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Posté : mer. avr. 05, 2017 3:01 pm
par Zaldora
[justify]Pour l'amour des mendiants (2).
14 octobre 2032,

Le corps municipal de la Cité fut réuni le 13 en soirée à la Maison communale. Le bourgmestre y invita les échevins « obligés des bourgeois » mais ne sollicita pas, contrairement aux usages, la présence, pourtant de plein-droit, des représentants d’institutions locales telles que l'Université, le Diocèse ou la toute récente Société des Cercles Hippocratiques. La réunion ne s'en trouva pas moins vive, mettant à jour les divisions et le manque de cohésion régnant. Se faire élire chef de la ville n'avait rien d'une consécration, au contraire, cela marquait le début des problèmes, des coups, des discussions interminables et de la carrière courte. Anskar Bagværksen était lui-même le neuf cent quatre-vingt neuvième bourgmestre de l'histoire, statistique qui dénotait bien l'instabilité de l'office. La séance prit fin à l'aube sous la bruine automnale et un ciel maussade. La mesure qui en sortit fut le fruit de compromis et la suite donnée aux discours de Sa Majesté en faveur des mendiants de la ville.

[quote]Le corps municipal arrête, au nom des habitants du bourg, les dispositions suivantes :
– Pour entrer et circuler sur le territoire communal de Jensgård, chaque seigneur devra au préalable obtenir un sauf-conduit délivré par les autorités municipales.
– Le transport seigneurial devra à cet effet faire halte aux entrées de la ville afin d'être contrôlé par les Manteaux Bleus.
– Ces nécessités s'appliquent à la Reine de Thorval.
– Le but de ces mesures n'est pas la guerre, l'humiliation ou la félonie mais la préservation des libertés locales octroyées par l'édit communal de 1235.[/quote]
Les bourgeois seront appelés à se prononcer sur cette règle, le dimanche 17 octobre après la messe dominicale. Les votes auront lieu à main levée sur le parvis de la Cathédrale ou devant le Beffroi.[/justify]

Posté : ven. avr. 07, 2017 5:56 pm
par Zaldora
[justify]Pour l'amour des mendiants (2.1).
18 octobre 2032,

Le dimanche 17 octobre en fin de matinée, le parvis de la Cathédrale et la Place du Beffroi furent pleines, alors que les bourgeois s'assemblaient pour voter à main levée sur la [url=http://www.simpolitique.com/post307230.html#p307230]mesure[/url] présentée par la corporation municipale en milieu de semaine. De visu, on estima la participation assez forte, aux alentours de 80%.

Approuvez-vous les dispositions visant à garantir les libertés communales ?

Oui : 44%
Non : 49%
Sans avis : 7%

Les usages exigeant au minimum quarante pourcent en cas de majorité relative, les Jensgårdois choisirent donc de s'opposer à la politique municipale. Vainqueurs, les opposants n'avaient pourtant rien contre la protection des libertés communales, néanmoins, ils estimaient la méthode mauvaise. Pour eux, la meilleure manière de sanctuariser les privilèges urbains était encore de ne pas défier inutilement la noblesse. Certains accusèrent enfin le bourgmestre d’hypocrisie : la défense de la commune ne serait qu'un prétexte dans sa guerre contre Sa Majesté, au sujet du traitement des mendiants, de l'Université, etc.[/justify]

Posté : dim. avr. 09, 2017 10:55 pm
par Zaldora
[justify]Calendrier.

Le Thorval se sert du calendrier grégorien depuis l’Édit de Graabæk en 1629. Néanmoins, la monture de ces contrées comprend les deux particularités suivantes :

1) L'année commence le 25 décembre, à Noël, et se termine le 24 décembre suivant.

2) Bien que solaire et divisé de la même façon, l’appellation des mois est issue des traditions locales et se présente ainsi :
Janvier : Efterjul (« après Noël »)
Février : Snavsedemåned (« mois sale »), Værstemåned (« pire mois »)
Mars : Forår (« printemps »), Fastendage (« jours de Carême »), Læmningen (« saison des agnelages »)
Avril : Fåreklipning (« saison des tontes »), Paaskemåned (« mois de pâques »)
Mai : Lysetid (« temps radieux »), Blomstringstid (« temps fleuris »), Jomfrumåned (« mois de la Vierge »)
Juin : Hømåned (« mois des foins »)
Juillet : Høstenmåned (« mois des moissons »)
Août : Tærskemåned (« mois du battage »)
Septembre : Efterår (« automne »), Såningmåned (« mois des semailles »), Ærkeenglenmåned (« mois de l'archange »), Indsamlingmåned (« mois de la cueillette [sauvage] »)
Octobre : Mjødmåned (« mois de l'hydromel »), Sildmåned (« mois des harengs »)
Novembre : Agernmåned (« mois de la glandée »)
Décembre : Heligmåned (« saint mois »), Blødningmåned (« mois de la saignée du cochon »)

Les jours de la semaine :

Lundi : Krigdag (« jour de la guerre [fin de la Trêve de Dieu] »)
Mardi : Tingdag (« jour de l'assemblée [paysanne, bourgeoise, etc] »)
Mercredi : Førstfastedag (« jour du premier jeûne »), Gudsfredag (« jour de la Trêve de Dieu »)
Jeudi : Fedtdag (« jour du gras [viande] »)
Vendredi : Fastedag (« jour de jeûne »)
Samedi : Lørdag ( « jour du bain »), Frudag (« jour des dames » appellation très récente)
Dimanche : Herredag (« jour du Seigneur »)[/justify]

Posté : sam. avr. 15, 2017 9:33 pm
par Zaldora
[justify]Lutte politique (1).
15 novembre 2032,

Des légistes laïcs, connus pour s'être récemment fendus d'un [url=http://www.simpolitique.com/post304361.html#p304361]pamphlet contre le droit d'asile chrétien[/url], se rapprochaient, depuis peu, du Grand Chambellan. L'objectif de ces derniers était d'influencer Sa Majesté via son plus proche conseiller et de, à terme, rejoindre le Conseil. Ces personnes venaient de l'Université où ils enseignaient le droit canon. Admiratifs du droit romain, ils professaient le renforcement de l'autorité royale face aux féodaux, aux clans et à l'Église, la mise au pas des innombrables coutumes et la restriction des privilèges de corps et de groupements. Bien que croyants et érudits en droit canon, les dits légistes se décrivaient comme de résolus anticléricaux dans la mesure où personne, y compris le clergé, ne pouvait se mettre en travers de la puissance de l'État, et du caractère absolu de la Raison d'État. A cet effet, ils prônaient la négociation d'un Concordat avec le Saint-Siège, garantissant la fidélité aux encycliques pontificales et à l'enseignement catholique, mais octroyant au monarque la haute main sur la nomination des évêques et des abbés mitrés, avec aussi le pouvoir de les rétribuer pour service public rendu (fonctionnarisation de l'Église). Un ensemble de mesures très fortes, susceptibles de donner à la royauté la suprématie juridictionnelle sur tout le royaume, menant à la suppression définitive des guerres privées, à la stabilisation des provinces et à la possibilité de mener des politiques de fond beaucoup plus facilement. Un renforcement de l'État permettra aussi, par effet boule de neige, d'être plus d'ambitieux sur la scène internationale.

La vision portée par les légistes entrait, cela dit, en totale contradiction avec les traditions politiques thorvaloises, qui faisaient part belle à la décentralisation la plus complète, aux libertés locales et aux coutumes diverses et variées. Le pays n'acceptera pas de changement sans combattre virilement. Sa Majesté, elle-même, trouvait les autonomies et les privilèges locaux bons par principe et ne souhaitait pas les revoir, même si cela l'affaiblissait beaucoup. Marie III ne désirait pas non plus devenir ce que la doctrine des légistes portait en germe : une reine absolue, renforcée par une divinisation et une sacralisation hyperbolique et excessive du pouvoir royal. Par empirisme dytolien, on savait que l'absolutisme, la « gloire royale », ne fonctionnait pas, en plus d'être une réminiscence de l’antiquité latine et du culte des empereurs romains. Que dire enfin d'une Église de fonctionnaires, où la confusion des pouvoirs était évidente ? Ses façades seront superbes, les sermons déclamés dans des décors de grand opéra, gloire oblige. Cependant, sous ses dehors magnifiques et dérisoires, l'Église-État aura bien du mal à cacher la réelle désaffection de la vie contemplative et le pourrissement de l'état moral et spirituel du clergé, provoqués par la soumission à la puissance publique. A la glorification et au pouvoir absolu, Marie préférait encore être une reine faible et aimée simplement. A l'Église superbe et soumise à ses volontés, ses grâces allaient à l'Église libre actuelle, jalouse de ses prérogatives, flamboyante plutôt qu'opulente, monastique et pieuse.

Au fond, l'opinion de Sa Majesté et de la société importait assez peu, les légistes étaient décidés à les convaincre et à mener leur vision au triomphe suprême. Un véritable chambardement.[/justify]

Posté : lun. avr. 17, 2017 10:28 pm
par Zaldora
[justify]Épisode judiciaire (2).
21 novembre 2032,

[center][img]https://i.imgur.com/Rr5nZjv.png[/img][/center]

Le duché de Skovegård est une province enclavée dans la moitié septentrionale du royaume. Les habitants y pratiquent le Skovegårdais et un ensemble de sous-dialectes locaux. De manière globale, la distance, l'isolement et les rivalités au Thorval favorisèrent les particularismes d'écriture, de prononciation, de vocabulaire et de grammaire, toujours au détriment de l'intercompréhension générale. Le Thorvalois standard est, à cet effet, une langue toit qui lie des locuteurs de variétés aux différences plus que marquées. Les contrées Skovegårdaises du nord, nord-ouest, sont tapissées d'épaisses forêts mixtes où l'économie des villages repose sur la sylviculture paysanne, la fourrure, la chasse, la cueillette de champignons et de baies sauvages, ainsi que sur l'élevage de porcs qui glandent dans les bois à l'automne. Le sud, sud-ouest, est couvert de champs et se caractérise par de la polyculture (blés, légumineuses, pâturages, légumes), couplée à de l'élevage de petits bovins (fromage, beurre). Sur les rives du lac Målaren, les paysans font aussi la pêche vivrière de la truite et du sandre.

[center]---[/center]

Les dossiers judiciaires au sein des terres ducales furent riches au mois de novembre :

Dans un village du midi (Helsinge), Mathias, père de deux enfants, déposa plainte contre Söfren devant l'officialité de l'Abbaye territoriale Saint Kjeld, l'accusant d'avoir consulter une sorcière pour tuer sa vache. Le tribunal pris l'affaire en main, enquêta, interrogea, écouta témoignages et rassembla des preuves. Le prévenu avoua finalement dix-sept jours plus tard et entendit, après courte délibération, la condamnation prononcée par le juge clérical : confession, jeûne et pèlerinage à Notre-Dame de Valborg. La basse-justice du seigneur Anskar de Rakkehus, dont dépend le village, se saisis du dossier le lendemain et condamna Söfren à payer une vache à Mathias, et à travailler pour ce dernier pendant une semaine.

L'autre affaire concerna deux clans plus ou moins rivaux et porta sur une violente rixe survenue dans la taverne de Siltagtig, village de cent âmes sis dans le nord forestier. La bagarre commença à la suite d'une partie de tarok (tarot thorvalois) entre les chefs de clans, Nicolaj et Svend. Chaque camps accusant l'autre de tricheries, la dispute accoucha sur une formidable mêlée des parentèles. La basse justice du seigneur Jørn se montra expéditive et cloua les roitelets familiaux aux piloris, côte à côte. Pour les autres participants, le hobereau fut magnanime et leur pardonna.[/justify]

Posté : mer. avr. 19, 2017 3:50 pm
par Zaldora
[justify]Générosité des Grands.
Du 23 au 27 novembre 2032,

Les Grands ne sont pas parfaits (bagarreurs, assez désobéissants), ont des défauts (susceptibilité, orgueil...) mais sont capables, sous leur meilleur jour, de générosité, d'empathie, de sacrifices, de valeurs chevaleresques, de libéralités. Ces actes ne sont connus que par le bouche à oreille, car la presse et la radio ne les couvrent pas, non conviés, couplé à une activité médiatique plus modérée que dans d'autres pays.

Note : les sommes sont renseignées en monnaie la plus précieuse, bien que dans les faits, c'est souvent la monnaie provinciale qui prime, et sans oublier aussi la faible monétisation de la société où lorsqu'on y est assujetti, les impôts sont payés en partie ou complètement en nature.

Ces derniers jours, au mois de novembre :

Jesper XII, duc de Ulvlund, fit un don de 5 Couronnes d'or au monastère Saint-Olaf, près de Gammelbror, village comptant quatre-vingt douze âmes paysannes, afin de réparer le cloitre.

Bartosz XVI, comte de Brakanland, donna 1 Couronne d'or au charron du village de Grønsig pour remplacer une partie de ses outils, usés par le temps.

Marie III, Reine de Thorval et seigneur de ses terres, offrit 10 Couronnes d'or à son palefrenier qui doit se marier, et 30 autres à l’Hôtel-Dieu Sainte Kinga, situé à huit mil thorvalois (~ vingt-six kilomètres) au sud de la capitale, qui soigne les malades de son domaine proche, ici les terres de Tårnlund.

Mgr Per Bødkersen, évêque de la Cité et non-féodal, ouvrit le temporel du diocèse pour prendre en charge les études universitaires d'un fils de veuve, et distribua abondamment l'aumône aux mendiants de la ville.[/justify]

Posté : sam. avr. 22, 2017 2:52 pm
par Zaldora
[justify]Au Conseil de Sa Majesté.
5 décembre 2032,

Au dehors, de grandes brumes trainaient dans les bois de de pins et de hêtres. Elles enveloppaient les champs et les prairies, le ciel était bas, donnant au jour une apparence triste et frileuse. Pour peu que le vent se lève, le pays Jensgårdois pourrait connaître de grosses tempêtes de neige. Les quatre tours du château apparaissaient fièrement derrière ces vagues blanchâtres tandis que le Conseil se réunissait aux aurores. Réchauffé par un âtre ardent, celui-ci avait l'air d'une veillée de famille quand tout au dehors n'était que froid (-1,5°C) et brouillard, impression renforcée par les allures domestiques que prenaient la vie publique autant que privée. Les personnes autour de la table, dont Sa Majesté et le Prince, paraient au plus pressé.

[center][img]https://i.imgur.com/oUfhBRJ.png[/img]
La salle des pères accueille le Conseil de Sa Majesté.[/center]
« Marie, la situation est très dangereuse. Le vieux seigneur de Højborg est mort durant la nuit, ne laissant derrière lui que sa fille, Helma. Or, elle s'est mariée au seigneur Anders de Solbær, un garçon jeune et vigoureux qui espère bien réclamer l'héritage revenant de droit à son épouse. Toutefois, le messire de Højborg avait un frère, Söfren, qui serait sur le point de revendiquer les terres pour sa lignée. Et afin de ne rien arranger, le Comte de Almargård et le Baron de Flodland paraissent eux-mesmes décidés à soutenir leurs vassaux, coûte que coûte, dans leur quête ! Exposa gravement le Grand Chambellan.
– La succession pourrait conduire deux provinces à l'affrontement... une guerre privée de grande ampleur, surenchérit Margrethe, la reine-mère.
– Avec toutes les conséquences que cela aurait sur les paysans, des petits qui n'ont rien demandé, ajouta à son tour le chapelain de la reine, père Marcel Mutaud.
– Ma Reine, s’immisça le consort, envoyez-moi y... et je vous promets de rétablir la quiétude des esprits avant Noël.
– Non, c'est une dispute que nous devons arbitrer en personne. La trêve de l'Avent joue en nostre faveur. Nous convoquerons Solbær et Højborg, et règlerons pacifiquement leur différend, trancha finalement Marie.
– Vostre prestige en sortirait grandi.
– Qu'il en soit ainsi alors, conclut Poul VIII. Ma Reine, reprit-il, passons à cette histoire ridicule à l'étranger. Un de vos sujets, qui décida d'essaimer avec sa famille au Vonalya, aurait coupé un arbre sacré dans les environs de la capitale. Il se trouve en geôle, accusé de... incitation à la haine religieuse, destruction de la nature.
– L'acte en soi risque de ralentir encore davantage l'évangélisation du Grand Nord, constata Marie.
– Mon enfant, proposez un jésuite à la cour du roi Alwin.
– Mon Père, cela ne servirait à rien, affirma le Prince, les Vonalyans en seraient outrés, outrés, outrés, outrés.
– Pour ma part, je suis certain que ce pauvre hère avait froid et eut besoin de faire du feu. Narvarion est en zone arctique.
– Quoi qu'il en soit, nous devrons soutenir les nôtres. Marie, vous ne pouvez laisser la justice étrangère surréagir, termina Frans-Valdemar. »[/justify]

Posté : sam. avr. 22, 2017 9:37 pm
par Zaldora
[justify]Croyances populaires (3).
Temps présents,

[center][img]http://zupimages.net/up/17/16/0be8.png[/img][/center]

Alors qu'un bourgeois émigré s'était fait remarqué en sciant un arbre considéré sacré par le paganisme Vonalyan, voyons la place des arbres à prière au Thorval.

Au temps du paganisme nordique, les forêts sacrées étaient nombreuses et tenaient un rôle prépondérant dans la mesure où elles accueillaient les rites sacrificiels du blót et du Dísablót. Ces Lund, ainsi que les arbres (chênes, hêtres, frênes, conifères) qui les composaient, étaient majoritairement consacrés à Freya et à Odin, plus rarement à Thor. Le culte des arbres au sein de la mythologie scandinave était à relier à celui de l'Yggdrasil, l'Arbre-Monde primordial.

De nos jours, le phénomène n'a pas disparu. Seulement, la Foi populaire autour des arbres fut redirigée vers la Chrétienté, en incluant les vieux rites dans la liturgie catholique et en consacrant les arbres aux saints, au Christ, à la Vierge Marie. Souvent, on y construisit une chapelle ou, plus couramment, un petit oratoire. Une pratique rependue, considérée comme superstitieuse par les tenants d'un catholicisme stricte (très minoritaires dans ces contrées), consistait à réciter un chapelet en faisant trois fois le tour de l'arbre consacré à la Vierge, avant d'y effectuer des offrandes votives, en remerciement ou pour appuyer une demande (guérison, protection, fécondité, récoltes etc.)

Yggdrasil représenta Dieu le Père et le Saint Esprit.
Odin, pendu sur Yggdrasil et percé d'une lance, Jésus-Christ.
Thor, cognant sur les Géants, Saint-Michel généralissime des milices célestes.
La Déesse Mère, source des croyances nordiques et figurée par Freyja, Frigg et Skaði, la Vierge-Marie.

D'autres pratiques actuelles telles que l'Arbre de Mai ou les feux de la Saint-Jean venaient aussi de la christianisation d'anciennes pratiques païennes.[/justify]

Posté : jeu. avr. 27, 2017 8:34 pm
par Zaldora
[justify]Arbitrer et rendre justice (1).
19 décembre 2032,

A relier au message ci-dessus (Conseil de Sa Majesté)


En matinée, Anders de Solbær et le frère du défunt hobereau de Højborg arrivèrent enfin au château accompagnés de leur seigneurs respectifs, le comte de Almargård et le Baron de Flodland. Ils étaient convoqués à la Cour afin de régler un grave conflit de succession qui menaçait de s'aggraver en guerre ouverte après la traditionnelle Trêve de l'Avent. L'arbitrage, que l'on nommait aussi justice, se déroula dans la salle du Trône et fut personnellement mené par Sa Majesté. Devant-elle se tenaient quatre hommes encapés, armés et arborant fièrement le blason de leur maison. Les traits des visages et l'authenticité des caractères témoignaient de leur rude vie à la campagne, au contact de la nature et des éléments, à des lieues de la vie douillette d'un palais doré. Le jeune Anders de Solbær avait récemment fêté sa vingtième année et pourtant, il était déjà chevronné et apte à mener bataille. Un personnage brillant qui fit forte impression à la reine.

Chaque partie pu, une par une, présenter ses arguments et ses doléances. La séance incluait aussi des savants auxquels ils appartenaient de discerner sur l'état des usages locaux : telle coutume notoire était-elle toujours valable ? Avait-elle changer ces derniers temps ? Existait-il une coutume privée sur la question ? Et pouvait-elle supplantée la notoire ? Des questions compliquées dont les réponses n'allaient pas de soi. Cependant, personne n'en paru embarrassé tant on en avait l'habitude. Pareil exercice n'avait en effet rien d’inhabituel au sein d'un royaume où 98 % des règles reposaient sur l'usage et la transmission orale. Les coutumes variaient ainsi à l'infini.

Au bout de l'après-midi, la reine pu finalement rendre sa décision : les terres de feu le seigneur de Højborg revenait légitimement à son unique fille Helma, épouse de Anders de Solbær, en accord avec l'usage immémorial souhaitant que l'héritier direct hérite en priorité sur les collatéraux. Néanmoins, s'il arrivait que Helma n'eusse pas d'enfant, les terres reviendraient à l'oncle Söfren et à sa descendance, au nom d'une autre coutume qui dictait que les biens d'un défunt retournassent lors de la succession dans sa famille par le sang (l'adage latin, paterna paternis, materna maternis).

Les féodaux saluèrent une décision qui leur apparu juste et équilibrée. Ces derniers furent en outre impressionnés, et quelque part admiratifs, de le neutralité, du sens de la justice et de l'équité montrés par Marie III. L'impression d'exemplarité laissée vaudra au Thorval toujours bien davantage qu'un Édit autoritaire, lettre morte à 100 %. Après le départ de ses vassaux, la suzeraine alla rejoindre le berceau de son enfant, gardé par une nourrisse. En effet, comment pouvait-elle espérer gouverner la si grande et turbulente famille qu'étaient ses sujets, si elle ne se souciait pas de sa propre mesnie ?[/justify]

Posté : mer. mai 03, 2017 12:03 pm
par Zaldora
[justify]Place des hommes et des femmes.
Temps présents,

[center][img]https://i.imgur.com/gUNwIPo.jpg[/img][/center]

La société thorvaloise n'est pas vraiment patriarcale et présente en son sein des survivances d'un matriarcat passé supposé, qui serait à relier aux dieux Vanir.

La femme rejoint son mari lors du mariage avec une dot. De son coté, l'homme doit fournir sa part, ainsi qu'accorder un douaire à son épouse. La règle est toutefois différente lorsque l'ainée est féminin. Dans ce genre de situation, c'est la coutume matrilocale qui prévaut, le mari rejoignant sa mariée. Dans la plupart des lieux, le droit d'ainesse s'applique peu importe le sexe, et ce n'est qu'au sein de la noblesse que l'on peut retrouver des préférences mâles, relatives ou fortement marquées, bien qu'elles tendent à disparaitre. Le droit masculin exclusif est quant à lui étranger aux usages et considéré comme une tradition exogène. De ce fait, le commandement est ouvert aux femmes.

La famille repose sur le clan, les liens du sang et la parenté. Le père est une moitié (« gode »), la mère est l'autre (« goda ») et ensemble ils forment un tout. Si Certaines tâches sont confiées à l'homme pour sa simple supériorité physique, la femme jouit en revanche d'un empire sur les affaires internes à la famille. Elle règne en maitre sur l'organisation, la gestion et l'éducation des enfants. Elle est gardienne des traditions et de la piété familiale, et responsable de sa transmission ; la femme incarne l'honneur du clan, dont elle fait vivre le souvenir, et veille à ce que les hommes le redresse en cas de souillure.

La théologie sur le Péché Originel développée localement est quelque peu différente des conceptions du reste de la Dytolie. En effet, les théologiens thorvalois affirment qu'Eve est effectivement coupable d'avoir fait pécher Adam. Néanmoins, la nuance est que les clercs ne dénient pas la culpabilité propre d'Adam, fort de son libre-arbitre, qui accepta le fruit interdit. Jésus-Christ a racheté l'humanité par son sacrifice, tandis qu'on estime que la Vierge a rappelé aux hommes l'éminente dignité de la femme qui mérite bien davantage qu'un simple respect, aux portes de la vénération. Le culte marial s'en retrouve fortement ancré dans les mœurs, jusqu'à frôler l'hérésie.

Quels sont les différents droits et positions dont jouit la gente féminine ?

La femme est majeure à 14 ou 16 ans, comme les hommes.
La femme peut refuser un mariage.
La femme reste propriétaire de sa dot.
La femme peut garder le nom de son clan.
La femme peut demander la séparation de corps à l'officialité.
Si les enfants appartiennent aux deux parents, la mère bénéficie toujours d'une primauté sur le père.
La femme peut hériter.
La femme peut hériter d'une seigneurie, porter les armes et devenir seigneur elle-même.
Les cheftaines de clans existent, ainsi que les cas où l'ancêtre commun est une femme.
La femme assiste, s'exprime et vote lors des Ting (assemblées).
La femme peut porter plainte devant la justice laïc et religieuse.
La femme peut exercer des métiers savants (médecin etc) et tenir artisanat.
Avant toute décision, l'homme a l'obligation morale de consulter sa femme, même aux plus hautes fonctions, car toute activité se rapporte à la famille.
Si certaines tâches difficiles sont confiées aux hommes, la femme travaille à la ferme, participe aux moissons, garde les troupeaux aux alpages etc.[/justify]