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Posté : dim. mars 17, 2019 1:41 pm
par Frederick St-Luys
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Aux temps anciens des souverains Lin et Xi de la Première Dynastie, toute la terre des Quatre Coins était harmonieuse. Le souverain Lin connaissait les six augures et les dix-neuf rites ; au commencement de chaque saison, il se rendait sur le mont Di, et rendait au Ciel son dû. Le souverain Xi était exemplaire, traitait les hommes avec humanité, en accord avec les rites et leur rang, et tous s'évertuaient à suivre son exemple.
Quarante générations après les règnes des souverains Lin et Xi, leur descendant, le souverain Fu, ne respectait cependant plus le Ciel et la Terre, méconnaissait les rites et les rangs des hommes, et s'adonnait aux injustices. Le pays tout entier gémit sous ses crimes.
Son premier ministre, Ji Gu, réprimanda respectueusement le souverain Fu, mais il fut exécuté et empaillé. Alors, les ministres cessèrent de rapporter au souverain les conséquences de ses méfaits, et les hommes de vertu se détournèrent de la cour.
Le prince Jin était le fils ainé du souverain Fu. Il avait pour concubine la belle Qiao. Or, celle-ci était une renarde à neuf queues, qui connaissait le coeur des hommes, et était capable de prendre toutes les apparences. Elle séduisit le souverain Fu, et commit avec lui des actes contraires à la nature. Ensemble, ils établirent dans le jardin du palais un lac de vin et de sang, où ils noyaient et dévoraient les hommes de bien. Elle dressa le père contre le fils, le fils contre le père, le souverain contre le pays, le pays contre le souverain.
L'harmonieux quitta le pays, et toute la terre sombra dans le désordre. Les barbares du nord et de l'est envahirent les plaines, les récoltes furent insuffisantes, les digues se rompirent. Le mandat du Ciel avait été retiré au souverain Fu.
Après quatre années de chaos, le prince Ling de Hao s'empara du temple ancestral du souverain, et établit la Deuxième Dynastie. Le souverain Fu et le prince Jin s'y étaient cependant entretués, souillant le lieu. Le prince Ling fit alors détruire le temple, jeter du sel sur ses fondations, et édifia à dix jours de marche de là une nouvelle capitale.
La concubine Qiao ne fut jamais revue.
Extrait du Classique des Temps Anciens, auteur anonyme, IIIème siècle av. JC.
Posté : dim. mars 24, 2019 9:39 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"Le fouet et les châtiments des hommes ne sont rien.
Il n'y a d'autre oppression que celle de notre propre esprit sur nous même.
Le saint n'est pas celui qui connait les Dix Classiques,
Ni celui qui adore les divinités étrangères, Mani, Iesu et Mahumat,
Ni celui qui se prosterne aveuglément devant les lois de l'empereur.
Le saint est celui qui a reconnu que le véritable dao ne peut être exprimé.
Le saint est celui qui a relâché tout pour saisir l'ensemble.
Une fois qu'il s'est libéré de l'oppression de son propre esprit sur lui-même,
Rien ne saurait se dresser sur son chemin."
Extrait du Livre secret du Dao de l'Epée, traité de magie et d'arts martiaux taoiste, auteur anonyme, IXème siècle apr. JC.[/center]
Posté : ven. avr. 05, 2019 7:46 pm
par Frederick St-Luys
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"Durant la révolte des Trois Rois et des Huit Princes, le Prince Yu de Gan dépassait tous ses contemporains par ses prouesses martiales, et le peuple murmurait qu'il aurait pu vaincre à lui seul dix mille soldats.
Apprenant cela, l'empereur Gaozu de Qiang marcha contre lui, et lui livra bataille. Le Prince Yu de Gan s'avança alors devant les lignes, et défia l'empereur en combat singulier.
Voyant cela, l'empereur Gaozu se leva de son char et fit tirer dix mille arbalétriers. Le Prince Yu de Gan mourut alors, et, enragés, ses soldats attaquèrent. Mais sans leur chef, ils furent mis en déroute.
Plus tard, lorsque le conseiller Shao Ding interrogea l'empereur sur cette décision, le souverain lui dit: "Il était dit que le prince Yu de Gan avait la force de dix mille hommes. Mais, en tant que Fils du Ciel, ma force était celle de toute la terre, et mon bras celui de chaque homme de l'empire. Comment le prince Yu ne pouvait-il pas succomber?"
Extrait du Livre de la Dynastie Qiang, de l'historien et philosophe moyiste Feng Qiao (894-955)
Posté : dim. avr. 21, 2019 6:40 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"La justice est la restauration de la loi ;
La restauration de la loi est le châtiment des coupables.
La purification des coupables naît de leur repentance ;
L'isolation et la réflexion autocritique sont les sources de la repentance.
L'harmonie de la société naît du respect de la loi ;
Le respect de la loi est le devoir ultime de chaque citoyen."
Les maximes de Dai Jiao, inscrites devant l'entrée de chaque Forteresse des Châtiments et de la Repentance (prison) du Liang.[/center]
Posté : mer. mai 01, 2019 10:06 am
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"Réaliser l'harmonie sur terre ne signifie pas rassembler le plus de richesse, mobiliser le plus de soldats, dominer le plus d'adversaires, ou répondre au plus grand nombre des désirs du peuple.
Réaliser l'harmonie signifie édifier la société au sein de l'Etat de telle sorte que chacun puisse y trouver une place satisfaisante, sans haïr ceux qui sont au-dessus de lui, ni mépriser ceux qui sont en dessous de lui."
Extrait des Feuilles d'Automne, de Jia Yanshao, philosophe néo-qinluaiste, 1778[/center]
Posté : lun. mai 13, 2019 7:38 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"L'homme qui fait le choix de sacrifier une bête aux esprits et aux ancêtres est un homme qui fait le choix d'ôter la nourriture de la bouche des pauvres.
L'homme qui fait le choix de rester oisif durant la saison de la moisson est l'homme qui fait le choix de laisser un grenier à riz à moitié vide à sa famille pendant l'hiver.
L'homme qui possède la connaissance du monde mais refuse d'enseigner est l'homme qui fait le choix de laisser grandir l'ignorance et le désarroi.
L'homme qui honore la voie ou les esprits avant d'honorer son souverain et sa famille est l'homme qui fait le choix de se complaire dans ses propres rêves plutôt que de marcher parmi les éveillés."
Extrait du Réceptacle de la Sagesse des Hommes, de Qian Xian, philosophe néo-moyiste du XIVème siècle.[/center]
Posté : mer. mai 29, 2019 8:49 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/lettre11.png[/img][/center]
"Durant la dix-septième année du règne de l'empereur Yanxiang [1482], l'armée commandée par le premier ministre du Grand Liang, Cao Fan, marquis de Pingqi, se trouva arrangée en ordre de bataille face aux forces d'Ashgömor Khan, souverain des Telenge des steppes du nord, qui avait choisi la voie de la rébellion contre le trône de jade.
Avant la bataille, le souverain des Telenge invita le marquis de Pingqi à partager un thé dans une tente dressée entre les deux armées. Lorsque les deux hommes furent en présence l'un de l'autre, Ashgömor Khan déclara:
"Mes ancêtres ont reçu la bénédiction du Ciel Eternel, tout comme je l'ai obtenue. Depuis le temps des os et de la poussière, notre peuple s'élance des steppes, et met à terre ses ennemis. Les noms des grands khagans raisonnent dans dix mille chansons, et il n'y a de terre sous le Ciel qu'ils n'aient conquis par le passé. N'est-ce pas le signe que les hommes de la steppe vivront et règneront?"
Alors, le premier ministre du Grand Liang répondit:
"Non, c'est que le signe que votre peuple n'apprend jamais de ses erreurs."
[center]Extrait des Vies des Grands Mandarins de la Dynastie Wei, de Yuan Taisheng, 1897.[/center]
Posté : sam. juin 01, 2019 11:01 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/lettre11.png[/img][/center]
"Quand Mani eut parcouru le désert pendant dix jours et dix nuits, en suivant le soleil levant depuis la mer de Mar Kaz,
Un esprit de lumière vint à lui, et lui confia le destin du monde pendant un an, sans que Mani ne prenne ni eau, ni nourriture.
(...)
(fragments perdus)
Lorsque les pierres du désert pleureront des larmes noires, et qu'une étoile demeurera pendant trois jours et trois nuit dans le ciel,
Alors le prince des ténèbres dépêchera de par le monde Cinq Serviteurs, dont les noms sont: pestilence, mensonge, blasphème, colère et ignorance.
Et les rêves des hommes se détourneront d'Ahura Mazda, et le monde connaîtra la nuit.
(fragments perdus)
Mais il émergera du désert un homme portant la marque de la souveraineté,
Car il aura obtenu un mandat du Seigneur de la gloire.
Il sera pareil à un Sauveur, et vaincra les Cinq Serviteurs.
Puis, le prince des ténèbres apparaîtra à (fragments perdus)
Le Sauveur se portera vers lui et (fragments perdus)"
[center]Extrait de l’Évangile de la Sagesse Sublime de Mani, texte sacré manichéen.[/center]
Posté : sam. juin 22, 2019 11:27 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"En temps de guerre, les hommes passionnés, capables et ambitieux sont le plus important pilier sur lequel peut s'appuyer un souverain. Le souverain habile saura les utiliser pour obtenir la victoire.
En temps de paix, ces hommes sont un fléau pour l'Etat et le peuple. Le souverain habile saura les éliminer pour préserver le pays de la ruine."
Extrait du Commentaire du Traité des Neufs Chapitres, Xu Ming (988-1050), philosophie légiste.[/center]
Posté : mer. juil. 03, 2019 9:23 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"Pour les adeptes du Petit Véhicule, la réalisation du Nibbana* est obtenue au prix des efforts de plusieurs existences, par la patiente imitation du Bouddha Shakyamuni, le rejet des Trois Poisons** et la destruction progressive des Dix Entraves qui s'opposent à la libérer de chacun de la Dukkha*** et du Samsara****. L'individu qui arrive à réaliser cela est nommé l'Arahant, Celui qui a Conquis.
Cependant, il existe une autre voie. Lorsque l'esprit a été purifié et que les Dix-Sept Techniques de Méditation ont été mises en application, la réalisation du Nibbana peut s'opérer avec la soudaineté de l'orage dans le ciel estival: en un instant, sans l'aide de visualisations et de la raison, l'homme peut s'élever à la condition d'Arahant ou de Bouddha, et être définitivement délié de ses attaches."
Extrait du Commentaire sur le Soutra des Dix Roues, de Caizhi (950-1033), moine bouddhiste, fondateur de l'école Chan (zen) liangoise.[/center]
Notes d'informations sur le Bouddhisme:
Sauf exception (comme pour Samsara), la langue retenue dans les termes traditionnels bouddhistes liangois est le pâli et non le sanskrit.
*: Le Nibana (ou Nirvana en sanskrit) est l'extinction des passions et la libération de l'esprit, objectif final de l'enseignement bouddhisme theravada.
**: Les Trois Poisons sont les racines de la Dukkha: l'ignorance, l'avidité et la colère.
***: la Dukkha est la souffrance intrinsèque à l'existence dans le Bouddhisme.
****: le Samsara est le cycle éternel des renaissances.