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Posté : mer. oct. 15, 2014 6:31 pm
par hugo salinovitch
[justify]Tout était prêt à l'aéroport Sidi Abderahmane, au salon des réceptions, pour accueillir la délégation du Royaume des Fiémançais. La réaction de la population était partagée; entre ceux qui pensent que l'heure est aux bonnes relations et ceux qui refusent de travailler avec l'ancienne puissance coloniale.
Le Parti du Peuple, parti d'opposition, accuse même le gouvernement de trahir les martyrs de l'indépendance. Malgré ceci, le gouvernement tenait bon et tenait absolument à ce sommet et à sa réussite.[/justify]
Posté : jeu. oct. 16, 2014 3:18 pm
par Arios
Gaston Mauyon, Ministre des affaires étrangères, se rendait à cette rencontre avec l'Agousinimen, puissance tranquille du Barebjal, en tant que représentant officiel pour un pays avançant timidement vers le rétablissement d'un commerce organisé, prospère pour les deux territoires et leur État indépendants.
Au contraire de l'ancien Lerminia, Machrek, au contraire du Plarel et de ses liens inextricables avec d'autres puissances, au contraire de la Tchoconalie et de ses revirements gouvernementaux récurrents, et au contraire de l'Alamut oscillant entre déclin et verbe trop agressif, l'Agousinimen représentant toujours davantage le pays du Barebjal conscient des réalités et soucieux d'une tempérance louable.
En pays neutre, ni allié ni hostile, la Fiémance se rendait là-bas, pour être accueillie par les populations en pays porteur d'espoirs économiques sous forme de contrats, ou en pays dangereux pratiquant à d'autres endroits du globe un système proche de celui de la colonisation, sinon de l'association forte.
Ayant démarré d'Opemont quelques trois heures plus tôt, l'avion du Ministre put se poser sur la piste de l'aéroport où il était attendu.
Il se demandait alors bien quelle musique militaire l'attendrait, et si les services de la République auraient eu le bon sens de ne pas heurter l'opinion publique en diffusant par maladresse un air de tambour des anciennes troupes de goumiers.
Si la rencontre n'arborait pas d'objectifs précis a priori, on espérait que l'entretien bénéficierait à terme aux entreprises fiémançaise sur le continent arabe, et pourquoi pas aux entreprises de l'Agousinimen dans l'ensemble de l'espace contrôlé par Opemont. Shish ou la Cécopie étaient entre-vus par certains experts économiques arabes comme de potentiels marchés à s'approprier dans des secteurs où leurs firmes étaient compétitives.
En attendant, Mauyon descendait les marches, pour bientôt se laisser guider par cette entrevue à l'initiative de l'Agousinimen.
Posté : jeu. oct. 16, 2014 6:13 pm
par hugo salinovitch
[justify]Le ministre des Affaires Etrangères en personne venait accueillir son homologue sur le tarmac, attestant du caractère important qu'accordait l'Agounisimen à cette visite. Les drapeaux des deux Nations flottaient.
Abdelaziz Daoud salua chaleureusement son invité sous les flash des médias présents déclarant: cette image est celle du siècle nouveau, d'un Agounisimen connaissant son histoire mais œuvrant pour son avenir!
Les deux hommes marchèrent jusqu'à l'estrade où l'hymne national du Royaume des Fiémençais retentit. Pour éviter tout trouble dans l'opinion publique, cette partie du protocole ne fut pas ouvert à la presse. L’hymne agounisimien retentit chanté par l'ancien maquisard Daoud, aux côtés du ministre Fiémançais. La scène valait son pesant d'or.
Les deux hommes prirent place dans un cortège de voitures officielles direction le palais du ministre. Une fois installé au salon d'honneur les deux hommes prirent place chacun sur un fauteuil, tout sourire, devant les caméras de télévision. Une fois la presse partie, les choses sérieuses pouvaient commencer.
Abdelaziz Daoud:[/justify]
Excellence, que puis-je vous faire servir?
Posté : jeu. oct. 16, 2014 7:00 pm
par Arios
Conscient qu'il ne s'agissait pas d'un voyage en terre inconnue, et qu'il n'était pas là en anthropologue, il se refusa à demander "quelque chose de typique". Il se reprit in extremis avant de demander un verre de vin.
Gaston Mauyon : Un verre de veux un verre thé frais ira très bien, je constate que l'été se rapproche vite sur ces côtes de soleil. Le raisin de table doit y pousser en abondance.
Posté : jeu. oct. 16, 2014 9:47 pm
par hugo salinovitch
Daoud fit servir à son homologue un verre de thé frais, alors qu'il se fit servir un cognac.
[justify]Excellence, sachez que notre pays a été très étonné de votre message de condoléances suite à la tragique disparition du Père de notre démocratie....[/justify]
Posté : sam. oct. 18, 2014 8:14 am
par Arios
Gaston Mauyon : Ah oui ? Il s'agissait de la moindre des choses, nous ne sommes pas resté inaudibles au retentissement provoqué par des funérailles, et s'il a pu y jouer une volonté républicaine d'exploiter un tel écho à des fins de développement, nous mordons volontiers à l'hameçon car les années de silence n'ont été que trop nombreuses entre nos deux commerces, nos deux pays.
Nous avons récemment rétabli des relations avec la Tchoconalie, à son appel, directement inspiré par la perte du partenaire raksasan. Depuis quelques années, le Makara veut s'exporter ici pour trouver l'arrière cours productive qui a tendance à s'amenuir chez lui sous l'effet du capitalisme, libéral ou socialiste.
Le Raksasa vise à un Barebjal sous sa coupe, cela est assez intéressant, quand on pense que le Kirep possède le même genre de projets et que s'affrontent là deux puissances anti-coloniales, concurrentes dans leur processus de colonisation économique.
Nous préférons miser sur des relations d'égalité, la construction d'un véritable commerce. Le Barebjal dispose d'une population éduquée, civilisée, riche d'une histoire et détentrice d'une intelligence certaine permettant à ses États de jouer un rôle et de dialoguer avec l'étranger.
Cela n'est évidemment pas comparable avec le Zanyane, sous-développé, dont les États autoritaires autant qu'éphémères, quand ils sont contrôlés par des autochtones, s’enfoncent d'eux-même dans le silence. Non, quand ils agissent, cela peut relever d'un caractère comique, comme la récente fondation d'une légion zanyanaise de la part de la dictature voltaise, censée aller libérer le Pelabssa. Oui, rions un peu, dans ce monde cruel.
Toujours est-il que le Barebjal est un point de passage sur notre route commercial et qu'il est normal que nous désirions y établir des relais solides et sécurisées. La mise sous tutelle, avec accord de l'Alamut, du port de Yestahem a été réalisée à cet effet. Nos navires passent par le Barebjal, il serait donc fou de ne pas profiter de cette réalité pour développer un commerce autant profitable à notre nation qu'aux commerçants des pays arabes, si celui-là peut se faire dans la légalité internationale la plus complète et bien sûr le respect des indépendances.
Aussi je veux que vous voyiez dans notre reprise de contact, dans ce message de condoléance, la preuve de la reconnaissance que nous portons à vos pays et particulièrement l'Agousinimen, sorti de l'âge de l'enfance quand d'autres parties du monde y pataugent lamentablement et appellent l'aide extérieure.
Posté : mar. oct. 28, 2014 5:31 pm
par hugo salinovitch
[justify]Il ne m'appartient guère de discuter sur des pays tiers, que cela soit nos voisins tchoconaliens, avec qui nos relations sont ce qu'elles sont, ou la République Voltaise, avec qui notre pays a noué des relations, même si je vous l'avoue, l'absence de message de condoléances de la part de ce pays suscite de nombreuses interrogations ici. Quand aux rivalités entre les deux pays que vous citez, cela ne concerne guère notre pays, même si nous avons de solides relations avec l'Empire du Raksasa, comme vous ne l'ignorez pas. Les luttes d'influence ont lieu ailleurs, et fidèle à sa tradition de non-ingérence, l'Agounisimen se contente de protéger ses frontières....
Vous savez, on ne décrète pas un deuil national de 40 jours sur un coup de tête, et la réaction des pays tiers fut observé à la loupe. Je vous le dis en toute sincérité : du fait de notre histoire commune quelque peu compliquée, l'établissement de relations diplomatiques entre nos deux pays, prémices à une collaboration économique, qui serait profitable à nos deux entités, ne laisseront aucun agounisimien sans avis. La gauche républicaine qui dirige ce pays y ait favorable, les libéraux, même ultra-minoritaires, applaudiront des deux mains, nous aurons tout de même une sérieuse opposition venant de nos nationalistes.
Vous comprenez que ces braves nationalistes seront sourds aux sirènes d'un apport économique. Aussi, nous entendons pour notre part d'établir de sérieuses relations diplomatiques, entre deux États indépendants, et comme vous le dîtes si bien, égaux.
Nous aimerions donc dans un traité voir apparaître une reconnaissance mutuelle bien sûr, mais aussi une collaboration culturelle, qui illustrera vos propos sur notre culture, et tout particulièrement sur la diversité de notre pays, seul pays non-arabe du continent, seul pays respectant ses minorités chrétienne et juive, seul pays aussi à la diplomatie constante, non changeante en fonction du menu du petit-déjeuner de ses dirigeants...
Nous aimerions aussi ouvrir notre marché à vos produits, mais nous attendons la même chose de notre partenaire.[/justify]
Posté : mar. oct. 28, 2014 6:14 pm
par Arios
Gaston Mauyon : Une reconnaissance va de soit, bien sûr. De même, l'échange d'ambassadeur est incontournable, il s'agit de la source de tout investissement politique futur dans nos relations. Je ne vous cache pas que votre amitié durable avec le Raksasa est un gage de stabilité, bien que l'Empire makaran s'oppose continuellement à nos activités en dehors de l'Alméra, et que l'Agousinimen pourra être un médiateur légitime à l'avenir entre les deux grands pays libéraux que sont cet Etat et la Fiémance.
C'est bien parce-que les minorités religieuses sont tolérées, et même davantage, sur votre territoire, que nous jugeons bon d'entamer des relations avec vous sans aucune réticence quelle qu’elle soit. Quant aux nationalistes qui chatouillent l'aile droite de votre société, il n'y aura que la réponse du commerce, du respect des traditions et de l'intégrité morale comme nationale, pour les tenir éloignés longtemps du pouvoir : nous croyons en votre efficacité.
Puisque vous abordez déjà la question de l'ouverture des marché, je dois vous avouer que la consommation intérieure de la Fiémance en produits étrangers est quasiment nulle.
Par contre, la consommation extérieure de la Fiémance en ces produits est très importante. J'espère me faire comprendre.
Voyez, nous nourrissons des gens, à Shish et Yestahem, et demain peut-être ailleurs, qui n'appellent qu'à se nourrir davantage en accord avec leur climat et leurs habitudes. Vous pouvez obtenir ce marché d'un million de personnes, sans problèmes, et dans tous les secteurs qui intéresseront votre exportation.
Produisez-vous la nourriture, sous formes de produits transformés, pour un tel nombre de personnes désireuses de profiter des produits berbères plutôt qu'almérans ?
Ensuite, et bien entendu, Opemont importe, davantage à titre récréatif, de tels produits porteurs des sources gastronomiques de l'identité barebjalienne autant que de leur transformation habile. Mais ces produits viennent de Tchoconalie, et nous tenons à ce commerce fragile qui a pu être rétabli après bien des écueils.
Par contre, je vous accorde qu'il s'agit de produits arabes. Si la culture berbère peut démontrer à nos envies d'ouvertures sur le monde, qu'elle diffère dans ses réponses aux attentes de nos palais, de nos palais mais aussi de nos salons. Votre agriculture transforme-t'elle les produits de la terre, différents ou semblables, différemment que ne le font les arabes ?
Dans ce cas là, entrez sans frapper sur le marché des potentiels 5 à 6 millions membres de notre capitale, aptes à devenir dépendants dans leurs mœurs des spécialités de chez vous.
Si nous nous entendons sur ces mignardises, nous pourrons passer à d'autres aspects d'une économie à partager, d'un commerce qui profitera autant à vous qu'à notre place dans le monde.
Posté : mar. oct. 28, 2014 8:33 pm
par hugo salinovitch
[justify]J'entends bien, j'entends bien. Pour ce qui concerne notre diplomatie, même lors de la Révolution qui a transformé durablement notre régime, nos accords n'ont jamais été remis en cause. Vous savez, un Berbère, en dehors de tout cliché, est un homme de parole. Un autre axe important de notre politique étrangère est la non-ingérence. Nous avons nos avis, nous ne nous gênons d'ailleurs rarement pour les exprimer, ce qui a pu nous créer quelques animosités dans le passé comme dans la future défunte ADE, mais nous n'intervenons pas dans un pays tiers. Nous ne tolérons pas qu'un pays tiers entre dans nos affaires, nous appliquons donc une réciprocité dans cette vision politique.
Enfin, dans cette même logique, nous œuvrons, lorsque ceci est possible, pour la paix et le dégel de relations entre États. Et au nom de cette logique, et en fonction de l'évolution de nos relations, notre pays se ferait un honneur de participer au dégel des relations de votre État avec l'Empire du Raksasa, dans le respect de vos intérêts mutuels, et selon l'envie des deux entités.
Concernant Shish et Yestahem, sachez que notre industrie agro-alimentaire serait heureuse d'exporter nos produits dans ces contrées, respectant les habitudes alimentaires de ses habitants, proposant des produits de qualité, avec des légumes produits dans notre pays, des légumes et des épices dont les habitants de ces entités sont habitués.
Quand à Opemont, si les habitants de cette belle cité ont envie de goûter aux mets berbères, ils ne pourront qu'en être ravis. Rien à voir avec l'alimentation arabe, je dis bien alimentation, pas mets ! Lorsque vos papilles découvriront la finesse de nos biscuits, le goût inimitable gorgé de soleil de notre vin, le couscous berbère avec peu d'épices car nous n'avons pas besoin de masquer le goût de nos légumes gorgés de soleil....Vos élites voyageront rien qu'en mangeant et cela, sans aucun doute, leur fera envie de découvrir cette douce terre.
D'un appel de la main, il s'adressa à un huissier présent : apportez donc de ma réserve personnelle une branche de dattes.
Une fois les dattes apportées :
Tenez, prenez-en qu'une. Dégustez-la, vous verrez, nos dattes deglet nour, sont inimitables. Rien à voir avec le tas de poussière que peuvent vendre d'autres.[/justify]
Posté : mer. oct. 29, 2014 10:32 pm
par Arios
Le Ministre goûta une datte et ne put se persuader que celle-ci différait dans ses arômes que celles qu'il avait pu goûter, tchoconaliennes, au Halles du Père Gourmet la semaine précédente. Mais il pensa, dans son rôle, qu'avec d'autres écriteaux de couleurs différentes, d'autres injonctions aux portes de boutiques neuves, et surtout l'envie des bourgeois de briller dans la différence reconnue entre arabes et berbères, les salons ne délègueraient jamais l'exclusivité à une ou à l'autre des cultures. Les ventes, par contre, augmenteraient en volume.
Un contrat important de reconnaissance et d'encouragement de ce commerce s'ouvrît, pour Opemont d'abord dans le cadre de spécialités, et sur tous les domaines où l'Agousinimen pourrait être exportateur quant à Shish et Yestahem.
Le Ministre berbère fut alors prévenu que Shish, l'île juive, serait peuplées dans les mois à venir d'une population musulmane, plus exactement juvnienne, qui augmenterait de façon intensive le marché alimentaire là-bas. On en vînt alors à la question des investissements durables, non de ceux qui ne passent que quelques heures dans le corps humain.
Gaston Mauyon : Nous avons besoin, vous le comprendrez, de bâtir à Shish, de bâtir en hauteur et en largeur. L'entreprise Cubical, à laquelle nous vouions une confiance générale, ne satisfait plus notre demande et s'enfonce, comme tous les fonds wapongais, dans une léthargie ne répondant plus du tout à nos attentes. Ma question est : est-ce que l'Agousinimen répondrait favorablement à notre demande, si nous offrions à ses entreprises de créer 35 000 logements, de confort d'espace moyen et sur le mode de consommation occidental et développé, sur l'île de Shish ? Avez-vous les architectes et les maisons pour répondre à cette demande ?
Ma seconde question, dans le même domaine, concerne le port de Yestahem.
Aujourd'hui nous y apportons de la nourriture et notre position, sur cette bande de terre, n'est pas sécurisée.
Si un pays berbère y liait ses intérêts, notamment dans la construction sur le front de mer et sur terre-pleins, tous y seraient gagnants.
Oui, je vous fais part ici d'un projet important, qui transformerait l'assemblage de cases pour 300 personnes en une ville haute, élancée, gagnée sur la mer, un petit bijou comme il n'en existe guère que sur les brochures chez vos voisins arabes.
Nous pourrions faire, en quelques mois, du caillou de 300 arabes, une capitale du progrès urbain et de la culture barebjalienne. Et pourquoi pas, une ville berbère à l'ouest du continent.
Dans cinq ans, cette ville pourrait avoir atteint les 20 000 habitants, et peser démocratiquement dans le choix de détermination du territoire.