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Posté : lun. oct. 13, 2014 11:58 am
par Arios
Le ministre de la culture, dépêché par son gouvernement pour aller parlementer du côté des républicains de Franconie, s'envolait à bord de son avion, petit modèle appartenant à la Couronne qui effectuait déjà sa rotation en l'air pour prendre la direction de l'Ouest. Il observait les champs, étroits, entourant l'aéroport, et les troupeaux de mouton qui paissaient du côté de pistes non-utilisées, dans le soleil du frais matin. Il se levait sur la Ménovie, visible distinctement, avec la couronne de fumée de ses aires urbaines sombres dans l'horizon. Bientôt, Jorioz Tarabé ne vît plus que des champs, à mesure que les tours Irène et Antigone ne furent plus en vue, derrière l'appareil, avec la balafre de l'aéroport dans la terre des ancêtres.
Des champs, partout, nulle autre trace que les champs, et les clochers, les haies et les bêtes blanches, la capitale disparaissant loin derrière.
Des champs et des hommes, accrochés au sol comme une écume bactérienne sur l'écorce de vie d'un astre accidentel.

"On a intérêt à bien manger."

L'arrivée à Prétorus était prévue pour 11 heures.

Posté : lun. oct. 13, 2014 3:48 pm
par Michou92
L'aéroport de Prétorus était fin prêt à accueillir le représentant Fiémançais et la délégation qui allait recevoir Jorioz Tarabé était sur place. En ce 7 Mai le temps était magnifique : un ciel bleu à perte de vue et un soleil éclatant qui réchauffait du vent encore frais du printemps. Le Président Finckel, Henri Lefèvre et Victor Karkaman étaient côte à côte. Les sujets de conversations en attendant l'avion manquaient : il faut dire que le chef de l'Etat et le chef du Gouvernement ne s'appréciaient guère et que le ministre des affaires étrangères, venant du corps diplomatique, avait vite compris qu'il n'était pas de son intérêt de lancer une conversation maintenant. Il avait toutefois était convenu la veille que le sentiment d'unité devait primer sur les ressentiments personnels afin de ne pas montrer un faux visage de division au Fiémançais. A 11h, l'avion se posa, pile à l'heure. Très vite le ministre et sa délégation descendirent. Les trois hommes les accueillirent.

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De g. à d. : Henri Lefèvre, Rodolphe Finckel et Victor Karkaman.[/center]

Rodolphe Finckel : Bienvenue en Franconie, j'espère que vous avez fait bon voyage?

Posté : lun. oct. 13, 2014 5:10 pm
par Arios
... la douce ville de Oissy-les-creutes, son clocher écarlate deviné depuis les airs, à 10h40. Et encore des champs.
Et puis bientôt d'immondes trainées de béton lovées dans la carcasse des vaux semptriens, comme les trainées de chiasse du Dieu de la mort et de l'infertilité, ou de l'incontinence de grabataires rois du charbon, le long des rivières tristes, des rois du pétrole, autour des bourgs malades.

Jorioz Tarabé saluait de son chapeau la délégation qui venait accueillir celui qui, des quatre ministres du gouvernement, avait le moins de responsabilités.
Il s'occupait de la culture.
Mais la culture était ce pourquoi on discutait encore avec la Franconie. Ce pourquoi d'ailleurs, on avait commencé à discuté avec.
Si rien n'était culture il ne serait pas là. Si tout l'était non plus, ou pas à cette place mais sur le quais là-bas saluant à son tour.


Jorioz Tarabé : Un agréable et très rapide voyage, à peine plus d'une heure, le temps de revoir les étapes de la malheureuse affaire qui nous rapproche.

Posté : lun. oct. 13, 2014 6:14 pm
par Michou92
Le Président, le Ministre d'Etat et le chef de la diplomatie faisaient un grand sourire à leur hôte. Henri Lefèvre se dit que quitte à envoyer quelqu'un de peu important à Prétorus, ils auraient pu au moins envoyer un de ces paysans revenant du Moyen-Âge qui caractérisait désormais le régime Fiémançais. En plus de cela, ils n'aurait rien compris au patois et aurait pût demander un traducteur qui se serait fait ensuite une joie d'enregistrer les propos échangés pour les revendre à un journal Fiémançais comme cela était maintenant devenu courant. Il se garda toutefois de tout commentaires et continua à sourire pour faire bonne figure en regardant un instant du coins de l’œil les deux autres Franconiens présents qui le regardaient aussi, histoire de dire que tout le monde avait eu le même raisonnement.

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Rodolphe Finckel : J'en suis heureux, nous parlerons de cet incident une fois au Palais.

Tous allèrent vers le cortège qui les attendait à l'entrée de l'aéroport. Henri Lefèvre et Victor Karkaman marchèrent d'un pas décidé vers la première berline afin de ne pas se retrouver avec monsieur-culture à l'arrière de la voiture, préférant laisser ce plaisir au Président. Ce dernier ne manqua pas de de leur jeter un discret regard noir quand ils montèrent dans leur voiture. Après cela le cortège alla au Palais Saint Louis où se tiendrait la rencontre.

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Arrivés sur place, ils traversèrent quelques salons d’apparat avant d'arriver dans le salon privé du Président.

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Ils s’acièrent et on pût débuter la réunion.


Rodolphe Finckel : Bien. Nous aimerions rentrer directement dans le sujet fâcheux qui a conduit à cette rencontre, nous pourrons ensuite parler d'autres sujets voir de projets propices à notre réconciliation. Quelle est votre position par rapport à nous maintenant que nous nous sommes excusés pour ces soit-disant propos et que le potentiel fautif a quitté le pouvoir? Oh, j'allais oublier, voulez-vous quelques choses à boire ?

Posté : lun. oct. 13, 2014 6:29 pm
par Arios
En 1972, Didier et Josseline Tarabé ne se doutaient pas qu'ils dotaient le nouveau-né d'un prénom qui siérait, à merveille, à l'artisan futur de l'effervescence des terroirs. Jorioz voulait dire, tout comme Jordi, celui qui terrasse le dragon, en fait tout simplement Georges.

Et notre Georges souriait aussi à ses hôtes, de l'air d'un médecin qui n'oserait pas avouer : "J'ai bien peur de ne rien pouvoir faire."
Pour eux ? Pour leurs relations ? Pour la Fiémance ?

Il était venu dans une chemise large, enfoncée dans son pantalon de bure, cela devenait un peu la marque de fabrique des gouvernementaux fiémançais, à l'exception de Mauyon encore enserré dans ses costards diplomatiques.
Néanmoins, il avait bien pris soin de se raser, quand Vaast Heunechart ne le faisait qu'une fois la semaine la plupart du temps.

Dans la voiture, il se contenta d'attendre qu'on l'interrogeât, prêtant son attention aux rues, aux passants, au ciel et aux fontaines.

Une fois dans les salons vastes, il fut surpris par la question de son interlocuteur.


Jorioz Tarabé : Mais, que les choses soient claires, je ne viens aucunement et au nom de quiconque recevoir des excuses qui n'ont pas lieu d'être. Monsieur Mercand, pauvre de lui, a eu des propos personnels et regrettables, nous n'avons probablement pas à revenir dessus. Je pense que la démission de Paul Mercand a été justifiée, il eût été inconcevable qu'il demeure à son poste, bien que celle-ci, et les troubles étonnants qu'elle a provoqué, font gage de preuve dont nos services étaient loin d'avoir.

Posté : lun. oct. 13, 2014 7:08 pm
par Michou92
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Henri Lefèvre : Oh il ne faut pas prendre sa démission comme un aveu. Il n'a non pas démissionné à cause de ces propos qui, à ce jour ne sont pas prouvés, mais à cause de l'instabilité que cette information, qui sera vérifiée ou non, a déclenché. En effet sa situation politique était très fragile et cela fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres. C'est malheureusement les aléas d'une démocratie qui se parlementarise trop, heureusement ce passage compliqué sera derrière nous après les élections de juillet. Pour poser la question différemment, étant donné que l'incident est clos, nous supposons que vous ne vous opposez pas à la reprise du commerce entre nos deux nations ainsi qu'au rétablissement de nos relations diplomatiques, que monsieur Mauyon a rompu la semaine dernière ce qui était tout à fait compréhensible à la vue de la situation.

Posté : lun. oct. 13, 2014 7:21 pm
par Arios
Et la main caressant le dossier du fauteuil derrière lequel ils se tenaient. Regard dessus, puis regard sur lui.

Jorioz Tarabé : Après, de tels événements doivent permettre une réflexion plus profonde sur la nature de nos liens. Je préfère que la question du rétablissement dudit commerce ne vienne qu'en fin de réunion, puisqu'il est nécessaire maintenant que je réponde à la demande qui a engagé mon invitation de votre part.
Il est temps peut-être de discuter.
Comment votre parti appréhende les élections de Juillet prochain ? La campagne va encore durer 2 mois, c'est à la fois court et long.

Posté : lun. oct. 13, 2014 7:40 pm
par Michou92
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Henri Lefèvre : Je suis tout à fait d'accord. Et, il serait plus juste de dire "vos partis" étant donné que celui de monsieur le Président Finckel et le mien vont s'affronter, au milieu d'autres. Du côté de mon parti, que vous savez libéral, nous pensons que la campagne n'a pas encore commencé et que par conséquent, les sondages, qui nous sont aujourd'hui défavorables, peuvent changer en deux mois. Je peux d'ailleurs vous le dire, ce n'est pas encore officiel même si monsieur le Président le sait déjà, mais je compte me présenter dans la circonscription de monsieur Paul Mercand, à sa place, et ainsi diriger cette campagne idéologiquement parlant, l'organisation relevant du chef de parti, tâche qui, dans la situation actuelle, ne peut être cumulée à la mienne. Après, nous verrons : soit nous arriverons à inverser la tendance, et la cohabitation continuera, soit les traditionalistes ou la gauche gagneront, et nous laisseront le pouvoir : c'est le jeu de la démocratie. Je laisse monsieur le Président donner le point de vue de son camp.

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Rodolphe Finckel : Merci monsieur le Ministre d'Etat. Je pense que vous avez bien résumé la situation. Du côté de mon parti, pour le moment favori, l'objectif est de confirmer les résultats des élections présidentielles de 2023 qui m'ont conduit au pouvoir en me donnant une majorité me permettant d'appliquer mon programme. Je suis confiant mais monsieur Lefèvre a bien raison de souligner que des sondages restent des sondages, et qu'il ne faut pas trop s'y fier.

Posté : lun. oct. 13, 2014 7:50 pm
par Arios
Jorioz Tarabé : Monsieur le Président plaidaient, si je me souviens bien, pour un programme fort d'une certaine originalité, dans l'horizon politique franconien actuel. Les traditionalistes sont-ils toujours aussi influents qu'il y a deux ans ?
Quels étaient vos projets quant à l'industrialisation, Monsieur le Président ? Cette position doit être compliquée, face à un électorat tiraillé entre anti-industries et libéraux durs.

Posté : lun. oct. 13, 2014 8:03 pm
par Michou92
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Rodolphe Finckel : Etant donné qu'il n'y a pas eu d'élections depuis deux ans, difficile à dire si, dans la population, les traditionalistes ont progressé. Toutefois plusieurs signes montrent une certaine défiance à l'encontre des libéraux qui profite aux traditionalistes. Après, je ne pense pas que 51% de la population voterait pour des traditionalistes lors d'un premier tour, ce chiffre, qui était de 21% au soir du premier tour des présidentielles, est aujourd'hui estimé à environ 30 à 40% de la population. Mais il ne s'agit que statistiques. Concernant l’industrialisation, effectivement cela peut être compliqué. Je pense qu'une industrialisation contrôlée, marchant pour le bien des populations et non pas pour le seul profit de quelques uns, est tout à fait acceptable. Et quand je dis "contrôlée" je pense à la fois au but qu'elle doit avoir, aux domaines qu'elle doit viser mais aussi à l'espace géographique qu'elle investit. Ainsi je suis pour limiter cette industrie à la périphérie des villes afin de ne pas défigurer la campagne franconienne, préservant au passage les villages et leurs habitants des effets négatifs de cette industrie.