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Posté : sam. nov. 30, 2019 7:18 am
par Arios
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28/09/2040[/center]

Zibbibo réclame 13 milliards à l'État et l'accuse de mauvaises décisions en Épibatie

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La destruction par les rebelles de son "Centre" a provoqué la colère du géant du numérique[/center]

Rien ne semble perdu pour Cartagina, qui n'a pas évoqué directement lors de ses argumentaires en défense de sa volonté de négociations le sort des dizaines de milliards d'investissements industriels et numériques réalisés dans les environs de Gighida, depuis cinq ans. Pris à la fin du mois d'août par une armée rebelle au quasi grand complet, le territoire a échappé au contrôle de l'AEL et des Lébiriens, qui défendaient cette enclave à leurs risques et périls stratégiques. C'est bien cette stratégie que vient contester aujourd'hui le géant Zibbibo, qui accuse les gouvernements Vesperto et Rossi de "très mauvaise gestion" aussi bien de la partie amont, quand l'isolement de la poche de Gighida ne fut jamais rompu faute d'offensive, que celle d'aval : des négociations infructueuses qui n'ont pas permis de sauver le "Centre", et la jeune zone industrielle et numérique gighidienne.

La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359439#p359439]destruction du Centre Zibbibo d'Épibatie[/url] porte préjudice à tous ceux qui stockaient des données chez eux. Mais pour les institutions stratégiques comme les Banques et la BdM, banque centrale de la Ligue, seules des copies du système et des données bancaires étaient conservées dans des serveurs hors-connexion, constituant une sauvegarde d'urgence en cas de problème technique quelconque sur la data régulière. Les services et sites internet sans importance stratégique connaissent, depuis l'incendie du Centre, des perturbations notables sur le web.

  • "Le Centre était le résultat d'un partenariat avec l'État souverain épibate, dans lequel notre entreprise a engagé beaucoup d'argent pour le développement de l'Épibatie et de l'Algarbe. Hélas l'Empire d'Épibatie n'a pas su arrêter le flot terroriste, malgré l'aide de ses alliés. L'État lébirien n'est pas parvenu à honorer sa mission de défense de la capitale épibate et des investissements massifs de ses entreprises, mais encore le Gouvernement s'est dit prêt à déposer les armes devant ces terroristes. Nous espérons que leur geste contre nos intérêts saura pousser le Gouvernement à revoir sa position." a déclaré la porte-parole de la firme.

L'incendie du Centre Zibbibo peut-il inciter le Gouvernement à relancer les hostilités ? Ce serait mettre en péril le devenir des 2 800 soldats lébiriens détenus par les rebelles. Par ailleurs, les efforts budgétaires auxquels se consacre le Président du Conseil, Anto Rossi, sont antinomiques avec une reprise des offensives en Épibatie - ce dernier espérait sincèrement pouvoir extraire la Ligue du conflit. Mais ce scénario a été gravement fragilisé par la prise de position publique du Commonwealth, qui a indiqué vouloir continuer le combat jusqu'au bout aux côtés de l'Épibatie libre, et ce qu'importent les pertes.

Posté : dim. déc. 01, 2019 12:56 pm
par Arios
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02/10/2040[/center]

Le Conseil de la Ligue met fin à la Présidence Rossi

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Anto Rossi, toujours 73 ans, né à Sant'Sebastiano, économiste libéral[/center]

Sa Présidence n'aura duré que trois mois et demi. Anto Rossi avait été nommé pour répondre à une besoin urgent d'économies budgétaires, sans remettre en cause le pacte institutionnel de redistribution entre les Provinces. Fruit d'une alliance entre les présidents nazalien et aliléen, libéraux, et le Président intérimaire de l'Arovaquie, ex-proche de Luciano Vesperto, c'est aujourd'hui l'entente des deux Présidents libéraux avec Giobbe Marzalla, le Président de l'Illythie, qui a conduit à l'éviction du chef de l'exécutif. Le Conseil plaide aujourd'hui "l'erreur de casting", des propres mots de Lino Chefalla. Beaucoup d'observateurs reconnaissent l'inadéquation de la présence d'Anto Rossi à la tête de la Ligue, avec la situation factuelle du pays depuis l'échec militaire de la Poche de Gighida, en Épibatie.

  • "Nous remercions le Président Rossi pour son travail acharné et la qualité de ses efforts, et de sa vision, durant son mandat. L'Histoire fait que les circonstances appellent à la présence d'un homme, qui s'il ne sera pas meilleur que le Président Rossi, aura une appréhension plus adaptée de problèmes autres, problèmes que la Ligue rencontre aujourd'hui, et dont l'ampleur probablement dépasse le souci, toujours urgent, des économies budgétaires. Nul doute que le Président Rossi a placé notre pays sur la bonne voie, celle du redressement de ses finances. À son successeur de continuer sur cette voie, tout en s'assurant que la santé du véhicule." a déclaré le Président Lino di Melaccis, en remerciements à Anto Rossi, au sortir du Conseil.

De son côté, penaud, le Président Rossi n'a pas pu cacher son émotion amère, à se voir sortir d'un cadre dans lequel il estimait effectuer "une mission historique".

  • "Selon moi, la mission la plus urgente était de rétablir les finances de la Ligue. Elle l'est toujours. Puisse celui qui me succèdera continuer, comme vous le déclarez, dans cette voie. C'est la priorité. Je comprends néanmoins, je concède surtout, que les affaires militaires ne sont peut-être pas les mieux comprises par ma personne, mais je revendique et assume la politique lébirienne de négociations avec Ioannes XII. Et je le répète : la Ligue de Lébira doit sortir, si elle veut survivre financièrement, et même diplomatiquement, d'Épibatie. Il appartiendra à mon successeur d'en dessiner les formes, mais le divorce d'avec la politique qui a été révélée publiquement ces dernières semaines, devra être prononcé. La Ligue de Lébira n'a rien à faire en Épibatie, car l'Épibatie n'a pas le niveau de développement suffisant pour prétendre adhérer à la Ligue - et par ailleurs, son éloignement culturel d'avec Cartagina fait que les Lébiriens ne soutiendraient jamais cette adhésion. Je souhaite bonne chance à mon successeur et à la Ligue, ainsi que bien du courage." a conclu le Président du Conseil démissionné.
Les quatre Président de Province se sont donné une semaine pour s'entendre sur le nom d'un successeur à Anto Rossi, mais ont rappelé que leur priorité était de trouver une issue rapide à la Guerre d'Épibatie, le retour des soldats prisonniers, et la sécurité de la Haute-Illythie et des territoires sous contrôle de l'Armée Épibate Libre.

Posté : mer. déc. 04, 2019 7:08 pm
par Arios
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Régionales aliléennes, second tour : une marée rouge

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C'est le rouge des Impeccabilistes !, pour la Lega Impeccabile, qui remporte très largement ce second tour, s'imposant contre le parti présidentiel de Lino Chefalla, le libéral Forza Alileia, contre Nazione&Liberta mais encore bien sûr le Movimento Basta Corruzione, dont les valeurs libertaires très à gauche effraient beaucoup de monde.

Le parti présidentiel n'arrive pas, malgré les efforts importants du Président Chefalla sur le front de l'immigration clandestine, à tarir le vote protestataire qui se dirige vers le parti de l'ex-candidat Giorgio Funghi, qui prône comme son parti un durcissement net des lois en faveur de la sécurité, de la lutte contre l'immigration, de la lutte contre la fraude et les Mafias.

Mais ces résultats ne sauraient être compris sans la prise en compte d'un contexte très particulier : la vacance du Gouvernement général, dont les difficultés du Conseil de la Ligue à nommer un successeur à Anto Rossi confine à la crise de régime, alors que l'armée lébirienne est toujours engagée, attentiste, en Épibatie, trahissant par son mutisme et son inaction sa parole envers ses alliés. De nombreux électeurs sont des citoyens ayant commencé à avoir peur de cette fragilisation des institutions - ce besoin de force et de vigueur des institutions a largement favorisé, d'après les enquêtes d'opinion, le vote en faveur de Lega Impeccabile.

Pour autant, la conversion des institutions régionales de quatre Régions aliléennes au parti autoritariste risquera de ne pas changer grand chose à la situation de la Ligue.


COSTA DEI PORTOCALI

Lega Impeccabile - 52%
Forza Alileia - 48%

--

LOFUSI

Movimento Basta Corruzione - 68%
Lega Impeccabile - 32%

--

MONTINICCHI

Lega Impeccabile - 62%
Forza Alileia - 38%

--

MESALILEIA

Lega Impeccabile - 53%
Movimento Basta Corruzione - 47%

--

COCHIPEDIA

Lega Impeccabile - 58%
Nazione&Liberta - 42%

Posté : jeu. déc. 05, 2019 6:06 pm
par Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/09/180609042339595347.png[/img]
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75% des Lébiriens pensent que la Ligue est sous-militarisée

[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/12/05/191205065300165714.png[/img]
Comme 25% des Lébiriens, Renzo trouve que la Ligue est bien trop sous-militarisée[/Center]

[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359687#p359687]C'est un sondage qui agite le débat public dans de nombreux pays[/url] ces derniers jours. L'enquête commandée par une firme santognaise de construction d'abri souterrains est sortie de son lit purement économique pour toucher la sphère médiatique, où elle déchaine les passions et les commentaires des politiques occidentaux, et plus largement. En Occident, les Santognais s'étonnent de se découvrir tant opposés à davantage d'efforts militaires, sans doute happés par l'impression trop bruyante à leur tempérament pacifiste contemporain de la démonstration de force de la CND aux large des eaux caskares ces dernières semaines. Les Lébiriens, quant à eux, confirment leur crainte importante d'une sous-militarisation du pays.

Parmi les pays développés, la Ligue de Lébira [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356405#p356405]a les dépenses d'entretien relatives au PIB les secondes plus faibles[/url], à 0,9% du PIB devant le Teikoku à 0,4. À titre de comparaison, le Commonwealth est à 1,9%, la Flavie à 2,4%. Parmi les nations les plus en froid avec Cartagina, on retrouve le Jernland à 5%, la Valdaquie à 7,2%, ou encore le Karmalistan à 8,5% - l'artisan de la lutte contre les Lébiriens durant la Guerre d'Aminavie.

Pour Renzo, c'est là un argument majeur "Plus vous avez un PIB important, plus vous avez de choses à défendre, dans l'économie. Les frais d'entretien doivent être proportionnels au PIB". La géopolitique joue également beaucoup, ces temps-ci, dans la vision qu'ont les Lébiriens de la question : avec la seconde guerre civile au Caskar, les Céruléens assistent à des démonstrations de force choquantes, de la part de pays clairement étrangers à la zone, comme le Caeturia, ou d'organisations transcontinentales comme l'Internationale Communiste, ou la Communauté des Nations Dytoliennes. "Quand on voit tout cela, et qu'on regarde la taille de l'armée lébirienne, ça fait peur, ça fait putain de peur, c'est une honte". Le Caskar n'est pas le seul écueil médiatique sur lequel vient s'échouer l'opinion publique en ce qui concerne la question militaire. L'Épibatie, évidemment, est pleinement sous les projecteurs, là où les faiblesses de l'armée lébirienne ne semblent plus à démontrer, au vu du retournement politique et géopolitique qui a eu lieu suite à une défaite, dans les règles, des militaires lébiriens sur le terrain.

Posté : jeu. déc. 05, 2019 7:10 pm
par Arios
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/02/12/170212040156426296.png[/img]
15 octobre 2040[/center]
[center]Depuis l'incendie du Centre Zibbibo d'Épibatie, la sécurité autour des serveurs augmente[/center]
[center]Fulmizio veut des hommes armés pour protéger ses laboratoires "numériques" sur la recherche nucléaire[/center]

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Le petit monde des fermes à serveurs est en deuil depuis la fulgurante démonstration de brutalité humaine absconse en Épibatie, là où le plus grand centre de stockages de données d'Algarbe a été saccagé par une meute de mercenaires sous-payés et malnutris, à la solde de l'aristocratie cléricale et mafieuse des rebelles avec lesquels le Gouvernement lébirien tente de négocier une sortie de crise depuis maintenant un mois. Un deuil partagé dans le monde de l'informatique en général, au point que les sociétés de sécurité connaissent un boom de leur activité assez peu rationnel si l'on considère la non-augmentation du risque terroriste ou malveillant suite à cette affaire. Le sac du Centre Zibbibo de Gighida est un évènement photogénique pour le récit catastrophe de la Guerre d'Épibatie, mais n'augure en rien d'une menace directe pesant sur le réseau des serveurs dans la Ligue... tant que Ligue il y a, du moins.

C'est ce qui motive certaines firmes qui en ont les moyens à développer la sécurité autour de leurs sites, d'autant que les dirigeants de ces très grandes entreprises se connaissent généralement entre eux, se fréquentent, quand ils ne partagent pas la même famille, par alliance s'il le faut. Fulmizio, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=347356#p347356]engagé dans la recherche sur les carburants nucléaires[/url] depuis deux ans, s'appuie toujours davantage sur la puissance de calcul des ordinateurs pour aider les scientifiques dans leurs processus d'élimination des fausses pistes de recherche autour de leurs projets. Les "calculateurs" de Fulmizio, s'ils sont encore loin de constituer une forme d'intelligence artificielle, et a fortiori ne sont pas encore ces "super-calculateurs" déjà en activité dans d'autres pays, aident les scientifiques salariés par la firme à avancer, à rechercher et ne sont plus seulement les outils qu'ils étaient autre fois, mais deviennent des partenaires d'exploration. Et pour cette tâche, les grands groupes n'hésitent pas à financer la recherche sur le développement d'ordinateurs plus performants.

Devenus indispensables à la science, ces hangars géants où se concentrent les géants de leds et d'acier, pour la partie visible uniquement, sont toujours davantage des organes vitaux du réseau industriel lébirien 2.0. Jadis, sous les cheminées triomphantes grouillaient ouvriers et carabiniers en arme, aujourd'hui ces larges bâtiments semblables à des fermes modernes pullulent dans le paysage, n'abritant plus guère âme qui vive mais le vrombissement sourd de ces grosses calculettes, dont le bruit trahit une forme de concentration inhumaine, un soupçon d'intelligence sinon d'application. L'insécurité de nos sociétés, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=359711#p359711]le ressenti sécuritaire militaire des Lébiriens[/url], les grandes esbroufes diplomatiques de nos voisins, ont au moins le mérite de contribuer à relancer un peu l'emploi des humains, dans ce monde de machines silencieuses en essor.

Posté : ven. déc. 06, 2019 7:24 am
par Arios
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18/10/2040[/center]

Seize jours après l'éviction d'Anto Rossi, la Ligue demeure sans Président du Conseil

L'Alilée et la Nazalie réclament un Président du Conseil capable de prendre des mesures exceptionnelles de réduction de la dépense publique, et de rouvrir les négociations commerciales avec les membres de la CND. Du côté de l'Illythie, on dénonce la volonté DiMelaccis/Chefalla d'aller plus loin dans les rabotages de pensions et d'allocations. Pour la Présidence intérimaire arovaque, les Présidents nazalien et aliléen se rendraient coupables d'un coup d'État.

Massimo Cavafella était un proche de Luciano Vesperto et un soutien de sa politique centriste. Placé par le haut à son poste de Président de l'Arovaquie suite à la démission de Lena Lazarevicio pour imposer des élections sénatoriales anticipées, l'homme parachuté utilise aujourd'hui son mandat pour bloquer les intentions des deux Présidents libéraux de la Nazalie et de l'Alilée, qui entendent nommer suite à l'éviction d'Anto Rossi une personnalité plus radicale dans sa volonté de libéralisation et d'économies budgétaires pour la Ligue. Derrière cette querelle d'apparence financière se cachent des dynamiques plus profondes et plus larges. Car le Président illythe partage avec Cavafella ce rejet de l'agenda libéral et décentraliste de l'Alilée et de la Nazalie, qui rêvent d'autonomiser la fiscalité des Provinces pour épargner à leurs citoyens de payer pour les pensions des femmes au foyer illythes. Transformer la Ligue de Lébira en une fédération lâche de paradis fiscaux autonomes et concurrents, ce n'est pas envisageable traduit notamment le Président intérimaire arovaque

La guerre en cours au sommet de l'État entre deux blocs équivalents de deux Présidences provinciales, replonge la Ligue dans le débat qui était celui de la politique interne à l'Arovaquie il y a quelques années, quand les citoyens arovaques ne voulaient plus payer pour les autres. Mais les citoyens sont aujourd'hui pris en otage par des Présidents utilisant leur mandat et leurs prérogatives en prétextant réunir derrière eux une Province entière : Di Melaccis et Chefalla prétendent défendre la volonté unanime des Nazaliens et des Aliléens, non sans base sociale réelle mais dans l'exagération et l'amalgame, quand Massimo Cavafella se fiche de l'avis d'une majorité d'Arovaque qui pourrait soutenir l'idée d'autonomisation budgétaire promue par les libéraux du sud de la Ligue, et qui était l'idée phare de l'Arovaquie indépendantiste/autonomiste.

Le ton monte également entre Cartagina et Atomia. Giobbe Marzalla, lui aussi soutien de Vesperto en son temps, s'oppose à la fuite en avant proposée par ses homologues de Nazalie et d'Alilée. S'il ne va pas jusqu'à dénoncer le coup d'état dont se plaint Cavafella, il critique de façon véhémente l'orgueil et la basse vue de ses homologues, qu'il accuse volontiers de ne pas connaître leur propre population. Les critiques sont parfois sibyllines, les médias peinent à s'en faire l'écho sans les explications de texte qui ne les accompagnent pas, trahissant en fait une querelle plus entremêlée d'affaires personnelles et de probables secrets d'état illisibles pour les commentateurs.

Un troisième Conseil de la Ligue depuis le 2 octobre dernier et l'éviction d'Anto Rossi est prévu le 24 octobre à Miliameni, en Alilée. Cette réunion doit théoriquement permettre à nouveau aux Présidents de Province de s'entendre sur le nom d'une personnalité publique pour la charger de la mission de Président du Conseil, à la tête de l'exécutif général. Mais les attaques par médias interposés d'un bout à l'autre de la Cérulée ne laissent rien présager de concluant pour cette entrevue.

Posté : sam. déc. 07, 2019 5:19 pm
par Arios
[right]21 octobre 2040
Stampato a Atomia[/right]

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La menace d'une "dictature jupe-serre-tête"

Un mot circule depuis quelques jours dans les cafés et autour des étals à Atomia : "Le Général Fieschi n'est qu'à un jour de l'Illythie". Qu'il espère ou qu'il redoute, le badaud répète cette phrase comme le signe d'une certaine fébrilité. Depuis un an qu'ils fréquentent les sables du nord de l'Épibatie, les cavaliers blindés de l'ennemi public n°1 sauraient faire peu de cas des quelques 1 000 kilomètres de désert qui les séparent de l'Illythie. Si cela fait surtout rire ou envier en Illythie, chez les politiques la menace d'un coup de force est prise assez au sérieux. Il y a cinq mois, un Président du Conseil était assassiné en pleine rue, par des militaires. Aujourd'hui, un Général, puis plusieurs, désobéissent pour prêter main forte à un gouvernement étranger, faisant fi des sanctions annoncées par leur État-Major naturel.

Il faut dire que beaucoup les imaginent déjà. Agglutinées devant les téléviseurs des vitrines, groupées au-dessus de l'épaule de quelqu'un pour voir l'écran d'un smartphone, trépidantes autour d'un poste radio - pour suivre en direct, les annonces du Général. Comme elles sont déjà : jupe tailleur bleue sombre laissant entrevoir leurs bas s'enfonçant dans leurs souliers, cheveux charbon coupés en carré et ordonnés d'un léger serre-tête, chemisier blanc, beige ou d'un léger rose, dont la clarté laisse entrevoir, trahie par le mate de leur peau de pêche brunie, la bretelle blanche de leur dessous. L'Illythie dispose d'une bourgeoisie qui se croit conservatrice, mais qui est le produit arriviste d'appropriations toutes nouvelles, mélange sociologique des vieux démons de l'austérité superstitieuse du fleuve, et de l'écho de vieilles valeurs familiales occidentales disparues depuis bientôt un siècle. Mais la démographie est là : les nouvelles classes moyennes illythes en sont persuadées, elles forment le rempart moral à la décadence des mœurs.

Pourquoi les élites lébiriennes ne se contentent pas de nous rendre toujours plus aisés ? puisque nous sommes toujours plus méritants, et que nos enfants s'engagent sur nos illustres traces ? Pourquoi ces franc-maçons, ces mauvais chrétiens, ces décadents, veulent nous perdre en dangereuses luttes d'influence en Épibatie ? Quel tracas ils ont causé ! Et mettant la Haute-Illythie en danger de mort par leurs actions, et voulant désormais même l'abandonner face aux hordes de mercenaires de la jungle...

Alors l'idée d'un coup de force séduit beaucoup d'Illythes. D'abord parce-que l'aventurisme du militaire parait plus en adéquation avec le fond chevaleresque dont les Illythes enfortunés croient être dépositaires dans leur culture, que les calculs froids d'intérêts fussent-ils humanitaires du Gouvernement de Cartagina. Ensuite, le Général Fieschi est l'allié objectif de la Haute-Illythie, ce que n'est plus la Ligue de Lébira, et par son entremise et celle des Lébiriens rebellés toujours en lutte en Épibatie, cette Haute-Illythie pourrait s'extraire du giron des gouvernements épibates. Enfin, un honnête militaire à la tête de la Ligue, voilà qui remettrait les choses en place et permettrait d'arrêter cette ignoble décadence des mœurs.

Protégés par les remparts infranchissables de leurs grandes valeurs familiales et chrétiennes, les Lébiriens rebaptisés par la persévérance de leur plus jeune Province se remettraient inévitablement à s'enrichir, à prospérer et à croître, comme il est enseigné dans la Genèse.

L'Armée, tabernacle de nos glorieuses et solides convictions fraternelles, de notre inébranlable Foi en le mérite, voilà, voili, voilou la solution ! crient-ils à l'unisson dans leur tête.

Posté : sam. déc. 07, 2019 7:57 pm
par Arios
[right]21 octobre 2040
Stampato a Atomia[/right]

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Du cèdre cybistrien utilisé dans les sarcophages de Nasciq

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Les 21 sarcophages découverts en 2037 dans une aile ensablée du Temple d'Horo de Nasciq[/center]

La découverte de 21 sarcophages datant du début du Ier millénaire av. J-C avait eu lieu dans le cadre de travaux de consolidations d'une aile souterraine du Temple d'Horo, consacré à la principale divinité du panthéon illythe antique, au lieu dit du Nasciq sur les rives du Naos. Le Nasciq, aujourd'hui un simple promontoire rocheux désertique, aurait été sous l'Antiquité un lieu de vie habité par une communauté de quelques centaines de personnes - des traces d'emblavement des sous-sols, aujourd'hui recouvert d'un à deux mètres de sables, à cinq kilomètres de l'actuel lit du fleuve, avaient été mis au jour au cours de campagnes de fouilles, dans la décennie 2020.

Le Temple de Nasciq, situé aux pieds du promontoire rocheux, en partie creusé dans la roche et installé sur deux niveaux, domine le fleuve. Il a été acquis en 2035 par la famille Lacoroso-Ramani, d'origine nazalienne. C'est dans le cadre de cet achat bienveillant, puisque les nouveaux propriétaires se sont engagés à transformer le site en Musée, que le désensablement des lieux a été entamé dès 2037. Quelques quatre semaine à peine après le début du chantier, qui a nécessité l'installation d'un petit village de pré-fabriqués Kestdomo autour d'une ferme des quelques hectares encore cultivés au bord des rives, des murs de constructions étaient mis au jour autour du Temple. Il fallut deux mois aux archéologues responsables du nettoyage du site pour trouver l'assise des murets, établis sur la roche située à trois mètres sous le niveau initial du "sol" de sable. Une porte fut mise au jour, puis une seconde, toutes deux empierrées.

En mai 2037 finalement, la cave mise au jour en aval du Temple livra ses premiers secrets : dans un volume de trois chambres, d'une vingtaine de mètres carrés chacune, on retrouva 21 sarcophages de bois, conservés dans les conditions hygrométriques idéales du lieu. Treize de ces 21 sarcophages contenaient des momies, ce qui laissait présager ou d'un pillage partiel du site durant une période à peu près contemporaine, ou de la fermeture des chambres et d'un dépeuplement humain de la zone avant que ce "cimetière" ne soit complet. Les momies, assez classiques, ne retinrent pas plus l'attention des archéologues. L'Université d'archéologie d'Atomia se pencha plus spécifiquement sur les boiseries des sarcophages, qui si elles présentaient des motifs également classiques et connus, conservaient un aspect différent de la plupart des sarcophages exhumés dans la région.

Après trois ans d'études, d'analyses et controverses, un quatrième rapport d'un laboratoire xylologique indépendant, et saisi à grands frais par les responsables des travaux d'étude de l'Université, confirme une origine marquésienne aux plaquettes de bois participant au scellage de la partie inférieure des sarcophages, au niveau des pieds du volume. Plus précisément : la Cybistrie, et le Massif de Mytidie, d'où seraient originaires les cèdres dans lesquels auraient été taillés ces plaques. La présence de pollens spécifiques de ce milieu au Ier millénaire ont été détectés dans les pores du bois, dont la structure est plus particulièrement typique des cèdres que l'on retrouve dans ces endroits, et qui étaient absents de l'Illythie et même des espaces nord-algarbiens étudiés pour l'époque.

L'Illythie antique avait l'habitude d'importer la plupart de ses bois de construction, utilisés pour la fabrication navale importante (navigation fluviale et maritime), la fabrication des charpentes, mais également 'ensemble des objets rituels dont ceux de la très importante industrie mortuaire. Si la plupart des bois étaient importés des épaisses forêts d'Algarbe-du-Nord, certains provenaient également de plus loin en Cérulée, là où l'Illythie disposait de vassaux divers, protectorats, ou comptoirs commerciaux. La Cybistrie constitue néanmoins un espace rare, du fait de l'éloignement, bien que les relations diplomatiques et commerciales entre Illythes et Phéniciens en Cérulée étaient très importants, les deux peuples établis en de nombreux endroits et se connaissant depuis longtemps.

Posté : dim. déc. 08, 2019 5:17 pm
par Arios
[Center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/12/05/17120501480197541.png[/img]
24/10/2040[/center]

Séquencer l'ADN de Festuca scarlata epibatea pour mieux l'endiguer

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L'herbe rouge originaire d'Épibatie envahit les pelouses nazaliennes[/center]

Elle est importée de plus en plus massivement chaque année, au sein des chargements de foin en provenance d'Épibatie et à destination du bétail céruléen. Lors du débat sur la ré-instauration de droits de douanes, la question avait été centrale et son étude finit par aboutir à l'imposition de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358563#p358563]15% de droits de douanes sur les foin au sein de l'ACAC[/url]. Mais le marché du foin est en pleine expansion dans le nord de l'Épibatie, et peu à peu est accaparé par les Haut-Illythes qui recouvrant une forme d'autonomie n'hésitent pas à faucher désormais les savanes, où Festuca scarlata est présente dans les zones suffisamment humides, pour exporter facilement ce foin par voie fluviale jusqu'à l'Illythie, et Atomia où il embarque pour la Cérulée.

C'est ainsi que chaque année, ses graines sont semées un peu partout entre les ports nazaliens, les zones de chargement des camions, les routes, les lieux de stockage et les alentours des fermes où le foin est consommé par les animaux. Ce furent d'abord les fermes lébiriennes qui se virent tachetées de ces traces de pelouse rosée sur les pourtours des cours, au pied des vieux murs des étables, puis bientôt les bords de route aux alentours, les prairies même où les graines étaient déféquées par le bétail de retour au pâturage. L'herbe est vivace, colonise l'espace de ses cousines fétuques céruléennes et dytoliennes, s'adapte à tous les types de sols mais semble souffrir encore beaucoup des écarts entre la température et l'hygrométrie, que peuvent connaître les régions céruléennes en été davantage que les espaces épibates d'où l'herbe est originaire.

La Festuca scarlata altère les paysages traditionnels de nos campagnes, petit à petit, mais n'est pas dangereuse en soi. Riche en protéines, elle est même plutôt avantageuse pour l'élevage. Néanmoins, sa nouvelle minute de gloire est due à la décision du Laboratoire d'Études Génétiques de Duzzo, d'en faire la première espèce du vivant à voir son ADN entièrement séquencée par les scientifiques lébiriens. La tâche est ardue, le travail pourrait prendre plus d'une année, mais devrait ainsi concrétiser des années de préparation et d'entraînement, d'échecs aussi, concernant l'ADN de virus pourtant beaucoup plus simples à décoder que l'organisme complexe que représente une plante de pelouse.

Ce sont néanmoins les progrès de l'informatique qui convainquent les scientifiques de placer la barre plus haute, coup médiatique en soi. Le développement de programmes de séquençage automatique de l'ADN s'appuyant sur des ordinateurs en plein perfectionnement, et de meilleurs systèmes d'exploitation, mais surtout de machines spécialisées plus complexes disposant d'une électronique de précision, doit permettre dans les années qui viennent d'aider à la perception et à l'écriture du code génétique. Mais le LEGD promeut une génétique du réel, une science des études génétiques qui soit compréhensible, perceptible par tous, et utile à la vie du quotidien. Après la Festuca scarlata, il y a dans les rêves à demi-mot avoués du LEGD de pouvoir séquencer l'ADN des Illythes, ou des Arovaques, avant que les souches pures ne disparaissent.

On va commencer par la fétuque...

Posté : dim. déc. 08, 2019 6:10 pm
par Arios
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24 octobre 2040[/center]
[center]Le xylophoniste épibate Mascio Bacchenensciu fera le bruit de démarrage du futur système d'exploitation Zibbibo[/center]

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Le contrat devrait rapporter 30 millions de Lires à l'artiste[/center]

[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356550#p356550]Zibbibo construit le système d'exploitation du futur[/url]. Lassée d'être contrainte aux aménagements avec des logiciels étrangers, et principalement des OS dytoliens dans un contexte de guerre commerciale avec une partie de la CND, synonymes de surcoûts et de fébrilité des investisseurs publics face aux risques réels de pénétration par des logiciels-espions, la firme lébirienne initialement positionnée sur le marché des moteurs de recherche, cherche à développer un véritable système d'exploitation universel. Jusqu'à présent, Zibbibo n'avait pu proposer que des interfaces fermées, très sectorielles, en parallèle de ses applications elles-mêmes adaptables à la plupart des systèmes.

C'est pour l'OS Zibbibo nouvelle génération promis pour 2041 (les dernières opérations com' aux salons de la bannière connectée et de l'intelligence artificielle les 7 août et 29 septembre dernier évoquaient plutôt 2042), Operativo V, que la firme a débauché un artiste bien connu en Algarbe, Mascio Bacchenensciu, ambianceur polyglotte spécialisé des festivals zouk, néo-village, strange-dance et bakenenga, habitué des halls d'hôtels et des plages de toute la Cérulée, pour composer la musique d'introduction qui se lancera au démarrage d'Operativo V. Pour l'instant le géant du web, désormais géant de l'informatique, est resté assez discret sur le cahier des charges, mais le porte-parole de l'artiste, embauché spécialement pour la mission depuis la signature du contrat, a dévoilé les premiers éléments sur lesquels travaille le poète-compositeur.

  • "Mascio travaille sur une gamme longue. Qu'importe le cahier des charges à ce stade, il est dans la création brute, il compose, il joue dit-il lui-même, et de ces ballons d'essai, quelque chose sortira peut-être. Mais la version finale devrait comporter, disons au moins 4 notes a minima, au plus une vingtaine. Mais attention, Mascio le répète, s'il en faut 22, il y en aura 22, s'il en faut 24, il y en aura 24, et s'il faut revenir à 12 car 24, ou 26, ou 30 cela fait trop, alors il reviendra à 12. À ce stade, encore une fois, on ne s'enferme dans aucun schéma, la forme ne regarde que le commanditaire de l'essai, le fond touche l'artiste et lui seul est à la mine, pour trouver ce qu'il faut." explique Betielma Sciaghi, porte-parole et compagne de l'auteur-compositeur.

Début septembre, avant que l'on connaisse l'identité de l'artiste engagé pour la tâche, un faux avait circulé sur les réseaux sociaux, mettant en scène la soi-disant nouvelle interface de l'Operativo V, que l'on voyait être démarrée. Une musique simple accompagnait le fake : un sol, sol, sol, dos, sol, mi, sol, entièrement en noires (notes courtes d'un temps). "Mascio n'exclue pas de s'en inspirer" confie celle qui gère sa communication. "Il faut raison garder, certes c'est du travail, mais le tapage médiatique autour de ce contrat est déraisonnable, pense l'artiste" complète Mademoiselle Sciaghi.

Pourtant, les paris sur la composition, les notes et les temps de la future musique d'introduction du nouvel OS atteignent déjà les quelques 3 millions de Lires sur les sites de paris en ligne. Le contrat en lui-même négocié par Bacchenensciu se porterait lui à quelques 30 millions de Lires, mais on ignore si l'artiste devrait toucher par la suite des droits sur la commercialisation de l'OS - cela dépendra de la législation des différents pays.