Posté : mer. juil. 30, 2014 9:34 am
Le monde de l'après-Pelabssa devait être celui du retour des nations.
Celui-ci s'était fait de manière inquiétante, travesti par des idéologies corrosives, une déferlante verbale de menaces devenue vulgaire de la part de pays plastronnant d'avoir survécu à la "grande putain" dont ils saluaient le viol et le meurtre par les forces de la Main Noire.
En somme, de la guerre froide il y avait désormais un vainqueur, c'était le communiste simplet dans toutes ses variations de colori de pelage. Celui-là avait pris le pire du nationalisme pour l'intégrer à sa ligne politique, un nationalisme de musée sans fondements, un nationalisme violent qui permettait à l'État de s'ingérer partout et de construire des armes. Le communiste avait gagné la guerre qu'il n'avait livré que par procuration pour l'URKR.
L'Occident était assailli dans toutes les presses du monde par les jactances d'une basse-cour d'anciens esclaves rancuniers, manipulés par les forces orientales du fascisme rouge.
Et l'Occident des patries ne se comptait plus qu'en quelques capitales, aux divergences existantes, à l'intérêt commun de voir se taire ceux qui les menaçaient de mort sans interruption, les accusaient de tous les maux que leurs pauvres peuples incapables connaissaient dans leur plagiat minable de leurs sois-disant bourreaux d'hier.
Le Saint-Empire était en déclin, et tant mieux. Sous ses prétentions de puissance se cachaient probablement des intérêts étroits de domination continentale, plongée dans son nationalisme du développement sournois et sans réflexion ni sur son identité ni sur sa place dans le monde.
Le Viertenstein, à l'autre extrémité du continent ( pouvait-on encore considérer en Alméra les puissances slaves qui avaient fait le choix de trahir au service de l'étranger ? ), était un pays qui s'était directement opposé au Saint Empire et avait su, par un carcan de lois, conserver son peuple dans une condition plus digne que celle des Occidentaux en décadence.
Cet Occident de la conduite accompagnée ne vivait plus, qu'anecdotique, en Océania, en Biturige, en Franconie, dans ces pays en perte de vitesse.
Le protocole d'Alma, terminé, avait été un échec, car le Valacida en presque guerre civile découvrait sa vertu de jeune citadine océanienne.
Le Viertenstein devenait le seul partenaire viable en Alméra, peut-être parce-que son éloignement évitait les conflits d'intérêts, surtout pour ce qu'il était : une dictature de la coutume. Le Thorval, lui, avait une vertu s'arrêtant à ses frontières et faisait trop confiance à l'échange équitable de procédés avec n'importe-quel pays ; ce n'était pas la vision fiémançaise, qui consistait à tenir sous son genoux le potentiel partenaire de demain pour que jamais il ne trahisse.
En le Viertenstein, on ne chercherait pas un partenaire, mais bien un ami. Un ami au sens de la vieille Numance. Un ami qui vous rend le service que vous lui avait rendu, et ainsi de suite. L'amicitias traditionnelle des peuples forts d'une Alméra en bonne santé. Pas le petit commerce des quatre yeux qui périssent ensemble.
Séparé de la capitale, et seule ville qui ne soit pas en décroissance, de quelques kilomètres et champs déjà peuplés de femmes et d'hommes au travail, l'aéroport international d'Opemont était la seule porte d'entrée et de sortie aérienne du territoire métropolitain. Un aérodrome existait à Port-Saint-Georges, au milieu de l'aridité et des buissons maigres. D'autres en Cécopie.
Le Prince Régent du Viertenstein Son Altesse Sérénissime y arriverait sur une des nombreuses pistes vacantes. Le transit vers cette capitale n'avait pas été à la hauteur des plans développés.
Les champs qu'il verrait pendant son voyage vers la ville étaient beaux. Le reste ne l'était pas autant, ces murs neufs sentaient l'échec.
La majorité des touristes venaient par le train, du nord, ils étaient thorvaliens. Les Ménoviens passaient la frontière en véhicule personnel pour profiter des nombreuses routes désertes et des coins, rare, où l'on pique-niquait sans déranger quelqu'un.
Qui pouvait venir par les airs ?
On accueillit en grande pompe le Prince Régent, en entonnant l'hymne princière et en offrant la haie d'honneur de soldats en armes et costumes de combat, le visage dissimulés derrière leur épais casque lourd.
Puis le credo paysan retentit sur le tarmac désert.
Pour accueillir le Viertenstein, Gaston Mauyon le ministre des affaires étrangères avait fait le déplacement, accompagné par le Général d'Armée et chef d'État-major de l'armée de terre Firmin de Buyat, dont le képi fleur-de-lysée et l'uniforme gris clair devait mettre en confiance les hôtes afin qu'ils ne fuient pas ce qui pouvait sembler une chévrerie géante en perdition.
Les photographes et journalistes de la presse papier accueillaient l'événement et le notaient dans leurs carnets.
On prit les voitures, de magnifiques noires chromées à la forme pénétrante dans l'air et aux bordures argentées, elles s'élancèrent vers la capitale derrière des motards s'assurant qu'aucun animal ou enfant ne se perdait sur l'asphalte.
On arriva dans les faubourgs de la capitale. De belles maisons à étages, lierre aux fenêtres, accueillaient plusieurs familles partageant un escalier, ayant découpé le jardin en parcelles, ces constructions s'adonnaient à des champs encore présents dans les débuts de l'agglomération, des pâturages maigres où des bêtes faisaient la sieste. Les hauts immeubles du cœur de ville pointaient à l'horizon clair, le quartier résidentiel Tolbiac à la gauche lointaine des voitures, Ismène et Antigone tours de cristal à la droite éloignée, au centre ce qui devait être le quartier d'affaire François Guizot. Ces constructions perçant les nuages semblaient distantes de plusieurs vallées, elles l'étaient. Mais les vallées coulaient sous la roche artificielle, qu'on avait volontairement étendue ici pour épargner ailleurs.
La capitale grouillait de pauvres en bonne tenue, des paysans des villes se livrant à de menus tâches pour boutiquiers, des marchands toujours un peu artisans soignant leurs étals et leur devanture fière. Tous contemplaient le passage des voitures mettant de l'animation dans leurs rues. On vit des bêtes jusqu'à plusieurs kilomètres dans l'agglomération, jusqu'au vieil Opemont et alentours où se trouvaient les palais et institutions civiles. On ne cessa d'y voir des humbles, chapeautés en casquettes de laine, le gilet ouvert, le pantalon à bretelle ou à ceinture selon leurs origines. Ce peuple cosmopolite provenait de toute la Fiémance diverse, et d'au-delà, de Ménovie, de Franconie ou du Thorval. On ne passa pas dans les quartiers plus étranges encore, celui du Makara, les quelques rues cécopiennes, ou les quais envahis par les Carrairois, Astiens, Stalagmantins se livrant batailles.
Le Palais des Ducs, siège du gouvernement, ouvrait ses portes de fer donnant sur des marches de marbre et une façade luxueuse faisant oublier la nature agraire du régime.
Les drapeaux fiémançais et princier attendaient les hôtes.
On prit une autre photographie devant ceux-ci, et entra dans les salons.
Celui-ci s'était fait de manière inquiétante, travesti par des idéologies corrosives, une déferlante verbale de menaces devenue vulgaire de la part de pays plastronnant d'avoir survécu à la "grande putain" dont ils saluaient le viol et le meurtre par les forces de la Main Noire.
En somme, de la guerre froide il y avait désormais un vainqueur, c'était le communiste simplet dans toutes ses variations de colori de pelage. Celui-là avait pris le pire du nationalisme pour l'intégrer à sa ligne politique, un nationalisme de musée sans fondements, un nationalisme violent qui permettait à l'État de s'ingérer partout et de construire des armes. Le communiste avait gagné la guerre qu'il n'avait livré que par procuration pour l'URKR.
L'Occident était assailli dans toutes les presses du monde par les jactances d'une basse-cour d'anciens esclaves rancuniers, manipulés par les forces orientales du fascisme rouge.
Et l'Occident des patries ne se comptait plus qu'en quelques capitales, aux divergences existantes, à l'intérêt commun de voir se taire ceux qui les menaçaient de mort sans interruption, les accusaient de tous les maux que leurs pauvres peuples incapables connaissaient dans leur plagiat minable de leurs sois-disant bourreaux d'hier.
Le Saint-Empire était en déclin, et tant mieux. Sous ses prétentions de puissance se cachaient probablement des intérêts étroits de domination continentale, plongée dans son nationalisme du développement sournois et sans réflexion ni sur son identité ni sur sa place dans le monde.
Le Viertenstein, à l'autre extrémité du continent ( pouvait-on encore considérer en Alméra les puissances slaves qui avaient fait le choix de trahir au service de l'étranger ? ), était un pays qui s'était directement opposé au Saint Empire et avait su, par un carcan de lois, conserver son peuple dans une condition plus digne que celle des Occidentaux en décadence.
Cet Occident de la conduite accompagnée ne vivait plus, qu'anecdotique, en Océania, en Biturige, en Franconie, dans ces pays en perte de vitesse.
Le protocole d'Alma, terminé, avait été un échec, car le Valacida en presque guerre civile découvrait sa vertu de jeune citadine océanienne.
Le Viertenstein devenait le seul partenaire viable en Alméra, peut-être parce-que son éloignement évitait les conflits d'intérêts, surtout pour ce qu'il était : une dictature de la coutume. Le Thorval, lui, avait une vertu s'arrêtant à ses frontières et faisait trop confiance à l'échange équitable de procédés avec n'importe-quel pays ; ce n'était pas la vision fiémançaise, qui consistait à tenir sous son genoux le potentiel partenaire de demain pour que jamais il ne trahisse.
En le Viertenstein, on ne chercherait pas un partenaire, mais bien un ami. Un ami au sens de la vieille Numance. Un ami qui vous rend le service que vous lui avait rendu, et ainsi de suite. L'amicitias traditionnelle des peuples forts d'une Alméra en bonne santé. Pas le petit commerce des quatre yeux qui périssent ensemble.
Séparé de la capitale, et seule ville qui ne soit pas en décroissance, de quelques kilomètres et champs déjà peuplés de femmes et d'hommes au travail, l'aéroport international d'Opemont était la seule porte d'entrée et de sortie aérienne du territoire métropolitain. Un aérodrome existait à Port-Saint-Georges, au milieu de l'aridité et des buissons maigres. D'autres en Cécopie.
Le Prince Régent du Viertenstein Son Altesse Sérénissime y arriverait sur une des nombreuses pistes vacantes. Le transit vers cette capitale n'avait pas été à la hauteur des plans développés.
Les champs qu'il verrait pendant son voyage vers la ville étaient beaux. Le reste ne l'était pas autant, ces murs neufs sentaient l'échec.
La majorité des touristes venaient par le train, du nord, ils étaient thorvaliens. Les Ménoviens passaient la frontière en véhicule personnel pour profiter des nombreuses routes désertes et des coins, rare, où l'on pique-niquait sans déranger quelqu'un.
Qui pouvait venir par les airs ?
On accueillit en grande pompe le Prince Régent, en entonnant l'hymne princière et en offrant la haie d'honneur de soldats en armes et costumes de combat, le visage dissimulés derrière leur épais casque lourd.
Puis le credo paysan retentit sur le tarmac désert.
Pour accueillir le Viertenstein, Gaston Mauyon le ministre des affaires étrangères avait fait le déplacement, accompagné par le Général d'Armée et chef d'État-major de l'armée de terre Firmin de Buyat, dont le képi fleur-de-lysée et l'uniforme gris clair devait mettre en confiance les hôtes afin qu'ils ne fuient pas ce qui pouvait sembler une chévrerie géante en perdition.
Les photographes et journalistes de la presse papier accueillaient l'événement et le notaient dans leurs carnets.
On prit les voitures, de magnifiques noires chromées à la forme pénétrante dans l'air et aux bordures argentées, elles s'élancèrent vers la capitale derrière des motards s'assurant qu'aucun animal ou enfant ne se perdait sur l'asphalte.
On arriva dans les faubourgs de la capitale. De belles maisons à étages, lierre aux fenêtres, accueillaient plusieurs familles partageant un escalier, ayant découpé le jardin en parcelles, ces constructions s'adonnaient à des champs encore présents dans les débuts de l'agglomération, des pâturages maigres où des bêtes faisaient la sieste. Les hauts immeubles du cœur de ville pointaient à l'horizon clair, le quartier résidentiel Tolbiac à la gauche lointaine des voitures, Ismène et Antigone tours de cristal à la droite éloignée, au centre ce qui devait être le quartier d'affaire François Guizot. Ces constructions perçant les nuages semblaient distantes de plusieurs vallées, elles l'étaient. Mais les vallées coulaient sous la roche artificielle, qu'on avait volontairement étendue ici pour épargner ailleurs.
La capitale grouillait de pauvres en bonne tenue, des paysans des villes se livrant à de menus tâches pour boutiquiers, des marchands toujours un peu artisans soignant leurs étals et leur devanture fière. Tous contemplaient le passage des voitures mettant de l'animation dans leurs rues. On vit des bêtes jusqu'à plusieurs kilomètres dans l'agglomération, jusqu'au vieil Opemont et alentours où se trouvaient les palais et institutions civiles. On ne cessa d'y voir des humbles, chapeautés en casquettes de laine, le gilet ouvert, le pantalon à bretelle ou à ceinture selon leurs origines. Ce peuple cosmopolite provenait de toute la Fiémance diverse, et d'au-delà, de Ménovie, de Franconie ou du Thorval. On ne passa pas dans les quartiers plus étranges encore, celui du Makara, les quelques rues cécopiennes, ou les quais envahis par les Carrairois, Astiens, Stalagmantins se livrant batailles.
Le Palais des Ducs, siège du gouvernement, ouvrait ses portes de fer donnant sur des marches de marbre et une façade luxueuse faisant oublier la nature agraire du régime.
Les drapeaux fiémançais et princier attendaient les hôtes.
On prit une autre photographie devant ceux-ci, et entra dans les salons.