Posté : jeu. mars 27, 2014 10:52 am
<center>[img]https://boutiquebayard.bayardweb.com/illustrations/Multimedia/boutiqueReligion/Poster_1_NDDP.jpg[/img]</center>
Helen Saulcer regarde le soleil se coucher sur Opemont. Il n'était que 16h quand son avion a décollé du Kaldia, emmenant avec elle une poignée d'experts et de conseillers diplomatiques, et le temps d'atteindre l'autre bout du continent, c'était là-bas déjà le soir.
À perte de vue dans un ciel rafraîchi de septembre, les immeubles de petite taille près des clochers de la mégapole laissent place aux tours qui montent petit à petit vers le ciel, aux bâtiments que l'on rehausse pour ne pas gaspiller, derrière l'horizon courbé, les pâtures du pré fiémançais.
Elle relit ses dossiers sur ses genoux, mangeant en même temps le repas qu'on lui a servi dans un plateau sur sa tablette, jetant des coups d’œil à la tâche énorme des 18 millions d'âmes, la supposée seule tâche de ce pays tout vert, à la cathédrale magnifique qui s'agrandit à mesure que l'on se rapproche du sol, et qui disparaît bientôt quand l'avion se dirige vers l'unique aéroport du pays, la porte d'entrée du monde contemporain, à quelques 10 kilomètres d'Opemont.
"Ils sont déjà pour moitié bourrés" déclare dans un mélange de lassitude et d'amusement son voisin, lui aussi de la délégation, un ouvrage critique de Martine Folaert sur les genoux "100 jours dans l'eau croupie".
Helen Saulcer ne répond pas ; il est vrai que la Fiémance ne répondra qu'à peu de critères de Kaldia pour être un partenaire sympathique. Et on ne sait pas réellement dans l'avion, malgré les idées que l'on peut avoir, quels projets aboutiront, quels partenariats auront effectivement lieu, quels contrats seront signés. La Fiémance est une dictature, royale puis maintenant populeuse, on se demande quels intérêts sont derrières les mesures politiques qui ont renvoyé le pays au moyen-âge. Le meilleur moyen de se faire une idée doit être de lire la presse de son plus important voisin, la CESS. La Fiémance est entre les mains d'une élite juive capitaliste, ayant poussé sa haine de l'homme blanc jusqu'à l'envoyer torcher des chèvres, et construire des armes le dimanche pour les vendre aux différents peuples manipulé dans le tiers-monde.
<center>[img]http://www.entrevoisins.org/SiteCollectionImages/carrousel/jetee-terminal-2-f-cdg.jpg[/img]</center>
Les poumons des arrivants prennent un coup sur le tarmac, malgré les gazs d'appareils légitimes sur une piste cela étant plutôt vide, l'air est très loin du fog des villes industrielles de leur pays. Les experts ont pour certains alors ce sentiment bien saisi, face au ciel immense et clair de la fin de soirée, d'être sous la même nef naturelle que des dizaines de millions de travailleurs d'un bien, cher et rare, que leur vie de citadins a fait négliger : la terre.
"L'air est sympa, on se croirait dans le Rafmoor, j'ai une maison là-bas avec ma femme, les enfants adorent, on y va l'été..."
L'heure n'est plus au bavardage. La colonne militaire déplacée pour l'accueil des invités se doit au plus stricte protocole. Kaldia tient a ses valeurs historiques autant qu'à la pompe militaire, et l'économie de ce pays n'y change rien. L'hymne de Kaldia est joué par un orchestre militaire, en une version moins lascive que celle proposée par le site du Ministère de l'intérieur du pays en question...
[url=http://www.youtube.com/watch?v=3jXFebAjVco&list=PL3AE045ADE76DC2F8]On l'écoute attentivement, sans paroles.[/url]
Et pour donner le ton de la rencontre, ou simplement par protocole, l'instrumentale de l'hymne récent de la Fiémance est joué le temps d'un couplet et du refrain.
[url=http://www.youtube.com/watch?v=HcR5xCHuLXo]L'orchestre militaire a du mal à se faire à la partition sans accentuer les bémols.[/url]
Vivant Lepiot, de retour de Port-Saint-Georges où il négociait avec le Valacida une nouvelle alliance continentale, accueille pour sa deuxième rencontre diplomatique, le Ministre des sceaux du Commonwealth ainsi que ses experts. Parce-que la Fiémance s'intéressait depuis longtemps au fonctionnement du Commonwealth, et afin de le mettre en confiance, elle avait décidé de jouer franc-jeu, et à son niveau. Des "experts", du côté fiémançais, participeraient également à la rencontre. Technocrates d'Opemont sans aucun lien avec la politique électorale, leurs équipes n'ont pas changé depuis 2020. Des "professeurs", "experts", "ingénieurs", pas ceux qui avaient été victimes des procès de mars au début de l'année, issus de l'école démocrate du XXème siècle, des autoroutes pour tous, du transport écologique en commun... Ceux d'une école vue dans les arcanes du pouvoir fiémançais comme ultraprogressiste, ceux d'un réseau urbain unipolaire, dirigé entièrement vers Opemont, et maillé uniquement par des bourgs semi-ruraux, assurant à la capitale-ville un pouvoir incontestable, bien que pensée comme celle devant subir les nécessaires dégradations au progrès technologique, technique et militaire.
Le ministre des Structures, Vaast Heunechart, devrait participer à un moment aux réunions lui-aussi. Les accents azudéens pris par le nouveau nom du ministère confirmaient que la Fiémance recherchait désormais aux causes romantiques de son évolution socio-spatiale une assurance technologique et de nouvelles politiques d'accès aux énergies, de défense et de mise en relation des territoires.
Le pays essayait d'innover, il l'avait déjà fait dans le domaine de l'équipement militaire, et si cela ne devait pas a priori être concerné par les accords avec le Commonwealth il comptait le faire dans la stratégie de défense armée. Les Fiémançais innovaient également, ou chercher à le faire, dans les utilisations sociales des réseaux de communications contemporains : Révirtec, réseau internet imité et écrit dans un langage le rendant exclusif au royaume et aux périphéries signataires, en était un bon exemple, et l'économie numérique permettait d'abaisser l'importance encore du tertiaire.
Les deux pays n'auraient donc pas rien à se dire, technologiquement la Fiémance conservait un avantage sur Kaldia. C'était peut-être aussi pour ça que le Commonwealth avait accepté d'entrevoir des accords avec le pays que la ménagère fripée de Franconie, fière de son ignorance pompeuse et de l'avortement, choquée à outrance des filles aux cheveux rasés, énervée des prénoms de la nouvelle mode, favorable au droit de vote des femmes, improductive tout au long de sa vie pétrolière, élevée au rang de spectatrice tranquille du journal de 13h par un mari embourgeoisé, raciste et décédé aujourd'hui, traiterait d'obscurantiste.
Helen Saulcer, probablement fatiguée, été congédiée très aimablement par le Premier Ministre qui avait tenu à voir, ce soir, avant la rencontre de demain, l'équipe kaldéenne. Cette dernière serait accueillie au quartier Saint-Michel de la capitale, encore à une demi-heure de voiture et parce-que plus personne dans le peuple n'utilisait ces véhicules, laissant le trafic très fluide.
<center>[img]http://static.lyon-france.com/var/ez_site/storage/images/media/images-sitra/phenix-hotel80/2747848-1-fre-FR/Phenix-Hotel_banniere1.jpg[/img]</Center>
À l'intérieur des bâtisses médiévales, l'équipe retrouvait un confort irréprochable, servie par des jeunes filles d'île-de-Fiémance en costumes traditionnels adaptés à l'office. Les Kaldéens étaient fatigués. On les laissa dans leurs chambres, puis prépara le couvert du lendemain matin.
Helen Saulcer regarde le soleil se coucher sur Opemont. Il n'était que 16h quand son avion a décollé du Kaldia, emmenant avec elle une poignée d'experts et de conseillers diplomatiques, et le temps d'atteindre l'autre bout du continent, c'était là-bas déjà le soir.
À perte de vue dans un ciel rafraîchi de septembre, les immeubles de petite taille près des clochers de la mégapole laissent place aux tours qui montent petit à petit vers le ciel, aux bâtiments que l'on rehausse pour ne pas gaspiller, derrière l'horizon courbé, les pâtures du pré fiémançais.
Elle relit ses dossiers sur ses genoux, mangeant en même temps le repas qu'on lui a servi dans un plateau sur sa tablette, jetant des coups d’œil à la tâche énorme des 18 millions d'âmes, la supposée seule tâche de ce pays tout vert, à la cathédrale magnifique qui s'agrandit à mesure que l'on se rapproche du sol, et qui disparaît bientôt quand l'avion se dirige vers l'unique aéroport du pays, la porte d'entrée du monde contemporain, à quelques 10 kilomètres d'Opemont.
"Ils sont déjà pour moitié bourrés" déclare dans un mélange de lassitude et d'amusement son voisin, lui aussi de la délégation, un ouvrage critique de Martine Folaert sur les genoux "100 jours dans l'eau croupie".
Helen Saulcer ne répond pas ; il est vrai que la Fiémance ne répondra qu'à peu de critères de Kaldia pour être un partenaire sympathique. Et on ne sait pas réellement dans l'avion, malgré les idées que l'on peut avoir, quels projets aboutiront, quels partenariats auront effectivement lieu, quels contrats seront signés. La Fiémance est une dictature, royale puis maintenant populeuse, on se demande quels intérêts sont derrières les mesures politiques qui ont renvoyé le pays au moyen-âge. Le meilleur moyen de se faire une idée doit être de lire la presse de son plus important voisin, la CESS. La Fiémance est entre les mains d'une élite juive capitaliste, ayant poussé sa haine de l'homme blanc jusqu'à l'envoyer torcher des chèvres, et construire des armes le dimanche pour les vendre aux différents peuples manipulé dans le tiers-monde.
<center>[img]http://www.entrevoisins.org/SiteCollectionImages/carrousel/jetee-terminal-2-f-cdg.jpg[/img]</center>
Les poumons des arrivants prennent un coup sur le tarmac, malgré les gazs d'appareils légitimes sur une piste cela étant plutôt vide, l'air est très loin du fog des villes industrielles de leur pays. Les experts ont pour certains alors ce sentiment bien saisi, face au ciel immense et clair de la fin de soirée, d'être sous la même nef naturelle que des dizaines de millions de travailleurs d'un bien, cher et rare, que leur vie de citadins a fait négliger : la terre.
"L'air est sympa, on se croirait dans le Rafmoor, j'ai une maison là-bas avec ma femme, les enfants adorent, on y va l'été..."
L'heure n'est plus au bavardage. La colonne militaire déplacée pour l'accueil des invités se doit au plus stricte protocole. Kaldia tient a ses valeurs historiques autant qu'à la pompe militaire, et l'économie de ce pays n'y change rien. L'hymne de Kaldia est joué par un orchestre militaire, en une version moins lascive que celle proposée par le site du Ministère de l'intérieur du pays en question...
[url=http://www.youtube.com/watch?v=3jXFebAjVco&list=PL3AE045ADE76DC2F8]On l'écoute attentivement, sans paroles.[/url]
Et pour donner le ton de la rencontre, ou simplement par protocole, l'instrumentale de l'hymne récent de la Fiémance est joué le temps d'un couplet et du refrain.
[url=http://www.youtube.com/watch?v=HcR5xCHuLXo]L'orchestre militaire a du mal à se faire à la partition sans accentuer les bémols.[/url]
Vivant Lepiot, de retour de Port-Saint-Georges où il négociait avec le Valacida une nouvelle alliance continentale, accueille pour sa deuxième rencontre diplomatique, le Ministre des sceaux du Commonwealth ainsi que ses experts. Parce-que la Fiémance s'intéressait depuis longtemps au fonctionnement du Commonwealth, et afin de le mettre en confiance, elle avait décidé de jouer franc-jeu, et à son niveau. Des "experts", du côté fiémançais, participeraient également à la rencontre. Technocrates d'Opemont sans aucun lien avec la politique électorale, leurs équipes n'ont pas changé depuis 2020. Des "professeurs", "experts", "ingénieurs", pas ceux qui avaient été victimes des procès de mars au début de l'année, issus de l'école démocrate du XXème siècle, des autoroutes pour tous, du transport écologique en commun... Ceux d'une école vue dans les arcanes du pouvoir fiémançais comme ultraprogressiste, ceux d'un réseau urbain unipolaire, dirigé entièrement vers Opemont, et maillé uniquement par des bourgs semi-ruraux, assurant à la capitale-ville un pouvoir incontestable, bien que pensée comme celle devant subir les nécessaires dégradations au progrès technologique, technique et militaire.
Le ministre des Structures, Vaast Heunechart, devrait participer à un moment aux réunions lui-aussi. Les accents azudéens pris par le nouveau nom du ministère confirmaient que la Fiémance recherchait désormais aux causes romantiques de son évolution socio-spatiale une assurance technologique et de nouvelles politiques d'accès aux énergies, de défense et de mise en relation des territoires.
Le pays essayait d'innover, il l'avait déjà fait dans le domaine de l'équipement militaire, et si cela ne devait pas a priori être concerné par les accords avec le Commonwealth il comptait le faire dans la stratégie de défense armée. Les Fiémançais innovaient également, ou chercher à le faire, dans les utilisations sociales des réseaux de communications contemporains : Révirtec, réseau internet imité et écrit dans un langage le rendant exclusif au royaume et aux périphéries signataires, en était un bon exemple, et l'économie numérique permettait d'abaisser l'importance encore du tertiaire.
Les deux pays n'auraient donc pas rien à se dire, technologiquement la Fiémance conservait un avantage sur Kaldia. C'était peut-être aussi pour ça que le Commonwealth avait accepté d'entrevoir des accords avec le pays que la ménagère fripée de Franconie, fière de son ignorance pompeuse et de l'avortement, choquée à outrance des filles aux cheveux rasés, énervée des prénoms de la nouvelle mode, favorable au droit de vote des femmes, improductive tout au long de sa vie pétrolière, élevée au rang de spectatrice tranquille du journal de 13h par un mari embourgeoisé, raciste et décédé aujourd'hui, traiterait d'obscurantiste.
Helen Saulcer, probablement fatiguée, été congédiée très aimablement par le Premier Ministre qui avait tenu à voir, ce soir, avant la rencontre de demain, l'équipe kaldéenne. Cette dernière serait accueillie au quartier Saint-Michel de la capitale, encore à une demi-heure de voiture et parce-que plus personne dans le peuple n'utilisait ces véhicules, laissant le trafic très fluide.
<center>[img]http://static.lyon-france.com/var/ez_site/storage/images/media/images-sitra/phenix-hotel80/2747848-1-fre-FR/Phenix-Hotel_banniere1.jpg[/img]</Center>
À l'intérieur des bâtisses médiévales, l'équipe retrouvait un confort irréprochable, servie par des jeunes filles d'île-de-Fiémance en costumes traditionnels adaptés à l'office. Les Kaldéens étaient fatigués. On les laissa dans leurs chambres, puis prépara le couvert du lendemain matin.