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Posté : lun. mai 08, 2017 11:20 am
par Zaldora
[justify]Maitrise des langues étrangères.
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/7eTB09x.png[/img][/center]
En moyenne, les thorvalois maitrisent au moins une des trois langues standards qui caractérisent le pays, accompagné systématiquement du dialecte spécifique à leur terroir. Les connaissances linguistiques ne vont, pour la majorité, pas plus loin. Le latin est enseigné à partir de sept ou huit ans et peut ensuite se perfectionner à l'université à partir de quatorze ans. Les études intellectuelles sont aussi la voie à emprunter pour espérer apprendre d'autres idiomes.
4% de la population de plus de quatorze ans est capable de tenir une conversation simple ou maitrise totalement une langue du monde. Ce sont souvent des personnes qui y trouvent une utilité telles que les artistes, les commerçants, les clercs et les savants. La plus prestigieuse est le Latin (3%), tandis que les autres se partagent ce qui reste (par ordre d'importance, on retrouve des Sabirs, le Germanique, le Dyton, le Grec, l'Hébreu, le Briton, autres).
Habituellement, les nordiques sont perçus comme les plus polyglottes parmi les Dytoliens. Le Thorval est une exception et figure certainement parmi les moins bon élève de tout le continent.[/justify]
Posté : jeu. mai 11, 2017 3:19 pm
par Zaldora
[justify]Usages sur les noms de famille.
Temps présents,
Pour rappel, la base sociale constitutive et sacrée de la société thorvaloise est le clan.
Noms de famille
L'adoption de la coutume du nom de famille héritable est assez récente puisqu'elle n'apparut qu'au XXe siècle en ces contrées. Jusqu'alors, les populations usaient d'un nom patronymique ou matronymique, aussi bien chez les thorvalois nordiques que les brakanes et les taunais aux racines respectivement slaves et baltes, mais influencés par les habitudes scandinaves.
Structuration du nom de famille : se termine majoritairement par les suffixes -sen, -sdatter (Jensgardois), -son, -sson ou sdóttir/dóttir (Vieux-thorvalois) qui signifient « fils de » ou « fille de ».
Chez les Brakanes, on peut trouver un suffixe final en -ski ou -scy ; en -is, -us, -ius ou -as chez les Taunais. Quelque soit la forme, il suggère là encore une relation familiale.
Noms patronymiques/matronymiques
L'usage est très ancien, et les savants supposent que leurs origines remontent à l'histoire légendaire. Les noms patronymiques ou matronymiques différent du nom de famille par le fait qu'ils changent à chaque génération. Exemple : si le père de Peter se nomme Niels alors son nom patronymique sera Peter Nielsson. Et si Niels a également une fille, Freya, celle-ci portera le nom de Freya Nielsdóttir. En revanche, les futurs enfants de Peter auront pour nom Petersson.
Malgré l'adoption, bon gré mal gré, du nom de famille dans les zones rurales, le patronyme/matronyme continue d'y prévaloir, autant qu'au sein des quartiers citadins les plus populaires. Son usage y parait plus spontané, naturel et légitime. De plus, au vu de son caractère changeant, il tend à ne pas faire d'ombre au nom de clan, inchangé et supérieur à toute dénomination.
Nom des clans
Chaque individu se rattache à un ou à plusieurs clans, fondés autour d'un ancêtre commun et dont le sentiment d'appartenance des membres est très fort. Étant donné que les portes d'un clan sont généralement aussi ouvertes aux amis proches, aux adoptés, aux pauvres à charge, il est théoriquement impossible d'être sans-clan, à moins de le chercher ou de vivre dans un lieu où le sentiment clanique s'est affaissé (cas des villes) mais sans disparaitre complètement. Le nom d'un clan scandinave se compose coutumièrement du nom de l'ancêtre, accompagné d'un ing ou d'un ung. Exemple : Folkmaring. Par l'influence thorvaloise, les brakanes et les taunais nomment leurs clans de la même manière, sauf que le suffixe final est en ski ou en us.
Cas particulier de l'aristocratie guerrière.
Les nobles nomment leur lignée selon leur lieu d’implantation ou nom de clan. Exemple : à l'extérieur du royaume, la reine est appelée Marie de Thorval [francisé pour le forum] alors que ses sujets la connaissent surtout comme Marie Brothiring, du nom de l'ancêtre fondateur de son clan, Brothir ou Bróðir, jarl semi-légendaire du IIIe siècle.[/justify]
Posté : lun. mai 15, 2017 2:03 pm
par Zaldora
[justify]Le Senna nordique.
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/wGBuKcq.jpg[/img][/center]
Des Senna flanquent couramment, pour ne pas dire quotidiennement, l'ambiance joviale des tavernes dans la plus pure tradition nordique. Outre le tout venant populaire, les scaldes sont également des pratiquants assidus, en particulier afin de pourrir le poème de l'un de leurs pairs. Senna tire ses racines du vieux-norrois signifiant « querelle ». Une personne en défie une autre, qui répond, et ainsi commence un duel verbal poétique durant lequel chacun se livrera, vis-à-vis de l'autre, à un flot d'outrances, d'outrages, d'insultes, de vulgarités et de provocations. Le vainqueur sera celui qui fera le mieux réagir la foule, laissant un adversaire hébété ne sachant plus quoi rétorquer. Néanmoins, certains Senna se terminent sans que l'on puisse départager les participants qui auront alors prouvé être égaux en matière de répartie et de talent oratoire : ils trinqueront ensemble à l'hydromel. Puisque la discipline consiste la plupart du temps à juger des aptitudes verbales d'un homme, il est implicitement entendu que les insultes échangées ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Cela est cependant le cas lorsqu'un Senna précède une bagarre avec comme but, justement, d'éviter que le combat n'ai lieu, en forçant le perdant à se retirer. Au Thorval, ce genre de défis oraux se pratiquèrent du VIe au XVIIe siècle, pour ne revenir qu'au milieu du XIXe et se pérenniser jusqu'à nos jours.
Le Senna est comparable au Flyting celte et anglo-saxon, aussi bien dans les formes que le fond. L'un comme l'autre semblent être les ancêtres des batailles de rap, à la différence qu'ils s'enracinent dans des cultures, ici nordique, anglo-saxonne et celte. Hélas, les chances que la discipline survive encore en Britonnie ou ailleurs sont minces.[/justify]
Posté : mar. mai 16, 2017 10:35 pm
par Zaldora
[justify]Document universitaire.
19 février 2033,
Martin Rikkardsen est un juriste qui enseigne le droit-canon à l'Université. Ses convictions vont à l'absolutisme royal, dont il espère un jour être l'artisan d'une version thorvaloise, par le biais du droit écrit et du modèle de l'empire romain. Un iconoclaste au pays de la coutume, des féodaux surpuissants et d’irréductibles nordiques très peu attirés par la latinité. Tandis que la grève se poursuit à l'Université, maitre Rikkardsen s'est fendu d'un résumé sur les rapports entre les provinces (grand fiefs) et la royauté, avec leurs compétences respectives.
« Le droit coutumier est roi, il existe par lui mesme et n'a besoin d'auscune autorisation, ni de confirmation. De ce fait, les actes politiques doivent s'y soumettre. S'opposer, contourner ou supprimer une coutume est un vœu pieu. Au mieux, peut-on la modifier en proposant, mais ce n'est pas une garantie, et presque toujours un pari. Le droit coutumier prend sa source dans les mœurs des populations, que l'on ne change pas en claquant des doigts, surtout quand un usage est accepté et consacré par le temps !
La cohérence territoriale repose sur les relations personnelles, les liens « d'homme à homme » existant entre Sa Majesté et ses vassaux. Autrement dit, la survie de l'édifice dépend strictement de la parole donnée. Dès lors, l'unité est fragile de facto et en auscun cas elle n'a la solidité d'une nation « une et indivisible ». Une province peut ainsi prendre son indépendance, y compris unilatéralement. Au Xe siècle, personne ne se gêna !
Quant aux compétences réparties entre la Couronne et les Provinces, nous en voyons quatre sortes :
Les compétences royales : exclusives à la Couronne devant lesquelles les Provinces doivent se soumettre en principe, il n'y en a pas.
Les compétences parallèles : se caractérisent par le fait qu'elles appartiennent simultanément à la Couronne et aux Provinces; et que l'exercice par la première n'empêche pas celui des austres, en parfaite autonomie. Nous y classons la Guerre, la Diplomatie, l'Impôt, la Monnaie, la Justice et le pouvoir d'asscorder un fief (les grands ont leurs propres vassaux).
Les compétences provinciales : exclusives aux Provinces, la Couronne ne doit nullement interférer. Elles concernent tous les domaines qui n'appartiennent pas exclusivement à la royauté.
La compétence générale : droit attaché à la Couronne qui l'autorise à produire des textes cadres, dans tout les domaines, à condition de rester vague et général, de respecter les coutumes. C'est au nom de l'icelui pouvoir que la reine publia des esdits sur les [url=http://www.simpolitique.com/post297832.html#p297832]fêtes religieuses[/url], le [url=http://www.simpolitique.com/post298155.html#p298155]port d'arme[/url], la [url=http://www.simpolitique.com/post300970.html#p300970]possession foncière[/url], et le [url=http://www.simpolitique.com/post302226.html#p302226]droit d'asile chrétien[/url]. La volonté royale est ici parfois respectée, souvent piétinée. Les deux premiers actes passèrent très facilement, les deux derniers plus difficilement.
Ceci est un résumé et pour être complet, nous devrions aussi relater les privilèges (autonomies, lois privées) de toutes sortes, asscordés aussi bien aux villes, qu'aux paroisses rurales, aux corporations, aux institutions etc. Nous n'en finirions pas ! Dans nostre système juridique, diversité rime avec complexité. Et la primauté de l'oral n'arrange rien à nostre brouillard.
[right]Martin Rikkardsen[/right] »[/justify]
Posté : lun. mai 22, 2017 4:44 pm
par Zaldora
[justify]Rassemblement familial.
1er mars 2033,
Tous les cinq ans, les chefs de clans avaient pour coutume de réunir leurs sangs chez eux, souvent dans une chaumière longue (Langhus). Le domaine était rapidement envahi par la parentèle arrivant des environs et amenant avec elle enfants, tantes, oncles et grands-pères. Ces moments servaient à festoyer mais aussi à discuter de l'avenir du clan et de ses futurs projets.
La cheffe des Rigmoring avait rassemblé ses parents pour Mardi Gras. Le clan habitait le midi de la petite province de Gudøje et essaimait jusqu'à Graaborg, un village de trois cent âmes sis au sud-ouest de l'Helligstier. Une flopée de têtes se trouvait dans la cour de la Langhus, aussi herbeuse que boueuse et pailleuse, où gambadaient également des poules et des chèvres. Les plus petits riaient en jouant à la chasse au gibier, tandis que les grands s'adonnaient à une partie de knattleikr aux mêlées toujours violentes et énergiques mais pas au point de casser un bras ou une jambe. D'autres préféraient flâner au sein des cuisines une choppe à la main, près des tonneaux de bière. A vrai dire, rares étaient les sobres en ce jour. Les femmes, quant à elles, manœuvraient entre les effluves et les bourrés, à pétrir les pains et à touiller les marmites de ragouts. Rarement y avait-on vu autant de victuailles, tranches de porcs salés, carottes, navets, poireaux, échalotes, et de chapardeurs. Enfin, les célibataires courtisaient, à l'écart du rassemblement, des femmes d'un clan voisin allié. Selon la chance des uns et des autres, cela se terminait par une gifle ou le début d'une prometteuse amourette. Les Rigmoring éprouvaient ce matin la joie simple de se retrouver et d'être ensemble.
Néanmoins, sous les dehors festifs, le clan n'était pas entièrement serein, il restait sur ses gardes. Chaque homme et femme portait une dague à la ceinture ou sous le tablier. Ils redoutaient une attaque surprise des Styrkarung, un clan rival proche, juste avant le temps de paix du Carême, profitant de l'ivresse générale. Soudain, le scalde tut son harpe, le chahut cessa, la cheffe Inge Rigmoring apparut. Âgée d'une quarantaine d'années, elle arborait des cheveux châtains clairs et une taille longiligne.
« Rigmoring,
Grâce au Seigneur et à nostre courage, nos rivaux nous craignent et n'osent plus venir prendre nos chèvres et nos vaches, le fruit de nos moissons et les récoltes dans nos celliers. Les Rigmoring sont de preux et d'excellents combattants, solidaires face aux difficultés, obéissant à un code d'honneur et dont la Foi les pousse au surpassement dans le Bien. Je suis fière d'estre vostre cheffe. Puisse Dieu éloigner nostre clan des affres de la guerre et que loin soit le jour où nous devrions à nouveau sortir l'espee du fourreau. »
Une grande clameur s'échappa de l'assemblée, et le scalde reprit ses œuvres. Peu après none, un groupe d'une vingtaine d'homme ira chasser le cerf du Lillelund, bosquet de la région.[/justify]
Posté : mer. mai 24, 2017 12:32 am
par Zaldora
[justify]Croyances populaires (4).
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/3oMxQyq.png[/img][/center]
L'objet de la croyance, ci dessus.
Dans les gorges de Kæmpebjørnen, au centre du pays, une fontaine sauvage jouit d'une place sans commune mesure au sein des légendes transmises de génération en génération dans la région. Accessible depuis un chemin pentu et entourée d'une luxuriante forêt, la Source de Saint Hallvard berce imaginaire et croyances locales. L'eau y posséderait des propriétés miraculeuses : des témoignages paysans, nombreux, rapportent des guérisons inexpliquées après en avoir simplement appliqué sur la partie fatiguée, douloureuse ou malade. Récemment, un aveugle aurait grâce à elle retrouvé la vue. La Source de Saint Hallvard aurait par ailleurs le pouvoir de confondre les menteurs : en buvant de son eau, ces derniers seraient tenus de dire que la vérité sous peine de ressentir d'atroces brulures au gosier. L'Église n'a jusqu'alors pas enquêté outre-mesure sur le phénomène et se contente, en tout et pour tout, d'un petit oratoire en pierre construit non loin au XVe siècle.[/justify]
Posté : jeu. mai 25, 2017 1:09 pm
par Zaldora
[justify]Croyances populaires (5).
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/bya3HFk.jpg[/img][/center]
Le folklore populaire thorvalois est issu des anciennes croyances païennes mélangées aux croyances chrétiennes, qui arrivèrent au Ve siècle après Jésus-Christ. Les contes et légendes parlant des créatures mythiques, ainsi que de leurs interactions avec les hommes, constituent une part non-négligeable de ce folklore. Les différentes superstitions populaires quant au Petit Peuple (elfes, nains etc) seront relatées prochainement.
Une croyance enracinée à la campagne, que rien ne saurait faire disparaitre, est surement celle du Skifting (chanjon en français). Le mot désigne le leurre qu'un troll laisse dans un berceau après avoir enlevé le véritable nouveau-né. Les motivations du géant sont diverses : fascination pour la beauté des enfants et des jeunes femmes, blondes en particulier, volonté d'éduquer le bébé pour s'en faire un servant, ou par simple malice. Pour se prémunir contre les actes malveillants d'un troll, les parents placent un objet en fer au dessus du berceau de leur progéniture, vu que la plupart des créatures scandinaves sont connues pour craindre le fer. Durant la période païenne, il s'agissait la plupart du temps d'un couteau. Au commencement de l'age chrétien, celui-ci fut remplacé par une croix de fer (et le besoin de baptiser l'enfant). La croyance aux trolls persiste, bien que le terme serve aussi, dans le langage courant, à désigner quelqu'un de particulièrement grand, ou laid, ou un habitant des montagnes, ou un esprit malveillant, ou encore un fantôme [à relier au Skrømt]. Certains racontars populaires affirment enfin que les trolls détestent le son des cloches d'église.[/justify]
Posté : ven. mai 26, 2017 12:18 pm
par Zaldora
[justify]Complots et intrigues (3).
17 mars 2033,
Klarhedslott (manoir), Comté d'Åmargard.
La bâtisse, moyen château de pierre du XVe siècle, était le lieu de vie du Grand feudataire. Elle se situait au nord-est de la province et comptait plusieurs dépendances telles qu'un poulailler, une écurie et une grange. Jesper XII avait prévu de rencontrer un envoyé de l'Église qui parlerait au nom du clergé provincial. Quant à lui, il serait la voix et les oreilles de ses vassaux. Attendant dans la cour de son manoir, cape au vent, le comte remarqua une tâche de boue sur la brodure de sa tunique et essaya de l'enlever, vainement. Et s'il la grattait avec sa dague ? Après réflexion, le robuste chauve à la barbe grisonnante renonça de peur de ruiner son habit. Il se perdit dans la contemplation du paysage quand un gringalet frocé l'interpela. Un moine ?
« Bon jour à vous, vostre Majesté. Je suis frère Anskar, prieur de l'Abbaye Nostre Dame des Anges. L'abbé [mitré, a l’autorité et le pouvoir d’un évêque] croit savoir que vous vouliez lui parler ?
– Salut, prieur. Marchons si cela ne vous dérange pas, proposa le Comte.
Les deux hommes se mirent en route. Et longeaient maintenant une sole d'orge. Le chemin n'était heureusement pas trop boueux.
– Alors, Sire, que désiriez-vous dire à l'Église ? reprit le prieur.
– Vous voyez ces champs-ci ? Précédemment, les tenanciers nous en payaient le cens. Désormais, ce sont des terres allodiales.
– Les efforts de Vostre Majesté pour appliquer les volontés de la reine sont louables.
– Bien sûr, feinta le feudataire. Toutefois, voyez-vous, prieur, l'instauration de la réforme foncière se ferait plus rapidement si nous recevions une compensation pour nos sacrifices.
– Nostre Dame a redistribué, rien que le mois dernier, 170 tønde de ses terres arables aux paysans pauvres, fanfaronna discrètement frère Anskar.
– Cela semble tenir à cœur à l'Église. Et en suis admiratif.
– Quelle est cette compensation que vous mentionnez précédemment, Sire ?
– Eh bien, les terres allodiales ecclésiastiques pourraient, hésita Jesper XII, devenir des censives...
– Mon fils ?
– Réfléchissez-y, frère. En payant le cens aux seigneurs Åmargardais, l'Église accélérait la multiplication des alleux paysans au sein de la province.
– Je...Eh... Nous transmettrons vostre proposition au chapitre. Les paroisses et autres monastères auront aussi leur mot à dire. Mais, pour y réfléchir sérieusement, nous devons être sûrs de vostre parole.
– Prieur, je le jure sur la Croix de Nostre Seigneur Jésus-Christ. Puis-je être frappé par la foudre en cas de parjure ! »
[center]---[/center]
Sankt Olaf Slott (château), Comté de Tårnlund, Domaine royal.
Assise à coté du berceau, Sa Majesté la Reine regardait tendrement sa fille endormie. Cela durait au moins une heure, presque chaque jour. Ainsi, Marie plongeait son esprit dans l’innocence même, et oubliait pendant un temps la difficulté de sa position et l'immense fardeau sur ses épaules. C'est alors que la petite ouvrit les yeux, sourit à la vue de sa mère, et s'étira de tout son long. La prenant dans les bras pour l'allaiter, la suzeraine sentit quelque chose sous les draps. Fouillant, elle trouva plusieurs brindilles et une plume d'oie attachées ensemble. Derrière, accroché à un file, pendait... un os de grenouille ?! Prise subitement d’effroi, Marie jeta instinctivement l'amulette loin d'elle.
« Marie ? Est-ce que tout va bien ? Entra le Prince consort.
– J'ai... j'ai trouvé cette chose dans le berceau de Marie [nom du bébé], répondit la reine effrayée.
– Et qu'est-ce ? Demanda Frans-Valdemar en le ramassant.
– De la magie noire. L'amulette sert à amener la souffrance, la haine et mesme la mort.
– Sacrebleu, s'exclama le prince en relâchant l'objet, mais qui en voudrait à nostre fille ?
– Je ne sais pas, il y a des seigneurs mécontents, des bourgeois également.
– Ton oncle Bjørn... si je ne m'abuse, est deuxième sur la ligne de succession ?
– Oui, mais je ne le crois pas capable de...
– Et pourquoi pas ? Je mènerais l'enquête, discrètement. En attendant, faisons brûler l'amulette.
Le prince sortit, se disant que ces pratiques n'existaient pas en Gombette et qu'avec les croyances populaires et maintenant de la magie noire, le Thorval avait besoin d'une belle Inquisition. L'Arpitan se tâta même à prévenir rapidement le Vatican.[/justify]
Posté : dim. juin 04, 2017 12:32 pm
par Zaldora
[justify]Croyances populaires (6).
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/FnGtlIN.png[/img][/center]
Les Huldres sont un peuple d'êtres surnaturels dont les relations avec les hommes sont ambiguës.
Selon une légende chrétienne, apocryphe au demeurant et ignorée par les théologiens sérieux à défaut d'être dénoncée, le Père Tout-Puissant aurait un jour rendu visite à une paysanne thorvaloise. Honteuse de la saleté de sa progéniture, qu'elle ne put laver qu'à moitié, la femme tenta de les cacher à la vue de Dieu. Celui-ci déclara que leur moitié impropre restera cachée aux hommes. C'est ainsi que les enfants devinrent des Huldres.
Les contes et les légendes décrivent les Huldres comme des êtres en tout point semblables aux humains, avec néanmoins une physionomie rustique très reconnaissable. Selon le folklore thorvalois, les huldres mâles seraient dotés d'une force inimaginable, tandis que les huldras (femmes) auraient des talents d’ensorceleuses et une queue de vache ou de renard. D'après divers autres récits, ce peuple se montrerait, en règle générale, bienveillant avec les hommes, tout en sachant très vite se vexer, et devenir malveillant, si certains préceptes tels que l'honneur du clan n'était pas respecté. Les Huldres posséderaient des pouvoirs magiques qui leur permettraient de devenir invisibles, changer une personne en pierre ou l'égarer.
En lien à cette ambivalence, une coutume rependue estime qu'en posant les fondations d'une maison, les occupants doivent s'assurer qu'elle ne se trouve pas au dessus d'une tanière souterraine des Huldres. Pour s'en convaincre, il est nécessaire que la famille dorme sur le chantier. Si la nuit fut pleine d'horribles cauchemars ou que les outils se retrouvent mis sans dessus-dessous, la prudence veut que l'on ne construise pas à cet endroit, au risque que les huldres ne s'introduisent au sein du futur foyer pour voler du bétail, du grain, des bijoux. Pour repousser un Huldre mécontent, la croyance populaire conseille le feu, le sel ou un crucifix en fer.[/justify]
Posté : jeu. juin 08, 2017 12:40 am
par Zaldora
[justify]Départ pour le Caskar.
25 avril 2033,
La lutte contre l’obscurantisme n'allait pas soulever les foules car c'était une abstraction idéologique, une vue de l'esprit sans consistance, bonne pour les sots. En revanche, résister à la pression seigneuriale, les faire plier, voilà un combat que les paysans thorvalois avaient déjà mené de nombreuses fois. Après quelques envolées lyriques anti-féodales de prêcheurs anarcho-communistes, un total de 400 campagnards, jeunes, célibataires et prêts à en découdre, choisirent de combattre pour les Unionistes. A la première motivation se joignit celle de la défense du christianisme, supposément haït par les Traditionalistes Caskar. Les volontaires seraient principalement origines des faubourg ruraux de Jensgård et de Valborg.
Du coté des villes, trois cent bourgeois de Jensgård et de Valborg partirent au Caskar afin de défendre le christianisme et les libertés communales de Setan. Ces vocations faisaient suite à un encouragement des corporations municipales qui consentirent à agir après que La Reine leur ai promit une dispense de deux ans sur le paiement du Droit de commune. Donnant-donnant.
Du coté des féodaux, certains seigneurs se rangèrent du coté des Traditionalistes. C'est le cas de Jesper IV d'Ulvlund et de ses vassaux, mais aussi de Bartosz XVI de Brakanland avec sa clientèle. N'osant pas envoyer leurs troupes, craignant de se découvrir face à leurs ennemis qui en profiteraient pour lancer une guerre privée, les grands féodaux optèrent pour l'envoi d'un corps commun d'Heimthegar (garde personnelle d'un seigneur, des fantassins). Cent hommes au total. La reine ne put ici empêcher ses vassaux, sauf à leur faire la guerre.[/justify]