Posté : sam. juin 25, 2016 8:29 pm
- Faction jouée : Faction royaliste slave
- Municipalité jouée : Saint-Paul
- Moyens utilisés : Réunion citoyenne sur l'avenir de la municipalité
Saint-Paul... une municipalité au nom qui sonnait doux aux oreilles des monarchistes slaves, majoritairement composés d'orthodoxes, et donc de chrétiens, pour qui la figure de Saint-Paul était bien entendu une figure plus que positive. C'était également une municipalité qui avait relativement une bonne image au près des royalistes, avec des valeurs de proximité de la terre, de refus des grandes exploitations et de la destructions des milieux naturels, de préservation du patrimoine qu'il soit historique ou écologique, d'agriculture positive, bref, de nombreuses choses qui plaisaient aux monarchistes. Le seul bémol que pouvaient lui trouvé les cadres du nouveau Royaume de Sébaldie était peut-être le certain snobisme dont les Saint-Paulois faisaient preuve envers leurs voisins, qui semblait bien peu digne de la charité chrétienne. Néanmoins, il fallait avouer qu'il y avait beaucoup de choses à « réparer » dans les étendues environnantes, certes, et la plupart de ceux qui faisaient en coulisse ce reproche aux Saint-Paulois espéraient pouvoir changer cette réalité à terme non pas en s'en prenant aux gens de Saint-Paul mais bien en améliorant le sort de leurs voisins, supprimant les raisons de ce mépris lattant des premiers pour les seconds.
Pour l'heure toutefois, si la lente transformation de la société royale vers les valeurs monarchistes, qui prendrait inévitablement du temps, était bien en marche, les monarchistes avaient d'autres préoccupations au sujet de Saint-Paul : éviter que la municipalité ne tombe entre les mains de quelque ennemi violent... au risque de former un foyer de menace sur le flanc du Royaume. Certes, pour le moment, les choses y restaient encore relativement calmes, mais l'on ignorait encore où étaient passés les identitaires qui avaient fuit Ambrosius : rien ne disait qu'ils ne choisiraient pas cet endroit pour frapper... d'autant qu'il y avait d'autres risques. Ainsi, Saint-Paul, avec sa culture de « snobisme » vis-à-vis des autres municipalités voisines, pouvait risquer de voir se déclarer un foyer juif prônant le rattachement à la province voisine de Novacan, et donc créer potentiellement des tentions vives avec les juifs d'Ambrosius voir même de Friedenstempel, qui pourraient être inspirés par cet exemple, ce que les royalistes ne souhaitaient bien entendu pas.
Il s'agissait donc d'éviter une fragilisation des relations avec la Cellule d'Action Juive... aussi bien qu'avec d'autres groupes, comme les musulmans. De plus, il fallait aussi éviter que Saint-Paul ne capitalise cette envie d'indépendance sous la forme d'une indépendance totale au profit de groupes potentiellement hostiles au Royaume de Sébaldie. Et la meilleure façon d'éviter tous ces scénarios était encore de convaincre les Saint-Paulois... que le meilleur choix était encore de se rallier aux idées royalistes, de rejoindre le Royaume et ainsi de se détacher de la province, de peser pour que la monarchie les gratifie dans le futur d'un autre statut... et pour que celui-ci change les mentalités de leurs voisins et leur permette d'éviter le sentiment d'isolement au milieu des autres. Bref, pour éviter que Saint-Paul ne devienne un problème externe pour le Royaume, la solution idéale était de l'intégrer à l'intérieur dudit Royaume, où il pourrait être un foyer apprécié de la diffusion des valeurs royales qui s'y trouvaient déjà présentes tout en acceptant peu à peu les autres.
Le fait que les juifs soient visiblement actifs dans la municipalité, planifiant notamment une réunion de tous les rabbins de la province – quoique l'idée de rassembler les rabbins du Gelnan dans une ville qui était ouvertement hostile au reste de la province soit assez étrange – n'avait fait qu'inciter le Royaume à agir. Le projet juif ne dérangeait pas spécialement les royalistes, mais ils ne souhaitaient pas non plus voir arriver une indépendance juive à leur frontière qui aurait risqué de déstabilisé Ambrosius, surtout si eux-mêmes n'y étaient pas présents. C'était ainsi que les partisans royalistes présents à Saint-Paul – il y en avait peu ou prou dans toute la province, à des degrés divers, surtout depuis que le Royaume avait été restauré et engrangeait de belles réussites – avaient commencé à s'activer, avec le renforts d'éléments venus du territoire royal pour les encadrer, les aider et leur faire part surtout de leur expérience sur le terrain. Rapidement, il avait été décidé de répéter la stratégie bien rodée des royalistes : celle de la réunion municipale qui attirait l'attention, rassemblait les foules et permettait de diffuser les idées royales dans la population.
Depuis l'expérience des surtaxes injustes appliquées à Friedenstempel, les monarchistes avaient eut leur compte avec les salles officielles, et la réunion fut organisée dans un local proche du centre loué à un ami de l'un des partisans les plus actifs pour un prix raisonnable. La publicité fut faite à travers la municipalité, prévenant d'une réunion municipale d'intérêt publique sur l'avenir de la municipalité au milieu des modifications, des violences et des lois qui étaient une réalité ou une possibilité à travers le pays. Plus discrètement, la rumeur que la réunion concernerait aussi les royalistes couru aussi, mais ce ne fut pas seulement pour eux que les gens se rassemblèrent : il y avait là une diversité de gens qui s'inquiétaient de l'avenir – avec un conflit armé réel dans une municipalité voisine, on ne pouvait le leur reprocher – mais comme d'habitude, avec doigté, c'étaient les royalistes qui étaient aux commandes.
C'est ainsi qu'au début, divers intervenants prirent la parole, plus ou moins applaudit, avec des points de vue diverses, même si, vu le contexte, des conflits proches à la perspective de l'interdiction de la circoncision – qui concernait tout de même plus d'un gros tiers de la population, entre les juifs et les musulmans – la plupart étaient bien d'accord pour dire qu'il y avait un problème. On proposa plusieurs solutions mais, au fur et à mesure que la soirée avançait, les royalistes se firent de plus en plus nombreux, pour culminer finalement avec la prise de parole du principal promoteur local de l'action royaliste, Stephan Varislav.
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Stephan Varislav, militant royaliste de Saint-Paul.[/center]
Celui-ci revint sur tous les problèmes soulevés par les précédents intervenants : les conflits armés qui avaient éclaté dans le voisinage, les persécutions opérées à Ambrosius contre les juifs, que l'on ne souhaitait pas voir se reproduire ici, le sentiment de ne pas faire partie du Gelnan et donc de l'actuel maillage administratif sébalde, la peur d'être frappé par des lois anti-religieuses interdisant notamment la circoncision et, pour beaucoup également, le mécontentement face à l'esclavage, que certains royalistes n'avaient pas manqué de rappelé avoir été l'outil de la « mort excusée » à Ambrosius, révélant son « vrai et noir visage » de loi destinée à « permettre le meurtre et le massacre de la population » dans « l'éternel soucis de réduction de la population du gouvernement central » quitte à cautionner le meurtre. Il souligna d'autres points encore, des points d'inquiétude ou de grief à travers la municipalité.
Il présenta ensuite combien le gouvernement, jusqu'ici, avait été inefficace à répondre à ses problèmes. Stranaberg ne savait qu'apporter plus de problèmes, jamais des solutions. C'était par la faute du pouvoir central que la plupart de ces soucis s'étaient déclarés : sans son action destructrice, pas d'esclavage, pas de guerre civile quasiment officielle à Ambrosius, pas de coups de feu dans les rues, pas de citoyens exécutés aveuglément sur leur seule couleur de peau ou religion, pas de loi interdisant les pratiques religieuses. Sans lui, il n'y aurait eut aucun de ces problèmes... et il se montrait incapable de les résoudre. Alors que Stranaberg envoyait ses séides pavoiser au « G30 » et autres réunions extérieures, alors que la République se plaisait à donner de la voix sur les problèmes extérieurs, le Président préférait s'enfermer dans sa chambre que de sauver son propre pays, et le Premier Ministre lui regardait le chaos croître avec le sourire.
La seule solution efficace était d'intégrer un état où les Saint-Paulois pourraient peser pour construire un état à leur image, selon leurs valeurs. Pour cela, le meilleur choix était encore de rejoindre le Royaume de Sébaldie, qui offrait un abri contre l'esclavage, contre les lois anti-religieuses, contre les violences diverses et variées et contre la folie des dirigeants républicains. De plus, vu l'étendue encore réduite du Royaume, vu le besoin d'élites aisées et cultivées de celui-ci, les Saint-Paulois, en rejoignant tôt la « vague royaliste » pourraient avoir un véritable poids pour peser dans les décisions du monarque et ainsi façonner le nouvel état selon leurs besoins. De plus, dans un état royal, ils ne pourraient que rapidement s'imposer comme une classe éclairée proche du pouvoir. Bref, les Saint-Paulois avaient tout intérêt à se placer sous l'égide d'un souverain juste, qui respecterait leurs libertés et leurs volontés et qui pourrait construire un état à leur préférence, tout en ayant déjà des valeurs proches des leurs.
Stephan Varislav le proclama encore avant de rendre la parole, à la fin de la réunion : choisir le Royaume, c'était choisir un homme bon et compétent, proche de leurs aspirations, c'était tourné le dos à la médiocrité républicaine, c'était avoir un avenir assuré avec un roi et un héritier de qualité, plutôt que de se laisser encore plonger dans le tourbillon du chaos républicain. Assez applaudit à la fin de son discours, même si l'unanimité n'était pas encore fait, Stephan espérait bien avoir planté les premières graines de l'épanouissement royal. Comme toujours d'ailleurs, les royalistes ne manquèrent pas de discuter plus longuement avec les personnes qui avaient le plus été touchés par leurs idées après la rencontre, leur proposant de s'impliquer, par leurs actes, leurs dons, leur temps, simplement leur voix pour les moins engagés. Et espérant surtout que eux comme les autres porteraient la bonne parole royale à travers la municipalité...