Posté : jeu. oct. 27, 2016 6:30 pm
[justify]Fête de la Saint Jean.
24 juin 2031
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/43/1477590396-saint-jean.png[/img][/center]
C'était la fête de la Saint Jean. Ce jour-ci, les thorvalois assistaient à la messe après la vigile du vingt-trois, avant d'empiler des milliers de morceaux de bois pour allumer de grands feux. Les villages installés sur les marches montagneuses de l'Est brûlaient même des effigies de sorcières et de démons. Cernés par un environnement sauvage, agricole et bucolique, paysans et paysannes s'agitaient joyeusement dans leurs danses traditionnelles au son des accordéons. Même les chiens semblaient se réjouir et participer aux célébrations. Dans d'autres régions, en ville, comme à Valborg, on organisait les rites de passages corporatives, et le soir, on rejoignait la grande procession aux flambeaux, symbolisant la lutte entre le Bien et le Mal, et la victoire finale du Bien. Pour Sa Majesté, en revanche, l'heure était aux choses sérieuses, du moins jusqu'à midi: depuis huit heure ce matin, elle recevait en audience publique quiconque viendrait, dans la salle du trône au Château. Il s'en tenait habituellement deux par mois, celle de la Saint Jean était systématique.
La suivante était une paysanne. Elle s'appelait Ingrid, était jeune, venait de Løth, portait un tablier blanc par dessus un jupon végétal et une coiffe colorée couvrait ses cheveux froments. Elle évoqua tristement ses malheurs : son mari cloué au lit depuis la veille à cause d'un accident forestier, ses trois lapins disparus pendant la nuit, l'acte supposé d'une belette qui en fit sa pitance rapidement, discrètement, et sans faire le moindre bruit. Ce fut beaucoup de malheurs en quelques jours et Ingrid supplia la reine de l'aider à acheter de nouveaux lapins, dont la viande était, si ce n'est vitale, précieuse en autoconsommation. Sa Majesté se fia à son intuition et lui dit : « Présentez-vous à notre intendant avec ce papier » Ce qu'Ingrid fit, non sans remercier la souveraine.
« 1200 couronnes pour vous, madame. Lança le chambellan.
- Plaît-il ? Sa Majesté s'est sans doute trompée, je n'ai besoin que de la moitié. Précisa Ingrid surprise.
- Il n'y a pas d'erreur, ce papier mentionne bien 1200. Confirma l'intendant du castel.
- Je m'en voudrais de partir avec autant de sous. La reine a dû commettre une erreur, pouvez-nous aller vérifier ? »
Dans le passé, des filous avaient profité de la libéralité royale. La paysanne eut surement vent de ses rumeurs et ne souhaitait pas passer pour tel. Ils se rendirent alors dans la salle du trône et expliquèrent le problème à Sa Majesté, qui admit son étourderie en souriant. De retour dans le bureau du chambellan, prenant note du papier, celui-ci s'exclama : « Tout est bon cette fois, madame. Vous aurez droit à 12000 couronnes. » En fait, il n'y eu jamais d'erreur. Le double fut la première décision d'Annabelle, puis l'honnêteté de son interlocutrice la convainquit finalement d'offrir vingt fois plus. C'est la récompense des honnêtes gens.[/justify]
24 juin 2031
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C'était la fête de la Saint Jean. Ce jour-ci, les thorvalois assistaient à la messe après la vigile du vingt-trois, avant d'empiler des milliers de morceaux de bois pour allumer de grands feux. Les villages installés sur les marches montagneuses de l'Est brûlaient même des effigies de sorcières et de démons. Cernés par un environnement sauvage, agricole et bucolique, paysans et paysannes s'agitaient joyeusement dans leurs danses traditionnelles au son des accordéons. Même les chiens semblaient se réjouir et participer aux célébrations. Dans d'autres régions, en ville, comme à Valborg, on organisait les rites de passages corporatives, et le soir, on rejoignait la grande procession aux flambeaux, symbolisant la lutte entre le Bien et le Mal, et la victoire finale du Bien. Pour Sa Majesté, en revanche, l'heure était aux choses sérieuses, du moins jusqu'à midi: depuis huit heure ce matin, elle recevait en audience publique quiconque viendrait, dans la salle du trône au Château. Il s'en tenait habituellement deux par mois, celle de la Saint Jean était systématique.
La suivante était une paysanne. Elle s'appelait Ingrid, était jeune, venait de Løth, portait un tablier blanc par dessus un jupon végétal et une coiffe colorée couvrait ses cheveux froments. Elle évoqua tristement ses malheurs : son mari cloué au lit depuis la veille à cause d'un accident forestier, ses trois lapins disparus pendant la nuit, l'acte supposé d'une belette qui en fit sa pitance rapidement, discrètement, et sans faire le moindre bruit. Ce fut beaucoup de malheurs en quelques jours et Ingrid supplia la reine de l'aider à acheter de nouveaux lapins, dont la viande était, si ce n'est vitale, précieuse en autoconsommation. Sa Majesté se fia à son intuition et lui dit : « Présentez-vous à notre intendant avec ce papier » Ce qu'Ingrid fit, non sans remercier la souveraine.
« 1200 couronnes pour vous, madame. Lança le chambellan.
- Plaît-il ? Sa Majesté s'est sans doute trompée, je n'ai besoin que de la moitié. Précisa Ingrid surprise.
- Il n'y a pas d'erreur, ce papier mentionne bien 1200. Confirma l'intendant du castel.
- Je m'en voudrais de partir avec autant de sous. La reine a dû commettre une erreur, pouvez-nous aller vérifier ? »
Dans le passé, des filous avaient profité de la libéralité royale. La paysanne eut surement vent de ses rumeurs et ne souhaitait pas passer pour tel. Ils se rendirent alors dans la salle du trône et expliquèrent le problème à Sa Majesté, qui admit son étourderie en souriant. De retour dans le bureau du chambellan, prenant note du papier, celui-ci s'exclama : « Tout est bon cette fois, madame. Vous aurez droit à 12000 couronnes. » En fait, il n'y eu jamais d'erreur. Le double fut la première décision d'Annabelle, puis l'honnêteté de son interlocutrice la convainquit finalement d'offrir vingt fois plus. C'est la récompense des honnêtes gens.[/justify]