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Posté : sam. avr. 02, 2011 3:31 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

L'ouverture des frontières entre le Kirep et l'Upisnav avait été chaleureusement accueillie par le gouvernement grâce à l'influence et à la maîtrise d'un homme sur la politique de son pays : Tihomir Zvetan. Profondément gakiste, épris de nationalisme slave et d'une véritable conscience révolutionnaire, le jeune homme dirigeait depuis 4 ans désormais le Parti pour l'Autonomie du Prolétariat Upisnavien (SZAP - Stranja Zu Autonomije Proletarije, au Kirep, parti unique), qu'il avait brusquement fait passer du stade de simple section nationale sans réelle influence, au stade de véritable composante politique, syndicale, du pays.
Désormais, et de plus en plus, les Zvetanistes prenaient une ampleur incontournable dans la petite nation.

L'Upisnav possède en son sein une situation et une répartition géographique assez particulière : le Nord du pays, campagnard, est relativement isolé et autonome du Sud, urbain, qui regroupe bon nombre d'agglomérations de taille. L'influence du SZAP n'est plus à démontrer dans le Nord, toujours, depuis plusieurs siècles, composé d'une vaste minorité serbe, et fortement marqué par une identité pro-kirepienne très slavophile.
Les réunions organisées par Tihomir se tenaient toutes dans cette région topique, indépendante, farouche et fortement ancrée dans une tradition ouvrière et paysanne, prolétarienne, qui la rapprochait fortement des convictions politiques de son voisin oriental.
Ce jour-là, une grosse partie des militants avait été réunie au Nord du pays, à 40km de la frontière kirepienne, dans un hangar de tôle qui trônait dans les campagnes bulgares, entouré de plusieurs centaines d'hectares de plaines plates, de champs longs et monotones, d'orge et de seigle.
De multiples ateliers de fabrication avaient été confectionnés et aménagés dans les différentes pièces du garage, séparés sommairement de plaques de zinc ou des parois de bois dégarnis. On distinguait à peine quelques presses à papier, chargées d'imprimer sans doute des versions clandestines du journal "Kirep Rouge !" en version bulgare, dont la distribution serait assurée par quelques garçons de ferme trouvés dans les zones alentours.

Dans plusieurs caisses clouées et rafistolées, le visiteur pouvait aussi voir dépasser quelques affiches, pancartes, banderolles de manifestations antérieures, que l'organisation ressortait à chaque occasion de galvaniser la population lors des rares mouvements sociaux qui ébranlaient la région.
Cependant, ces divers signes étaient déjà les symboles d'une époque dépassée, la présence de nombreux apparatchiks du SZAP kirepien, habillés en civils upisnaviens, et passés inconnu dans le tohu bohu des militants bulgares désorganisés était là pour en témoigner.
L'ouverture des frontières avec le Grand Kirep, par delà l'échange humain et le symbole de l'union douanière entre les deux puissances slaves de la région, était surtout une aubaine inédite pour le Kirep de faire enfin parvenir à ses camarades occidentaux un véritable soutien, dans la plus totale légalité.
Chaque jour, depuis une semaine désormais, des agents de la Surigimi franchissaient la frontière ouverte et apportaient, par greniers entiers, de quoi remplir de véritables silos de blé, de farine, de maïs, d'orge.
Plus que ces victuailles à distribuer aux paysans, ils apportaient en outre du matériel qui servirait bientôt à l'édification d'un grand parti puissant et influent dans la région : presses à papier en vastes quantités, transportées dans des camions de nourriture, qui permettrait l'édition d'un véritable journal -quoique toujours clandestin-.

Tihomir Zvetan monta brusquement sur l'estrade, et, face à la foule de ses camarades, il prit la parole.


Bienvenue Camarades !

Je vous demande aujourd'hui une lutte de chaque instant. Oui, la rumeur est confirmée : j'ai bien rendu visite au camarade leader, au chef suprême de tous les peuples yoygoslaves, et du nôtre, Vliduj Gak ! C'était il y a quelques jours. C'est grâce à cet homme qu'aujourd'hui, vos femmes, vos fils, vos frères, vos fils, peuvent profiter de l'extraordinaire agriculture kirepienne, de l'extraordinaire puissance kirepienne, de l'extraordinaire générosité offerte par le système socialiste...

...tandis que nous nous morfondions, il y a encore quelques mois, sur notre sort, aux prises directes avec un gouvernement oppressif, qui ignorait, ignore et ignorera toujours, malgré les rapprochements hypocrites qu'il a engagés avec Ophrone, les revendications des ouvriers, des paysans, et des prolétaires !
Cependant, nous aussi, prolétaires, savons profiter de l'instant présent, et saurons bientôt tirer tout notre meilleur parti de la brèche qui s'est ouverte dans notre cause ! Une cause exaltante, généreuse et solidaire : chaque jour, les marchands kirepiens franchissent la frontière et distribuent massivement la nourriture à nos compatriotes.
Vous m'avez compris, ils ne transportent pas que cela : des presses, des imprimeries sont montées dans divers lieux situés aux alentours par leurs efforts.
Camarades, nous avons besoin de bras volontaires, vigoureux et énergiques pour nous servir.
Le projet est vaste, mais réaliste et réalisable : n'avez vous pas envie, camarades de voir notre cause se dôter enfin d'un vrai journal, notre parti d'un vrai moyen de presse, par delà les bulletins bourgeois échangés dans la capitale entre politiciens aguerris, qui ne touchent jamais les masses ?

N'ya-t-il pas des bras vigoureux et des esprits lettrés, érudits et engagés qui voudraient servir auprès de nous ?
Vous le serez sans jamais oublier cette devise : Un journaliste de gauche doit servir au plus haut point la Révolution, non pas la vérité.

Merci, camarades !

Des applaudissement unanimes surgirent de tous les coins du vaste hangar improvisé. Déjà, on avait hâte de déballer les nouvelles presses à papier fournies par l'ami yougoslave.
D'ici quelques jours, déjà, les premiers numéros d'un nouveau journal seraient distribués à la population. Les feuillets fleuriraient bientôt, et avec eux, l'esprit révolutionnaire qui souffle depuis l'Est, battra longuement les plaines upisnaviennes.

Les anciens le diront : l'élite avancée préparait déjà, en secret, le combat des masses, qui n'auront qu'à saisir le travail rendu.
Tandis qu'à Vuzvuchen, la capitale, pavanait encore dans les salons de la main d'oeuvre offerte naïvement aux kirepiens, au fond de la campagne slave, des hommes préparaient déjà de vastes réformes, au nom d'une Révolution Prolétarienne qui n'intéressait que ceux qu'elle avait promu, et dont, au final, le reste de la planète se fichait pas mal.
Peut être, jusqu'au jour où ceux qui la porteront seront suffisamment puissants pour l'imposer au monde.
Un peu comme à Ophrone, il y a presque 50 ans de cela.
Un petit goût de déjà vu.

Posté : ven. avr. 08, 2011 5:17 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

Les premières contestations avaient débuté, timidement, dans le Nord du pays, sous l'influence évidente et finement coordonnée du Kirep et des groupuscules maoïstes présents dans la région. Tihomir Zvetan était depuis le début, la genèse de ce programme, une des pierres angulaires de chaque instant de sa réalisation, et de la réunification inéluctable des deux états.
Sa mission, double, consistait à la fois en la négociation de divers rapprochements entre les deux pays mais aussi en l'agitation des masses prolétariennes afin, par la pression de la rue, de faire accepter au gouvernement de nouvelles avancées en matière d'unité inter-étatique. Le gouvernement, cependant, restait muet depuis plusieurs semaines, et même face aux manifestations syndicales et ouvrières
, son action avait été tout du moins silencieuse.
Le camarade leader Vliduj Gak privilégiait donc les négociations avec le Parlement Upisnavien, qui demeurait selon lui l'instrument essentiel de l'unification entre les deux pays. Aujourd'hui, le camarade Zvetan, qui siégait au sein d'une des nombreuses circonscriptions du Nord du pays, avait été mandaté afin de déposer devant l'Assemblée un projet de loi, signé de la main même du camarade leader, et qui allait consacrer une collaboration très étroite entre les deux états.
Il s'agissait de la construction d'une très vaste autoroute qui transitait depuis le centre sud du Kirep pour parvenir dans la cité de Vuzvushen, capitale upisnavienne, située à l'extrème sud ouest du pays.

L'idée, en apparence banale, était cependant bien méditée : par la construction titanesque de cette autoroute de 1800km, et les avantages économiques octroyés par le biais de cet amnitieux projet, offrait aux kirepiens le contact direct avec une grande partie de la population upisnavienne, assurait au gouvernement yougoslave l'amitié de la classe politique upisnavienne et la reconnaissance de nombreuses familles pour le travail fourni par cela.

L'amphithéâtre de Parlement attendait avec impatience l'intervention du jeune mais charismatique Zvetan, qui, suite à un signe bref et neutre du président de l'Assemblée, se leva afin d'entamer son discours :


Camarades, amis, chers confrères,

j'en viens aujourd'hui face à vous et à votre jugement éclairé afin de défendre le projet reçu il y a quelques jours d'Ophrone, de nos voisins kirepiens, qui propose avec moults arguments alléchants la construction d'une fameuse autoroute "Trem-Vuzvushen", qui transiterait successivement, depuis Trem, le centre industriel du Kirep, par toutes les villes côtières de nos deux pays, et, après la frontière kirepo-upisnavienne, irait prendre sa fin ici, à Vusvushen.
Le plus formidable, c'est aussi le projet de raccordement qui sera prévu ultérieurement à l'Autoroute Trem-Ophrone.
Nos deux pays, unis, bénéficieront ainsi, pour la première fois de notre histoire, d'un gigantesque flux commercial qui joindra nos deux capitales, les deux extrémités de nos pays, en traversant en leur sein la totalité de notre agglomérations respectives : Ophrone, Provjilski, Banja, Rabajnom, Varvarin, Trem, Koman, Mionici, Ithmek, Luzanlak, Nasseber, Dolneni, Vuzvushen.

Un véritable coup de fouet, comme nous n'en avions jamais vu, aux échanges commerciaux inter-régionaux.
Comment, camarades, amis et chers confrères, pourriez vous imaginer une seule seconde refuser cette formidable et chaleureuse, cette sympathique et altruiste main tendue de la part de nos frères kirepiens ?
Comment pourrions nous, tous, ici, après avoir manifesté tant d'engouement face à l'ouverture des frontières, refuser une telle offre ?
Le traité, que je vais soumettre à votre vote, et dont vous avez déjà maintes et maintes fois pris connaissance, ne respire-t-il pas, venant de notre ami oriental, la générosité, l'envie, le travail acharné, et le dévouement ?

Lorsque nous voyons que les camarades kirepiens s'offrent de construire à 80% notre parcelle de l'autoroute, à engager uniquement de la main d'oeuvre upisnavienne, et à prendre totalement en charge leur partie ?

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<center>Traité de coopération économique entre le Kirep et l'Upisnav</center>

[quote]La République Prolétarienne, Démocratique et Populaire du Kirep et la République d'Upisnav, prenant conscience du besoin mutuel des deux états de mettre en place de vastes domaines de coopération entre leurs peuples, ont décidé conjointement et dans la meilleure entente possible, de la signature du présent traité de coopération économique.

1°) Le Kirep et l'Upisnav mettent en place une coopération économique afin de relier les métropoles de Trem (Kirep) et Vuzvushen (Upisnav) par une autoroute transfrontalière, affranchie des barrières douanières et politiques.
2°) Les deux états s'engagent, sur toutes les portions de l'autoroute, à mettre en place un ballisage commun et des normes communes de sécurité.
3°) L'Autoroute prendra le nom de "Autoput bratstva" pour sa partie située sur le sol du Kirep.
4°) L'Autoroute prendra le nom de "Magistrala na Brat·stvoto" pour sa partie située sur le sol de l'Upisnav.
5°) L'Autoroute sera financée conjointement par les deux pays.
6°) La partie kirepienne de l'Autoroute sera financée à 100% par le Kirep, à 0% par l'Upisnav.
7°) La partie upisnavienne de l'Autoroute sera financée à 65% par le Kirep, à 35% par l'Upisnav.
8°) Les bénéfices sur la partie kirepienne de l'Autoroute seront à 50% kirepiens, 50% upisnaviens.
9°) Les bénéfices sur la partie upisnavienne de l'autoroute seront à 50% kirepiens, 50% upisnaviens. [/quote]
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Tihomir Zvetan quitta l'estrade, retournant s'asseoir parmi les siens, sur les rangs de la gauche, bien qu'en Upisnav, en réalité, la longue tradition d'assemblées populaires héritées du Kirep des années 70 avait rendu totalement obsolètes les notions de droite et de gauche actuelles.
Des applaudissements épars traversèrent la salle, la satisfaction pouvait se lire sur le visage de la majorité des parlementaires.


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Pour : 71%
Contre : 29%

Posté : sam. avr. 09, 2011 6:31 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

Deux semaines de grèves intensives avaient suffi, dans le Nord du pays, à paralyser totalement l'économie et les infrastructures étatiques, sans pour autant mettre à la place de projet véritable, d'envergure, capable d'accomplir lui-même les revendications des travailleurs : la victoire serait totale, ou bien elle ne serait pas. Les cargos alimentaires arrivaient de la frontière avec le Kirep, que le gouvernement, muet et incapable, ne suspectait pas le moins du monde d'être à l'origine des méfaits de la région, tellement la rumeur de la chute prochaine de l'ordre ancien et nauséabond enflammait vite villes et campagnes.

Le Parti pour l'Autonomie du Prolétariat -Partiyata za nezavisimost na proletariata-, PZNNP, était aux premières lignes de ces révoltes. Il constituait l'aile dure de la façade parlementaire maoïste dans la capitale, et possédait d'un arrière pays d'une taille impressionnante, disposait d'entrepôts où étaient entassés des hangars entiers d'armes hors d'âge, mais qui sauraient facilement faire ployer les forces de l'ordre sous le nombre et la force des ouvriers et des paysans excités par l'esprit partisan de la région.

<center>[img]http://img34.imageshack.us/img34/3403/drapeauszapupisnavien.gif[/img]</center>

Le Rouge rappellait que le Front était gakiste avant tout, et plus que tout.
Le marron, couleur de la terre, rappellait la présence des paysans dans cette révolution.
Le noir, couleur du charbon, de la fumée qui s'échappait des usines manufacturières, rappellait quant à lui l'importance de la force ouvrière dans la lutte prolétarienne.

A Vitocha, principale ville du pays, 140 000 manifestants affluaient dans les grandes artères de circulation. De nombreux militants du PZNNP brandissaient fièrement les drapeaux du mouvement, distribuant ouvertement des tracts à la population en colère.
Parfois, la foule démasquait, ou croyait démasquer, à tort ou à raison, un homme du gouvernement, le plus souvent un agent de l'ordre déguisé en civil. Plusieurs hommes ont fait ainsi les frais de la fureur des manifestants, qui n'hésitent pas à lyncher ceux qu'ils désignent comme "des sbires du capitalisme".

Pendant la nuit, les manifestants campaient sur place, dans les rues. A minuit, chaque soir, les militants gakistes passaient dans les rues, au pas militaire, ralliant à eux les hommes valides et volontaires, dans un entrain familier et étrange. Ils distribuaient ensuite des repas gratuits aux "guerriers de la liberté", surnommés par les militants "Repas de la solidarité panslave", ou tout simplement "repas panslaves", en fait constitués en totalité d'aides alimentaires kirepiennes.

Au petit matin, les ménagères locales plantaient parfois à leur balcon des drapeaux kirepiens, ou bien encore des portraits du camarade-secrétaire. Quelques tribuns prenaient place, à différents endroits, afin d'exacerber encore un peu plus la haine du peuple contre le gouvernement, et d'attiser l'esprit de revanche et la flamme de la réunification panslave.
L'émulation populaire louée par les journaux clandestins était en fait savamment orchestrée à 4000 km de là, à Ophrone, par une administration implacable avec ses détracteurs.

Le gouvernement ne bronchait pas face aux revendications du peuple, et à Ophrone, on espérait que tôt ou tard, il en paierait le prix fort. Le Parlement, caressé dans le sens du poil par les aides massives du Kirep et la promesse d'une route transfrontalière gigantesque qui assurerait à chaque député d'être réélu l'an prochain dans sa circonscription, se rangerait probablement dans le camp de la rue, provoquant, on l'espérait, une grave crise institutionnelle au sein de l'Etat.

Posté : dim. avr. 17, 2011 3:32 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

La rue vociférait depuis maintenant plusieurs semaines des slogans ouvertement hostiles au régime upisnavien, brandissant haut et fort les drapeaux et étendards maoïstes, parfois même kirepiens, et réclamant un renversement immédiat et radical du cap politique actuel pour un rapprochement pur et simple avec le voisin serbo-croate, de meilleures conditions salariales, sanitaires, médicales, la mise en place d'un nouveau contrat social axé sur l'amitié panslave, la fraternité indéfectible des peuples de la région.
Mais que pensait-on vraiment de ces émeutes populaires et spontanées dans les plus hautes sphères de l'Etat upisnavien ? Quel était l'avis arrêté, surtout, que posaient sur ces évènements les principaux membres des institutions politiques ?

Le Parlement était brossé dans le sens du poil depuis plusieurs semaines par les aides du Kirep, et, sous l'impulsion d'un groupe actif de révolutionnaires marxistes menés par Tihomir Zvetan et presque tous étroitement liés au Partiyata za nezavisimost na proletariata, PZNNP, il était de plus en plus amené à se questionner sur une prise de distance officielle et définitive vis à vis d'un gouvernement qui semblait à des milliers de lieux des revendications de son peuple.
Fallait-il que les parlementaires soient donc confondus avec les incapables du gouvernement actuel ? Ce gouvernement, qui use violence là où le peuple est paisible, et reste inactif quand celui-ci est violent ? Ne parvenant même pas à assurer ses fonctions régaliennes.

En ce jour, déjà, les manifestants contrôleraient -maladroitement et faiblement- près de 40% de la superficie du pays, située au Nord, dont la 4ème ville (Vitocha), siège des émeutes. La troisième ville, Nasseber, sur la côte, a elle été désertée il y a quelques jours par les forces de l'ordre, laissant un vide politique et institutionnel flagrant dans la région désormais hors du pouvoir central.
Vuzvushen, enfin, la capitale, encore loin d'être tombée aux mains des insurgés, est néanmoins entièrement paralysée depuis une semaine.
Aucun gouvernement n'avait été mis en place pour représenter les manifestants, cependant, des comités de salut public fleurissaient dans les villes prises par les maoïstes et les émeutiers, afin de combler les difficultés dûes au départ des forces gouvernementales, prenant force mesures sociales et populaires, vivant, cela va de soi, sur les aides substantielles que le Kirep octroyait à qui brandissait son drapeau et défendait sa cause.
Les principaux membres de l'Etat Major de l'Armée Upisnavienne s'était refusés, quoi que le gouvernement demande, à tirer sur les manifestants, et s'était déclaré neutre en l'état actuel des choses, craignant sûrement d'incendier la fureur du peuple, ou bien encore d'attirer une intervention kirepienne.

Tihomir Zvetan pilotait désormais le mouvement, et, à Vuzvushen, il était vu, à la tête d'un groupe de partisans, comme un fiévreux et fervent partisan de la réunification kiro-upisnavienne, thèse à laquelle de plus en plus de parlementaires adhéraient plus ou moins ouvertement.
Il s'était décidé, sur ordre d'Ophrone, de s'entretenir avec le Président du Parlement en vue d'envisager une condamnation par l'unique chambre législative du pays de l'action du gouvernement, et de la prise du distance des parlementaires vis à vis de cette dernière.
Le président, Vitkor Plamen, la cinquantaine, était réputé pour n'appartenir à aucune organisation politique, et ne se présentait en public que comme un fervent patriote proche des aspirations de son peuple, se tenant à l'écart d'une quelconque assimilation idéologique. Il était vu comme marxien, mais non marxiste, et avait été choisi à ce poste spécialement pour sa neutralité dans les affaires courantes de l'Etat.
La discussion se déroulait dans une des nombreuses antichambres du Palais du Parlement...


Viktor Plamen : Ah, camarade Zvetan... entrez, je vous attendais justement.

Tihomir Zvetan : Merci. Bonjour camarade président. Avez vous reçu mes dossiers ?

Viktor Plamen : -posant la main sur un papier plié qui trônait au sommet d'une pile de dossiers- Oui, j'ai pris bien soin de l'étudier. Vous souhaitez donc que le vote de ce texte soit inséré prioritairement à l'ordre d'un jour de la semaine ?

Tihomir Zvetan : C'est exact. En réalité, demain serait le mieux.

Viktor Plamen : Bien... J'y travaillerais donc.

Tihomir Zvetan : Camarade-président, comprenez l'importance de ce texte. Accepterons nous plus longtemps que le Parlement, et les parlementaires, soient amalgamés avec les actions du gouvernement ? La population nous tiendra longtemps rigueur, à l'avenir, de notre hypothétique passivité d'aujourd'hui. Il faut se ranger, oui, mais se ranger avec les intérêts du peuple, car le peuple n'a pas d'idéologie. Il serait suicidaire et destructeur de laisser encore trop longtemps le gouvernement agir contre les intérêts du peuple. La condamnation de sa politique résonnerait comme une secousse terrible dans le paysage institutionnel du pays.

Viktor Plamen : Justement, camarade Zvetan, je me demandais, ceci ne serait-il pas préjudiciable aux intérêts de l'Etat, que de créer une telle scission entre les instutions ?

Tihomir Zvetan : Absolument pas. Il est au contraire du devoir du législatif, lorsque l'exécutif va trop loin, de prendre ses responsabilités et de mettre un terme à une conduite que nous jugeons dégradante vis à vis de nos administrés.

Viktor Plamen : Bien... camarade Zvetan, je crois en avoir fini. Je m'attacherais à ce que le texte soit présenté au plus vite...

Tihomir Zvetan : Bonne journée, camarade président.

Posté : lun. avr. 18, 2011 3:15 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

Viktor Planem, le président du Parlement, avait joué des pieds et des mains afin de faire passer en priorité à l'ordre du jour de ce 26 Novembre 2014 le texte qui lui avait été présenté quelques temps auparavant par le jeune et vigoureux leader des maoïstes upisnaviens, celui qu'on surnommait déjà affectueusement "le petit Gak" dans les colonnes des journaux, Tihomir Zvetan.

Les parlementaires étaient tous présents pour cette séance plénière extraordinaire. Après que les bruits des députés se soient progressivement tassés un à un, le président du Parlement, tout à l'heure hésitant, désormais étonnament déterminé devant les responsabilités qu'il portait sur ses épaules :


Messieurs,

cette séance aura en ce jour un caractère exceptionnel, étant donnée la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve notre pays et dont vous avez tous connaissance, en hommes avisés.
Les évènements présents et passés ont de quoi tous nous laisser perplexes sur l'avenir de notre pays, en conséquence de quoi, certains de vos confrères ont présenté à ma lecture un texte établissant la position arrêtée du Parlement upisnavien, dont nous sommes les représentants, face au contexte actuel.

Le voici donc, chers confrères, je vous demande toute votre attention.

Le vieil homme saisit le papier qu'il avait gardé sous une pile de dossier, le place sur son pupitre, et entame la lecture du texte :

[quote] Le Parlement Upisnavien, prenant fait et acte des évènements ayant lieu depuis plusieurs semaines sur son territoire, a décidé relever de sa responsabilité l'établissement de ce manifeste afin de retranscrir ses sentiments, son émotion, ses incertitudes face à la grave crise qui secoue notre patrie.
Compte tenu de l'usage inacceptable de la violence effectuée depuis quelques jours par le gouvernement sur les manifestants,
compte tenu de la sagesse des revendications populaires, qui sont à mettre en contraste avec la folie mesurée dont fait preuve la politique du gouvernement,
compte tenu de la crainte du Parlement de devoir, plus tard, porter les stigmates d'une terrible guerre civile larvée qui pourrait avoir lieu dans notre pays,
compte tenu du risque désormais réel que la nation Upisnavienne sombre définitivement dans une période de troubles et de difficultés internes irréparables à court, moyen et même long terme,

Le Parlement a décidé de la condamnation unanime de la politique du gouvernement actuel, de ses agissements contre les exigences du peuple, de ses méthodes disproportionnées, de ses pratiques abjectes et de son attitude impardonnable vis à vis de ses administrés.
Nous, membres du Parlement, demandons au dit-gouvernement une prise de conscience immédiate et concrète, et la mise en place de réformes politiques, sociales, économiques rapides et satisfaisantes pour la grande majorité de la population furieuse contre la situation actuelle.
Nous constatons, éplorés, que les protestations venues d'en bas n'ont nullement enrayé la volonté du gouvernement actuel à se maintenir au sommet de l'Etat, et ce, malgré la paralysie totale de l'économie upisnavienne depuis désormais plus d'un mois. Nous espérons que notre appel saura lui faire entendre raison.

Notre message s'adresse également aux membres de l'Etat Major de l'Armée Fédérale Upisnavienne, que nous invitons à ne pas suivre la politique actuelle. Nous rappellons que la révolte est le plus cher du devoir de l'Homme, lorsque ce dernier croit légitime d'agir contre l'intérêt d'une minorité pour celle de la majorité, ce qui est le cas aujourd'hui.
Nous les invitons à rester neutre dans le conflit actuel, voir à prendre position en faveur des émeutiers, des grévistes, des manifestants, des protestataires, des petites gens, des miliciens, des révoltés, des journalistes, des fonctionnaires, des paysans, des ouvriers, des paysans, des chômeurs, des travailleurs, des prolétaires, afin d'encourager la mise en oeuvre d'un nouveau contrat social de tolérance, d'amitié et de fraternité.

Prenant pleinement conscience que la totale sécurité d'un peuple de trente-six millions d'habitants est en jeu, nous invitons également la République Prolétarienne Démocratique et Populaire du Kirep à la médiation, voir au soutien à la rebéllion actuelle, afin de rendre à notre pays toute sa prospérité.
Nous invitons le secrétaire du peuple, Vliduj Gak, à prendre des mesures immédiates en faveur du mouvement social upisnavien panslave, en vue d'un rapprochement ultérieur à la politique du gouvernement qui serait propice à la formation d'une vaste entité étatique en Sud-Est Alméra.
[/quote]

Le président achève ainsi son discours, face au calme béant et impressionné des parlementaires. Le camarade Zvetan, sur les bancs de l'extrême gauche attend la tenue du vote, un léger sourire en coin, impatient de connaître l'échec ou la réussite de son projet de loi.

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Pour : 62%
Contre : 38%

Posté : sam. avr. 23, 2011 5:08 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

<center>Discours du secrétaire du peuple, Vliduj Gak, au Parlement Upisnavien</center>

[quote="Vliduj Gak"]Camarades,

la situation dans votre pays est actuellement particulièrement préoccupante. En tout cas, suffisamment pour que vos frères kirepiens acceptent de prêter main forte aux masses laborieuses upisnaviennes dans leurs luttes indéfectibles pour la liberté et l'unité.
Nous, au Kirep, avons toujours combattu inlassablement contre le révisionnisme, le capitalisme, le conservatisme, et toute forme d'idéologie factice qui aurait pour conséquence d'aliéner les véritables buts du prolétariat.
Les épisodes passés et présents nous prouvent que les peuples slaves n'ont aucun intérêt à garder une indépendance de façade des uns vis à vis des autres, et que seule l'union sauve les slaves de la décadence et de l'instabilité chronique relative à tout peuple qui n'aurait pas trouvé sa véritable direction idéologique et géopolitique.

Seule l'optique d'une vaste union étatique entre tous les peuples slaves de la région, qu'ils soient pesakiens, kirepiens ou upisnaviens, peut ouvrir à nos fils et à nos petit-fils le chemin d'un développement viable à long terme, et capable de restituer une puissance vaste et compétente, capable de se défendre de façon autarcique des assauts incessants et ininterrompus de nos ennemis, qu'ils soient intérieurs ou extérieurs.

Nous voulons restituer au peuple ses premiers et plus chers privilèges que sont le droit de chacun de disposer d'un salaire digne, de conditions égales de réussite sociale, de services publics gratuits de qualité.
La crise qui traverse aujourd'hui l'Upisnav, plus qu'un cri de malaise social, dépeint aussi selon nous une grave crise politique et institutionnelle, qui transcrit à son tour le signal d'un système assurément à bout de souffle, à court d'idées.
La seule solution qui s'offrait au gouvernement dans les semaines précédentes s'expliquait dans l'usage délibéré de son monopole de la violence sur les manifestants.

Vous avez fait appel au Kirep, le Kirep vous répond immédiatement par l'affirmative, et affirme par ma voie son soutien total et déterminé à la cause juste des combattants de la rue, de la campagne, aux prolétaires et aux paysans.
Nous garantissons en ce jour la défense des idéaux véhiculés par les cortèges manifestants et grévistes depuis le premier jour du soulèvement légitime du peuple, par les moyens dont nous jugerons l'usage nécessaire. Nous demandons de ce fait la démission prompte et rapide du gouvernement et de ses principaux instigateurs, et assurons les parlementaires de notre soutien et de la protection matérielle de l'Armée Populaire et de la Surigimi face aux soucis qu'ils pourraient potentiellement rencontrer face à un régime en perte de vitesse, hypothétiquement capable de faire tirer sur ses propres députés et sa propre Assemblée législative.
De même que l'a fait le camarade Viktor Plamen, président du Parlement Upisnavien, il y a quelques jours dans l'allocution prononcée en ces lieux, nous enjoignons avec vigueur les principaux membres de l'Etat Major de l'Armée Fédérale Upisnavienne à se fédérer en un comité de sûreté d'Etat et à favoriser le renversement du système actuel au profit d'un gouvernement d'unité nationale diligenté par le Parti pour l'Autonomie du Prolétariat Upisnavien.

Nous proposons en ce jour un processus de rapprochement entre nos deux nations, camarades, dont le but final serait l'émancipation des masses laborieuses des deux états au sein d'une seule et même entité étatique, qui prendrait une forme semblable à celle proposée au Kirep par le SZAP, telle que je vais vous la présenter :
Politiquement, tout d'abord, nous souhaitons l'unification progressive, bien que totale, des peuples slaves sud-est almérans au sein d'une vaste République Populaire, basée sur les principes révolutionnaires exposés par les théoriciens du communisme et du socialisme kirepiens. Nous souhaitons la mise en place d'un état centralisé accordant une autonomie relative aux minorités ethniques, culturelles et religieuses, d'un centralisme démocratique s'appuyant sur la convergence des intérêts respectifs de ses principaux éléments.

Economiquement, ensuite, les concertations multiples entre les membres actifs du Partiyata za nezavisimost na proletariata (PZNNP) ont conclu sur la nécessité de poursuivre sur la voie d'une économie socialiste planifiée, sous l'égide d'un Parti soudé comme l'acier avec le peuple qu'il conduit, diligentant un état de dictature de prolériat, en transition permanente vers l'idéal communiste égalitaire et démocratique, était la meilleure solution envisageable par une potentielle et désormais probable union entre nos deux nations.
Notre vaste et compétente politique de développement industriel assure désormais, depuis plus de 15 ans, une croissance économique constante d'entre 9 et 13% de notre produit intérieur brut, nous plaçant en tête des pays almérans depuis les dix dernières années... ceci par le choix judicieux de la répartition de nos investissements.
Une union panslave de plus de cent quatre-vingt millions d'habitants en pleine zone d'influence rostove... c'est aussi une garantie inédite de voir s'élever une puissance pleinement autonome et indépendante vis à vis des flux commerciaux étrangers et prédateurs des nations capitalistes, révisionnistes et par dessus tout anti-communistes.
Le principal mot d'ordre de notre optique de progression économique et d'édification d'une société socialiste égalitaire sera l'appui fondamental du prolétariat, du peuple et des instances dirigeantes suprêmes de l'Etat sur leurs propres forces, ceci s'engageant dans la logique continuité de la politique menée par le Parlement précédemment, notamment lors de l'adoption des lois protectionnistes vis à vis des nations étrangères, qu'elles soient capitalistes, socialistes ou même communistes, afin de donner le privilège absolu aux productions nationales kirepiennes et upisnaviennes sur tout autre importation, d'où qu'elle vienne, et favorisant le processus d'union économique entre nos deux états.

Voyez donc, camarades, les effets bonifiants de nos investissements judicieux sur toute la région qui nous entoure : vaste construction d'une autoroute transfrontalière, aides alimentaires, et, même, discussion d'un projet de création d'une vaste entreprise de gaz commune aux deux entités.
Notre industrie et notre agriculture, prospère, sont encore capables de nourrir à elles seules des hordes de travailleurs, constituant des millions d'hommes.
Nous offrons, en somme, à votre pays de venir puiser l'eau à la source intarissable de notre économie, et à participer pleinement à la mise en place d'une puissance sereine dans la région.

Merci de m'avoir écouté. [/quote]

Les applaudissements sont unanimes dans la salle, de tous les bancs de l'Assemblée.

----

Avec approbation du MJA.

Posté : dim. avr. 24, 2011 5:57 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

Le secrétaire du peuple, après un discours-fleuve sur les atouts du socialisme, les avantages indubitables du système kirepien sur tout autre, tout en ayant pris soin d'en éclipser les désavantages, avait convenu d'une rencontre avec les principaux membres de l'Etat Major de l'Armée Fédérale Upisnavienne.
Le leader kirepien était convaincu au plus profond de lui qu'aucun soulèvement populaire n'était parfaitement réalisable sans l'appui, tout du moins partiel, des forces armées nationales, ce pour quoi il considérait la réunion avec les militaires comme cruciale dans le dénouement de la situation en sa faveur. Il avait résolu du soutien nécessaire, et même du concours actif de l'Armée dans le processus de création du futur Grand Kirep unifiant Pesak, Vieux Kirep et Upisnav.

Cette rencontre avait accaparé, plus que son discours au Parlement, sa dernière semaine de travail au Palais de la Révolution, qui fut une des rarissimes périodes où il délégua exceptionnellement la gestion des tâches courantes de la nation à son bras droit et N°2, le directeur suprême de la Surigimi Alexey Nikita.

Ce 12 décembre 2014, la pluie battait fort les pavés de la capitale, et Vliduj Gak arriva près du quartier général de l'Etat Major, escorté d'une demi-douzaine de surigimistes, où les principaux généraux et colonels upisnaviens attendaient impatiemment sa venue.
Le bâtiment en question était une solide bâtisse de style fasciste, construite durant les années brunes du Kirep et de l'Upisnav, et faiblement rénovée de façade afin de donner à l'ensemble un semblant de réalisme socialiste. Entrant dans la pièce principale de commandement, une vaste salle bunkerisée tapissée à la mode aristocratique XXème siècle, le camarade-leader y trouva là une étrange assemblée hétéroclite d'agents de police et de militaires en uniformes crasseux, mais aussi de nobles généraux en habits flambants.

Alors qu'il allait prendre la peine de les saluer un à un, une voix rauque venue du fond de la salle leur cria d'un ton autoritaire mais serein de quitter la pièce immédiatement, ce à quoi la plus grande partie des personnes présentes s'exécutèrent.
Quand la salle se fut désengorgée aux neuf dixièmes, le camarade-leader put enfin apercevoir la voix autoritaire, qui se trouvait être celle du Général Angueloff, Sergueï de son prénom, chef de l'Etat Major de l'Armée Fédérale.
Il portait sur lui un air sévère de camaraderie affable, et invita le camarade-leader à prendre place à ses côtés.


Sergueï Angueloff : Bonjour, camarade Gak. Avez vous fait bon voyage, depuis votre bienheureux pays ? Je suis Sergueï Angueloff, vous me connaissez sûrement. J'ai bien écouté, avec mes assistants et les autres membres de l'Etat Major, votre discours, retransmis sur les chaînes dissidentes du régime.

Vliduj Gak : Bien camarade. La situation est grave, savez vous ? Le temps est venu de prendre des décisions immédiates, et qui s'avéreraient lourdes de conséquences pour votre carrière général.

Sergueï Angueloff : Oui. J'ai suivi de très près les évènements qui se déroulent dans notre pays depuis deux semaines. Oui, notre pays, je peux le dire, n'est ce pas, camarade Gak ? Ce pays est bien le vôtre. Vraiment, le VOTRE.

Le kirepien sentit une once de cynisme et de fatalisme dans le ton de son vis-à-vis, qui gardait constamment sur son visage l'expression d'une déception assurée.

Vliduj Gak : Oui, c'est le nôtre. Le Kirep est vôtre pays, vôtre ami, Général. Il nous faut désormais établir les dispositions nécessaires au rétablissement d'un nouvel état favorable au Kirep... en fait d'un nouveau Kirep.

Sergueï Angueloff : Petit je vous admirais, camarade Gak. En fait, ici, comme tout bon militaire, je suis aussi partisan d'un régime national et autoritaire. Donc, en partie, oui, je suis vos idées et votre cause.
Les troubles dans notre pays ont débuté depuis plusieurs mois, et j'ai toujours tenu à ce que l'Armée Fédérale soit mise à l'écart des considérations des manifestants. Gardée neutre, jusqu'à l'instant où le destin me forcerait la main, et me convaincrait de prendre fermement position. Je crois bien que vous êtes, à l'heure actuelle, le seul capable de forcer la main de l'homme le plus puissant de ce pays.
J'ai fermement tenu à la neutralité de notre force combattante, vous comprenez ?

Vliduj Gak : Parfaitement, général.

Sergueï Angueloff : Je ne souhaitais pas... comment dire ? Oui, voilà, que l'Armée soit éclaboussée par le sang de la population en colère. Il fallait garder nos distances, afin qu'un jour, nous puissions prendre des décisions cruciales dans l'avenir de notre pays. Voici venu ce jour.
Cependant, plus que fataliste, en bon citoyen upisnavien, je ne peux me permettre de rallier de façon délibérément éperdue votre cause sans savoir ce qu'il adviendra de mon peuple... camarade Gak ?

Vliduj Gak : Le socialisme. Voilà tout, la clé de voûte du grand édifice panslave, la pierre angulaire de la civilisation kirepienne, le centre névralgique, le point de départ de tout développement dans la région.
N'ayez crainte, le Kirep de demain sera, comme celui d'hier, fraternel et nationaliste, amical et altruiste. Mais, assez d'idéalisme.
La course à la puissance a été lancée de plein fouet dans l'Hémisphère Est. Dans notre région, contrairement à l'Occident, on ne conquiert pas le monde par la culture ou je ne sais quelle vision erronée du monde, mais bel et bien avec la puissance brute des empires.
Raksasa, Rostovie, Eran, voilà la réalité, voilà nos rivaux de demain, bien que certains soient nos alliés d'aujourd'hui.

Angueloff passa sa main devant son visage, puis, légèrement affaibli par les responsabilités que son vis-à-vis lui plaçait sur les épaules, il sourit brièvement et répondit d'un ton peu assuré, en total contraste avec son air autoritaire d'il y avait seulement quelques minutes.

Sergueï Angueloff : Bien. Vous avez notre ralliement, camarade. Considérez nous comme des vôtres...

Gak mit la main dans la poste de sa redingote, et en retira une feuille de papier dactylographiée qu'il tendit à son interlocuteur.

Vliduj Gak : Tenez.

Il entama la description des mentions apposées sur le document, simultanément qu'Angueloff s'affairait à les lire.

Vliduj Gak : Demain. Vous, membres de l'Etat Major de l'Armée Fédérale Upisnavienne, dans une allocution radiophonique retransmise à la télévision, proclamerez la création d'un Comité de Sûreté d'Etat qui sera dirigé conjointement par les six plus hauts membres de l'Etat Major.
Vous en appellerez formellement à la démission du gouvernement, à la réunification kirepo-upisnavienne et en remercierez l'intervention judicieuse du voisin slave dans vos affaires internes.
D'ici trois jours, après rassemblement des pièces lourdes d'artillerie, et après avoir progressivement rallié les principaux postes de commandement de la capitale, selon les directives lancées par l'Armée Populaire du Kirep et par ma voie, l'assaut sera lancé sur les principaux lieux de pouvoir tenus encore entre les mains du gouvernement, gares, aéroports, palais présidentiel, postes de police, stations de radio et de télévision.
Après la réduction du gouvernement, vous encouragerez la création d'un gouvernement d'unité nationale avec le Kirep, dominé par les maoïstes.

Sergueï Angueloff : Où sont les plans des opérations ?

Vliduj Gak : Ils vont seront transmis demain par nos soins.

Sergueï Agueloff : Bien. Je crois en avoir fini, n'est ce pas ?

Vliduj Gak : Exact.

Le général se leva, et tendit la main d'un air martial à son interlocuteur.

Sergueï Agueloff : Eh bien... au revoir, camarade... camarade-leader ?

Gak se contenta de rendre la poignée de main, et après un salut formel aux quelques généraux présents dans la salle, il quitta la pièce, toujours escorté de ses six agents surigimistes.

Posté : lun. avr. 25, 2011 10:25 am
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo

Allocution du Général Sergueï Agueloff
Commandant suprême de l'Armée Fédérale Upisnavienne

</center>
[quote]Camarades, camarades,
patriotes, patriotes,
Peuples slaves,
Militants de la cause nationale et internationale,

A vous tous, aux générations futures, à nos compatriotes, à tous qui, dans les années à venir, à la lumière de l'Histoire, avec plus de recul, serez appellés à nous juger, nous tenons à rétablir face à votre verdict juste et légitime la situation de notre pays, les responsabilités que nous devrons dès maintenant endosser, et celles que nous vous remettons, notamment le droit à l'autodétermination et à la justice sociale.

Nous considérons qu'après des mois de lutte acharnée contre le gouvernement, le peuple se doit d'obtenir gain de cause.
Nous estimons par ailleurs, que les évènements passés et présents dans notre pays constituent la formation d'un fort sentiment d'unité panslave, et que, fédéré autour d'un mouvement révolutionnaire fort et vigoureux, ce sentiment ne peut qu'éclore au grand jour et rendre au peuple ses aspirations et ses revendications logiques.
Nous avons décidé de ne pas freiner cet élan formidable de notre prolétariat, et, bien au contraire, avons pris les dispositions nécessaires afin de l'accélérer.

Après concertation avec l'ensemble des membres de l'Etat Major de l'Armée, les parlementaires, le secrétaire du peuple kirepien Vliduj Gak,
suite aux évènements qui secouent de plein fouet notre état depuis plusieurs mois,
suite à l'inaction et l'incompétence inavouée du gouvernement,
prenant conscience de nos responsabilités collectives dans l'instabilité chronique upisnavienne,

je vous annonce solennellement la formation d'un Comité de Sûreté d'Etat, qui aura pour tâche de maintenir la sécurité des instances étatiques révolutionnaires, la sécurité du peuple, la sécurité des infrastructures politiques, économiques et militaires.

Le comité de Sûreté d'Etat est formé de 7 membres :
- Général Sergueï Angueloff, chef des armées upisnaviennes,
- Général Branimir Evdokyor, gouverneur militaire de la région de Vitocha,
- Général Nikolaï Ioan, gouverneur militaire de la région de Nasseber,
- Général Anton Dragomir, gouverneur militaire de la région de Vuzvushen,
- Général Lavrenti Kiril, chef de l'Etat Major de l'Armée de Terre,
- Général Luben Nadejdi, chef de l'Etat Major de l'Armée de l'Air,
- Général Iadoslav Ivankor, chef de l'Etat Major de la Marine Nationale.

Le comité de sûreté d'Etat aura comme rôle de garantir militairement et politiquement la transition d'une économie semi-socialiste à une économie communiste, le rétablissement d'un régime stable, et un rapprochement inéluctable entre le Kirep et l'Upisnav.
Le comité de sûreté d'Etat n'aura aucune considération d'ordre politique et idéologique : nous nous contenterons strictement de suivre les volontés profondes du peuple dans sa lutte pour la réunification internationale panslave.

Nous favorisons dès maintenant, en vue de nous succéder, la formation d'un gouvernement provisoire d'union nationale diligenté par le PZNNP - Parti pour l'Autonomie du Prolétariat - maoïste, sous l'égide du Kirep et qui conduira à la fusion des deux entités étatiques.
Nous assurerons durant ce laps de temps indéterminé la gestions des affaires courantes, et la possession du pouvoir exécutif, garantissant le maintien de la séparation des pouvoirs. Nous rétablissons le Parlement élu et légitime dans ses plein droits à pouvoir régir la législation de notre pays.

Rappellons nous, vous, nous sommes kirepiens, comme les cisplatins sont numanciens, comme les turrïskis sont rostovs.

Nous nous rangeons pleinement aux côtés des manifestants dans leur lutte contre l'oppression et pour l'amélioration de leurs conditions de vie.
De fait et par conséquence, nous condamnons de vive voie le gouvernement actuel, et déclarons caduque tout engagement du peuple vis à vis de ce dernier.
Nous nous déclarons de même absous de tout engagement et de toute allégeance à la cause gouvernementale.

Nous nous engageons à prendre les dispositions nécessaires, et à mettre en place les mesures adéquates afin de précipiter son départ dans les jours à venir. [/quote]

Posté : mar. avr. 26, 2011 1:20 pm
par Vliduj Gak
<center>Programme Carstvo</center>

[quote]<center>Assaut final sur Vuzvushen </center>

Après le ralliement de l'armée au peuple et au Kirep, le général Sergueï Angueloff commande l'avancée de ses troupes sur les dernières places fortes tenues par le gouvernement, et la réduction de ces dernières, ainsi que la destruction ou la désorganisation des dernières forces fidèles au régime hostile au Kirep.

I) Forces en présence

[quote="Forces pro-Kirep"]59 000 soldats réguliers
12 000 miliciens
13 000 auxiliaires volontaires

TOTAL ==> 84 000 hommes

110 véhicules de transport motorisés
50 canons de mortier
50 blindés légers
50 chars légers
20 chars lourds
[/quote]

Organisés comme suit :

[quote]1ère division d'infanterie marine
6 000 soldats réguliers
7 véhicules de transport motorisés

2nde division d'infanterie marine
6 000 soldats réguliers
7 véhicules de transport motorisés[/quote]

[quote]1ère division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers

2ème division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers

3ème division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers

4ème division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers

5ème division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers

6ème division d'infanterie
5 000 soldats réguliers
2 000 auxiliaires
10 véhicules de transport motorisés
4 blindés légers[/quote]

[quote]1ère division de milice
6 000 miliciens
7 véhicules de transport motorisés

2ème division de milice
6 000 miliciens
7 véhicules de transport motorisés[/quote]

[quote]1ère division blindée
4 000 soldats réguliers
13 chars légers
5 chars lourds

2ème division blindée
4 000 soldats réguliers
12 chars légers
5 chars lourds

3ème division blindée
4 000 soldats réguliers
13 chars légers
5 chars lourds

4ème division blindée
4 000 soldats réguliers
12 chars légers
5 chars lourds[/quote]

[quote]1er bataillon d'artillerie légère
4000 soldats réguliers
6 véhicules de transport motorisés
5 canons de mortier
7 blindés légers

2ème bataillon d'artillerie légère
4000 soldats réguliers
6 véhicules de transport motorisés
5 canons de mortier
6 blindés légers

3ème bataillon d'artillerie légère
4000 soldats réguliers
6 véhicules de transport motorisés
5 canons de mortier
7 blindés légers

4ème bataillon d'artillerie légère
4000 soldats réguliers
6 véhicules de transport motorisés
5 canons de mortier
6 blindés légers[/quote]

[quote]Bataillon d'artillerie lourde
1 000 soldats réguliers
1 000 auxiliaires
30 canons de mortier
10 chars légers[/quote]

__________________________________________________

[quote="Forces gouvernementales"]
11 000 soldats réguliers
9 000 miliciens
5 000 auxiliaires volontaires et/ou forcés

12 véhicules de transport motorisés
20 blindés légers[/quote]

II) Plan des opérations

http://img11.hostingpics.net/pics/795657villalalalalala.png

A) Percer les lignes de défense

Objectif : Percer les premières lignes de défense, et permettre ainsi aux unités à terre (miliciens et réguliers) d'avoir la route libre en direction des premiers lieux de pouvoir de la ville.

1°) Les 1ère, 2ème, 3ème, 4ème DB auront comme première consigne, dans cette bataille, de traverser les zones de fortification les plus ardemment défendues par la force brute des chars, et afin de permettre ensuite une avancée plus fluide des troupes à pied.
2°) Les 1er, 2ème, 3ème, 4ème bataillon d'artillerie légère et le Bataillon d'artillerie lourde auront comme consigne de soutenir la traversée des fortification à grand fort de cannonades, propulsées depuis les hauteurs de la périphérie, où ces derniers seront stationnés.

B) Prendre Pied dans la ville

Objectif : L'ensemble des forces mobiles (DB et DP) pénetreront dans l'enceinte de Vuzvushen, appuyées par les tirs d'artillerie et de mortiers.

1°) Les 1ère, 2ème, 3ème, 4ème DB auront comme consigne de pénétrer dans la ville par les défenses abattues, et d'infliger les premiers revers aux miliciens pro-gouvernementaux. Le combat urbain étant le point fort des chars, il ne devrait pas y avoir trop de problème de ce côté-là.
2°) Les 1er et 2ème division d'infanterie marine auront comme consigne de contourner les fortifications, et, en passant par les plages, de prendre à revers les miliciens qu'elles rencontreront. Les généraux upisnaviens et kirepiens font confiance à leur compétence évidente en matière de combat en zones côtières et en plages, afin qu'elles prennent vite le dessus sur leur vis à vis.
3°) Les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème division d'infanterie auront comme consigne de traverser, avec l'appui de l'artillerie, les défenses faibles de l'ennemi, et de prendre pleinement d'assaut, dans une attaque apocalyptique sous le coup des mortiers, des adversaires probablement très vite démoralisés, afin qu'ils perdent pied.
4°) Avançant derrière les divisions blindées, les 1er, 2ème et 3ème division de la milice auront comme consigne d'assurer l'arrière de l'avancée des chars, et de "nettoyer" les dernières poches de résistance, se mettant à l'avant des combats lorsque des troupes légères seront rencontrées.
5°) Les tirs de mortiers continueront et s'intensifieront, notamment en direction du quartier commercial et du palais présidentiel, afin de commencer à détruire les fortifications de l'ennemi.

C) Prise de possession de la première enceinte

Objectif : Encercler le Palais Présidentiel, prendre le contrôle des lieux de pouvoir

1°) Les 1ère, 2ème, 3ème, 4ème DB auront comme consigne d'encercler et de prendre d'assaut systématiquement tout bâtiment de pouvoir : bureau de police, hôpital, gare, aéroport, siège de la télévision et de la radio.
2°) Avançant désormais au devant des divisions blindées, les 1er, 2ème et 3ème division de la milice auront comme consigne de prendre d'assaut et de pénétrer en tête dans les bâtiments concernés, avec l'appui des tirs de chars lourds et légers. Ils investiront les bâtiments de pouvoir, des postes de commandement y seront installés.
3°) Les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème division d'infanterie auront comme consigne de neutraliser leur vis à vis, et d'investir les habitations, les caches, d'assurer l'avancée continue de l'Armée Upisnavienne et de permettre ensuite la poursuite de l'assaut.
4°) Les tirs de mortiers s'intensifieront encore plus.

D) Assaut final sur le Palais Présidentiel

1°) Les 1ère, 2ème, 3ème, 4ème DB auront comme consigne d'encercler le Palais Présidentiel, et de neutraliser toute troupe cherchant à en sortir par les tirs répétés des chars.
2°) L'ensemble des troupes d'infanterie prendront violemment d'assaut le Palais Présidentiel, à coups répétés, jusqu'à ce que ce dernier cède sous les coups des offensives simultanées.

Après la prise du Palais Présidentiel, la population rassurée, l'Armée pourra opérer à partir des stations de télévision et de radio l'annonce de sa victoire.[/quote]


Général Sergueï Angueloff

Posté : lun. mai 30, 2011 3:36 pm
par Vliduj Gak
Aux quatre coins du pays

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_ L'Armée Populaire a pris possession des principaux lieux de pouvoir centraux, régionaux et locaux. Les réactions de la population furent mitigées tout au cours des semaines de transition, ravivant souvent les passions chauvines des ethnies locales non kirepiennes, sans jamais tourner au pugilat pour les troupes officielles.
Les pires manifestations ont abouti à des grèves, vite réprimées, sur les chantiers de Koman, au Kraljevo (Province musulmane).

Les militaires contrôlent désormais de façon perméable les principaux aspects de la vie politique nationale, surveillant étroitement les sphères locales et régionales afin de lutter contre tout flux décentralisateur ou autonomiste dans les provinces kirepiennes. Ils sont eux mêmes sous le contrôle vigilant de la Surigimi, police politique qui veille au grain, les yeux et les oreilles du Palais de la Révolution dans tout le pays.

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_ Les miliciens de la VZN ont été pour une partie démobilisés, reconduits à leurs foyers pour les plus jeunes, placés en centres de rééducation ou de réinsertion sociale pour les plus âgés, ceci suite au scandale, étalé dans la presse, qui en aurait fait une organisation eugéniste. Une majorité, néanmoins, a été déplacée dans le centre du pays, au centre des îles pesakiennes, où ils encadrent désormais les millions de prisonniers politiques et de droit commun de l'Etat, dans des camps de travail remis à neuf sur ordre du secrétaire du peuple.
La tête dirigeante et pensante de l'organisme a de même été rénovée, son "Poglavnik", Chef, Alexey Nikita ayant été replacé dans la branche classique de l'Armée. Les principaux dignitaires de la milice ont été remerciés par l'Etat, remplacés par des militaires sûrs et proches du pouvoir.

De vastes camps en matériaux préfabriqués ont été établis prêts des camps de travail afin d'abriter les miliciens. On estime à 2 millions le nombre de personnes qui vivront dedans d'ici la fin de l'année 2016. Certains y voient une tentative larvée de repeuplement des zones les plus arriérées du Grand Kirep.
Les miliciens y travaillent, parfois dans des conditions semblables aux prisonniers qu'ils sont sensés surveiller, à des travaux d'intérêt public et bientôt des activités industrielles. Le ministre de l'Industrie, Vladislav Todor, a obtenu du secrétaire du peuple Vliduj Gak la construction prêt des villes milice comme on les appelle d'usines de production de tracteurs, d'aciéries et d'armes.
Cependant, elles n'ont pas toujours l'effet escompté. Les miliciens, jeunes pour la plupart de 25 à 40 ans, n'acceptent pas souvent l'isolement imposé par le Grand Kirep.

Les désertions sont nombreuses. Et sévèrement punies. Ils demandent le droit d'installer leurs familles à proximité de leurs campements. La proposition est actuellement sur le bureau des dignitaires de la milice.

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_ Ebrevac, à l'extrême Nord du pays, a été reconnectée aux flux alimentaires grâce aux actions de l'Armée. En effet, une série de sabotages, probablement terroristes islamistes, avait coupé la ville de tous ses approvisionnements, livrant pour ainsi dire les autorités à elle même.
Le mécontentement, tant à l'encontre des "traîtres", terroristes anti-gouvernementaux responsables des actes, que du pouvoir central, responsable indirectement des épreuves subies par la population par sa politique trop autoritaire, grondait dans la ville depuis quelques jours.
De nombreuses grèves, coordonnées, avaient été organisées par des ouvriers qui exigeaient le retour de la nourriture. Plusieurs associations citoyennes locales non affiliées au gouvernement, bien que légales, affirmaient que les stocks de nourriture de la ville avaient été radicalement épuisés en quelques heures, contrairement aux déclarations du gouvernement.
Elles dépeignent des conditions sanitaires parfois déplorables dans les faubourgs. On parle même de scènes d'anthropophagie isolées, de la part de citoyens désemparés.