Posté : ven. août 22, 2014 2:48 pm
par Ramiro de Maeztu
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/6/2/0/capture-d-cran-20...15.00.37-47403b6.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/6/2/0/capture-d-cran-20...15.00.37-47403b6.png[/img][/url][/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/7/9/b/identit-du-nihongo-47403ca.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/7/9/b/identit-du-nihongo-47403ca.png[/img][/url][/center]
Nom officiel : Empire du Nihongo ("日本国" - "Nihon-koku")
Nom courant : Nihongo ("日本" - "Nihon")
Drapeau :
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/c/f/1/1800px-flag_of_th...eror.svg-4735e59.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/c/f/1/1800px-flag_of_th...eror.svg-4735e59.png[/img][/url][/center]
[quote]Le drapeau actuel du Nihongo ("日の丸の旗" - "hi no maru no hata", littéralement, "pavillon de la fleur") a été officiellement adopté le 10 août 1778, ce qui en fait l'un des plus vieux drapeaux au monde. Il représente une
fleur d'iris jaune stylisée (l'iris du Nihongo est l'une des fleurs les plus représentatives du pays et c'est aussi la fleur impériale) sur un fond pourpre symbolisant le ciel rougeoyant du crépuscule.[/quote]
Type de régime : monarchie absolue
Système économique : système de corporations
Coefficient d'inégalité : 0,358 (système relativement égalitaire)
Souverain actuel : Seiwa
Population totale : 74 millions d'habitants (les Levantines et les Levantins, en référence au surnom du pays, "la Porte du Levant")
Répartition ethnique :
- Officiellement : 100% d'ethnie wa
- Dans les fait : les Was sont largement majoritaires (plus de 95%) mais il subsiste des traces d'ethnies différentes issues de migrations et d'un certain brassage de la population, essentiellement dans le Sud-Est du Nihongo (ethnie utarie)
Capitale : Edo (1 million de personnes dans la ville, 2,5 millions de personnes dans l'agglomération)
Plus grande ville : Nara (7 millions de personnes dans la ville, 10,5 millions de personnes dans l'agglomération)
Autres métropoles : Kamakura (3 millions de personnes dans la ville, 6,2 millions de personnes dans l'agglomération), Yamanashi (2,5 millions de personnes dans la ville, 4,5 millions dans l'agglomération), Okayama (2,5 millions de personnes dans la ville, 3 millions dans l'agglomération), Yamagata (2 millions de personnes dans la ville, 3 millions dans l'agglomération), Fukui (2 millions de personnes dans la ville, 3 millions dans l'agglomération), Tottori (2 millions de personnes dans la ville, 3 millions de personnes dans l'agglomération) et Toyama (1,5 millions de personnes dans la ville, 2,5 millions de personnes dans l'agglomération)
Langue officielle : le levantin (systèmes complexes d'idéogrammes)
Autres langues reconnues par l'État : aucune (le levantin connaît des variations régionales et locales mais toute trace d'autre langue a disparu il y a environ cent ans par un programme de centralisation et d'uniformisation)
Monnaie : le ryō (1 dollar raksasan = 122 ryōs)
Réserves d'or de la Banque impériale : 522 tonnes en 2024
Devise : Règne, Levant ! - 統治、日本!- Tōchi, Nihon !
Hymne national : La Brise du Levant - 日本からのそよ風 - Nihon kara no soyokaze (le titre levantin est abrégé dans la conversation courante : l'on parle ainsi du Nihon kara)
- Musique : Hayashi Hiromori (composée vers 1750)
- Harmonie et orchestration : l'Orchestre traditionnel d'Edo ("江戸の伝統的なオーケストラ" - "Edo no dentō-tekina ōkesutora"), à partir des indications laissées par Hayashi Hiromori
- Paroles : auteur inconnu (les paroles remontent au moins au XVIe siècle, ce qui fait de l'hymne national levantin l'un des plus vieux au monde)
[center]Ak2kPUnVwVA
La brise descend, galopant,
Vers le ciel azuré de la mer.
Ô landes d'Edo, baie de Nara,
Fleuves majestueux !...
La brise descend, galopant,
Emportant le ciel cotonneux du Nihongo.
Ô montagnes de l'Est, sanctuaires de Toyama,
Lacs irisés !...
La brise descend, galopant,
Et une nuée de grues la suit.
Ô artisans d'Okayama, poètes de Tottori,
Mille estampes colorées !...
Jusqu'à ce que la mousse sèche
Sur les bouleaux du Nord,
Jusqu'à ce que les fleurs
Tombent des cerisiers,
Jusqu'à ce que les ifs
Disparaissent dans la cendre,
Tu seras toujours, ô Nihongo,
L'écrin de la brise du Levant ![/center]
Fête nationale : le 10 mars (date officielle de la fondation de la dynastie impériale unique, celle des Musumara)
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/c/1/6/principales-lois-4740801.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/c/1/6/principales-lois-4740801.png[/img][/url][/center]
Majorité : vingt-et-un an
Service militaire : obligatoire durant un an pour les hommes de vingt-et-un ans, sauf dispense spécifique (l'armée est interdite aux femmes)
Âge minimal pour occuper un haut poste administratif ou politique : vingt-quatre ans
Âge minimal légal pour le départ à la retraite : il n'existe pas d'âge minimal pour partir à la retraite, sachant qu'il n'existe pas non plus de système de répartition des retraites. Les personnes âgées désireuses de prendre leur retraite passent généralement la main à leurs enfants, lesquels récupèrent l'office paternel ou maternel tout en s'engageant à loger et nourrir les ancêtres.
Liberté d'expression :
limitée
Liberté de la presse :
très limitée
Rassemblements politiques :
très encadrés
Droit d'association :
très limité
Liberté de culte :
limitée au seul shintoïsme
Droit de vote :
inexistant aussi bien pour les hommes que pour les femmes
Contraception :
interdite
Avortement :
interdit
Homosexualité :
interdite
Exhibitionnisme homosexuel :
interdit
Mariage homosexuel :
interdit
Mariage mixte :
interdit
Métissage :
interdit
Divorce :
interdit
Relations extra-conjugales :
interdites
Majorité sexuelle : dix-huit ans
Polygamie :
interdite
Droit d'asile :
inexistant (les Levantins sont hostiles à toute forme de mélange culturel et de multiculturalisme)
Esclavagisme :
interdit
Âge minimal pour pouvoir travailler : seize ans pour travailler à son compte ou à temps plein (il n'existe en revanche pas de limite
pour l'aide fournie aux parents par les enfants)
Liberté de grève :
inexistante
Syndicats ouvriers et patronaux :
interdits
Salaire minimal légal : il n'existe pas de salaire minimal légal, le conseiller à la Famille et à l'Enfance entendant que chaque Levantin doit pouvoir vivre décemment en ayant de quoi manger, un toit et de quoi se vêtir
Enseignement privé :
interdit
Peine de mort :
en vigueur, par décapitation (dans les faits, la plupart des condamnés à mort se suicident)
Consommation d'alcool :
autorisée (dans les limites de la décence, l'ébriété étant punie par la loi)
Tabagisme :
toléré
Consommation ou trafic de drogue :
interdit
Organismes génétiquement modifiés (recherche ou culture) :
interdit
Clonage :
interdit
Recherches génétiques :
autorisées sous contrôle
Dans les faits, certains comportements sont tolérés dans le cadre strictement privé et ne sont punis que s'ils deviennent de notoriété publique. C'est notamment le cas de l'adultère, de l'usage de la contraception et de l'homosexualité (comportements extrêmement mal vus). L'avortement et le trafic de drogue, en revanche, sont systématiquement punis.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/a/1/d/sake-a7c3da.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/6/d/1/sake-1d450ca.jpg[/img][/url]
Le saké, célèbre alcool de riz levantin, est généralement servi tiède dans des bols[/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/7/b/5/calendrier-officiel-474091a.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/7/b/5/calendrier-officiel-474091a.png[/img][/url][/center]
Du 12 au 18 janvier (selon les années) - Nouvel an levantin
15 février - Jour d'Oda Nobunaga (grand unificateur du Nihongo)
10 mars - Fête nationale
23 mars - Journée des Lanternes (aussi appelée "Journée des Lampions")
1er mai - Fête du travail patriotique (adoptée en 1978)
4 juillet - Journée des Sources chaudes
13 octobre - Journée de la Culture levantine
L'ensemble de ces journées sont fériées au niveau national. Chaque préfecture et chaque commune peuvent par ailleurs décréter, en accord avec le préfet, un ou plusieurs jour(s) férié(s) correspondant à une fête d'ampleur régionale ou locale.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/7/a/2/journ-e-des-lampions-4740963.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/8/c/8/journ-e-des-lampions-4740964.jpg[/img][/url]
Pour la Journée des Lampions, les Levantins rivalisent d'imagination et de prodigalité dans leurs décorations[/center]
Posté : ven. août 22, 2014 2:55 pm
par Ramiro de Maeztu
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/d/2/7/d-mographie-et-47409aa.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/d/2/7/d-mographie-et-47409aa.png[/img][/url]
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/2/5/5/ticonomie-47409b7.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/2/5/5/ticonomie-47409b7.png[/img][/url][/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/9/d/9/donn-es-d-mographiques-4741dea.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/9/d/9/donn-es-d-mographiques-4741dea.png[/img][/url][/center]
Les chiffres ci-dessous fournissent les données du recensement de 2024.
Population totale : 73 852 344 personnes
Superficie du territoire : 1 374 800 kilomètres carrés
Densité de population : 53,71 personnes au kilomètre carré
Répartition de la population :
- Hommes : 36 223 555 personnes
- Femmes : 37 628 789 personnes
Pyramides des âges :
- 0-14 ans : 20,9%
- 15-64 ans : 66,9%
- 65 ans et plus : 12,2%
Ratio des sexes :
- Population totale : 0,928 homme/femme
- À la naissance : 1,08 homme/femme
- Moins de 15 ans : 1,02 homme/femme
- 15-64 ans : 0,96 homme/femme
- 65 ans et plus : 0,65 homme/femme
Espérance de vie à la naissance :
- Moyenne : 66,05 ans
- Masculine : 63,4
- Féminine : 68,7 ans
Taux d'alphabétisation : 98,5%
Taux de scolarisation : 95%
Depuis un décret de 1890, tous les enfants du Nihongo âgés de douze ans doivent maîtriser obligatoirement les bases du calcul ainsi que de la lecture et de l'écriture d'un nombre minimal d'idéogrammes. Cela signifie que, depuis cette époque, une politique à la fois incitative et coercitive a été menée par les autorités pour que tous les Levantins, quel que soit leur milieu social, envoient leur enfant au moins à l'école primaire, devenue gratuite par la même occasion. A partir des années 1950-1960, les mesures coercitives massives sont levées car le décret est largement passé dans les moeurs, aidé par l'urbanisation croissante et une administration impériale tatillonne.
Indice de développement humain : 0,630
Part de la population urbaine : 70,7%
Est comptée comme "ville" ("大都市" - "daitoshi") toute commune dépassant 5 000 habitants. Entre 1 001 et 5000 habitants, l'on parle de "bourgade" ("街" - "machi"). Entre 1 et 1 000 habitants, il s'agit d'un "village" ("村" - "mura").
La politique de concentration des activités et de la population, entamée à partir de 1828, a provoqué un déséquilibre net dans la répartition des Levantins sur leur territoire.
Taux de mortalité : 7‰
Taux de mortalité infantile : 15‰
Taux de natalité : 20‰
Croissance végétative annuelle : 2%
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/b/d/b/hischool1-474225a.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/e/a/7/hischool1-474225b.jpg[/img][/url]
Un jeune écolier des beaux quartiers de Nara est emmené par ses parents, tous deux aristocrates, dans une école primaire de la ville. L'uniforme, qui n'était d'abord obligatoire que pour les écoles les plus huppées, s'est ensuite peu à peu démocratisé en ville. Il reste en revanche rare à la campagne.[/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/e/b/6/production-de-mat...remi-res-4741ab1.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/e/b/6/production-de-mat...remi-res-4741ab1.png[/img][/url][/center]
Les chiffres ci-dessous indiquent les productions de base du pays - ils sont susceptibles d'évoluer au fil du temps.
- Produits agricoles (céréales, fruits et légumes) : 51 500 000 rations complètes par an, dont :
* 50% de riz
* 30% de fruits et légumes (essentiellement cerises, mûres blanches, raisin, radis blanc, citrons, chou chine, etc.)
* 10% de thé
* 5% de champignons (essentiellement morilles)
* 5% de produits exotiques issus de cultures spécifiques (essentiellement bananes, canne à sucre, etc.)
- Produits carnés : 51 500 000 rations complètes par an, dont :
* 40% de porcins
* 40% d'ovins
* 20% de volailles et d'oiseaux divers (poules, coqs, poulets, oies, dindons, etc.)
- Produits de la mer : 162 692 tonnes par an, dont :
* 40% de poissons de taille modeste (bar, flétan, morue, saumon, sardine, thon, maquereau, etc.)
* 40% de fruits de mer et de crustacés (moules, huîtres, palourdes, coquilles Saint-Jacques, pouces-pieds, seiches, poulpes, crabes, homards, etc.)
* 20% de poissons de taille plus grande (espadon, brochet, etc.)
- Produits laitiers : 389 286 tonnes par an, dont :
* 40% de lait (essentiellement du lait de bovins)
* 40% de fromages
* 20% de produits conditionnés (yaourts, etc.)
- Bois : 12 115 385 mètres cubes par an, dont :
* 40% de bois rares ou précieux (teck, acajou, ébène, etc.)
* 30% de bois de construction classique
* 30% de bois de chauffage
- Bauxite : 580 909 tonnes par an
- Épices : 15 286 tonnes par an (essentiellement du poivre, des clous de girofle, du safran, etc.)
- Café : 78 000 tonnes par an (à 95% de l'arabica)
- Cacao : 7 740 tonnes par an
- Sisal : 1 440 tonnes par an
- Saphirs : 76,8 millions de carats par an (chaque carat vaut 1 000 dollars raksasans)
- Rubis : 7,5 millions de carats par an (chaque carat vaut 1 800 dollars raksasans)
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/b/8/5/product_1141025b-4742256.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/8/8/2/product_1141025b-4742257.jpg[/img][/url]
Un collier de saphirs unique, fabriqué entièrement à la main à Nara, et vendu à une joaillerie raksasane où il est exposé[/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/e/a/5/pib-et-croissance-4741e4a.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/e/a/5/pib-et-croissance-4741e4a.png[/img][/url][/center]
- Produit intérieur brut total : 30 milliards de dollars raksasans (3 660 milliards de ryōs)
- Produit intérieur brut par habitant : 406 dollars raksasans par habitant (49 558 ryōs par habitant)
- Croissance du Produit intérieur brut total : à venir
Posté : ven. août 22, 2014 3:03 pm
par Ramiro de Maeztu
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/a/9/0/histoire-4740a53.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/a/9/0/histoire-4740a53.png[/img][/url]
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/7/7/4/jimmulg-12d88e7.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/3/f/6/jimmulg-12d88e8.jpg[/img][/url]
Une estampe de Tsukioka Yoshitoshi représentant Suizei, fondateur officiel (et légendaire) de la dynastie des Musumara et du Nihongo[/center]
Avertissement : cette section relate pour l'essentiel l'histoire du Nihongo continental. Elle n'évoque ainsi l'ancienne province d'Hokkaido (devenue Empire puis République d'Hokkaido) que de façon partielle, pour ne pas dire anecdotique. Pour en savoir plus au sujet de ce pays devenu indépendant, veuillez vous reporter à son [url=http://www.simpolitique.com/encyclopedie-nationale-t9939.html]Encyclopédie nationale[/url] ou à son [url=http://www.simpolitique.com/histoire-contemporaine-t9984.html]histoire contemporaine[/url].
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/0/f/0/capture-d-cran-20...15.10.51-4747fc6.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/0/f/0/capture-d-cran-20...15.10.51-4747fc6.png[/img][/url][/center]
Les premiers habitants à peupler l'actuel territoire de l'Empire du Nihongo sont aujourd'hui relativement bien connus, malgré plusieurs décennies d'hésitations et de débats à leur sujet. Originaire de la partie occidentale de l'actuel Empire du Kaiyuan, sur les littoraux de la mer d'Elghinn, l'ethnie wa (appelée "ethnie hokkai" en Hokkaido) - qui constitue l'ethnie largement majoritaire en Nihongo depuis lors - migre de manière massive et définitive vers l'Ouest. Les raisons de ce départ ont longtemps été obscures, même si les spécialistes supposent aujourd'hui que les grands bouleversements climatiques liés aux glaciations et déglaciations successives ont forcé les Wa à trouver un environnement plus favorable pour leur installation et leur survie. Par ailleurs, il semblerait que l'ethnie wa, de nature belliqueuse, se soit sentie contrainte de fuir après plusieurs conflits d'une certaine ampleur avec des peuplades voisines.
C'est vers 20 000 avant le début de notre ère que les Was, visiblement conduits par une direction collégiale, arrivent dans l'actuel Nihongo, traversant les hauts plateaux de l'Est du pays avant de se répartir entre les rives de la mer d'Elghinn, celles du golfe de Barebjal et la plaine fertile centrale. L'on n'a que peu d'indications sur le mode de vie de ces premières populations levantines, même si les historiens savent qu'elles ne maîtrisaient ni l'agriculture sédentaire, ni le travail des métaux ou de la céramique. La plupart des objets retrouvés, notamment sur le site archéologique de Miyagi, laissent penser qu'elles travaillaient surtout l'obsidienne avec des techniques importées de l'actuel Kaiyuan.
Vers 15 000 avant le début de notre ère, l'ethnie wa rencontre l'autre ethnie installée en Nihongo, celle des Utaris, dans des conditions particulièrement complexes. Habitant des zones semi-arides du Sud-Est de l'Hokkaido, à la limite avec les hauts plateaux de l'actuelle préfecture de Yamaguchi, les Utaris sont très dissemblables des Was : ces derniers sont généralement de petite stature, ont la peau cuivrée, les yeux bridés, les cheveux noirs et leur pilosité est peu développée, tandis que ceux-là ont une pilosité abondante, sont plus grands et plus musclés, ont les yeux légèrement moins en amande et peuvent être châtains ou roux. Il semblerait que les Utaris soient originaires du Nord-Est de l'Alméra, peut-être des landes glacées de la toundra rostove.
Malgré un évident handicap physique de départ, les Was parviendront à marginaliser et à battre les Utaris de façon systématique au cours de tous leurs affrontements, qui dureront de fait jusqu'au début de notre ère. Plus organisés et astucieux, les Was parviennent par la suite à intégrer les Utaris en pratiquant un métissage raisonné, en dispersant leur population au sein de zones majoritairement was et en leur faisant renoncer par la ruse ou la coercition à leur langue et leur culture. Il n'existe plus, aujourd'hui, que des vestiges de la culture utari, très peu développée à cette époque en comparaison de la culture wa, et leur langue n'est plus pratiquée, même si elle a influencé les parlers levantins du Sud-Est. Il n'existe de même aucune conscience d'une ethnie ou d'une culture spécifique chez les descendants des Utaris étant donné les brassages ethniques du passé.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/5/a/1/pierres-474815c.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/6/a/1/pierres-474815d.jpg[/img][/url]
Des outils en pierre polie retrouvés près de la bourgade de Shinanomachi et datés d'environ 15 000 ans avant le début de notre ère. Elles sont exposées au Musée archéologique national d'Edo.[/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/2/a/5/capture-d-cran-20...15.32.58-4748170.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/2/a/5/capture-d-cran-20...15.32.58-4748170.png[/img][/url][/center]
A partir de l'année 2 000 avant le début de notre ère, de très importants bouleversements secouent l'actuel Nihongo et changent durablement la destinée historique de l'ethnie wa. Pour tenter d'expliquer l'origine de ces changements, l'historiographie levantine traditionnelle a eu recours au personnage légendaire de Jofuku, dont elle situait la provenance dans l'Est de l'actuel Kaiyuan. Bien qu'il semble aujourd'hui évident que ce n'est pas un seul homme providentiel mais de nombreux contacts avec diverses populations makaranes qui ont causé une révolution au sein du Nihongo, le nom de Jofuku reste attaché à cette ère s'étendant de -2 000 à -700 et les Levantins en ont gardé d'importantes traces dans leur mentalité collective.
Ces multiples échanges avec les ethnies du Kaiyuan mais aussi de Roumalie voire, pour les plus lointaines, du Raksasa, ont permis la maîtrise progressive de l'agriculture sédentaire (notamment des techniques ancestrales de culture du riz et des légumineuses qui constituent aujourd'hui la base de l'alimentation au Nihongo). Mais c'est l'importation du premier artisanat levantin, centré autour de la poterie et de la céramique, qui vont bouleverser les structures socioéconomiques et culturelles des Was. C'est avec cette révolution technologique que les artisans apparaissent dans les premiers noyaux urbains de l'Antiquité levantine (notamment à Nara, actuellement la plus grande ville du pays). Selon les textes de l'époque ou postérieurs, Jofuku, personnage censé apporter la lumière aux Was, était un prêtre shintoïste (ce qui semble totalement improbable puisque le Kaiyuan ne compte pas de populations shintoïstes) spécialisés dans les travaux agricoles. Âgé d'une cinquantaine d'année, il était aussi un alchimiste à qui l'on devait l'invention d'un élixir de longue vie, dont il aurait caché la recette, inscrite sur un manuscrit, dans les hauts plateaux de l'Est du Nihongo. Sa tombe se trouve, selon la tradition, dans la bourgade de Kumano, dans l'actuelle préfecture de Yamaguchi, et elle est aujourd'hui vénérée par de nombreux Levantins.
Le sage Jofuku aurait aussi appris l'écriture aux Was, leur transmettant les idéogrammes à la base de plusieurs idiomes parlés au Kaiyuan. De fait, si la prononciation, le vocabulaire et la grammaire levantines n'ont aujourd'hui plus rien à voir avec celles des parlers du Kaiyuan, les idéogrammes qui servent à écrire la langue levantine ressemblent parfois grandement à ceux que l'on peut retrouver chez notre voisin oriental.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/c/9/f/flamm-ches-4748181.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/3/b/a/flamm-ches-4748182.jpg[/img][/url]
La maîtrise de la céramique et de la poterie se reflète par exemple dans ce très beau récipient ornementé datant de 2 000 avant le début de notre ère[/center]
L'apparition de l'écriture ainsi que de ses supports et techniques (le premier rouleau manuscrit attribué à un Levantin anonyme remonte à l'année 1 345 avant notre ère), couplée à la révolution agraire que connaît le pays, contribue à lui faire connaître un bon en avant formidable à l'origine de deux phénomènes a priori contradictoires : la féodalité et la naissance de l'empire. Le premier empereur levantin (légendaire comme une quinzaine de ses successeurs), nommé Suizei, règne autour de 1311 avant le début de notre ère, et se proclame descendant de la déesse Amaterasu, principale divinité du panthéon levantin. Il fonde ainsi, à la date conventionnelle du 10 mars, la seule et unique dynastie impériale du Nihongo, celle des Musumara. Son ascendance divine explique parfaitement le caractère aujourd'hui sacré et inviolable de l'empereur mais aussi la place accordée à la femme dans la société levantine, puisque l'empereur tient son pouvoir d'un principe féminin.
C'est aussi à cette époque qu'apparaît une série de potentats locaux, dont le territoire est plus ou moins étendu, peuplé et riche selon les cas, et que l'historiographie nomme habituellement "rois was". S'ils reconnaissent tous la primauté et le caractère sacré de l'empereur, dont la première capitale est Nara, ils sont largement indépendants dans les faits et agissent en véritable seigneurs de guerre féodaux, pratiquant le servage, luttant les uns contre les autres pour divers motifs et contribuant à configurer une première noblesse liée à ces conflits. C'est à partir du premier empereur dont l'existence historique soit assurée, Ōjin (qui règne entre 810 et 783 avant le début de notre ère), que va s'enclencher une guerre qui définira l'évolution du Nihongo sur les siècles à venir, jusqu'à la moitié du XIXe siècle : la lutte entre l'empereur et les rois wa (devenus par la suite shoguns), la lutte à mort entre l'absolutisme et la féodalité, la lutte décisive entre l'unification et la fragmentation du pays.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/8/5/6/amaterasu_cave-474839e.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/0/1/b/amaterasu_cave-474839f.jpg[/img][/url]
Ce triptyque d'estampes peintes sur bois vers 650 avant le début de notre ère relate l'apparition mythique de la déesse solaire Amaterasu, dont le premier empereur légendaire du Nihongo, Suizei, prétend tenir son pouvoir. Il est conservé au Musée impérial de Nara.[/center]
A partir de 700 avant le début de notre ère, l'administration impériale se met véritablement en place, créant les conditions de la centralisation postérieure. Entrant peu à peu dans une nouvelle ère, que l'historiographie appelle couramment "ère Yayoi" ou "ère des seigneurs de guerre" ("武将の時代" - "bushō no jidai"), le Nihongo est dominé dans les années 650 par la première impératrice qu'il ait jamais connu, Himiko (dont le règne s'étend de 673 à 630 avant le début de notre ère). Cette dernière, si elle n'a pas encore les moyens de s'imposer face aux premiers seigneurs féodaux qui se retranchent dans leurs oppidums et lui mènent la vie dure, favorise deux mouvements essentiels dans l'histoire du pays : grande protectrice des arts et de l'artisanat, elle lance une politique de mécénat qui permet l'apparition des premières productions de luxe dans le pays ; intéressée par la navigation, elle fait armer plusieurs expéditions maritimes, dont une seule sera véritablement une réussite. C'est en effet vers 664 avant le début de notre ère que quatre navires transportant environ trois cents hommes de l'ethnie wa débarque dans l'actuelle République d'Hokkaido. A l'époque, cette dernière est peuplée par une ethnie inconnue des Levantins, les Aïnos, dont l'origine est plus qu'obscure. Les premiers conflits s'engagent rapidement mais les Was s'imposent définitivement grâce à des renforts vers 600 avant le début de notre ère, faisant passer l'Hokkaido dans le giron impérial. Ce dernier dépendra alors jusqu'à son indépendance directement de l'empereur et de son administration.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/8/b/e/estampe-474845d.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/e/8/0/estampe-474845e.jpg[/img][/url]
Une estampe anonyme de 1765 représente une vue idéalisée et fantasmée de l'archipel d'Hokkaido au moment de sa découverte par les Was[/center]
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/9/c/2/capture-d-cran-20...16.19.28-474847a.png.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/9/c/2/capture-d-cran-20...16.19.28-474847a.png[/img][/url][/center]
C'est autour du IIème siècle après la naissance du principal prophète des chrétiens que le Nihongo bascule de l'Antiquité au Moyen-Âge. Si le changement d'époque est plus progressif que l'historiographie levantine ne l'a longtemps cru, il n'en reste pas moins marqué par une série de révolutions techniques, sociales et politiques qui marquent le début de l'ère Asuka. Tandis que l'artisanat levantin se perfectionne et atteint des degrés inconnus jusqu'alors (notamment dans la maîtrise de la soie et des pierres précieuses), les techniques de construction avancent considérablement et l'art rayonne au niveau national (poésie, calligraphie, maîtrise de la soie).
L'État central, dominé par la figure impérial, réorganise profondément son administration, qui devient professionnelle, tandis que les rois wa, appelés "shoguns" à partir du IIIème siècle de notre ère, assoient leur pouvoir régional. Le domaine impérial augmente modestement mais sûrement, sans autres véritables combats que des escarmouches que recueillent les récits plus ou moins mythifiés de l'époque. Vers 732, le clan Soga, originaire du Sud-Est du pays, opère le premier coup d'État dont fassent mention les sources. Très influencé par la spiritualité du Kaiyuan, il va notamment modifier le shintoïsme officiel en le mâtinant d'un certain bouddhisme. Toutefois, la figure d'Amaterasu reste centrale et rares sont les statues de Bouddha qui sont alors construites.
Les premiers codes de loi apparaissent autour de 820 et sont largement inspirés de ceux qui ont alors cours au Kaiyuan et en Roumalie. Toutefois, la loi impériale mettra encore plusieurs siècles à véritablement s'imposer.
La grande figure artistique de l'époque est sans doute celle du poète Man'yoshû, appelé à la cour de Nara par l'empereur Kammu, qui poursuit la politique de mécénat entamée à l'époque de l'impératrice Himiko. Man'yoshû est aussi considéré comme le premier historien du Nihongo, même si ses techniques de recherche sont évidemment très rudimentaires en comparaison des méthodes actuelles. C'est grâce à lui que l'on sait que c'est dès cette époque que l'administration impériale songe à déplacer la capitale plus à l'Est, quitte à construire une ville ex nihilo. Ce projet ne sera toutefois pas réalisé avec le XVIe siècle.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/3/0/a/36poets_collection_mitsune1-474855a.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/8/f/7/36poets_collection_mitsune1-474855b.jpg[/img][/url]
Un recueil de poèmes daté de l'ère Asuka et conservé dans les archives impériales d'Edo][/center]
Entre 922 et 1185, l'empire connaît une période de paix, de prospérité et d'expansion culturelle dont seront nostalgiques une grande partie des Levantins de l'époque suivante. L'historiographie du Nihongo parle d'ère Heian (le terme "Heian" signifie "paix" en levantin) et souligne à juste titre que les arts et l'artisanat connaissent un nouveau bond en avant grâce à l'intervention impériale. L'empereur Ninmyō doit toutefois faire face aux menaces d'un puissant shogun du Sud, Taira no Masakado, puis de son fils et successeur, Fujiwara no Sumitomo. En 1032, ce dernier parvient à renverser et tuer Ninmyō, provoquant ainsi un deuxième coup d'État, ce qui tend à relativiser le caractère pacifique de la période. Toutefois, Fujiwara no Sumitomo, qui règne en tant qu'empereur sous le nom de Montoku, affermit considérablement l'autorité du pouvoir central et réorganise l'urbanisme du domaine impérial selon le modèle du Kaiyuan, dont l'influence reste décisive. C'est lui qui décrète la conscription universelle afin de lutter contre une nouvelle rébellion des Utaris au Sud-Ouest, et c'est son neveu et successeur, Yōzei, qui crée de nouveaux organes de gouvernement et d'administration. Est ainsi constitué un "bureau privé de l'empereur", lointain ancêtre de l'actuelle Agence impériale, tandis que Yōzei crée le premier corps de police professionnel du pays. Tout comme le clan Soga avant lui, le clan des Fujiwara ne rompt jamais formellement avec la dynastie des Musumara, inventant même une parenté lointaine pour maintenir l'illusion d'une continuité qui ne sera jamais remise en cause jusqu'à aujourd'hui.
L'empereur Daigo (1148-1185) est le dernier souverain de l'ère Heian. Imposant une étiquette stricte à la cour et la domestiquant largement, il lance une série d'incursions militaires dans plusieurs territoires contrôlés par des shoguns hostiles au pouvoir central, préfigurant ainsi l'ère de troubles qui suivra sa mort. Il renforce également l'influence du bouddhisme dans le shintoïsme, rédigeant lui-même deux textes ésotériques, le Tendai (Terrasse céleste) et le Shingon (Parole vraie), appelés à une grande postérité. Il donne une nouvelle impulsion à l'économie et surtout à la littérature, favorisant l'émergence du conte, du roman et même du journal intime comme nouveaux genres en vogue.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/5/f/f/genji_emaki_azumaya-474865b.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/5/2/8/genji_emaki_azumaya-474865c.jpg[/img][/url]
Un morceau du rouleau Genji Monogatari, représentatif de l'art et de la littérature de la période Heian[/center]
L'année 1185 est généralement considérée comme une charnière dans l'histoire de l'Empire du Nihongo. Si le changement d'ère ne doit pas tromper l'observateur étranger (puisque les grands événements de la nouvelle époque ont des causes bien antérieures), l'historiographie levantine considère que la mort de l'empereur Daigo lors d'une chute accidentelle au Palais impérial de Nara marque la transition définitive entre, d'une part, les escarmouches opposant pouvoir central et pouvoir féodale, et, d'autre part, une période de paix relative et une longue période de guerre ouverte, qui débute par l'ère Kamakura (1185-1333). Cette époque est nommée d'après le shogunat de Kamakura, l'un des plus forts fiefs du Nihongo médiéval, dirigé d'une main de fer par la famille de Kamakura et qui est frontalier du domaine impérial. Le fils et successeur de Daigo, En'yū (1185-1210), est faible psychologiquement et valétudinaire. Une habile manoeuvre, qui s'apparente à un coup d'État, permet de le maintenir au pouvoir pour sauver les apparences, mais ce sont bien les seigneurs de Kamakura qui vont exercer la réalité du pouvoir, favorisant un nouveau centralisme tourné autour de leur propre capitale, dont ils ont pris le nom. Les luttes féodales explosent à cette époque, notamment entre ceux qui détiennent désormais le pouvoir de décision et leurs principaux rivaux, les seigneurs de Muromachi. La bataille de Nakatsu, qui a lieu le 3 mars 1209 près de la bourgade éponyme, est alors le plus grand affrontement armé qui ait jamais eu lieu dans l'histoire du Nihongo : il engage en tout et pour tout six mille hommes, selon les estimations actuelles, et se solde par une cuisante défaite du clan Muromachi, qui doit (provisoirement) renoncer à ses rêves de conquête et de gloire tout en acceptant, par le traité de Kitsuki, une réduction de son propre territoire.
A la mort d'En'yū, un problème successoral se pose puisque l'empereur s'est certes marié deux fois mais n'a jamais eu de descendance. C'est son oncle, Go-Suzaku (1210-1222), un hommage âgé et falot, qui est placé sur le trône par le clan Kamakura, pour continuer à jouer la fiction de la continuité dynastique. Toutefois, cette décision est très contestée par d'autres dynasties féodales, et les Muromachi reviennent à la charge en 1219, tentant un coup d'éclat dans la vallée de Saiki. Les Kamakura, mis au courant des manoeuvres de leurs ennemis jurés par des espions, prennent les attaquants à revers et les écrasent en à peine deux heures. Le pouvoir central est alors au plus bas : Go-Suzaku ne cesse de montrer des signes d'affaiblissement et ses deux enfants meurent coup sur coup de tuberculose. Ne subsiste qu'un petit-fils, âgé de vingt ans, qui aimerait s'affirmer et reconquérir le pouvoir perdu. Son nom : Sutoku. Formé par des précepteurs rétifs à l'influence féodale des Kamakura, il montre très tôt de hautes dispositions intellectuelles et une capacité de gouvernement élevée. De plus en plus apprécié par nombre de membres influents de l'administration impériale, il représente une menace pour les nouveaux maîtres du pays, qui décident d'organiser un coup monté afin de le faire chanter. Dans la nuit du 12 au 13 août 1222, à peine deux semaines avant la mort de Go-Suzaku, un jeune paysan brièvement informé et stipendié par les Kamakura s'introduit discrètement dans le Palais impérial de Nara, parvient jusqu'à la chambre de l'empereur en trompant sa garde rapprochée, se dénude totalement et s'installe à côté du lit, en silence. Une demi-heure plus tard, plusieurs représentants du clan, feignant d'avoir une nouvelle capitale à transmettre au "mikado", demandent à réveiller eux-mêmes le monarque. Ils découvrent alors la scène totalement inventée ; l'accusation d'homosexualité fuse immédiatement et court en une journée dans toutes les bouches des hauts fonctionnaires. Même les plus favorables à Sutoku l'abandonnent. Ce dernier, pris au piège, ne peut qu'accepter de devenir un empereur falot à la mort de son grand-père afin de ne pas souffrir un déshonneur public si la nouvelle se répand parmi le peuple. Sutoku, qui règne de 1222 à 1261 (l'un des plus longs règnes du Nihongo) est toujours souillé par ce complot et le coup monté ne sera prouvé que plus d'un siècle après sa mort, permettant sa réhabilitation tardive.
Le clan Kamakura assoit ainsi durablement sa mainmise non seulement de facto mais aussi de jure, puisque les hauts responsables de Nara estiment que l'empereur, dégénéré, ne peut être maintenu que par respect pour la dynastie de Musumara. Il devra renoncer à toute prise de décision effective et sera confiné jusqu'à la fin de sa vie au Palais impérial d'Edo, où il sera marié pour la forme à l'une des filles du clan Kamakura. C'est son unique enfant, Konoe, qui lui succédera de 1261 à 1294, lui-même suivi par son fils, Nijō (1294-1316). A partir du règne du dernier empereur de l'ère Kamakura, Rokujō (1316-1333), la grande famille au pouvoir commence à perdre la main après plusieurs demi-défaites face à des vassaux remuants, notamment à Hita, en 1328. Peu à peu, les grands rivaux des Kamakura, les Muromachi, prennent l'ascendant sur leurs adversaires de toujours. A la bataille de Maibara, le "mikado", qui était venu simplement pour assister à une "démonstration" des Kamakura, est touché par une flèche dont nul ne sait si elle a été projetée intentionnellement ou pas dans cette direction. La famille qui dirige de facto y voit un mauvais présage et la débandade est totale. Le 23 septembre 1333 marque ainsi le début d'une nouvelle ère, l'ère Muromachi.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/9/d/b/m-ko_sh-rai_ekotoba_2-475a513.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/8/8/f/m-ko_sh-rai_ekotoba_2-475a514.jpg[/img][/url]
Une estampe sur papier anonyme représentant la bataille de Nakatsu (3 mars 1209), plus importante victoire des Kamakura sur les Muromachi[/center]
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De 1333 à 1519, le clan féodal des Muromachi, qui mène à son paroxysme l'importance des samouraïs et seigneurs de guerre au Nihongo, contrôle la réalité du pouvoir dans l'Empire du Nihongo mais sa mainmise sur l'ensemble des territoires du pays ne sera jamais aussi parfaite que celle dont jouissaient les Kamakura. Le pouvoir impérial, de moins en moins obéissant aux ordres venus de l'actuelle préfecture de Tokushima, tente d'organiser des rébellions dans plusieurs zones du pays qui ont déjà montré des signes de rébellion contre cette famille autoritaire et peu populaire. C'est pourquoi les Muromachi liquideront, parfois en plein jour, nombre de de "mikados" de l'époque, soit par la voie des armes, soit par celle du poison. L'ère Muromachi est ainsi parfois appelée "ère des empereurs brefs" ("皇帝の簡単な時代" - "kōtei no kantan'na jidai") par l'historiographie levantine, qui résume ainsi la succession de plusieurs monarques volontaires mais encore dépassés par les rebuffades et les incursions de leurs sujets les plus puissants : Takakura (1333-1339), Antoku (1339-1348), Tsuchimikado (1348-1360), Juntoku (1360-1371), Chūkyō (1371-1372), Go-Horikawa (1372-1383) et Go-Fukakusa (1383-1402). Tous ont en commun de passer de vie à trépas par une voie peu naturelle et qui éveille de plus en plus les suspicions. A la mort de Go-Fukakusa, l'administration impériale met en place des protocoles de protection de l'empereur bien plus draconiens et efficaces, ce qui marquera le début du déclin politique pour les Muromachi. Pourtant, il faut encore plusieurs décennies au pouvoir central pour se débarrasser définitivement de ces vassaux infidèles. Mais le nouveau monarque, Kameyama (1402-1438), intelligent, est un fin stratège dont les idées vont rencontrer un homme décisif, Oda Nobunaga. Né en 1378 dans un clan féodal du Sud du Nihongo, ce samouraï passé au service de la maison impériale acquiert durant son enfance et sa jeunesse, en marge de son instruction "officielle", une haute conscience de l'Empire du Nihongo et développe une sorte de patriotisme avant la lettre qui l'amène à rencontre Kameyama en 1404. C'est grâce aux stratagèmes de Nobunaga et surtout à sa doctrine politique, dite de "la bataille de la grue et du tigre" ("クレーンと虎の戦い" - "kurēn to tora no tatakai"), que l'empereur peut s'imposer progressivement en affaiblissant indirectement le clan Muromachi. La technique est simple et elle se met en place dès 1406 : grâce aux contacts qu'il a entretenus avant de parvenir sur le trône, Kameyama promet de nombreuses récompenses à des familles féodales plus faibles que les Muromachi mais à même d'amoindrir les forces armées de ces puissants seigneurs de guerre.
Dans le même temps, Kamemayma s'attache les services de Tokugawa Ieyasu, habile mécène, grand amateur d'art, qui va considérablement favoriser l'épanouissement des arts. L'explosion postérieure de la peinture traditionnelle levantine, durant la période classique, doit beaucoup aux mesures prises par Tokugawa Ieyasu, notamment à la politique dite de "la fleur de cerisier" ("桜の花" - "sakura no hana"). C'est ainsi que le roman, la poésie (notamment les haïkus), l'autobiographie et les essais politiques et idéologiques se multiplient tandis que, d'un point de vue religieux, les affidés d'Obunaga et Ieyasu renforcent les principes originels du shintoïsme, cherchant à purifier la spiritualité levantine de ses apports bouddhistes. Toutefois, le successeur de Kameyama, l'empereur Fushimi (1438-1459), introduira à son tour dans le shintoïsme de nombreux apports confucéens tout droit venus de Roumalie. Si la stratégie militaire et politique d'Obunaga porte ses fruits, il ne verra jamais la victoire finale face aux Muromachi et à tous les seigneurs féodaux puisqu'il mourra en 1440. C'est en 1519 que l'ère Muromachi touche à sa fin, grâce à la victoire décisive des troupes impériales sur une coalition dirigée par cette famille de grands seigneurs non loin de Nara, dans la bourgade d'Iwata, le 12 août 1519. L'empereur Kōmyō (1498-1532) devient ainsi le premier empereur de l'ère classique et le premier monarque absolu du pays.
[center][url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/110/b/e/f/odanobunaga-475a909.jpg.htm][img]http://img110.xooimage.com/files/2/a/d/odanobunaga-475a90a.jpg[/img][/url]
Une représentation traditionnelle d'Oda Nobunaga, samouraï, ministre et grand artisan de l'unification du Nihongo, dont la naissance est célébrée par un jour férié tous les 15 février[/center]