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Posté : mer. août 06, 2014 10:57 am
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 1 : Les chefs d'état ne sont pas des anges -[/bask]
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[ve]Près de Sayakon se trouvait la demeure présidentielle. On pourrait peut être parler de palais mais ceci serait ignorer la réalité des lieux. La maison était construite dans le style coloniale qui marque toutes les maisons des propriétaires de plantations. Rien de vraiment extraordinaire. Elle avait été construite par un riche marchand alméran s'étant installé à la fin du 18ème siècle dans l'Empire tarnoise. C'était l'époque ou le coton valait encore son pesant d'or. Une époque ou la terre pouvait rendre un homme riche et être la motivation de guerre.
Mais les temps avaient changés. Les plantes de coton avaient cédés à la canne de sucre, une denrée désormais aussi précieuse que le coton d'antan. Car deux années s'étaient écoulés depuis le début de la guerre entre la Rostovie et l'USP, deux années durant lesquels le commerce mondial s'était écroulé et ou du jour au lendemain, toutes les satellites avaient disparus. Plus de communication sur longue distance. Plus de cargos transportant le pétrole et les métaux à travers les océans. Au plus fort du conflit, plus personne osait naviguer loin des côtes par peur de voir le cargo contenant des millions de dollars de marchandise finir au fond de l'océan. Comme la péninsule tarnoise était dépourvue de source d'approvisionnement en pétrole, tout le monde se rua sur ce qui resta de réserves de cette denrée noire sauf quelques malins qui investirent leur argent dans la terre et les eaux. Ces esprits pionniers se lancèrent dans la culture d'algue et de canne à sucre, deux cultures capable d'être distillée pour créer un bio-carburant plus ou moins commercialisable.
Mais le bio-carburant ne pouvait pas être une solution à large échelle dans un pays ou chaque hectare consacrée à la canne à sucre était un hectare de perdu pour la production agricole. Mais beaucoup osaient le paris surtout que le bio-carburant rapportait nettement plus que la culture classique. D'une certaine façon, ceci avait évité un écroulement total du système de transport. Mais l'énergie manquait toujours. On manquait d'uranium pour les centrales nucléaires. Ceci forçait à rationner l'électricité. Finit les nuits transformés en jours. A partir de 20 heures, l’électricité étaient éteinte dans les villes. C'était le retour triomphant à la bougie et aux lampes à gaz. On manquait aussi de pétrole pour en faire du plastique, de l'essence et pour l'industrie. Tout tournait au ralentit par manque d'énergie.
Les cannes à sucre entourant la maison chancelaient dans l'air sous l'effet d'un vent nocturne soufflant depuis le Sud. De loin, on pouvait voir de la lumière dans la maison rejaillir par les fenêtres vers l'extérieur. Une oasis de clarté dans une nuit obscure. Dans le bureau du président brûlait un feu dans la cheminée. Les nuits étaient encore froides à cette époque et faute de chauffage central digne de ce nom, mieux valait laisser le feu de cheminée allumée. Une lampe à gaz était posée sur la table de travail à côté d'une dizaine de documents qui s'entassaient. La plus part étaient des rapports économiques les uns les plus ennuyeux que les autres, mais c'était une corvée à laquelle, il n'y avait aucune échappatoire. Une chaleur douce envahie le bureau. On pouvait sentir cette odeur de bois brûlé mélangé à un léger arrière-goût de cendres.
Bas se tenait assis au bureau en lisant un rapport abordant la question de l'énergie. Il n'y avait rien à faire. On pouvait bien augmenter autant qu'on voulait la production de bio-carburant, ca suffirait jamais à faire remarcher l'économie à pleine régime, conclut-il en lisant les derniers paragraphes du document. Il jeta le document sur le bureau avec un geste mélangeant déception et contrariété. Il n'y avait aucune alternative, il fallait bien trouver des fournisseurs. Mais étais-ce possible ? La situation semblait s'être calmée sur les océans. Bas s'inclina vers l'arrière dans son fauteuil. La Rostovie se perdait dans ses propres cauchemars et la Main noire était réellement entra de perdre du terrain. Mais Bas se méfiait beaucoup de ce monde qui semblait sombrer dans le chaos. Au fond de lui, il pensait que le pays ferait mieux de se replier sur lui-même et oublier une planète perdant de plus en plus la tête. Mais hélas, ce n'était plus possible au 21ème siècle.
Le parquet en bois de la chambre grinça soudainement. Bas retourna la tête pour voir Anya au seuil de la porte. Elle portait ses cheveux blonds décoiffés, les laissant tomber en cascade sur ses épaules. Vêtue d'un simple peignoir en soie rouge, elle afficha ce sourire mielleux qui faisait son principal arme de charme. Elle n'était pas la plus belle des prostituée de la capitale mais elle avait une vivacité d'esprit d'une ampleur rare dans ce métier. Et pouvait-on vraiment la traiter dans cette situation de prostituée ? La relation entre elle et Bas était un mélange difficile à discerner entre service contre argent comptant et une histoire d'amour peu conventionnelle. Bas soupira légèrement. Il devait encore lire un de ces fichus rapports. Il jeta un regard sur l'horloge au mur devant lui. Une heure du matin, décidément, il lui restait que peu de temps. A six heures, il faudra se mettre en route vers Namikon. Il se leva du fauteuil et jeta son regard vers Anya et ensuite en direction de la pile de documents. Il était décidément trop tard pour encore lire un de ces rapports. Comme si elle sentait la réflexion de Bas, Anya s'approcha de lui et le prit doucement par la main.
« Viens avec moi et laisse cette paperasse. Demain sera un autre jour. » dit-elle avec une voix suave.
Bas se laissa faire, affichant un sourire timide. Il connaissait bien ce jeu de séduction mais elle n'avait pas si tort que ça. Il était vrai qu'il pourrait toujours finir de lire les rapports dans le train. Les deux amoureux montrèrent alors les escaliers pour se faufiler dans la chambre à coucher. C'était une pièce relativement spacieuse mais d'une sobriété presque criminelle. Il avait un grand lit au centre avec une table de nuit sur laquelle se trouvait une lampe à gaz. Une cheminée se trouvait en face du lit pour chauffer la chambre durant l'hiver ou les nuits estivales glaciales. Un feu y vivotait. Ca devait faire au moins deux heures depuis qu'on l'avait nourri la dernière fois mais les deux tourtereaux ignoraient les flammes mourantes. Le reste de la chambre était vide. Pas de tableaux, de livres ou de sculptures.
Le peignoir en soie d'Anya tomba au sol, suivi par la veste, la chemise et le pantalon de Bas. Leurs corps nus s'écroulèrent sur le matelas du lit pendant que leurs corps entrèrent dans cette délicieuse unité. Dans des mouvements ondulatoires, leurs esprits et leurs enveloppes charnels s'unirent dans un acte qui traverse tous les âges, tous les régimes, qui connaît nulle limite et nul haine. Les cris de joie d'Anya résonnèrent dans la maison, des cris retentant comme un écho des cris de douleurs de la nativité, ce bonheur qui s'approche au plus près du divin en ce moment de création. Alors que le feu de cheminée disparu dans une petite traînée de fumée, une flamme plus ardente que tout se saisit des deux amoureux. Ils n'avaient pas besoin d'un feu pour chauffer leurs corps, pas en cet instant de fusion totale.
Et c'est alors, après cet acte si naturel mais si condamné par les hommes dépossédé de ce droit, qu'ils furent plongés dans un sommeil profond, dormant côte à côte le sommeil de ceux qui ont connus cette joie terrestre si délicieuse.[/ve]
Posté : ven. août 08, 2014 10:50 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 2 : Et ainsi éclata la paix -[/bask]
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[ve]Bas se tenait assis dans son fauteuil, un verre de whisky à la main, à son habitude légèrement penché vers l'arrière. Sur le bureau se tenait une carafe à moitie remplie de l'alcool brun clair en compagnie de quelques dossiers militaires. Karn Vaelak, lui, était débout, le regard sombre et avec les bras entrelacés. Le Premier Ministre observait le Président entra de tranquillement boire sa boisson. Il n'avait pas le calme de Bas. Il était un homme d'action et qui s'emportait rapidement. Karn jeta un regard aux dossiers fermés sur le bureau. Tous concernait la situation en Nueva Esperanza. Les forces militaires locales, des plans provisoires pour une intervention et mille autres détails qui disaient que peu de choses. La vérité était très simple. La Fédération pourrait théoriquement raser ce territoire en quelques jours. Karn, lui, militait depuis des jours à ce qu'on envoie des troupes au plus vite au Nueva Esperanza pour y remettre de l'ordre.
Mais Bas, comme à son habitude, freinait les ardeurs militaires du Premier Ministre. Envoyer des troupes n'était pas un problème et il était fort probable qu'on pourrait rapidement prendre le contrôle du territoire. Mais il avait tout un volet diplomatique qu'il fallait prendre en compte. Bas savait qu'on ne pouvait pas envoyer de troupes au-delà du canal de Sudokon sans provoquer la panique à Izigor. L'Esmark était un pays qu'il fallait ménager et que l'histoire dévoilait doté d'une peur presque paranoïaque de son voisin. La simple idée de partager une frontière avec la Fédération, semblait horrifier les dirigeants de la République socialiste. C'était au moins la perception qu'on avait à Sayakon. S'il était donc possible, mieux valait trouver une façon douce de régler les problèmes en Nueva Esperanza. Chose avec laquelle Karn n'était pas d'accord du tout, ce qu'il avait la ferme intention de faire savoir.
« Je suis de l'avis que nous devrions envisager de lancer dans les jours à venir une opération militaire en Nueva Esperanza. »
Bas voulait soupirer sur le coup mais ne le pensa pas approprié. Il noya alors son soupir dans une gorgée de whisky, laissant quelques bulles d'air jaillir à la surface de l'alcool dans le verre. C'était la deuxième fois en trois heures qu'il venait avec cette proposition.
« Je pense qu'une intervention sans préparation minutieuse est une folie. »
Karn répondit du tac au tac.
« Nous avons cinq mille chars, deux cent avions de chasse, soixante bombardiers, deux cent cinquante sous-marins, plusieurs bombes théodoniques, quatre cent mille hommes en armes et assez de missiles V pour tout raser entre Nortokon et Newport ! Que faut-il de plus ? »
Bas posa son verre sur la table et regarda Karn droit dans les yeux. Bas avait des yeux d'un bleu profond clair, un bleu si inhabituel dans la péninsule tarnoise, que certains suspicieux croyait être doté de pouvoirs magiques. C'était plutôt une question de génétique mais beaucoup de gens préférait croire en des buissons ardents que dans des théorèmes.
« L'Eran avait encore plus d'armes et de troupes que nous et ils n'ont pas réussit à venir à bout du Viek Kong. Ils ont perdus parce qu'ils n'ont pas compris la nature profonde du peuple qu'ils voulaient soumettre. Si on veut triompher, il faut bien connaître son ennemi. »
Karn voulait répliquer mais soudainement la porte du bureau fut ouverte avec un geste sec. L'instant après, une femme à talons aigus, en robe rouge moulante, en excès de maquillage et aux cheveux blonds se présenta aux deux hommes. Bas ne put se retenir un sourire en voyant Aya Melvel sur le seuil de l'entrée du bureau. Elle cultivait l'art des entrées fracassantes. La Ministre des Affaires étrangères ne se fit pas inviter pour prendre la parole.
« Je vois que les garçons s'amusent bien ! Entra de planifier la guerre en Nueva Esperanza ? »
Karn assassina la blonde du regard avant de jeter un coup d'oeil à Bas. Celui-ci pivotait doucement le verre de whisky sur le bureau et souriait. Bas répondit alors à Aya.
« Karn était entra de me proposer d'organiser au plus vite l'intervention militaire en Nueva Esperanza. »
Aya entra dans la chambre et s'approcha du bureau. Elle déplaça quelques documents pour ensuite s'asseoir sur le bord de la table de travail. Elle afficha un sourire très prudent mais révélateur. C'était un sourire frôlant le narquois mais restant trop sobre pour pouvoir être interprété comme tel.
« Je crains que vous allez devoir annuler les plans de guerre. Désolé, Karn, on vous trouvera bien une petite ile à envahir ou on pourra vous envoyer aux USP. On dit qu'il y a une ambiance d'enfer là-bas. Mais je me perds là. Je viens vous annoncer que j'ai discuté avec le « Président » de la Nueva Esperanza. »
Karn pinça ses lèvres aux remarques d'Aya. Dieu s'il pourrait, il la fusillerait sur le champ mais c'était impossible. C'est alors qu'il fut prit par un coup de colère quand il entendit qu'elle avait rencontré les autorités de Nueva Esperanza.
« Quoi ? Vous êtes allé à Nueva Esperanza ? Chez l'ennemi ? C'est de la haute trahison. On devrait vous...»
Bas leva la main, forçant le Premier Ministre au silence. Dieu qu'il avait marre des disputes entre les deux. Mais Karn avait raison sur un point : Aya n'avait eu aucun mandat pour aller discuter avec les autorités de Nueva Esperanza et s'il avait quelque chose qu'il détestait, c'était qu'on le mette devant les faits accomplis. Néanmoins, ce n'était pas le style habituel d'Aya. Oh, elle n'hésitait d'aucune extravagance. Mais le défier ainsi ? Il devait avoir un motif sérieux pour l'ayant poussé à le faire. Peut être le besoin d'éviter à tout prix une guerre ? Car cette femme, derrière son maquillage et son assurance, s'avérait d'être une pacifiste né. Elle le cachait bien mais Bas connaissait les opinions profondes de cette femme.
« Karn a raison. Aya, tu n'avais aucun mandat pour y aller et j'espère que tu ais une bonne explication. Ceci suffit largement à te démettre de tes fonctions. »
Le sourire disparu du visage d'Aya. Elle savait qu'elle avait joué avec le feu mais si elle pouvait permettre d'éviter une guerre fratricide, tant mieux. Karn avait distillé une ambiance belliciste à Sayakon et il fallait donc agir contre, même au risque de froisser Bas. Aya savait qu'au fond de lui, Bas ne voulait pas de cette guerre. Il était trop jeune pour avoir les rêves fous de l'Empire et trop vieux, pour ne pas avoir connu les conséquences de la Guerre du Vicaskaran. Elle répliqua avec une fausse assurance, connaissant les risques qu'elle prenait maintenant.
« Voyons, rien m'empêche de faire mon shopping à Nueva Esperanza et de prendre un raccourci à travers le palais du gouverneur ? »
Elle laissa quelques secondes de suspense avant de continuer. Elle jouait vraiment avec le feu là mais au fond d'elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de le faire.
« Mais pour faire court. J'ai pu parlé avec un certain Miguel-José Avanderas. Il m'a informé que les autorités de la Nueva Esperanza n'ont que fait sécession pour se protéger des troubles ayant frappé le pays. Ils sont donc prêts à revenir dans la Fédération à condition qu'ils aient des assurances légales et juridiques. En somme, ils veuillent d'une constitution donnant des garanties d'un minimum de fédéralisme. Entre nous dit, ils demandent peu de chose et ce sera l'occasion de doter le pays à nouveau d'une vraie constitution. »
Karn Vaelak réagit immédiatement.
« On va quand même pas nous laisser dicter nos lois par cette bande de trafiquants de drogue ! »
Bas intervient de suite.
« Il n'est pas question de nous plier en quatre pour eux mais je pense que même si nous prendrions ce territoire par la force, nous devrions négocier un statut juridique pour eux. Autant le faire en nous épargnant des ressources. Mais nous mettrons des limites claires. Je pense donc qu'Aya pourra contacter l'OPS pour les informer sur la situation et leur proposer de faire les négociations à In Tao sous surveillance de l'Organisation. Et toi, Karn, je pense que nous devrions discuter en privé sur certains dossiers de la politique extérieure, vu que l'affaire de Nueva Esperanza est sur la voie d'être résolue par la voie diplomatique. Des questions ? »
Le Premier Ministre et la Ministre des Affaires étrangères se turent. Ils savaient que la décision était désormais prise et qu'il fut inuttile de la contester. Aya avait ses négociations avec la Nueva Esperanza mais au prix fort. Le fait que Bas propose à Karn de discuter en privé sur des dossiers ressortant du Ministère des Affaires étrangères, revenait à une amende salée pour Aya. Elle ne savait pas de quoi Bas parlait mais il était certain, qu'elle le saurait que quand les décisions serait prise. Mais si perdre le contrôle sur un dossier au détriment de Karn était le prix à payer pour la paix, il valait le coup.[/ve]
Posté : dim. août 17, 2014 1:40 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 3 : Les morts du passé -[/bask]
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[ve]La pluie s'abattait sur le cimetière de Baelgon. Les tombes du cimetière étaient marqués par des petites pierres pyramidales sur lesquelles étaient inscrits les noms et hauts faits des défunts. Les chemins en gravier sillonnaient à travers ce lieu du dernier repos, se séparant et se réunissant selon les besoins du terrain. Les arbres plantés entre les tombes, donnait à cet endroit un air sylvestre, offrant durant les journées chaudes une ombre reposante et en temps de pluie un refuge des eaux célestes. Plusieurs siècles étaient passés depuis la fondation de ce lieu qui depuis ses premières heures n'avaient jamais cessé d'accueillir les défunts, même durant les périodes les plus troublés. Quelques pierres tombales étaient détruites. La destruction des satellites du monde entier par la Rostovie avait provoquée une pluie de débris, ayant en partie ravagée ce lieu, comme tant de maisons, villages et villes. On n'avait pas encore pu tout réparer ici. Les priorités étaient fixés autre part.
Basek se tenait devant une tombe située dans un coin du cimetière. Il était habillé d'un sweat-shirt gris foncé, dont la capuche couvrait sa tête, la protégeant des gouttes d'eau tombant généreusement. Il observait la pierre tombale. Il venait chaque année en ce lieu, toujours à la même date, identique à celle marquée sur la petite pyramide grise, avec un cœur toujours lourd de regret. Il se pencha alors et posa devant la pyramide un bouquet d'orchidées rouges. Elle avait toujours adorée ces fleurs quand elle était de ce monde, pensa Bas. Douze ans s'était passés depuis le jour ou on l'avait enterrée ici. Douze longues années de chaos, d'instabilité politique et de souffrance. Il mit ses mains dans les poches du sweat-shirt et réfléchit aux temps perdus. C'est alors qu'un homme s'approcha de la tombe. Il était vêtue d'une soutane noire et portait une barbe ébène. Bas tourna la tête en sa direction. Il ne fut pas surpris de cette venue. Chaque année, c'était le même rituel et comme à son habitude, il ne manquait pas à l'appel. L'autre homme s'arrêta à un mètre de Bas, jetant un coup d’œil aux orchidées posées devant la tombe et qui étaient entra d'être trempés par la pluie. La barbu commenta la vision des fleurs.
« Je vois que tu lui as apportée ses fleurs favorites. »
Bas garda quelques secondes de silence. Oui, chaque année il venait déposer des fleurs, qu'il pleuve ou fasse bon temps. Elles commençaient alors à flétrir au fur à mesure que les jours passaient, avant que les restes flétris étaient emportées par le vent et le temps. Un éternel rituel se jouant depuis douze ans.
« Oui, comme d'habitude. Je suis heureux que tu sois venu. »
Le religieux hocha lentement la tête.
« Je sais que tu te penses coupable de son décès. »
« J'aurais dû être là. Peut être j'aurais pu éviter le pire. »
Un léger soupire échappa de la barbe noire du prêtre. Il trouvait que Basek se torturait pour rien. Les événements avaient été inévitables, pensait-il.
« Ce n'aurait rien changé. Les anarchistes tuaient à tour de bras à l'époque. Elle est morte en te sachant loin de ces horreurs. Elle ne voudrait pas que tu te fasses des reproches, crois-moi, je connaissais bien ma sœur. Elle t'aimait et les années que vous étiez fiancés, furent la plus belle époque de sa vie. »
Il posa sa main sur l'épaule de Bas qui baissa légèrement la tête. Mille pensées envahirent l'esprit de Basek en ce moment. Chaos, voilà à quoi depuis une décennie le pays était proie à ce désordre qui séparait les familles et tuait les innocents. Les révolutionnaires, pendant ce temps, ne furent jamais poursuivis. Ce pays avait la particularité que les nouveaux régimes hésitaient de faire usage de la violence contre le pouvoir déchu et ses partisans, c'était au moins la réflexion de Bas. Il dit alors ce qu'il pensait au plus profond de lui.
« Oui mais elle ne méritait pas ce sort. Personne le mérites mais ça ne cesse pas. Toujours des révoltes, des coups d'état et de l'instabilité. Tu sais ce que je penses ? Qu'on fais tout faux. On veux être humain, ne pas tuer et user de la persuasion. Résultat, le nombre de révolutionnaire, ne cesse pas de grandir. Regarde l'Eran, ils massacrent leurs ennemis politiques. Résultat : le pays est stable et prospère. »
Le religieux se tut pendant au moins une minute. Il ne fut pas surpris par la réflexion de Bas mais il craignit ce qu'elle pourrait engendrer. Mais avait-il complètement tort ? Le prêtre fut choqué par sa propre réflexion. Il tenta alors de s'opposer à cette réflexion, plus par principe que de conviction.
« Mais à quel prix ? Des millions de gens tués et dans des camps. Des horreurs pour la paix ? Est-ce que le prix n'est pas trop cher payé ? »
Bas réfléchit en observant l'inscription de la tombe. Le bruit de la pluie diminua en intensité et .
« Il n'est pas nécessaire d'aller si loin mais se prendre à ceux qui le méritent. Le chaos doit cesser, une fois pour toute. »
Bas tourna le dos à la tombe et fit quelques pas pour s'arrêter côte à côte du prêtre. Il conclut sa réflexion alors avec les paroles suivantes.
« Croire qu'on peut donner à ce pays un avenir stable sans violence, c'est le meilleur moyen de faire payer aux innocents les frais de la lâcheté de ceux qui ont le pouvoir. Tu veux savoir ce que je pense vraiment ? J'emmerde le Sunisme, je chie sur la Technocratie, j'encule le Socialisme et je me contre-fiche de la Démocratie. Elle est morte à cause de quelques tarés voulant ériger une utopie qui n'a pas survécu à sa propre naissance. Ceci doit se terminer et j'ai l'intention d'en mettre un terme. L'ère des idéologies est finie, désormais ce qui compte c'est la paix. »
Il laissa l'homme de foi près de la tombe et se mit en marche, suivant le chemin de gravier, en direction de la sortie du cimetière.[/ve]
Posté : ven. août 22, 2014 10:14 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 4 : Le sang des innocents -[/bask]
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[ve]Basek se tenait assis à son bureau, le regard plongé dans le vide, tapotant avec ses doigts la surface de la table. Il avait devant lui un seul document, accompagné d'un stylo qui attendait à quelques centimètres. Le papier en question était une ordonnance d'application du décret pour la protection de la patrie. Une petite feuille, innocente en apparence, mais dont le contenu était capable de plonger le pays dans un purgatoire impitoyable. Une tempête reposait devant Basek, une tempête qu'un coup de style pouvait déclencher sur la Nation. Mais devait-il le signer ? Il pouvait toujours le modifier, l'envoyer à la poubelle ou le reporter.
Il réfléchissait en observant le tableau d'un paysage campagnarde sur le mur devant lui. Non, il n'avait pas le choix, se dit-il. Au fond de lui, son coeur se révoltait contre l'ordonnance. Il criait à ne pas signer ce texte maudit mais la voix de la raison résonnait plus fortement. Douze ans de chaos, douze longues années. Ceci ne pouvait pas continuer ainsi. Le pays était profondément malade, envahi des idéologies ravageant la contrée comme un cancer. Et des fois, le seul moyen de lutter contre le cancer, c'était de procéder à une amputation. Combien de gouvernements avaient défilés au sommet de l'Etat fédéral? Une dizaine ? Aucun d'eux avait eu le courage de réprimer ses adversaires et éliminer la concurrence idéologique. Résultat, l'instabilité et le chaos régnaient en maître.
Bas détourna son regard du tableau, saisit le stylo et signa le document. Ce fut la fin. Désormais il n'y avait plus moyen de revenir en arrière. Peut être qu'il sera maudit par les futures générations pour cet acte mais l'Histoire exigeait des mesures que les Dieux méprisaient.
Une heure plus tard, l'ordonnance fut envoyée à tous les commissariats du pays. Une liste de dix mille noms circula à travers la contrée. Dix mille noms comportant les principaux démocrates, monarchistes, sunistes, républicains et socialistes de la Fédération. Douze ans d'accumulation idéologique. Douze longues années débutant avec les anarchistes de Titanua et s'achevant aujourd'hui avec les derniers sunistes. La plus part de ces gens n'étaient pas bien méchants. Ils défendaient leurs idées de la manière la plus noble et on pouvait sans hésiter les nommer des innocents. Mais l'Histoire était arrivé à ce point ou les futures criminels se confondent avec les innocents de demain. Peut être que c'est un moment qui arrive chez tout peuple, ce moment douloureux, similaire à un accouchement, donnant naissance à une nouvelle nation dans le sang du passé. L'ordre étaient donc très simple : tuer toute personne dont le nom était sur la liste. Un ordre si simple mais pas moins pourvu d'horreur.
Ryeon Bahlyon était assis avec les autres membres du syndicat autour d'une grande table. Comme le dernier décret du gouvernement avait dissous les syndicats, il était important de se réunir dans un lieu discret. Un chahut incommensurable régnait dans l'arrière-salle de l'usine désaffectée ou ils y étaient tous réunis. Tout le monde parlait avec tout le monde, tentant de crier plus fort que l'autre dans le vain espoir d'en pouvoir donner par ceci plus de poids à ses arguments. Personne entendit les pas de soldat marchant dans le grand hall. Alors que ça se disputait violemment, quelqu'un ouvrit violemment la porte. Des soldats en uniforme noire s'engouffraient dans la salle, arme à la main. Ryeon, instinctivement, se baisa, échappant à la première salve tuant les plus imprudents. Ce fut un choc sans comparaison. Certains arrivaient à se cacher à temps sous la table mais la plus part furent tétanisés ou levaient les mains dans l'air juste pour voir leurs poitrines être transpercées par des balles. Les soldats ne disaient rien et ne posaient aucune question. Ils tiraient sans aucune hésitation.
Ryeon rampa sous la table pour soudainement sentit une main le saisir à sa cheville. Ayant qu'il puisse réagir, il fut tiré par une main ébène hors sa cachette. Il se retourna, voyant le visage d'un soldat dans la trentaine. Les yeux de celui-ci étaient d'un froid profond et dépourvue de toute expression amicale. Ryeon leva les mains devant son visage comme pour se protéger face à son assaillant mais ce fut vain. Le guerrier saisit le bâton en acier accroché à sa ceinture et frappa avec sur le crâne de Bahlyon. L'os céda et le bâton s’enfonça dans le cerveau dans la masse cervicale. Le choc tua immédiatement Ryeon. Le soldat retira le bâton imprégné de sang, chair et de matière rose pour frapper sur sa prochaine victime.
A plusieurs milliers de kilomètre de là, Lyon Kan courrait. Ses pas résonnaient sur le carrelage de la gare. Il tenait dans ses bras sa petite fille d'environ cinq ans et était accompagné par sa femme qui tenait dans sa main son fils de huit ans. Ils courraient à travers les halls bondés de la gare de New Wartown en voyant au loin, la fumée noire crachée par une des locomotives se préparant au départ. Au loin, deux policiers les poursuivaient, criant aux gens de s'écarter et soufflant dans leurs sifflets. Lyon savait qu'ils avaient qu'une seul moyen de survie : monter sur ce train au départ de l'Icario.
Alors que la première vague de la répression avait frappé de plein fouet des gens comme Ryeon,, ceux qui avaient étaient encore épargnés par le pouvoir étatique, tentaient de fuir. Les mieux lotis étaient ceux vivant dans les régions frontalières. Eux, pouvaient espérer prendre à temps une embarcation ou un train pour fuir le pays. New Wartown faisait partie de ces régions qui pouvaient espérer permettre aux opposants politiques de fuir à temps.
La police s'approcha toujours plus de la famille. Soudainement la femme fut bousculé par un inconnu, la faisant lâcher la main du petit garçon qui fut saisi par la foule. La mère se retourna, cherchant son petit mais ce fut vain. C'est alors qu'elle vit le garçon être saisi par un des policiers. Ses yeux se remplissaient de larmes pendant que le deuxième homme de loi leva son arme contre la femme. Lyon vit la menace et poussa sa femme. La balle le traversa d'un bout à l'autre. Il tomba sur ses genoux, lâchant dans un dernière moment de lucidité sa fille que sa femme prit dans les mains. Il la regarda dans les yeux et elle comprit ce qu'elle devait faire. Elle se mit à courir le plus vite qu'il lui fut possible, tenant la fillette dans ses bras, jeune créature qui en regardant par dessus l'épaule de sa mère dû voir comment son père s'écroula sur le sol et que son sang commença à former une nappe écarlate sur le carrelage. Ils étaient plus qu'à quelques pas du train quand la locomotive se mit en marche, ses puissantes roues tournant au début gentiment pour ensuite prendre de la vitesse. La panique se saisit de la preux mère. Non, pas si proche du but, se disait-elle. C'est alors qu'elle sauta depuis le bord du quai pour atterrir sur le tripier du dernier wagon. Le train accéléra et une fois dans l'enceinte du véhicule, elle osa jeter un regard par la fenêtre. Les deux policiers se tenaient au loin sur le quai, observant le train qui leur échappait. Elle fut sauve mais à quelle prix ? Le corps de son époux gisait au cœur de la gare de New Wartown et son fils l'avait été arrachée. Elle s'écroula alors sur le parterre et pleura sous le regard de sa fille.[/ve]
Posté : sam. sept. 13, 2014 3:40 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 4 : Le jour suivant les larmes de feu -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/502081truepower.jpg[/img][/center]
[ve]Kanton, Juillet 2013
La ville avait été libérée de l'Hyperium depuis deux jours. Deux jours déjà que les troupes d'Idokhan s'étaient repliés en direction du Nortokon. Espéraient-ils tenir dans la capitale le temps de rallier des troupes dans les autres provinces ? Personne le savait. Mais ce n'était pas la préoccupation de la plus part des gens. Les habitants de Kanton se réjouissaient de la fin des combats aux portes de la ville. Les marchands rouvraient même leurs commerces et bars pour accueillir les habitats et un flot de soldats fédéraux venant se détendre. Il y avait presque un sentiment de normalité dans la ville alors que la guerre civile faisait rage dans le reste du pays. Ville historique, Kanton n'avait pas connu de bombardement. Les combats s'étaient tous joués en dehors de la zone urbaine. Personne savait pour quoi exactement mais le soulagement fut grand chez tous. On priait à ce que la guerre civile se termine bientôt. Depuis l'abdication du Kansteltan, le pays fut la proie au chaos et les changements incessants de gouvernement. Au début on avait accueilli l'abdication avec joie. Enfin on pourrait moderniser le pays du fond au comble. Créer un gouvernement démocratique et libéral. Mais rapidement les forces les plus extrêmement comme les communistes et anarchistes avaient prit le dessus.
Un groupe de soldats se tenait sur les escaliers conduisant au panthéon de la ville. Derrière eux s'élevait l'édifice aux colonnes blanches dominés par une coupole dorée. Des hommes et femmes en soutanes bleue sortaient et entraient de l'édifice. Une odeur d'encens s'échappait de l'intérieur du temple pour envahir la place à ses pieds. De tous les édifices, ce fut le plus emblématique de la cité. Il y avait aussi l’amphithéâtre dans lequel se tenait des combats d'épée mais celui-ci ne pouvait pas rivaliser avec ceux des villes au bord de l'Argon. Non, c'était le panthéon qui distinguait la cité de toutes les autres. Le groupe de soldats se serrait en préparation à une prise de photo. Un des leurs se tenait environ à trois mètres du groupe, caméra à la main et donnant des instructions pour permettre d'avoir tout le monde sur l'image. Il dit alors à un des soldats situé sur le flanc droit du groupe.
« Bas, faut que tu te serres plus à gauche T'es trop à droite. »
Celui-ci fit un pas vers sa gauche, permettant enfin d'avoir tout le monde dans le viseur de la caméra. Un flash apparu annonçant que la photo avait été bel et bien prise. Le groupe se défit alors et les soldats se remirent en route. Ils avaient eut une journée de repos, quelques heures avant qu'ils devront reprendre la route. Cette fois pour aller en direction du Nortokon et y vaincre les restes de l'Hyperium. Le panthéon, lui, vit passer les jours. C'est alors que les jours devenaient des semaines, les semaines des mois et les mois des années jusqu'à cette nuit ou une fusée tomba du ciel pour détruire l'édifice.
Sayakon, aujourd'hui
Tous les ministres du gouvernement fédéral étaient réunis autour d'une table. Bas se tenait au bout, jetant un regard sur un journal posé sur la table devant lui. La presse s'était déchaînée durant les derniers jours mais mieux valait la laisser agir que de vouloir faire jouer la censure, pensa Bas. Au moins on savait ou on était. Mais le journal qu'il observait n'était pas un de la Fédération mais du Khalidan. Une édition de l'Ulma novella aux insinuations vulgaires et inadmissibles en vue de la situation à Kanton. Inévitablement, il faudra qu'il charge les services secrets de savoir laquelle des familles du Khalidan contrôlait le journal pour ensuite savoir s'ils avaient des connexions avec le gouvernement du Khalidan. Si oui, alors il était clair que le gouvernement avait fait jouer ses influences pour faire un article qui profite de l'accident à Kanton pour attaquer l'économie fédérale. Mais c'était une question secondaire. Dans un premier temps, il fallait régler la question de Vaelak et ses complices. Il détourna donc son regard du journal du Khalidan pour se focaliser sur les ministres réunis.
« Quelle est la situation actuelle ? »
Le Ministre de l'Intérieur, un certan Marj Herk, prit alors la parole.
« Le Premier Ministre ainsi que trois généraux ont été mit aux arrêts. Le Tribunal Suprême a officiellement demandé à ce que les quatre personnes soient soumis à un procès civil. Je suspecte que Vaelak a demandé à son avocat de tout faire pour qu'il n'ait pas de procès militaire. Nous savons tous que les services militaires ont toujours été méfiants envers Vaelak qui a été vu comme un chien enragé par eux. Je pense que nous ferions donc bien d'accepter la demande. Ceci calmerait les esprits et en plus nous évitera d'être accusé de vouloir faire des règlements de compte politique. Même dans un procès civil, Vaelak n'a aucune chance d’être acquitté. Il a violé tous les protocoles de sécurité mise en place dans le cadre de ces tests, sans parler que son comportement est un acte de trahison. »
Bas écouta le ministre. Il ne voyait aucune raison de ne pas accepter la requête du Tribunal Suprême. Ceci pouvait que renforcer le prestige de cette institution et le pays avait besoin d'une jurisprudence forte, c'était au moins son avis. Sa réponse ne fut donc pas très surprenante.
« Dans ce cas, accordons au Tribunal Suprême cet honneur. Mais je vous demande de garantir une étroite surveillance du procès. Sinon, quel est l'impact de l'accident dans l'opinion publique ? »
Herk commença à feuilleter dans un tas de documents placés devant lui. Il trouva alors ce qu'il chercha et y extirpa une feuille avec un résumé sur l'impact dans la presse nationale.
« Généralement parlant, tout le monde se met d'accord de dire que Vaelak est coupable de trahison et on le considère comme responsable de l'accident. Ce qui est un peu plus inquiétant, est le fait que beaucoup considèrent que c'est un problème allant au-delà d'une question de personne mais aussi de système. Donc beaucoup demandent une réforme de l'administration centrale pour éviter qu'une personne puisse monter un programme militaire sans qu'on puisse s'en apercevoir. L'autonomie offerte au Premier Ministre me semble donc être politiquement mort, ce qui signifie en pratique qu'il faudrait envisager d'unir l'administration présidentielle et celle du Premier Ministre. Après rien nous empêche d'ignorer ceci et trouver un Premier Ministre de confiance. On peut espérer que les gens reprendront confiance dans le fonction de Premier Minstre. Après, nous avons quelques articles comme celui de l'Ulma novella mais à mon avis, c'est plutôt un faux pas de leur rédaction. Je suis convaincu que le gouvernement du Khalidan doit être entra de passer un sacré savon à cette équipe. »
Étrangement, Bas n'était pas choqué par l'idée de dissoudre le poste de Premier Ministre. D'une certaine façon, c'était peut être une bonne chose. Ceci pourrait permettre de rompre la nature bicéphale du gouvernement qu'on avait été forcé d'avoir pour calmer un Vaelak bien trop ambitieux et politiquement dangereux. Il se rappelait comme on lui avait dit d'être patient avec Vaelak et de tout simplement attendre à ce qu'il fasse une erreur et se détruise politiquement. Mais maintenant, il trouvait le prix trop cher payé. Il n'avait jamais apprécié Vaelak mais d'une certaine façon, il avait été quelqu'un d’utile. Il se demandait s'il n'avait pas pu éviter toute cette histoire en surveillant plus étroitement Vaelak. Oui, il se considérait soi-même coupable de l'accident de Kanton. On avait laissé trop de marge de manœuvre à l'administration. Résultat : on avait des milliers de morts et un centre-ville en ruines. C'était presque un miracle qu'il n'ait pas eut d'émeutes à cause de ceci.[/ve]
Posté : lun. sept. 15, 2014 10:14 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 5 : L'héritage d'une vieille connaissance -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/87365877he.jpg[/img][/center]
[ve]La résidence de Markeson aux portes de Sayakon avait cessée de servir de résidence présidentielle depuis l'accident de Kanton. La réforme administrative forcée rendait nécessaire de doter la Présidence de locaux plus nombreux et spacieux. Nolens volens, Bas avait accepté de faire déplacer le centre de pouvoir de sa plantation de canne à sucre vers le centre-ville de Sayakon dans ce qui fut jadis une demeure seigneuriale au cœur de la ville.
C'était une grande bâtisse aux façades blanches et dotée de nombreuses pièces. Elle était entourée d'un grand jardin possédant peu de charme. C'était surtout un large gazon parsemé d'arbres plantés il y a à peine une dizaine d'années. Tout pour dire que l'édifice était avant tout fonctionnel et offrant assez de pièces pour accueillir une administration présidentielle devant désormais prendre en charge presque tous les aspects de la gouvernance. L’édifice n'était pas sans histoire. A ce qu'on avait dit à Bas, c'était un riche propriétaire terrien qui s'était fait construire cet édifice aux mesures monumentales il y a environ un siècle. Mais la vérité était que le Président n'avait guère d'intérêt pour ses détails historiques. Il s'était contenté de trouver une pièce tranquille, assez large pour servir de bureau et dont les fenêtres donnaient une vue sur ce qui se prétendait être un jardin. La seule avantage comparé à son ancien bureau était qu'il avait plus d'espace.
Des cartons gisaient dans un coin, contenant surtout des livres personnels. Des vieux bouquins de la bonne époque quand la moitie de ces livres étaient interdits car considérés comme « impurs ». Des rescapés de la folie de l'Empire comme tant d'ouvrages de l'époque. On pouvait y comptait une brochure contenant le manifeste du parti communiste, quelques livres almérans et une bonne dizaine de polars de qualité. Toutes des choses hautement interdites durant la fin de l'Empire tarnois. Des bouquins achetés au risque d'avoir des grands ennuis juridiques. Aujourd'hui, les choses étaient différentes. Les livres se vendaient dans chaque coin de rue. Même la presse pouvait jouir d'une autonomie certaine qu ironiquement était plus large que durant la fin de l'Empire et même le début de la Fédération.
Bas se tenait près d'une commode avec dans la main un cadre. Il contenait une photo montrant une troupe de jeunes soldats aux pieds de ce qui devait être une sorte de grand temple. C'était une image du Panthéon de Kanton. Une autre époque avec d'autres lois. Bas posa le cadre sur la commode, corrigeant avec sa main son emplacement à fin qu'il se trouve dans la position désirée. C'est alors que la porte du bureau s'ouvrit et que le Vice-président, Mirk Valahr, franchit le seuil du bureau. Bas fit quelques pas en direction de son bureau et salua son vieil ami sur le chemin.
« Tu tombes bien, je venais juste de déposer la photo de l'époque ou nous étions à Kanton. Dommage que tu ne sois pas dessus. Si seulement on aurait eu une de ces caméras automatiques à l'époque mais bon...on étais déjà assez heureux d'avoir de la soupe le soir. »
Bas s'assit derrière son bureau en affichant un sourire d'une sincérité rare chez lui. Finalement il était content d'être débarrassé Vaelak et d'avoir pu nommer un ami auprès de lui. Mirk, lui, observa le Président avec une certaine nervosité. Bas remarqua que quelque chose l’inquiétait.
« Tu sembles inquiet, qu'est-ce qui arrive ? C'est à cause du programme V-7 ? Je t'assures, on ne risqueras rien. Ce sera sous un stricte contrôle militaire. »
Mirk sécoua la tête et lanca un document sur le bureau. Bas le saisir, ouvrit la chemise en carton et jeta un coup d’œil. Un rapport de l'ambassadeur du Khalidan. Qu'est-ce qui pouvait bien être aussi terrible. Il eut rapidement la réponse.
« Selon notre ambassadeur au Khalidan, il y a des rumeurs assez persistantes sur un possible programme nucléaire de type militaire. Certains racontent des drôles d'histoire comme par exemple des changements dans le nombre de camions transportant habituellement les déchets radioactifs. En somme, toute des petites histoires semblant sous-entendre qu'il pourrait avoir un programme militaire actif. »
Bas l'écouta. Il fut probablement moins surpris que l'aurait espéré Mirk. Ce n'était hélas rien de bien révolutionnaire. C'était presque mathématique jusqu'à certain point. Toutes les nouvelles puissances arrivaient à un moment ou la tentation atomique devenait trop forte et ca se terminait hélas toujours de la même façon. Que le Khalidan puisse être imaginé de le faire, n'avait rien d'une révolution copernicienne. Mais il existaient des milliers de telles rumeurs sur la moitie des pays du monde. Il lut alors la première page du rapport. C'était relativement maigre, très maigre même. A peine quelques théories mal détaillées.
« C'est possible mais à première vue, je vois rien de vraiment alarmant et encore moins pouvant être une preuve tangible de l'existence d'un tel programme. »
Mirk lui répondit au tac au tac.
« Je pense que nous devons envisager la possibilité. Il n'y a pas de fumée sans feu. »
Bas lui tendit le dossier avec un sourire de courtoisie. Mirk saisit d'un geste sec le document.
« J'admire ton dévouement mais pour le moment, rien indique qu'un tel programme existe. Et même si ? »
Il se pencha en arrière dans son fauteuil et jeta un coup d’œil sur la photo d'avant avant de conclure.
« L'arme atomique est la maladie de notre siècle. Chaque petit chef de village veut en avoir car ils pensent que ceci fera d'eux les dirigeants d'une grande puissance. La vérité est simple, chaque pays se dotant de l'arme atomique passe par quatre phases : la fierté et la conviction d'être désormais une grande puissance, le constat que l'arme atomique coûte beaucoup et ne change rien, un excès de confiance en soi et des fois même du regret quand ils se rendent compte que la bombe atomique les condamne à envisager la destruction totale de leur contrée comme une possibilité. Mais je comprends tes soucis et je pense que les autorités du Khalidan sont suffisamment ambitieux pour vouloir la bombe. »
Il laissa quelques instants de silence s'installer. C'est alors qu'il eut une idée.
« Mais réflexion faite...peut être il est le temps d'envisager sérieusement de prendre des mesures. Que dirais-tu que je te confie la mise en place d'un programme ? Ca te permettra d'avoir une excuse de quitter la capitale pendant quelques jours. »
Bas ouvrit un tiroir et sortit une enveloppe noire marquée d'une swastika rouge. C'était le signe de Mushovik et Mirk n'eut pas de peine à reconnaître ce signe diabolique.
« Ne t'inquiète pas pour l'enveloppe. Je n'ai pas eu le temps de la changer. J'avoue que c'est un truc qui traine depuis des années dans les archives. C'est, comme tu peux le voir, un vieux projet mais je pense que nous devrions nous y lancer surtout vu que la portée de nos missiles peut désormais permettre de créer une arme efficace. »
Mirk ouvrit l'enveloppe et jeta un coup d’œil sur une série de plans. Ils étaient grossiers et visiblement dépassés technologiquement mais il reconnu en lisant la description l'objectif de l'arme. Ce ne devait pas être un projet insurmontable. Loin de ça mais pour ça, il devrait aller à Minas Mon. Il n'y avait jamais été. Presque personne au gouvernement l'avait été.[/ve]
Posté : lun. oct. 20, 2014 10:47 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 6 : Combien vaut un parti politique ? -[/bask]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/669656FourSeasonsHotelNewYorkStudioSuite635x360141384519033053.jpg[/img][/center]
[ve]Il y a des horreurs dont le monde moderne s'est habitué. Une majeure partie de citoyens des démocraties occidentales se sont lassés depuis longtemps des nouvelles de guerre, de faim et de destruction. Ils s'adonnent avec une nonchalance cultivée à l'ignorance des autres peuple à fin de se contempler dans le miroir de leur propre superbe. La FNUS n'en faisait pas d'exception à ceci et vivait une splendide isolation. Elle avait par cette ignorance vaniteuse du reste de la planète réussit la prouesse de prospérer sans cesse. Le résultat fut sans équivoque. Aujourd'hui les grandes nations accouraient à son chevet, à genoux et demandant la sainte onction diplomatique. Les prélats du Raksasa capitaliste et les princes autoproclamés du Khalidan courtisaient la grande et belle FNUS avec une élégance que seuls les plus nobles barbares savent en manquer. Ils arrivaient à ce but en grande pompe dans la ville de Stepro sous le regard des médias. Mais il existe d'autres puissances plus subtiles, des pouvoirs qui vivent dans l'ombre et agissent avec peu de violence mais encore plus d'efficacité. La FNUS s'avère d'être courtisée aussi par d'autres, moins visibles et se cachant de la lumière des grandes réceptions.
Mirk était allongé sur le sofa dans la chambre d'un hôtel de Stepro. Ses bottes gisaient au sol pendant qu'il allongeait ses jambes sur le canapé en cuir brun. Sa veste militaire noire, marquée par la swastika tarnoise argentée, était allongée sur la table basse devant le sofa sous la lumière de la télévision allumée. Les nouvelles passaient en boucle pour suivre les nouvelles de l'arrivé prochaine de la délégation du Raksasa. Le Vice-président tapotait l'écran de son téléphone portable, un Syrion 3, à la recherche du numéro du Président. C'est alors qu'il pressa sur l'écran, lançant l'appel en direction de Sayakon.
Il y avait sur son visage le sourire satisfait des conspirateurs, la malice du travail bien accompli et d'un crime à venir. Ceci faisait six jours que la rencontre avec le Président Calvin était finie. Six jours pendant lesquels il avait donné une conférence de presse, principalement destinée aux citoyens de la Fédération. Les médias de la FNUS avaient à peine mentionnés l'entrevue entre Calvin et Valahr. Ils étaient trop focalisés sur la délégation des yeux bridés en approche. La lumière de l'Occident raksas avait quelque chose de fascinant sur les gens de cette contrée. Mirk, lui, se désintéressait du Raksasa. Cette nation faisait partie du Makara et le Makara était un continent de primitifs, de sous-hommes bons à être réduits en esclavage. C'était les stéréotypes d'un homme du Nordia, d'un humain fuyant les prêtres et intellectuels nameken comme une peste ravageuse. Mais le Raksasa était finalement un élément bienvenu en cet instant. Pendant que tous parlaient sur la réunion à venir entre l'Empire et la FNUS, les journalistes oubliaient de regarder de trop près l'accord conclu entre la Fédération et les Nations-Unis. Pauvres fous, pensa Mirk. Si seulement ils savaient ce que les clauses secrètes de l'accord prévoyait. Si seulement ils étaient conscients que leur belle démocratie venait de subir un viol sans précedent.
Bas décrocha le téléphone, permettant à Mirk de parler avec son supérieur. Valahr annonça avec une voix victorieuse.
« C'est fait. L'accord est signé et j'ai ordonné l'envoi de l'argent. Sache que l'argent passera par plusieurs comptes bancaires avant d'être envoyé via un don anonyme au parti démoblociste. Dans dix jours, le parti aura les cent millions de dollars pour la campagne électorale. »
Le Président répondit, sa voix révélant un ton de satisfaction.
« Tout a donc marché comme convenu. Nous avons donc dix milliards de la vente d'armes et les cent millions en plus sont envoyés au parti demobloquiste. Nous voilà donc avec de l'argent et le parti majoritaire dans notre poche. »
Mirk sourit mais en même temps, il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir quelques doutes sur le parti démobloquiste. Allaient-ils vraiment se montrer reconnaissant ? Les humains étaient des créatures tellement ingrates. Il ne pouvait pas s'empêcher d'affirmer ses doutes.
« Penses-tu que nous pouvons vraiment compter sur eux ? »
Après quelques secondes de silence, Bas répliqua.
« Ils ont deux choix. Soit ils se montrent redevables, dans ce cas notre investissement a valu la peine soit ils ne le font pas, et dans ce cas nous aurons qu'à révéler ce don aux médias. Ceci les détruira politiquement et nous attirera indirectement les faveurs du parti conservateur. Comme nous avons des meilleurs liens avec les conservateurs, nous gagnerons tous ce que nous perdons chez les démobloquistes chez eux. »
Faisant une petite pause, il continua à expliquer sa stratégie.
« Les démobloquistes ont désormais un cadavre dans leur placard et c'est à nous de décider s'il est plus utile dedans ou dehors. De toute façon je pense nous donner d'un plan B pour en cas ou. J'ai lu que le fils de Finerpapi veut se présenter aux élections. Probablement qu'un don de cinq millions de dollars pourra nous faire gagner un nouveau ami. Il est jeune et même si sa candidature semble être sur les bonnes rails, il n'a probablement pas encore le soutien des grands financiers traditionnels des conservateurs. De toute facon, s'il échoue aujourd'hui, il gagnera demain. Autant investir des le début. »
Jouer dans les deux camps ? Ceci semblait à Mirk être une stratégie hasardeuse.
« Tu ne penses pas que c'est risqué de miser sur les deux camps ? »
Bas répondit sans hésitation.
« Nullement. La vérité, Mirk, est que la démocratie est un leurre. La démocratie ce n'est pas le gouvernement par le peuple mais la lutte entre plusieurs oligarchies partisanes pour le pouvoir. Qui contrôle les partis, contrôle la démocratie. Soutenons les deux partis, un moins que l'autre par prudence, et nous aurons toujours des gens qui nous devrons quelque chose. »
Le Président raccrocha sans donner plus de commentaire et sans un mot d'adieu. Il avait tout dit ce qui devait être. Mirk posa alors le téléphone sur la table basse vitrée, juste à côté de sa veste. Il se leva et s'approcha de la fenêtre de sa chambre. La vue donnait sur le centre-ville de Stepro. La cité anglo-saxonne resplendissait dans la nuit avec ses tours et ses avenues. Il admira cette vue unique et laissa ses pensées vagabonder. Toutes cette richesse et grandeur, pensa Mirk. Tout ceci était contrôlé par quelques politiciens si vulnérables à la corruption. Les richesses de l'Occident s'accumulaient dans la FNUS, les intellectuels opprimés du monde fuyaient vers cette oasis de paix et de tranquillité. Stepro était une nouvelle Rome et une seconde Constantinople. A l'exception près que cette Rome pouvait être conquise sans avoir besoin de violence militaire.[/ve]
Posté : sam. oct. 25, 2014 11:17 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 7 : Symphonie de fin d'un monde -[/bask]
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/873733a70f7c294ada37aafd465e4c3998e160.png[/img][/center]
[ve]Le général se tenait assis dans le fauteuil en face du bureau présidentiel. Markeson s'y tenait attablé, les mains entrelacés et son regard dirigé vers le militaire. Le bleu clair de ses yeux observaient l'officier pendant que ce dernier lui dit avec une voix révélant une certaine nervosité.
« Je dois, Monsieur le Président, vous apportez des mauvaises nouvelles au sujet de l'accélérateur électro-magnétique. Nous avons eu plusieurs pannes quand nous avons tentés de faire des tests ces derniers jours. »
Voila des mauvaises nouvelles digne de ce nom, pensa Markeson. Il avait déjà eut droit durant la journée à des rapports plutôt mauvais au sujet des recherches militaires. Le développement du V-11 semblait être compromis car on avait trouvé plusieurs problèmes au plan de la stabilité de l'explosif. Il fallait donc retarder la production pour déterminer la gravité des difficultés et voir si on pouvait trouver des solutions. Bref, comme disait un vieux sage, les emmerdements volaient décidément en escadrille. Il soupira et demanda alors.
« J'en prends note. Vous pensez pouvoir résoudre les problèmes` ? »
Une perle de sueur descendit du front du général qui balbutia quelques mots avant de donner une réponse satisfaisante et compréhensible.
« Hélas, les matériaux de remplacement ne sont pas assez stables et de surcroît, une grande partie du complexe a très mal vieilli. Je ne voudrais pas accuser les Rostoves de nous avoir fournir du matériel de mauvaise qualité mais la structure en soi souffre d'un mauvais entretien trop prolongé. Je vais être direct, je pense que nous ne pourrons pas remettre l'accélérateur en état. »
Markeson cacha sa frustration. Journée de merde, résonna dans sa tête. Il acquiesça avec la tête et fit signe au militaire qu'il pouvait partir. Celui-ci se leva trop rapidement pour respecter la décence et quitta le bureau avec une vitesse frôlant la fuite. Bas se leva de son siège. Il saisit alors une statuette en terre cuite gisant sur la table et la projeta avec violence contre le mur où elle éclata en mille morceaux. Il aurait bien voulu hurler mais c'était un privilège qu'on ne pouvait pas se permettre dans ces lieux. Tout était public, même les émotions humaines sauf si on arrivait à les cacher. Sa fureur diminua et son esprit s'éclaircissait lentement.
C'est alors qu'il eut une idée. Il suspectait que le démontage de l'accélérateur coûterait une fortune mais on ne pouvait pas se permettre de laisser un tel matériel traîner. Les pilleurs étaient un problème mais il y avait aussi des groupuscules politiques et terroristes qu'y pourraient trouver quoi faire des dégâts en fabriquant des armes. Autant donc s'assurer que ce site soit nettoyé assez rapidement. Il s'approcha du téléphone fixe, décrocha le téléphone et composa un numéro. Le bruit d'attente habituel résonna avant que la personne à l'autre bout décrochait à son tour l'appareil téléphonique. Bas dit alors à son interlocuteur.
« Professeur, j'ai entendu dire que vous vous plaignez de ne pas pouvoir tester votre dernier-né. Il s’avère que je viens de trouver une occasion d'essayer votre arme. Je pense qu'elle sera parfaite pour en plus nous aider à faire un petit peu de nettoyage. »
Une voix sur-excité lui répondit alors, presque au bord de l'affolement.
« Vraiment ? C'est magnifique ! Je vais alors préparer la bombe. Ceci est grandiose. Enfin on va pouvoir voir toute sa puissance ! Voila une des plus belles journées de ma carrière ! »
Bas raccrocha son téléphone. Au moins un qui avait une bonne journée, pensa-t-il. Il se rassit et prit un rapport diplomatique. Il n'y pouvait pas avoir de mauvaise nouvelle de ce côté. C'est ce qu'il pensait avant de lire le rapport de l'ambassadeur du Khalidan. Celui-ci n'avait rien d'autre à lui révéler que le Khalidan avant fait un test atomique sans avertir aucun pays dans la région. C'était définitivement une mauvaise journée.
Une douzaine d'heures plus tard, le site de l'accélérateur électro-magnétique avait été évacué et les ingénieurs de Minas Sun avait pu placer la charge explosive au cœur du complexe. La difficulté du site était que ce n'était pas une structure compacte et concentrée mais un long tuyau faisant un ronde dans une vallée rocheuse. L'appel au professeur Xerk avait donc été un choix avant tout d'économie. Il fallait une bombe suffisamment puissante pour atteindre tout le site ou y disposer une centaine d'engins explosifs de plus petit calibre. Bas n'était pas un homme des petites actions et donc il avait favorisé une approche plus brutale mais pas moins efficace. Les militaires à l'extérieur du complexe pouvait donc voir un professeur Xerk en pleine excitation, courant d'un endroit à l'autre, faisant des calculs mentaux dont il prononçait les résultats à mi-voix au point d'effrayer quelques recrues. Ils étaient tous sur un plateau rocheux avec la vue sur la vallée ou se trouvait l'accélérateur.
La nuit était avancée et les lueurs crépusculaire du Soleil qu'un vague souvenir. Un vent froid se leva, forçant aux plus frileux de renfermer leurs vestes militaires. C'est alors que sous la Lune argentée, le sol fut frappé par une secousse d'une grande violence. Un bruit tonitruant frappa ensuite l'air, forçant à certains de se taper les oreilles avec leurs mains. Soudainement la nuit céda au jour et une lumière d'un blanc pur frappa la vallée. L'air se réchauffa pendant que le site militaire abandonné fut embrassé par le feu et que l'accélérateur disparut dans une mer de flammes. La fumée de la bombe monta au ciel, formant un nuage qui s'entassait au sommet. Lentement, la nuit reprit le dessus et ce qui resta étaient les brasiers de la vallée enflammée. Le professeur Xerk observa ce spectacle avec un plaisir presque diabolique. Il était, sans le savoir, le fossoyeur de l'ancienne Fédération et de ce qui restait encore de son héritage. Désormais, le chemin était ouvert pour un nouvel avenir, un avenir libéré du poids du passé.
En même temps, des hommes en uniforme noire enfoncèrent la porte d'une chambre d'un motel au Dogaba. Pendant que le feu engouffra l'accélérateur, un autre feu s'apprêtait de s'emparer d'un autre monument de l'ancienne Fédération.[/ve]
Posté : lun. nov. 17, 2014 9:11 pm
par Amaski
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 8 : La victoire de Moscovi -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/633734LincolnMemorialLincolncontrasty141625863974236.jpg[/img][/center]
[ve]Le conseil militaire était un organe politique particulier. Il rassemblait tous les généraux de l'Armée fédérale mais n'avait aucune fonction officielle en temps de paix. Son pouvoir politique était nul à un détail près : c'était le seul organe pouvant nommer un nouveau président pour la Fédération. Ceci n'était pas un droit des moindre. Fondé durant le chaos qui avait suivi la chute des USP, ce conseil dont l'origine était dû à quelques comploteurs était aujourd'hui la source de toute légitimité politique dans la Fédération. Markeson devait son pouvoir à ce conseil. Tout le monde devait son pouvoir à eux à part peut être le rock. Les généraux du conseil se réunissaient chaque mois dans un lieu précis. La plus part du temps s'était dans une caserne ou une salle de hôtel. Souvent ces réunions servaient à s'échanger des photos de leurs petit-fils et boire une bière, tellement la politique fédérale était devenue ennuyeuse aux yeux des militaires. Il eut un sursaut quand Markeson annonça son intention de couper dans le budget militaire mais à la fin, même les plus anciens militaires se mettaient d'accord pour dire que couper dans ce budget, n'était pas la plus mauvaise chose à faire sur long terme. On était vite repasser à la bière et à discuter sur quel était le meilleur engrais pour le gazon.
Les généraux étaient ce soir réunis dans une salle de conférence d'un vieux hôtel de Borisk. Aucun entre eux avait le sourire aux lèvres et il n'y avait nulle trace d'alcool ou de photos de gamin. La concentration et un certain stress polluaient l'air de la salle. En tout, il y avait sept généraux réunis autour d'une table ronde en bois. Ils auraient pu faire penser aux chevaliers du roi Arthur si leur âge n'avait pas été si avancé et leurs corps si flasque. Pour tous, la situation était sérieuse. Le Président Markeson avait lâché une bombe diplomatique en faisant le coup de piratage au Danube. Le scandale diplomatique fut total et même dans la Fédération, tout s'agitait.
L'exemple le plus flagrant fut le rock Kiko IV, haut-prêtre du culte novuniste, qui ne perdait pas une occasion depuis des jours pour dénoncer dans ses sermons la violation de la loi d'hospitalité commis par Markeson. On pouvait voir le petit homme, vêtu dans sa soutane bleue et son couvre-chef cubique bleu, courir d'un temple à l'autre, fumant de rage et faisant un sermon après l'autre. Des milliers de gens accouraient à chaque fois, fasciné par le verbe que le rock s'était découvert. Au début on rigolait bien sur le religieux qui d'habitude était si calme et serein mais la passion qu'il démontrait à défendre les valeurs morales historiques, finissait par surprendre même les plus impies. Il semblait animé par un feu céleste qui commençait à faire peur certains politiciens. Le rock était imité par ses prêtes. Certains avaient même manifesté à Sayakon avec des pancartes en hurlant : immoral, immoral, immoral ! Ces hommes et femmes de paix et de foi se montraient être des plus redoutables manifestants que les anarchistes les plus convaincus. Le résultat fut effrayant : les gouverneurs conservateurs et pieux joignaient les prêtres dans leurs protestations. Les sénateurs faisaient de même car étant pour la grande majorité des gens soit de foi soit traditionaliste voir les deux en même temps. Tout pour dire que personne aurait crut il y a un mois que le rock Kiko IV pourrait être à la tête d'un mouvement de protestation d'envergure nationale.
Le conseil militaire prenait ces évolutions très au sérieux. Jok Tern, général et porte-parole du conseil, avait discuté avec les chefs de file du Sénat. Ceux-ci n'étaient pas passés par quatre chemins. Ils avaient fait comprendre qu'ils exigeaient que Markeson s'excuse officiellement auprès le Président du Danube et trouve un moyen d'arranger la situation. Faute de quoi, le Sénat refuserait d’approuver les lois et couperait les fonds alloués à l'administration présidentielle, surtout ceux destinés à payer les fonctionnaires. Cette exigence relativement modérée en vue de la sitaution était néanmoins symptomatique d'une évolution dangereuse. Les chefs de file avaient fait comprendre que beaucoup au Sénat n'excluaient plus d'exiger publiquement la démission de Markeson. Le fait que ce ne soit pas fait, était surtout dû car le Vice-président Valahr refusait de prendre en main la présidence en cas de vacance. C'était ce dernier acte de solidarité de la part de Mirk Valahr qui sauvait encore Markeson. Mais ceci ne pourrait pas longtemps durer. Certains sénateurs jouait déjà avec l'idée de demander au conseil militaire de nommer quelqu'un d'autre au poste de Président en gardant Mirk Valahr à la Vice-président, poste ou ce dernier faisait un excellent travail.
Aux yeux de Jok Tern et les autres généraux, il fallait trouver une solution. Mirk Valahr tentait de calmer la situation mais l'absence de Markeson et le refus de ce dernier de prendre des actions pour calmer les relations avec le Danube rendait la situation ingérable. Les généraux ignoraient que la haine entre Markeson et Moscovi avait prit une telle proportion, qu'elle risquait de conduire le Sud du continent dans un conflit diplomatique majeure. Mais ils savaient que quelque chose ne jouait pas et qu'il fallait prendre une décision. Tous réunis autour la table, Jok Tern prit en premier la parole.
« Je vous remercie d'être tous venus si rapidement. Comme vous savez la situation actuelle est catastrophique. Nos relations avec la majeure partie des pays du continent sont au bord du gouffre. Même le Perlian, habituellement favorable à notre contrée, se montre réticent. Je vais être direct : Markeson a merdé sur toute la longueur. Il faut donc agir. Comme je vous ais dit par courriel, les sénateurs ont fait bien comprendre qu'ils n'hésiteraient pas à sortir l'artillerie lourde si une solution n'est pas trouvée. Sans parler que nous avons un haut-prêtre entra de sautiller de temple en temple pour exciter la population. »
Le général Silor prit la parole.
« Je pense que nous ne devons pas agir à la hâte. Attendons que la crise passe... »
Il fut interrompu par le général Ervan.
« Attendre ? Ceci ne fera qu'aggraver la chose. Les autorités du Danube sont déchaînés et ne vont pas lâcher l'affaire, chose que personne peut leur en vouloir. Il faut donc agir de manière préventive. »
« En faisant quoi ? » s'exclama Silor.
Ervan rétorqua.
« Faire un ultimatum à Markeson. Soit il nous nettoie tout ce bordel, soit on le force à démissionner. »
Le général Zeron intervenait à son tour.
« Parce que vous pensez que Markeson peut arranger le coup ? Il a tenté d'espionner un chef d'état étranger. Pire, son hôte. Et même si Markeson trouve une manière de régler la chose avec le Danube, ce que je ne crois pas, vous pensez qu'on calmera la situation dans la Fédération ? Je peux vous certifier que les conservateurs et les gars en soutanes, surtout Kiko IV, ne vont pas lâcher l'affaire. On parle quand même d'une violation de la loi d'hospitalité. Vous pouvez tout faire en tant que dirigeant tarnois, vraiment tout : violer, voler et tuer MAIS vous ne pouvez pas vous attaquer à la loi de l'hospitalité. La vérité, personne ici veut l'admettre mais Markeson doit démissionner. Il n'y a pas de choix. »
La vérité crue et ignoble avait été dite. Les généraux se regardaient les uns aux autres, cherchant dans l'autre une solution à la situation actuelle. Ervan prit alors la parole.
« Notre pays ne peut pas se permettre la démission du Président. Mieux vaut avoir une crise diplomatique que de laisser la place à un risque d'anarchie. »
Zeron lui répondit du tac au tac.
« Anarchie ? Jamais notre pays n'a été aussi stable. Nous ne parlons pas ici d'une révolution ou d'un coup d'état mais d'une simple démission. Markeson quittera le pouvoir avec tous les honneurs et avec une compensation digne de son nom. On nommera alors quelqu'un qui poursuivra exactement la même politique intérieure et extérieure mais sans qu'il mette des micros dans toutes les chancelleries du continent. Markeson a fait un excellent travail. Personne ne le nie. Mais il est un homme fait pour stabiliser un pays sortant d'une guerre civile. Nous n'en sommes plus à ce stade. La révolution est finie et nous avons besoin de quelqu'un qui agisse moins comme un contre-révolutionnaire et plus comme un chef d'état lambda. »
Il silence s'étala dans la salle. Zeron dit alors.
« Bien. Passons donc au vote. L'objet est de savoir si oui ou non nous remplaçons Markeson. Qui est pour ? »[/ve]
Posté : lun. janv. 19, 2015 5:19 pm
par Amaski
[spoiler="Remarque"]Fait en coopération avec Thunderoad[/spoiler]
[bask][center]LE CYCLE DE BAS MARKESON
- Chapitre 9 : Le tigre et le phénix -[/bask]
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[ve]Toshio Tsuno se tenait assis dans un vieux fauteuil en cuir noir, un verre de whisky à la main et le regard fixé sur son hôte qui était entra de se remplir un verre auprès d'une commode en bois sculpté. Le salon était assez spacieux et avait des murs décorés avec des boiseries classiques. L'immobilier devait dater du 19ème siècle ou était une imitation faite par une main d'artiste. A travers les fenêtres, on pouvait voir des étendues enneigées qui durant l'été accueillaient des vastes champs de blé. Dieu merci, la luminosité du salon était assurée par des lampes électriques qui étaient bien plus efficaces que les lampes à gaz qu'on pouvait trouver dans des nombreux demeures du Perlian.
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Toshi Tsuno
On était ici bien loin de la Fédération et en plein cœur du Perlian, entouré de ses merveilles naturelles. Mais ce lieu reclus au Nord du pays avait une puissance à soit. D'une certaine façon, c'était ici qu'allait se jouer une grande partie de la politique de la Fédération et du Hokkaido dans les heures à venir. Très peu de gens le savaient et c'était une bonne chose ainsi. Toshio but une gorgée de l'alcool pendant que Markeson prit place dans le fauteuil face à lui. L'ancien chef d'état portait une chemise à carreaux bleue et un jeans. Le regard observateur de Tsuno reconnu à la main droite du Tarnois un anneau très fin, sur lequel était marqué en lettres hébreux minuscules le premier verset de la bible. La perte du pouvoir avait visiblement peu affecté Markeson, surtout maintenant que ce dernier pouvait profiter de jours plus tranquilles, loin des troubles de la capitale fédérale. La fatigue qui avait souvent hanté le visage de l'ancien président semblait s'être évaporée durant les derniers mois.
L'hokkai engagea la conversation avec Markeson.
« Je dois reconnaître que ce whisky est excellent. Je suppose qu'il est kosher ? »
Bas but une gorgée avant de répondre à Tsuno, presque comme s'il voulait s'assurer lui-même que l'étranger disait vrai au sujet de l'alcool. Il répondit.
« Il vient du Tel-Erib. J'ai des contacts avec quelques commerçants locaux qui sont toujours prêts à exporter quelques bouteilles au nez et à la barbe des rabbins. Mais beaucoup disent que le whisky kosher est parmi les meilleurs au monde. »
Bas posa son verre sur la table basse située entre lui et Toshio. Il continua à parler.
« Mais je doute que vous êtes venu ici que pour profiter d'un verre d'alcool, n'est-ce pas ? »
L'hokkai sourit et avoua la raison de sa venue.
« C'est vrai. Comme vous savez, l'Hokkaido est en train de poursuivre plusieurs projets de nature géopolitique. »
Markeson dit avec un ton légèrement ironique.
« Comme la Cérésie ? Apparemment ce ne fut pas très glorieux au vu du résultat de vos efforts. »
Haussant les épaules, Toshio répliqua au tac au tac.
« Un revers, certes, mais rien qui mette en danger nos vrais projets. Maintenant, nous savons qui sont nos ennemis. Et nous aurons tout le temps pour régler nos comptes avec eux. Mais ce dont je voulais vous parler, c'est du Machrek. Vous n'ignorez pas que le président Renyï envisage de lancer l'offensive contre ce pays. »
Redevenant sérieux, Bas commenta l'information.
« Une stupidité sans nom. Le Machrek a plus d'un million de soldats sans parler de la difficulté de manœuvrer dans le désert. Je ne sais pas ce qui traverse l'esprit de Renyï en ce moment. »
Attendant quelques secondes, Toshio répondit.
« Disons que le président Renyï n'a pas votre caractère. Le lobby pétrolier, certes très affaibli mais toujours existant, veut que la Fédération annexe le Machrek pour que ce qui reste des compagnies de raffinage de votre pays puisse avoir du pétrole à bas prix. Pas besoin d'être devin pour savoir qu'ils veulent éviter d'être détruit par le bio-pétrole de CAN+. »
Attendant encore quelques instants, il continua.
« Le gouvernement fédéral a demandé au gouvernement de l'Hokkaido de pouvoir stationner des troupes sur l'ile. Nous savons par nos sources diplomatiques, qu'il est prévu de stationner dix bombardiers fédéraux avec des bombes dites théodoniques. Nous avons également eut vent de questions sur la distance entre notre île et la côte du Machrek. Pas besoin d'être devin pour savoir que le gouvernement de Renyï envisage de bombarder les villes portuaires du Machrek avec des bombes théodoniques. Et ce ne sont pas des bombes standards mais les plus grandes que la Fédération a pu produire. Par un contact à Minas Sun, je sais que le gouvernement a vidé l’arsenal de défense stratégique, celui qui était destiné à servir à une contre-attaque sur le Ranekika. »
Pour la première fois depuis longtemps, Markeson afficha un visage choqué. L'idée semblait complètement folle à Bas. Il eut de la peine à imaginer les conséquences. Il s’exclama.
« Les morts pourraient se compter par dizaine de milliers voir même par centaines. Jamais le Sénat n'appuierait une telle démarche. »
Voyant qu'il venait de toucher dans le mille, Toshio rajouta.
« Je peux que supposer qu'on a proposé à Renyï d'avancer l’argument de la présence de la Main noire pour justifier une campagne militaire brutale et sans concession. Mais la vérité est que la Main noire au Machrek n'est plus que l'ombre d'elle-même. Néanmoins, il est vrai que l'attaque pourrait provoquer un génocide d'autant plus que je doute que le projet soit de se cantonner aux côtes. Il est fort probable que les navires de la Fédération devront éliminer les DCA avant que les bombardiers attaquent les villes. La capitale du Machrek peut aussi être une cible si la DCA locale est détruite. Vous voyez où nous allons. L'élimination de la Main noire n'est qu'un prétexte pour se saisir de ce pays et ainsi donner au lobby pétrolier la source de pétrole qui les sauvera de CAN+. Renyï est influencé par tout le monde. Le Rock lui parle dans l'oreille gauche pendant que le lobby pétrolier, au nom de l'indépendance énergétique de la patrie, murmure la guerre dans son oreille droite. Nous nous retrouvons avec un président qui prône la piété et la guerre dans un même souffle. »
Markeson répliqua de manière pessimiste.
« Hélas, je vois mal ce que nous pourrions faire pour contrer la guerre au Machrek. Je pourrais au mieux tenter de parler avec Mirk. L'Hokkaido ne peut-il pas fermer son espace aérien et ses aérodromes aux avions de la Fédération ? »
Toshio répondit.
« L'Hokkaido n'a aucune raison de se mettre la Fédération à dos. Nous avons besoin du gouvernement fédéral pour certains de nos projets. Néanmoins ma présence ici prouve que nous pouvons agir autrement. Renyï n'est pas invulnérable. Nous pouvons donc attaquer son point faible. Et celui-ci n'est pas des moindres. Des voix se lèvent pour demander de constitutionnaliser la fonction présidentielle et demandant élection présidentielle. C'est une réforme que tout le monde attend surtout que Renyï lui-même à engager la transformation en lois de la nature du régime fédéral. Le Hokkaido peut convaincre quelques sénateurs à Sayakon de lancer un mouvement de pression. Et une fois la réforme faite, nous aurons qu'à soutenir une élection présidentielle sur le champ à fin de légitimer la présidence. Renyï ne devrait pas s'opposer à ceci, pensant que ce sera juste une formalité mais c'est là, où nous pourrons le faire tomber. Mais pour ça nous avons besoin de quelqu'un pour remplacer Renyï. »
Immédiatement Bas annonça la couleur, sentant où allait la conversation.
« Et je n'en suis pas intéressé du tout. Je doute que notre pays ait besoin d'un carrousel présidentiel. »
Toshio fut un peu surpris par la réponse radicale de Markeson. On disait donc vrai à son sujet, conclut-il. Affichant un léger sourire, il continue avec un calme olympien.
« Votre départ est contesté par une partie des sénateurs. On suggère même chez les Raptors que vous vous êtes sacrifiés pour calmer le Danube, chose qui semble aujourd'hui avoir peu d'importance. La plus part des sénateurs ont acceptés l'idée que la Fédération ne fera plus partie de l'aventure de l'Union du Vicaskaran. Également, il faut noter que vous avez fait vos preuves. Ils vous accepteront surtout ceux qui ont marre de voir le lobby pétrolier et le Rock défiler au palais présidentiel chaque jour. Je ne devrais pas vous dire que CAN+ elle-même vous tient en haute estime. Et nous savons que par les nombreux emplois qu'elle a créée et va encore créer que cette entreprise possède une influence notable sur les gouverneurs et sénateurs des états ruraux. »
Il marqua une pause avant de reprendre son discours.
« La Fédération a besoin d'un bon président. Vous n'aimiez pas ce job ? Je peux vous comprendre, mais vous avez les qualités pour la fonction. C'est peut être en méprisant le pouvoir, qu'on en devient le plus apte à l'exercer, mais passons donc ces considérations philosophiques. Je vais être direct : ne le faites pas pour vous mais pour votre pays. Faites-le pour mettre un terme à cette politique d'interventionnisme au Barebjal et une guerre qui pourrait causer des millions de morts. Vous aurez le soutien de l'Hokkaido dans ce domaine. Concernant le Danube..ignorez ce pays. L'avenir entre nos deux pays a plus de potentiel que tous ce que pourra vous donnez Barouel et son équipe. »
Il conclut avec un ton théâtral.
« Un empire se lève à l'Ouest, Markeson, et vous pouvez être celui qui recrée un autre à l'Est. »
Toshio se leva lentement, fouilla dans la main interne de sa veste et en sortit une carte de visite qu'il tendit à Markeson.
« Vous avez quarante-huit heures pour réfléchir. Au-delà, je crains que nous ne pourrons plus arrêter la machine infernale que Renyï va mettre en place. »
L'hokkai se mis alors en route en laissant Markeson seul dans le salon.[/ve][/quote]