Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]
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Zaldora
[justify]Réunion d'une Bondeting (1).
7 février 2034,
Rappel : la Bondeting est une assemblée villageoise traditionnelle existant depuis des temps immémoriaux. Elle permet aux paysans de s'autogouverner (sous la forme d'une réunion de syndics élus par eux) et de voter les lois (le village se rassemble en entier devant l'église et vote à main levée). Nulle autorité n'a de légitimité pour restreindre ses prérogatives, réformer ou supprimer la Bondeting, consacrée par le temps et vivant sur ses propres forces. Les paysans y jouissent d'une grande autonomie et d'une marge de manœuvre qui en ferait pâlir plus d'un, y compris lorsqu'un seigneur ou son représentant y siège.
[center][img]https://i.imgur.com/U2dvafJ.png[/img]
La longue maison à la fin août 2033.[/center]
En l'an de grâce 2034, au beau milieu de l'hiver, la population du pays traditionnel de Romerlandet se terrait dans ses chaumières. Ni les habitants de Romerelv – village de trois-cent deux âmes – ni personne d'autres ne dérogeaient à la règle tacite de ne pas sortir le soir venu. Les contes populaires prévenaient suffisamment d'une vérité acceptée de tous : la nuit est sombre et pleine de terreurs, la pénombre est le domaine des pillards qui détroussent, des sorcières qui maudissent, des monstres qui surprennent et des esprits qui fondent sur vous.
Ce soir-ci, une épaisse brume avait recouvert le village, et les cloches de l'église gothique à pignons sonnaient sans s'arrêter afin de guider les voyageurs fous. Celles-ci sonnaient aussi lorsque les éclairs parcouraient le firmament, afin de tenir l'orage en respect. Les syndics de la Bondeting avaient choisit ce moment lugubre pour se réunir dans la Longue Maison d'un chef de clan. Le foyer était illuminé par l'âtre de cuisine et quelques chandelles. Rustique et pittoresque, l'intérieur contenait une grande table de bois et ses bancs, plusieurs couches sur les cotés, deux sièges sculptés pour le gode et la goda (père et mère) et une petite étable au fond. Des quartiers de viande, des échalotes et d'autres victuailles pendaient sur l'ossature de la maison, qui servait aussi à sécher le linge. La mère de famille touilla le chaudron et remplit son écuelle de soupe au pois.
Une douzaine d'individus discutaient autour de la table. On y trouvait sept hommes et cinq femmes ; le curé et le physicien avaient aussi été invité par tradition, en tant que notables du village. Le sujet évoqué, un garçon retrouvé déchiqueté ce matin à l'orée du bois, était sur toutes les lèvres. L'angoisse se lisait sur les visages et un climat de peur semblait envahir la paroisse, quand le hurlement d'un loup se leva... Les enfants, au lit, disparurent sous leurs fourrures, bientôt rassurer par maman, tandis que l'assemblée ne faisait plus un bruit, comme pétrifiée.
« Un loup, un simple loup, rassura le prêtre.
– C'est peut-être le mesme qui a tué le petit Svend.
– Non, non... non. L'état du corps, les blessures, c'est pas naturelle.
– Y'a beaucoup de corbeaux dehors.
– Un Valravn ! lança Tormund.
– Ah oui, t'as raison.
– Pas possible ? Si ?
– Un drôle hère, très étrange et pas rassurant, trainait aujourd'hui près du village, se remémora la belle Inge.
– Le Valravn, poursuivit Tormund, c'est surement lui ! Il aura bu le sang du petiot et s'est transformé.
– Valravn ou pas, on doit faire rendre gorge au coupable ! tonna Jørn.
– Ouais !
– Ne devrions-nous pas plutôt prévenir la justice du seigneur ? demanda le médecin.
– Non, on n'est jamais mieux servit que par soi-mesme.
– D'accord. L'expédition commencera donc demain matin. On ratissera les bois par groupe de cinq ! proposa Tormund.
– Non, agissons dès ce soir. Qui est avec moi ? »[/justify]
7 février 2034,
Rappel : la Bondeting est une assemblée villageoise traditionnelle existant depuis des temps immémoriaux. Elle permet aux paysans de s'autogouverner (sous la forme d'une réunion de syndics élus par eux) et de voter les lois (le village se rassemble en entier devant l'église et vote à main levée). Nulle autorité n'a de légitimité pour restreindre ses prérogatives, réformer ou supprimer la Bondeting, consacrée par le temps et vivant sur ses propres forces. Les paysans y jouissent d'une grande autonomie et d'une marge de manœuvre qui en ferait pâlir plus d'un, y compris lorsqu'un seigneur ou son représentant y siège.
[center][img]https://i.imgur.com/U2dvafJ.png[/img]
La longue maison à la fin août 2033.[/center]
En l'an de grâce 2034, au beau milieu de l'hiver, la population du pays traditionnel de Romerlandet se terrait dans ses chaumières. Ni les habitants de Romerelv – village de trois-cent deux âmes – ni personne d'autres ne dérogeaient à la règle tacite de ne pas sortir le soir venu. Les contes populaires prévenaient suffisamment d'une vérité acceptée de tous : la nuit est sombre et pleine de terreurs, la pénombre est le domaine des pillards qui détroussent, des sorcières qui maudissent, des monstres qui surprennent et des esprits qui fondent sur vous.
Ce soir-ci, une épaisse brume avait recouvert le village, et les cloches de l'église gothique à pignons sonnaient sans s'arrêter afin de guider les voyageurs fous. Celles-ci sonnaient aussi lorsque les éclairs parcouraient le firmament, afin de tenir l'orage en respect. Les syndics de la Bondeting avaient choisit ce moment lugubre pour se réunir dans la Longue Maison d'un chef de clan. Le foyer était illuminé par l'âtre de cuisine et quelques chandelles. Rustique et pittoresque, l'intérieur contenait une grande table de bois et ses bancs, plusieurs couches sur les cotés, deux sièges sculptés pour le gode et la goda (père et mère) et une petite étable au fond. Des quartiers de viande, des échalotes et d'autres victuailles pendaient sur l'ossature de la maison, qui servait aussi à sécher le linge. La mère de famille touilla le chaudron et remplit son écuelle de soupe au pois.
Une douzaine d'individus discutaient autour de la table. On y trouvait sept hommes et cinq femmes ; le curé et le physicien avaient aussi été invité par tradition, en tant que notables du village. Le sujet évoqué, un garçon retrouvé déchiqueté ce matin à l'orée du bois, était sur toutes les lèvres. L'angoisse se lisait sur les visages et un climat de peur semblait envahir la paroisse, quand le hurlement d'un loup se leva... Les enfants, au lit, disparurent sous leurs fourrures, bientôt rassurer par maman, tandis que l'assemblée ne faisait plus un bruit, comme pétrifiée.
« Un loup, un simple loup, rassura le prêtre.
– C'est peut-être le mesme qui a tué le petit Svend.
– Non, non... non. L'état du corps, les blessures, c'est pas naturelle.
– Y'a beaucoup de corbeaux dehors.
– Un Valravn ! lança Tormund.
– Ah oui, t'as raison.
– Pas possible ? Si ?
– Un drôle hère, très étrange et pas rassurant, trainait aujourd'hui près du village, se remémora la belle Inge.
– Le Valravn, poursuivit Tormund, c'est surement lui ! Il aura bu le sang du petiot et s'est transformé.
– Valravn ou pas, on doit faire rendre gorge au coupable ! tonna Jørn.
– Ouais !
– Ne devrions-nous pas plutôt prévenir la justice du seigneur ? demanda le médecin.
– Non, on n'est jamais mieux servit que par soi-mesme.
– D'accord. L'expédition commencera donc demain matin. On ratissera les bois par groupe de cinq ! proposa Tormund.
– Non, agissons dès ce soir. Qui est avec moi ? »[/justify]
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Zaldora
[justify]Propagande à la campagne (1).
11 février 2034,
Un étranger venant de la capitale était soudainement apparu du coté de Arndlag, pays traditionnel dont l’étymologie signifiait « Loi des Arnder(ne) » du nom de la tribu nord-germanique. La toponymie était truffée de ces témoignages issus directement de la vieille époque tribale qui prit fin lorsque les Þórvalr s'imposèrent et firent leurs, en les absorbant, les particularités culturelles des autres tribus. On passa alors d'un système tribal à un système clanique ; le sentiment d'appartenance tribale recula au profit de la famille et du pays traditionnel ou du village, en l'absence d'autorité centrale aux reins solides, d'autant plus affaiblit par son effondrement au Xe siècle qui donna naissance à la féodalité, se superposant aux clans. Favorisant les particularismes coutumiers et culturels, sans compter les ambitions personnelles, l'organisation féodalo-clanique empêcha l'unité des Thorvalois par un « État-nation » qui ne semblait pas destiné à voir le jour de sitôt. L'étranger écuma quelques villages avant de s'arrêter à Brohelgen. Ses habitants, moins de cent-cinquante, le reçurent avec suspicion pour plusieurs raisons. Tout d'abord, ce dernier ne parlait que le Thorvalois standard et pas un mot de Arndlagais, ni de ses patois. Ensuite, il venait apparemment embarrasser son monde avec de la propagande politique.
[center][img]http://zupimages.net/up/17/45/ot7f.png[/img]
Brohelgen en 1962...
Sept décennies plus tard, rien n'a changé.
Le chemin est toujours un chemin, sans revêtement.[/center]
Qu'à cela ne tienne, les villageois l'accueillirent quand même, devant l'église paroissiale, et prirent sur eux pendant son discours. L'homme venait du courant légitimiste et prôna donc la centralisation monarchique, l'instauration d'un droit écrit, la soumission de l'Église et l'édification d'un État-providence. Un vieux mercier, désormais paysan mais avec une bonne éducation universitaire, s'approcha pour répondre.
« Écoute, jeune homme estranger. Tu affirmes vouloir mesner le royaume a son age d'or alors qu'en fait, toi et tes complices le conduiront droit à l'apocalypse. Hein ? Oui, je pèse mes mots. Qu'est-ce que tu nous racontes avec ta centralité, et quel est ce vent de malheur que tu brasses avec cette histoire d'État providence ? Devra-t-on bientôt se mettre à vénérer l'autorité publique ? Eh quoi ? C'est une expression ? Mais une expression n'est jamais anodine, elle vient de quelque part, d'une mentalité, d'une tournure d'esprit... d'autant que tu veux aussi soumettre l'Église. Ne nous prend pas pour plus rustres que nous sommes. Hein ? Oui, je poursuis. Centraliser le pouvoir, les décisions, les délibérations serait la plus grande et puissante tempête de l'histoire. La centralisation conduira à l'uniformisation qui, elle mesme, mènera au dépérissement des énergies, des opinions, des idées, des esprits et de la vitalité du royaume. D'une décadence à une autre, les relations et les liens sociaux se distendront jusqu'à disparaitre, l'organisation et les solidarités traditionnelles, issues du clan, du village, de la confrérie ou du métier, s’effondreront et tout le monde finira vulnérables, le nez plongé dans la merde ! Hein ? Là oui, la société quasi-morte aura besoin d'un État qui régit tout et s'occupe de la multitude. Mets toi bien dans la tête, mon gars, la place grandissante de l'autorité publique est le signe visible de la décomposition avancée d'un pays.
Maintenant, pour pas que t'aille raconter de balivernes ou nous accuser de sédition, voici : nous aimons la Reine. Beaucoup ont obtenu des terres grâce à elle. Ce n'est pas pour autant que nous souhaitons la voir commander en tyran absolu. Ses devoirs les plus grands sont d'affermir nos libertés, de garantir la paix intérieure, de protéger le royaume contre l'envahisseur, d'arbitrer les querelles insurmontables et d'être une lumière concernant la Foi ! C'est tout et c'est déjà pas mal ! Cesse donc d'être plus royaliste que la reine. Le vrai pouvoir humain à distance humaine, ce n'est pas le pouvoir royal lointain ou je ne sais quel autre État abstrait, mais celui des Bondeting et des chefs de clan. Voilà. »[/justify]
11 février 2034,
Un étranger venant de la capitale était soudainement apparu du coté de Arndlag, pays traditionnel dont l’étymologie signifiait « Loi des Arnder(ne) » du nom de la tribu nord-germanique. La toponymie était truffée de ces témoignages issus directement de la vieille époque tribale qui prit fin lorsque les Þórvalr s'imposèrent et firent leurs, en les absorbant, les particularités culturelles des autres tribus. On passa alors d'un système tribal à un système clanique ; le sentiment d'appartenance tribale recula au profit de la famille et du pays traditionnel ou du village, en l'absence d'autorité centrale aux reins solides, d'autant plus affaiblit par son effondrement au Xe siècle qui donna naissance à la féodalité, se superposant aux clans. Favorisant les particularismes coutumiers et culturels, sans compter les ambitions personnelles, l'organisation féodalo-clanique empêcha l'unité des Thorvalois par un « État-nation » qui ne semblait pas destiné à voir le jour de sitôt. L'étranger écuma quelques villages avant de s'arrêter à Brohelgen. Ses habitants, moins de cent-cinquante, le reçurent avec suspicion pour plusieurs raisons. Tout d'abord, ce dernier ne parlait que le Thorvalois standard et pas un mot de Arndlagais, ni de ses patois. Ensuite, il venait apparemment embarrasser son monde avec de la propagande politique.
[center][img]http://zupimages.net/up/17/45/ot7f.png[/img]
Brohelgen en 1962...
Sept décennies plus tard, rien n'a changé.
Le chemin est toujours un chemin, sans revêtement.[/center]
Qu'à cela ne tienne, les villageois l'accueillirent quand même, devant l'église paroissiale, et prirent sur eux pendant son discours. L'homme venait du courant légitimiste et prôna donc la centralisation monarchique, l'instauration d'un droit écrit, la soumission de l'Église et l'édification d'un État-providence. Un vieux mercier, désormais paysan mais avec une bonne éducation universitaire, s'approcha pour répondre.
« Écoute, jeune homme estranger. Tu affirmes vouloir mesner le royaume a son age d'or alors qu'en fait, toi et tes complices le conduiront droit à l'apocalypse. Hein ? Oui, je pèse mes mots. Qu'est-ce que tu nous racontes avec ta centralité, et quel est ce vent de malheur que tu brasses avec cette histoire d'État providence ? Devra-t-on bientôt se mettre à vénérer l'autorité publique ? Eh quoi ? C'est une expression ? Mais une expression n'est jamais anodine, elle vient de quelque part, d'une mentalité, d'une tournure d'esprit... d'autant que tu veux aussi soumettre l'Église. Ne nous prend pas pour plus rustres que nous sommes. Hein ? Oui, je poursuis. Centraliser le pouvoir, les décisions, les délibérations serait la plus grande et puissante tempête de l'histoire. La centralisation conduira à l'uniformisation qui, elle mesme, mènera au dépérissement des énergies, des opinions, des idées, des esprits et de la vitalité du royaume. D'une décadence à une autre, les relations et les liens sociaux se distendront jusqu'à disparaitre, l'organisation et les solidarités traditionnelles, issues du clan, du village, de la confrérie ou du métier, s’effondreront et tout le monde finira vulnérables, le nez plongé dans la merde ! Hein ? Là oui, la société quasi-morte aura besoin d'un État qui régit tout et s'occupe de la multitude. Mets toi bien dans la tête, mon gars, la place grandissante de l'autorité publique est le signe visible de la décomposition avancée d'un pays.
Maintenant, pour pas que t'aille raconter de balivernes ou nous accuser de sédition, voici : nous aimons la Reine. Beaucoup ont obtenu des terres grâce à elle. Ce n'est pas pour autant que nous souhaitons la voir commander en tyran absolu. Ses devoirs les plus grands sont d'affermir nos libertés, de garantir la paix intérieure, de protéger le royaume contre l'envahisseur, d'arbitrer les querelles insurmontables et d'être une lumière concernant la Foi ! C'est tout et c'est déjà pas mal ! Cesse donc d'être plus royaliste que la reine. Le vrai pouvoir humain à distance humaine, ce n'est pas le pouvoir royal lointain ou je ne sais quel autre État abstrait, mais celui des Bondeting et des chefs de clan. Voilà. »[/justify]
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Zaldora
[justify]Justice clanique (1).
13 février 2034,
Le pays de Hvidmandmark était la terre natale des Ylfingaring qui y vivaient depuis des siècles. Le clan, de taille moyenne, était surtout composé de paysans aisés dirigé d'une main tout à fait monarchique par Paaske, faute d'une génération assez brillante pour accompagner et participer à son pouvoir. Le chef se remémorait par moment avec nostalgie la glorieuse époque de la chefferie collégiale de son grand-père où la qualité des parents étaient monnaie courante. Loin de cette période bénie, lui devait aujourd'hui se coltiner des idiots et des enrhumés. De bonne volonté certes ! Mais un ramassis d'abrutis quand même. Comme de nombreux autres, les Ylfingaring avaient conclut un accord avec les clans nobles afin que leur milice [clanique] participe de pair à la police du territoire. Las, son neveux Jesper, généreux mais fougueux, avait rossé un brigand, jusqu'à le tuer, au lieu de l'amener devant la justice seigneuriale, attirant le déshonneur sur l'ensemble du clan, et d'autres ennuis encore.
[center][img]https://i.imgur.com/USKKtwX.png[/img][/center]
Jesper se tenait devant son oncle au sein de l'austère « grande salle » du logis. Le chef siégeait sur sa cathèdre, emmitouflé dans sa cape doublée de laine et bordée de fourrure. Des visages du clan, divers et variés, occupaient les latéraux de la pièce, tous venus assister à cet épisode de justice clanique. Celle-ci était privée et ne concernait pas la sphère dite publique. Certains la désignaient comme le pendant familial de la justice professionnelle. La mère de l'accusé assistait à la séance parmi la foule, tandis que le père avait eu trop honte pour venir.
« Jesper, sais-tu la raison de ta comparution devant le clan, aujourd'hui ?
– Ouais et je ne cherche pas dans les autres les motifs de ma faute, qui n'appartient qu'à moi. Que Dieu me punisse ! S'exclama Jesper.
– Quant au bon Dieu, tu as déjà commencé ta pénitence, le père Nicolaj m'en a parlé. Pour le clan, c'est autre chose...
– Je sais, oncle Paaske.
– Nous sommes les héritiers de nostre ancêtre commun. Ylfingar continue de vivre à travers nous, fils et filles. Sache que je t'ai déjà pardonné et que je te pardonnerais encore, comme chaque homme catholique pardonne aux personnes qu'il aime, peu importe leurs scandales, leurs bêtises, leurs indignités et leurs infamies. Cependant, les leçons les mieux apprises sont celles dont le souvenir reste gravé dans la chair. Pour avoir déshonoré les tiens, conduit ton clan vers une guerre incertaine et tué un individu, ce mesme s'il fut un brigand de la pire espèce qui détroussait les femmes, ton salaire sera de dix coups de ceinture sur le dos, aujourd'hui et maintenant.
– C'est juste, approuva Jesper. »
La salle demeura dans le silence, tout juste brisé par les gémissements de la mère de Jesper qui préféra sortir. Elle entendit toutefois, de dehors, les échos claquants de la sentence appliquée contre son fils cadet. Malgré ses crimes, la sage-femme, qui faisait office d'infirmière au village, vint, après coup, lui soigner son dos marqué et meurtris.[/justify]
13 février 2034,
Le pays de Hvidmandmark était la terre natale des Ylfingaring qui y vivaient depuis des siècles. Le clan, de taille moyenne, était surtout composé de paysans aisés dirigé d'une main tout à fait monarchique par Paaske, faute d'une génération assez brillante pour accompagner et participer à son pouvoir. Le chef se remémorait par moment avec nostalgie la glorieuse époque de la chefferie collégiale de son grand-père où la qualité des parents étaient monnaie courante. Loin de cette période bénie, lui devait aujourd'hui se coltiner des idiots et des enrhumés. De bonne volonté certes ! Mais un ramassis d'abrutis quand même. Comme de nombreux autres, les Ylfingaring avaient conclut un accord avec les clans nobles afin que leur milice [clanique] participe de pair à la police du territoire. Las, son neveux Jesper, généreux mais fougueux, avait rossé un brigand, jusqu'à le tuer, au lieu de l'amener devant la justice seigneuriale, attirant le déshonneur sur l'ensemble du clan, et d'autres ennuis encore.
[center][img]https://i.imgur.com/USKKtwX.png[/img][/center]
Jesper se tenait devant son oncle au sein de l'austère « grande salle » du logis. Le chef siégeait sur sa cathèdre, emmitouflé dans sa cape doublée de laine et bordée de fourrure. Des visages du clan, divers et variés, occupaient les latéraux de la pièce, tous venus assister à cet épisode de justice clanique. Celle-ci était privée et ne concernait pas la sphère dite publique. Certains la désignaient comme le pendant familial de la justice professionnelle. La mère de l'accusé assistait à la séance parmi la foule, tandis que le père avait eu trop honte pour venir.
« Jesper, sais-tu la raison de ta comparution devant le clan, aujourd'hui ?
– Ouais et je ne cherche pas dans les autres les motifs de ma faute, qui n'appartient qu'à moi. Que Dieu me punisse ! S'exclama Jesper.
– Quant au bon Dieu, tu as déjà commencé ta pénitence, le père Nicolaj m'en a parlé. Pour le clan, c'est autre chose...
– Je sais, oncle Paaske.
– Nous sommes les héritiers de nostre ancêtre commun. Ylfingar continue de vivre à travers nous, fils et filles. Sache que je t'ai déjà pardonné et que je te pardonnerais encore, comme chaque homme catholique pardonne aux personnes qu'il aime, peu importe leurs scandales, leurs bêtises, leurs indignités et leurs infamies. Cependant, les leçons les mieux apprises sont celles dont le souvenir reste gravé dans la chair. Pour avoir déshonoré les tiens, conduit ton clan vers une guerre incertaine et tué un individu, ce mesme s'il fut un brigand de la pire espèce qui détroussait les femmes, ton salaire sera de dix coups de ceinture sur le dos, aujourd'hui et maintenant.
– C'est juste, approuva Jesper. »
La salle demeura dans le silence, tout juste brisé par les gémissements de la mère de Jesper qui préféra sortir. Elle entendit toutefois, de dehors, les échos claquants de la sentence appliquée contre son fils cadet. Malgré ses crimes, la sage-femme, qui faisait office d'infirmière au village, vint, après coup, lui soigner son dos marqué et meurtris.[/justify]
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Zaldora
[justify]Xénophobie.
Temps actuel,
La peur de l'étranger est chose commune et enveloppe tout le royaume, sans épargner personne ou presque. Ce sentiment doit toutefois être relativisé dans la mesure où règne une xénophobie de clocher, dont la nature est purement locale, entre les paroisses, les pays traditionnels, les provinces historiques et les clans. Les curés tentent de juguler le phénomène, qui vire souvent dans l'excès et la brutalité, mais ne sont pas écoutés. L'horizon du thorvalois moyen est extrêmement réduit et ne dépasse généralement pas sa grande famille (clan) ou son village et ses environs. Cet état de fait, réel et vécu, se retrouve dans la toponymie de paroisses frontalières – limites provinciales ou nationales – dont l'étymologie signifie grosso-modo « Confins » ou « Fin du monde ». Les visions continentales ou globales sont quantités négligeables, absentes du peuple, des chefs de clans, de la plupart des féodaux... et ne subsistent que chez les intellectuels de l'Université.
95% de Thorvalois n'ont, de leurs vies, jamais rencontré de Noirs, de Venteliens, de Janubiens (hors Bohémiens), d'autochtones Dorimariens, d'Aborigènes austraux ou de Sarrasins (nom donné aux Arabes et Turcs Musulmans). Sans passé colonial, si ce n'est quelques comptoirs lointains sans liens puissants avec la métropole, et sans contact avec ces populations, les peuples du royaume n'éprouvent à leurs égards aucun sentiment ou à-priori raciste. Un Noir qui passerait au sein d'un village de campagne provoquerait l'étonnement, la surprise, la stupeur... et devra faire face à la méfiance des paysans comme pour n'importe qui d'autres, à moins de vraiment sympathiser.
Une hostilité latente existe pour quelques peuples. Elle ne concerne pas tout le royaume mais un nombre plus ou moins élevés de clans dont les membres se transmettent la rancune générations après générations. Cela est vrai pour les Sarrasins et se rattache principalement aux Croisades et aux invasions menées par eux en Dytolie. L'autre peuple sont les Mongols dont les pillages et les dévastations à la suite de leurs conquêtes, au XIIIe siècle, ont marqué les esprits et nul doute, pour eux, que les Mongols reviendront un jour.[/justify]
Temps actuel,
La peur de l'étranger est chose commune et enveloppe tout le royaume, sans épargner personne ou presque. Ce sentiment doit toutefois être relativisé dans la mesure où règne une xénophobie de clocher, dont la nature est purement locale, entre les paroisses, les pays traditionnels, les provinces historiques et les clans. Les curés tentent de juguler le phénomène, qui vire souvent dans l'excès et la brutalité, mais ne sont pas écoutés. L'horizon du thorvalois moyen est extrêmement réduit et ne dépasse généralement pas sa grande famille (clan) ou son village et ses environs. Cet état de fait, réel et vécu, se retrouve dans la toponymie de paroisses frontalières – limites provinciales ou nationales – dont l'étymologie signifie grosso-modo « Confins » ou « Fin du monde ». Les visions continentales ou globales sont quantités négligeables, absentes du peuple, des chefs de clans, de la plupart des féodaux... et ne subsistent que chez les intellectuels de l'Université.
95% de Thorvalois n'ont, de leurs vies, jamais rencontré de Noirs, de Venteliens, de Janubiens (hors Bohémiens), d'autochtones Dorimariens, d'Aborigènes austraux ou de Sarrasins (nom donné aux Arabes et Turcs Musulmans). Sans passé colonial, si ce n'est quelques comptoirs lointains sans liens puissants avec la métropole, et sans contact avec ces populations, les peuples du royaume n'éprouvent à leurs égards aucun sentiment ou à-priori raciste. Un Noir qui passerait au sein d'un village de campagne provoquerait l'étonnement, la surprise, la stupeur... et devra faire face à la méfiance des paysans comme pour n'importe qui d'autres, à moins de vraiment sympathiser.
Une hostilité latente existe pour quelques peuples. Elle ne concerne pas tout le royaume mais un nombre plus ou moins élevés de clans dont les membres se transmettent la rancune générations après générations. Cela est vrai pour les Sarrasins et se rattache principalement aux Croisades et aux invasions menées par eux en Dytolie. L'autre peuple sont les Mongols dont les pillages et les dévastations à la suite de leurs conquêtes, au XIIIe siècle, ont marqué les esprits et nul doute, pour eux, que les Mongols reviendront un jour.[/justify]
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Zaldora
[justify]Foi populaire, suite.
24 février 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/38/7tex.png[/img]
L'arbre consacré à la Vierge[/center]
A cette époque où les rayons de soleil perçaient peu à peu les nuages, que l'hiver commençait à graduellement tirer sa révérence, un homme du pays de Rygland parcourait, depuis l'aube, les méandres du bois Sainte Hildegard. Peter ne connaissait pas son âge mais faisait partie du clan principal du terroir, les Vimaring, depuis deux générations. Il mangea crue la truite qu'il venait d’éviscérer quand un grand et magnifique cerf apparu au loin, visible par delà la brûme et les branches nues, entrain de contourner doucement les pierres qui juchaient, ici et là, le sol. L'animal paraissait paisible et insouciant, solitaire dans cette immense et silencieuse contrée sauvage. Las, le cerf s'en alla, brusquement avertit par des brindilles qui cassent, et alors qu'une flèche était, un battement de cil après son départ, venue se loger dans l'arbre. Peter grogna d'une voix rauque et sauvage, il avait laissé passer sa chance de ramener du gros gibier à la maison pour Mardi Gras.
En allant récupérer sa flèche, le garçon d'age mûr remarqua une gravure sur le tronc, toute rustique et imprécise, mais on y reconnaissait le visage d'une femme voilée. Peter comprit que le hêtre qui se tenait devant lui était sacré, comparable à un autel, qu'un prêtre avait consacré à la Vierge Marie. Des offrandes récentes s'y trouvaient encore et le chasseur tomba à genoux, sombrant dans de silencieuses oraisons à la Mère de Dieu. En finissant, il offrit un lièvre mort, attrapée ce matin à la lisière du bois, afin d'appuyer sa prière. Il reviendra bredouille à la chaumière, si ce n'est quelques oiseaux et autres petits gibiers.
Ce type de ferveur religieuse qui consiste à prier Jésus, Marie ou un Saint via un arbre qui lui est consacré n'était pas le pendant de quelques hères isolés, mais la forme courante, hors messe, de piété populaire pratiquée par la multitude. Elle résultait de la christianisation qui incultura le vieux paganisme. Au lieu de faire table rase et de traiter les anciens dieux de démons, les missionnaires préférèrent inculturer et incorporer dans la mesure du possible les vieilles croyances, sans jamais les brusquer d'un zèle doctrinal inutile. En ces temps, les chefs priaient les Ases, Odin en particulier, tandis que les couches plus populaires telles que les paysans préféraient les Vanes, proches de la nature, au premier chef desquels figurait Freyja. C'est sans doute de là que venait l’hétérodoxie, d'un point de vue stricte, d'un certain nombre de Thorvalois qui considèrent la Vierge Marie comme le premier personnage du Culte et de la Foi. L'Église locale n'y trouva rien à redire, argumentant que si on aime sa Mère, on aime aussi le Christ, et vice-versa. C'était aussi sans doute dû à la mythologie nordique, laissant une grande place à la femme, à la Nature et à la divination, que la société penchait davantage vers le matriarcat ou l'égalité homme-femme que vers le patriarcat, que la population semblait vivre dans un monde naturel à la fois christianisé et enchanté, magique et emplit de mystères et de légendes ; de facto, un peuple très peu porté sur la soumission de la Nature et son aménagement.[/justify]
24 février 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/38/7tex.png[/img]
L'arbre consacré à la Vierge[/center]
A cette époque où les rayons de soleil perçaient peu à peu les nuages, que l'hiver commençait à graduellement tirer sa révérence, un homme du pays de Rygland parcourait, depuis l'aube, les méandres du bois Sainte Hildegard. Peter ne connaissait pas son âge mais faisait partie du clan principal du terroir, les Vimaring, depuis deux générations. Il mangea crue la truite qu'il venait d’éviscérer quand un grand et magnifique cerf apparu au loin, visible par delà la brûme et les branches nues, entrain de contourner doucement les pierres qui juchaient, ici et là, le sol. L'animal paraissait paisible et insouciant, solitaire dans cette immense et silencieuse contrée sauvage. Las, le cerf s'en alla, brusquement avertit par des brindilles qui cassent, et alors qu'une flèche était, un battement de cil après son départ, venue se loger dans l'arbre. Peter grogna d'une voix rauque et sauvage, il avait laissé passer sa chance de ramener du gros gibier à la maison pour Mardi Gras.
En allant récupérer sa flèche, le garçon d'age mûr remarqua une gravure sur le tronc, toute rustique et imprécise, mais on y reconnaissait le visage d'une femme voilée. Peter comprit que le hêtre qui se tenait devant lui était sacré, comparable à un autel, qu'un prêtre avait consacré à la Vierge Marie. Des offrandes récentes s'y trouvaient encore et le chasseur tomba à genoux, sombrant dans de silencieuses oraisons à la Mère de Dieu. En finissant, il offrit un lièvre mort, attrapée ce matin à la lisière du bois, afin d'appuyer sa prière. Il reviendra bredouille à la chaumière, si ce n'est quelques oiseaux et autres petits gibiers.
Ce type de ferveur religieuse qui consiste à prier Jésus, Marie ou un Saint via un arbre qui lui est consacré n'était pas le pendant de quelques hères isolés, mais la forme courante, hors messe, de piété populaire pratiquée par la multitude. Elle résultait de la christianisation qui incultura le vieux paganisme. Au lieu de faire table rase et de traiter les anciens dieux de démons, les missionnaires préférèrent inculturer et incorporer dans la mesure du possible les vieilles croyances, sans jamais les brusquer d'un zèle doctrinal inutile. En ces temps, les chefs priaient les Ases, Odin en particulier, tandis que les couches plus populaires telles que les paysans préféraient les Vanes, proches de la nature, au premier chef desquels figurait Freyja. C'est sans doute de là que venait l’hétérodoxie, d'un point de vue stricte, d'un certain nombre de Thorvalois qui considèrent la Vierge Marie comme le premier personnage du Culte et de la Foi. L'Église locale n'y trouva rien à redire, argumentant que si on aime sa Mère, on aime aussi le Christ, et vice-versa. C'était aussi sans doute dû à la mythologie nordique, laissant une grande place à la femme, à la Nature et à la divination, que la société penchait davantage vers le matriarcat ou l'égalité homme-femme que vers le patriarcat, que la population semblait vivre dans un monde naturel à la fois christianisé et enchanté, magique et emplit de mystères et de légendes ; de facto, un peuple très peu porté sur la soumission de la Nature et son aménagement.[/justify]
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Zaldora
[justify]La risée des clans.
14 mars 2034,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/23/px7c.png[/img]
La maison de la cheffe Ida, en photo.[/center]
L'immense tonneau d'hydromel, où tous le monde pouvait se servir, n'était pas là aujourd'hui. La cheffe Ida occupait son siège de Goda, tandis que toute sa parentèle l'entourait. Le clan Skjøling essaimait près de la rivière, à l'est d'Ottarfolke, pays traditionnel constitutif de la province cotière de Skjalmland. Ils étaient très modestes et ne pouvaient se vanter que d'une trentaine de membres. Cela ne les empêchait toutefois pas d'avoir un sens élevé de l'honneur et de se laisser guider par un sentiment aigu d'appartenance à la communauté familiale, qui appelait divers devoirs tels que la solidarité et la vengeance. En cette fin d'après-midi, la réunion concernait principalement l'avancée des Mars, nom donné aux semailles de printemps. Dans l'assemblée se retrouvaient des pères, des mères, des grands-parents et des enfants ; chacun portait une arme sur lui, qui une épée, qui une hache, qui une dague. Actuellement, le clan n'était en conflit avec personne, toutefois une guerre pouvait démarrer à tout instant, sans crier gare. Alors que le rassemblement prenait fin, la matriarche Ida égaya l’atmosphère.
« J'ai ouïe du mercier que le fier Chef des Kierulfing participoit à un tournoi de....
– de Noyades ?
– de Lutte ?
– Non, reprit Ida,... un concours de beauté ! »
La salle s'ébranla d'un rire gras, à gorge déployée, pendant de longues minutes. Ils trouvaient la chose ridicule et à travers son chef, c'était l'ensemble du clan des îles du nord qui était moqué sans ménagement. On s'esclaffa de plus belle et encore plus bruyamment quand un paysan imita vulgairement le défilé et traita Ulfger de Argr, une des plus grandes insultes à adresser.
« Le pire, mes frères et sœurs, est que la compétition se déroule pendant le Carême. Les estrangers ne respectent rien et ils voudraient qu'on les respecte ?! »
Les acclamations et les cris « Skjøling ! » s'élevèrent de toutes parts, la foule brandissait aussi ses armes comme pour montrer qu'elle était prête à en découdre au nom du clan. L'information selon laquelle le chef Ulfger avait accepté d'être candidat à un concours de beauté allait bientôt se propager par le bouche à oreille, et ce dernier devenir la risée des clans. Bafouant ainsi l'honneur et la dignité de son propre clan, Ulfger pourrait même subir une autre humiliation plus grave : être désavoué et renversé de son trône. Chassé dehors ! Ses parents en auraient-ils seulement le courage ?[/justify]
14 mars 2034,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/23/px7c.png[/img]
La maison de la cheffe Ida, en photo.[/center]
L'immense tonneau d'hydromel, où tous le monde pouvait se servir, n'était pas là aujourd'hui. La cheffe Ida occupait son siège de Goda, tandis que toute sa parentèle l'entourait. Le clan Skjøling essaimait près de la rivière, à l'est d'Ottarfolke, pays traditionnel constitutif de la province cotière de Skjalmland. Ils étaient très modestes et ne pouvaient se vanter que d'une trentaine de membres. Cela ne les empêchait toutefois pas d'avoir un sens élevé de l'honneur et de se laisser guider par un sentiment aigu d'appartenance à la communauté familiale, qui appelait divers devoirs tels que la solidarité et la vengeance. En cette fin d'après-midi, la réunion concernait principalement l'avancée des Mars, nom donné aux semailles de printemps. Dans l'assemblée se retrouvaient des pères, des mères, des grands-parents et des enfants ; chacun portait une arme sur lui, qui une épée, qui une hache, qui une dague. Actuellement, le clan n'était en conflit avec personne, toutefois une guerre pouvait démarrer à tout instant, sans crier gare. Alors que le rassemblement prenait fin, la matriarche Ida égaya l’atmosphère.
« J'ai ouïe du mercier que le fier Chef des Kierulfing participoit à un tournoi de....
– de Noyades ?
– de Lutte ?
– Non, reprit Ida,... un concours de beauté ! »
La salle s'ébranla d'un rire gras, à gorge déployée, pendant de longues minutes. Ils trouvaient la chose ridicule et à travers son chef, c'était l'ensemble du clan des îles du nord qui était moqué sans ménagement. On s'esclaffa de plus belle et encore plus bruyamment quand un paysan imita vulgairement le défilé et traita Ulfger de Argr, une des plus grandes insultes à adresser.
« Le pire, mes frères et sœurs, est que la compétition se déroule pendant le Carême. Les estrangers ne respectent rien et ils voudraient qu'on les respecte ?! »
Les acclamations et les cris « Skjøling ! » s'élevèrent de toutes parts, la foule brandissait aussi ses armes comme pour montrer qu'elle était prête à en découdre au nom du clan. L'information selon laquelle le chef Ulfger avait accepté d'être candidat à un concours de beauté allait bientôt se propager par le bouche à oreille, et ce dernier devenir la risée des clans. Bafouant ainsi l'honneur et la dignité de son propre clan, Ulfger pourrait même subir une autre humiliation plus grave : être désavoué et renversé de son trône. Chassé dehors ! Ses parents en auraient-ils seulement le courage ?[/justify]
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Zaldora
[justify]Petite virée mystique.
17 mars 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/39/l3xh.png[/img]
La statue près de la chapelle.[/center]
En cette période de jeûne, Marie III avait rassemblé cinq hommes du clan et chevauché huit mil plein sud jusqu'à Notre-Dame des Douleurs, une petite église ronde d'architecture romane, dont les pierres recouvertes de chaux donnaient un aspect proprement immaculé à l'édifice. Le royaume présentait foule d'églises, d'abbayes et d'arbres consacrés où l'on pouvait se recueillir, néanmoins, plus rares étaient celles, comme Notre-Dame des Douleurs, à exposer le Saint Sacrement pour l'adoration perpétuelle des fidèles. La Reine y passa une heure en oraison, à l'abri des regards, car la chapelle se trouvait assez loin des chemins, isolée entre bois et champs, hors du monde. Avant de partir, la jeune suzeraine posa un genou dans la gadoue et pria devant la statue de la Mère de Dieu accompagnée par deux chats ailés. Ces restes de paganisme avaient à l'époque choqué le prince consort Frans-Valdemar, peu habitué au phénomène en Gombette. A cet instant, si Marie III se trouvait en Nouvelle-Cajanée, la justice la poursuivrait pour idolâtrie, récidive d’idolâtrie, crypto-paganisme, détention illégale d'arme (elle portait un poignard au pied) et délit de fuite ; ses hommes de clan pour détention illégale d'arme, mais aussi insultes contre agents, violences volontaires contre agents venus les arrêter et délit de fuite.
Outre sa vie intérieure, la Reine avait une préoccupation politique qui surpassait tout le reste : comment juguler la lutte des clans ? Comment la clore pour de bon ? Son [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=320705#p320705]Édit[/url] sur l'éternel problème permit jusqu'ici de tuer dans l’œuf trois guerres privées grâce à la leeente systématisation des « derniers pourparlers ». Néanmoins, vingt-quatre fejde (faide en français) demeuraient en cours, semble-t-il reportées aux jours sans Trêve de Dieu. Donc, malgré quelques progrès, le texte n'avait pour le moment rien arrangé, si ce n'est déplacé les conflits à certaines périodes raccourcies de l'année, un peu à l'image de Níels XVII qui était parvenu à déplacer les fejde vers les terrains de Knattleikr sans jamais régler le problème. Marie réfléchissait constamment à des solutions mais ce n'était pas facile au pays du droit privé triomphant du droit public ; la frontière n'était d'ailleurs même pas clairement tracée entre les deux. Fallait-il laisser une chance à l'édit sur le temps long ? Ou prendre le taureau par les cornes en poussant vers l'instauration de la domination politique au profit exclusif de la Couronne, chose aujourd'hui dispersé chez des acteurs aussi divers que le trône, les féodaux, les clans, les corporations, l'Église... Cette voie conduirait à un bain de sang et à des souffrances inimaginables car les forces centrifuges, à l’œuvre depuis toujours, ne se laisseraient pas faire. Était-il, au juste, réellement indispensable de provoquer le triomphe de l'autorité ? N'était-ce pas la première marche d'une société tyrannique ? Fallait-il un équilibre entre autorité et liberté ? Où ? Comment ? Était-ce une utopie ? Autant de questions que Marie se posait, consciente de n'avoir pas réponses à tout.
En prière, la suzeraine eu soudain une sorte d’intuition mystique, quelque chose d'inexplicable. « C'est peut-être vous qui devriez la ceindre ? dit elle à la Vierge, en touchant la petite couronne royale qu'elle portait au quotidien, ici sous la mantille. Ainsi, vous seriez Reine de Thorval, et moi vostre avouée ? » finit-elle. Un geste pareil serait extraordinaire et détonant, et incompréhensible pour les étrangers. Marie III comprit que s'il avait lieu, le couronnement de Sainte Marie Reine de Thorval ne devrait pas se tenir ici, au milieu de nul part, mais de manière officielle, dans un endroit fréquenté et exposé aux regards des hommes. Incontestablement, la jeune dame serait passée pour une folle partout ailleurs, mais pas au pays de la foi, des superstitions, des moines, des mystères, des contes et des légendes, où c'est l'athée qui était fou. Elle remonta en selle, au coté de ses parents, et partit. La nuit n'allait pas tarder, il fallait se dépêcher de rentrer, au risque des brigands, des monstres et des esprits vengeurs.[/justify]
17 mars 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/39/l3xh.png[/img]
La statue près de la chapelle.[/center]
En cette période de jeûne, Marie III avait rassemblé cinq hommes du clan et chevauché huit mil plein sud jusqu'à Notre-Dame des Douleurs, une petite église ronde d'architecture romane, dont les pierres recouvertes de chaux donnaient un aspect proprement immaculé à l'édifice. Le royaume présentait foule d'églises, d'abbayes et d'arbres consacrés où l'on pouvait se recueillir, néanmoins, plus rares étaient celles, comme Notre-Dame des Douleurs, à exposer le Saint Sacrement pour l'adoration perpétuelle des fidèles. La Reine y passa une heure en oraison, à l'abri des regards, car la chapelle se trouvait assez loin des chemins, isolée entre bois et champs, hors du monde. Avant de partir, la jeune suzeraine posa un genou dans la gadoue et pria devant la statue de la Mère de Dieu accompagnée par deux chats ailés. Ces restes de paganisme avaient à l'époque choqué le prince consort Frans-Valdemar, peu habitué au phénomène en Gombette. A cet instant, si Marie III se trouvait en Nouvelle-Cajanée, la justice la poursuivrait pour idolâtrie, récidive d’idolâtrie, crypto-paganisme, détention illégale d'arme (elle portait un poignard au pied) et délit de fuite ; ses hommes de clan pour détention illégale d'arme, mais aussi insultes contre agents, violences volontaires contre agents venus les arrêter et délit de fuite.
Outre sa vie intérieure, la Reine avait une préoccupation politique qui surpassait tout le reste : comment juguler la lutte des clans ? Comment la clore pour de bon ? Son [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=320705#p320705]Édit[/url] sur l'éternel problème permit jusqu'ici de tuer dans l’œuf trois guerres privées grâce à la leeente systématisation des « derniers pourparlers ». Néanmoins, vingt-quatre fejde (faide en français) demeuraient en cours, semble-t-il reportées aux jours sans Trêve de Dieu. Donc, malgré quelques progrès, le texte n'avait pour le moment rien arrangé, si ce n'est déplacé les conflits à certaines périodes raccourcies de l'année, un peu à l'image de Níels XVII qui était parvenu à déplacer les fejde vers les terrains de Knattleikr sans jamais régler le problème. Marie réfléchissait constamment à des solutions mais ce n'était pas facile au pays du droit privé triomphant du droit public ; la frontière n'était d'ailleurs même pas clairement tracée entre les deux. Fallait-il laisser une chance à l'édit sur le temps long ? Ou prendre le taureau par les cornes en poussant vers l'instauration de la domination politique au profit exclusif de la Couronne, chose aujourd'hui dispersé chez des acteurs aussi divers que le trône, les féodaux, les clans, les corporations, l'Église... Cette voie conduirait à un bain de sang et à des souffrances inimaginables car les forces centrifuges, à l’œuvre depuis toujours, ne se laisseraient pas faire. Était-il, au juste, réellement indispensable de provoquer le triomphe de l'autorité ? N'était-ce pas la première marche d'une société tyrannique ? Fallait-il un équilibre entre autorité et liberté ? Où ? Comment ? Était-ce une utopie ? Autant de questions que Marie se posait, consciente de n'avoir pas réponses à tout.
En prière, la suzeraine eu soudain une sorte d’intuition mystique, quelque chose d'inexplicable. « C'est peut-être vous qui devriez la ceindre ? dit elle à la Vierge, en touchant la petite couronne royale qu'elle portait au quotidien, ici sous la mantille. Ainsi, vous seriez Reine de Thorval, et moi vostre avouée ? » finit-elle. Un geste pareil serait extraordinaire et détonant, et incompréhensible pour les étrangers. Marie III comprit que s'il avait lieu, le couronnement de Sainte Marie Reine de Thorval ne devrait pas se tenir ici, au milieu de nul part, mais de manière officielle, dans un endroit fréquenté et exposé aux regards des hommes. Incontestablement, la jeune dame serait passée pour une folle partout ailleurs, mais pas au pays de la foi, des superstitions, des moines, des mystères, des contes et des légendes, où c'est l'athée qui était fou. Elle remonta en selle, au coté de ses parents, et partit. La nuit n'allait pas tarder, il fallait se dépêcher de rentrer, au risque des brigands, des monstres et des esprits vengeurs.[/justify]
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Zaldora
[justify]Le système judiciaire et les prisons.
Temps présents
[center][img]https://zupimages.net/up/19/40/3x15.png[/img]
Cul-de-basse-fosse du château d'Agder[/center]
Le système juridique est de droit coutumier, c'est-à-dire que les coutumes ont force de loi et que les textes écrits sont quantité négligeable. Le système judiciaire repose, quant à lui, sur la procédure accusatoire, où le rôle du juge est d'écouter les arguments des deux parties, pour en tirer la vérité avec impartialité. Dû à l'organisation politique, la fonction judiciaire s'en retrouve complètement éparpillée, faisant varier à l'infini les décisions et les punitions. L'unique semblant de justice unifiée est la Store Domstol, grande cour royale servant aux appels et au jugement des seigneurs, mais ses travaux demeurent exceptionnels.
Le réseau pénitentiaire est constitué de cachots souterrains situés sous les châteaux seigneuriaux. Il en existe pas moins de deux cent (ce qui est peu, ramené au nombre de châteaux) tandis que leur capacité totale est faible, ne dépassant pas les cinq mille places. Les conditions de détention sont très mauvaises : le froid, l'humidité, les rongeurs, l'insalubrité et l'obscurité sont le quotidien des prisonniers. Cependant, ces derniers bénéficient d'une ration suffisante et de quelques aménagements censés rendre le séjour moins pénible, tels que une couchette, des latrines et une couverture.
Il y a deux sortes d'incarcération : la prison « fermée » que nous venons de présenter, et la prison « ouverte » dont les murs correspondent à l'enceinte d'une ville ou les frontières d'une province, qu'un accusé ne doit pas quitter avant son jugement. Le peuple préfère incontestablement la seconde option, qualifiée de courtoise. Ainsi, au vu de ces principes et de ces mentalités, seuls les grands criminels sont réellement incarcérés. Les crimes graves conduisant à la prison fermée regroupent le viol, la pédophilie, la zoophilie, le grand brigandage (en particulier le trafic d'être humain), la délation, la rupture de serment (notamment au niveau des relations féodales), l'infanticide (ne concerne que le praticien), la fausse accusation, le vol par un riche (tandis que le vol par un pauvre est pleinement excusé), la spéculation sur le grain, la mendicité (uniquement à Jensgård) et certains assassinats. Les meurtres de sang ne sont pas tous cause de poursuites, la résolution des conflits se faisant sur un mode privé selon les lois de la vengeance. En règle générale, le principe de la prison fermée fait l'objet d'une telle répugnance que l'on cherche par tous les moyens à en soustraire même les grands criminels. Ces derniers sont donc plus couramment bannis de la province, leurs biens saisis et punit corporellement. Voilà pourquoi, le nombre de détenus ne dépasse aujourd'hui pas mille personnes.
La peine de mort est une sentence rare et encadrée d'un rituel très précis. Seuls quelques crimes particulièrement odieux la justifie partout tels que le régicide, le parricide ou le matricide. Ensuite, selon la province, d'autres crimes peuvent s'ajouter. Quoi qu'il en soit, la mise à mort sur décision publique doit rester marginale et inquiétante, afin de donner l'exemple. D'ailleurs, avant l'exécution, le peuple guette souvent les moindres signes inhabituels : corde qui se casse, intempéries, liens du condamné qui se détachent d'eux-mêmes... sont tout autant de situations témoignant d'une intervention divine. Alors, des cris s'élèvent pour sauver le supplicié, car Dieu parle par la bouche du peuple. Dans 100% des cas, le criminel a la vie sauve. Globalement, la justice publique repose, en effet, davantage sur la miséricorde que la rigueur. C'est pourquoi, les petites infractions et les délits moyens sont peu ou pas punit.[/justify]
Temps présents
[center][img]https://zupimages.net/up/19/40/3x15.png[/img]
Cul-de-basse-fosse du château d'Agder[/center]
Le système juridique est de droit coutumier, c'est-à-dire que les coutumes ont force de loi et que les textes écrits sont quantité négligeable. Le système judiciaire repose, quant à lui, sur la procédure accusatoire, où le rôle du juge est d'écouter les arguments des deux parties, pour en tirer la vérité avec impartialité. Dû à l'organisation politique, la fonction judiciaire s'en retrouve complètement éparpillée, faisant varier à l'infini les décisions et les punitions. L'unique semblant de justice unifiée est la Store Domstol, grande cour royale servant aux appels et au jugement des seigneurs, mais ses travaux demeurent exceptionnels.
Le réseau pénitentiaire est constitué de cachots souterrains situés sous les châteaux seigneuriaux. Il en existe pas moins de deux cent (ce qui est peu, ramené au nombre de châteaux) tandis que leur capacité totale est faible, ne dépassant pas les cinq mille places. Les conditions de détention sont très mauvaises : le froid, l'humidité, les rongeurs, l'insalubrité et l'obscurité sont le quotidien des prisonniers. Cependant, ces derniers bénéficient d'une ration suffisante et de quelques aménagements censés rendre le séjour moins pénible, tels que une couchette, des latrines et une couverture.
Il y a deux sortes d'incarcération : la prison « fermée » que nous venons de présenter, et la prison « ouverte » dont les murs correspondent à l'enceinte d'une ville ou les frontières d'une province, qu'un accusé ne doit pas quitter avant son jugement. Le peuple préfère incontestablement la seconde option, qualifiée de courtoise. Ainsi, au vu de ces principes et de ces mentalités, seuls les grands criminels sont réellement incarcérés. Les crimes graves conduisant à la prison fermée regroupent le viol, la pédophilie, la zoophilie, le grand brigandage (en particulier le trafic d'être humain), la délation, la rupture de serment (notamment au niveau des relations féodales), l'infanticide (ne concerne que le praticien), la fausse accusation, le vol par un riche (tandis que le vol par un pauvre est pleinement excusé), la spéculation sur le grain, la mendicité (uniquement à Jensgård) et certains assassinats. Les meurtres de sang ne sont pas tous cause de poursuites, la résolution des conflits se faisant sur un mode privé selon les lois de la vengeance. En règle générale, le principe de la prison fermée fait l'objet d'une telle répugnance que l'on cherche par tous les moyens à en soustraire même les grands criminels. Ces derniers sont donc plus couramment bannis de la province, leurs biens saisis et punit corporellement. Voilà pourquoi, le nombre de détenus ne dépasse aujourd'hui pas mille personnes.
La peine de mort est une sentence rare et encadrée d'un rituel très précis. Seuls quelques crimes particulièrement odieux la justifie partout tels que le régicide, le parricide ou le matricide. Ensuite, selon la province, d'autres crimes peuvent s'ajouter. Quoi qu'il en soit, la mise à mort sur décision publique doit rester marginale et inquiétante, afin de donner l'exemple. D'ailleurs, avant l'exécution, le peuple guette souvent les moindres signes inhabituels : corde qui se casse, intempéries, liens du condamné qui se détachent d'eux-mêmes... sont tout autant de situations témoignant d'une intervention divine. Alors, des cris s'élèvent pour sauver le supplicié, car Dieu parle par la bouche du peuple. Dans 100% des cas, le criminel a la vie sauve. Globalement, la justice publique repose, en effet, davantage sur la miséricorde que la rigueur. C'est pourquoi, les petites infractions et les délits moyens sont peu ou pas punit.[/justify]
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Zaldora
[justify]Vie monastique, cœur de la spiritualité.
Temps présents
[center][img]http://zupimages.net/up/17/39/28r8.png[/img]
Le cloître du monastère Sainte-Brigitte[/center]
Le monastère Sainte-Brigitte est implanté près de la forêt Saint-Knud, sur des terres particulièrement sauvages du Tybo, petit pays traditionnel constitutif du Duché de Skovegård. Fondé en 1934, la bâtisse accueille cinquante moines et bientôt trente moniales. La communauté monastique appartient à l'Ordre Larsais, crée par Lars le Pieux de Hårland au XIIe siècle. L'ordre suit la règle de Saint Benoit et à comme particularités d'accepter les monastères-doubles, de n'avoir pas de hiérarchie abbayes-prieurés, et de concilier le plus parfaitement possible l'ascèse spirituelle et les travaux manuels/culturels. Contrairement au monde séculier, la liturgie s'effectue exclusivement en latin. Le monastère est en majeure partie d'architecture gothique renouvelé.
Journée type d'un moine Larsais
1h00 à 2h00 du matin : les moines quittent leur cellule pour se diriger vers le chœur où est célébré l'office des Matines.
2h00 à 3h30 : repos.
3h30 à 4h30 : office des Laudes.
4h30 à 6h00 : repos.
6h00 à 6h30 : office de Prime.
6h30 à 7h00 : rassemblement au sein de la salle capitulaire où l'abbé lit un chapitre de la règle, tout en la commentant.
7h00 à 9h00 : les moines vont au travail (champs, forge, moulin ou chauffoir pour la copie ou la réalisation d'enluminure).
9h00 à 9h30 : office de Tierce.
9h30 à 10h15 : méditation contemplative (silence absolu).
10h15 à 11h30 : retour au travail.
11h30 à 12h30: office de Sexte, fin de la matinée.
12h30 à 13h00 : déjeuner au réfectoire. Avant d'entrer, les moines se lavent la tête et les mains, ils prennent le repas en silence, tandis que l'un d'eux lit un passage de la Bible.
13h00 à 15h00 : sieste.
15h00 à 15h30 : office de None.
15h30 à 18h00 : retour au travail.
18h00 à 18h30 : office de Vêpres.
18h30 à 19h00 : dîner léger, avec le reste du pain de midi.
19h00 à 19h30 : méditation contemplative (silence absolu).
19h30 à 20h00 : office de Complies, fin de la journée.
20h00 : les moines regagnent leur dortoir, se couchent sur le matelas, en habit, et une couverture de laine ou de fourrure grossière tirée sur eux. Silence absolu jusqu'à Laudes.
(l'heure des offices peut varier suivant les saisons)
Le frère Mathias a un talent de copiste.
Le frère Pétr et le frère Ragnarr excellent dans l'enluminure.
Le frère Olafr est un paysan-né.
Et ainsi de suite, selon les talents de chacun à fructifier.[/justify]
Temps présents
[center][img]http://zupimages.net/up/17/39/28r8.png[/img]
Le cloître du monastère Sainte-Brigitte[/center]
Le monastère Sainte-Brigitte est implanté près de la forêt Saint-Knud, sur des terres particulièrement sauvages du Tybo, petit pays traditionnel constitutif du Duché de Skovegård. Fondé en 1934, la bâtisse accueille cinquante moines et bientôt trente moniales. La communauté monastique appartient à l'Ordre Larsais, crée par Lars le Pieux de Hårland au XIIe siècle. L'ordre suit la règle de Saint Benoit et à comme particularités d'accepter les monastères-doubles, de n'avoir pas de hiérarchie abbayes-prieurés, et de concilier le plus parfaitement possible l'ascèse spirituelle et les travaux manuels/culturels. Contrairement au monde séculier, la liturgie s'effectue exclusivement en latin. Le monastère est en majeure partie d'architecture gothique renouvelé.
Journée type d'un moine Larsais
1h00 à 2h00 du matin : les moines quittent leur cellule pour se diriger vers le chœur où est célébré l'office des Matines.
2h00 à 3h30 : repos.
3h30 à 4h30 : office des Laudes.
4h30 à 6h00 : repos.
6h00 à 6h30 : office de Prime.
6h30 à 7h00 : rassemblement au sein de la salle capitulaire où l'abbé lit un chapitre de la règle, tout en la commentant.
7h00 à 9h00 : les moines vont au travail (champs, forge, moulin ou chauffoir pour la copie ou la réalisation d'enluminure).
9h00 à 9h30 : office de Tierce.
9h30 à 10h15 : méditation contemplative (silence absolu).
10h15 à 11h30 : retour au travail.
11h30 à 12h30: office de Sexte, fin de la matinée.
12h30 à 13h00 : déjeuner au réfectoire. Avant d'entrer, les moines se lavent la tête et les mains, ils prennent le repas en silence, tandis que l'un d'eux lit un passage de la Bible.
13h00 à 15h00 : sieste.
15h00 à 15h30 : office de None.
15h30 à 18h00 : retour au travail.
18h00 à 18h30 : office de Vêpres.
18h30 à 19h00 : dîner léger, avec le reste du pain de midi.
19h00 à 19h30 : méditation contemplative (silence absolu).
19h30 à 20h00 : office de Complies, fin de la journée.
20h00 : les moines regagnent leur dortoir, se couchent sur le matelas, en habit, et une couverture de laine ou de fourrure grossière tirée sur eux. Silence absolu jusqu'à Laudes.
(l'heure des offices peut varier suivant les saisons)
Le frère Mathias a un talent de copiste.
Le frère Pétr et le frère Ragnarr excellent dans l'enluminure.
Le frère Olafr est un paysan-né.
Et ainsi de suite, selon les talents de chacun à fructifier.[/justify]
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Zaldora
[justify]La compagnonnade.
15 avril 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/40/gpz4.png[/img]
Jensgård : maison des bouchers située en la rue.... des Bouchers. [/center]
Que les compagnons de l'orfèvrerie, de la céramique (poterie), de la joaillerie, de la soie... se délectaient et appréciaient déjà de ne pas travailler le samedi après l'Angélus de midi ! A vrai dire, l'Édit ne les surpris guère dans la mesure où les représentants de Sa Majesté avaient au préalable négocier en toute discrétion avec les jurés des métiers. En tant que Compagnons, cela leur fit chaud au cœur d'être reconnus et pris en compte car face aux régiments de paysans, et même face aux Maitres et aux Apprentis, ils ne faisaient pas le poids. Ainsi, chacun profitait maintenant du temps libre, en ce premier samedi depuis l'entrée en vigueur de l'Édit. Les maitres du Métier étaient moins sereins : le second article, menaçant les coutumes professionnelles si des restrictions à la maitrise apparaissaient, les avait pris de cours et mis en branle les justices privées corporatives, qui désormais surréagissaient à coup d'amendes et de réprimandes monumentales. Au vu des rapports de force (une reine faible), la réaction paraissait démesurée sauf que... ne plus être reconnu par Sa Majesté faisait toujours mauvais genre, puis elle avait quand même été Ointe au Saint Crème et n'était par définition pas n'importe qui, en dépit de sa grande faiblesse politique. Enfin, le bourgmestre avait cherché querelle à la royauté, depuis, personne ne l’aimait et il marchait en [url=http://www.simpolitique.com/post319020.html#p319020]boitant[/url].
A Jensgård, les compagnons de la céramique profitaient de la journée pour écumer les tavernes de la ville. Au gré de leurs pérégrinations, ils se retrouvèrent par hasard dans le quartier Savant, qui accueillait l'Université, et où vivaient les étudiants. Les deux groupes s'échangèrent leurs premières provocations, avant de laisser place à de premiers accrochages qui, rapidement, débouchèrent sur des coups de pieds, et une bagarre homérique. Alerté par le tapage, toujours plus d'étudiants se mêlèrent au combat tandis que des vagues de compagnons grossissaient au même moment le camps adverse. L'émeute s'étendit, se renforça et se propagea jusqu'à ce que les participants n'en puissent plus et s'effondre au sol, essoufflés, blessés et fatigués. Le reste de la population s'était réfugié dans les églises ou chez lui, tandis que le guet urbain avait brillé par son absence. Au delà de leur désorganisation proverbiale, les Manteaux Gris étaient complètement saouls au moment des faits. Selon les Hôtels de Dieu de la capitale, le bilan de l'émeute allait s'avérer particulièrement lourd : 12 morts et 545 blessés. Premiers coupables les Manteaux Gris, qui n'avaient pas fait leur devoir. Venaient ensuite les compagnons et les étudiants, ex aequo. Les premiers ont provoqué mais les seconds n'en étaient pas moins turbulents et loin d'être des enfants de chœur.[/justify]
15 avril 2034,
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Jensgård : maison des bouchers située en la rue.... des Bouchers. [/center]
Que les compagnons de l'orfèvrerie, de la céramique (poterie), de la joaillerie, de la soie... se délectaient et appréciaient déjà de ne pas travailler le samedi après l'Angélus de midi ! A vrai dire, l'Édit ne les surpris guère dans la mesure où les représentants de Sa Majesté avaient au préalable négocier en toute discrétion avec les jurés des métiers. En tant que Compagnons, cela leur fit chaud au cœur d'être reconnus et pris en compte car face aux régiments de paysans, et même face aux Maitres et aux Apprentis, ils ne faisaient pas le poids. Ainsi, chacun profitait maintenant du temps libre, en ce premier samedi depuis l'entrée en vigueur de l'Édit. Les maitres du Métier étaient moins sereins : le second article, menaçant les coutumes professionnelles si des restrictions à la maitrise apparaissaient, les avait pris de cours et mis en branle les justices privées corporatives, qui désormais surréagissaient à coup d'amendes et de réprimandes monumentales. Au vu des rapports de force (une reine faible), la réaction paraissait démesurée sauf que... ne plus être reconnu par Sa Majesté faisait toujours mauvais genre, puis elle avait quand même été Ointe au Saint Crème et n'était par définition pas n'importe qui, en dépit de sa grande faiblesse politique. Enfin, le bourgmestre avait cherché querelle à la royauté, depuis, personne ne l’aimait et il marchait en [url=http://www.simpolitique.com/post319020.html#p319020]boitant[/url].
A Jensgård, les compagnons de la céramique profitaient de la journée pour écumer les tavernes de la ville. Au gré de leurs pérégrinations, ils se retrouvèrent par hasard dans le quartier Savant, qui accueillait l'Université, et où vivaient les étudiants. Les deux groupes s'échangèrent leurs premières provocations, avant de laisser place à de premiers accrochages qui, rapidement, débouchèrent sur des coups de pieds, et une bagarre homérique. Alerté par le tapage, toujours plus d'étudiants se mêlèrent au combat tandis que des vagues de compagnons grossissaient au même moment le camps adverse. L'émeute s'étendit, se renforça et se propagea jusqu'à ce que les participants n'en puissent plus et s'effondre au sol, essoufflés, blessés et fatigués. Le reste de la population s'était réfugié dans les églises ou chez lui, tandis que le guet urbain avait brillé par son absence. Au delà de leur désorganisation proverbiale, les Manteaux Gris étaient complètement saouls au moment des faits. Selon les Hôtels de Dieu de la capitale, le bilan de l'émeute allait s'avérer particulièrement lourd : 12 morts et 545 blessés. Premiers coupables les Manteaux Gris, qui n'avaient pas fait leur devoir. Venaient ensuite les compagnons et les étudiants, ex aequo. Les premiers ont provoqué mais les seconds n'en étaient pas moins turbulents et loin d'être des enfants de chœur.[/justify]