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Posté : mer. févr. 25, 2015 1:14 pm
par Kim
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/733835culture.png[/img][/center]


SOMMAIRE

Arts

[url=http://www.simpolitique.com/post281613.html#p281613]1. Contorsionnisme choson, patrimoine immatériel national[/url]

Gastronomie

[url=http://www.simpolitique.com/post253446.html#p253446]1. Les processus de préparation de la viande[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post267549.html#p267549]2. Sociologie du lait dans la culture chosonne[/url]

Grande figure

[url=http://www.simpolitique.com/post257731.html#p257731]1. Le culte de Taego Wang[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post283687.html#p283687]2. Moh Su-bin, le communiste héros de la révolution démocratique[/url]

Habitat

[url=http://www.simpolitique.com/post253181.html#p253181]1. La yourte[/url]

Lieux

[url=http://www.simpolitique.com/post261872.html#p261872]1. Le désert de Sabal[/url]

Sport

[url=http://www.simpolitique.com/post254100.html#p254100]1. Le sonmudo, art martial ancestral[/url]

Vêtement

[url=http://www.simpolitique.com/post254411.html#p254411]1. La jaekis[/url]

Posté : mer. févr. 25, 2015 1:19 pm
par Kim
Habitat (1) - la yourte



[img]http://img11.hostingpics.net/pics/833726yourte1.jpg[/img] [img]http://img11.hostingpics.net/pics/319247yourte2.jpg[/img]


La yourte chosonne, ronde et basse, est une habitation familiale démontable et transportable qui suit les nomades dans tous leurs déplacements. Elle comprend une pièce unique ordonnée autour d'un poêle central. Avec la sédentarisation rapide, de nombreux habitants se sont bâti des maisons en dur mais la yourte a été gardée au moins pour de courts déplacements, ainsi que pour conserver les réserves de nourriture. Il n'est pas rare de voir les familles disposer d'une habitation en dur aérée pour l'été et une yourte pour l'hiver dans le jardin.

Traditionnellement, la yourte se compose d’une armature de bois recouverte de feutre blanchi et d’une toile imperméable en coton. Sa rondeur lui permet de résister au vent de la steppe, qui peut souffler très fort lorsqu’il s’engouffre sur les hauts plateaux. Les murs sont formés de treillis repliables reliés par des cordages, et la charpente, constituée par des perches supporte la coupole. Plusieurs lits qui servent de sièges pendant la journée sont disposés sur le pourtour, et l’ameublement est complété par des coffres, une armoire ou une commode et de tables basses où l’on dispose la nourriture. La seule ouverture est la porte d'entrée, à l'opposé de laquelle se trouve traditionnellement le lit du chef de famille. En principe, la porte est orientée vers le sud mais cela peut varier si le terrain l'impose : la porte doit faire face à la rivière, être placée vers l'aval sur un flanc de montagne, dans la direction opposée du vent dans un défilé.

La yourte n’est pas seulement pratique mais remplit aussi une fonction symbolique. Elle figure l’univers par sa forme ronde. La porte relie les mondes de l’intérieur et de l’extérieur et symbolise le pouvoir de la famille : quand on pénètre dans la yourte, il faut enjamber le pas de la porte, pour ne pas piétiner les valeurs familiales qu’il représente. A l’intérieur, le centre représente la Terre et la coupole symbolise l’union de la Terre avec le Ciel : l’ouverture qui laisse passer la fumée du poêle central permet les échanges entre l’humain et le divin. Compte tenu de sa valeur religieuse, il est évident que la vie y obéit à des codes précis. C’est au fond, face à la porte, que l'espace est le plus sacré : l’autel des ancêtres et les objets de valeur sont placés là, et c’est là que résident le maître de maison et le parent le plus âgé. Une séparation est/ouest divise aussi les habitants suivant leur sexe, leur âge ou de leur statut en fonction de la situation.

Les touristes qui viennent visiter le Choson ont tous l'objectif de pouvoir passer au moins une nuit dans une yourte qui est l'un des symboles les plus célèbres du pays. Pour cela, ils peuvent compter sur le grand sens de l'hospitalité des chosons qui accueillent et hébergent volontiers les étrangers qui se présentent. Il est interdit de frapper à la porte d'une yourte ou de demander à y être invité. Généralement les visiteurs sont vus arriver de loin et c'est l'hôte qui vient à leur rencontre pour les accueillir. Dans le cas contraire, il faut se faire annoncer en approchant de la yourte pour laisser le temps aux propriétaires de venir vous accueillir.

Posté : sam. févr. 28, 2015 10:55 am
par Kim
Gastronomie (1) - les processus de préparation de la viande



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Tout au long du processus de production, de l'abattage jusqu'à la cuisson, interviennent des pratiques symboliques destinées à nier la mort de l'animal et à en excuser l'éleveur. Abattre une tête de bétail doit toujours trouver une justification. Le besoin en viande de la famille peut légitimer l'abattage mais on lui préfère la visite d'un hôte, un festin, une cérémonie etc...

Dans la tradition bouddhiste chosonne, le sang des animaux est sacré et porteur d'énergie, il est donc interdit de le perdre par exemple en le laissant se répandre au sol. Pour abattre un animal, activité masculine, la première opération consiste à effectuer une entaille verticale sous le sternum et au dessus de l'abdomen. L'éleveur glisse alors la main dans cette partie creuse et sans viande, constituée de graisse, jusqu'au cœur pour sectionner l'aorte. Le sang ne doit pas être versé sur le sol, en se concentrant dans l'abdomen il servira ensuite à faire du boudin.

Pendant le dépeçage, certaines parties du squelette nécessitent des soins précis. Diverses règles et interdits pèsent sur les articulations. Le dépeçage suit les articulations du squelette car on ne doit jamais casser ou couper les os. Chez les chosons, préserver l'intégrité des os de l'animal comme de l'humain permet la réincarnation de l'âme. Au début de dépeçage, les femmes récupèrent et préparent les viscères qui seront ensuite dégustées chaudes avant la viande.

Faire bouillir les aliments est le mode de préparation culinaire préféré des chosons car elle permet à la viande de conserver une grande partie de sa graisse. Les aliments subissent toujours un processus de transformation, rien n'est mangé cru. La viande est toujours servie attachée à son os.

Posté : dim. mars 08, 2015 11:10 am
par Kim
Sport (1) - le Sonmudo, art martial ancestral



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Le sonmudo est un art martial interne enseigné et transmis par les moines Son, unique école du bouddhisme au Choson. Sa pratique instaure une harmonie entre le geste, le mental et la respiration. Les techniques, assises, debout ou en déplacement harmonisent le « ki », vitalisent les organes et renforcent en douceur le système immunitaire, articulaire et osseux.

La pratique du yoga Son synchronise le mouvement et la respiration. Par son enchaînement de postures, elle crée un courant d'énergie qui réchauffe le corps, oxygène le sang, nourrit les glandes et les organes, nettoie le système nerveux et brûle les toxines. Il est prouvé que ces pratiques douces et régulières favorisent une meilleure harmonie entre les différents systèmes de l'organisme, permettent de mieux respirer et luttent contre le stress.

Sa pratique se fonde sur trois principes : le contrôle du mouvement qui doit être naturel, lent et détendu, le contrôle de la respiration qui doit être lente et synchrone avec le geste et le contrôle de la pensée. Cette gymnastique est faite de mouvements effectués au ralenti, sans effort musculaire, sans acceleration du cœur ou de la respiration. Sa pratique n'inclut pas seulement des mouvements mais aussi des positions statiques du corps pour des exercices de concentration et de visualisation. Le Sonmudo se pratique généralement en plein air, en groupe et à tout âge.

Posté : mer. mars 11, 2015 10:47 am
par Kim
Vêtement (1) - la jaekis



[img]http://img11.hostingpics.net/pics/946216choson.jpg[/img]


Le vêtement traditionnel choson est la jaekis qui consiste en une sorte de pardessus portée aussi bien par les hommes que par les femmes, la seule différence entre les sexes venant de la couleur, des motifs ou de la longueur. Chaque choson en possède plusieurs qu'il porte en fonction des saisons ou des occasions : celles en soie pour les cérémonies, celles en coton ou en feutre pour le quotidien et celles en peau pour l'hiver.

La jaekis est un vêtement parfaitement adapté aux différentes situations de la vie nomade et peut avoir de nombreuses utilités : elle protège complètement du vent, du froid et de la pluie, elle peut servir de couverture pour les nuits dans la steppe, elle sert de paravent avantageux quand aucun élément du paysage ne préserve des regards, particulièrement utile pour les femmes au quotidien pour se soulager ou faire un brin de toilette.

Leur coupe est généralement simple et confortable, ajustée pour un port aisé en toute situation. La jaekis présente un col haut et une ouverture frontale asymétrique permettant un recouvrement complet avec une fermeture par boutons au dessus de l'épaule droite, sous le bras et au niveau de la cuisse. Les pans croisés du manteau sur le ventre et la poitrine, soutenus par une ceinture, forment une sorte de poche dans laquelle les nomades glissent toute sorte d'objets personnels. La jaekis est habituellement coupée d'une seule pièce et brodée de décors le long du col et des brodures.

Posté : ven. avr. 24, 2015 11:49 am
par Kim
Grande Figure (1) - le culte de Taego Wang



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Taego Wang signifie littéralement le « souverain universel » et désigne le titre porté par les rois des steppes. En règle générale, sans autre précision, ce terme désigne avant tout le premier de ces rois, le Taego Wang Cho-Seon qui va fonder le royaume du même nom. Ce dernier est considéré comme le père de la nation chosonne, une figure légendaire entourée d'un grand respect encore aujourd'hui. Au contraire, le Taego Wang Cho-Seon est considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire dans les régions du sud-makara ravagées par ses guerriers et ses successeurs suite à l'unification des hordes, de l'Eran à la Roumalie, et jusqu'au Wapong.

Né en 1135, il est reconnu par les moines bouddhistes comme la réincarnation du moine Gyo-gak, qui a introduit le bouddhisme au Choson en intégrant les croyances chamanistes à ses pratiques. Cela vaudra à Cho-Seon le titre de Taego Seiji, un titre qui sera longtemps confondu avec celui de Taego Wang, mais qui désigne depuis la chute des rois des steppes et jusqu'à aujourd'hui encore le chef spirituel du bouddhisme seon. C'est sous ce titre là, avant de dominer les steppes, qu'il va unifier les différentes écoles du bouddhisme au Choson pour n'en former qu'une seule, qui va former l'ordre Ahobsan, encore actif aujourd'hui.

Aujourd'hui, les chosons vouent un véritable culte à Taego Wang. Après une domination roumalienne de presque cinq siècles sur le territoire nomade, qui ont mené une campagne idéologique contre lui pour son implication dans la perte de la province de Caoyuan, et presque un siècle de régime communiste qui interdisait la pratique du bouddhisme et la connaissance de l'histoire nationale, les chosons sont partis à la recherche de leurs héros nationaux après la révolution démocratique de 2018. Et ils l'ont trouvé lui, Taego Wang, le seul héros de la nation chosonne. La naissance du culte de Taego Wang trouve sa source dans un fort sentiment nationaliste qui émerge à partir du vide idéologique postsocialiste et s'accompagne de la recherche d'un modèle identitaire : chamanisme, bouddhisme, nomadisme...

La mémoire de Taego Wang joue un rôle clé dans le Choson contemporain et ses habitants honorent régulièrement son culte, par exemple en érigeant de nombreux monuments commémoratifs, dans le nom de nombreux lieux ou spécialités, par des films ou documentaires, sur les billets de banque et autre.

Posté : lun. juin 15, 2015 12:43 pm
par Kim
Lieux (1) - le désert de Sabal



[marquee=scroll|left|10][img]http://img11.hostingpics.net/pics/650543slide6.png[/img] [img]http://img11.hostingpics.net/pics/464164greatdesert.jpg[/img] [img]http://img11.hostingpics.net/pics/159538destinationmedias32.jpg[/img] [img]http://img11.hostingpics.net/pics/8033741006225.jpg[/img][/marquee]


Couvrant à lui seul près de 30% du territoire choson, le désert de Sabal est une vaste région qui s'étend de façon discontinue sur l'ensemble du territoire dans les zones de dépressions. Le désert de Sabal doit son nom à ces vastes cuvettes argileuses, et il serait plus juste de parler de déserts de Sabal au pluriel car il existe en réalité 33 déserts différents aux multiples facettes avec leurs succession de steppes salines et semi désertiques.

Contrairement aux images fréquemment associées aux déserts, le Sabal est davantage recouvert de pierres que de sable. Les paysages sont divers, on y trouve de vaste plaines de steppe, de terre, de pierres ou de sable, d'imposantes chaînes de montagnes ou des dunes pouvant atteindre plus de 800 mètres de haut. Le climat présente d'importante variations selon la saison : torride en été (+38°C en moyenne), il est glacial en hiver (-25°C en moyenne), ce qui en fait le désert le plus froid au monde après l'antarctique. Le désert est balayé par des vents puissants.

Souvent imaginé comme une région hostile et inhabitée, le désert de Sabal renferme un très riche écosystème et est considéré comme l'une des plus grandes biosphères de la planète. Le désert est la patrie de quelques 6 000 familles nomades, majoritairement éleveuses de chameaux. Ces familles sont contraintes à une quête perpetuelle de nouveaux pâturages pour leur cheptel d'où une vie nomade plus prononcée que dans le reste du pays. Le chameau est parfaitement adapté au climat rude du Sabal, son épais pelage le protégeant du froid intense. Il procure aux nomades un cachemire de qualité, il est élevé pour sa viande et le lait des chamelles et son crottin est utilisé comme combustible, le seul disponible dans certaines régions.

Posté : lun. sept. 07, 2015 11:59 am
par Kim
Gastronomie (2) - sociologie du lait dans la culture chosonne



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Les techniques de fabrication des produits laitiers révèlent toute une organisation économique et domestique : les femmes traient les femelles des espèces qu’elles élèvent en fonction du milieu écologique, stockent le lait, le font chauffer et le transforment. Elles détiennent les savoir-faire de fabrication artisanale des produits dérivés du lait, transmis de mère en fille. Sous une apparente homogénéité, il existe en réalité des variations de fabrication selon les régions et l’espèce animale comme des spécificités qui visent à modifier légèrement le goût (sucré, salé) et la texture (dure, friable) des produits. Les produits laitiers constituent une catégorie d’aliments porteurs de valeurs, de symboles culturels et identitaires en lien avec un passé historique emblématique. Véritable matière sociale, le lait et ses dérivés soutiennent et révèlent un système métaphysique proprement choson et un mode de relation aux vivants, aux morts, aux esprits-maîtres de la nature et autres entités.

Les modalités d’offrande et de consommation des produits laitiers

Le quotidien des éleveurs, précisément des femmes, est rythmé par les traites et, en été, par la fabrication des produits laitiers et leurs différents modes de conservation (séchage en été, congélation en automne et en hiver) qui leur confèrent une régularité dans la consommation. Les modes et modalités de consommation ainsi que les manières d’offrir et de manger les produits laitiers montrent que la culture chosonne est fondée sur une conception de l’hospitalité typique des éleveurs nomades. Les laitages formés de résidus des produits de base, comme les fromages séchés, sont maigres et considérés comme étant moins nourrissants. Inversement, les produits de base sont gras et nourrissants. De ce fait, les uns sont socialement dépréciés et de cette dévalorisation découle une manière de les présenter, de les offrir et de les consommer qui diffère des autres produits laitiers, qui sont honorifiques. Le lait et les produits dérivés du lait constituent une catégorie d’aliments préférentielle désignée par l’expression « aliments blancs » évocatrice de leur couleur. Parce qu’ils dérivent du lait, les « aliments blancs » quand ils sont offerts et consommés à l’occasion d’événements festifs renferment alors une symbolique et des caractéristiques appropriées aux exigences rituelles de la fête.

L’offrande matinale : le « dessus » du thé au lait

Tous les matins, les femmes des campements stockent le lait de la traite dans des seaux métalliques. Quand le thé a infusé, elles ajoutent un demi-litre de lait fraîchement trait pour préparer du thé avec du lait. Avec la louche elles prélèvent alors de la couche supérieure des contenants remplis les prémices du thé au lait, que les chosons appellent le « dessus » ou « meilleur ». Le liquide est projeté en l’air en direction des quatre orients et l’aspersion est alors adressée à la terre et aux esprits-maîtres de la nature, ou encore en direction de la montagne, lieu de résidence des âmes des ancêtres qui surplombe le campement. Pour être offertes, les gouttes doivent non pas retomber sur le toit de la yourte, mais sur la terre. Pendant qu’elles effectuent le geste d’aspersion, les femmes murmurent ou récitent mentalement des formules de bénédiction bouddhiques, des paroles d’appel du bonheur, sous-entendu la bonne santé et la réussite des membres du foyer, ainsi que le bien-être du troupeau. Elles peuvent également s’excuser de fautes récemment commises. Les femmes qui doivent commémorer un mort décédé récemment (moins d’un an), versent dans une coupelle une partie des prémices du thé au lait avant d’effectuer l’aspersion rituelle car le mort doit recevoir le dessus du « dessus » de l’offrande, il doit être le premier à recevoir les prémices du thé au lait.

L’assiette d’hospitalité : les « dessus » et les « dessous » du lait

Les journées des éleveurs sont riches de visites. Dès l’entrée des visiteurs sous la yourte, avant même que les salutations ne soient prononcées, une assiette leur est systématiquement présentée. Cette assiette d’hospitalité se compose traditionnellement de laitages frais et gras sur le dessus, et de laitages séchés et maigres dans le fond. L’assiette est posée sur une table basse devant les visiteurs, hommes et femmes, qui prennent place dans la partie honorifique de la yourte. Les visiteurs se voient alors offrir un bol de thé au lait. Les visiteurs sont tenus de ne prélever que des laitages honorifiques dit « du dessus ». De nos jours, de nouveaux aliments viennent orner l’assiette d’hospitalité : des tranches de pain et des biscuits industriels. Ces farineux ne présentent aucune des caractéristiques valorisantes des laitages dits « du dessus », qui sont frais et gras et qui sont fabriqués à partir d’un aliment traditionnel, le lait. Ils garnissent donc le fond de l’assiette, et remplacent parfois les fromages séchés. Les visiteurs ne prélèvent aucun des aliments situés dans le fond de l’assiette, ces aliments « du dessous » que les hôtes consommeront au cours de la journée et des journées suivantes, en les trempant dans du thé.

Le Nouvel An lunaire : des produits laitiers sur le dessus

Le Nouvel An lunaire est célébré à la fin de l’hiver, à une date calculée chaque année par les moines dirigeants du monastère de Damanjihye, principal centre d’enseignement bouddhique situé à Cheongpul. La fête du Nouvel An se déroule sur trois jours : le jour du grand ménage, le jour de fermeture de l’année et le jour d’ouverture de la nouvelle année. Dans un premier temps, les familles procèdent à un grand ménage, comme pour balayer l’année écoulée et laisser la place à une nouvelle année. Puis, le soir du réveillon, à l’heure où le ciel se ferme (le soleil se couche) et quand chacun a fermé son corps (boutonné ses habits de fête et fermé son corps par le port d’un chapeau ou d’un foulard), les familles du campement s’appliquent à bien fermer l’ancienne année en s’offrant et en consommant des nourritures « fermées ». La queue grasse du mouton, partie fermant le corps de l’animal sur pied, constitue une part de choix du plat traditionnel de mouton entier bouilli. L’année se ferme par la consommation de plats carnés, noirs, par opposition à la nouvelle année qui s’ouvre avec la consommation de plats lactés, blancs. Le dernier jour de fête est le jour d’ouverture de la nouvelle année, c’est le « premier nouveau jour ». De ce jour en particulier dépend tout ce qui adviendra au cours de l’année. Ainsi, les familles favorisent le bon déroulement de l’année en offrant à manger des « aliments blancs », fastes, incarnant la prospérité et le bonheur, à un grand nombre de visiteurs extérieurs au campement. Au petit matin, les familles décongèlent des « aliments blancs » frais et gras : de la peau crémeuse du lait, du « beurre blanc », du « beurre jaune » et du fromage frais. Puis, une grande quantité de yaourt et de lait pour préparer une bouillie épaisse et sucrée de riz et de raisins secs. Les femmes montent alors des pyramides de gâteaux, elles déposent des fromages séchés à leur base, sur le « dessous », et des laitages frais et gras à leur sommet, sur « le dessus ».

La naissance et la mort : évolutions de la symbolique des produits laitiers et du lait

La naissance est un événement heureux, et cependant caché pour ne pas exposer le corps du nouveau-né aux âmes errantes et esprits affamés qui s’y logeraient en vue d’y être nourris. Le matin du retour de l’accouchée et du nouveau-né sur le campement, la mère de l’accouchée prépare pour tous les membres du campement une bouillie de riz cuit dans du yaourt additionné d’un peu de farine et de sucre en poudre. La consommation de cette bouillie blanche avant l’arrivée de l’accouchée est une marque de respect et souhaite la bienvenue au nouveau-né. C’est littéralement « la fête d’être avec un nouvel être ». Pour autant, personne ne visite l’accouchée et le nourrisson pendant un mois. Ces deux êtres sont fragiles : la mère a les os disloqués pour permettre l’accouchement, le nourrisson n’a pas encore les os soudés et son corps n’est pas fortifié. Ils sont momentanément isolés par mesure de protection. Pendant cette période de confinement, la mère est contrainte à un régime maigre pour rétablir l’équilibre de son corps échauffé par l’accouchement et souillé par le sang. Un mois après, le repas de célébration de la naissance commence et finit impérativement par une consommation de thé au lait et d’une bouillie épaisse et sucrée de riz et de différents laitages que les femmes associent à leur convenance. Des produits laitiers frais et séchés sont présentés dans des grands plats et chaque convive est tenu de se servir copieusement et d’en rapporter chez soi. La présence des « aliments blancs » marque la fin du régime maigre de l’accouchée et du nouveau-né. Leur consommation par l’accouchée et la famille purifie les deux corps jusque-là souillés, concrétise la resocialisation de la mère et la socialisation du nouveau-né et les place sous de bons augures.

Les « aliments blanc » et le blanc prennent un autre sens dans le cadre des pratiques funéraires. Événement considéré comme étant néfaste par le clergé bouddhique, la mort d’un humain est dissimulée par les membres de la famille, qui effectuent divers rites d’inversion de l’ordinaire pour protéger l’âme de leur mort que des âmes errantes affamées dévoreraient volontiers. Considérant le corps du mort comme étant une souillure majeure, les moines ne s’investissent pas dans les traitements physiques du cadavre. La famille se charge donc d’enterrer ses morts. La famille effectue des purifications externes et internes faisant intervenir l’utilisation et la consommation des « aliments blancs ». Avec un mélange d’eau et de lait, les femmes lavent le cadavre et la yourte où il a séjourné avant d’être mis en bière et enterré. Avec ce même mélange blanc, les membres du cortège funéraire se lavent les mains et le visage à leur retour du cimetière, pour se purifier du contact avec le corps du mort. Enfin, pour blanchir l’âme du défunt, la famille offre une multitude de nourritures « blanches » aux membres de la famille étendue, aux voisins et à tous les visiteurs venus présenter leurs condoléances. Pour clore la période de deuil de 49 jours, pendant laquelle les membres de la famille restreinte du mort sont socialement isolés (ils ne travaillent pas et ne reçoivent aucune visite), le repas comprend des « aliments blancs » pour mettre fin à la période noire de deuil. C’est le repas des « dix mérites blancs » : thé au lait, bouillie sucrée de lait et de riz, soupe de thé au lait avec millet et petits raviolis de viande grasse, bouillie de lait et de yaourt, « beurre blanc », bonbons, morceaux de sucre, gâteaux-semelle, différentes sortes de fromages séchés, etc. Ce repas est consacré aux enfants qui représentent par analogie les nouveau-nés dans lesquels les âmes des morts sont destinées à renaître.

Du gouvernement aux éleveurs

Le regain d’intérêt pour les produits laitiers traditionnels, compte tenu de leur importance sociale et culturelle, se ressent à travers les actions du gouvernement qui entend réapprovisionner les étalages des marchés et magasins alimentaires des villes et notamment de la capitale en produits laitiers chosons. Il était en effet jusque-là plus facile de trouver dans ces magasins des produits laitiers industriels étrangers que des produits chosons artisanaux. Le délabrement des infrastructures de transformation et de transport consécutif à la fin du régime socialiste en est la principale explication. Aujourd’hui, sur les étals des marchés urbains et dans les petits magasins et supérettes de la capitale, les produits laitiers chosons de production industrielle ont repris toute leur place et les importations ont fortement diminué. C’est aussi dans ce but qu’ont été mis en œuvre la politique de développement des entreprises et le programme national de soutien aux petites et moyennes entreprises. Cette politique de développement des entreprises concerne, entre autres, les entreprises d’élevage, et est supposée les encourager à passer d’une transformation primaire à une transformation secondaire par la fabrication de produits finis prêts à la consommation.

Posté : sam. avr. 16, 2016 1:33 pm
par Kim
Arts (1) - contorsionnisme choson, patrimoine immatériel national



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Les contorsionnistes chosons sont réputés être parmi les meilleurs dans le monde du spectacle. Recrutés par les cirques les plus prestigieux, ils font figure de référence. Au Choson, les enfants rêvent de vivre une carrière internationale à l’image de leurs idoles et leurs familles les encouragent souvent dans ce sens. Considérée comme un vecteur d’ascension sociale, cette discipline artistique déchaîne les passions. La mise en scène des numéros s’est modernisée depuis la chute du communisme pour s’adapter aux tendances et aux goûts actuels, mais non sans inquiéter les défenseurs d’un art considéré comme patrimoine immatériel national.

La contorsion chosonne se trouve dans une impasse cernée par la mondialisation et les impératifs du monde moderne. Le gouvernement a proposé une dizaine de mesures de sauvegarde à développer dans l’espoir de perpétuer ainsi une tradition qui remonterait au XIIe siècle. Ce serait à l’époque du Taego Wang, lors des événements festifs de la cour, que la contorsion serait apparue sous forme de danse. Cette danse s’appelle la « flexion artistique ». Elle combine prouesse physique et harmonie du geste, rythme et synchronisation. D’un point de vue traditionnel, il est considéré que la souplesse révèle dans cet art la beauté du corps humain.

Avec la chute du régime communiste on assiste à la privatisation de nombreuses institutions culturelles d’état et des écoles privées d’enseignement des arts fleurissent dans tout le pays. On y voit s’y presser de plus en plus d’élèves, attirés par la « démocratisation » des arts. Ce phénomène accompagne en effet la libéralisation du système économique choson qui se manifeste depuis deux décennies dans l’ensemble des secteurs de la vie sociale. L’enseignement de la contorsion n’échappe pas à la règle et les jeunes, en particulier les jeunes filles, en sont très demandeurs. Avec un rythme d’entraînement très soutenu, 15 heures minimum par semaine, ces enfants atteignent très rapidement un niveau professionnel et font une carrière très courte.

Les bénéfices financiers engendrés par certains clubs peuvent pousser les professionnels peu scrupuleux à des excès parfois encouragés par l’ambition des parents pour leurs enfants. Un établissement peut par exemple doubler le nombre d’inscriptions tout en réduisant ses effectifs d’encadrement dans le but de maximiser ses profits. Les normes d’encadrement ne sont plus respectées. Un mauvais échauffement peut-être lourd de conséquences pour la santé d’un élève. Les profits enregistrés par le milieu de la contorsion chosonne sont sans aucun doute à mettre au compte du prestige et de la réputation ancienne dont jouit le Choson dans cette discipline. Les tournées au Makara ou ailleurs sont souvent la meilleure source de revenus pour les centres et clubs privés.

Posté : mar. mai 10, 2016 4:20 pm
par Kim
Grande Figure (2) - Moh Su-bin, le communiste héros de la révolution démocratique



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Le Choson s’est engagée au début des années 2020 sur la voie de la démocratie et de l’économie de marché. Pour mettre en œuvre ce changement, le Choson est passé par une révolution qu’a menée la jeunesse du pays. Alors que les régimes communistes de l'époque et actuels ont pour habitude d’écraser par leurs chars les révoltes de leurs jeunesses, la révolution chosonne possède la caractéristique d’avoir été une révolution pacifique durant laquelle, selon l’expression courante, aucune vitre n’aura été brisée, aucun coup de feu n’aura été tiré et aucune goutte de sang n’aura été versée. L’engagement de la jeunesse dans la révolution passa par l’organisation d’une première manifestation non autorisée. Le mouvement s’amplifia et les jeunes furent rapidement rejoints par les ouvriers des villes industrielles. La jeunesse qui descendait dans les rues demandait plus de liberté, plus d’indépendance mais aussi une redécouverte de son histoire nationale. Malgré le rude hiver, les manifestations ne cessèrent de gagner en ampleur et bientôt les dirigeants du mouvement décidèrent d’une grève de la faim qui devait permettre de le faire entrer dans une nouvelle phase.

Face a cette situation, le chef de l’État de l’époque, Moh Su-bin, se vit proposer par son administration un décret qui permettait de réprimer les manifestations pour ramener l’ordre dans le pays. Il refusa de le signer, la légende affirmant qu’il aurait alors déclaré : « Nous les chosons, nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour pouvoir commencer à nous entre-tuer. » Plutôt que la répression, Moh Su-bin choisit la démission. Celle-ci constituait un préalable qui devait permettre de préparer le pays à la tenue des premières élections libres et à la mise en place des réformes économiques nécessaires pour permettre le passage au capitalisme. Après avoir été exclus du Parti lors d'une session extra-ordinaire du PRPC, Moh Su-bin fut invité a venir prendre sa retraite sur les bords du fleuve Wa où il fut finalement assassiné par une police politique sur le déclin. Moh Su-bin, qui a été le premier à refuser de mettre en œuvre cette politique de persécution et d’exécution que réclamait le Parti est depuis l'annonce de sa mort considéré comme le héros de la révolution démocratique.

Si le socialisme reste associé à un élan vers la modernité, les crimes qu’il a engendrés continuent de hanter le Choson. Les purges et les exécutions connurent leur apogée a la fin des années 1930. Le nombre exact des victimes de la répression reste inconnu mais est évalué entre 20 000 et 40 000 personnes. La répression toucha d'abord les moines bouddhistes mais également des intellectuels et des représentants de minorités ethniques. Chaque famille chosonne fut touchée dans sa chair par cette période de troubles. Il fallut cependant attendre la révolution démocratique et l’ouverture des archives pour que les langues commencent a se délier et pour que le travail de mémoire puisse débuter. Un musée est aujourd’hui chargé de perpétuer le souvenir de ces crimes aux jeunes générations, le musée-mémorial des victimes des persécutions politiques. L’histoire de ce musée est fondamentalement liée à celle de Moh Su-bin. Après la révolution démocratique, sa fille effectua des recherches sur son père et lança des démarches pour ouvrir un musée dédié à sa mémoire et à celle des victimes des persécutions politiques pendant la période socialiste. La décision d’ouvrir le musée fut prise en 2021 mais cela prit plus de trois années pour réunir les documents nécessaires à la création de la collection. Le musée est situé au sud de la place centrale de Cheongpul, [url=http://www.simpolitique.com/post264924.html#p264924]Yeongung[/url], dans l’ancienne maison de Moh Su-bin.

Construite en bois, la structure originelle du bâtiment a été conservée mais renforcée afin de pouvoir accueillir un musée. Après le décès de sa fondatrice, le musée a connu un passage a vide. Certains éléments des collections ont disparu. Le musée a finalement été repris par le petit-fils de Moh Su-bin. On entre dans ce musée comme on entrerait dans la maison de Moh Su-bin. Un petit couloir mène à la pièce principale ou un portrait du héros est exposé au milieu de grandes affiches qui listent le nombre de victimes de la répression dans les différentes régions chosonnes. Une stèle, située au fond de la pièce et éclairée à la lumière de trois bougies, invite les visiteurs à se souvenir. Sur la droite, il est possible de visiter le bureau de l’ancien chef de l'état où l’on découvre son mobilier, quelques-uns de ses papiers, ses citations les plus célèbres et un portrait qui trône au fond de la pièce. L’accès au deuxième étage se fait par un petit escalier ou des tableaux d’artistes évoquent cette période sombre de l’histoire chosonne. De nombreux documents d’archives y sont présentés ainsi que des portraits de victimes. Une des pièces est glaçante. Des crânes humains y sont exposés, posés sur un tapis rouge avec une photo de la steppe en fond. Ces crânes partagent une caractéristique commune : ils sont tous percés d’un impact de balle.