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Posté : dim. juin 05, 2016 7:13 pm
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

Nouvelles printanières de nos campagnes.
15 avril 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/22/1465153852-scalde.png[/img][/center]
Le printemps est aussi la saison où les Scaldes parcourt la campagne, s'arrêtent dans grands et menues villages. Avec une vièle ou un luth, moins souvent une lyre, leurs voix chantent les nouvelles poésies au milieu des paysans, ou au devant d'un seigneur. Cette année semble être celle de la mélancolie, non la noire par nature morbide, dramatique et folle, mais la douce qui est saine, poétique et romanesque. Nous constatons par ailleurs que la scaldique, traditionnellement solitaire, peut s’accommoder des duos, en particulier entre les membres d'une fratrie (voir photo ci-dessus, prise il y a trois jours au sein de la maison communale de Helgenfrelser). Leurs performances ont jusqu'à alors plut aux ruraux qui, après les semailles de printemps, commencent maintenant la tonte des moutons.

Sébaldie : un roi apparait.
15 avril 2030

Le royaume de Sébaldie sort de terre, plus précisément par sa branche slave qui est en rivalité avec le trône néerlandophone. Le roi orthodoxe se nomme Valerian III et règne sur un territoire constitué par trois municipalités, Ambrosius, Krideric et Friedenstempel. Un petit royaume certes, mais Urba ne s'est pas construite en un jour. Pour l'heure, nous disons Vive le roi ! et espérons qu'il tiendra ses promesses. Le son de cloche aurait pu être complètement différent à cause des agissements d'une partisane du roi qui, inspirée par le démon, passa un pacte avec la mafia Sébalde pollueuse et empoisonneuse. Heureusement, de courageux sujets du roi ont sauvé l'honneur du royaume en montrant que leur avis divergeait de celui de l'appareil du mouvement. Quelques usines furent saccagées pour cela. A l'heure actuelle, il est difficile de dire si notre reine reconnaitra le nouvel État. Nous pensons qu'elle devrait. Le prétendant rival, Sebastian Van Althuis, est certes catholique mais a tout du bourgeois bien fait, sans envergure et fourbe.

Une édition, un proverbe de nos pays.

« Bien qu'il soit rusé, on vend plus de peaux de renards que de peaux d'ânes. »[/justify]

Posté : sam. juin 25, 2016 1:22 am
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

Langage des cloches.
13 juin 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/25/1466815491-cloches-eglise-saint-jacques.png[/img]
Église paroissiale Saint-Jacques d'Abbedgaard.[/center]
Le son des clochers résonne de par nos contrées depuis au moins le VIIIe siècle et fait incontestablement partie du paysage sonore de nos différentes provinces. Tintements, carillonnements et autres volées continuent de rythmer nos vies, que nous soyons de la ville ou des campagnes, imprégnées par la pratique religieuse de manière indélébile. La cloche est tout naturellement le premier et le dernier ménétrier de la vie : elle sonne à notre baptême et à nouveau lors de notre mort.

Au niveau chrétien, il y a déjà sept sonneries quotidiennes afin de signaler les offices (matines, laudes, vêpres...) qui, a bien des égards, servent également de repère aux personnes dans une journée. Les cloches retentissent aussi trois autres fois pour l'Angélus, ainsi qu'à d'autres occasions afin d'annoncer les messes, les fêtes patronales, les mariages et les baptêmes. De manière moins heureuse, quoique nous savons en bons chrétiens que c'est une délivrance, le glas fait savoir à la communauté l'agonie ou le trépas d'un des siens. Glas Urbain ou glas Thorvalois, le nombre de coups nécessaire n'est pas codifié, si bien que les variétés de glas changent d'une province à l'autre, voir de village à village. A Sankt-Olaf par exemple, on accorde sept coups pour un homme, cinq pour une femme, huit pour le roi ou la reine, neuf pour le curé ou l'évêque et dix pour le pape, à chaque fois suivit de l'âge du défunt. Alors qu'à Åsendrup, l'habitude préfère quatre coups pour le roi/la reine, trois pour un homme, deux pour une femme et un pour un enfant. En dehors du glas, d'autres traditions consistent à sonner les cloches la veille des importantes solennités, le soir de la Toussaint (pendant une heure), peu avant minuit le mardi gras, la veille de l'Avant et les Quatre-Temps, afin d'appeler les fidèles à se préparer aux jeûnes.

Les usages temporels n'en sont pas moins nombreux et divers. En premier lieu comme repère dans le temps, énoncé ci-dessus, via la liturgie des Heures. Les cloches servent en outre à proclamer le début et la fin des marchés, de la pêche, à rassembler les gens du village sur le parvis de l'église pour entendre le crieur, ou encore à réunir l'assemblée populaire en vue de délibérer sur les affaires politiques locales. Dans certaines provinces telles qu'au Taarbaek, il est coutume, les jours d'hiver, et particulièrement quand le temps se gâte, de sonner les cloches pour guider vers l'abri les voyageurs perdus en pleine tempête ou brouillard. Enfin, nous ne serions pas complets sans citer le tocsin, destiné à donner l'alerte lors d'un danger tels qu'un feu, une inondation, un risque pour les récoltes, etc. Au cours des années 1990, on raconte que le maire de Sankt-Niels, village sur les bords du fleuve Sankt-Hyacinth, voulut remplacer l'ancien tocsin par une sirène municipale. Or, une nuit, le grand cour d'eau menaçait de déborder. Consciencieux, le maire enclencha la sirène... sans que le moindre villageois ne réagisse. Le tocsin fut ré-adopté dès le lendemain.

Une édition, un proverbe de nos pays.

« L'homme a deux oreilles et une bouche, parce qu'il devrait écouter plus que parler. »[/justify]

Posté : mar. juil. 05, 2016 5:21 pm
par Zaldora
[justify][center]Providence[/center]


Tribune : réponse courtoise à Monsieur Marcy.
15 juillet 2030

Le journal Fiémançais l'Aube a récemment publié une tribune commis par Monsieur Robert Marcy concernant le Saint-Empire, dans le but d'y faire apparaitre les différences en matière de démarches et de politiques, motivées néanmoins par une vision et des objectifs communs. Constat dernier auquel nous souscrivons pleinement. L'analyse est bonne dans son ensemble, nous mettrions cependant quelques bémols sur certains aspects de l'argumentaire, chose normale dans n'importe quelle analyse.

Qu'est-ce-que la tradition ? Chez-nous, elle repose sur le respect des ancêtres et l'admiration devant leurs accomplissements. Malgré tout, il ne s'agit pas de rester figé, de les imiter sur tout, mais de s'inspirer de leur esprit. C'est pourquoi nous disons que nous ne marchons guère le pas dans le pas de nos aïeux, mais que nous avons hérité de leur démarche. La tradition comme nous la comprenons est une notion vivante, que chaque génération doit compléter de ses idées et de ses talents, avant de léguer l'ensemble à la suivante, à charge à son tour de la bonifier. Voilà pourquoi, le costume n'est pas fixé une fois et pour l'éternité, bien que des tendances générales spontanées le régissent. Des détails, des motifs, des couleurs peuvent changer, mais pas ce qui fait son intimité. De plus, le costume est un vêtement pour être porté, et pas juste ressortis une fois l'an.

L'article semble aussi accorder un rôle prépondérant à la noblesse. Nous ne dirions pas que la noblesse nous protège de la corruption et assure le Bien Commun. Cela passe avant tout par la fidélité envers les principes et les valeurs. Dans la pratique, Sa Majesté unit les forces vives de la société et les oriente vers un but. La noblesse joue sa partition mais n'a pas un rôle de clé de voûte. C'est aux politiciens, aux métiers, aux humbles, aux prêtres, aux professeurs, aux savants, etc, d'agir pour le Bien Commun, tous ensemble, chacun à sa façon. Le Bien Commun est un bien intermédiaire à atteindre en vue d'un bien plus élevé encore : le salut des âmes. La vie est telle un pont qu'il faut traverser le plus sereinement possible, sans s'y installer.

En terme de croyance, nous ne pouvons nier qu'ici, c'est la Foi du charbonnier qui prévaut. Soi, une Foi simple, naïve, sincère et vécue qui fait confiance et ne pose pas de questions, chassant presque toute possibilité de doute. A l'inverse, la chorocratie Fiémançaise veut que la population atteigne Dieu par la raison. Pour notre part, nous ne pensons pas qu'une manière est meilleure que l'autre, que l'une d'elle manifeste plus de dignité à l'homme que l'autre. Cela regarde les peuples, de mentalités et de caractères divers, nécessitant des chemins différents.

Il est par ailleurs réel que la Couronne ne légifère qu'assez peu. La cause réside dans les coutumes qui parcourent le royaume et qui orchestrent la vie populaire de manière plus efficace que ne le ferait la loi ou l'État. Le prêtre joue un rôle d'éducateur et de référent moral. La loi écrite n'est, cela dit, pas rejetée car la coutume ne peut pas tout encadrer. Le législateur agit quand la coutume est mauvaise pour la supprimer, quand la coutume est insuffisante pour la compléter ou pour bâtir un cadre lorsque la coutume est absente. Les Thorvalois sont du genre gouvernables, sauf si l'État s'éloigne du Bien ou devient par trop présent. Il en va de même pour l'administration, si l'on cherche à la dissocier du gouvernement. Bref, une Administration au sens large, qui interviendrait, régulerait et recommanderait beaucoup ne collerait pas au pays et n'aurait guère de chance de s'imposer durablement. Nous croyons aux capacités d'un individu d'être bon, avec les secours de la Grâce, néanmoins cette capacité n'est réelle et ne se vérifie qu'en tant que personne membre d'une communauté. L'homme seul n'est rien, sur tous les plans. C'est pourquoi, la fibre communautaire continue d'exister et d'être prégnante au Thorval, avec ses solidarités, ses émulations et ses entraides. Lorsqu'une pétition est envoyée à Sa Majesté, c'est toujours en nom de la paroisse. Monsieur Marcy a raison quand il associe individu libre et communauté heureuse, les deux ne sont pas contradictoires. Le respect de l'individualité et le fort sentiment communautaire peuvent aller de paire.

[right]Robert Vikarrsen[/right][/justify]

Posté : ven. juil. 08, 2016 5:20 pm
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

Livraison d'orthopédistes-pédiatriques.
24 juillet 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/27/1467996394-clubfeet-6.jpg[/img][/center]
Les quelques huit mille Hôtels-Dieu (petits hôpitaux de campagne dirigés par un ordre religieux) obtiendront du matériel et des praticiens spécialisés dans le traitement des défauts de l'appareil locomoteur chez l'enfant, via des recrutements, au Thorval et à l'étranger, ou par le détachement de spécialistes en provenance des hôpitaux royaux. L'objectif affiché est une meilleure prise en charge des cas de pied-bot, (notamment en milieu campagnard) qui concernent chez nous deux naissances sur mille. Nous sommes par ailleurs le pays qui détient le record dans l’hémisphère Nord du nombre de pieds-bots arrivé à l'age adulte. Une invalidité qui à défaut d'empêcher la marche, la rend plus difficile et provoque des douleurs. Les causes sont aisément explicables. Tout d'abord, la non-médicalisation des grossesses ne permet pas de dépistage pré-natal, si bien que les pieds-bots ne sont détectés qu'à la naissance, souvent à domicile, par la sage-femme. L'autre facteur se situe justement dans le manque de spécialistes à proximité. Les traitements s'en trouvent au mieux incertains, au pire impossibles. Des exemples d'enfants ruraux soignés de leurs malformations existent. Toutefois, à défaut d'un suivi rigoureux jusqu'en fin de croissance, du fait de la distance entre la chaumière, en pleine campagne, et l’Hôpital royal, à l'intérieur ou à proximité des villes, la plupart des chanceux rechute. La stratégie d'action consiste donc à rapprocher la médecine du lieu de vie des invalides. On attend les résultats! La source des pieds-bots est soi génétique, soi dû à une mauvaise position dans l'utérus. Les garçons sont davantage touchés que les filles (70% des cas). Parmi les personnes célèbres avec un pied-bot, nous trouvons par exemple le roi Niels VII qui régna au XIIIe siècle.

Une édition, un proverbe de nos pays.

« Ne soyez pas l'arbre centenaire, enraciné pour toujours sur terre, mais le bon seigle, qui s'est enraciné et élevé pour être moissonné. »[/justify]

Posté : jeu. juil. 14, 2016 1:04 pm
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

Pourquoi la Couronne n'a pas répondu.
11 août 2030

Voici d'après nous la raison de l'absence totale de réaction de la Couronne après les propos de l'intellectuel Mark Männergätt dans l'Alter, qui appelait le Thorval à rétablir l'ordre au sein de son ancienne colonie, le Pham Sin, aujourd'hui sous le joug de crapules oligarchiques et en proie à la guerre civile :

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/29/1468853451-bd-journaux.png[/img][/center]
L'avis des intellectuels est intéressant, sauf quand ils cherchent à s'ingérer dans les affaires étatiques sans y avoir été invités. Imaginez un pays dirigé par les intellectuels ? Quelle horreur ! On peut aussi penser que Sa Majesté est loin des rêveries colonialistes car la tradition est une notion vivante. Sans se renier, elle avance, elle avance (ceux qui nous décrivent comme conservateurs doivent être paresseux). Le continent possède assurément des courants colonialistes, y associer toute l'Alméra occidentale, c'est manquer d'analyse. Le Saint Empire est unit autour du Saint Empereur, y voir un bloc monolithique qui marche d'un pas, c'est encore manquer d'analyse. Le Saint Père soutient un empire alméran, y voir une soumission de celui-ci, c'est manquer d'analyse. Peut-être a-t-il voulut éviter la Tour de Babel qu'aurait été cet empire politique universel ? Avec ses ambitions de super-État continental, la monture Alméran est déjà très limite. Remerciez donc le Pape, plutôt que de l’accabler et gérer vos relations au cas par cas au lieu de les refroidir arbitrairement avec tous le monde sur la base de simples impressions.[/justify]

Posté : dim. juil. 17, 2016 10:56 am
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

La coupe du monde ne rassemble pas.
16 août 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/28/1468752488-sport-thorval.png[/img]
Vu d'artiste d'une partie de soule, populaire dans la moitié sud du royaume[/center]
La coupe du monde de football se déroule actuellement au Tarnosia. Malgré les bonnes chances de nos joueurs semi-professionnels, force est de constater que leurs aventures ne rassemblent pas et n'éveillent d'intérêt que parmi les paroisses dont sont originaires les footballeurs. L'impression se confirme devant le faible déplacement au Vicaskaran pour soutenir l'équipe dans les stades ou au sein des zones de supporters aménagées. La victoire finale en 2025 s'était déjà déroulée dans un étonnant anonymat. Et cela ne concerne pas que le football, la compétition de handball et les tournois internationaux de rugby chaque année sont confrontés aux mêmes vicissitudes. Pourtant la course navale d'Adursted, les compétitions sportives inter-villages et dans une moindre mesure les championnats amateurs organisés par les fédérations royales éveillent de l'enthousiasme. Les terrains de sport sont presque introuvables, un manque d'infrastructure qui n'empêche toutefois pas la pratique entre amis de football, de rugby, de soule sur les prés. Même le basket est possible grâce aux paniers improvisés accrochés sur les étables. Comment pouvons-nous donc expliquer le manque criant de suivi des compétitions internationales, à majorité professionnelles ? Peut-être que les Thorvalois préfèrent le sport de proximité, amateur, organisé par eux et surtout à taille humaine ? Peut-être ont-ils, en outre, compris que la communion nationale autour d'un sport ou d'une équipe était un phénomène, hélas, par trop artificiel ?

Une édition, un proverbe de nos pays.

« N'invoque pas le diable, il te prendra au mot. »[/justify]

Posté : jeu. juil. 21, 2016 6:50 pm
par Zaldora
[justify][center]Providence[/center]


Le soleil gronde davantage.
4 septembre 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/29/1469125497-4462547-3-c434-schema-decrivant-la-trajectoire-potentielle-e7967a2951744026fd5d1fe202f1fcc1.jpg[/img][/center]
Les tours néogothiques d'observation spatiale de Bejstrup, Hallund et Langdal, situées respectivement dans le Lestaad, le Kirkholt et le Rundeborg, toutes spécialisées dans la recherche solaire, ont, comme les savants à travers le monde, détecté une notable recrudescence de l'activité de notre principale étoile. Des éruptions de puissance supérieure à la précédente décennie se dérouleraient à la surface de l'astre depuis trois semaines. Les petites tempêtes solaires ne sont pas problématiques pour la Terre, grâce à son bouclier magnétique, aussi protecteur qu'aimable par les magnifiques aurores boréales qu'il offre aux hommes d'admirer. Le champs magnétique serait néanmoins impuissant face à une éruption de plus forte amplitude. Si elle venait à se produire, le parc satellitaire mondial serait particulièrement touché et les activités électroniques humaines perturbées. C'est le moins pire des scénarios : une super tempête provoquerait des dégâts considérables, grillant toute la technologie terrestre pour longtemps et renvoyant l'époque contemporaine au XVIIIe siècle. « La probabilité est modérée mais pas nulle » confie l'astronome Kjeld Sørensen qui passa les dernières nuits à observer le soleil au sein de la tour de Langdal. Une grosse colère du soleil serait absolument désastreuse pour les sociétés basées sur l’électronique, les technologiques et plein pied dans l'ère de l'information, tandis que celles refusant ce mode de vie s'en sortiraient bien mieux. Ainsi, même si certains astronomes thorvalois aimeraient en avoir, la Couronne fait sans doute le bon choix, en se gardant de se constituer un parc satellitaire, vu le danger qui plane hypothétiquement au dessus de nos têtes. La hausse de l'activité solaire eu aussi le don d'agiter les cercles d'eschatologues thorvalois qui y voient un signe de l'avancée des temps apocalyptiques (« Puis le quatrième répandit sa coupe sur le soleil, et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu » Apocalypse; Chapitre 16, verset 8). Les diverses annonces orales à ce sujet n'ont pas provoqué de paniques, du moins ne sont elles pas graves, les paroisses aux quatre coins du pays ont tout de même rapporté que des files se formaient devant les confessionnaux et qu'elles ne désemplissaient pas. De son coté, la Couronne fut également avisée des signes par son eschatologue attitré, Mgr Liutulfsen. Si nous ne pouvons connaître ni le jour ni l'heure, il n'est pas interdit, et même conseiller par le Christ, d'observer et d'étudier les signes de son prochain retour.[/justify]

Posté : dim. juil. 31, 2016 1:49 pm
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

Les bogomiles dans nos campagnes !
30 septembre 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/30/1469971200-mani.png[/img][/center]
Aussi étrange que cela puisse paraitre, un groupe d'une cinquantaine de prédicateurs bogomiles polyglottes écument depuis un mois et demi les villages et les hameaux de Thorval. Arrivant de Slavie Straminienne depuis Novgorod, ils ne furent l'objet d'aucune tentative d'arrestation par la police de l'aérodrome d'Adursted, qui les a pourtant remarqué. Ils sont libres et pourtant leurs prêches ne prennent pas, les qualités oratrices supérieures des bogomiles ne font pas d'adeptes. A Fruegård, communauté de bergers de quatre cent âmes, dans le Herjedalen (margraviat), les questions fusèrent : « Comment ça Jésus n'est pas Dieu ? Et la Sainte vierge Marie ? Et les Saints ? » Au final, les dualistes ne surent ni apaiser la foule, ni la convaincre et partirent ailleurs. La rencontre fut moins pacifique chez d'autres villages, plus zélés et combatifs, comme à Løkken, sur les bords du Lac des Saints, dans le Himmervend, où le prêcheur slave n'eut la vie sauve que suite à l'interposition du garde champêtre face au peuple chrétien offensé par les accusations de Satanaëlisme adressé à l'encontre de Sainte Halda, sainte locale du XVIIe siècle dont les reliques reposent au sein de l'église paroissiale. En divers autres lieux, les apologistes bogomiles se confrontèrent au clergé local. Des clercs animés d'une religiosité et d'un sens de la controverse tout médiéval, loin des prêchiprêchas et du vide de la réflexion religieuse. De ces confrontations, la plus emblématique est celle du curé de Nørre Halne face à Vladimir. Le petit père (Ndlr : 1m50) contra avec charité mais fermeté les accusations et la profession de foi du bogomile, jusqu'à l'en laisser hébété sur le parvis de l'église, sans réponse. Depuis Vladimir aurait demandé le baptême. L'histoire fit grand bruit dans toute la région. Au final, nous pouvons déduire que la croyance bogomile ne peut réellement prendre que parmi les nouveaux convertis, les sans spiritualité (l'homme est friand d'absolu) et les chrétiens culturels. Autrement dit, la plupart du temps, sur des ruines. Face à des chrétiens croyants, la tâche est bien plus ardue car ils n'ont pas de vide à combler. L'anti-matérialisme est un aspect tentant, cependant, la cosmologie bogomile vient ébranler pareille tentation et plusieurs autres points des canons, finissent de la dissiper. Quant à leur dépouillement, il n'est pas exceptionnel, et concurrencé par les moines, les curés de campagne et les frères mendiants. De plus, comment ne pas remettre en doute cette soi-disant sobriété à toute épreuve, cet anti-matérialisme radical (car la matière c'est Satanaël) quand on remarque avec quelle [url=http://img4.hostingpics.net/pics/464115mgrlefebvrelapostasieromeL1jpeg.jpg]fastueuse paramentique[/url] le chef des Bogomiles se pare désormais ? De plus, comment ne pas y voir une secte gnostique, inféodée et au service du pouvoir slavian ? Des pétitions sont arrivées hier à Tolne pour demander à la Couronne d'expulser les bogomiles. Les demandeurs ont raison : Sa Majesté prend de trop grands risques avec ce laissez-faire, confiante que ça ne fera pas d'émules.

Une édition, un proverbe de nos pays.

« La beauté sans l'honnêteté, c'est la rose sans parfum. »[/justify]

Posté : dim. août 07, 2016 8:24 pm
par Zaldora
[justify][center]La houe et la faux
Journal local bihebdomadaire en patois.[/center]

L'écriture manuscrite, improbable raréfaction.
30 septembre 2030

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/31/1470598936-gotisk.png[/img]
Le Gotisk Skrift, jamais abandonné, a résisté à toutes les tempêtes...[/center]
Des pays résolument enthousiastes vis-à-vis du numérique et des technologies peuvent craindre la raréfaction puis la disparition de l'écriture à la main. Pareille névrose semble, en revanche, hors sujet au Thorval. Les machines ne peuplent pas les foyers domestiques et il serait une erreur de les croire plus nombreuses au sein des autres strates de la société. En effet, ni le journalisme (nous en sommes une preuve parmi d'autres !), ni l'école, ni les administrations, ni l'économie, à l'exception sans doute des cybercorporations, ne subirent de révolution informatique. Au mieux, certains cercles d'écrivains et d'intellectuelles se parent d'une machine à écrire. Au delà de ces originaux, la manuscriture est prospère. Elle est ressentie comme la manière la plus naturelle d'écrire et le Gotisk Skrift, jamais abandonné et enseigné à l'école, est largement répandu. Notre époque lui apporta quelques innovations formelles, propres à l'enrichir, sans le dénaturer. Pourtant, tout cela aurait pu évoluer différemment. Pour se faire, revenons au XXe siècle. En 1995, le gouvernement décide de réformer l'administration et introduit la première – et unique – tentative d'informatiser la bureaucratie d'État. Quatre ans plus tard, du fait de persistantes résistances, l'évolution avance lentement et on estime que seuls 3% de l'administration est dotée d'ordinateurs. C'est le record historique à ce jour, personne n'ira plus loin. Pire, tout est à plat aujourd'hui. A l'été 1999, en pleine faillite économique, des bandes luddistes profiteront des désordres pour saccager. Les plus anciens d'entre nous se souviennent encore de ces écrans jetés par les fenêtres, de ces claviers réduits en miette et de ces unités centrales défoncées. Le luddisme est d'ailleurs toujours ancré en 2030, comme nous le voyons lors du Jour des Corporations, où certains guildes organisent des ateliers de cassage d'anciennes machines, achetées pour la fête. Donc, l'administration royale est dépourvue d'informatique, autant que les administrations provinciales et locales. Pour leurs actes officielles (ordonnances, édits, accords, contrats, traités), elles sont très largement tributaires des paluches de juristes, d'écrivains publics et de clercs, ainsi que des imprimeurs et de leurs plombs, si besoin est. L'écriture manuscrite n'est pas en danger, il faudrait un cataclysme.

Une édition, un proverbe de nos pays.

« Une maison sans femme et sans âtre est comme un corps sans âme. »[/justify]

Posté : lun. août 08, 2016 4:33 pm
par Zaldora
[justify][center]La Cité
Journal local trihebdomadaire en Adurstedois (langue standard)
Parution les Lundi, Mercredi et Vendredi.
[/center]

Où se trouve la capitale de Thorval ?
23 octobre 2030

Officiellement, la capitale du royaume est Adursted, comme depuis bientôt mille deux cent ans. A première vue, la question que nous posons parait idiote, cependant, à y regarder de plus près, on remarque qu'elle est au contraire pleinement légitime. Interrogez un étranger sur la question, invariablement, il rétorquera Adursted. Faites de même avec des Thorvalois, la réponse que vous obtiendrez sera complètement différente. Qu'est-ce qu'une capitale ? La définition retenue et acceptée par une grande partie de l'humanité est celle d'une ville où siègent les pouvoirs nationaux, et pouvant aussi jouir d'une prééminence économique, social ou culturel. Tout cela est très beau, quoique très abstrait et générique. Dans l'imaginaire collectif des peuples du royaume, une capitale, ce n'est pas cela, du moins pas exactement. Intéressons nous à l’étymologie : le mot est tiré du latin caput ou capitis qui renvoient à la « tête » L'enceinte Adurstedoise renferme les grands offices, les ministères royaux, de même que pléthore d'artisans et d'artistes talentueux. La cité est en outre un incontournable lieu de réflexion religieuse et philosophique, lui offrant des atouts indubitables. Pourtant, dans la conscience populaire, elle n'est pas la première ville du royaume, car la tête de celui-ci ne s'y trouve pas. Là ou se rencontre la tête, là est la capitale. Les autres qualités sont vaines sans celle-ci, fondamentale. Aujourd'hui, une majorité d'Adurstedois partage ce sentiment et se lamente de vivre dans ce qui n'est que la capitale de jure. En effet, à la suite de sombres soupçons d'espionnages, apparus il y a quelques années, Sa Majesté réside et règne au Château de Tolne, en pleine campagne, à quarante cinq kilomètres au sud-est de notre ville. De ce fait, l'honneur d'être de facto la capitale revint à Tolne, village de quatre cent paysans (en accueillant un pouvoir politique, le patelin obtint le statut de bourg qui, en accord avec nos coutumes, est une dénomination honorifique réservée à certains hameaux privilégiés, sans que cela ne renvoi à une urbanisation. Au contraire, un village qui s'urbaniserait deviendrait automatiquement ville. Les bourgs sont des localités purement rurales). De nos jours, Tolne n'a pas changé, toujours aussi paysan et provincial à souhait.

En tant qu'Adurstedois, nous devons mettre notre égoïsme municipal de coté et voir dans cet abandon, une décision salvatrice. Le tour du royaume en 2025 et l'escapade dans l'Østlandet à l'été 2029 furent providentiels aussi ! Quoi de plus mauvais pour la royauté que de rester à un seul et même endroit ? En faisant cela, elle risque de s'imprégner de la mentalité spécifique du lieu, de ne plus raisonner que par le dit prisme, s'ankylosant de plus en plus. Elle sera petit à petit prise de pulsions centralisatrices, négatrices des identités et uniformisantes. Elle se croira au pinacle de la civilisation, alors que ces idées-ci ne seront qu'une des conséquences de son état de pourrissement. Le royaume est grand, composé de cultures, de coutumes et de mentalités aussi diverses que vivantes. Sa Majesté doit pouvoir les sentir, les connaitre et être au contact d'elles. Jamais ne doit-elle, en revanche, baigner dans une seule identité parmi toutes. Tolne n'entre pas dans l'influence d'Adursted et c'est très bon. La reine ne doit pas devenir Adurstedoise et doit déplacer sa Cour le plus souvent possible, s'établir dans d'autre villes, d'autres provinces (qui sont autonomes) et d'autres lieux. C'est le prix d'une pérennisation à très long terme.[/justify]