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Posté : lun. juin 05, 2017 10:53 pm
par Zaldora
[justify][center][img]https://zupimages.net/up/18/04/nif4.png[/img][/center]

Håber radio (AM) 10h35 - 16/04/2033

« L'Université présente ce matin son étude sur les Bohémiens qui habitent le royaume. Appelés péjorativement « Tatere », l'arrivée des roms au Thorval est attestée au XVIe siècle, en 1539, par les marches de Søndermandland. Généralement bien accueillit, ils reçoivent même un sauf-conduit du seigneur de Almargård pour venir s'installer sur ses terres. Peuple à tradition itinérante, les Tatere quittent très vite le sud et remontent vers les massifs Helligiens, puis vont jusqu'à Jensgård avant de longer le littoral, etc. Ce refus de s'établir à un endroit sera la source d'une hostilité grandissante. Au commencement du XVIIe, les Tatere sont perçus comme des voleurs, des empoisonneurs, des ensorceleurs et tiennent les pires rôles dans les récits et contes populaires. Subissant brimades et expulsions, ces derniers se convertissent au catholicisme en 1614, conservant des superstitions propres, et obtiennent la protection du Pape. Les relations avec les autochtones fluctuèrent ensuite jusqu'au XXe siècle, période voyant les Tatere se sédentariser peu avant la guerre mondiale. D'ethnie Sintetsa, les Bohémiens vivent de nos jours dans l'Almargård, le long du Krondyråen (fleuve). Ils parlent la langue commune (Thorvalois standard) et un Romanes influencé par celle-ci. De confession catholique, leur nombre est estimé à 2400 personnes, principalement forgerons et paysans. Considérés comme des étrangers, les rapports avec le reste de la population sont correctes, quoique emprunt d'une méfiance certaine. L’imaginaire collectif du Tatere malveillant et ensorceleur demeure coriace... »[/justify]

Posté : mer. juin 07, 2017 11:02 am
par Zaldora
[justify][center][img]https://zupimages.net/up/18/04/nif4.png[/img][/center]

Håber radio (AM) 10h35 - 20/04/2033

« On apprend ce matin que la Grande Duchesse du Caskar a été enlevée et conduit en un lieu inconnu. Les Unionistes, favorables à une monarchie centrée sur Alexandra Iere, accusent les Traditionnalistes tandis que ces derniers, opposés à la centralisation du pouvoir, leur renvoient la balle, dénonçant une manœuvre politique. A l'heure où nous parlons, les deux camps que tout oppose sont en guerre civile l'un contre l'autre, avec la prise d'Anis, ville portuaire du sud-ouest, et Twanaskis, située dans la même région mais à l'intérieur des terres, par les troupes des seigneurs traditionalistes. Ceux-ci seraient en surnombre par rapport à leurs adversaires, d'où un appel par le gouvernement légitime pour l'envoi de volontaires étrangers. Difficile néanmoins de trouver des Thorvalois prêts à se sacrifier à quelques mois des moissons pour une cause abstraite (le maintien des intérêts et de la prospérité économique face à l'obscurantisme et la fermeture du Traditionalisme), d'autant qu'ils se font eux-mêmes traiter d'obscurantistes par des biens pensants étrangers. Impossible également de miser sur la solidarité catholique.

Une bagarre a éclaté hier à la taverne Lillehest, dans la banlieue rurale Est de Jensgård, entre des ressortissants de Grand-Ruffade et des hommes du clan Brunhildung. Les tensions seraient montées graduellement entre les deux groupes jusqu'à exploser à cause d'une remarque sur la mère des Brunhildung*. Trois parmi les Amarantins sont soignés à l’Hostel-Dieu des Anges. Ne faisons pas les nationalistes bons teint, remarquons plutôt que les gens de Grand-Ruffade s'intègrent bien au Thorval et à ses mœurs : provocateurs et bagarreurs à la moindre occasion.
»


* Est-ce vrai que les Brunhildung apprennent à copuler avec leur mère ? [/justify]

Posté : dim. juin 11, 2017 12:03 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Gens d'armes : nouveau Sauf-conduit général ?
2 mai 2033

Les négociations sur l'avenir des gens d'armes commencent aujourd'hui. Fait rare pour être souligné, les bourgmestres et les grands feudataires sont tous réunis autour de Sa Majesté pour des discussions qui s'annoncent difficiles, rudes et tendues. Les nobles sont moralement attachés à leurs terres, et y restent, avec très peu de contacts, en temps normal, avec la Couronne. Chacun gouverne sa province, sans quémander une autorisation ou un budget à la reine. Le maintien de l'orsdre se retrouve évidemment touché par cet émiettement des pouvoirs : chaque province est dotée d'un corps de gardes propre. Le grand feudataire en est le chef symbolique car en pratique, la juridiction appartient aux seigneurs locaux. Les villes possèdent elles aussi leurs forces dirigées par la corporation municipale : ce sont les célèbres Manteaux, gris à Jensgård, bleus à Valborg et verts à Sankt-Thøger. A la campagne, l'uniforme des gardes champêtres varient à l'infini, de village à village. Ils sont, toutefois, indistinctement armés d'un glaive.

L'enjeu du rassemblement est de renouveler le Sauf-Conduit général conclut en 1933 pour cent ans. Celui-ci autorise, sous réserve d'une poursuite, l'entrée de policiers étrangers (qui ne sont pas de la province) et règle la coopération intra-policière. Il confirme enfin l’inexistence d'une force commune et rappelle qu'un garde champêtre ou un Manteau obéit en premier lieu et fondamentalement à l'autorité locale plutôt qu'à la Couronne. Le document doit à tout prix être reconfirmé sous peine d’annihiler toute possibilité de collaboration entre les différents corps et de se retrouver avec des policiers se tirant dessus pour avoir « pénétré hors de son pays » (hors de sa province). Le sujet d'une garde unifiée sera certainement abordé mais risque de rester à l'état de projet. Le moment n'est pas venu pour une intégration aussi drastique. De plus, que faire des diverses milices claniques, formées spontanément par les familles ?[/justify]

Posté : mar. juin 13, 2017 5:11 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


La tradition de l'arbre de Mai.
9 mai 2033

[center][img]https://i.imgur.com/wm3fHPV.png[/img]
Image d'illustration.[/center]


Les arbres de mai commencent à « fleurir » dans les milieux ruraux depuis le début du mois. Chaque localité à le sien, que l'on trouve généralement planté au milieu du village ou comme dans le pays traditionnel du Nyager en pleine nature. La coutume est, encore et toujours, prégnante à la campagne et subsiste aussi dans les petites villes que sont Valborg et Sankt-Thøger. La capitale semble être la seule à ne plus connaître cette fête, que la corporation municipale considère comme trop provinciale et trop folklorique pour son rang. Si la coutume de l'Arbre de Mai n'a pas disparu, c'est sans doute aussi en partie grâce au clergé catholique local, qui resta très tolérant et n'appliqua pas les remontrances émises par l'Église et les conciles de la Renaissance (XVIe siècle). Et ce en dépit du caractère païen de cette tradition, qui ne semble pas déranger outre-mesure nos prêtres et nos abbés-mitrés.

Même si l'apparence varie suivant les provinces et les cultures, l'arbre est un bouleau, que l'on dépouille de ses branches pour n'en garder que la cime, avant de le décorer de végétations, de fleurs et de couronnes tressées, soutenues par des rubans colorés descendant le long du mât. Une fois érigé, les paysans et les paysannes se réunissent pour danser autour de l'arbre. Ainsi, ils célèbrent la renaissance et le réveil de la nature, féconde de nouveau. Sociologiquement, célébrer le retour de la frondaison est spontanée chez tout paysan et pourrait même constituer un besoin anthropologique, lui qui est confronté aux éléments et qui vit au milieu de la nature.[/justify]

Posté : ven. juin 23, 2017 11:31 am
par Zaldora
[justify][center][img]https://zupimages.net/up/18/04/nif4.png[/img][/center]

Håber radio (AM) 10h35 - 08/06/2033

« Une guerre privée de sept jours dans le Klardale (nord-est). La source de la querelle remonterait au 1er juin lorsqu'un homme des Thiokking leva la main, au cours d'une dispute, sur une fermière des Hegging. Le clan de cette dernière se mit aussitôt en branle, et participa à au moins quatre escarmouches, à base de rixes à mains nues ou à l’épée, contre ses ennemis. Au cours de ces combats, ils parvinrent à prendre trois chèvres et dix poules aux Thiokking qui réussirent néanmoins à blesser gravement trois Hegging, dont une femme combattante. Malgré tout, l'honneur fut restaurée et la faide prit fin aujourd'hui à l'aube.

Les Grands sont enfin parvenus à prolonger pour un siècle la validité du Sauf-conduit général régissant les rapports et la coopération entre les divers corps de garde. Le traité contient les clauses suivantes :

- Les différents corps acceptent de coopérer ensemble.
- Un corps de garde peut, s'il poursuit un fuyard, pénétrer dans une autre province en toute sécurité.
- Les milices claniques sont reconnues et s'associeront aux gardes seigneuriales, royales et municipales.
- Un garde est en premier lieu et fondamentalement loyal à son seigneur ou à sa ville.
- Toute autorité publique (royale, provinciale et locale) jure sur l'honneur de respecter le droit d'asile chrétien.
- Les différents partis s'engagent à revenir à la table des négociations dans dix ans, afin d'évoquer la fondation d'une garde commune sous l'autorité de la Couronne, en complément des forces locales.

D'une part, l'incorporation des milices claniques est un bon choix afin de juguler leurs actions, souvent expéditives. Et d'autre part, l'acceptation par les grands seigneurs du principe d'un corps commun dirigé par la Couronne est une révolution en soi. A moins que les plus récalcitrants aient cédé par stratégie et prévoient déjà de tout faire irrémédiablement rater en 2043 ?

L'engagement quant au droit d'asile chrétien vise à améliorer l'application de l'édit de Sa Majesté qui, en plus d'une possible police commune, renforce encore sa position. Pas étonnant donc que les discussions aient autant duré (plus d'un mois), sachant qu'elles se prolongèrent souvent durant la nuit, dimanche compris.
[/justify]

Posté : mar. juin 27, 2017 7:04 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Guerre privée, c'est reparti...
21 juin 2033

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2017/26/2/1498587002-paysanne-foin.png[/img][/center]
Tandis que certains sont en pleine fenaison, à l'image de cette paysanne du Vanirlandet, les tensions sont subitement montées plus au sud, au sein du comté de Helligstier, où deux clans pastoraux annoncent à qui veut l'entendre qu'ils sont en faide. En cause, un incident survenu la veille, lors de la conduite du bétail vers les alpages du massif des Hellig. Parcourant des chemins ruraux surchargés en cette saison, les troupeaux se seraient malencontreusement heurtés, provoquant la panique chez au moins sept vaches qui se précipitèrent aussitôt dans la Fruå. Une histoire qui en serait resté à quelques engueulades si trois vaches n'y avaient pas péris. Le clan des Gefning impute le drame aux Ogmunding qui reportent la faute sur les premiers, précisant, en dialecte, avoir eux-mêmes « perdu un veau dans la cohue ». Les gardes-champêtres auraient d'ors-et-déjà empêché une rixe au moment des faits mais ce ne serait que partie remise jusqu'à octobre. L'été est, en effet, une période d'intense labeur pour les paysans entre les foins, les troupeaux et les moissons (qui débuteront très bientôt). Les autorités locales, seules habilitées à agir, doivent profiter de ce répit afin d'empêcher les familles paysannes de se faire la guerre, d'autant que chaque camps aurait promis d'impliquer des clans alliés et amis. En 2033, les diverses faides, entre féodaux ou non, ont causé la mort de dix personnes et blessé une bonne quarantaine d'autres. Les vengeances privées ont, durant toute son histoire, troublé le royaume, avant de connaître un semblant d’accalmie dans les années 1960 jusqu'en 2000. Nous pensons qu'elles n'aient, en réalité, jamais cessé mais se seraient déplacées, pour un temps, sur les terrains de Knattleikr, sport faisant passer le Rugby à XIII pour une douce marche pédestre.[/justify]

Posté : ven. juin 30, 2017 9:48 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Un refuge pour les aveugles.
30 juin 2033

[center][img]http://zupimages.net/up/17/26/ix76.png[/img]
Abbaye Notre-Dame des Prés, fondée au Xe siècle. Détruite au XIIIe et reconstruite au XIVe siècle.[/center]
Le père Olaf Olafsen Jønising va pouvoir fonder une congrégation de chanoinesses et de chanoines réguliers grâce aux dotations de Notre-Dame des Près, une vieille et puissante abbaye territoriale sise dans le Sikkerlandet, sur les premiers contreforts du massif Helligien (voir photo). Le futur orsdre se situera dans l'ancienne Maison de justice de Jensgård, bâtisse gothique du XVe siècle abandonnée par les prévôts municipaux depuis 2020 pour aller s'installer directement au sein de la Maison Communale près du Beffroi. L'édifice nécessite d'importants travaux d'entretiens et d'aménagements afin d'en faire un couvent pouvant convenir à la nouvelle congrégation, baptisée les Fils et les Filles de la Charité. Sa vocation sera double : la célébration de l'Office Divin – comme les moines mais sans l'être – et l'accueil, le soin et l'instruction des aveugles de la Cité. Contrairement à ceux des campagnes qui peuvent compter sur la bienveillance des clans, les non-voyants urbains sont souvent laissés à eux-mêmes, et vivent pauvrement d'expédients ou deviennent mendiants. L'initiative du père, originaire de Frigghus, humble village des faubourgs de la capitale, constitue un premier pas essentiel en faveur de meilleures conditions d'existence pour les aveugles des milieux citadins. Sous le patronage de Saint François de Sales, les Fils et les Filles de la Charité ont également reçu la bénédiction de l'évêché de Jensgård qui aurait, selon certains dires, assez mal perçu l'implication de Notre-Dame des Près, sur fond de rivalité de juridiction multiséculaire entre les deux institutions. Le système social (hôtels-Dieu, écoles, aumôneries, établissements charitables divers) est porté par l'Église ; elle est, en sa tâche, principalement seconder par les corporations, les confréries et les clans via le Hreppr, devoir social coutumier vis-à-vis des démunis. Certains diront que cela consiste à vivre au crochet du clan, mais c'est du mauvais esprit. Dans la limite de ses moyens, la Couronne gère aussi trois hôpitaux dotés de médecins spécialistes.[/justify]

Posté : lun. juil. 03, 2017 9:38 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Agitation dans la rue des Ferronniers.
9 juillet 2033

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2017/27/1/1499115711-1a6bd954bf16c76d7ff4faad6e304bc9.jpg[/img]
Valdemar, un mendiant de Jensgård.[/center]
A Jensgård, la rue des Ferronniers a été le théâtre d'une opération des Manteaux gris – forces de l'orsdre municipales – durant laquelle dix mendiants ont été arrêtés pour non-respect de la loi coutumière sur la mendicité. L'attitude des bourgeois de la Cité à l'égard des plus faibles est toujours très ambivalente, mêlant compassion et dédain. Des mœurs que ne partagent pas les territoires ruraux où les pauvres en général y sont assimilés à des apparitions du Christ desquelles il faut prendre soin. Même les deux autres villes du royaume se détachent des principes moraux de la capitale : « Les Jensgårdois nous traitent de provinciaux mais ce sont eux les barbares » s'est emporté le bourgmestre de Valborg, sur le port, ville connue pour sa pêche. Les pauvres passeront sous peu devant le prevost municipal et risquent quelques jours de prison. La dernière rafle du même genre date du 1er octobre 2032 lorsque quatre vagabonds avaient connu sort identique de la part des Manteaux. Certainement contristée par l'affaire, Sa Majesté s'était rendue, sept jours plus tard, devant le Beffroi pour y improviser un [url=http://www.simpolitique.com/post307113.html#p307113]discours succinct mais remarquable[/url], appelant à plus de charité. Sa prise de parole n'aura hélas pas beaucoup influencé les Jensgårdois. Cela traduit également le coté pitoyable de sa position, celle d'une reine confrontée aux divers privilèges politiques qui l'affaiblissent et la rendent complètement impuissantes face à la pléiade de pouvoirs locaux, de pays, de terroirs, de seigneuries et de villages qui s'autogèrent selon leurs propres coutumes. Bien qu'inefficace à inspirer la mentalité bourgeoise, l'acte de Sa Majesté n'en courrouça pas moins le bourgmestre, Anskar Bagværksen, qui tenta plus tard de lui restreindre l'accès à la Cité, décision rejetée ensuite par le peuple municipal à 49% des suffrages. Depuis, la corporation municipale entretient des relations tendues avec la royauté, sans oublier le cas de l'Université, autre sujet de friction entre les deux. Cela ne durera surement pas éternellement et tout porte à croire que Son Excellence Anskar et la Reine Marie auront bientôt à régler leur compte au cours d'un duel. Le bourgmestre fera surement trainé les choses car le Champion, Ragnar du clan Brothir, risque de complètement lui refaire le portrait.[/justify]

Posté : dim. juil. 09, 2017 9:05 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Monopole de la violence légitime.
27 juillet 2033

[center][img]http://zupimages.net/up/17/27/6u73.png[/img]
Un paysan armé du Søndermandland
photo prise en 2032.
[/center]
Dans l'écrasante majorité des pays du monde, le monopole de la violence est un attribut exclusif de l'État. Ce dernier est le seul à pouvoir légitimement faire usage de violence physique pour appliquer la loi et maintenir l'orsdre. L'avantage d'une telle organisation se trouve au niveau de la paix et de la stabilité apportées, à priori. Le désavantage réside quant à lui dans les abus possibles et probables de la Raison d'État, menant au Terrorisme public qui peut se révéler plus violent encore qu'un groupe de fanatiques. Au sein de beaucoup de sociétés humaines, il ne viendrait à personne l'idée de niveler la position suprême de l'État, qui apparait toute naturelle. Toutefois, ce n'est pas le cas partout et le Thorval constitue un bon exemple de non-conformisme sur la question. En effet, « le droit à la violence » y est partagé entre la Couronne, les féodaux, les villes et les clans (c'est-à-dire la population car la vie sociale ne peut exister hors du clan, y compris si celui-ci est aussi dégradé et artificiel qu'en ville). On pourrait aussi ajouter l'Église dont les tribunaux jouissent d'une compétence exclusive sur certains délits, même si les peines qu'elles prononcent sont la plupart du temps de nature spirituelle (confession, jeûne, pèlerinage...), et les corporations dont les chartes autorisent la tenue d'une justice corporative interne. Le mauvais coté se trouve, cette fois, au niveau de ce parfum d'instabilité et de guerre civile permanent à cause des faides féodales ou claniques, et de la Couronne impuissante à les retenir. Le bon coté, en revanche, est des plus appréciables et se situe dans la vitalité et la grandeur de la société civile qui sait, au besoin, vivre en dehors de l'État. L'oppression étatiste, ou celle d'une quelconque entité sur une autre n'est pas possible ou fortement compromise étant donné les capacités de défense de chacun. Partant de ce constat, où l'autorité publique n'est pas l'unique récipiendaire du droit à la violence légitime, il apparait logique que la société soit armée jusqu'aux dents, et à plus forte raison lorsque les peuples qui y vivent aiment l'action et les valeurs d'actions, et n'ont rien de pacifistes statiques. La possession d'arme est autorisée depuis la nuit des temps, tandis que le port d'arme fut restauré par un [url=http://www.simpolitique.com/post298155.html#p298155]édit[/url] en 2031. En l'absence d'enregistrements et de registres légaux, notre étude se révéla très compliquée et longue. Cependant, nous pouvons affirmer avec plus ou moins de certitude qu'il y a au sein du royaume presque aucune arme à feu (~0,001 pour 100 habitants). Si l'on parle des armes contondantes (masses, marteaux de combat), des armes blanches (glaives, dagues, poignards...) et des armes de trait (arcs à flèches, arbalètes à carreaux), le taux monte à... ~163 armes pour 100 habitants. C'est énorme mais raisonnable car chez nous, il est normal de savoir se défendre, y compris les femmes.[/justify]

Posté : ven. juil. 14, 2017 1:24 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]


Le pays sans aéroport.
11 août 2033

Dépourvu d'armée de l'air, le Thorval est aujourd'hui le seul pays à ne posséder ni aéroport, ni chemins de fer et encore moins d'autoroutes (à quoi serviraient-elles au juste, si ce n'est à hâter l'invasion d'ennemis étrangers ?). Pourtant, une flotte civile existe : le service postal emploiee une fois l'an, un avion Pegasus pour la livraison de courriers inter-ville. Et donc, en l'absence totale d'infrastructures, comment le pilote postier fait-il ? En vérité, il existe une poignée d'aérodromes officieux : n'importe quelle plaine herbeuse suffisamment plane fait office de piste, aussi bien que la mer. En revanche, il n'y a pas de service au sol.

Le Thorval est-il condamné à ne pas jamais connaître d'aéroport en bonne et dû forme ? Pas si sûr, d'après les plans Jensgårdois que nous trouvâmes au gré de nos enquêtes*. En effet, le corps municipal aimerait doter la capitale d'un aérodrome. Celui-ci se situerait dans l'enceinte de la ville, étant donné que le pouvoir du bourgmestre prend fin aussitôt que commence le Ban-Lieu, sans compter les hordes paysannes qui risqueraient de l'accueillir fourches à la main, au sens propre. Plus précisément l'aérodrome se trouverait sur le Gjørmested, terrain vague désolé, boueux et puant de cent Tønde (~ cinquante hectares) dans l'ouest de la ville. Les installations couvriraient soixante-six Tønde (~ trente-trois hectares) et comprendraient deux pistes, une en asphalte et l'autre en herbe, un terminal passagers sur deux niveaux équipé d'un comptoir, d'un service bagage, d'une salle d'attente et d'un poste de douanes, une air de stationnement parsemée de hangars et une station d'avitaillement. L'ensemble bénéficierait ni de tour de contrôle, ni d'installations de guidage au sol, ni de balisage nocturne des pistes, obligeant les pilotes à atterrir uniquement en visuel, de jour et par visibilité au minimum correcte. Les bâtiments respecteraient la cohérence culturelle de la ville et auraient la capacité d'accueillir 1 000 passagers par an, tandis que d'après la longueur de la piste principale, seul le plus petit des avions de ligne pourrait atterrir (équivalent A319). Un assez beau projet correspondant, selon les standard mondiaux, à un menu aérodrome local. Néanmoins, l'idée a rapidement prit du plomb dans l'aile en raison de la Querelle de l'Université mais aussi d'oppositions fortes parmi les bourgeois. En effet, certains voudraient que Gjørmested soit aménagé en terres agricoles. Jensgård est sans doute la seule capitale au monde à posséder des champs à l'intérieur de ses murs. Ceux-ci couvrent actuellement quatre-vingt dix Tønde et sont principalement composés de céréales et de produits maraichers. Les bourgeois espéreraient donc planter un verger à Gjørmested.

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* Documents volés à la maison communale.[/justify]