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Posté : sam. nov. 02, 2019 4:56 pm
par Zaldora
[justify]Dans la tempête (14).
6 juillet 2040,
[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/30/kb1q.png[/img]
La forteresse des forteresses lors de sa chute en septembre dernier.[/center]
Longtemps après les vêpres, aux temps des moissons, remparts de la forteresse de Vetrborg.
La nuit était claire ce soir là : un quart de lune trônait au firmament autour de milliers d'étoiles. La seigneurie de Drengrland, possession ancestrale des Ducs d'Hàrland, semblait calme. Après l'orgie du banquet et les innombrables beuveries qui suivirent, le silence s'était fait maitre de l'immense forteresse aux longs remparts. A part les ronflements d'hommes horribles [brigands], gavés et bourrés comme des coings, pas un bruit ne venait déranger le sommeil des habitants de la place. Audunn effectuait son chemin de ronde et rien a l'horizon ne l'avait alerté jusqu'ici. Encore quelques tours et il pourra sans crainte aller ripailler dans les cuisines. Il pensait aux cygnes rôtis de la table du chef Ǫrnólf et en avait toujours l'eau à la bouche. Soudain, il aperçu un garde faire le saut de l'ange de l'autre coté. Quelque chose se passait, il voulut donner l'alerte mais deux inconnus l'attrapèrent par les épaules et le jetèrent à son tour du haut des remparts.
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Longtemps après les vêpres, aux temps des moissons, dans la chambrelle d'un lieutenant.
Après s'être bien repu, Klemens fit venir une fille de joie à ses appartements. Au départ sensuels et doux, les ébats prirent peu à peu un tour violent. Agrippée par les cheveux, la prostituée pleurait sous le poids et la brutalité du gaillard qui y allait tel un ours. Tout à coup, des servantes déboulèrent et le poignardèrent rageusement au torse et à la gorge. Ce dernier s'effondra et trepassa dans une marre de sang. La fille s'en alla, à moitié nue, sous le choc, ne comprenant pas ce qui se produisait. Au même moment, d'autres cris ébranlèrent la forteresse, la faisant sortir de sa torpeur. Le sang coulait à flot. Les dix mois d'oppression étaient désormais vengés.
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Longtemps après les vêpres, aux temps des moissons, à la poterne principale.
Le Duc d'Hàrland, à la tête d'une centaine de fidèles, patientait depuis un moment pour qu'on lui ouvre. Il était l'heure de reprendre son foyer ancestral aux bandits et d'ainsi mettre fin à une période très sombre. L'Oncle de la Reine était un dur à cuire et un guerrier de légende mais à ce moment précis, il sombra dans l'incertitude : que faisaient les saxons ? Avaient-ils trahis ? Derrière, les hommes s'agitaient, perdaient patience et avaient soifs de combats et de vengeance. L'attente se poursuivit plusieurs longues minutes avant qu'enfin la poterne ne s’entrouvre et qu'un garçon maculé de sang ne fasse signe de venir. Le Duc dégaina sa lourde épée et l'ost s'engouffra à sa suite.
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Longtemps après les vêpres, aux temps des moissons, au sein de la Grand-salle, lieu du dernier banquet.
Avachie sur sa cathèdre, à la lueur des bougies, au milieu des orgies de la table, le chef Ǫrnólf « Sire de Vetrborg et seigneur de Drengrland » dormait. Il ouvrit soudain les yeux et regarda autour de lui. Personne. Grimaçant, Dent de Loup s'agrippa la panse qui le fit horriblement souffrir. Le porcelet et le cygne ingurgités un peu plus tôt ne passaient visiblement pas. Se tortillant jusqu'à la porte, celle-ci s'ouvrit brusquement et l’assomma. Une femme pénétra, tandis que les combats redoublaient dans les couloirs. Le bandit se trouvait au sol, entrain de conchier ses braies. Edna sortit sa dague et miroita l'idée de l'égorger comme le porc qu'il était. Mais la Westréenne y renonça, ce n'était pas les ordres.
Ǫrnólf se réveillera à l'aube, attaché dans un cachot, sa bande et ses fidèles passés par l'épée, et l'Oncle de la Reine à nouveau sur le trône de la forteresse des forteresses. Quant à la réputation des Westréens, à la suite de ce triomphe, elle ne pourra encore une fois que grandir...[/justify]
Posté : mar. nov. 05, 2019 6:36 pm
par Zaldora
[justify]Révélations (1).
18 juillet 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/45/h1ov.png[/img]
Le château d’Himinnborg.[/center]
Le périple à travers les méandres sauvages de l’Hágarðr prit fin peu après la midi quand le charriot royal atteignit enfin les hauteurs du château d’Himinnborg. Édifiée à flanc de montagne, la petite forteresse constituait une possession royale depuis le XVIIe siècle et se trouvait enclavée dans le domaine du seigneur Poul VIII. La batisse surplombait les gorges du Ǫlfossá où vivaient des villages isolés. Aménagée par des générations de paysans, la région se tapissait d'herbe où broutaient des chèvres et des brebis. Les rares terres cultivables étaient, quant à elles, entièrement recouvertes de seigle. La forêt, antre du magique et des croyances païennes, cohabitait harmonieusement avec les oratoires, signe de la piété chrétienne locale. Tout autour, des montagnes plus altières et anciennes semblaient garder les lieux. Leurs cymes enneigées offraient une vision d'effroi mais aussi d'éternité.
Sur décision du clan, pour ne pas dire ordre, la Reine se mettait en retraite forcée durant les neufs prochains mois, en comptant les relevailles. Ainsi, la parentèle avait décidé de l'éloigner des agitations de la cour, de la cruauté des intrigues et de la brutalité des combats menés contre le seigneur Erlandr IX et son vassal. Pour ne pas être seule, la suzeraine vint accompagner de sa fille la petite Marie, de son chancelier (uniquement jusqu'à la prochaine lune), de son écuyer, de gardes, de quelques servantes, de l'érudit briton Percefal et d'une sage-femme. Celle-ci avait pour tâche particulière de veiller à sa santé et aux faits et gestes du quotidien. Personne ne voulait en effet revivre le drame de la précédente grossesse où Marie perdit un garçon et faillit y périr personnellement. Ainsi, la Reine avait dès à présent l'obligation de ne pas s'inquiéter, de ne pas faire de mouvements brusques, de ne pas chevaucher à califourchon, et de se reposer. Il lui était par ailleurs déconseillé de manger des pois secs et du sel au risque que son enfant naisse chauve et sans ongle. Elle pouvait en revanche gober des œufs et boire un peu d'hydromel afin de se fortifier le ventre. Sinon, elle pouvait assouvir tout autre envie, sans oublier de porter des vêtements amples, et sans ceinture, afin de ne pas obstruer la croissance du fœtus dont l'âme, croyait-on, arrivait entre quarante et quatre-vingt jours après la formation, selon que ce soit une fille ou un garçon. D'autre part, afin que le cordon ne s'enroule autour du cou de l’enfant, et n'engendre un monstre (sans yeux ni bouche, à deux têtes ou à quatre jambes), la Reine devait aussi s’entourer d’amulettes protectrices, se garder du soleil et éviter d'éternuer. Enfin, de manière à protéger le mioche contre les démons, les servantes placèrent une corne de cerf aspergée d'eau bénite sous le lit royal, avant d'en plonger les couvertures dans du lait de jument et d'y saupoudrer de la fiente de vache réduite en poudre. Toutes les précautions, pour une grossesse paisible et heureuse, furent donc prises.
Quelques jours après l'installation, une dépêche en provenance de Táungarðr arriva à la forteresse. L'un des oiselets de Marie, le jeune Kjalarr, y signalait d'étranges disparition d'enfants. La suzeraine en fut très intriguée et ordonna à son chancelier de « faire hardement enqueste et vistement trover li desparuit petiots et genz de malveis contenement ». Une histoire, à première vue, bien étrange et pleine d'ombres. Il s'agissait peut être de trolls ou d'autres bêtes norroises malveillantes. Qui sait où les investigations conduiront le chancelier et ce qu'il y découvrira...[/justify]
Posté : jeu. nov. 07, 2019 6:13 pm
par Zaldora
[justify]Régénérescence de la capitale (2).
21 juillet 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/45/d1di.png[/img]
La capitale, vue sur le port.[/center]
A Jensgård, la Fraternité chérissait ses principes et ne tolérait aucun écart, surtout de la part de ses membres. Au début de l'été, on découvrit que trois Frères (Ǫlvǫr, Þiálfi et Þorgnýr), figures historiques du mouvement, détournaient de l'or du Trésor Municipal pour leur enrichissement personnel. Un comportement d'autant plus intolérable qu'ils étaient censés donner l'exemple et étaient considérés comme les plus sages d'entre tous. La justice populaire sévit et les châtiât rudement. Désormais, la tête des coupables trônait sur le pont Norþænstjarna en guise d'avertissement à quiconque, décadent, désirait revenir au règne bourgeois.
A la suite de la mise en commun des greniers et des moulins municipaux, en février dernier, la capitale se retrouva bientôt sans Talmeliers (Boulangers) qui périrent ou prirent la fuite vers Sainct-Thøger. Peu les regrettèrent tant leurs réguliers chantages sur le grain avaient déplu au peuple. Eldir, figure et maitre à penser des paléo-communistes, se consacra en personne à l'édification d'un nouvel état d'esprit sur la question. Ainsi, il encouragea les pauvres et bons gens de la Cité à fabriquer eux-mêmes leur pain et à ne plus attendre d'être fournit par un artisan. En effet, pour vaincre les oppresseurs, il fallait non pas seulement les tuer mais aussi éradiquer toute inclinaison marchande chez le peuple. Toutefois, comme les Jensgardois n'allaient pas se remettre à pétrir le pain du jour au lendemain, un système provisoire de talemeleries communes fut mis en place et fonctionnait assez bien.
Malgré de longs et fastidieux efforts, la Fraternité échoua à convaincre les paysans des faubourgs de lui vendre directement le grain. Au lieu de cela, ces derniers rompirent les négociations et cédèrent la précieuse marchandise à un acheteur qui offrait deux fois plus. Quelques semaines plus tard, les Frères constatèrent, avec dépit, que des individus arborant la bannière au trois soleils d'or fournissaient du grain à bas prix aux talemeleries et aux habitants ! L'acte était éminemment politique pour la Ligue du Roy qui espérait ainsi concurrencer les paléo-communistes dans leur fief. Face au danger, le chef de la Fraternité convoqua une réunion à l'automne avec la Confrérie Sainct-Ólafr afin de s'entendre sur la marche à suivre face à un ennemi pernicieux et plus que mortel...[/justify]
Posté : mar. nov. 12, 2019 12:47 pm
par Zaldora
[justify]Luttes d’influence (1).
5 août 2040,
La Confrérie Sainct-Ólafr était le mouvement le mieux organisé du pays. Clérical, il espérait fonder une théocratie de type paléo-communiste, égalitaire, non-marchande, pacifique et basée sur la possession collective, fraternelle, pleine et entière des terres et des outils de production (en lieu et place de la possession clanique actuelle qui, bien qu’infiniment meilleure que la propriété privée, recelait malgré tout beaucoup de défauts). Ainsi, la Confrérie était plus ou moins de la même famille de pensée que la Fraternisté Aurr. Cette dernière dirigeait et tenait assez fermement Jensgard. Elle infiltrait et faisant également trembler Sainct-Thøger, dernier refuge de la bourgeoisie ayant fuit la capitale. La Confrérie et la Fraternité n’avaient au fond qu’un seul véritable désaccord néanmoins majeur : les uns souhaitaient faire régner le Christ par la théocratie, les autres par le gouvernement des Pauvres, dans les deux cas, éventuellement, chapeautés par un primus inter pares réservé à la Reine et à sa descendance en cas de coopération (Régente ou Matriarche des Pauvres). En sous-main, les alliés étaient soutenues par le Westrait.
La Ligue du Roy était l'organisation dont la structure progressait le plus vite ces derniers temps. Cantonné à la ville, le groupe s’implantait, depuis peu, aussi au sein des campagnes. Constitué de juristes, la Ligue prônait l’écrasement des féodaux, la mise au pas de l’église et l’instauration d’une monarchie absolue s’appuyant sur le droit romain. Imprégnée de latinité, elle voulait imposer la filiation patrilinéaire stricte, y compris pour le trône (ennemis de Marie III et du clan royal). Pragmatiquement, ce fait était, pour l’heure, gardé en sourdine. En effet, les juristes préféraient plutôt insister sur un monarque fort, chrétien, pourvoyeur d’ordre et de richesses. Officieusement, les absolutistes étaient appuyés par le Jernland.
La Confrérie de Hagi était moins structurée et bien plus informelle. Elle demeurait malgré tout très puissante et dangereuse par ses capacités à l’agitation et à l’émeute. Constitué de paysans bourrus et abruptes, le mouvement se donnait pour mission de défendre la paysannerie contre les féodaux, les brigands et la bourgeoisie. Moins politique que les premiers cités, il renfermait toutefois une rage et une détermination paysanne capable de tout renverser devant soi. La Confrérie de Hagi refusait les alliances, avec quiconque. En dehors des villes, son implantation était large mais inégale selon les campagnes.
La Communausté de Iðunn était un mouvement moyennement organisé présent dans les campagnes. Regroupant plusieurs clans paysans, il prônait l’égalité des conditions (politiques et économiques) et l’instauration du matriarcat. Compte tenu des caractéristiques du royaume, où les femmes profitaient soit d’une autorité soit d’une influence qualifiée de souveraine, le basculement vers la société de Mères ne nécessitait qu’un seul changement : la souveraineté absolue de la filiation matrilinéaire. Le mouvement était dans l’ensemble peu porté sur l’action et peu prosélyte ; peut-être parce qu’il n’était pas de ceux qui devaient le plus convaincre. En sous-main, la Communausté de Iðunn était soutenue par le Gänsernberg. Ses membres se méfiaient toutefois de ces émissaires germaniques : leur esprit était trop porté sur l’ordre, la discipline, le labeur et l’irreligion. L’impression d’individus défendant les intérêts d’une châtelaine étrangère n’aidait pas non plus, la Communauté se voulait exclusivement féale à la Reine de Thorval, future Grande Matriarche.
Les chevaliers de l’Espee était un regroupement de féodaux remuants et ambitieux. Le but de la faction était de renverser le trône au profit d’une république dirigée collégialement par les seigneurs. Son chef était le puissant Comte Ragnarr III. La société secrète peinait à convaincre, y compris parmi l’aristocratie guerrière.
Les Fisdèles de Mótsognir constituaient l’organisation-bannière de la haute bourgeoisie. Elle défendait l’hégémonie de la bourgeoisie marchande, la liberté du commerce, le placement des campagnes à l’heure bourgeoise (physiocratie) et une monarchie gardienne des coffres. Chassés de Jensgard, les Fisdèles voyaient en la Cité de Sainct-Thøger leur dernier bastion. Une forteresse chancelante, assiégée par les paléo-communistes, mais qui tenait bon pour le moment. En dehors de leurs cercles, ils ne convainquaient personne et étaient attaqués par tout le monde, de l’Eglise aux paysans, en passant par les petits artisans et les féodaux.
[quote]
MÉTA DONNÉES – INFLUENCES
Confrérie Sainct-Ólafr - Fraternisté Aurr : 40,0%
Confrérie de Hagi : 18,1%
Communausté de Iðunn : 18,0%
Ligue du Roy : 13,6%
Chevaliers de l’Espee : 1,2%
Fisdèles de Mótsognir : 0,4%
Parts hors de l’influence des organisations : 8,7%[/quote][/justify]
Posté : jeu. nov. 14, 2019 12:38 pm
par Zaldora
[justify]Révélations (2).
20 août 2040,
[center][img] https://www.zupimages.net/up/19/46/qh7d.png[/img]
La chambrelle dans le donjon d’Himinnborg.[/center]
Bien qu’éloignée de force de la cour et des enjeux du pouvoir, la Reine se tenait malgré tout informée des épopées, péripéties, histoires, intrigues, alliances, trahisons et drames qui se jouaient en son royaume. Tout ceci grâce à sa toile d’informateurs personnels, patiemment tissée, qui ne répondait qu’à elle. En cette heure de None du mois d’août, Marie faisait la sieste et rêvait. Elle se trouvait dans une contrée baignée de soleil, parcourut de milliers d’arc-en-ciel. L’herbe était parfaitement verte et épaisse. Sous leurs meilleurs jours, les arbres donnaient du fruit abondamment. Du lait et de l’hydromel jaillissaient de bénies fontaines, porcs fort gras et dodus chapons gambadaient dans la mer de fleurs aux sublimes couleurs, dont le délicat parfum enivrait l’atmosphère. Plus loin, la suzeraine vit de beaux et doux buissons où poussaient des tourtes à la viande et des gâteaux aux baies. A l’ouest, un lac à perte de vue offrait une eau cristalline et d’immenses bancs de poissons gras. La nature débordait de générosité et le travail y semblait proscrit ; Marie y vit de nombreux gens oisifs et, parmi eux, un prêtre, un chevalier et un paysan qui faisaient bombance ensemble. Soudain, la brume au devant s’évapora et révéla une incroyable porte. Elle devait mesurer au moins cent pieds de haut et soixante-dix de large. Ouverte, il s’en dégageait une lumière blanche, intense et douce à la fois. On y discernait les silhouettes de géants guerriers en armure qui buvaient, riaient et banquetaient grandement. A coté d’eux, les bons et les vertueux se reposaient entourés d’une félicité sans fin. Tous, enfin, semblaient protégés par une multitude d’anges chantant les louanges du Seigneur et de Sa très Sainte Mère. Un lieu indescriptible, mélangeant à la fois le Paradis, le [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Valhalla]Valhalla[/url] et le [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Giml%C3%A9]Gimlé[/url]. La Reine sentit alors une irrépressible attirance et se mit à courir, courir, courir… La porte s'ébranla et commença à se fermer, se fermer, se fermer... Afin d'aller plus vite Marie arracha son bliaud et courut courut, courut… Mestresse, entendit-elle, puis de plus en plus fort : Mestresse, Mestresse, Mestresse ! La Reine ouvrit les yeux et fut de retour au donjon. Quelqu’un était là... sa main lui touchait l'épaule. Sans tarder, elle attrapa son poignard, se retourna et lui colla la lame au cou. Surprise, la personne eut un mouvement de recul et lâcha les missives.
« Valdríkr ? Petiot, que faistes ti céans ? Molt po de chose s’an failloit de t’estourbir, dit Marie en jetant son arme de cotés.
– Pardon Mestresse, iceux messaiges sont por ti.
– Mercet. » répondit la Reine et invita son écuyer à manger quelques-unes des tourtes de viande posées sur la table. Le garçon ne se fit pas prier et raffola aussi de la platée de pommes de terre (les toutes premières de la saison !). Il étancha aussi sa soif dans la carafe pleine… d’eau, hélas ! De la bière eut été mieux.
Le premier rouleau était scellé par le sceau du Roy consort. Et annonçait plusieurs bonnes nouvelles : il y décrivait l’issue victorieuse des dernières batailles contre les seigneurs Erlandr IX et Víðarr III ; ainsi que les récentes entrées en guerre de son oncle le Duc Jensi d’Hàrland et du Comte Dragmáll II de Táunrgarðr qui voulait venger la mort de Sören IV ainsi que le carnage perpétré à Hurðborg par Víðarr III le Sans-Honneur. La victoire dans cette faide pour le clan royal était à portée de main. La seconde missive arborait le sceau de son Chancelier Markus Hundólfring. Il y faisait son premier rapport concernant l’enquête sur la disparition d’enfants… dans le Táungarðr justement. Cette fois, les nouvelles assombrirent Marie : le chancelier signalait d’autres disparitions, toujours plus nombreuses, et la colère grandissante des mères paysannes ou bourgeoises. Le chanoine se disait incapable de fournir une explication au phénomène et devait continuer les recherches. L’homme de Dieu certifia toutefois que les trolls, les loups-garous ou d’autres monstres n’étaient pas en cause. Il soupçonnait, mais espérait se tromper, les méfaits d'une puissante confrérie secrète de fornicateurs organisant le stupre [pédérastie, pédophilie] aux ramifications inconnues mais potentiellement très étendues…[/justify]
Posté : sam. nov. 16, 2019 6:25 pm
par Zaldora
[justify]La Foi militante (7).
22 août 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/46/gx6g.png[/img]
Sur l'autre rive du lac, Nostre-Dame d'Vörðrbrekka en larme...[/center]
La veilleuse devant le Tabernacle jonchait piteusement le sol du Chœur désert. Elle avait scintillé et éclairé les ténèbres en permanence depuis six cent ans. Le feu consumait encore les bâtisses et tout n'était que désolation ! Brisées, les cloches se taisaient et le chant des moines et des moniales, datant du fond des âges, ne sanctifiait plus les collines et les villages autour de l'Abbaye Nostre-Dame d'Vörðrbrekka. La maison de Dieu devenait le royaume des lézards et des araignées ; le Saint Sacrifice ne s'y célébrait plus, pillée et dévastée aux aurores par les hommes du comte Ragnarr III d'Haguigarðr. Ces derniers avaient renversé les statues et les croix, brisé les vitraux, profané les autels, détruit la bibliothèque et emporté tout ce que les lieux possédaient de précieux. Le butin avait depuis été reversé au Trésor comtal où ce que le Grand tirait en taxes et en droits divers aux paysans était entreposé (aussi bien en monnaies qu'en nature, et même surtout).
Au commencement du mois d'aout, des témoignages troublant émergèrent de la brume. A la cour comtale, d'anciens frères lai accusèrent les moines de mener une vie dissolue en invitant des prostitués à leur couche, avant de les payer pour s'assurer de leur discrétion. Outrepassant volontairement l’Inquisition, Ragnarr III ordonna à son Chancelier, Thomas Dǫrring, de faire la lumière sur ces faits troublants. Le chancelier enquêta pendant trois longues semaines, surpassant, par la force et l'intimidation, s'il le fallait, les obstacles qui se dressaient face à lui. Il trouva une femme, une sage-femme, qui confirma le contenu des premières incriminations et accusa, en outre, Nostre-Dame d'Vörðrbrekka de pratiquer des messes noires. Quelques jours plus tard, de nouveaux témoins incriminèrent la vénérable Abbaye d'hérésie et d’idolâtrie. Au nom de ses Frères et Sœurs, l'Abbé Pétr-Kveldulf s'insurgea de la calable menée contre lui et les siens, dénonçant les calomnies et assurant ne connaitre aucun des soi-disant anciens convers ! Il critiqua enfin les méthodes du Chancelier qui, selon lui, violaient les principes accusatoires de la justice laïque et réaffirma le privilège du for ecclésiastique qui permettait aux hommes d'Église de n'être jugé que par un tribunal ecclésiastique. L'Inquisition se rangea derrière l'Abbaye et refusa de réduire l'abbé, les moines et les sœurs à l'état laïc malgré les pressions seigneuriales. C'est après cette nouvelle passe d'arme perdue entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel que Ragnarr III décida d'en finir en envoyant ses soudards dépouiller et fermer l'Abbaye.
Le comte savourait et buvait à sa victoire dans la Grand'salle de son château entouré de ses fidèles. Il était désormais un peu plus riche et avait asséné un coup sévère à son ennemi actuel : la Théocratie. En effet, Nostre-Dame d'Vörðrbrekka s'était, de notoriété publique, joint à la cause de la Foi Militante. La guerre était officiellement déclarée entre les Chevaliers de l'Espee et la Confrérie Sainct-Ólafr. La société secrète seigneuriale souhaitait éliminer le danger clérical et faisait des pieds et des mains pour rallier le plus de nobles possibles, allant jusqu'à essayer d'amadouer de vieux ennemis, comme Marie III, dont la réponse tardait quelques peu... Doutes ? Atermoiements ?
Un pastoureau faisait paitre ses quelques brebis sur les collines vertes encerclant l'Abbaye. Contemplant tristement sa ruine, il ne croyait pas à la culpabilité des gens d'Église et, comme beaucoup parmi le bas peuple, pensait que Thomas Dǫrring avait tout mis en scène sur demande de son maitre. Se tenir à l'écart ne semblait désormais plus possible, il fallait choisir son camps, et le petit berger, à l'image d'une multitude d'humbles avant lui, choisit de joindre l'Armée levée par la Foi Militante : les Freres Crestiens du Sainct Nom. Bientôt se jouera peut-être une guerre historique, sans doute la plus importante de notre temps, et figurera la lutte à mort entre les Petits et les Puissants.[/justify]
Posté : lun. nov. 18, 2019 7:14 pm
par Zaldora
[justify]La Foi militante (8).
26 août 2040,
[center][img] https://www.zupimages.net/up/19/47/z3wt.png [/img]
Rouleau pour Ragnarr III, remis en fin de journée...[/center]
Dans les jours qui suivirent le sac de l’Abbaye, le pays [Vörðrbrekka] connut plusieurs départs de feu et mini-soulèvements paysans. Les révoltés réclamèrent la restauration de la Maison de Dieu, violée, et le respect futur de leur Foi, que l’on s’apprêtait, d'après eux, à leur voler. Peu de monde dans les campagnes donnait du crédit aux accusations lancées contre l’abbé, les moines et les moniales. Ils percevaient plutôt la chose comme un prétexte visant à s’en prendre à l’Église et à tout ce qui existait de sacré. Des troubles somme toute inquiétants mais rien que le Comte ne manqua de briser grâce à ses sergents. Quelques bastonnades, suivis de la punition brutale des chefs, renvoya assez vite les gueux à leurs foyers et à leurs récoltes. Grisé par ses triomphes, Ragnarr III assembla, ce jour, un parlement de ses vassaux, y invitant également divers seigneurs et hobereaux des Duchés et Comtés voisins. Parmi eux se trouvaient des ennemis, des comploteurs, des sournois et des gredins. Cependant, en une époque si troublée et si dangereuse, les sages devaient savoir mettre leurs querelles et rivalités séculaires de coté.
Face aux seigneurs et seigneuresses, certains crottés et d’autres altiers, le Grand exposa l’opinion et les buts des Chevaliers de l’Espee. Il insista sur la nécessité de restaurer la dignité des pouvoirs temporels et de les défendre face à la voracité toujours grandissante du pouvoir spirituel. Sentant qu’il risquait de passer pour un ennemi de l’Eglise et un hérétique, Ragnarr jura de sa Foi catholique et admit la supériorité évidente du Goupillon sur l’Epée, chose acquise même chez les plus orgueilleux des nobles. Il rappela néanmoins fort opportunément que la Doctrine des Deux Glaives, professée par le vénérable Saint Bernard, ne laissait aucun doute sur leur distinction fondamentale. Ainsi, les abbés-mitrés ne pouvaient remplacer les seigneurs, comme les rois ne pouvaient se substituer au Pape, y compris en Britonnie. S’appuyant sur ces arguments, le Comte qualifia la Confrérie Sainct-Ólafr de secte hérétique mettant en danger la Vraie Foi. Son discours fut suivi d’approbations : d’aucunes lignées choisirent de rejoindre son combat, quand d’autres jurèrent d’y réfléchir en compagnie de leur clan.
En fin de journée, le Comte savoura ses bonnes œuvres et son habileté politique, par ailleurs réelle, quand un pli scellé lui fut remis. La missive contenait le sceau du Chancelier de Marie. En général, les messages de la Reine arboraient soi ce dernier, soi son Sceau royal personnel. Cela revenait au fond à la même chose. Ragnarr afficha une mine satisfaite, la Gueuse répondait à sa proposition d’alliance contre la Théocratie et la réponse ne pouvait être que positive. Il brisa le sceau et lut :
[quote]Cher Ragnarr,
Profereroit doner mi hosneur et virginitet a uns chiens que se prendre raliance a ti, vil Ragr.
A oan atait ti buce et mi ne desare plus.
[center]Marie Reyne[/center][/quote]
[Je préfèrerais donner mon honneur et ma virginité à des chiens que de me rallier à toi, sale Fragile/Femmelin/Efféminé. Maintenant, tais-toi/ferme là et ne me dérange plus.]
Ragnarr III demeura bouche bée quelques secondes, puis le volcan explosa. La table se fracassa et emporta carafes, encriers, plumes, parchemins, pommes, baies, etc. Le seigneur dégaina son épée et se mit à détruire la pièce, tapisseries, chandeliers, âtre… Son écuyer entra, paniqué, et ne réussit à le calmer qu’au bout de plusieurs minutes de chaos. Personne n’avait été aussi insolent avec le vieux renard depuis des années. Mais au fond, ce n’était pas le refus ou l’insolence du message qui le mit hors de lui, mais de se voir qualifier de « Ragr », insulte mortelle en vieux norrois qui justifiait systématiquement un duel. Et Ragnarr III comptait bien provoquer la Reine en duel car si non, il serait bel et bien, et vu comme tel, un « Ragr ». Vu sa colère noire, il était toutefois heureux que le Grand ne sache rien sur le mariage secret que venait de contracter sa fille et héritière, Gisela, avec le seigneur Biólfr de Ellriland, chevalier, cousin de Marie III et membre du clan royal. L’union était le fruit de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356874#p356874]l’alliance conclut à l’abri des regards entre Marie III et la fille du Comte il y a quelques mois[/url]. A suivre. [/justify]
Posté : mer. nov. 20, 2019 6:17 pm
par Zaldora
[justify]Taux de puissance féodale (1).
31 août 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/47/o50j.png[/img]
Statue de Sainct Ólafr, dans le Sólbjǫrgland.
Sanctifié au XIVe siècle, le Roi Ólafr III régna de 1066 à 1091.
Il est l’arrière, arrière… grand-oncle de la Reine Marie.[/center]
Le taux de puissance féodale renvoit au pouvoir ou à la force d'un personnage, visage de son clan, de sa lignée ou de son institution (telle que l'Église), au sein de la société féodale par essence mouvante, instable et faisant la part belle aux figures. Concernant le Thorval, le chiffre prend en compte les terres tenues par un seigneur, la taille de sa clientèle et son niveau de loyauté (!), la taille de son ost et son niveau de loyauté (!), la renommée guerrière, la réputation générale, l'habileté politique, les liens matrimoniaux (alliances), l'autorité morale et l'érudition (cette dernière qualité est plutôt réservée aux abbés-mitrés). La richesse n'est pas un facteur marquant, autrement, la haute bourgeoisie serait dominante, voir dirigeante, et non réduit à peau de chagrin.
Le taux de 100% est inatteignable pour n'importe quelle organisation humaine, signifiant le contrôle systématique de toutes les facettes de la société. Il est du domaine de Dieu. 80% est le maximum pour les régimes totalitaires, 70% pour les monarchies absolues, 66% pour les régimes autoritaires ou autoritaires mous (dénotent ceux où le changement est libre en théorie mais presque impossible en pratique, exemple : France). Les démocraties ne peuvent dépasser 55%. Quand à la féodalité, n'étant pas du tout assimilable à un bloc, aussi divers puisse-t-il être, elle doit être décomposée entre ses nombreux acteurs.
Thorval :
1. L’abbé-mitré Lars III de l’Abbaye Nostre-Dame des Prés : 5,5%. Puissant homme d’Église, fin stratège, il revendique depuis des décennies la primauté, légitimement, sur l’évêché de Jensgard.
2. L’abbé-mitré Klement de l’Abbaye Nostre-Dame des Povres : 5,2%. Ses prises de paroles sont écoutées, ses intrigues bien menées et ses menaces d’Interdit font pliées les Grands. Est le Chancelier de la Duchesse Hella.
3. Le Comte Ragnarr III d'Haguigarðr : 4,4%. Ses fiefs sont parmi les plus fertiles du pays. Il est par ailleurs doté d’une grande habileté politique et d’imposantes facultés guerrières. Règne principalement par la crainte.
4. La Duchesse Hella de Myllaen : 4,1%.
5. Le Comte Anders II d’Almarrgarðr : 3,6%.
6. La Seigneuresse Marie VIII d’d'Ættmǫrk : 3,2%.
7. La Seigneuresse Astrid IV de Várlund : 3,0%.
8. La Reine Marie III de Thorval : 2,8%.
9. Le Comte Bjǫrn de Fǽrbjarg : 2,5%.
10. L’Abbesse Hildigarðr du Monastère Sainct-Hallvard : 1,7%.
Suivent mille à mille deux cents individus se partageant les 64% restants, avec des scores serrés allant de 0,029 à 1,6%. Le Chef de la Fraternité, Eldir, dispose par exemple d'une puissance de 0,66% et arrive 22e.
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A venir prochainement, le taux de puissance estimé des divers régimes en place à travers le monde.[/justify]
Posté : ven. nov. 22, 2019 10:02 pm
par Zaldora
[justify]Révélations (3).
6 septembre 2040,
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Le confessionnal où pénétra le chancelier...[/center]
Le chancelier royal concentra ses investigations sur la Cité de Sainct-Thøger et se dirigea d'abord vers le gué urbain. Le choix atteignit vite ses limites : mal à l’aise, les gardes restèrent pour la plupart taciturnes, personne ne savait ou n’avait, ne serait-ce, qu’entendu des rumeurs d’ivrognes. Même quelques pièces d'or (!) ne parvinrent pas à les tirer de leur silence. Étaient-ils de mèches ? Les coupables impliquaient-ils la milice bourgeoise à leurs rafles d'enfants ? Pas découragé pour autant, le chanoine dirigea ensuite son attention sur les autorités citadines. Hélas, sa visite du corps municipal ne fut guère plus fructueuse : méfiants, ses hôtes se contentèrent de réponses vagues et évasives. Nombres d’entre eux préférèrent même s’épancher sur d’autres questions, peu urgentes aux yeux du Chancelier, comme le « dangier » que faisait peser la Fraternité sur les bonnes familles. Effectivement, certains quartiers se trouvaient sous le contrôle des Frères, Markus le remarqua de ses propres eux. Leur joug semblait, en outre, dangereusement se rapprocher du cœur de la ville représentés par la maison communale, le beffroi et la Cathédrale. Cette dernière était curieusement l’un des derniers chapitres à encore échapper à la Confrérie Sainct-Ólafr. Les échevins ne furent donc d’aucune aide, leurs conversations déviant constamment sur d’autres sujets, graves ou plus légers. Étaient-ils derrière les enlèvements ? Pourquoi ce tabou et cette chape de plomb autour des disparitions ? Outre la méfiance, Markus Hundólfring sentit aussi une profonde crainte.
Frustré, l’érudit déambulait dans la boue et les flaques d’eau, au milieu des porcs et des oies, en pleine cohue des jours de marché. Soudain, une fille l’appela d’une ruelle adjacente. « Mestre, psssssssssssst. Mestre ! » dit-elle. Le chancelier s’approcha à pas de loup. La rue donnait sur une sombre et étroite impasse dans laquelle gisait les ruines d’une ancienne charrette. La petite voix reprit : « Allet a pere Afvaldr, esglise Sainct Katrine lès di bochiers. Buon forstune ! », avant de s’évanouir dans le raffut des alentours. L’homme de Dieu s’éloigna. Qui était cet informateur ? Pouvait-il lui faire confiance ? Faute de mieux, il suivit la piste. Après une bonne marche, le serviteur de la Reine arriva enfin à destination. L’antre d’une des plus puissantes corporations de la ville se dressait devant lui. Il y compta une bonne vingtaine d’échoppes proposant du porc, du gibier, de l’agneau, du veau et de la volaille. Toutefois, un infecte mélange de viscères, de sang, d’os et de carcasses jonchait le sol pierré. Les cabots errant y faisaient festins et se disputaient les morceaux, grognant, aboyant, se bagarrant et s’en donnant à cœur joie. Le chancelier contourna le marais et poursuivit sa route sous les effluves de viande et les cris des bouchers. Scrutant de droite à gauche, celui-ci tomba finalement sur une église. A l’intérieur, Markus s’attarda quelques minutes sur les sculptures d’anges et d’elfes des chapiteaux, mais aussi sur l’impressionnante voûte d’ogives et le grand vitrail des stigmates de Sainte Catherine qui arborait de sublimes teintes de bleu et de rouge. La décoration était dans l'ensemble éperdument riche. Un diacre passa alors et indiqua le confessionnel gothique ouvragé.
Faisant comme si de rien n’était, le père Afvaldr prit le chanoine en confession à l’image de n’importe quel fidèle. Markus fut patient et joua le jeu : il examina précisément sa conscience, confessa ses péchés et les regretta amèrement. Le confesseur l’interrogea longuement sur sa vie spirituelle, sa morale, son métier, sa vie publique… Qu’est-ce-que tout ceci signifiait ? Au bout du compte, le prêtre finit par l'absoudre mais l’obligea néanmoins à divers actes pénitentiels dont un Jeûne. Le Chancelier sortit de l’isoloir secoué, perdu et déçu. Quel rapport avait tout ceci avec l’enquête ? L’avait-on envoyé sur une fausse piste ? Après tout, il n'y avait rien de plus simple que de payer une enfant afin de transmettre une (fausse) information. Le Chanoine contempla une dernière fois les vitraux et la Lumière qui les traversait. Tout à coup, son confesseur apparut derrière, affable, et lui transmit discrètement, sans piper mot, un morceau de parchemin. Markus le remercia d’un signe de tête et l'accompagna du regard. Le parchemin disait : « A l’alberge Roge Lioncel ».
Un dangereux périple commençait.[/justify]
Posté : mar. nov. 26, 2019 7:59 pm
par Zaldora
[justify]La virilité norroise.
17 septembre 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/48/7hte.png [/img]
Des chefs de clan thorvalois, en pleine guerre, dans le Blesóttrland. [/center]
A quoi ressemblait l'idéal de virilité qui irriguait l'imaginaire des peuples Thorvalois ? Une notion vers laquelle chacun essayait de tendre mais sans réussir à l'atteindre du fait de son caractère idéal. Elle n'était d'ailleurs pas exclusivement réservé à l'homme. Une femme pouvait se montrer virile et ça ne choquait personne. Au contraire, la chose lui apportait beaucoup de prestige. Exemple : la paysanne qui mettait fin au viol qu'elle subissait en « décapitant » son violeur ou encore la seigneuresse rabrouant des vassaux hargneux. Son attitude leur déplaisait sur le moment, à cause de l'orgueil, mais dont la virilité ne pouvait, à moyen terme, qu'attirer leur respect. En premier lieu, la virilité au Thorval s'associait à l'élan guerrier, au combat, à la force physique, à la violence, à la prouesse, à l'heroisme et à la bravoure. La guerre s'effectuait corps contre corps, face contre face, et force contre force. Mourir au champs de bataille, constellé de plaies, l'arme à la main, constituait la fin la plus virile qui soit. L'archétype en était le chevalier ou la femme combattante. Les runes que ces derniers gravaient sur leur épée, leur hache ou leur lance témoignaient d'un véritable lien mystique entre le combattant et son arme, voir avec son cheval.
A ce cœur de la virilité, fondamentalement grossier et guerrier, venait se greffer des apports de l'Église : parmi d'autres, le code et les valeurs de la chevalerie, la fermeté morale, la force de caractère, voir un certain ascétisme. En revanche, la puissance et les exploits sexuels ne jouaient qu'un rôle mineur, voir pas de rôle du tout, en terme de virilité. Aux temps du paganisme, la vie sexuelle n'était déjà pas vraiment source de virilité et l'arrivée du christianisme entérina, voir renforça ce fait en interdisant la polygamie et l'adultère. A ce titre, c'était plutôt la chasteté et la continence qui étaient considérées comme infiniment viriles car quel homme était plus solide que celui qui possédait des attributs [sa queue] mais parvenait à se contrôler et à ne pas les utiliser ? Enfin, l’homme, en tant que tel, n’avait pas de rôle actif dans la procréation, vu comme sans valeur ou presque, par rapport au rôle tenu par la femme. Dès la conception, l'homme était exclut de l'acte de reproduction de l'enfant dont la formation dans le sein de la mère lui échappait totalement.
Quelques actes considérés comme virils :
S’adonner au Knattleikr et à la Glima.
S’adonner au Tournoi, en particulier aux épreuves dangereuses et violentes.
Faire la guerre, s’y sacrifier.
Se venger de quelqu’un, pleurer publiquement la trahison d’un féal avant de promettre de le rétribuer dans le sang.
Arborer des balafres de guerre.
Contrôler ses pulsions sexuelles.
Quelques actes non-viriles (sources de moqueries) :
Pratiquer la magie.
Le raffinement du vêtement et de l’apparence.
Le raffinement du langage.
Ne pas porter secours au faible agressé.
Baiser à droite et à gauche, l'infidélité.[justify]