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Posté : mar. juil. 29, 2014 5:28 pm
par Vliduj Gak
Médias ajdabis

Presse écrite

La couronne et l'épée : Quotidien partisan de la dynastie en place, conservateur socialement et nationaliste. Tirage à 300 000 exemplaires.
L'Idée : Journal neutre, apolitique, tirage à 100 000 exemplaires.

Chaînes de Télévision

Qanat Mastranabal : Chaîne publique, mais gérée par l'université de Mastranabal. Programmes culturels, débats, et informations, chaîne la plus écoutée et la plus regardée. Pour cause, c'est la seule chaîne gratuite.
Al-Manasha : Chaîne privée d'information et de divertissement, en concurrence avec Qanat Mastranabal, diffusion de films arabes, occidentaux et récemment makarans.

Le paysage médiatique national est donc assez restreint. Cependant, Al-Manasha propose à ses abonnés deplus en plus nombreux l'accès, par bouquets, aux chaînes barebjaliennes ou raksasanes.

Posté : mar. juil. 29, 2014 5:31 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Manar définit sa politique intérieure
25 septembre 2024

[center][img]http://cominganarchy.com/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/sultan_qaboos2.jpg[/img][/center]

Le sultan Manar 1er a annoncé l'adoption d'un programme en six points, chargé de régir les décisions futures du régime ajdabi.
Le haut-conseil de l'état a entériné cette ligne d'action dans la journée, qui se définit autour d'axes : opposition aux régimes et aux idées socialistes, opposition au salafisme, opposition au libéralisme d'une part, adoption d'un national-capitalisme protégé par l'état, maintien des traditions religieuses et des intérêts tribaux d'autre part.
"Toutes les lois ultérieures ne se définiront qu'en fonction de ces sept axes, qui agissent comme une constitution. Toute loi qui contreviendrait à ces principes sera taxée de non-constitutionnalité, et par conséquent déclarée invalide par le roi", a déclaré Manar.

1- Antisocialisme et anticommunisme. Destructeurs autant des identités nationales, par un internationalisme forcené et une solidarité prolétarienne factice, qui vise à dynamiter les sociétés traditionnelles et les hiérarchies propres qui les régissent, que des individus, par un égalitarisme qui tend à éradiquer toute initiative personnelle et tue la créativité des peuples, ces idéologies sont fondamentalement hostiles et opposées à l'esprit national ajdabi.
Les régimes communistes et socialistes, ou même socialisants, ne sauraient être amis ou partenaires autrement que par pragmatisme.

2- Antilibéralisme. L'Ajdabiya se refuse à tout internationalisme qui chercherait à grouper l'Humanité autour de valeurs autoproclamées universelles, et en réalité destructrices de l'identité des peuples : égalité, liberté, droits de l'Homme sont autant de principes que nous ne reconnaissons pas comme constitutifs de notre société. Dans une société pure, il est bon que certains gouvernent, en vertu de leurs qualités évidentes, que d'autres obéissent et soient gouvernés, en vertu de leur capacité naturelle à obéir aux ordres.

3- National-Capitalisme. Il se définit par la recherche du profit de l'individu comme principal moteur de l'économie du pays. Comme l'ont montré les philosophes almérans des XVIIIème et XIXème siècles, dans une société saine et pure, l'enrichissement de chacun est l'enrichissement de tous. Il est bon que le profit soit encouragé dans une économie strictement nationale.
Cependant, le capitalisme est potentiellement destructeur des individus et des nations, au même titre que le socialisme : capitalisme libertaire et socialisme sont deux dangers pour la nation. Le capitalisme ajdabi se doit donc d'être amendé, et strictement national. Les secteurs clés seront maintenus entre les mains de l'Etat. Pour les secteurs ouverts à la concurrence et donc à l'innovation, seuls les ajdabis pourront investir au delà d'un certain seuil.

4- Protectionnisme. C'est la seule voie de survie pour les régimes en cours de développement. Les entreprises étrangères, prédatrices, ne sauraient être acceptées sur le sol national ajdabi. Aucune entreprise étrangère ne peut détenir un monopole sur un secteur en Ajdabiya, ou même un poids trop important. L'état ajdabi est chargé de veiller à ce que les richesses ajdabies reviennent en priorité aux ajdabis, en second à des partenaires barebjaliens ou zanyanais, en négligeant le poids des régimes hostiles, étrangers et socialistes. "Je préfère mon frère à mon voisin, et mon voisin à l'étranger" est une doctrine fondamentalement bonne.

5- Conservatisme. Le maintien des traditions est une condition essentielle de la résistance aux forces libérales anti-arabes. Il se fait au moyen du respect des préceptes islamiques dans l'élaboration des lois, sans rigorisme excessif, mais surtout dans le strict respect des modes de vies tribaux arabes, et de l'équilibre entre les trois peuples (Sawjaffin, Hadrumètes, Zénariens) constitutifs de l'Ajdabiya contemporain.
Ainsi, la présence d'étrangers sur le sol ajdabi est fortement réglementée, même dans les zones touristiques. Néanmoins, le culte chrétien est autorisé, en tant qu'il fait partie du patrimoine national ajdabi, et partage avec l'Islam et donc la nation ajdabie un idéal de paix et de fraternité.

6- Antisalafisme. L'islam est une foi personnelle, qui ne saurait s'imposer dans la vie privée des individus. Le salafisme et toutes les idéologies de régression, financées par les étrangers pour maintenir les musulmans dans un brouillard moyen-âgeux sont nos ennemis, et les combattre est une nécessité.
Ceci ne signifie pas pour autant laïcité.

7- Nationalisme et patriotisme. L'Ajdabiya se construit dans une perspective nationale, mais se reconnaît également redevable d'une solidarité envers les peuples du Barebjal et ceux du Zanyane, en raison d'évidentes afinités culturelles, cultuelles, géographiques et historiques, entre autres. Il appartient de manière résolue à une grande Oumma arabo-barebjalienne, qui dépasse tous les intérêts tribaux et religieux, et inscrit sa lutte en concordance avec les intérêts de cette dernière.

Posté : jeu. juil. 31, 2014 9:52 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Défendre les frontières nationales, première tâche du gouvernement
29 septembre 2024

De par son immense étendue, le territoire ajdabi possède de très longues frontières avec trois pays, dont deux sont sujets à des troubles politiques, sociaux et militaires récurrents, l'Elgéria et le Makengo, ainsi qu'à une pauvreté voire des famines chroniques. La facile pénétration du territoire national, largement mal maîtrisé, en raison des conditions climatiques arides, du désert, de la faible densité de population et de la désorganisation des forces armées rendaient jusqu'à présent extrêmement facile l'entrée en Ajdabiya par les migrants clandestins de ces deux pays, notamment de makengais, à chacun des changements brutaux de pouvoir.

L'Etat-major ajdabi, diligenté par le roi Manar, a souhaité, de son propre aveu "mettre un terme aux violations quotidiennes qui interviennent à nos frontières et qui, contre tous les principes du droit international, remettent en cause notre souveraineté".
Le roi a poursuivi en assurant ses sujets de sa "ferme intention de réorganiser les forces armées autour d'un objectif solide et clairement défini de rendre à terme totalement imperméable le territoire du Royaume.
Pour cela, des pays stables, à notre voisinage, et qui pourraient être concernés par les mêmes problèmes si la situation empire en Ajdabiya pourraient être sollicités, notamment le Bardaran et l'Hellas. L'invasion de notre pays par des hordes de clandestins malfamés ne seraient une bonne chose pour aucun de ces deux pays, puisqu'après avoir saccagé nos richesses, notre culture et notre savoir, ces pauvres finiraient raisonnablement par vouloir fuir plus au Nord, vers l'Alméra, ou à l'Ouest, vers les métropoles nord-zanyanaises plus peuplées qui bénéficient d'un fort appui des vieilles puissances occidentales. Nous espérons donc à terme trouver un accord avec les étrangers pour obtenir un soutien, au moins logistique, quant au refoulement des elgériens et des makengais qui se précipitent à nos frontières".


Abdelhakim Ibn El Kareem, professeur de sciences politiques à l'Université de Mastranabal, a par ailleurs fortement mis en doute la possibilité pour l'armée ajdabie d'assurer seule, comme le prétend le gouvernement, l'imperméabilité des frontières nationale.

"L'armée royale compte à peine 50 000 hommes, et est sujette à la contrainte de notre faible population (ndlr 5 millions d'habitants), et surtout à une absence quasi-totale de véhicules de transport, remettant fortement en cause sa mobilité. Il est totalement utopique de penser que nous pourrons seuls protéger des frontières de plus de 2 000 kilomètres avec quelques dizaines de milliers de soldats, à pieds principalement, ou en pick-up, faiblement armés, face à des flux qui peuvent s'élever à plusieurs millions de clandestins par an, les années de troubles dans ces pays-là.
L'Airshren avait réussi à éviter l'intrusion de Plaréliens sur son territoire par l'érection d'un mur hautement sécurisé composé de plusieurs lignes de mines et de barbelés. Cette solution, bien qu'onéreuse et radicale, semble plus adaptée à nos besoins.

Néanmoins, l'option la plus favorable demeure de favoriser l'amélioration des relations avec des régimes stables dans ces pays, afin de pouvoir trouver des accords régissant ces flux, et donc d'encourager à un niveau continental l'interruption des troubles politiques, et des ingérences étrangères, dans les pays négro-zanyanais.

Posté : sam. mai 14, 2016 11:11 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Un lieu réputé faire des miracles fermé à Al-Furat
13 février 2030

Al-Furat, au coeur du Sawjaffin, capitale traditionnelle des nomades arménabales, abrite plus de 45 confréries djilalites, lesquelles se sont accordées mercredi dernier pour entreprendre la fermeture au public d'une localité à la périphérie de la ville qui attirait depuis quelques mois un nombre croissant de fidèles crédules. Le lieu consistait en réalité en une simple portion de route goudronnée, en pente, longue de 450 mètres. Jalal El-Slimani, 67 ans, riverain, déclarait être en contact direct avec le Seigneur et se disait capable d'intercéder en la faveur de quiconque reconnaissait son autorité et son élection, moyennant présents et paiements. Il voulait pour preuve de sa mission que toutes les voitures qui se plaçaient à l'arrêt devant sa maison se mettaient d'elles-mêmes à remonter la pente jusqu'à son sommet, ce qui a suscité l'étonnement de ses voisins, puis de leurs voisins, de son hameau et des hameaux voisins. Les attroupements réguliers autour du domicile du vieillard et les hommages qui lui étaient rendus par la populace ont mis un mois, dans ce lieu isolé, à parvenir aux oreilles des principaux cheikhs de la ville, lesquels ont engagé une enquête à l'issue de laquelle ils ont conclu que l'événement était inexplicable, tout en rappellant que le maraboutisme est un acte condamnable et en appellant la population à cesser les dons au vieil homme qui ne rentraient pas dans le cadre de l'aumône prescrite aux musulmans.
Il a fallu attendre l'arrivée de plusieurs agents de l'Etat sur le lieu pour qu'une prospection soit effectuée, et que la présence de gisements ferrugineux sous le bitume soit confirmée, expliquant les prétendus miracles réalisés par Jalal El-Slimani. Bien évidemment, la populace ne l'a pas entendu de cette manière, et seule l'intervention de plusieurs dizaines de disciples de la zawiya Al-Assaniya, sise à Al-Furat, a permis de mettre un terme aux génuflexions continues de plusieurs dizaines de mères de famille devant l'imposteur.
L'homme, convaincu de Shirk, a été exécuté cette nuit à la prison centrale d'Al-Furat, tandis que les milices religieuses tâchent de faire entendre raison à ses zélateurs excités.

Que Dieu bénisse la science, quand elle sépare le sage du corrupteur.

Posté : dim. mai 15, 2016 3:34 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Le sultan déclare souhaiter mettre un terme aux hiérogamies, union sexuelles à caractère religieux
15 février 2030

Les hiérogamies pratiquées par l'ordre djilalite sont sujettes à débat depuis plusieurs années, notamment du fait des secrets qui entourent ces pratiques qui prévoient la rencontre de disciples de l'ordre avec des femmes de couvents soufis, rencontres qui se font hors du mariage, ce qui est strictement interdit par la loi. L'ordre ne communique pas à leur sujet, et, si d'après ses archives elles ont été prohibées dans les années 1930, plusieurs témoignages font état de pratiques de ce genre à notre époque, notamment dans des zawiyas isolées, plus ou moins détachées du contrôle de l'ordre. Le dernier récit explicite d'une cérémonie de ce genre remonte à l'année dernière, laquelle a été relatée par Tawfiq Souhani, ancien disciple de la zawiya Hussainya sur l'île de Marbal :

"Les Anciens de la zawiya faisaient participer à la cérémonie un petit nombre de disciples, qu'ils sélectionnaient durement selon deux critères. D'abord, il fallait résister à l'hypnose. Je pense avoir compris qu'il s'agissait pour eux d'éviter que les disciples initiés à leurs pratiques ne s'évanouissent en plein acte et ne s'en réveillent traumatisés ou livrés à quelque démence, ce qui m'a été conté par plusieurs de mes co-disciples. La deuxième condition était d'avoir un désir bien supérieur à la moyenne des hommes de notre âge, afin que nous ressentions une extase plus profonde. J'ai été jugé digne de participer à une de ces réunions, qui se déroulaient le samedi soir, à la tombée du jour. Nous étions une demi-douzaine, avons été amenés par les Anciens dans une sorte de caravansérail en ruine, et après avoir discuté de quelques problèmes en rapport à l'économie locale et dont je n'ai plus qu'un vague souvenir, nous avons bu une boisson qu'on nous disait être du thé, mais qui à la réflexion était davantage une infusion très forte de plantes hallucinogènes. Les Anciens nous répétaient les invocations de dhikr (souvenir) que nous devions prononcer durant l'acte, pendant que nous prenions chacun à notre tour une bouchée d'une pâte jaunâtre et collante, à la cuillère.
Après cela, nous avons été amenés dans une sale parsemée d'oreillers, où une dizaine de filles se tenaient assises dans une attitude de contemplation béate. Je m'approchai de l'une d'elles, lui prenai la main et lui répétai à l'oreille les formules du souvenir, ce sans quoi, dit-on, elles ne se livrent pas. Je l'ai portée dans une alcôve et j'ai commencé mon affaire. Au moment de finir, je ne sais comment, elle a retiré mon sexe d'elle par un brusque mouvement du bassin. Par l'effet des substances qu'on m'avait données, par la privation de la jouissance et dans l'air opaque et lourd de la pièce, je fus précipité dans une espèce de transe intense qui n'a duré que quelques secondes. Je rejetai mon regard sur la fille, qui versa quelques larmes, s'excusa, puis me repoussa et retourna s'allonger comme si de rien n'était. Quant à moi, je sortis de la pièce, prêt d'étouffer, et me retrouvai dans une cour par laquelle je n'avais pas le souvenir d'être entré. A côté, les Anciens de l'ordre jouaient au tric trac sur des caisses de légumes."

Dans un communiqué, le sultan Manar Ibn Abdelmoumen a déclaré vouloir mettre un terme définitif à ces pratiques, lesquelles sont selon lui contraires aux principes les plus élémentaires de la loi islamique, et a encouragé les autorités djilalites à agir dans son sens en autorisant des agents de l'Etat à mener des enquêtes susceptibles de déboucher sur l'exclusion définitive des cheikhs responsables de ces initiations de toute autorité religieuse. L'ordre n'a pas répondu à ces directives, bien que certains chefs locaux soient allés dans le sens du régime, en arguant toutefois que connaître la portée exacte des unions hiérogamiques (et surtout de savoir si des enfants étaient susceptibles de naître par ce biais, les moyens modernes de contraception étant inexistants dans notre pays) se révélera être une tâche extrêmement compliquée, qu'il appartient à l'ordre de régler en interne.

Posté : lun. mai 16, 2016 5:14 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Un jeune arabe tué lors d'une rixe interethnique, la communauté arménabale pointée du doigt
21 février 2030

Lundi dernier, Hakim el-Oussni, étudiant en ingénierie militaire de 22 ans, a été victime d'un lynchage organisé par sept de ses camarades, semble-t-il en raison d'idées nationalistes proférées à l'université de Mastranabal, dans le cadre d'un travail collectif portant sur la place des différentes communautés en Ajdabiya. Choqués par ses vues -pourtant défendables- de voir la communauté arabe bénéficier à court terme d'une situation privilégiée sur les deux autres communautés minoritaires de notre pays (Almérans et Arménabales), sept jeunes étudiants arménabales, qui devraient remercier l'Ajdabiya de les avoir toujours défendus, ont pris à parti le jeune patriote le soir même, sur le site du campus, et, dans un effet de groupe, ont lynché et mis à mort Hakim, "sans même s'en rendre compte", a affirmé à notre rédaction un de ses camarades almérans.
Le lendemain, choqués par le comportement des dits-indigènes, 2 267 arabes, non à Mastranabal seulement, mais dans tout le sultanat, ont manifesté leur mécontentement en se retirant des universités, un demi-millier d'entre eux ayant organisé une manifestation d'ampleur jamais vue pour le mouvement national ajdabi à Silbusa, ville majoritairement peuplée d'Almérans pourtant. La seule exception à cette vague de manifestation est la ville de Ben Marzad, fermement tenue par les milices chiites djilalites. Le surlendemain, comptez-en 10 000 de plus, toutes classes d'âge confondues cette fois, et vous aurez une idée de l'envergure de la protestation émise par notre communauté à l'encontre de la maltraitance dont sont victimes certains Arabes de notre pays.

Les slogans des manifestants demandaient parfois ouvertement la sécession des Arabes vis-à-vis des Arménabales (autochtones zanyanais) et des Almérans, lesquels réunis représentent 14% de la population du pays mais 25% de ses richesses, notamment par leur présence majoritaire dans beaucoup de cités commerciales puissantes (Silbusa, Mselsatta, Orphalese), inégalités que la communauté arabe semble tolérer de moins en moins. S'ajoutent à cela nos querelles religieuses, entre païens, chrétiens, et musulmans.

Posté : ven. mai 20, 2016 10:52 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Des groupements d'Orphalese brûlent les symboles de l'Etat à l'occasion d'un rassemblement
2 mars 2030

Lundi dernier, 700 païens rassemblés à Orphalese (cité polythéiste) à l'occasion d'un culte annuel lié à l'une de leurs idoles ont profité de l'événement pour arracher et brûler le drapeau ajdabi présenté comme représentant "une autorité des mauvais démons". Ils ont occupé le bureau de l'Etat durant plusieurs heures avant d'être calmés par la police de la cité, laquelle les a évacués, non sans que le tribun de la ville, Ixfensen Ifreni, au cours d'un entretien à la radio locale, n'ait jugé qu'il s'agissait d'événements prévisibles compte-tenu du non-respect du culte païen de la ville par les autorités ajdabies, religieuses aussi bien que séculières, alléguant toutefois que toute dégradation de lieu public était condamnée par la charte de la cité. Une enquête a été ouverte, ayant peu de chances d'aboutir en raison du grand nombre d'individus impliqués et de la précipitation dans laquelle, selon nos informateurs, le saccage a été interrompu.
C'est la septième atteinte aux insignes de l'Etat dans la cité païenne depuis 10 ans, la troisième de l'année, les tensions accumulées entre le régime chiite et les polythéistes étant liées à de nombreuses dissensions en termes de politique intérieure. Les dirigeants d'Orphalese ne cessent, depuis le rétablissement de la monarchie chiite, de demander la baisse des impôts prélevés sur les habitants de la ville, les plus importants du pays en terme de prélèvement par habitant.

Posté : ven. mai 20, 2016 12:35 pm
par Vliduj Gak
Emission éducative

Télévision nationale, à l'orée d'un village hadrumète, près de la côte barebjalienne, ciel bleu égyptien. Après un grand brasier dans lequel les nouveaux membres ont jeté tous leurs effets personnels, ils ont enduit leurs vêtements de suie, selon un rite de la confrérie censé représenter la survie après la mort. Ils se tiennent désormais assis en cercle autour des cendres, et récitent un [url=https://www.youtube.com/watch?v=_XCYC449zvc]poème traditionnel de l'ordre[/url] sur leur livre saint. On écoute pendant cinq minutes deux nouveaux membres faire montre de leur connaissance aiguë des textes saints au sujet d'une question de jurisprudence. Le chef de la confrérie, le cheikh Mansur al-Haddad, après les avoir laissés couper le cheveu en quatre, répond aux questions sur son enseignement. Il se tient en tailleur sous un immense palmier, sa tunique entrouverte laisse apparaître un bandage à la poitrine.

- Maître, quels liens devons-nous tisser, entre nous et avec les étrangers ?

- Puisses-tu te sustenter de miel et d'amandes et vivre parmi les tiens et les étrangers sans jamais effleurer ton fourreau. Mais le monde dépasse ta volonté, et puisqu'il te faut égorger le jeune veau près de sa mère pour te nourrir, et préférer la guerre à la paix lorsque la paix te souille, fais au moins de tes crimes un acte de dévotion et lorsque tu ôtes la vie au jeune veau, accompagne par ton esprit l'esprit de ta victime lorsqu'il s'élève, comme lui accompagne ton corps par son corps qu'il t'offre, et console-toi, car toi aussi tu seras sacrifié par un être puissant, et tu rejoindras le jeune veau dans la grande calebasse où toutes les âmes sont versées après la mort. Et quand la grande calebasse sera pleine, elle sera versée dans un grand corps, que le Créateur sacrifiera le jour du Jugement sur un autel céleste, car c'est cela le Jugement, c'est le jour où nous serons si prêts que nous n'existerons plus que par les liens justes ou injustes que nous avons pu tisser, de sorte que nous ne pourrons plus nous mentir.

Un jeune homme de type alméran, aux cheveux blonds rasés, lève la manche de son qamis fuligineux et demande la parole.

- Oui, comment t'appelles-tu ?

- Bachir, maître.

Un rire diffus gagne l'assemblée. Le vieillard le balaie comme un écran de fumée, de ses doigts agiles.

- Je t'écoute, frère Bachir.

- Maître, n'avez-vous pas dit plus tôt que nous devions respecter les enseignements du Coran ? Il n'y a pas de récit d'une calebasse, dans le Coran, que nous dîtes-vous du récit de l'Enfer et du Paradis ?

- Ce sont des images, et ce que je vous donne, ce sont aussi des images. Platon semait ses discours de mythes, Jésus parlait au peuple par des paraboles, et le Coran est lui-même rempli de paraboles. Quand je vous donne une parabole, imaginez que je vous attrape par les cheveux avec mes doigts, que j'étire mon bras afin de vous élever au-dessus de la Terre et de vous faire voir le monde d'en haut, mais ne me reprochez pas votre myopie. Le monde est fait de symboles, et ne les reniez pas s'ils vous paraissent obscurs, ni ne les prenez comme vous le feriez pour des objets réels. Je dis réels, mais les symboles sont réels, et c'est notre monde qui est fait d'ombres fuyantes.

Plusieurs disciples se mirent à regarder leurs mains avec étonnement.

- Notre monde est fait de minuscules triangles de trois couleurs différentes, le rouge, le bleu et le jaune, que nous ne pouvons pas voir. En s'associant, ils forment des rectangles et d'autres polygones, puis des cubes, des pavés et des pyramides. En s'associant, le rouge et le bleu forment le violet, le bleu et le jaune, le vert, et le rouge et le jaune, l'orange, et c'est de ces formes et de ces couleurs que notre monde est fait. Mais les vrais éléments nous ne les voyons pas, et ce monde d'apparences n'est qu'une mince parcelle entre l'infiniment petit et l'infiniment grand, entre l'infiniment intelligible et l'infiniment confus. Voilà pourquoi Dieu nous donne des symboles, comme un lien précieux à conserver entre nous et le monde. Mais méfiez-vous des faux symboles des mécréants, et ne les laissez pas vous égarer comme Il les a égarés.

Un autre fuqara reprit la parole :

- Quels sont-ils, ces faux symboles, maître ?

- Ne les vois-tu pas se fouetter l'un l'autre, comme des bambous battus par le vent et fixés à la terre ? Je te le dis, il y a entre eux une lutte stérile entre ceux qui se revendiquent d'un clan, et ceux qui se revendiquent libres de toute attache. Dépasse l'adversité du monde, je te le dis, il y a quelque chose de plus fort que l'esprit de clan qui te rend esclave et que l'esprit individuel qui te donne l'illusion d'être libre. Ne te résigne pas. Il y a quelque chose de plus haut que ces deux hémisphères, il y a l'intériorisation en toi des luttes qui parsèment le monde. Ressens l'adversité en toi, non au dehors de toi. Lorsque tu tues même l'ennemi le plus méprisé, ressens cette même adversité que tu vis au dehors dans ton monde intérieur. Quand la douleur de ton adversaire cesse et qu'il succombe à tes coups, continue la lutte en toi. Et celui qui triomphera en toi, ce sera lui, l'être le plus moral, et le véritable vainqueur.
Mais cet état d'esprit avec lequel tu accueilles les arguments des mécréants, souviens-toi toujours que ce n'est pas le tien, c'est déjà le leur.

L'émission cesse brusquement en raison de l'appel à la prière, coupant les paroles du vieillard. Le journal du soir annonce la mort du cheikh Mansur suite à une crise d'apoplexie.

Posté : mar. juin 14, 2016 10:30 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Reformation du gouvernement
13 Mai 2030

Par la voix de son porte-parole Issem Ibn Abdelatif, le sultan d'Ajdabiya Manar Ibn Abdelmoumen a annoncé mercredi dernier une importante refonte du personnel gouvernemental, les nouveaux titulaires des principaux postes ministériels sont les suivants :

Commandant des forces armées : Slimane Ibn Azem
Slimane Ibn Azem, de nationalité ajdabie et de confession chiite, est nommé commandant des forces armées ajdabies. Son rôle principal sera de dôter le sultanat d'une force d'autodéfense apte à assurer la sécurité de l'intégralité de son territoire. Actuellement, l'Ajdabiya ne possède pas d'armée à proprement parler, seulement une milice d'une dizaine de milliers d'hommes qui n'agit que dans la capitale, Mastranabal. L'ambition du sultan est désormais de permettre à notre pays d'assurer sa propre sécurité, et d'ôter les questions sécuritaires les plus sensibles des mains des milices djilalites.

Orfèvre du palais : Igor Martinopoulos
D'origine thalibozienne et de confession chrétienne orthodoxe, Igor Martinopoulos a remporté l'appel d'offres du sultanat pour devenir le gestionnaire des mines et des réserves d'énergies fossiles du sultanat. Il a été naturalisé par décret il y a 15 jours. La tâche qui lui a été confiée par le sultan est de développer le potentiel économique du sous-sol ajdabi. Ayant étudié en Rostovie et géré l'économie thalibozienne durant quatre années (2018-2022), il a été choisi, malgré son origine et sa confession totalement exogène à la culture ajdabie, en raison de sa grande connaissance des problématiques de gestion des énergies et surtout des ressources minières.

Imam du sultanat : Docteur Idris Ibn Lasmouni
Idris Ibn Lasmouni sera en charge de la gestion des liens entre le pouvoir et le clergé chiite ajdabi, ainsi que, en vertu d'Imam (représentant), de la promotion des idées et de la vertu chiites dans le monde. Son principal sujet de préoccupation sera vraisemblablement la "normalisation" des liens, actuellement très flous, entre les milices ultra-religieuses chiites et le pouvoir, lequel laisse, de facto, aux premières, le plus souvent, la gestion des affaires courantes ayant traité aux problèmes de moeurs.
Sa tâche touchera néanmoins des sujets plus vastes ayant trait à la religion, notamment à l'éducation religieuse (l'éducation étant strictement gérée par les religieux en Ajdabiya).

Commis à la santé : Bachir Ibn Selim
Originaire de Ben Marzad et proche de la confrérie djilalite, Bachir Ibn Selim a été choisi tant en raison de ses compétences en termes de médecine traditionnelle ajdabie qu'en raison de sa proximité avec les mouvements chiites ultra-conservateurs, dont la pression sur les affaires liées à la médecine et à la prise en charge des malades s'est faite extrêmement forte ces dernières années, on l'a vu par exemple avec la mise à feu de nombreux cabinets de psychologie à Mastranabal ayant conduit à l'interdiction formelle de cette profession sur le sol ajdabi.

Posté : mar. juin 21, 2016 10:36 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Premier congrès des sciences islamiques
1er juin 2030

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/983286cresfd.jpg[/img][/center]

Rassemblés du 1er au 15 juin 2030 à l'Université de Mastranabal, plus de 42 scientifiques et juristes musulmans ajdabis se relaieront au cours de plusieurs conférences et entretiens touchant tous, de près ou de loin, à la question de la réémergence de l'Islam comme cadre primordial à l'établissement de savoirs scientifiques au XXIème siècle. Ce congrès des sciences islamiques est le premier du nom, et a été organisé sur ordre du sultan Manar Ibn Abdelmoumen afin de redonner à la religion musulmane, et plus particulièrement à l'Islam ajdabi, la possibilité de s'approprier les récentes découvertes scientifiques du monde moderne et de les resituer dans un cadre strictement respectueux des dogmes de la religion.

C'est d'ailleurs le sultan Manar qui a ouvert le congrès ce 1er juin, dans le grand auditorium de l'Université de Mastranabal, en présence de 500 observateurs :

"L'enjeu principal de ce sommet est de permettre . Il y a bien, actuellement, des puissances de premier plan dont la religion majoritaire est l'Islam, mais ce ne sont pas des puissances musulmans à proprement parler pour nous, qu'il s'agisse des monarchies conservatrices bon-teint ou des puissances arabes laïques, en ce sens que, pour accéder au statut de grandes puissances, justement, elles ont dû se conformer totalement non seulement aux sciences occidentales, mais également et surtout aux modes de pensée qu'elles impliquent. Nous pensons par là au dogme de la croissance pour les puissances capitalistes à majorité musulmane, à une vision moderniste et donc anti-islamique des sociétés et de leur prétendue "évolution positive" pour les puissances socialistes à majorité musulmane. Mais l'un comme l'autre implique dans le fond un paradigme strictement identique, à savoir l'idée de progrès intrinsèque, que les sociétés partent d'un état donné pour évoluer vers un état supérieur.
Par ce congrès, nous souhaitons reposer les choses telles qu'elles doivent se poser pour un état authentiquement islamique tel que l'Ajdabiya. Pour l'Islam authentique, les sciences ne sont pas niées, au contraire, mais elles ne sont pas non plus synonyme de progrès au sens où cette notion est entendue actuellement. Simplement, elles servent à compléter le puzzle du monde, dont la pièce maîtresse est le Saint-Coran.


Et il y a ceux qui parlent de Dieu sans aucune Science et écoutent le premier diable qui voudra leur rébellion. (Sourate 22, "le pélerinage"). "

Manar Ibn Abdelmoumen

Le programme de la première semaine du congrès sera le suivant :

1er juin : Conquête spatiale et éthique islamique
2 juin : L'astronomie du Coran à la lumière des découvertes modernes
3 juin : En mémoire d'Ibn Nafis, père de la médecine moderne
4 juin : Soufisme et érudition populaire en pays ajdabi
5 juin : Les Futuhat d'Ibn Arabi, un guide pour la découverte scientifique
6 juin : Vérité profonde du mysticisme islamique, études comparées
7 juin : Alam el Mithal, le monde intermédiaire dans la doctrine chiite, comme lien entre réalité et vérité
8 juin : Mérites et honneurs du savant en terre d'Islam