Stampato a Atomia[/right]
[center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2018/03/14/180314122120747710.png[/img][/center]
Développement : les Bifacteurs d'outillage inquiets d'être "pris en otage"
[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/16/Nucleus_Egypte_MHNT_PRE_2004.0.99.jpg/285px-Nucleus_Egypte_MHNT_PRE_2004.0.99.jpg[/img]
La production d'outils en pierres taillées pourrait être menacée[/center]
Cristo Sanaggiat est un jeune chef d'entreprise de 31 ans qui commande 7 ouvriers dans son ateliers de confection de silex bifaces à Cartomia, la confluence du Naos et de la principale rivière d'Illythie, là où sa famille du côté de son oncle a toujours trempé dans la fabrication de ces outils exportés dans tout le Royaume auprès des agriculteurs, des chasseurs-cueilleurs, des artisans et des citadins en quête d'un objet de qualité efficace et rendant hommage au savoir-faire traditionnel.
Depuis le début du siècle, le secteur connait une crise compliquée du fait de la contrebande d'outils en métal, principalement des couteaux waldbergeois, devenus le symbole du berger en garde ou du céréalier coupant ses cordelettes à nouer les gerbes quand autrefois son fidèle couteau en silex taillée lui suffisait, sorti de son doux étui en cuir de vache. De produit d'aisance, le biface est devenu un produit de luxe pour citadins, et ne reste un objet de tous les jours que dans les rares tribus montagnardes des massifs bas d'Eupotamie. Même les nomades musulmans ont adopté, du fait de leurs contacts avec les milieux de la contrebande, le couteau métallique. Bien que celui-ci ne soit pas réparable facilement dans un pays qui compte très peu de forgerons en dehors de ses grands bourgs fluviaux, il est facilement remplaçable pour ceux qui sont en lien avec l'extérieur - et le commerce illégal de couteaux en acier fait partie des secteurs bien organisés du crime.
Pour Sanaggiat, la démocratisation et l'ouverture aux produits montalvéens va menacer gravement la filière du biface taillé.
- "Un biface demande à un ouvrier entre 12 et 27 heures de travail selon la taille de pièce, la qualité de la pierre, les demandes particulières du client ou la destination de l'objet. Dans les usines en Cérulée, ils sortent des milliers de couteaux métalliques en une heure. Nous avons peur d'être submergés dès lors que la vente du couteau acier sera autorisée sans taxes particulières. Notre seul espoir réside dans le différentiel de coût de la matière première - mais si l'Illythie vient à mettre en place un découpage cadastral en dehors des zones d'agriculture, nous risquons de voir être privatisée la pierre de départ que nous ramassons dans le désert jusque-là. Si l'État ne nous aide pas, nous n'aurons plus qu'à confectionner des outils d'apparât et compter sur la demande de non-professionnels et collectionneurs... C'est, comment vous dire, assez inadmissible - nous avons l'impression d'être pris en otage car personne ne nous demande notre avis."
Le jeune start-upeur commence à regretter son rêve de reprise de l'activité familiale, lui qui a dû dépenser l'équivalent de 27 chèvres pour racheter les murs, le carnet de clientèle et les ouvriers de son oncle. "L'ironie dans l'histoire, c'est que je m'étais mis en tête de moderniser la production" répète-t'il lassé et inquiet. Les professionnels du secteur se sont donné rendez-vous à Atomia dans 45 jours où ils entendent déposer une pétition auprès du Ministre de l'Eau et du Grain, par ailleurs candidat à la présidentielle de décembre.