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Posté : mer. juil. 26, 2017 11:45 am
par Zaldora
[justify]Les curseurs sociétaux. (la présentation a été empruntée à Sébaldie !)
Septembre 2033,
Le premier sentiment d'appartenance repose sur le clan. Quel est le second ? Va-t-il à la Nation ? Au Monde ? A la Dytolie ? Y en a-t-il d'autres ? Les mentalités populaires demeurent là encore très traditionnelles.
Village / Ville (appartenance sociale de base, après le clan)
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Pays traditionnels (micro-régions aux racines culturelles propres et profondes, dont les habitants partagent une perception homogène de la gestion des terroirs et du paysage. Elles correspondent souvent mais pas toujours à des arrières-fiefs)
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Provinces historiques (les 'Grands fiefs' dont la cohérence historico-culturelle est indubitable, contrairement aux divisions administratives artificielles et sans logique que l'on peut trouver dans le monde)
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Nation Thorvaloise (Indicatif pertinent afin de jauger le nationalisme à l'intérieur de la société)
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Dytolie-Nord (Indicatif pertinent afin de jauger le régionalisme continental à l'intérieur de la société)
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Dytolie (Indicatif pertinent afin de jauger le Dytolisme à l'intérieur de la société)
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Monde (les citoyens du monde ou les apatrides)
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La Reine est le socle sur lequel repose l'unité entre les différentes identités locales. Son prestige, adossée à l'Onction au Saint Chrême, se vérifie dans tous le royaume en dépit d'un pouvoir faible, et du fait qu'au moins la moitié de la population ne l'ait jamais vu et ne saurait la reconnaitre. Si la royauté venait à disparaitre, il est probable que le Thorval se transforme en une constellation de royaumes claniques belliqueux.[/justify]
Posté : ven. juil. 28, 2017 3:03 pm
par Zaldora
[justify]Une mort honorable.
23 septembre 2033,
En ce temps d’automne, le Duc de Helligstier vivait en son château de Gammel Skaanhus. D'architecture gothique forteresse, l'édifice arborait une forme en équerre avec trois hautes tours d'angle (de cinq niveaux), en plus du donjon duquel se dégageait une échauguette donnant sur la campagne voisine. De la haut, on apercevait les guerres privées arriver de loin et c'est en cela qu'un veilleur surveillait les environs nuits et jours. Le domaine était entouré de douves, ainsi que de diverses dépendances, parmi lesquelles une écurie, une étable, un potager, une forge et un moulin ; cependant, ni parcs, ni jardins, ni fontaines d'apparat. Plus qu'un lieu de résidence, Gammel Skaanhus était le cœur politique et militaire de la seigneurie. Le château comprenait un étage sur rez-de-chaussé avec sous-sol. Le plus bas niveau abritait principalement la cave à alcools, les celliers et diverses autres pièces de stockage. Le rez-de-chaussé accueillait la cuisine, la salle à manger des servants, leurs chambres, des latrines etc. L'étage supérieur contenait quant à lui une bibliothèque, une armurerie, une chapelle, la chambre du roi (celle du Châtelain évidemment!) et la Grand'salle seigneuriale. Celle-ci était la principale pièce du domaine, où le Seigneur prenait ses repas sur de grandes tables à tréteaux, gouvernait sa province, recevait la Lavting (assemblée trimestrielle des délégués du peuple provincial), etc. Les combles, enfin, renfermaient, en temps de paix, le Trésor de la Province : plusieurs coffres imposants garnis de beaucoup d'or. Les armes du nobliaux se trouvaient un peu partout, aussi bien sur les portes que sur les culots. L'ameublement et la décoration générale comptaient beaucoup de cheminées, de lambris de bois ornés de motifs finement sculptés, de tapisseries, de trophées de chasse et de lustres à bougies en fer forgé. Les fenêtres étaient rares et jamais très grandes, toutefois, les quelques chanceuses affichaient de beaux vitraux peint à la main. Les toits n'avaient enfin pas été négligés avec plusieurs plafonds en voûte d'ogive. A coté des grandes demeures baroques toutefois, qui parsemaient le reste de la Dytolie, le château n'avait rien d'ahurissant car dépourvu de marbres, de stucs, de dorures et d'une opulence ne se mariant pas à ses fonctions principales, POLITIQUE ET MILITAIRE.
A l'image de ses pairs, le Duc Magnus était d'ancienne extraction, c'est-à-dire de la vieille noblesse guerrière, veillant méticuleusement à son honneur et étant imbus, depuis leur introduction par l'Église, du code et des valeurs de la chevalerie qui devaient purifier son âme. De ce fait, Magnus s'y tenait le mieux possible, en dépit des défauts qui faisaient de lui un rustaud, et parfois un butor.
Lorsqu'on eu connaissance des enjeux de la guerre civile au Caskar, le seigneur Magnus décida, sans tergiverser, de soutenir le camps des Traditionalistes et y envoya cinq de ses meilleurs Heimthegar ! Aucun ne revint et ce soir, il banquetait avec ses plus fidèles vassaux en souvenir de leur mémoire sacrifiée.
« … un homme loyal et généreux envers tous.
Grimulf fit, à la bataille de Menos, preuve d'une bravoure et d'une abnégation exceptionnelle. Il chargea l'ennemi, sabre à la main, balayant, avec le reste de sa cavalerie, plusieurs régiments bien plus nombreux et mieux armés, avant de succomber face à l'artillerie. Eux eurent la supériorité numérique, Grimulf celle de la générosité, de l'honneur, du dévouement et du courage qui façonnent les héros ! Que le souvenir de son cœur combattant demeure toujours en nous ! »
Le duc s'enfila sa coupe d'hydromel, suivit par ses invités. La musique des scaldes reprit ses droits, tandis que les petites mains se déplaçaient de long en large avec de nouvelles carafes d'hydromel. Les Traditionalistes avaient perdu la guerre mais cela n'aurait pas de conséquence sur le Thorval. La Reine ne pouvait centraliser le pouvoir comme le fit la Grande Duchesse, à moins de faire la guerre à ses vassaux et d'accepter de régner ensuite sur les cendres. Le seigneur Magnus connaissait trop bien sa nièce et la savait incapable d'un si lourd sacrifice. Son cœur était trop bon pour ça, peut-être même trop bon pour la politique.[/justify]
Posté : dim. août 06, 2017 7:35 pm
par Zaldora
[justify]Les courants de pensées.
A ce jour,
Les courants de pensées s'organisent en cercles informels. Ils traversent la société et garnissent les très nombreuses Ting – assemblées traditionnelles – à tout les niveaux. Sur un axe illustrant la philosophie économique – horizontal – et la philosophie politique – vertical – cela donnerait (avec la retenue nécessaire, dans la mesure où il n'est pas possible de les mettre dans une case, le réel accomplissant son œuvre de complexification) :
[center][img]http://zupimages.net/up/17/31/pf75.png[/img][/center]
Les Selvstændige ne figurent pas sur le schéma dans la mesure où ils défendent divers intérêts communautaires. A s'y essayer malgré-tout, ces derniers se trouveraient le plus loin possible de l'axe autoritaire. Cette tendance libertaire par rapport à l'État et au centralisme est presque commune à tous, malgré les divergences sur d'autres sujets. Au milieu de cet océan libertaire, les Nutidige passent pour des dangers publics, en dépit de positions modérées sur la centralisation, et les Legitimister pour des malades mentaux. Perçue comme « hors-sol », leur doctrine, prônant la monarchie absolue, se base sur le droit romain en provenance du monde latin. Des concepts totalement étrangers à la plupart.[/justify]
Posté : mar. août 08, 2017 12:38 pm
par Zaldora
[justify]Bons baisers Soveroves.
A ce jour,
La présente lettre est écrite en Gotisk Skrift et transmise via une enveloppe cachetée de cire bleu ciel. Elle vient de la princesse Ingrid, sœur de la Reine Marie, à destination de la Reine mère Margrethe, que l'on sait à divers degrés impliquée dans la politique du royaume. Lisez aussi [url=http://www.simpolitique.com/post309296.html#p309296]cela[/url] pour mieux comprendre.
[quote]Mère, Chère maman,
Comment se porte ma sœur ? Comment va le clan ? J'espère que les mauvaises moissons sur nos terres Tårnlundaises n'ont pas été trop difficiles. De mon coté, je ne me plains pas, ici au sud-ouest de la Soverovie. Mon mari me traite bien et les gens de Kver sont accueillants. Je ne parle pas encore le Soverov mais cela viendra avec le temps. En dépit du développement industriel, le pays possède encore beaucoup de charme, essentiellement hors des villes. C'est à la campagne et à proximité de la nature que l'on ressent le mieux l'âme slave où s’entremêlent joie et mélancolie matinées d'un amour profond pour la terre des ancêtres. Cette mentalité est si mystérieuse et si ambiguë, et c'est ce qui la rend authentique et attirante. Les poètes locaux s'y sont abondamment abreuvés, donnant à leurs poèmes la beauté que le monde entier reconnait.
Les Soveroves sont extrêmement pieux et semblent suivre un catholicisme de ligne pure. Il n'y a pas de Nisse ou de Trolls sur les vitraux des églises, ni de chats ailés près de la Très Sainte Vierge Marie. La messe tridentine est belle et exalte le sacré. Néanmoins, je la trouve trop latine et cérémonielle, couplé aux décors grand-opéra des édifices baroques que j'ai pu visité. Peux-tu envoyer un prêtre qui connaisse le Rit Thorvalois ?
J'ai aussi pu voir de mes propres yeux la réalité de l'agriculture. Les moulins sont d'immenses batisses grises, les poules sont parquées par centaines dans de grandes bâtisses et l'usage de poisons est généralisé. A proprement parler, il n'existe plus de paysans en Soverovie ou alors de manière isolée. Contrairement au Thorval où les paysans sont soit censitaires, soit alleutiers (j'entends qu'il y en aurait de plus en plus !), ceux qui grattent la terre en Soverovie sont les obligés de puissants marchands qui possèdent les outils, les terres et décident des semailles.
J'ai constaté d'autres différences : a l'opposé de Thorval, les ouvriers sont ici très nombreux, et les petites entreprises familiales, ainsi que l'artisanat traditionnel, peinent à exister face aux géants qui dominent l'économie. Il semble par ailleurs assez mal perçu de critiquer l'économie. Ceux qui s'y essayent sont suspectés de « sorcellerie »
As-tu entendu les rumeurs de rapprochement entre la Principauté et l'Empire Luciférien ?! Je n'osais y croire au début mais cela semble vrai. Le plus troublant est que personne ne réagit, ou peu s'en faut. Si Marie avait osé pareil audace, aussitôt des dizaines de complots seraient fomentés contre elle ou, dans le meilleur des cas, les armées seigneuriales marcheraient contre le château. Le clan serait en état de guerre, le couteau entre les dents ! Le mutisme de la société est sans doute dû à l'absolutisme où la loyauté doit être aveugle ou presque. Ce n'est pas bon, cela avilit l'esprit ! J'agirais à mon humble niveau pour que la Soverovie ne perde pas son âme et protège ses traditions contre la tentation de la fuite en avant.
Embrasse Marie de ma part, ainsi que la petite Marie, et tout le clan. Dit leur que je les aime,
[right]Ta fille qui t'aime,
Ingrid.[/right]
[/quote][/justify]
Posté : mer. août 09, 2017 5:35 pm
par Zaldora
[justify]Duel : l'enfant défit le bourgmestre
3 novembre 2033,
Le jour où le bourgmestre Anskar et Erik du clan royal devaient s'affronter en duel était venu. L'un avait quarante-neuf ans et l'autre quatorze. Cependant, malgré son jeune âge, le paysan était costaud et arborait une belle carrure, taillée par les entrainements, les bagarres et les travaux des champs. Pour le corps municipal, il était hors de question que le combat ait lieu à la campagne, le domaine des ignares, des sauvages et des fous. Le duel allait donc se tenir sur les pavés de la Place du Beffroi, en plein Jensgård, faisant-fi exceptionnellement des coutumes citadines qui réprimaient pareille pratique. Au mois de novembre, le vent soufflait et les froids de l'hiver s'installaient graduellement sur la ville. Les premières neiges étaient attendues pour la mi-novembre, avant de s'implanter durablement en décembre jusqu'à février ; ne commençant à se retirer qu'à la fin du dit mois, pour ne fondre définitivement qu'en mars. Du moins si, capricieuse, la saison froide ne prolongeait pas son séjour.
La foule affluait des ruelles et il en venait davantage chaque minute. D'autres s'étaient installés aux fenêtres des maisons à colombage qui entouraient la place. Le spectacle attirait les badauds de toute part. Outre ces derniers, de nombreux membres du clan royal se trouvaient dans les parages, nobles ou pas, afin d'encourager Erik. De son coté, le chef de la ville pouvait compter sur l'appui des échevins, présents en habits cérémoniels. La reine aurait aimé être derrière son cousin mais elle se situait toujours à un jour et demi de cheval de la capitale. La veille, elle avait prié Dieu pour que rien n'arrive à Erik et se sentait anxieuse présentement, du haut de sa monture qui arpentait les chemins de son domaine. A plusieurs mil thorvalois de là, la foule commençait à perdre patience, alors qu'un médecin et quatre sœurs de l’Hôtel-Dieu se montrèrent afin, au besoin, de soigner les combattants.
L'arbitre, qui n'était autre que l'avocat ayant arrangé le duel, pria le bourgmestre et Erik de s'approcher.
« Nous effectuons, avant le début des hostilités un léger rappel des règles. Ceci est un duel à mort, sauf abandon de l'un des participants. L'enjeu est l'honneur du corps municipal et du clan royal dans la querelle qui les oppose depuis l'été. Tout les coups sont permis mais personne d'extérieur ne saurait apporter une aide, à l'évidente exception du Ciel dont les intercessions et les interventions sont autorisées. Sire Anskar, Gamin... En joue ! »
Les deux se débarrassèrent de leurs chapeaux et de leurs pourpoints, avant de dégainer le sabre. Le duel partit sur les chapeaux de roue avec un coup d'estoc esquivé par le bourgmestre à l'aide d'un léger mouvement sur la gauche. Il répliqua avec une frappe de taille au visage d'Erik, mais ce dernier se baissa pour éviter la lame, puis se dégagea de sa portée.
Multipliant les jeux de jambes, se regardant droit dans les yeux à la recherche de la moindre faiblesse, les deux se foncèrent subitement dessus en hurlant tels des barbares. Les sabres s’entrechoquèrent violemment. La danse endiablée débuta, se poursuivit, et ne s'arrêtait désormais plus, entrainée par le cliquetis des armes sous les vivats de la foule. Estoc, parement, taille, parement, estoc, parement, taille, taille, estoc, taille, estoc, estoc, estoc... depuis quelques minutes, plus personne ne parait et pour cause : le souffle manquait. La maladresse augmenta et les sabres tendaient désormais à abîmer le pavé plutôt qu'à découper des corps. Le bourgmestre prit alors sur lui et, dans un dernier effort, parvint à entailler le bas du ventre du garçon de 14 ans. Le sang coula, l'entaille n'était pas négligeable et il avait un genoux à terre. Profitant de son avantage, Anskar frappa Erik d'un coup de pied, qui perdit son arme et s’étala au sol.
« Abandonne gamin ou je te tue, lança le bourgmestre en s'approchant à pas lents.
Erik baragouina des mots que personne ne compris si ce n'est les gens de son clan. C'était un patois du vieux-Tårnlundais.
– A Jensgård, on se doit de parler le Thorvalois standard ! crut bon de préciser l'arbitre.
– Il a dit, traduisit l'arbitre, que jamais il ne se rendra face à un homoncule comme vous. Plutôt mourir.
– Homoncule qui t'a finalement battu ! fanfaronna le bourgmestre vers la foule, qui avait été investie par les Manteaux Gris et qui retenaient dorénavant les hommes du clan royal. »
Grave erreur. Erik profita de l'inattention du bourgeois pour ressaisir son sabre et tailler chaotiquement au niveau des jambes. Le dirigeant de la Cité s'effondra en criant et se tenait la jambe gauche. Le sang coula de nouveau. Son mollet était lourdement amoché. Gêné et hébété, l'avocat-arbitre ne savait quoi faire. Il prit son courage à deux mains.
« Euh... Eh bien... Je décerne le match nul ! Oui ! Les tords sont partagés, que chacun reparte sans rancune » informa-t-il avant de filer, bientôt suivis par les autres échevins.
Les bonnes sœurs se ruèrent aussitôt au chevet des blessés. « Mord ceci, petit, nous allons devoir te rescoudre. »
Une autre se trouvait auprès du chef municipal. Gerlef s'approcha la dague à la main : « ses blessures sont fatales, Ma sœur. Le mieux serait de l'achever ». La Mère Brynhild lui lança un regard noir qui le fit rengainer sa miséricorde : « D'accord, j'ai pas pipé. » lâcha-t-il.[/justify]
Posté : dim. août 13, 2017 2:09 pm
par Zaldora
[justify]Une histoire de césaropapisme.
8 novembre 2033,
« L'Affaire des Archevêques » ne passait pas bien au Château Saint Olaf et l'absence de réaction traduisait surtout une colère sourde, plutôt qu'une approbation des agissements princiers. Tout dans la description que l'on fit à Marie III lui parut surréaliste : l'Église slave annonce ne plus soutenir le parti de la princesse, s'ensuit une découverte cataclysmique sur les mœurs de trois archevêques, l'un d'eux est menacé de torture, le clergé soverove implore sa soumission à l'égard du pouvoir politique et, point d'orgue d'un veritable chemin de croix, Son Éminence Augustus XXV subit les tortures des enquêteurs royaux. A la surprise générale, il tient bon. Innocent ? La concomitance et l'enchainement des évènements étaient trop parfaits pour pas que l'on remarque la grossièreté de l'affaire, cousue de fils blancs ! Toute cette mascarade ressemblait davantage à un procès politique et vengeur, plutôt qu'à un procès judiciaire.
Un tel scandale aurait, au Thorval, d'abord donner lieu à un procès canonique qui, en cas de culpabilité, aurait prononcé une peine spirituelle pour les deux premiers ; réduit à l'état laïc le dernier, avant de le remettre à la justice temporelle concernée et compétente. Néanmoins, quand un État cherche à montrer sa force contre les mutins, et à les réduire à l’obéissance passive, les pratiques équitables sont jetées à la poubelle. Les coups de fouets donnés à Augustus XXV constituèrent le zèle de trop. Selon le [url=http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P50.HTM]droit canonique[/url], l'Interdit pesait maintenant, automatiquement, sur les enquêteurs, la Reine Anastasia et son administration complice. Mais la Papauté aura-t-elle assez de courage pour officialiser la punition aux yeux de tous ? Du coté de la cour, le rappel de l'ambassadeur et la dénonciation des accords bilatéraux de coopération étaient sur la table, tout comme la mise en branle de l'Ordre des murmureurs.[/justify]
Posté : jeu. août 24, 2017 1:40 pm
par Zaldora
[justify]Pacifier le Thorval chrétien.
13 décembre 2033,
[center][img]https://i.imgur.com/CIRlLgS.png[/img]
La Cathédrale Sankt-Erland, où se trouve la cathèdre de l'évêque de Jensgård. [/center]
[url=http://www.simpolitique.com/post320705.html#p320705]L'édit sur les duels et les guerres privées[/url], destiné à pacifier la société, a été bien accueillit par l'Église qui ne soutenait pas et n'a jamais approuvé les traditions guerrières, les valeurs d'actions et le tempérament bagarreurs des Thorvalois, ensemble de caractéristiques liées à un sens de l'honneur particulièrement aigu. Si la Couronne et l'Église ne se mélangaient pas et revendiquaient cette dissociation, en revanche, elles travaillaient ensemble pour le bien de la société, chacune d'après son domaine de spécialisation, de savoir et de connaissance. Alors quand une décision du pouvoir temporel allait dans le sens de sa doctrine, l'Église sautait sur l'occasion.
[quote][center]Bulle épiscopale de pacification
Suggestion* de Mgr Per Bødkersen à l'endroit des évêques et des abbés-mitrés[/center]
Mes très chers frères,
Le siècle sombre et incertain dans lequel nous vivons vit plusieurs lucioles surgirent de l'abysse pour éclairer les ténèbres, véritable récompense de l'Espérance qui ne nous fit jamais défaut. Inspirée par le Seigneur, la Couronne a choisit de prendre courage afin de combattre la violence et pacifier durablement la société. Sans paix, le Bien Commun ne saurait être possible. Sa poursuite reste l'objectif de chaque prince chrétien de bonne volonté. Compte tenu du rapport de force défavorable dans lequel Sa Majesté doit constamment patauger, autant que l'éminente noblesse de la Fin qui l'anime, il est du devoir de l'Église d'apporter sa pierre à l'édifice.
Pendant trop longtemps l'Église ne s'est reposée que sur la bonne foi des gens afin que la Trêve de Dieu soit respectée. Hélas, en vain ! Quand bien mesme, elle n'a jamais sévit outre-mesure et fit montre d'indulgences, sans doute à tord. Mes très chers frères, c'est le cœur gros et à regrets qu'il nous faut annoncer l'ère des sanctions religieuses.
Ainsi, nous recommandons aux évêques et aux abbés-mitrés de menacer d'Interdit chaque clan ou personne qui faiderait ou se battrait en duel durant la Trêve de Dieu. Le cas échéant, vous estes en droit de jeter l'Interdit contre tout clan ou personne brisant la Trêve de Dieu. En cas de poursuite des mauvaises œuvres, l’excommunication pure et simple de clans et de personnes peut et doit faire partit de vostre arsenal pour imposer la paix.
Dans la paix du Christ,
Fait et daté en la Cathédrale Sankt Erland, le treizième jour du douzième mois A.D. MMXXXIII
† Mgr Per Bødkersen, Évêque de Jensgård[/quote]
* euphémisme nécessaire pour ne pas troubler l'Église.
L'Église catholique Thorvaloise va-t-elle marcher comme un seul homme alors que sa structure est quasi-confédérale ? Où chaque juridiction épiscopale jouit d'une autonomie élargie et ne recevait plus de nouvelles de Jensgård pendant des mois, voir des années ? Cela sans compter la rivalité de prééminence entre le diocèse de Jensgård et l'Abbaye Notre-Dame des Prés, au territoire plus grand, au nombre de fidèles plus élevé, au charisme intacte, au rayonnement inégalé et à l'ancienneté supérieure de quelques siècles ? Sur le sujet des guerres privées et des duels, le clergé s'accordait sur le fond, mais pas toujours sur la forme...[/justify]
Posté : dim. août 27, 2017 1:26 pm
par Zaldora
[justify]Foi populaire et hétérodoxie.
18 décembre 2033,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/40/jtuj.png[/img]
Église paroissiale Saint Sigfrid, construite à Ránland.
De style stavkirke, elle déploie nombres de motifs viking gravés :
entrelacs sur le portail, monstres sur les pignons etc.
L'intérieur renferme un magnifique autel gothique à baldaquin
où apparaissent des sculptures de Jésus, de Saint Sigfrid et du saint roi Olaf III.
Au plafond, de vieilles fresques témoignent de l'enfance du Christ.[/center]
La foi chrétienne des Thorvalois, matinée de superstitions christianisées issues pour la plupart du vieux paganisme, est bien connue. Les traces d'hétérodoxie se trouvent aussi ailleurs :
Personnage central de la Foi :
La Vierge Marie : 31%
Jésus Christ : 28%
Dieu et Saint Esprit : 22%
Saint Michel : 5%
Saint Hallvard : 4%
Saint Kjeld : 3%
Saint Erland : 2%
Saint Thøger : 2%
Autre Saint Local : 3%
La cause est à chercher dans le manque d'autorité et de hiérarchie depuis quasi-toujours. Malgré une unité réelle, les rares relations avec le Vatican empêchent l'action vigilante et tutélaire des Papes. Cela s'est notamment vu au moment du Concile de Trente qui ne fit que effleurer le royaume, sans marquer son catholicisme à jamais.[/justify]
Posté : mer. août 30, 2017 2:56 pm
par Zaldora
[justify]Propriété intellectuelle : état des lieux.
29 décembre 2034,
[center][img]http://zupimages.net/up/17/35/9qpq.png[/img]
Fresque d'église paroissiale représentant le Massacre des Saints Innocents.
L'identité de l'artiste n'est pas connue.[/center]
Le monde est dernièrement marqué par la lutte entre Kanaa Link et les partisans de la propriété intellectuelle, en particulier dans sa forme littéraire et artistique. Le Thorval se montre encore une fois taciturne, n'ayant pas ouïe dire du litige. Dans le royaume, 90% de la créativité artistique est artisanale et non-signée (anonyme). Par ailleurs, les œuvres, qu'elles soient musicales ou littéraires, sont pour beaucoup transmises à l'oral. L'application d'un « droit d'auteur » sur l'ensemble de ces créations n'est ni faisable, ni justifiable et même purement étrangère aux mentalités locales. Compte tenu de la situation, les coutumes de la majorité des provinces historiques ne connaissent pas la notion de « propriété littéraire et artistique ». Face à cela, celles qui se démarquent sont les trois Cités du royaume dont les artistes et artisans ont prit l'habitude de signer leurs œuvres et aspirent à la reconnaissance individuelle. Ces derniers n'ont pour l'heure pas obtenu gain de cause.[/justify]
Posté : lun. sept. 11, 2017 12:19 am
par Zaldora
[justify]Rassemblement familial (2).
29 janvier 2034,
En ce mois d'hiver où les ruisseaux gelaient et la neige couvrait le sol, Marie vivait derrière les épais murs de son château Sankt-Olaf. Sa parentèle l'entourait littéralement. Devant, en effet, recevoir l’allégeance des nouveaux garçons fait hommes (16 ans), la Reine en avait profité pour convoquer tout son clan, premier rassemblement du genre depuis qu'elle en était la matriarche. A cette heure tardive, une foule de bougies éclairait la Grand'Salle festive et joyeuse. Les invités dégustaient à grosses bouchées leur portion de Tårnlundgryde (ragoût de Tårnlund), s'hydromélaient le gosier à coup de rasades, discutaient, chantaient et riaient bruyamment. Des scaldes, ici et là, amenaient des notes de harpe tandis que des jongleurs et des cracheurs de feu faisaient le tour des lieux. Les grands tables à tréteaux accueillaient des figures très diverses. On y apercevait gentilshommes et bonnes dames, arborant fins pourpoints pour les premiers, ravissants brocarts pour les secondes. Au milieu de ces seigneurs, une assez grosse troupe de robe-tabliers et de chaperons, de tuniques et de chausses rustiques trempaient leur pain dans le ragoût : des paysannes et des paysans. Ces derniers participaient au Rassemblement et pour cause, ils étaient de fiers membre du clan, pour certains depuis des générations. D'autres individus portaient des habits de ville, ils faisaient partie de l'artisanat et des professions savantes. Les derniers, enfin, et pas des moindres, affichaient le froque reconnaissable du clergé. Ce tableau témoignait bien de la grande diversité du clan royal et plus généralement de l'esprit exogamique, provenant des vieux-clans, qui animait la noblesse thorvaloise.
Ils étaient tous là, absolument tous. En vérité, seule une minorité siégeait directement au banquet. Les autres participaient aux festivités dans de larges chapiteaux installés devant le logis et réchauffées par d'immenses brasiers. On parlait tout de même de 7500 individus ! Marie trônait à la table d'honneur à coté du Prince consort et de Gerlef, d'extraction paysanne, qu'elle connaissait depuis l'enfance. La joie de se revoir et de se retrouver ensemble, voilà ce que les Brothiring ressentaient à ce moment précis. Et la Matriarche Marie partageait le même enthousiasme. Ces moments avec le clan lui permettait d'oublier ses responsabilités quelques temps, même si la Reine-mère, non loin, les lui rappelaient souvent. Ceindre la Couronne au Thorval n'était pas très enviable, par les préoccupations que cela engendrait ; la suzeraine estimait que la vie d'un forgeron de campagne valait bien mieux : lui ne devait pas continuellement lire entre les lignes, déjouer les complots et tenir en respect des vassaux effrayants. La plus grande réussite de Marie avait jusque là été d'imposer le besoin d'alleux et une certaine redistribution des terres arables. Le chantier se poursuivait. Désormais, elle allait devoir imposer la paix, mettre un terme aux guerres privées, à la lutte des clans et à ce parfum de guerre civile. Trop ambitieux ? Nul chez ses ancêtres n'avait réussi pareil coup de force, sauf peut-être feu Níels XVII de manière tout à fait relative. La chose sera incontestablement difficile et ni roi ni reine ne pu jadis, ni peut aujourd'hui se vanter de contrôler l’entièreté du territoire. Les forces centrifuges ont toujours été importantes au Thorval. La régionalisation de la vie politique, l’existence d'armée locales et la présence de milices claniques contribuaient à cet état de fait, au moins aussi bien que la prégnance des fidélités personnelles et de la poursuite des intérêts individuels et familiaux. La plupart des gens était d'esprit excessivement simple, y compris celles et ceux qui jouissaient d'une culture étendue. Même la Reine, supposée incarner l'arbitre au dessus des querelles intestines, fut par moment tenté d'agir sans hauteur de vue, sans penser au Bien Commun, et seulement en cheftaine de clan. La faute à qui ? Au milieu et à l'environnement qui l'entouraient, partout. Qui pensait à la chose publique dans ce pays ? Personne, si ce n'est Sa Majesté, malgré des tentations contraires. Des cris sortirent soudainement Marie de ses pensées. La manche d'un jongleur avait pris feu et le pauvre s'agitait comme un possédé. Plusieurs gros l'attrapèrent et le jetèrent dans les douves gelées pour circonscrire le feu. Il quitta rapidement les froides eaux et les festivités reprirent.[/justify]