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Posté : lun. avr. 06, 2015 8:22 pm
par Sébaldie
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SOCIÉTÉ SÉBALDE
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Du papier à la réalité, il existe des différences.
Le présent guide se propose de rendre compte de ces différences en analysant
des us et coutumes sébaldes. Comment une loi est-elle appliquée au quotidien ?
Comment les Sébaldes organisent-ils leur vie ? Mariage, relations, fêtes, culture, politique,
impôts, patrimoine, gastronomie... Des éléments pour découvrir et comprendre la société sébalde

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SOMMAIRE
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      • CUISINE
      • [url=http://www.simpolitique.com/post261197.html#p261197]Découvertes culinaires en Sébaldie : Un pays peu renommé pour sa gastronomie, qui privilégie les plats consistants, faciles et abordables.[/url]

        ÉCONOMIE
      • [url=http://www.simpolitique.com/post280670.html#p280670]Les municipalités sébaldes frontalières et leurs « grenswinkels » : des municipalités sans identité devenues temples de la consommation transfrontalière.[/url]
      • [url=http://www.simpolitique.com/post286284.html#p286284]Le marché sébalde de l’industrie pharmaceutique : un marché en extension, dominé par Bergensberg et les passe-droits politiques.[/url]

        ENSEIGNEMENT
      • [url=http://www.simpolitique.com/post256200.html#p256200]Compétitivité, décentralisation, personnalisation : les mots-clés d'un système éducatif perfectible.[/url]

        HISTOIRE
      • [url=http://www.simpolitique.com/post259497.html#p259497]1949-1968 : De la dictature officiellement communiste au modèle altermondialiste avant-gardiste.[/url]
      • [url=http://www.simpolitique.com/post280994.html#p280994]XIIe siècle à nos jours : Querelles dynastiques - deux dynasties en concurrence pour un trône royal sébalde imaginaire.[/url]

        LOISIRS
      • [url=http://www.simpolitique.com/post259943.html#p259943]Le jeu, entre besoin vital et nécessité économique.[/url]

        MŒURS
      • [url=http://www.simpolitique.com/post261377.html#p261377]L’homosexualité en Sébaldie : Des homosexuels qui, sans bénéficier d’une justice d’exception, dominent le milieu des affaires et de la politique.[/url]
      • [url=http://www.simpolitique.com/post277124.html#p277124]La politesse en Sébaldie : La sincérité plutôt que la cordialité, le contenu plutôt que la forme.[/url]

        SANTÉ
      • [url=http://www.simpolitique.com/post267937.html#p267937]Sécurité sociale sébalde : Un système public-privé qui encourage la capitalisation, l'innovation et la concurrence, largement intermédié par l’État.[/url]

        URBANISME
      • [url=http://www.simpolitique.com/post271248.html#p271248]Aménagement du territoire en Sébaldie : Une phobie de l’étalement urbain de plus en plus irrationnelle mais encore très prégnante.[/url]

Posté : lun. avr. 06, 2015 8:26 pm
par Sébaldie
[center]Le système scolaire sébalde
Compétitivité, décentralisation, personnalisation : les mots-clés d'un système éducatif perfectible.


Sur le papier

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/962640systemescolaire.png[/img]

Lecture : « Au collège, l’Etat définit les enseignements de 50 % du volume horaire total ; la province 20 % ; la municipalité 10 % et 20 % sont des enseignements à choix dont la liste est définie par l’établissement. »[/center]
        • [justify]Le système scolaire sébalde organise l’enseignement des enfants et adolescents sur le sol sébalde, à partir de l’âge de 4 ans révolus. Il est divisé en quatre cycles, répondant chacun à leurs besoins : école maternelle (4-7 ans), école élémentaire (7-11 ans), collège (11-15 ans), lycée (15-18 ans). La scolarité est gratuite sur l’ensemble des cycles mais n’est obligatoire que de l’école élémentaire à partir de 7 ans au collège, une fois l’examen final réussi. Le système scolaire, profondément révisé à la fin des années 1970, repose sur trois principes essentiels :
          • Co-rédaction des programmes scolaires : Le système scolaire sébalde se veut être au plus proche du tissu local et des particularités territoriales, culturelles, institutionnelles, économiques de chaque collectivité. C’est la raison pour laquelle l’organisation des enseignements est répartie selon les différentes collectivités. L’Etat assure un « tronc commun » sur l’ensemble du territoire national correspondant à 50 % du volume horaire du programme. Le reste est réparti entre les provinces, les municipalités et – seulement pour les enseignements à choix dès le collège – l’établissement concerné.
          • Mise en concurrence des établissements : L’Etat central finance tous les établissements scolaires à hauteur de 50 % minimum. Le reste est à la charge des établissements, selon ses besoins. Le montant de la dotation de l’Etat est défini au prorata du nombre d’élèves inscrits. Des subventions exceptionnelles peuvent être accordées aux établissements qui en formulent la demande. Par la singularité de leurs enseignements, les écoles peuvent donc être comparées les unes par rapport aux autres et chaque parent peut choisir où inscrire son enfant, indépendamment du lieu d’habitation.
          • Individualisation des parcours : Considérant que chaque élève est unique, celui-ci peut, dès le collège, choisir des enseignements obligatoires parmi ceux proposés par la liste définie par l’établissement dans lequel il est inscrit. Ces enseignements sont choisis mais ne sont pas optionnels, chaque élève est tenu de faire des choix. Selon les places restantes, l’élève peut s’inscrire à des cours optionnels, qui s’ajoutent au volume horaire classique, défini par l’Etat.
          Chaque passage d’un cycle scolaire à un autre est sanctionné par un examen, à l’exception de l’école maternelle. Il est nécessaire de réussir l’examen pour valider le cycle et passer au cycle suivant. L’examen validant le cycle lycéen est le plus important car il permet de s’inscrire à l’université. Les élèves ne réussissant pas l’examen passent en « classe de redoublement » qui condense et révise l’ensemble des enseignements des trois ou quatre années du cycle. Depuis la [url=http://www.simpolitique.com/post232529.html#p232529]loi MSER1-2024[/url], la Sébaldie n’est plus un Etat laïc. Ainsi, même si les circulaires du ministère de l’Enseignement ne le mentionnent pas, des enseignements religieux peuvent être proposés par les collectivités.

          [center]En réalité[/center]

          UN LIEN AVEC LES ACTEURS ECONOMIQUES LOCAUX. Casper est au lycée, en onzième classe. Ce jeune homme de 17 ans, qui a plutôt le physique d’un mannequin que celui d’un laborantin, est de sensibilité écologique. Passionné de géologie et d’océanographie, il souhaiterait conjuguer son amour du monde marin avec ses études. Plus tard, il souhaiterait travailler au sein de centres d’études maritimes, pour étudier l’écosystème et la pollution de l’eau. Habitant au cœur des plaines du Prican, dans la ville de Prican-Lowald, aucun établissement ne semblait lui convenir lorsqu’il quitta le collège. Il dut se résigner sur la province voisine de Jovan, à Turzaberg, sur la côte sébalde. Sur ses 34 heures de cours hebdomadaire, 50 % soit 17 heures correspondent au programme commun défini par l’Etat ; 10 % soit 3 heures correspondent à des enseignements définis par la province de Jovan et les quatorze autres heures sont choisies par lui. Depuis son entrée au lycée, il est donc inscrit à un module « Etudes océanographiques » qui propose des études sur le terrain, en compagnie d’autres scientifiques. Sa passion pour le sujet a très vite été remarquée par les professionnels. Grâce à ses contacts avec des professionnels, il a trouvé, avant même d’arriver à l’université, un organisme qui veut bien l’accueillir pour effectuer son stage. Casper est fou de joie, même si sa famille lui manque. « J’ai dû m’inscrire en internat, mes parents habitent trop loin, je ne pouvais pas prendre le train tous les jours… l’abonnement est trop cher et les trajets trop longs. L’avantage, c’est qu’il y a la plage juste à côté et on se fait des parties de volleyball avec les potes quand il fait beau. » décrit-il.

          DES COURS SUPPRIMÉS CAR « NON RENTABLES ». Résidant à Nerwald, les parents d’Emilie, 9 ans, ont inscrit leur fille dans une école élémentaire à une dizaine de kilomètres d’ici pour qu’elle puisse suivre des cours d’éducation musicale et jouer de son instrument préféré, le piano. Ce cours, voté par le conseil municipal, est proposé par la municipalité (qui définit 20 % du volume horaire) pour redorer la tradition musicale de la province de Zanskan. Néanmoins, les effectifs de plus en plus réduits ont conduit le conseil municipal à ne pas réitérer le cours l’année prochaine. À la place il sera proposé un cours de russe, dont la demande augmente avec l’immigration en Sébaldie. Sachant que les écoles reçoivent une dotation au prorata du nombre d’élèves, l’établissement a préféré un cours plus « rentable ». Emilie est très déçue et ses parents ne parviennent pas à calmer ses pleurs. Pour trouver une autre école qui propose des cours de piano, il faut sortir de la province. Impensable pour les parents, qui ne peuvent pas venir chercher leur fille à la fin de la classe et qui ne tiennent pas davantage à placer leur fille en internat. Contre son gré, elle devra donc apprendre le russe, tandis que ses parents se résignent à dépenser plusieurs centaines de Bald pour lui donner des cours privés de piano en dehors des cours.

          MILLEFEUILLE IDEOLOGIQUE. Que se passe-t-il quand on est élève dans un collège situé dans une ville tenue par les sociaux-démocrates, elle-même située dans une province tenue par les nationalistes, dans un Etat gouverné par les libéraux-conservateurs ? C’est la situation kafkaïenne que Maximilian, 13 ans (7e classe) subit. Le lobby néerlandophone a obtenu du gouvernement que soient instaurés des cours de néerlandais au collège. En plus de cela, le tronc commun lui demande de choisir une autre langue vivante, il a choisi le réminien. Le conseil provincial, à majorité nationale et identitaire, et décidant de 20 % du programme, exige des collégiens de la province de Centran qu’ils approfondissent leur apprentissage du sébalde, pour contrer le lobby néerlandophone. Enfin, l’établissement, réputé pour la pluralité des langues enseignées, demande à Maximilian de sélectionner parmi les « enseignements obligatoires à choix » celui qu’il veut. Il doit notamment choisir entre apprendre l’espagnol, le français et le « Lietûviskiu Kalbà ». Ce sont donc quatre langues obligatoires que Maximilian apprend… Et s’il le souhaite, il peut aussi s’inscrire dans un cours optionnel… de langue.

          DES COURS D’INSTRUCTION ISLAMIQUE : LE REVERS DE LA FIN DE LA LAÏCITE EN SEBALDIE. La municipalité de Ružička est une province du sud de la province de Feldan, qui a pour particularité d’avoir la proportion de résidents de confession musulmane la plus importante du pays : près de 40 %, essentiellement des immigrés d’Ombrërie. Le maire n’est pas de confession musulmane mais a dragué son électorat en proposant des cours d’instruction islamique dès la première classe de l’école élémentaire. Le conseil municipal a voté en ce sens, profitant des 20 % de participation quasi-actionnariale qu’il a sur le programme de cette école. Le professeur ne cache pas ses ambitions personnelles, le but étant pour lui de faire découvrir à ses élèves « la perfection de l’islam ». Les élèves sont notamment notés sur leur comportement (trop d’actes « haram » peuvent être sanctionnés par un 0), sur la récitation par cœur de sourates coraniques, sur la vie du Prophète et sur la bonne réalisation de la prière. Seul problème : la loi est formelle, l’école publique est mixte. Le professeur d’instruction islamique, engagé dans le mouvement « Front islamique » espère ainsi obtenir du gouvernement une dérogation pour séparer les garçons et les filles. Les opposants à cet enseignement sont nombreux, mais pas assez pour renverser la municipalité aux élections.[/justify]

Posté : mer. mai 13, 2015 7:24 pm
par Sébaldie
[center]L’époque d’Igor Miradko (1949-1968)
De la dictature officiellement communiste au modèle altermondialiste avant-gardiste.
Quel est l’héritage du seul dictateur qu’a connu la Sébaldie depuis son indépendance ?


[img]http://img15.hostingpics.net/pics/701847IgorMiradko.jpg[/img]
Igor Miradko – Président de la République Sébalde (1949-1968)[/center]
        • [justify]Lorsque l’on évoque Igor Miradko, les Sébaldes pensent immédiatement aux quelques 28 000 victimes, qui leur sont parfois parents, attribués à sa politique. Mais le seul dictateur que la République Sébalde ait connu est moins souvent cité pour l’organisation originale de la société qu’il a bâtie : une société sans argent, complètement démonétisée.

          LE PREMIER COMMUNISTE ARRIVÉ AU POUVOIR PAR LES URNES SANS LES VOIX DES OUVRIERS. À la fin des années 1940, la Sébaldie entend mettre fin à une crise institutionnelle vieille de dix ans. Malgré le processus démocratique, les gouvernements qui se succèdent durant la décennie sont gangrénés par la corruption. Les grands projets, notamment la remise en état des infrastructures routières, sont confiés à des corporations proches du pouvoir, au détriment de l’intérêt public. En résulte une hausse inexorable des impôts dont les premières victimes sont les classes moyennes, alors en plein essor : artisans, techniciens et tous ceux qui vendent leur savoir-faire et leurs compétences. Les gouvernements, qu’ils soient conservateurs ou libéraux, essuient des revers électoraux à partir de 1947 au profit de deux forces : les royalistes d’une part et les communistes d’autre part. Igor Miradko, premier secrétaire du Parti Communiste Sébalde, est en 1947 un jeune intellectuel qui oppose non pas l’ouvrier au patron comme la plupart de ses camarades mais les financiers (le travail de l’argent) aux artisans (l’argent du travail). Il acquiert une forte popularité auprès des indépendants, auprès de tous ceux qui sont à leur compte. Il semble accorder moins de légitimité à ceux qui perçoivent un salaire. Les ouvriers et salariés sont eux, davantage séduits par un possible retour de la monarchie, considérant la République comme « mère des vices » et deviennent ainsi des alliés objectifs du clergé. Les bourgeois se contentent très bien des gouvernements actuels, qu’ils soient libéraux ou conservateurs. Trois viviers électoraux se confrontent. Néanmoins, le rapport de force est à l’avantage du communiste Igor Miradko, qui arrache le pouvoir aux royalistes à l’issue de l’élection présidentielle. À 36 ans, Igor Miradko est l’un des plus jeunes chefs d’Etat de Sébaldie à son entrée en fonction.

          DU PAIN ET DES JEUX... LITTÉRALEMENT. Igor Miradko n’a, durant sa campagne, cessé de pointer du doigt la « financiarisation de la société », la possibilité aux détenteurs de capitaux d’alimenter ceux-ci indéfiniment. Cependant, il est souvent accusé d’être un « faux-communiste », un « bouffeur de livres qui n’a jamais touché une seule machine de sa vie » comme le dit ce tract de communistes dissidents. Conscient de ces critiques, il fait de la « méritocratie » le moteur phare de sa politique, exaltant simultanément le « courage des ouvriers et l’ingéniosité des artisans ». Alors que ses soutiens s’attendaient à une simple mais sévère remise en cause du pouvoir financier, Igor Miradko adopta une politique beaucoup plus radicale : il supprima la monnaie ! Plus précisément, il réserva la monnaie à ceux qui sont « producteurs de richesses », c’est-à-dire l’Etat et les artisans. Nationalisant toutes les entreprises, souvent de force, il soumit les salariés à une indemnisation exclusivement en nature. L’ouvrier ne reçoit donc plus un salaire mais un ensemble de prestations, sous forme de « tickets », appelés « tickets de vie » : nourriture, logement, hygiène, loisirs, biens de consommation divers.

          [center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/763186Tickets.png[/img]
          Après avoir nationalisé toutes les entreprises, Igor Miradko remplace la rémunération salariale
          des ouvriers par une rémunération en nature pour tous les besoins vitaux grâce aux « tickets de vie »[/center]

          L’objectif était d’abolir le travail salarié en incitant les ouvriers à s’élever, à se cultiver et à ne pas se contenter des prestations que leur offre l’Etat. L’indépendant, lui, échange ses produits avec l’Etat contre de l’argent qu’il dépense où il l’entend. L’historiographie et l’étude de correspondances privées montrent que Miradko avait en réalité un profond mépris pour les ouvriers, « morceaux de chair à travail sans intelligence qui servent les intérêts capitalistes » selon ses propos. Les tickets attribués aux ouvriers avaient plus ou moins de valeur en fonction de leur mérite, c’est-à-dire leur production mais aussi leur capacité à résoudre des problèmes. Les tickets « loisirs » donnaient lieu à des prestations en nature très ciblées, comme des livres. Des loisirs plus populaires comme le sport étaient paradoxalement attribués aux ouvriers les plus méritants.

          L’ARMÉE, LE FOU DU ROI RÉPUBLICAIN, QUI A CONDUIT À SA CHUTE. Igor Miradko assoit son pouvoir avec autorité et dans son entreprise, il ne rencontre pas d’opposition prononcée, les Sébaldes préférant durant les premières années de présidence le régime autoritaire miradkien au régime libre et corrompu qui l’a précédé. Les opposants étaient réduits au silence, d’une manière ou d’une autre, sans que cela n’émeuve les Sébalde. L’opposition la plus virulente venait des bourgeois, qui ont perdu tout moyen de faire fructifier leur argent et sont réduits à leur « capacité productive » - c’est-à-dire nulle – et devant se contenter d’un minimum de « tickets de vie ». Après que leurs biens eussent été confisqués par le pouvoir, les bourgeois dégringolèrent au pied de l’échelle sociale, au-dessous encore des ouvriers.

          [center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/805789Miradko.png[/img]
          Hiérarchie sociale sous Miradko : les bourgeois qui vivent des revenus du capital
          sont littéralement dépossédés au profit des artisans et de l’armée.
          La classe prolétaire salariée ne progresse que légèrement, voire stagne.[/center]

          L’armée était nécessaire pour garantir l’autorité et la stabilité du régime et les militaires, à défaut d’avoir accès comme les artisans à l’argent, étaient privilégiés : leurs tickets donnaient lieu à de meilleurs repas, de meilleurs logements, de meilleures conditions de vie et surtout, à des loisirs interdits au reste du peuple (prostitués à volonté, tabac et alcools de qualité, etc). Les militaires n’avaient aucune incitation à troquer leur casquette contre celle d’artisans indépendants et c’est justement l’objectif de cette organisation sociale. Ce système durera jusqu’en 1966. Au fur et à mesure que l’autoritarisme devient dictature, la Sébaldie se voit isolée du reste du monde et peine de plus en plus à commercer avec l’étranger. Les usines tournent au ralenti ; les artisans disposent de plus en plus difficilement des matières premières nécessaires à leur activité, les tickets de vie deviennent rares et chers. Igor Miradko est contraint de réduire les privilèges des militaires, ce qui sonne son arrêt de mort. Les mutineries éclatent et pour éviter un coup d’Etat, Igor Miradko prend la fuite vers une destination inconnue. On ignore tout de la vie d’Igor Miradko après le 17 avril 1968, date de sa dernière apparition publique. A-t-il été assassiné ? A-t-il reçu l’asile politique d’un autre Etat ? A-t-il tout simplement disparu ?

          L’HÉRITAGE D’IGOR MIRADKO. Juste après le départ d’Igor Miradko, les militaires prirent temporairement le pouvoir en Sébaldie, jusqu’à ce qu’un gouvernement démocratiquement élu accepte de leur faire la part belle sur le budget national. L’armée bénéficia ainsi d’un budget assez conséquent pendant 10 ans en Sébaldie, avant que le pays ne se démilitarise. Igor Miradko aura certes laissé un pays décrédibilisé sur la scène internationale, incapable de vendre ses produits, mais il l’a largement modernisé, avec un réseau ferroviaire et autoroutier dense, des investissements publics qui ont permis l’innovation technique et l’essor de villes qui ont vu leur population exploser, comme Senheim. Au lendemain de la chute de Miradko, le Parti Communiste Sébalde fut interdit, jusqu’en 1985. Le Parti refuse d’admettre officiellement sa responsabilité dans la mort de ces 28 000 Sébaldes entre 1949 et 1968, sans doute parce que le bilan de Miradko n’est pas seulement négatif. Des altermondialistes se disent aujourd’hui sensibles à l’organisation de la société sans argent qu’il a imaginée et conçue, sans toutefois lui reconnaître la paternité de cette idée.[/justify]

Posté : lun. mai 18, 2015 8:29 pm
par Sébaldie
[center]La Sébaldie : portrait d'une société joueuse
Le jeu, entre besoin vital et nécessité économique

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/888022Jeu1.png[/img][/center]
        • [justify]Jeux de société, jeux d'argent, jeux télévisés, jeux vidéo, fêtes foraines, télé-réalités... La Sébaldie peut être perçue comme une société oisive, dans laquelle les habitants passent plus de temps à jouer à travailler... à cela près que le secteur du jeu emploie de plus en plus de Sébaldes. L'économie nationale repose largement sur ce secteur en expansion, ce qui peut causer sa fragilité... et des problèmes de santé publique.

          LES JEUX RONGENT LE BUDGET, LE TEMPS... ET LA SANTÉ DES SÉBALDES. Les loisirs occupent une place quotidienne considérable pour les Sébaldes. On estime sur une journée de 24 heures, 9.2 heures sont affectées à des loisirs. Ceux-ci représentent environ 14 % du budget de chaque ménage. Et parmi les loisirs, les Sébaldes sont devenus de réels accrocs aux jeux, notamment ceux à mise. Est-ce à dire que les Sébaldes travaillent moins ? Au contraire : pour compenser leurs pertes d'argent, de nombreux Sébaldes sont contraints de travailler davantage pour arrondir leurs fins de mois. La durée hebdomadaire de travail moyenne a augmenté, passant de 37.5 heures en 1995 à 39.3 heures en 2025. En revanche, la durée moyenne de sommeil a baissé, ce qui constitue un problème de santé publique de plus en plus inquiétant. Les Sébaldes travaillent plus, jouent encore davantage mais dorment beaucoup moins pour compenser. Le recul des métiers manuels et pénibles, inhérent au développement économique, peut expliquer cette évolution. Outre les troubles du sommeil, c'est l'addiction aux jeux qui inquiète les pouvoirs publics, à tel point qu'elle a été déclarée « risque sanitaire national » par le ministère de la Santé.

          [center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/777785Jeu4.png[/img]
          Répartition moyenne en nombre d’heures d’une journée d’un Sébalde.

          Lecture : « En 1965, un Sébalde travaillait en moyenne 9.74 heures par jour ; profitait de son temps libre 4.78 heures par jour et dormait 9.48 heures par jour. »

          En 1965, les journées de travail étaient longues et fatigantes, les Sébaldes nécessaitaient
          davantage de sommeil. Compte tenu du peu de loisirs dont ils disposaient, les Sébaldes
          ne jouissaient que de moins de 5 heures de temps libre par jour, contre 9.2 en 2025.[/center]

          UNE SOCIÉTÉ CAPITALISTE DE LOISIRS LANCÉE... PAR LES COMMUNISTES. L'importance des loisirs dans la société et l'économie sébaldes est assez récente d'un point de vue historique puisqu'elle date des années 1970 et cela traduit l'évolution économique et politique du pays. La société de loisirs a connu ses balbutiements durant les années 1930 et 1940. C'est en effet à cette époque que furent construits les premiers casinos sébaldes, que des entreprises spécialisées dans les jeux de société ont fait leur apparition sur le marché... Seulement, [url=http://www.simpolitique.com/post259943.html#p259943]en 1949, la Sébaldie tombe sous le giron communiste : Igor Miradko, président de la Sébaldie de 1949 et 1968 abolit la monnaie comme valeur d'échanges nationale pour la remplacer par un système de « tickets de vie »[/url]. Les salariés les plus « courageux » avaient droit aux tickets de loisirs. Or, l'Etat fixait lui-même la nature des loisirs, qui ne devaient pas corrompre le salarié. Autrement dit, les loisirs ne constituaient pas une réelle source d'épanouissement pour les Sébaldes des années 1950-1960. Cette situation a donc incité les Sébaldes à produire leurs propres jeux de fortune. Cela pouvait se résumer à une simple feuille jaunie sur laquelle les participants s'adonnaient à un « cadavre exquis » comme des jeux de société particulièrement poussés.

          [center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/191058Jeu2.png[/img][img]http://img15.hostingpics.net/pics/721423Jeu3.png[/img]
          « Cadavre exquis » dans sa version dessin et texte.
          Ce fut un jeu très populaire en Sébaldie sous la dictature communiste.
          Il suffisait d’une feuille de papier et d’un groupe d’amis pour y jouer.[/center]

          Au sortir de la dictature, en 1968, de nombreux Sébaldes lambda ont vendu leur concept de jeu aux « Jeux de la Délivrance », une petite société bâtie en 1969, aujourd'hui devenue l'une des plus importantes du pays. Selon l'originalité et la créativité de leurs concepts, des Sébaldes ont ainsi pu faire fortune. Ils ont mis à profit leur temps libre. Le jeu a pu enfin s'épanouir en Sébaldie et devenir une réelle industrie. L'imaginaire collectif a peu à peu abandonné l'idée d'un jeu comme un temps perdu à ne rien faire pour adopter celle d'un besoin vital et lucratif.


          TYPOLOGIE DES JEUX SÉBALDES. Les « Jeux de la Délivrance » ont édité, depuis 1969, plus de 500 jeux de société différents, traduits et exportés à l'étranger. Cette société n'a cependant pas le monopole sur le secteur, de nombreuses entreprises proposent leur originalité. Parfois, elles éditent également des jeux à gratter qui garde une popularité notable, même si elle s'essouffle depuis une dizaine d'années. Les étrangers sont souvent interpellés par le nombre de Sébaldes qui ont les ongles sales : en réalité, cela signifie qu'ils viennent de gratter l'un de leurs jeux fétiches et qu'ils ont oublié d'en enlever le vernis de leurs ongles. Les jeux de cartes sont également indémodables, surtout dans le sud du pays où ils sont régulièrement joués sur les terrasses des cafés. Certaines villes entendent faire de leurs tournois de poker des atouts touristiques indéniables L'appât du gain est d'autant plus important qu'en Sébaldie, les gains des jeux sont nets d'impôts. Chaque grande ville du pays a au moins un grand casino ainsi que la majorité des villes moyennes.
          Dans un registre plus populaire, les foires et fêtes foraines attirent toujours de nombreux badauds mais donnent souvent lieu à des rixes collectives, voire à des émeutes.

          L'avènement des écrans, qu'ils soient de télévision ou d'ordinateur, a accéléré cette société de loisirs. Les Sébaldes ne sont pour autant de grands consommateurs de hi-tech, contrairement à l'Océania ou à l'Hokkaido. La télévision reste le média principal, de plus en plus concurrencé par Internet. Les téléspectateurs continuent de raffoler des jeux télévisés : quiz, jeux de logique, jeux physiques, jeux de lettres... La société [url=http://www.simpolitique.com/kalos-eidos-cop-t11003.html]Kalos.Eidos.Cop[/url] a bâti son empire sur ces programmes distractifs. Qui plus est, depuis une dizaine d'années, la télé-réalité a envahi les écrans sébaldes. Voyeurs ? Les Sébaldes ne se le cachent pas et revendiquent leur « droit de s'abrutir », après que celui-ci ait été bafoué durant près de 20 ans.[/justify]

Posté : ven. juin 05, 2015 3:09 pm
par Sébaldie
[center]Découvertes culinaires en Sébaldie
Un pays peu renommé pour sa gastronomie, qui privilégie
les plats consistants, faciles et abordables.[/center]
        • [justify]Loin s’en faut, la Sébaldie n’est pas réputée pour sa gastronomie. Mais au-delà de l’aspect purement gustatif, la cuisine sébalde illustre bien la mentalité de son peuple : territorialement divisé mais idéologiquement uni.

          PEUT-ON PARLER D’UNE CUISINE SEBALDE AU SINGULIER ? À l’étranger, rares sont les restaurants de « spécialités sébaldes ». Les quelques-uns qui osent s’afficher avec cette étiquette sont en réalité malhonnêtes et partiaux. Non seulement il n’existe pas « une » cuisine sébalde mais en plus, de quelle cuisine parle-t-on ? Des grandes tables que l’on dresse une fois par un an ou des tables quotidiennes ? Les différences culinaires marquent les esprits lorsque l’on voyage d’une province à une autre. Si les grandes métropoles comme Stranaberg et Triansa se délectent de spécialités étrangères, le reste du pays est resté à des formes beaucoup plus conventionnelles et traditionnelles. Généralement, la cuisine est composée de ce qui se conserve le mieux parmi les [url=http://www.simpolitique.com/encyclopedie-atlas-sebaldie-statistiques-t10967.html]produits locaux[/url] : la pomme de terre est la reine de nombreux plats, surtout dans la moitié ouest du pays ; la viande de porc – peu chère et abondante – est largement consommée au nord du pays et logiquement épargnée dans des provinces comme le Novacan, à majorité juive. Enfin, les provinces du sud adoptent une cuisine un peu plus fruitée, même si les Sébaldes, de manière générale, préfèrent vendre leurs produits frais que les manger.

          LES SEBALDES N’AIMENT PAS CUISINER ET PERDRE DE L’ARGENT À MANGER. Les courses représentent une corvée pour une majorité de Sébaldes et les raisons sont historiques. Durant la dictature miradkienne, le salaire étant perçu sous forme exclusive de coupons alimentaires entre autres, les commerces ont laissé place à des « centres de ravitaillement », très souvent bondés. Les ménages pouvaient passer une demi-journée entière pour s’approvisionner pour la semaine. Le mode de consommation a peu évolué : avant l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949, les Sébaldes vivaient essentiellement des produits de leur terre, sans chercher une quelconque sophistication. La chute de la dictature en 1968 a permis de poser les jalons de la grande distribution et de la grande consommation. Les méthodes de conservation ont permis aux Sébaldes de se séparer des produits frais.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/842326Image1.png[/img]
          La pomme de terre est l’aliment le plus consommé par les Sébaldes.
          Consistante, peu chère, robuste et surtout polyvalente, elle est idéale.[/center]

          Outre la mise en conserve de produits frais, les Sébaldes optent pour des aliments qui peuvent se conserver facilement de manière naturelle, mais qui sont également consistants. Ils sont ainsi de grands consommateurs de féculents : pâtes, riz, pommes de terre… Ces aliments peuvent être importés ou non, les Sébaldes n’accordent pas une importance particulière à l’origine géographique de ce qu’ils mangent. Le point commun entre tous ces aliments est leur simplicité de préparation. Le moment du repas est largement individualisé : chaque membre du ménage vaque à ses occupations, mange là où il le souhaite sans que cela ne soit preuve d’impolitesse. Les repas en famille autour de la table sont très rares, réservés à des grandes occasions. D’ailleurs, les maisons sébaldes sont souvent dépourvues de grandes tables à manger… on préférera le restaurant pour fêter les événements.

          QUELLE GASTRONOMIE SEBALDE ? La « grande cuisine » est donc très peu répandue en Sébaldie, au profit des brasseries, snacks, friteries, sandwicheries. Toutefois, quelques plats de renommée peuvent susciter l’intérêt des gastronomes mais ils ne représentent pas vraiment une quelconque identité sébalde puisqu’ils ne constituent pas des plats du quotidien. Le coq mariné au coteaux-feldanais est un plat qui allie deux produits de qualité du Feldan : la volaille et le vin. Au Jovan, les agrumes font toute la différence dans une assiette de sole à l’orange. Pâtisserie typiquement sébalde, le « jagodier » se prépare à base de fraises et de génoise.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/417657Image8.png[/img][img]http://img11.hostingpics.net/pics/500337Image10.png[/img][img]http://img11.hostingpics.net/pics/297775Image9.png[/img]
          Coq au coteaux-feldanais - Sole à l'orange - Jagodier gastronomique[/center]

          MÊME LA VIANDE HUMAINE N’EST PAS SEBALDE. Légale depuis 2016, la consommation de viande humaine en Sébaldie reste un mets exceptionnel, prisé par quelques riches et quelques curieux. Près de 99.5 % de la viande humaine consommée en Sébaldie est importée, elle ne peut donc être considérée comme un produit sébalde. Celle-ci est le plus souvent importée de pays peu regardants sur la condition humaine. Pour éviter tout conflit politique, la Sébaldie refuse de communiquer l’origine géographique des produits à base humaine mais tout semble indiquer qu’elle s’approvisionne auprès de pays comme la Rostovie. En revanche, chaque produit est sujet à des contrôles sanitaires stricts. Un temps envisagée, la délégalisation de la consommation de viande humaine est devenue un sujet anecdotique dans le débat public. Fonctionnant avec la devise « Tout ce qui n’est pas explicitement interdit est autorisé », les Sébaldes ne voient pas d’objection à mercantiliser tout ce qui peut l’être, tant que cela est économiquement et écologiquement viable.

          GALERIE DE « SPECIALITES SEBALDES ». La galerie ci-dessous, non exhaustive, présente quelques spécialités qui, à défaut d’être sébalo-sébaldes, sont consommées au quotidien par les Sébaldes.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/729177Image3.png[/img][img]http://img11.hostingpics.net/pics/627001Image4.png[/img]
          Frites-mayonnaise et nuggets de poulet - Purée de pommes de terre aux légumes et à la saucisse de porc - Hachis-boeuf aux oignons

          [img]http://img11.hostingpics.net/pics/216132Image5.png[/img][img]http://img11.hostingpics.net/pics/395671Image6.png[/img][img]http://img11.hostingpics.net/pics/450324Image7.png[/img]
          Croquettes aux carottes - Pain au riz et au levain - Omelette aux légumes[/center][/justify]

Posté : dim. juin 07, 2015 9:10 am
par Sébaldie
[center]L’homosexualité en Sébaldie
Des homosexuels qui, sans bénéficier d’une justice d’exception,
dominent le milieu des affaires et de la politique.


[img]http://img15.hostingpics.net/pics/646383sebaldiegay.jpg[/img]
Gay Pride à Triansa[/center]
        • [justify]Dans sa conception moderne, l’homosexualité peut être définie de manière très simpliste comme l’attirance sexuelle entre personnes du même sexe. Au-delà de cette définition, elle est également un mode de vie qui unit une communauté, voire un réseau influent en Sébaldie.

          PAYS DES DROITS DES HOMOSEXUELS ? PAS SI SÛR. D’une manière générale, l’homosexualité est tolérée par les Sébaldes et n’attise pas de tensions particulières dans le pays. En réalité, les Sébaldes sont totalement indifférents quant aux pratiques sexuelles de leurs voisins. L’Etat accorde un certain nombre de libertés aux homosexuels, dont celles de s’unir civilement et d’adopter des enfants. Le mariage homosexuel n’est cependant pas autorisé en Sébaldie, ni même souhaitée par la communauté homosexuelle, qui préfère les unions facilement cassables, idéales pour les relations sans lendemain auxquelles les homosexuels sont habitués, voire adeptes. Par ailleurs, l’homophobie n’est pas condamnée en tant que telle. En effet, aucune loi ne condamne explicitement l’homophobie et cela afin d’éviter les « délits d’exception ». Un homosexuel qui s’estime discriminé par son orientation sexuelle peut attaquer en diffamation l’auteur de ladite discrimination mais ne pourra pas s’appuyer sur une législation qui lui est propre. Les homosexuels sont avant tout protégés par une jurisprudence qui plaide de plus en plus en leur faveur. En effet, la jurisprudence est progressive : elle évolue au fil du temps et elle tient mieux compte de l’opinion publique, de l’évolution des mœurs qu’une loi qui viendrait interdire autoritairement ce qui était autorisée la veille, à savoir l’homophobie. La justice doit également déterminer si l’auteur présumé homophobe a exercé son droit d’expression ou s’il a eu la volonté de diffamer. C’est la raison pour laquelle les partis politiques peuvent facilement défendre, en Sébaldie, des propos et des propositions qualifiés d’homophobes mais aussi de racistes, de sexistes, eugénistes, etc.

          UNE FORCE ELECTORALE INCONTESTABLE. Le système électoral sébalde favorise les intérêts particuliers à l’intérêt général. Constitués en partis politiques, les lobbies entendent influer sur les décisions publiques. La communauté homosexuelle n’échappe pas à la règle. Le parti politique Gay Politicus, qui jouit d’une représentation parlementaire, entend défendre ses intérêts. Mais l’ensemble des homosexuels ne se reconnaît pas dans ce parti politique et cela démontre que l’homosexualité est partout présente, que ce soit à « gauche » ou à « droite ». Certains responsables politiques homosexuels ont d’ailleurs défendu des principes et des propositions hostiles à leur propre statut d’homosexuel.

          LA COMMUNAUTE GAY NE VEUT PAS L’EGALITE, ELLE VEUT DOMINER. Être homosexuel constitue davantage une passerelle qu’un obstacle aux ambitions politiques et carriéristes. Bien que l’adoption homosexuelle soit autorisée, peu de couples homosexuels font ce choix. L’absence de responsabilités parentales leur permet de gravir rapidement des échelons, de monter en hiérarchie, en tout cas davantage que les personnes dites hétérosexuelles, pères ou mères de famille. Dans tous les secteurs d’activité, nombreux sont les patrons homosexuels, qui ont pu se consacrer à plein temps à leur carrière et à leur épanouissement personnel. Conséquemment, le niveau de vie des homosexuels sébaldes est bien plus élevé que celui des autres Sébaldes. À qualifications et expériences équivalentes, les demandeurs d’emplois homosexuels sont par ailleurs favorisés, puisqu’on leur admet une capacité de travail et une disponibilité plus larges que les autres, sans évoquer bien entendu les promotions-canapés dont ils peuvent jouir. Le « réseau gay » tisse ainsi sa toile et devient nettement influent en Sébaldie.[/justify]

Posté : ven. sept. 11, 2015 2:51 pm
par Sébaldie
[center]Sécurité sociale en Sébaldie
Un système public-privé qui encourage la capitalisation, l'innovation
et la concurrence, largement intermédié par l’État.[/center]
        • [justify]Le système de sécurité sociale sébalde est le fruit d’un consensus entre les partisans d’un Etat providence et ceux d’une compétitivité entre assurances et pensions privées, obtenu au terme de vingt années de débats intenses.

          UN RÉGIME DE BASE FINANCÉ PAR TOUS ET POUR TOUS. Quelle que soit la branche concernée (maladie, retraite, chômage), le système de sécurité sociale est composé d’un régime de base financé par l’ensemble des personnes imposables du pays. Ce régime couvre les besoins des assurés de nationalité sébalde et ceux des étrangers cotisant en Sébaldie le temps de leur séjour en Sébaldie. L’ensemble de la population sébalde ou étrangère étant soumise à l’impôt, même symbolique, le système est donc financé par tous pour tous. Selon des critères variables (âge, invalidité, handicap), cette prestation de base peut être majorée ou non. Seuls les assurés sont mis à contribution pour ce régime de base, les entreprises sont exemptes de toute cotisation. Néanmoins, ce régime de base, ne couvrant que les besoins minimaux, est insuffisant. C’est pourquoi des dispositifs viennent le compléter, fonds de pensions et assurances privées sous contrat étatique notamment.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/736977retraite.png[/img]
          Une pension de retraite à arroser pour qu’elle donne des fruits.[/center]

          LES FONDS DE PENSION RESTENT LA CLÉ DE VOÛTE DU SYSTÈME. Le régime de base, financé par tous par l’impôt sur le revenu, accorde à chaque actif, indépendamment de sa profession, de son statut salarié ou indépendant, une pension de base. Celle-ci est comprise, selon la situation dans laquelle se trouve l’actif entre 40 % et 90 % du salaire minimum. Les critères pour déterminer ce taux sont nombreux : âge, nombre d’annuités travaillées en Sébaldie, handicap, invalidité, situation professionnelle du conjoint, personnes à charge dans le foyer… Chaque actif peut faire valoir ses droits à la retraite dès l’âge de 60 ans mais le système incite à travailler davantage, au moins jusqu’à 65 ans.

          Outre ce régime de base, les actifs cotisent auprès de fonds de pensions prévues par leur convention collective. Ces fonds de pension capitalisent les cotisations des salariés et les investissent généralement dans les secteurs concernés par lesdites conventions collectives. Ainsi, un salarié du BTP verse une cotisation à un fonds de pension, qui lui-même l’investit dans des projets immobiliers. De telle sorte que les salariés investissent dans leur propre secteur d’activité. L’Etat veille à ce que les fonds de pension répartissent le capital-risque dans plusieurs investissements, afin d’éviter toute situation de défaut de paiement. En échange de cette cotisation, les actifs reçoivent une rente mensuelle pour bâtir leur épargne retraite. Au contraire des indépendants et des professions libérales, les salariés ne peuvent choisir les fonds de retraite dans lesquels leurs cotisations seront réinvesties. Néanmoins, ils gardent le choix de signer un contrat dit « à prestations définies » ou « à cotisations définies », qui peut être renégocié tous les ans à leur initiative.
          • Dans le cas d’un contrat à prestations définies, les salariés choisissent non pas le montant des cotisations qui seront prélevées mais la rente qui leur sera versée. En fonction du nombre de cotisants et de la santé du fonds de pension, les cotisations peuvent être minorées ou majorées pour pouvoir verser la rente. C’est généralement le choix qu’opèrent les salariés qui approchent de la retraite et qui veulent s’assurer une épargne stable pour leur retraite, quitte à rogner sur leur revenu salarial.
          • Dans le cas d’un contrat à cotisations définies, les salariés peuvent décider du montant des cotisations à payer : ainsi, les jeunes, qui ne s’inquiètent guère de leur pension de retraite, seront tentés de définir une cotisation réduite, pour pouvoir consommer ou épargner rapidement, plutôt que de se priver d’une épargne dont ils ne pourront bénéficier qu’à partir de 60 ans. C’est un risque qui peut néanmoins se payer, si le fonds de pension pour lequel il cotise est fructueux.
          Ce régime hybride permet à chaque actif de moduler sa contribution sociale selon ses propres besoins et envies, et s’adapte donc aux évolutions économico-sociales de la Sébaldie. L’Etat ne prend à sa charge qu’une partie pour garantir à chacun de ses citoyens le minimum vital, et laisse l’économie de marché déterminer du reste, incitant de fait les actifs à travailler dans les secteurs d’activité porteurs.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/334612dessin2.png[/img]
          L'Etat garantit le minimum vital et sert d'intermédiaire entre l'assuré et son assurance.[/center]

          LE SYSTÈME DE SANTE, RÉGI PAR LE PRINCIPE DE « CONCURRENCE DIRIGÉE ». La mise au point de nouvelles technologies d’imagerie médicale, les innovations médicamenteuses, les nouveaux procédés médicaux ont sévèrement alourdi le coût de la santé en Sébaldie, l’Etat et les citoyens ont particulièrement supporté ce coût dans les années 1990. Sous l’impulsion des libéraux et des sociaux-démocrates au début des années 2000 fut mis au point un système de santé homologue à celui mis en place pour les retraites, comprenant une assurance de base garantie par l’Etat, complétée par un large panel d’assurances privées dites « à la carte ».
          • L’assurance de base, financée par l’impôt sur le revenu de tous les Sébaldes imposables, permet de couvrir tous les soins vitaux, la grande partie des soins médicaux liés aux pathologies de longue durée, la plupart des soins infirmiers, la plupart des médicaments, les services ambulanciers, certains soins de santé mentale et certains soins dentaires.
          • L’assurance privée couvre les soins paramédicaux et les soins non couverts par l’assurance de base. Les assurances sous contrat avec l’Etat ont l’obligation d’accepter les nouveaux demandeurs et ce, indépendamment de leur âge et/ou de leur état de santé, afin de garantir à chacun l’égalité devant les soins. Ces assurances sont dites à la carte parce qu’elles ne couvrent pas toutes, de la même façon, les mêmes soins et parce le demandeur souscrit au remboursement des soins médicaux de son choix en fonction de ses besoins. Le contrat est valable un an à partir de la signature.
          Pour faire face à l’augmentation des prix des traitements pharmaceutiques, l’Etat sébalde a notamment passé une loi dans les années 2000 afin d’obliger les industries pharmaceutiques à rembourser à la caisse de sécurité sociale étatique chaque traitement individuel d’un patient qui ne présenterait aucun effet sur lui ou qui, au contraire, empirerait son état. Ainsi, les patients ont accès à tous les traitements, y compris expérimentaux, et l’Etat, de son côté limite ses dépenses, en étant indemnisé par les industries pharmaceutiques du non-fonctionnement de leurs traitements. En échange, selon les traitements, l’Etat a augmenté de 50 à 250 % la durée des brevets pharmaceutiques pour répercuter ce coût. Cette augmentation de la durée des brevets a profité aux industries pharmaceutiques sébaldes, qui ont pu générer du profit sur leurs marques et produits sur une durée deux à trois fois plus longue, avant qu'ils ne tombent dans le domaine public. Pour éviter que les groupes pharmaceutiques n’appliquent des prix abusifs, l’Etat menace occasionnellement de ne plus rembourser certains produits. Ce compromis a eu pour conséquences la recherche de l’innovation en matière médicale en Sébaldie, pour éviter la vente de traitements trop peu efficaces, mais aussi l’établissement d’un oligopole puissant et influent sur la scène politique.[/justify]

Posté : jeu. nov. 05, 2015 3:56 pm
par Sébaldie
[center]L’aménagement du territoire en Sébaldie
Une phobie de l’étalement urbain de plus en plus irrationnelle mais encore très prégnante.

[img]http://nsa37.casimages.com/img/2015/11/05/151105050230362004.jpg[/img]
Image d’une ville moyenne sébalde typique :
une urbanisation très concentrée pour ne pas éloigner les activités périphériques (ici agricoles)
[/center]
        • [justify]Etat aux compétences largement décentralisées, la Sébaldie se vit avant tout à travers la diversité de ses territoires, aux morphologies et sociologies bien distinctes. Le Sébalde moyen vit dans une ville elle aussi de taille moyenne, dans un appartement très petit au regard du loyer demandé. Agoraphobie ? Non, les raisons sont avant tout historiques, économiques et culturelles.

          UNE SEBALDIE PÉRIPHÉRIQUE LONGTEMPS MISE À L’ÉCART. On entend par « Sébaldie périphérique » les aires géographiques dépourvues de ville moyenne qui jouerait le rôle de catalyseur. Autrement dit, la campagne a toujours été tournée et au service de la grande ville la plus proche et n’a jamais vécu en tant que telle, de manière indépendante. Avant d’obtenir son indépendance en 1815, la Sébaldie fut soumise à l’impérialisme slave, qui ne reconnaissait guère l’existence d’un Etat sébalde mais plutôt un maillon de villes stratégiques, comme Stranaberg, Senheim et Bytce, qui sont aujourd’hui trois des quatre principales villes de la Sébaldie actuelle (avec Triansa, qui n’a connu son apogée que plus tardivement). Un massif mouvement d’exode rural s’est donc orchestré, parfois même sous la contrainte : habiter à plus de 50 kilomètres d’une grande ville était suicidaire, tant au niveau économique que politique. Malgré la décentralisation des pouvoirs étatiques, le pouvoir local est, quant à lui, bien ancré au centre-ville. Un artisan du XIXe siècle ne pouvait survivre que s’il officiait au cœur de la ville, tout devait rester à portée de main des décideurs politiques et économiques. Cette situation tient également à la mauvaise qualité des infrastructures routières extra-urbaines. Le pouvoir impérial slave se fichait éperdument du développement de ces villages périphériques, seule l’intéressait la constitution d’une route commerciale reliant les principales villes sébaldes au reste du royaume. En 1815, la République Sébalde naît et avec elle, l’idée d’un Etat qu’il faut rénover et réformer de l’intérieur. Mais les révolutionnaires avaient un certain mépris pour la classe paysanne, la révolution s’étant effectuée en milieu urbain. De plus, l’idée qu’il faut vivre en ville pour survivre avait gagné l’esprit de nombreux Sébaldes. Pour répondre à cette demande et pour faire face à la saturation des grandes villes, les pouvoirs publics d’inspiration révolutionnaire et républicaine ont donc constitué des villes régionales (en noir sur la carte ci-dessous), vers lesquelles la prochaine périphérie reste tournée. La situation n’évolua guère, même avec la dictature du communiste Igor Miradko entre 1949 et 1968, qui considérait lui aussi que la ruralité n’avait qu’un seul rôle : celui de nourrir les travailleurs urbains.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/576441ReliefVilles.png[/img]
          Stranaberg, Senheim et Bytce sont devenues de grandes villes grâce à une route qui les reliait à destination du reste de l’empire slave.
          Les villes moyennes sont, elles, d’inspiration et de constitution républicaine.
          Le reste de la Sébaldie a toujours été négligé par les pouvoirs publics.
          [/center]

          CONCENTRER L’ACTIVITÉ SUR UN TERRITOIRE RÉDUIT : LA FORCE DE LA BARONNIE URBAINE. Comment se forme donc une ville sébalde typique ? Son développement est avant tout centripète : d’abord privilégier le centre-ville, ensuite les quartiers périphériques et enfin la très proche banlieue. L’étalement urbain est un sujet tabou, tous les élus locaux qui se sont adonnés à cette pratique ont été désavoués à l’échéance électorale suivante. Les municipalités veulent en effet garder le maximum d’espace périphérique, même en friche, pour éventuellement accueillir des entreprises demandeuses de superficie. L’étalement urbain n’est donc qu’à vocation industrielle, jamais résidentielle. Bâtir des lotissements de logements individuels est perçu comme un gâchis de ressources : qui sait, un parc d’attractions, bien plus lucratif, voudra-t-il bien s’installer à la place un de ces jours ? Surtout dans [url=http://www.simpolitique.com/post259943.html#p259943]un pays qui accorde une place prédominante à l'économie de loisirs[/url]. Sauf que ce fantasme est partagé par toutes les municipalités et conduit donc à des quasi-cités-Etats ultra-urbanisées, extrêmement denses, plantées au cœur de la cambrousse. De fortes inégalités subsistent donc entre les maires de ces cités et ceux des villes plus éloignées : les villes urbaines attirent, les villes rurales repoussent. Des baronnies locales se constituent et ont une influence non négligeable auprès du gouvernement.

          UN MODÈLE EN CONTESTATION ? Ce modèle urbain a quelques avantages : il raccourcit considérablement les distances. Les Sébaldes ont tout à leur portée directe : le lieu de travail, le supermarché, les médecins, les administrations, une vie associative, culturelle ainsi qu’une desserte en transports en commun très importantes. On ne peut pas en dire autant des habitants des villes rurales qui, eux, sont éloignés de tout. Mais outre ces inégalités entre Sébalde, le modèle a de notables inconvénients : les villes sont saturées, leurs municipalités dépensent des millions de Bald pour repenser le réseau routier, les prix de l’immobilier ne cessent d’augmenter sous la pression de la demande ([url=http://www.simpolitique.com/post253526.html#p253526]l’assouplissement des exigences locatives[/url] en est l’illustration la plus flagrante) et, plus récemment, l’ouverture du pays à l’immigration a conduit à l’arrivée de communautés étrangères avides d’espace, qui se refusent de vivre dans un placard de 2 m² et/ou qui ne voient pas l’étalement urbain comme une menace. Par clientélisme, des municipalités commencent tout doucement à vendre leurs terrains à des promoteurs immobiliers pour y bâtir des lotissements. Mais le phénomène reste embryonnaire. Illustration de cette contestation, [url=http://www.simpolitique.com/post271112.html#p271112]une initiative populaire nationale, intitulée « La Sébaldie des municipalités ! » (N°17)[/url], a reçu les signatures nécessaires pour que soit interdite l’appellation « village » dans tout document officiel. Par ce simple glissement sémantique, les villes rurales déshéritées veulent être reconnues comme des municipalités comme les autres.[/justify]

Posté : mer. janv. 27, 2016 9:22 pm
par Sébaldie
[center]La politesse en Sébaldie
La sincérité plutôt que la cordialité, le contenu plutôt que la forme

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/81496348BB.jpg[/img]
En Sébaldie, le désintérêt et l’ennui ne se cachent pas, ils se manifestent.[/center]
        • [justify]Les Sébaldes ont la réputation d’être parmi les peuples les plus rustres et impolis du monde. Les nombreux immigrés, des quatre coins du globe, venus s’installer en Sébaldie l’ont appris à leur dépens. Pour autant, il est nécessaire de relativiser ce propos : les Sébaldes aiment seulement « tester » leurs interlocuteurs et sont prêts à accorder leur amitié et leur confiance à la seule condition que ce soit réciproque.

          ON NE SALUE QUE DANS UN CADRE FORMEL. Les formes ampoulées de politesse sont à bannir en Sébaldie. Il est recommandé d’aller directement à l’essentiel, dire « bonjour » ou « au revoir » sont perçus comme non nécessaires, voire même comme une perte de temps. Au lieu de cela, il est de coutume de décliner immédiatement son nom et le motif de son intervention. La conversation n’est pas clôturée par un marqueur de type « Au revoir », ce qui peut troubler certains étrangers qui se demandent s’ils peuvent disposer ou non. Ces règles sont seulement d’usage lors d’un cadre formel, un entretien d’embauche par exemple. Toutefois, les Sébaldes ont conscience que leurs mœurs ne sont pas unanimement adoptées à travers le monde et font l’effort de saluer leurs interlocuteurs lorsqu’ils sont étrangers… même s’ils n’y parviennent pas toujours. C’est la raison pour laquelle les patrons de call-centers internationaux font de plus en plus appel à des Kaiyuanais pour remplacer les autochtones dans leur mission, dont ils reconnaissent leur sens de la politesse, indispensable pour s’adresser aux autres pays. À l’inverse, les Sébaldes peuvent apparaître froids et se rapprochent ainsi de leurs voisins occidentaux plus ou moins proches – varloviens, rostovs, kirépiens, kirkstanais – et préfèrent saluer sans un mot leurs interlocuteurs avec un serrage de main qu’avec un sourire, surtout dans l’Ouest du pays. En effet, sourire à un inconnu est perçu comme un signe de faiblesse ou d’hypocrisie, il n’est d’usage qu’avec les proches. À l’Est de la Sébaldie, plutôt que de dire « bonjour », il est coutume de prononcer en plus le nom de la personne dont on serre en même temps la main. C’est une réelle marque de politesse, qui montre que l’on n’a pas oublié l’identité de cette personne, qu’elle a dû décliner par le passé. Etant donné que l’on décline rarement une nouvelle fois son identité à une personne que l’on connaît déjà, il est préférable d’être doté d’une bonne mémoire en Sébaldie et se souvenir instantanément des prénoms de chacun. Cette modestie dans les gestes se voit ainsi dans le langage : parler fort est impoli et est perçu comme une manière d’imposer son point de vue à l’autre.

          CURIOSITÉ ET VOYEURISME SONT SYNONYMES. Ce qui n’est pas explicitement interdit est autorisé en Sébaldie. Cette maxime vaut également pour les conversations : les Sébaldes n’ont aucun tabou et n’ont pas de gêne particulière à parler de politique, de religion, de mort, d’argent ou même de sexualité à un inconnu. Néanmoins, les Sébaldes des provinces de Novacan, de Detvan et de Zanskan – particulièrement conservatrices - sont plus prudes à ce sujet. Aborder tous les sujets constitue une forme de sincérité et de confiance pour les Sébaldes, qui n’hésitent pas à se renseigner jusqu’aux moindres détails sur la vie, les passions et les opinions de leur interlocuteur. Si certains étrangers perçoivent cela comme une intrusion dans la vie privée, il n’en est rien pour les Sébaldes qui considèrent au contraire que c’est une manière de manifester son intérêt voire son amitié pour la personne. Si un Sébalde ne s’intéresse pas à votre vie et ne vous pose pas de questions a priori indiscrètes, c’est parce que vous ne l’intéressez pas et qu’il s’ennuie avec vous. De la même manière, répondre à un Sébalde que « cela ne le regarde pas » est extrêmement impoli et vexant car vous manifestez clairement la non-réciprocité de l’intérêt qu’il semble porter sur vous. Ainsi, lors des entretiens d’embauche, plus l’employeur s’adonne à des questions indiscrètes, plus la candidature a des chances d’aboutir. La confiance ne s’accorde pas à moitié en Sébaldie : aussi, les Sébaldes prennent-ils rarement la peine de toquer à la porte de leurs amis pour entrer chez eux et n’hésitent-ils pas à regarder par leur fenêtre pour voir si la maison est occupée, sans s’en cacher. Cette curiosité, qui vire sous certains aspects au voyeurisme le plus décomplexé, est à relier avec l’omniprésence de la télé-réalité dans le pays. La Sébaldie est en effet le pays qui produit le plus d’émissions de télé-réalité, en déclinant le concept sous tous ses aspects. De la même manière que l’exhibitionnisme n’est pas formellement interdit en Sébaldie, le voyeurisme est monnaie courante. Les insultes sont plutôt courantes, car gages de sincérité tandis que les discours trop convenus et polis sont vus comme des marques de faiblesse ou de flatterie, dépréciées en Sébaldie.

          [center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/50599688AA.jpg[/img]
          Scène de vie quotidienne en Sébaldie : des vis-à-vis pour montrer que l’on n’a rien à cacher.[/center]

          ENTRE COMMUNAUTARISME ET INDÉPENDANCE SOLITAIRE. Il est de coutume d’affirmer que les Sébaldes ne s’aiment pas entre eux, la société sébalde est éclatée en milliers de micro-communautés qui défendent chacune leurs intérêts, et le Parlement national est le meilleur endroit pour s’en rendre compte, une vingtaine de formations politiques différentes étant représentée. Les communautés se forment selon des critères très variés : religion, race, politique, loisirs, mode de vie ; chacun est pour ainsi dire membre d’une micro-communauté, parfois sans le savoir… Les Sébaldes n’hésitent pas à manifester de manière ostensible à quelle obédience ils sont sensibles. Toutefois, surtout dans le sud catholique du pays, ils n’apprécient pas l’opulence, l’ostentation des richesses, sauf dans la province juive du Novacan qui, de toute manière, se définit comme « étrangère à la Sébaldie ». Cela tient à la fois aux mœurs religieuses et au [url=http://www.simpolitique.com/post259497.html#p259497]passé communiste du pays entre 1949 et 1968[/url]. S’ils s’intéressent autant à la vie privée de leurs interlocuteurs, c’est avant tout pour savoir s’ils appartiennent à la même communauté, ce qui les distingue et leur ressemble. Individuellement, les Sébaldes sont attachés à leur liberté et se refusent à ce qu’on la leur prive. Au niveau vestimentaire, cet attachement est très visible : on s’habille comme on veut en Sébaldie, il n’est d’ailleurs pas interdit aux hommes de se promener torse nu et le topless pour les femmes est autorisé dans certaines municipalités. Au contraire, se montrer trop couvert peut être vu comme suspect. Mais quoi qu’il en soit, il convient de ne pas regarder de travers un Sébalde qui aurait adopté une tenue excentrique ; c’est un pays où les individualités s’expriment librement et de manière ostentatoire. Avoir les mains dans les poches ou croiser les bras pendant une conversation ne constituent pas davantage une forme d’impolitesse. Essayer d’imposer son point de vue comme son mode de vie sont des comportements à bannir, même si les Sébaldes n’hésitent pas à le faire à travers les initiatives populaires nationales, où ils projettent sur l’ensemble du territoire leurs propres lubies. Il n’y a pas de règles à table puisque les Sébaldes, dans leur appartement, disposent eux-mêmes rarement d’une table familiale autour de laquelle on partage un même repas. Au contraire, le plateau-repas est très répandu et chacun peut manger isolément des autres.[/justify]

Posté : dim. avr. 03, 2016 7:13 pm
par Sébaldie
[center]Les municipalités sébaldes frontalières et leurs « grenswinkels »
Des municipalités sans identité devenues temples de la consommation transfrontalière

[img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/03/160403091807602923.png[/img]
Exemple de « grenswinkel » (frontière Sébaldie-Constance) où se vendent frites fraîches, alcools,
chocolats, jouets, bonbons, pornographie, tabac, jeux à gratter…
[/center]
        • [justify]« La Sébaldie vend ce qui ne se trouve pas chez les voisins ». Cette assertion, tirée d’un imprimé publicitaire édité par un « magasin de frontière » (« grenswinkel » en néerlandais), symbolise une caractéristique propre aux municipalités frontalières avec les pays étrangers. Ces municipalités, souvent dépourvues de la moindre identité, profitent de leur position frontalière géographique avantageuse pour offrir aux clients étrangers des produits que la législation libérale sébalde leur permet. Une aubaine pour les clients… et pour les finances publiques.

          DES « GRENSWINKELS » DE TOUTES SORTES. Frontalière notamment de la Varlovie, la Constance et l’Elésie, la Sébaldie a très tôt su exploiter le potentiel de sa politique permissive et économiquement libérale. Les municipalités frontalières sont être esthétiquement très laides : on dit généralement que dans ces communes, « il y a davantage de néons que d’arbres et d’oiseaux réunis ». Les grenswinkels, qui ont pris possession des anciennes bâtisses annexes des douanes ou des anciennes maisons des employés aux douanes, n’hésitent pas par des logos tape-à-l’œil et des néons éblouissants à annoncer la couleur. Certaines rues ne comptent pratiquement aucun habitant, les bâtisses étant exploitées à des fins purement commerciales, sans logique apparente. S’alignent côte-à-côte dans des rues très rectilignes bureaux de tabac, petits casinos, bureaux de paris, maisons closes, boutiques de bonbons, de jouets, de mode, clubs gay, magasins de boissons alcoolisées… et depuis [url=http://www.simpolitique.com/post274799.html#p274799]la légalisation début 2029 de la consommation du cannabis[/url] fleurissent des petits salons fumeurs qui tentent de survivre à la concurrence acharnée qui se joue depuis. Il faut dire que les places se valent très cher : les commerces versent un loyer deux à trois fois supérieur par rapport à ce qui se pratique dans les municipalités voisines non frontalières. Ces véritables bazars fourre-tout s’affranchissent parfois des règles légales, sanitaires et de sécurité en vigueur dans le pays, sans que ne s’en émeuve l’Etat sébalde puisque l’essentiel de la clientèle est étrangère. Des jouets contrefaits dangereux en provenance du Wapong côtoient les vêtements eux aussi contrefaits dans des commerces sinistres mais toujours noirs de monde. Cette situation n’est pas sans créer de micro-incidents diplomatiques entre la Sébaldie et ses voisins directs. Le cannabis parvient à passer les frontières à destination de la Varlovie, de Constance ou d’Elésie, malgré les contrôles douaniers (qui, il faut le dire, sont parfois superficiels) alors que la législation de ces pays-là en interdit formellement toute possession et de consommation. Il suffit de franchir une ligne imaginaire, matérialisée par des bureaux de douane, pour savourer d’un côté les plaisirs interdits de l’autre côté.

          LES DOUANES SEBALDES DUTY-FREE. Particularité sébalde : certains bureaux de douanes font également office de commerces « duty-free », autrement dit des boutiques non assujetties aux taxes nationales, telles que la TVA. Officiellement, l’objectif est de « mieux contrôler la consommation des clients étrangers qui franchissent la frontière sébalde ». En réalité, c’est juste un prétexte pour calmer les craintes des Etats voisins de la Sébaldie, tout en vendant à des prix cassés des produits de tous horizons. L’Etat a accordé à ces boutiques improvisées une licence « duty free » leur exonérant de taxes pour calmer les susceptibilités de ses voisins, qui n’apprécient guère qu’une République Sébalde voit dans ses ressortissants des poules aux œufs d’or. L’absence de taxe – et donc de retombées fiscales pour la Sébaldie - constitue pour ainsi dire une marque de sincérité, d’autant que ces boutiques n’hésitent pas à vendre des produits varloviens, de Constance ou d’Elésie pour là encore calmer le jeu. Dans ces boutiques, on ne vend pas de produits ou services « sensibles » comme le cannabis ou la pornographie. Pour ce faire, il faut parcourir une centaine de mètres pour trouver son bonheur.

          [center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/04/03/160403091807433041.png[/img]
          Carte des municipalités de « grenswinkels »
          En rouge vif : les principales municipalités de consommation transfrontalière
          En rouge pâle : les municipalités secondaires de consommation transfrontalière[/center]

          CES COMMERCES QUI FONT LA VILLE… Dans la très large majorité des cas, les municipalités frontalières manquent de cachet. Du fait de leur caractère foncièrement excentré, elles ont été tenues à l’écart des politiques d’aménagement du territoire et se sont vues cantonner au rôle de villes-dortoirs pour les douaniers et villes-entrepôts détenant les produits saisis. Cette situation a perduré jusqu’au sortir de la dictature communiste miradkienne et ce n’est qu’à partir des années 1980 que leur potentiel a été étudié et exploité. Alors que la Sébaldie prenait la voie d’un certain libéralisme économique, malgré des politiques interventionnistes encore nombreuses, ses voisins étaient plus prudents. Les politiques de libéralisations économique et sociétale ont permis d’attirer une clientèle jusque-là ignorée : les frontaliers. Les bâtiments publics et les propriétés privées ont été cédés en masse à de potentiels commerçants, souvent des marchands nomades en quête de sédentarisation et qui ont réussi, au gré de leurs voyages à travers la Sébaldie, le Jeekim, voire la planète, tissé des contacts et des réseaux intéressants. Le succès des grenswinkels tient en effet à la débrouillardise de ses commerçants, qui achètent en gros de telle sorte à vendre au prix le plus bas possible sans rogner sur leurs marges. Ces commerçants, mal vus de prime abord par les riverains, ont fini par s’installer dans le paysage local. Ces municipalités, qui n’ont ni lieu d’intérêt touristique, ni lieu de plaisance, ni grande administration, ni grande industrie, ont fini par se trouver une identité, celles de temples de la consommation transfrontalière.[/justify]