavier qu'elle a donné à la Police quelques heures à peine après sa sortie du coma , alors que je n'avais même pas encore été demandé pour traiter l'affaire : ce sont exactement les mêmes . Son récit d'hier est le même que celui qu'elle a donné sans moi à la Police qui l'a enregistré et certifié et qui sert de base à tout le procès que nous sommes en train de tenir maintenant .


L'avocat boit un verre d'eau , puis rattaque :

Je souhaiterai pouvoir faire venir à la barre des témoins pour témoigner devant le jury .

Requête accordée et poursuivez , Maitre .

Bien . Je demande donc le passage à la barre de Monsieur Iroshi Kono , médecin généraliste , qui est l'homme à avoir découvert ma cliente et de Madame Urumi Azayaka , chef des services de santé pédiatrique de l’hôpital d'Ishigate , où fut d'abord emmenée ma cliente et qui l'a suivit ensuite à l’hôpital de Yamakawa puis à Nakano .

Les 2 personnes entrent dans le box des témoins et Iroshi Kono va directement à la barre .

Monsieur Kono , c'est bien vous qui avez découvert ma cliente ?

Affirmatif .

Le 23 Mars dernier ?

Oui , Il était environ 21 H , le Soleil venait de se coucher et je finissais mon petit tour de vélo et je m’apprêtais à rentrer chez moi . C'était comme Mademoiselle l'a très bien dit sur une petite route de campagne au-dessus d'Ishigate entre 2 champs de canne à sucre . Plus précisément je l'ai trouvé dans le fossé entre la route et le champ .

Dans quel état se trouvait ma cliente ?

En un mot : abominable .

Un murmure d'effroi traverse la salle

C'est-à-dire ?

Elle était largement ensanglantée avec des bleus et des brulures de cigarettes partout , y compris sur les parties intimes ...

Le murmure prend en vigueur , on commence à voir des larmes couler .

Avait-elle des marques de coups sur le corps ?

Oh , que oui , des traces partout le démontrait !

Diriez-vous que ces marques de blessures et de mutilations diverses puissent être accidentelles ?

Non , en aucun cas . Quand des marques sont aussi profondes et nombreuses ça ne peut pas être un accident ou le fruit du hasard . J'avoue ne pas avoir de formation en droit mais de par mes connaissances en médecine et mon avis personnel , moi j'appelle ça une tentative de meurtre par coups et blessures ...

Brouahah généralisé obligeant le juge à intervenir :

Que le public et le jury se taisent , SVP , ou je fais évacuer la salle et finir le procès à huis-clos !
Poursuivez , Maitre , mais tachez de rester précis et évitez de générer trop de chahut .


Bien , Votre Honneur . J'aurais une dernière question à poser . Monsieur , estimez-vous que ses blessures puissent remonter à 4 jours et 3 nuits ?

Là encore , je ne suis que médecin généraliste , mais de ce que je sais , je dirais que c'est effectivement vraisemblable , oui .

Merci , je n'ai plus de questions désormais , vous pouvez quitter la barre ... J'appelle ensuite la chef de service de l'hopital d'Ishigate et celle qui a suivit ma cliente tout au long de son hospitalisation .
Madame Azayaka !


Elle se présente à la barre .

Madame , confirmez-vous les dires de Monsieur d'un point de vue médical ?

De long en large , sans hésiter .

Le murmure reprend légèrement dans l’assistance .

Silence , je vous en prie ... Continuez .

Merci Votre Honneur . Madame , vous avez naturellement procédé sur-le-champ à des examens médicaux approfondis sur ma cliente dés son arrivée et tout au long de son hospitalisation ?

Tout à fait .

Bien . Première question ! Est-ce que les blessures remontaient effectivement lors de son hospitalisation à environ 4 jours comme le dit ma cliente ?

Exactement .

D'accord . Seconde question ! Avez-vous pu isoler des empreintes génétiques sur elle ?

Oui , nous en avons isolé 3 , toutes inconnues au fichier national .

Monsieur l'huissier , est-ce exact ?

Oui , tout à fait .

Vous dites donc 3 empreintes génétiques soit le même nombre d'accusés dans ce box ?

En pointant le box des accusés .

Oui , je confirme .

Tonnerre de discussions scandalisées dans la salle

Objection , Votre Honneur ! C'est de la calomnie, de la diffamation ! Il accuse sans preuves !

Objection accordée . Maitre vous pouvez poursuivre mais ne désignez pas les accusés si les faits et les hypothèses que vous portez ne les concerne pas encore . Je trouve moi aussi ce genre de procédé franchement tendancieux .

Bien, Votre Honneur. Nous avons donc 3 empreintes génétiques isolées sur le corps de ma cliente . Sous quelle forme , je vous prie , Docteur ?

Sous plusieurs formes . Poils pubiens , sperme et peau morte .

Vous confirmez donc que ma cliente a bien été victime d'un viol ?

J'ignore par qui mais cela ne fait aucun doute , oui .

Je vous remercie , Docteur. Vous pouvez quitter la barre à votre tour. Votre Honneur , il me vient miraculeusement une idée brillante ! Et si l'on comparait les 3 empreintes génétiques de nos 3 invités mystères , trouvées sur et dans le corps de ma cliente , littéralement ... A celles des accusés ? On en serait tout de suite fixé , non ?

Un " oooh ! " scandalisé traverse la salle , du fait de la brutalité des termes employés .
Mais sur le fond , l'audience approuve et regarde avec insistance les 3 accusés dans leurs box .


Maitre , je vous en prie , restez factuel dans vos propos ! D'ailleurs , je ne puis ici me prononcer.
La loi prévoit que les empreintes génétiques ne peuvent être prises de manière forcée qu'en cas de récidive ce qui n'est pas le cas des accusés . C'est à eux seuls de décider si oui ou non la justice peut procéder à cette comparaison .


Bien , Votre Honneur. Pour ma part , je me contenterais de récapituler la chose ainsi :
Ma cliente a été violée par 3 individus non-répertoriés au fichier national , et violentée jusqu'à la limite de la torture et de la barbarie , et nous avons une opportunité de fixer une bonne fois pour toute l'innocence ou la culpabilité des accusés par un moyen clair et impartial .
Je suis comme vous Maitre Korhonen , tout ce que je veux c'est que les sagouins qui ont fait subir ce calvaire épouvantable à ma cliente soient mis hors d'état de nuire . Si vos clients sont innocents alors allez confiante au test de comparaison génétique ! Au moins on sera tous fixés et l'on pourra commencer à explorer d'autres pistes ! Je vous remercie tous pour votre collaboration .


Je déclare cette séance close ! Reprise du procès demain matin !

Les huissiers procèdent à l'évacuation de la salle .

Posté : mar. avr. 14, 2015 12:42 pm
par Amaski
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/544053FirefoxScreenSnapz0101620x339600x339142901529032816.jpg[/img][/center]
[ve]C'était dans un petit restaurant tarnois qu'Elna Korhonen faisait la rencontre d'Aadolf Kotka, le sénateur nationaliste qui l'avait engagé pour défendre les trois soldats. Le lieu était dans un style typique du Sud de la péninsule tarnoise. C'était un bâtiment en briques grises avec un toit arrondi imitant une coupole hellénique. L'intérieur était composé d'une grande salle dans laquelle étaient dispersées des tables basses avec des cousins faisant office de sièges autour. Ceci permettait aux gens de prendre place et de consommer des mets à base de fruits, légumes et poissons. Comme dans beaucoup de restaurants de la péninsule, la viande était rare et mise à disposition qu'une à deux fois par semaine. En revanche le seitan était servi en grande quantité sous des multiples formes et manières.

Les tables étaient regroupées en quatre zones, une pour chaque race. Les tables pour les Sayaken étaient disposées auprès des murs avec des mosaïques représentant des scènes de batailles, celle des Nameken près de représentations faisant l'apologie de la foi et la science, celle des Aquanox sous le regard de images montrant des scènes agricoles et industrielles et les tables des Latins étaient disposées près de peintures montrant des artistes et musiciens en œuvre.

Le restaurant était bien visité durant cette soirée. Il avait beaucoup de Tarnois, mais aussi un nombre considérable de Hokkai, ceux-ci s'amusaient de s'asseoir librement dans une des quatre zones. Il était connu que les gens de la capitale hokkai aimaient s'asseoir à chaque visite dans une autre zone ce qui leur permettait de papoter avec des gens de toutes les races. Néanmoins il arrivait régulièrement qu'un Tarnois s’asseye en dehors de sa zone, soit pour rejoindre des amis soit par envie. Les races étant une structure sociale et non biologique, elles étaient perméables avec une aisance surprenant les Almérans, si habitués à lier la couleur de la peau aux âmes.

Aadolf Kotk était dans la soixantaine, barbe et cheveux blancs avec des traits zanyanais et la peau cuivrée. Il siégeait aux Sénat depuis la fondation de celui-ci et avait été auparavant actif dans l'industrie chimique. Après le Grand Chaos, il faisait partie des rares entrepreneurs ayant pu échapper au chaos total. Ceci était plus lié par le fait qu'il avait eu ses activités à l'Est de la péninsule que par un talent de gestion particulier. Néanmoins ce qui le distinguait avant tout était le fait qu'il faisait partie des rares sénateurs à ouvertement soutenir une politique fortement inspirée par les idées chorocrate et nationalistes.

Elna Korhonen se tenait face au sénateur, fortement intrigué par le fait que celui-ci l'ait invité dans ce lieu. Jusqu'à là, le contact entre eux s'était fait par des intermédiaires et par téléphone, l'internet étant devenu presque inexistant dans la péninsule depuis la guerre entre la Rostovie et les USP. L'avocate s’imagina que le sénateur désirait avoir une discussion sur la situation actuelle du procès. Aux dernières nouvelles, la stratégie de Korhonen avait été un grand succès. Le témoignage de la fille avait été discrédité et tout le procès s'était réduit désormais à une comparaison d'ADN que la loi hokkai n'obligeait pas de faire. Après quelques instants de silence poli, le sénateur de la Fédération prit la parole.

« J'ai pu entendre que la dernière séance s'était plus ou moins bien passée. A part bien évidemment cette histoire d'empreintes génétiques. »


Korhonen n'était pas surprise par la rapidité avec laquelle l'information avait circulé. Très certainement que le sénateur s'était assuré de suivre l'affaire de près. Les médias, eux, n'avaient pas encore publiés l'information au sujet du procès. L'avocate répliqua tranquillement.

« Les empreintes génétiques ne posent pas un problème. Aucune loi ne nous oblige à faire la comparaison et pour le moment, nous avons enlevés la fille comme témoin crédible, réduisant cette affaire aux comparaisons d'ADN. Si nous refusons de faire la comparaison, le procès sera gagné sur le plan juridique. Le droit hokkai est terriblement prévisible. »

Le sénateur but une gorgée d'un gobelet en porcelaine contenant une bière à la couleur bleuâtre. Ceci fait, il posa la question suivante.

« Je suppose qu'un simple refus sans justification pourra passer comme un aveu de culpabilité. »

Observant Korhonen, il ajouta.

« Mais je pense que vous avez déjà votre idée comment surmonter ce problème, n'est-ce pas ? »

L'avocate fut légèrement surprise de l'assurance du sénateur. Plus qu'une personne aurait été fortement inquiété par les conséquences d'un refus des trois soldats de faire le test. Il était soit très confiant ou trop bien informé. La réponse de Korhonen ne pouvait donc pas être autre que la vérité.

« Ce qui joue en notre faveur c'est que les accusés sont des étrangers et en plus des soldats. Il sera alors possible d'avancer durant la prochaine séance que la prise de matériel ADN serait sans aucun doute une bonne chose, mais que ceci ne serait pas possible car les soldats sont membres de l'Armée fédérale et donc sujet à participer à des opérations militaires délicates empêchant de prendre le risque de voir leur matériel génétique apparaître dans une base de données d'un pays étranger. »

Aadolf Kotka laissa quelques secondes de pause, avant de demander.

« Je doute que les avocats de la fille ne sentiront pas la manœuvre. »

Korhonen répondit sur le coup.

« Ce n'est pas important. Ce qui est vital, c'est que la raison du refus soit imaginable. Ce serait tout à fait possible que ces soldats soient dans l'avenir membre d'une opération secrète, même si nous savons que ces trois idiots n'ont pas l’étoffe et que la chance que ceci arrive est zéro. Mais c'est possible et ceci nous suffit. Il faut juste rendre notre refus crédible à un minimum. Même si le juge ne nous croit pas, il n'aura pas un autre choix que d'accepter notre défense et sans comparaison ADN, le procès s'écroule car le témoin principal, la fille, est discréditée. »

Le sénateur sourit et dit.

« C'est donc parfait. Je vois que vous faites un excellent travail. »

C'est alors que l'avocate lâcha une question qui l'intriguait depuis le début de leur rendez-vous.

« Je suis payé pour ceci, mais permettez-moi de vous demander une chose. Pourquoi vous tenez tellement à défendre ces trois ânes. Ce sont trois pervers de première catégorie. »

Le sénateur but à nouveau une gorgée de bière et s'adonna à quelques secondes de réflexion. C'est alors qu'il répondit.

« Comme vous dites, ce sont trois pervers, mais cette affaire est une question de prestige national. Si nous gagnons ce procès, nous aurons alors une victoire politique majeure pour le camp nationaliste à l'intérieur de la Fédération. Vous devez savoir que certaines choses sont en mouvement, Madame Korhonen, que la plus part des gens ne voient pas et ne peuvent pas encore s'imaginer. »

L'avocate répondit du tac au tac.

« Vous ne craignez pas que les autorités hokkai prennent mal votre implication dans ce procès ? C'est aussi une affaire nationale pour eux. »

Un sourire s'afficha sur les lèvres d'Aadolf Kotka qui disait beaucoup. Sa réponse s'avéra légèrement énigmatique.

« Notre pays leur offrira dans quelques jours une chose qui changera l'avenir de leur contrée. Ce sera si tout va bien la pierre de base pour la naissance d'une véritable puissance hokkai. Ils auront alors vite oubliés ce petit procès. »

Intrigué, l'avocate tenta de comprendre cette réponse énigmatique. Ne voyant pas de quoi le sénateur pouvait parler, elle évoqua quelques scrupules moraux qu'elle se gardait d'habitude de prononcer.

« Vous ne pensez pas que cette fille mérite justice ? »

Kotka lui dit avec une froideur totale.

« Trente millions de Tarnois sont morts durant le Grand Chaos. La plus part sont morts de faim dans les grandes villes ou de froid sur les autoroutes bloquées par les voitures abandonnées. Cette fille, elle, a survécu. Probablement que des millions d'autres gens mourront dans les années à venir pour des raisons plus stupides. »

Le sénateur ajouta.

« Un jour, un des pays vicaskarans fera une erreur et cette erreur mettra le continent à feu et à sang. Le Pacte d'Acier sera rompu par les républiques du centre et quand ceci arrivera, ce sera la guerre à l'échelle continentale. Ma mission est d'assurer que notre pays survive à une potentielle guerre continentale et pour ceci, il doit être uni. La victoire de ce procès sera un atout majeur dans l'unification nationale qui servira à construire un pays plus fort et capable de se défendre si le pire arrive. La victoire n'est pas nécessaire, mais souhaitable. »

« Vous parlez comme un worldwaristes. » lâcha Korhonen de manière imprudente. Le sénateur la regarda tranquillement sans se montrer perturbé par l’accusation et répliqua.

« Je parles comme un homme réaliste. Le Ranekika a toujours été une source d'instabilité et le Khalidan est une nation de barbares rétrogrades et perfides. Et ceci c'est sans parler de l'Empire qui est à nos portes au Makiran oriental. Non, je crains que la guerre arrive. Elle semble inévitable en vue la nature de nos voisins. Ce sera soit le Khalidan, soit le Ranekika soit l'Empire makan qui mettra le feu à la poudrière. Mais ceci ne vous regarde que de manière indirecte. Votre travail est de défendre ces trois soldats. Et qui sait, peut-être que je trompe et que nous vivrons tous heureux pendant des siècles sur cette énorme poudrière qu'est le Vicaskaran. »[/ve]

Posté : mer. avr. 15, 2015 8:22 pm
par Thunderoad
[right]The Trial[/right]

[center]11 H 45 du matin[/center]

La séance du matin fut longue et pénible . Le procès se tenait depuis déjà près d'un mois dans une salle surchauffée qui tendait à faire surchauffer les esprits . Maitre Korhonen a plaidé toute la matinée la cause de ses clients avec une ardeur remarquable et c'est au tour de l'avocat de la plaignante de revenir à la charge dans l'arène ! Il branche son traducteur et commence :

Je prends bonne note du refus de Maitre Korhonen de soumettre ses clients à la comparaison des empreintes génétiques entre celles des trois invités mystères et ceux des accusés .
Naturellement il n'appartient à personne dans le cas présent de leur dire que faire : la sécurité de soldats d'élite pouvant potentiellement effectuer des missions capitales à la sureté de l'état tarnois passe bien sur avant tout , y compris l'honneur de ma cliente ...


Maitre je notifierais personnellement la mauvaise volonté de la défense aux jurés mais n'utilisez pas ce ton cynique et sarcastique en pleine séance , je vous prie .

Néanmoins je tiens à préciser certaines choses , Votre Honneur . Je tiens à dire que si les prélèvements s'étaient avérés négatifs , la loi en prévoit la destruction immédiate . Et s'ils s'étaient avérés positifs ils eussent été détruits 8 ans après leurs sortie de prison , conformément à la loi nationale de 1993 sur la liberté individuelle informatique et judiciaire . Pour finir , il est évident que l'état auraient conservés ces prélèvements dans des fichiers qui ne sont pas à la portée du premier quidam venu . En refusant ces prélèvements , vous insinuez indirectement que l'état hokkai ne serait pas capable d'assurer la sureté des données des soldats d'un de ses alliés les plus proches et fidèles .
Je doute fort que ce genre d'insinuation soit à votre honneur , sans mauvais jeu de mots ...


Il voit un verre d'eau et reprend :

Alors certes il ne pourra jamais être vérifié avec certitude la culpabilité de vos clients .
Mais l'on ne saura jamais du coup si ils sont vraiment innocents ... Le mystère vous arrange donc tant que ça , Maitre Korhonen ?


Je voudrais attirer l'attention des jurés sur un point : Ma cliente dit qu'elle a été enlevé puis violée dans un minivan . L'un des accusés affirma avoir " conduit le van d'un bout à l'autre " .
De quel van parlez-vous monsieur ?


En s'adressant à l'un des accusés , qui refuse de dire le moindre mot , sous le regard inquisiteur et sévère de Maitre Korhonen . Entretemps l'avocat de la plaignante en a profité pour boire un coup .

Monsieur ne sait pas ? J'ai un témoin qui peut lui rafraichir la mémoire . Je demande à faire venir à la barre Monsieur Kamuro , propriétaire d'un stand concessionnaire de ... Oh ! De minivans , justement !

Permission accordée mais Maitre , cessez ce cynisme où je fais sauter le Procès-Verbal ...

Oui Votre Honneur .

Entretemps , le témoin est monté à la barre et a juré , comme tout le monde .

Bien , commençons . Monsieur , avez-vous loué un minivan pour le 19 Mars 2026 ?

Effectivement .

A qui l'avez-vous loué , je vous prie ?

A un grand type , qui n'avait pas l'air d’être hokkai . Qui ressemblait d'ailleurs vaguement à l'un des trois types qui sont dans le box , mais je ne saurais plus vraiment dire lequel ...

D'accord . Avez-vous conservé les dossiers d'enregistrement des réservations ?

Oui bien sur. La police me l'a confisqué le 24 Mars , dans le cadre d'une enquête , mais à ce moment j'ignorais que c'était pour cela .

Naturellement . Dans le cadre d'une enquête pour viol où la victime fait état d'un minivan et vu que vous en êtes le seul distributeur de l'ile vous avez été visité quasi-immédiatement . Il se trouve que ce registre , la police l'a amené ici ! Officier , je vous prie de l'ouvrir , sous le contrôle de toute cette salle et devant huissier assermenté , à la page du 19 Mars 2026 !

Sous les yeux de l'huissier , il défait les scellés officiels et l'ouvre à la page du 19 Mars :

Pouvez-vous nous dire qui a loué un minivan le 19 Mars ?

Fumiri Kojita , Urumi Kanzasaki et Riko Ahrinen .

A l'évocation de ce nom , Riko Ahrinen tiqua dans le box des accusés . L'avocat de la plaignante ne l'a pas remarqué , de même que la quasi-totalité de la salle , mais ce fait n'a pas échappé au regard de son avocate , Elna Korhonen .

Et quand vous l'a-t-il rendu Monsieur Kamuro ?

Le lendemain au soir.

Comment était-il ?

Il semblait être vaguement énervé mais c'est tout .

Avez-vous eu à vous plaindre de lui ?

Oh non , au contraire ! Le minivan était nickel !

C'est-à-dire ?

Bah , on voyait qu'il avait pris soin du matériel : il l'avait nettoyé de fond en comble ! Ça fait toujours plaisir de récupérer un matériel neuf !

Tandis que l'avocat de la plaignante reprend sa prose et se tourne vers Riko Ahrinen qui dans son box ne daigne pas piper mot :

Pourquoi monsieur avez-vous loué un minivan ? Pourquoi le soir même où ma cliente fut violée dans un minivan , justement ?

Il attend .

Pourquoi l'aviez-vous nettoyé avec autant d'ardeur ? Sinon pour précisément effacer le sang de la virginité volée , par vos soins , à ma cliente ?

Objection !

Accordée , Maitre Korhonen . Maitre Yamaha , cela ne fait pas avancer le débat .

Bien Votre Honneur . Monsieur Ahrinen , pourquoi ?

Scandale dans la salle , un murmure discret mais profond parcourt l'assemblée .

Pas de réponse ? Ok ...

Il boit encore un verre d'eau puis reprend :

Mais figurez-vous qu'à l'exact emplacement où elle fut retrouvée , sur la route longeant le champ de canne à sucre , la Police a trouvé des traces de pneumatiques pour le moins étranges : elles indiquent clairement un freinage brutal et un arrêt suivi d'un redémarrage au quart de tour . Or il se trouve aussi que comme vous le savez surement on peut apprendre beaucoup de choses en les examinant et c'est justement ce que la Police a fait , puisqu'elle a naturellement fouillé le site de fond en comble ...
J'ai pu faire venir ici l'officier Kono Mayaki qui a étudié ces traces . Puis-je ?


En s'adressant au juge .

Faites donc , Maitre Yamaha .

Monsieur Mayaki , avez-vous pu déterminer de quel modèle de pneu il s'agit ?

Oui , ce sont des Taurus Ule 5 , un modèle rare destiné à des utilitaires robustes pour agriculteurs .

Diriez-vous que ceux-ci puissent être montés sur le véhicule loué par l'accusé ?

Absolument , ce genre de minivan convient parfaitement à ce genre de pneu .

Je vous remercie . J'ai personnellement fais des recherches là-dessus : il y a effectivement très peu de véhicules équipés de Taurus Ule 5 . A vrai dire , il y en a en tout et pour tout une vingtaine seulement à travers toute la Province des Iles Ryukyo , dont une douzaine se trouve sur l'ile où nous sommes tous en ce moment même , la principale de l'archipel . Les huit autres sont éparpillés à travers le territoire de la province , sur les autres iles et 2 d'entre eux se trouvent sur l'ile d'Ishigate où fut kidnappé ma cliente . L'un des deux appartient à un agriculteur de 57 ans , mais qui hélas pour l'accusé se trouvait enfermé sous clé dans son garage au moment des faits que nous jugeons et qui a pu le prouver formellement à la police .
L'autre appartient à Monsieur Kamuro , possesseur d'une concession de location d'utilitaires !


Un grand " ooh ! " parcourt l'audience .

Oui hein ? J'ai eu à peu près cette réaction là moi aussi en le découvrant et je peux le prouver !
Huissier , veuillez éteindre les lumières et préparer l'écran géant .


On prépare un écran géant avec un vidéoprojecteur .

Voici la trace qui a été retrouvé sur la route du site où fut retrouvée ma cliente ...

Changement d'images

Et voici la " pattern " des pneus du minivan loué par Monsieur Ahrinen ...

Les 2 sont effectivement très ressemblantes . Il passe une troisième image :

En voici un photomontage . Voyez combien elles s'imbriquent parfaitement l'une dans l'autre .
Selon les calculs de la Police , la ressemblance est de 93 % ... Appelez-vous cela un hasard ?
Oseriez-vous dire que c'est uniquement le fruit du hasard et rien de plus , Maitre Korhonen ?
Oseriez-vous soutenir en face à ma cliente que c'est en fait les pneus du minivan qui est resté sous clef dans un garage entre 18 H 15 , heure à laquelle son propriétaire agriculteur de 57 ans l'a garé en rentrant chez lui , et 8 H du matin le lendemain , bien après le lever du soleil , alors que ma cliente a été jetée là en pleine nuit puisqu'elle a vue l'aube se lever , impliquant ainsi que l'homme qui était en face de sa femme lors du repas du soir , seul à en avoir les clefs , était un clone , et que le vrai était en train de violer ma cliente en lui gueulant dessus en tarnois ?


Objection , Votre Honneur ! Là encore Monsieur Yamaha n'apporte rien au débat !

Objection accordée . Il suffit Maitre !

Donc vous reconnaissez que cela est complétement absurde ? Mais alors le seul autre véhicule à avoir pu laisser ces traces est celui loué par Monsieur Ahrinen la nuit du 19 au 20 mars !
Et ma cliente est formelle , elle n'a vu aucun véhicule passer durant son calvaire !
Par conséquent cela confirme que le van loué par Monsieur Ahrinen est bien passé avant le réveil de ma cliente à cet endroit , freinant brusquement et repartant aussitôt !
Pourquoi nier , Monsieur Ahrinen ? Qu'avez-vous fait avec ce van ? Pourquoi vous et vos deux acolytes n'ont pas été enregistrés présents à l'appel du soir à votre base ? A quoi bon l'avoir nettoyé ?
Quelle genre de saleté vouliez-vous épargner de voir à Monsieur Kamuro ? Lui qui en a pourtant vu à force de travailler avec des agriculteurs ! Je vous remercie de votre écoute attentive .


Bien , je considère donc cette séance comme close . Demain le procureur dira quelle peine il requiert contre chacun des accusés , puis Maitre Korhonen pourra défendre une dernière fois ses clients et il sera alors temps pour le jury de délibérer.

Les huissiers du tribunal font peu à peu sortir le public et les jurés tandis que les accusés quittent leurs box et retournent en prison .

Posté : sam. avr. 18, 2015 9:05 pm
par Amaski
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/676675law142835423495945.jpg[/img][/center]
[ve]Elna Korhonen se leva, décidé à ne pas se laisser manger tout cru par un procureur et un juge poussant à toute vitesse le procès vers l'avant. Les nouvelles données apportées étaient surprenantes, mais à vrai dire ces preuves semblaient aux yeux de l'avocate tarnoise largement insuffisantes pour conclure vers une condamnation. Comme dit, sans des comparaisons génétiques, il semblait presque impossible de pouvoir prouver la culpabilité des soldats et l'avocate avait bien l'intention de se battre pour que ceci reste ainsi.

« Je voudrais commencer par dire que le stockage de données confidentielles est toujours une affaire à risque, même si c'est que sur des très courts délais et dans des fichiers dits sécurisés. A vrai dire, je doute très sincèrement que l'Etat hokkai puisse garantir la sécurité de ces données, au moins en ce qui concerne une sécurité à cent pour cent. Une telle chose, même l'Etat le plus efficace au monde n'en est pas capable surtout à l'ère numérique. Il n'y a nul intérêt dans le mystère, mais le respect du statut de soldats des trois accusés qui sont innocents jusqu'à preuve du coupable. J'aimerais vous rappeler que le fait que trois ressortissants étrangers soient jugés devant ce tribunal est très rare voir peut-être même une première mondiale en ce qui concerne des soldats. »

C'est alors qu'Elna Korhonen s'attaqua à l'histoire du minivan qui semblait être la pièce centrale de l'accusation, une pièce qui avait plusieurs faiblesses.

« Il a été dit dans cette salle que le fait de nettoyer un minivan loué est une chose notable et un aveu de crime...permettez-moi de douter que chaque fois qu'on retourne une voiture louée nettoyée, on ait été impliqué dans un crime sordide. J'irai même aussi loin prétendre que c'est tout à fait la règle et un acte de bienséance de nettoyer une voiture louée avant de la rendre. Pas tous ne le font, mais ceux qui le font ne sont certainement pas des psychopathes, mais au contraire des bons citoyens. Qu'en plus un soldat se décide de suivre des règles de propreté n'est aucunement surprenant. »

Elle continua.

« On veut donc faire croire que parce que Monsieur Ahrinen a pris soin de sa voiture, qu'il est un violeur d'enfant. C'est parfaitement ridicule. »

L'avocate décida ensuite de s'attaquer à l’histoire des pneus de type Taurus Ule 5.

« Le pneu Taurus Ule 5 est moins rare qu'on veut nous faire croire. La base militaire tarnoise locale en possède plusieurs véhicules équipés de ce genre de pneus, mais ceci ne figure pas dans les registres nationaux car ceci fait partie de l'inventaire interne d'une base militaire étrangère. Nous avons donc largement plus que deux véhicules avec ce type de pneus sur l'ile. Ceci néanmoins montre que le coupable est sans aucun doute membre de l'Armée fédérale. Mais est-ce que ce sont ces trois hommes ? J'en doute. »

Venant aux traces, Korhonen dit.

« Concernant le pattern des pneus, nous avons affaire à des pneus de la même marque et fabrication. Il n'est donc pas inhabituel de tomber sur une correspondance à 93%. D'autres véhicules ont probablement le même pattern ce qui donc dans ce cas très précis ne permet pas de déterminer de manière claire et évidente que les pneus du véhicule loué par monsieur Ahrinen sont ceux du véhicule de la personne ayant agressé la victime. Comme dit, le nombre de véhicules avec ces pneus sont plus nombreux que soutenus par l'accusation qui a négligé d'inclure le parc de la base militaire. »

Continuant dans sa défense, l'avocate ajouta.

« La victime dit avoir entendu du tarnois. De quel tarnois parlons-nous ? Il en existe une trentaine de variations locales, une dizaine de grandes langues. Il aurait intéressant d'avoir creusé davantage cette piste, car elle aurait pu permettre de mieux cerner le groupe de personnes pouvant être impliqués dans un tel crime. »

Elna Korhonen passa donc à la conclusion.

« Il n'existe aucune preuve pouvant attester d'une quelconque activité criminelle de la part des trois personnes accusées ici présentes. Nous avons des pistes pouvant nous permettre de trouver les vrais coupables, mais à l'heure actuelle nous devons voir la vérité en face, ces trois soldats ici présents sont coupables d'une seule chose : d'avoir trop bien nettoyé leur véhicule et de ne pas être rentré à l'heure dans leur caserne. Ceci est tout pour ma part. »

L’avocate avait parlé moins que l’accusation, mais elle ne désirait pas se perdre dans un long discours. Elle devait marquer rapidement des points pour désamorcer la machine de l’accusation et surtout le bonus de sympathie qu’ils avaient en défendant une jeune victime de viol.[/ve]

Posté : sam. avr. 25, 2015 9:32 am
par Thunderoad
[right]The Trial[/right]

[center]11 H 45 du matin[/center]

C'était la dernière séance du procès : le procureur avait demandé la peine maximale prévue pour ce genre de crime en concordance avec le droit des Iles Ryukyo , qui est légèrement différent de celui de l'ile principale d'Hokkaido , soit 10 ans de prison ferme chacun . Maitre Korhonen avait ensuite pu défendre une ultime fois ses trois clients , en récapitulant dans sa plaidoirie ses arguments précédents .

Les jurés s'étaient ensuite retirés pour délibérer ... L'attente fut longue , extrêmement longue !
La sentence ne peut être rendue qu'après que les 11 jurés aient atteint l'unanimité totale , autrement dit on était pas encore sortis de l'auberge ... Et de fait il leur aura fallu plus de 3 semaines , à discuter 9 heures par jour , pour arriver à cette condition nécessaire ! Quand ils revinrent au tribunal , ils avaient tous les traits tirés ...


Jury , devons-nous en déduire , pour avoir rappelé le procès , que vous êtes parvenus à un accord unanime et définitif ?

Oui , Votre Honneur . Je précise toutefois , et ce en tant que délégué du jury , que cela n'aura vraiment pas été facile car les avis variaient du tout au tout , d'un extrême à l'autre .

Alors allez-y , rendez votre verdict .

Nous estimons qu'un certain nombre de traces tendent à suggérer fortement la culpabilité des trois accusés , mais que faute d'éléments scientifiques , il n'est pas possible de conclure avec certitude .
Fonctionnant sur le principe qu'il vaut toujours mieux un coupable dehors qu'un innocent en prison nous avons décidé d'acquitter les 3 accusés pour tout les chefs d'accusation .


Les gens commencent à se préparer , les accusés dans leurs box sont soulagés .

Nous avons néanmoins pu constater , avec en ce sens l'appui de la défense elle-même , que c'est effectivement des membres de l'Armée Fédérale qui ont commis ce crime abominable , bien qu'il ne puisse pas être déterminé leurs individualités respectives .
Par conséquent , nous condamnons l'Armée Fédérale comme responsable non coupable en tant qu'entité morale , et par conséquent à rembourser l'intégralité des frais de santé qui furent et seront nécessaire à la victime , ainsi que ses frais de justice , puisque c'est effectivement de par un défaut de l'Armée Fédérale que la victime a été kidnappée et violée .


Je vous remercie pour votre travail . J'approuve la sentence comme conforme au droit juridique de l'Empire d'Hokkaido , et je rappelle que si l'accusation , la victime ou la défense s'estime insatisfaites elle peuvent toutes trois demander à ce que le procès soit refait en appel . Si après cela elles s'estiment toujours insatisfaites elles pourront porter le cas devant le Conseil des Sages pour en faire vérifier la validité constitutionnelle . En attendant je déclare ce procès-ci comme clos .
Huissiers , faites vider la salle !