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Posté : jeu. nov. 27, 2014 1:24 pm
par Arios
Les Mayongais avaient tenu à ce que la rencontre ait lieu au Nankin, plus précisément dans son chef-lieu, Nankinville.
Alors dans la précipitation, et ne pouvant y comprendre autre chose qu'une tentative de rentre-dedans pour forcer la Fiémance à prendre en pleine considération ce morceau de territoire, bâton merdeux, concédé par la municipalité et la république à la Marine fiémançaise, on avait dépêché des diplomates pour tenter de trouver un lieu où organiser, dans la vieille ville, la rencontre avec l'arrivée du Premier Ministre et de l'autorité représentante du Triumvirat mayongais.
Plusieurs hôtels, trop délabrés, avaient dû être rayés de la liste de lieu d'accueil potentiel. Un autre établissement, entre l'auberge et le bar à opium, avait dû être rayé lui aussi à cause des odeurs de chique et de poisson, trop prêt du lieu de débarquement des jonques. Sur les tablettes électroniques des organisateurs, les messages incessants de l'administration mayongaise se répétaient : "Où aura-lieu la rencontre ?" demandaient-ils au travers de différentes formules.
On se décida finalement à installer un mobilier, réquisitionné dans des maisons bourgeoises abandonnées par des propriétaires wapongais retournés au pays, dans les bureaux moins délabrés qu'ailleurs de la chaîne de télévision régionale, qui n'émettait plus qu'un jour sur deux.
Déboussolé par la tournure que prenait la rencontre avec le Makara du sud, entre l'incompréhension des services diplomatiques de la Roumalie devant l'arrivée d'un message électronique mentionnant -horreur- l'implication de marchands du Grand-Royaume dans l'afflux d'épices au Jhao, le déplacement de la rencontre avec le Mayong jusque dans ce comptoir dangereux pour la diplomatie de la région, et la date tardive concédée par le Raksasa pour rencontrer les autorités impériales, celles qui auraient pu délivrer un passe-droit de légitimité à venir faire de la diplomatie dans cette région du monde.
C'est dans l'impression d'une quasi-clandestinité, la dissimulation rappelant celle de l'Opération Makara, qu'Edmond Villefroy contemplait l'horrible vitre du studio dans lequel devait arriver, d'un moment à l'autre, l'avenant représentant du Mayong...
Posté : jeu. nov. 27, 2014 6:08 pm
par Alex Scker
Yoon Shin avait du voyager seul, non pas qu'il ne voulu que le Triumvirat entier soit présent, disons plutôt qu'il fallait mieux qu'Anh Jin Sang dont le nationalisme makiran (doux euphémisme) n'aurait pas trouvé sa place à cette réunion, ait malheureusement été indispensable pour une autre affaire. Hwang Jun, pourtant si épris de culture fiémançaise, le premier sans doute à prôner la reprise du comptoir par l'illustre nation, avait de son côté d'autres préoccupations au Barebjal. Bref, le chef de l'exécutif mayongais voyageait seul.
Les routes n'étaient pas véritablement praticables, leur état étant déplorable...il ne fallait même pas imaginer pouvoir espérer trouver une piste de d'atterrissage. Le bateau était resté une très bonne option, discret, cela restait le meilleur moyen d'accéder à Nankinville. La formation de trois corvettes avait mis peu de temps à arriver, depuis les ports de Masan, non loin de Nagwon-City, jusqu'à ceux de Nankinville. Les services d'organisation de la rencontre avait eut l'air quelques peu déboussolés mais il semblait que, finalement, le problème soit réglé.
Vêtu d'un costume noir, son blazer arborait une petite décoration représentant la fleur figurant sur le drapeau mayongais. Ses cheveux noirs découvraient son front, rabattus sur le dessus de sa tête, légèrement sur le côté. Il réajusta sa cravate pourpre avant de descendre de la corvette, posant un premier pied sur le quais. Quelques agents de sécurité l'entourèrent immédiatement, suivi d'un cercle fermé de conseillers.
Ils furent introduit dans le studio. Shin s'avança vers Mr Villefroy dès qu'il le vit, un endroit bien atypique pour une rencontre diplomatique...il avait connu pire. Yoon Shin avait des notions suffisantes de Fiémançais. Il salua le premier ministre selon les usages.
Yoon Shin :
Chef de l'exécutif mayongais
« Je suis ravi de vous rencontrer monsieur Villefroy. C'est assurément un grand jour dans les relations ente nos deux pays. »
Posté : ven. nov. 28, 2014 3:52 pm
par Arios
Edmond Villefroy : Toutes mes salutations, Monsieur Shin. Un jour d'autant plus grand que vous avez tenu à ce que la rencontre se passe à Nankinville, et je vous avoue que nous n'étions pas préparés à cela.
Le premier ministre était content que Shin soit partie prenante de la rencontre, à la place d'autres membres du triumvirat dont les positions nationalistes n'allaient pas de pair avec cet entretien, sur le délicat espace du Nankin. D'ailleurs, son statut très bâtard de territoire commercial posait de véritables soucis à la diplomatie fiémançaise, qui héritait benoîtement du terrain ou du moins de sa gestion, sans ni le connaître ni être en mesure d'y investir de façon importante, tandis que le Makara ruminait encore ses pensées nationalistes malgré le déclin faramineux de l'Eran.
Edmond Villefroy : La victoire du Parti Pris Pour le Progrès mayongais, sur l'espace du Nankin, nous invite instamment cependant à considérer davantage ce territoire, et notre rencontre doit aussi me permettre de vous promettre une politique des plus efficaces pour les Nankinois, et pour le commerce entre nos deux pays.
Posté : ven. nov. 28, 2014 4:27 pm
par Alex Scker
Un homme en tangzhuang gris vint leur servir des rafraîchissements ainsi qu'une petite collation. Yoon Shin ne prit qu'un morceau des quelques mets apportés, par pure convention. Il porta la tasse de thé fumante à ses lèvres.
Yoon Shin :
Chef de l'exécutif mayongais
« J'ai un certain goût pour la surprise...j'espère toutefois que cela ne vous a pas trop incommodé ? Oui en effet, il me semble que les aspirations dudit parti soient plus en adéquations avec votre ligne idéologique. J'espère bien, cela constitue tout l'enjeu du Nankin...pour les risques que vous connaissez assurément. Je crains les réactions de certaines nations makaranes qui se targuent bien souvent de lutter contre l'impérialisme, tout en en faisant allègrement usage. »
Posté : ven. nov. 28, 2014 4:42 pm
par Arios
Edmond Villefroy : Je ne pense pas que parler d'impérialisme, de toute façon, ne corresponde à la situation que nous partageons ici. Nous devons protéger des intérêts commerciaux croissants, avec la route des épices, et pour cela nos traités s'accordent : l'armée du Mayong a pleine légitimité sur le territoire du Nankin. Dans tous les cas, nous accompagnerons les volontés politiques du PPP, qui de plus ne les conçoit qu'en renouvelant le lien de protectorat avec notre nation, avec une aide administrative et un conseil massif. Il faut rétablir l'ordre naturel des rizières au Nankin...
Mais comme vous devez le savoir, cette aide économique et politique restera cantonnée, si j'ose dire, au Nankin... Tout cela est très clair, et la frontière, ou plutôt la démarcation, est fixée depuis des siècles, ou des décennies, sans qu'il soit question de la changer.
En effet, des puissances sont irascibles quant il s'agit du commerce alméran au Makara, et nous l'avons payé à Choongwon, bien injustement. Mais l'Eran n'est plus ce qu'il était à l'époque, plus du tout, quant au Raksasa nous portons l'un à l'autre un respect mutuel croissant et bénéfique à tous. J'ai bon espoir que le Nankin ne fasse pas couler beaucoup d'encre, dans tous les cas il n'y a pas grand chose à commenter de la présence fiémançaise, purement commerciale.
Mais parlons davantage du Mayong en lui-même. Ses volontés de... développement sont loin d'être celles que le PPP promets au Nankin, à succès, et en Hokkaido sans résultats... Quelle est la situation socio-économique actuelle et vers quoi la République veut faire tendre ses territoires, sous quels délais ?
Posté : ven. nov. 28, 2014 5:33 pm
par Alex Scker
Yoon Shin :
Chef de l'exécutif mayongais
« Espérons que cette légitimité dissuade certaines puissances de toute action subversive. La concession a en soit toujours existé, un ordre qui doit être préservé. C'est ce dont je suis convaincu, je préfère l'encre au sang. Les opportunités commerciales et économiques sont en effet très importantes. Le traité ne devrait pas beaucoup changer.
La République sort de longues années de guerre civile, elle n'existe que part l'établissement d'un compromis entre les différentes factions politique du pays. Mon gouvernement, par l'intermédiaire de l'Etat, ne voit pas ses décisions et ses directives appliquées sur la totalité du territoire. Un renforcement de notre présence, une réduction des effectifs des milices actuellement en place, un accroissement de la sécurité de chacun pour le bien-être de tous, par un renforcement de la présence de l'Etat sans que cela ne soit ressenti par nos citoyens, cela constitue déjà un enjeu considérable. L'unité est capitale.
Nous souhaitons la mise en oeuvre d'un développement qui ne soit pas autodestructeur, écologique par nécessité de préservation de notre territoire, de notre société, il ne faudrait pas nous conduire dans une impasse. Le développement progressif de nos territoires sera facilité par les derniers accords économiques et commerciaux signés avec nos partenaires étrangers. Nous cherchons en priorité à obtenir les moyens de nos ambitions, cela se doit d'être sûr plus que rapide afin de garantir à chacun un travail, un revenu et des conditions suffisantes à son épanouissement. Eden se doit d'être parfait.
En soit nous essayons [url=http://www.simpolitique.com/ligue-national-capitaliste-t8711.html]d'appliquer les principes du national-capitalisme wapongais, en les adaptant au Mayong[/url], selon nos affinités bien sûr. »
Posté : ven. nov. 28, 2014 6:25 pm
par Arios
Edmond Villefroy : Il serait tout à fait légitime pour la région que le Mayong reprenne l’œuvre, plus modestement au vu de ses moyens, du Wapong en pleine crise... Le Raksasa ne peut pas être dans la même logique de développement à l'international des entreprises et des idées que vous évoquez, pour la raison simple que l'Empire est trop vaste, installé sur un territoire qui lui pèse là où le Mayong, comme le Wapong, est plus libre de ses dynamiques. Vous n'avez pas des centaines de millions de personnes à nourrir et à chauffer.
C'est votre choix de développer votre territoire selon ces principes à la fois libéraux et attachés à l'identité des espaces.
Au Nankin, nous ferons le pari d'un développement rural qui n'aille qu'en faveur de l'aisance des paysans, mais dans le respect de leur identité de paysan, afin qu'aucune rizière actuellement en place n'ait à fermer pour un quelconque prétexte. Si Nankinville venait à se développer, elle le ferait vers le ciel ou sur la mer, mais sans jamais manger un m² de plus de la terre nourricière du Makara. C'est notre politique et avec l'appel du PPP, nous l'appliquerons ici au seul bénéfice des autochtones, et de migrants ou marchands urbains en provenance du Makara du sud.
Posté : ven. nov. 28, 2014 7:20 pm
par Alex Scker
Yoon Shin :
Chef de l'exécutif mayongais
« Tout à fait, même si nos perspectives de croissances sont réévaluées chaque jour, les investissements se font de plus en plus nombreux, nos moyens devraient aller en s'accroissant d'une manière assez spectaculaire dans les années à venir. Absolument, nous allions une meilleure maîtrise de notre territoire, à une superficie et une population moindre, pour un développement bien plus durable.
Nous essayons de rester pragmatiques.
Et cela est tout à fait louable, un modèle respectueux bien que différent du notre. Le résultat sera intéressant, fait en concordance avec les souhaits des populations à ce que nous avons pu voir aux dernières élections...je ne vois aucun obstacle à ce que vous reprenez de manière plus officielle la concession. »
Posté : sam. nov. 29, 2014 10:16 am
par Arios
Edmond Villefroy : Tout officiel mais non moins discret, par respect pour vos autres partenaires, et le gardien légitime de la région. Vous remarquerez que le nationalisme exacerbé a conduit le Wapong à l'isolement, et à la chute. Les tentatives de fascisme rouge qui ont eu cours chez vos voisins n'ont pas connu de meilleurs résultats. Il est bon que Raksasa et Mayong sachent mettre un frein sérieux à la xénophobie économique, à condition que les partenaires occidentaux se trouvent au rendez-vous afin d'offrir des débouchés à ces économies mûres.
Nous avons tous à y gagner, du moins les pays démocratiques quelqu'en soient les variantes.
A ce sujet, il me semble que le Mayong souffre de disettes conjoncturelles très sérieuses et récurrentes. Où en sont vos tentatives de mise en place d'échanges alimentaires réguliers avec l'extérieur, et pouvons nous vous aider ?
Posté : sam. nov. 29, 2014 10:33 am
par Alex Scker
Yoon Shin :
Chef de l'exécutif mayongais
« L'ouverture doit toutefois être maîtrisée. Mais l'autarcie ne saurait suffire à nos économies, c'est une réalité. Bien entendu, tout cela demande une réciprocité.
Tout à fait, notre population bien trop importante pour une productivité agricole qui laisse à désirer...Nous avons signés d'importants contrats d'importation de produits agroalimentaires sur sept ans, toutefois il semble qu'il y ait un conflit entre les entreprises et coopératives franconienes et les producteurs de Fiémance.
Nous devrons lancer un programme de modernisation du secteur agricole d'ici les prochaines années, les fermes verticales ou bien de nouveaux moyens de production hors-sol sont des pistes à explorer... »