Page 33 sur 41

Posté : mar. juil. 09, 2019 12:38 pm
par Zaldora
[justify]Idées et luttes.
27 juillet 2039,

Les mouvements philosophiques ou de contestations parcourent le royaume. Certains survivent, d'autres disparaissent ou apparaissent subitement.

La situation au mois de juillet 2039. Les noms sont ceux que ses membres se donnent (retranscrit en Français), en opposition de l’appellation par les érudits de l'Université.

[img]https://zupimages.net/up/19/28/q7tr.png[/img]
La Ligue du Roy
Origine : ville
Objectifs : instauration du droit romain, renforcement absolu du pouvoir royal

[img]https://zupimages.net/up/19/28/0e5c.png[/img]
Les Fisdèles de Mótsognir
Origine : ville
Objectifs : hégémonie de la bourgeoisie, liberté marchande, physiocratie

[img]https://zupimages.net/up/19/28/8qnn.png[/img]
La Confrérie Sainct Ólafr
Origine : ville et campagne
Objectif : instauration de la théocratie

[img]https://zupimages.net/up/19/28/p2r3.png[/img]
La Fraternisté Aurr
Origine : ville
Objectifs : abolition des hiérarchies, abolition de l'autorité, communauté des biens, communauté des outils et des terres, communauté des femmes et des hommes, vie en communauté.

[img]https://zupimages.net/up/19/28/nlsn.png[/img]
Les Chevaliers de l'Espée
Origine : campagne
Objectif : instauration d'une république seigneuriale

[img]https://zupimages.net/up/19/28/ez1f.png[/img]
La Confrérie de Hagi
Origine : campagne
Objectifs : mener des jacqueries, solidarité paysanne

[img]https://zupimages.net/up/19/28/lok6.png[/img]
La Communausté de Iðunn
Origine : campagne
Objectif : restaurer le matriarcat antique[/justify]

Posté : ven. juil. 12, 2019 10:20 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (50).
7 août 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/28/w136.png[/img]
Une des portes de la capitale laissée ouverte
et sans surveillance.
[/center]

Un combat d'une violence inouïe se produisit dans les lointains environs de la capitale, près de la rivière Mjólka, sur les hauteurs des basses collines de Stórmerki. Le chevalier Lodvik y fut présent et s'y battit avec force et honneur aux cotés de ses frères. Il souffrit de plusieurs blessures, dont une profonde balafre sur la joue droite. Cela renforça son prestige et l'homme jouissait dorénavant d'un nouveau respect. En effet, ce genre de marque était une preuve de courage, d'abnégation et de profondes qualités guerrières, le signe porté par les héros et les grands combattants. Ce fut pour récompenser Lodvik que le capitaine lui confia, au nom de Marie, une mission particulière.

Il s'en alla à l'aube pour une chevauchée à bride abattue jusqu'à Jensgård. L'Angélus avait sonné depuis longtemps quand il se montra enfin aux murailles. Les portes étaient béantes et aucun garde ne les surveillait. A l'intérieur, l'atmosphère semblait étrange : tout était silencieux. Le sac avait prodigieusement défiguré la Cité et l'on voyait, ici et là, des gens remettre des maisons en état ou déblayer le pavé. De l'eau stagnante mélangée à de la boue maculait le sol et les porcs erraient sans surveillance. Les halles étaient vides et désolées. Des malandrins rançonnaient les passants sans faire intervenir le guet. Les échoppes étaient par terre, sans personne pour les relever, et les volets des habitations closes. Une partie non-négligeable de la Cité semblait avoir sombré dans l'anarchie. Où était le corps municipal ? Une bannière rouge à crosse apparut près de la Cathédrale et leur nombre crût au fur et à mesure qu'il se rapprochait de l'édifice. Ce drôle d'étalage lui rappela soudain que de nombreux oriflammes arc-en-ciel tapissaient aussi les quartiers pauvres situés près des murs. Il les vit mais n'y fit guère attention. Le chevalier arriva finalement au cœur de la ville. Son état était encore plus piteux que le reste : la prévôté était calcinée et la maison communale éventrée. Son beffroi gisait, à moitié effondré. Lodvik appela les bourgeois au rassemblement. Très vite, une foule s'amassa. On pouvait y apercevoir des prêtres, des artisans, des gens en bure et des personnes en haillons mais nul trace de la haute bourgeoisie.

« Borgeois !
Grant aversité et malhor hurta la vostre ville.
Mais ce jour d’hui, la Reyne vos otroie boinement venjance ! » cria le chevalier.

Il tira de son escarcelle la tête d'Ágáta [la cheftaine de la compagnie qui brûla et pilla Jensgård] et la mit devant la foule. Un frisson parcourra les bourgeois, partagés entre horreur et soulagement. Les paysans auraient salué le geste avec des hourras mais les citadins, eux, étaient quelque peu plus précieux. Lodvik ne s'en soucia pas, il jeta le chef à leur pied et s'en retourna vers sa belle campagne, la mission accomplit.[/justify]

Posté : dim. juil. 14, 2019 8:37 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (51).
11 août 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/28/rk5h.png[/img][/center]

Face aux « livraisons » massives de sel par les airs et ses conséquences :


- Les sacs de sel tombèrent en partie dans l'escarcelle des bandits de grands chemin et des compagnies de mercenaires qui en tirèrent une fortune et renforcèrent leur position.
- Les clans responsables des pénuries de poules et de légumes sur les marchés ruraux subirent des raides de brigands et de clans paysans mineurs se lançant dans des faides contre eux.
- Des clans de paysans aisés, s'étant enrichis par les ramassages, obtinrent des fiefs de la part de seigneurs effrayés. A charge aux parvenus de se défendre, de maintenir leur rang et de survivre dans les guerres qui venaient.
- La propagande exercée par la Confrérie de Hagi et la Fraternisté Aurr était pour le moment inaudible face à l'envie et la haine suscitées par les nouveaux aisés et les faiseurs de pénuries chez les clans paysans humbles.
- Déjà fragile à cause des incessantes guerres privées, sans compter la ruine de Jensgård, l'ordre féodal tançait dangereusement. Son effondrement risquait de mener à des désordres dignes du délitement de l'Empire Romain.
- Il avait vécu pires situations au cours de l'histoire... était-ce la fin du Thorval ? Que pouvait-il face à des puissances maléfiques qui voulaient le voir disparaitre ?[/justify]

Posté : lun. juil. 15, 2019 9:23 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (52).
16 août 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/28/rk5h.png[/img][/center]

Taux de récupération estimée du sel :

10% par la Reine.
18% par les Seigneurs.
20% par les Brigands et les Mercenaires.
30% par les principaux clans paysans.
21% s'est perdus (largués dans un lac, une forêt sauvage, autres coins perdus etc.)
<1% par les clans paysans mineurs et moyens, formant plus de 90% de la paysannerie.

Les paysans enrichis, anoblit dans la confusion des premiers jours, perdaient déjà leurs fiefs, incapable de défendre leurs possessions face à des dynastes locaux qui les écrasèrent sans peine. Le tout n'était en effet pas de devenir noble, mais de s'y maintenir. Finalement, les seigneurs qui présidèrent à leur anoblissement étaient sans doute moins peureux qu'ils n'étaient fourbes, sachant pertinemment que ces nouveaux vassaux ne survivraient pas plus de quelques jours dans le monde impitoyable des luttes féodales. Les ex-parvenus goûtaient dorénavant à la rude vie des bannis.

Les brigands et les mercenaires, assurément des criminels, écoulaient leur butin blanc vers le Jernland, via des contrebandiers, contre de l'or.

De leur coté, les grands clans paysans, en dehors des anoblit déchus, revendaient le sel à prix très élevé en ville, notamment Valborg qui en avait urgemment besoin pour la salaison des poissons. En fils spirituels de leurs bienfaiteurs étrangers, ils profitaient aussi de leur position pour chasser les petits paysans de leurs terres et en forcer d'autres, par la menace, de travailler pour eux à vils salaires. Alors que la réforme agraire, en cours depuis 2031 ou 2032, était en passe d'éliminer la misère rurale et la malnutrition, voilà que le nombre de sans-terres, de journaliers et de morts dû à la faim risquait de repartir à la hausse. L'enfer était décidément pavé des bonnes intentions [et des opérations de PR] des grands capitalistes Lébiriens.

La Reine et certains seigneurs offraient quant à eux une partie du sel à leurs communautés villageoises, quand l'autre était conservée pour financer les guerres. De quoi fidéliser leurs paysans et renforcer leur réputation de bonté. Se sentant investit d'une mission qui la dissociait de ses pairs seigneuriaux, Marie III promit de s'occuper des accapareurs de terre. L'ambassadeur Jernlander l'informa par ailleurs que les aigles d'acier appartenaient à des merciers étrangers dont l'objectif était de déstabiliser le royaume et d'en prendre le contrôle. Il lui glissa enfin que le Jernland avait une puissante arme capable de les abattre en cas de nouvelle intrusion.

Finalement, au vu des conséquences (pénuries, nouveaux sans-terres, nouveaux journaliers, renforcement des criminels), l'arrivée massive de sel par les cieux apparaissait de plus en plus comme une attaque des démons de l'air, une malédiction qui ne profitait qu'aux mauvais et à la paysannerie aisée, sauvée ici d'un dépérissement qui lui pendait au nez depuis quelques années. A l'avenir, toute nouvelle offrande des aigles d'acier sera perçue avec une bien plus grande suspicion...[/justify]

Posté : lun. juil. 15, 2019 11:25 am
par Zaldora
[justify]Pourquoi du comment (1).

Pourquoi la bourgeoisie et ses valeurs, notamment la sacralisation du travail, ne triomphèrent-t-elles pas comme ailleurs en Dytolie au XVIe siècle, peu ou prou ?

Éléments clés

Le Thorval ne possède aucune tradition citadine antique et n'a pas été conquis par l'Empire Romain, moyennant un tribut.
Jusqu'à la seconde moitié du XIIe siècle, pas la moindre ville ne tapisse son territoire qui est entièrement rural. Le pays est loin du cœur civilisationnel et des principales routes commerciales.
Jensgård n'est fondé qu'en 1166, Valborg en 1280, et Sainct-Thøger en 1327. Elles ne sont alors que de simples bourgades ne participant pas ou très peu au commerce de long cours avec l'Orient.
Leur développement est durant des siècles contrecarré par les guerres, les épidémies, les mises à sac, les expulsions d'usuriers et les luttes municipales intestines entre la bourgeoisie et l'évêque.
Vers la fin du XVIe, celles-ci parviennent à sortir la tête de l'eau et établissent les prémices d'un capitalisme commercial grâce à de nouveaux liens avec l'Orient.
Mais face à ces nouvelles prétentions, le pouvoir seigneurial réagit et écrase la bourgeoisie en toute bonne conscience grâce aux paroles enflammés de l'Église sur les usuriers et les marchands.
Saint Augustin n'affirme-t-il pas que les banquiers commettent un homicide par leurs activités ? La locution latine ne dit-elle pas Homo mercator nunquam aut vix potest Deo placere – le marchand ne peut plaire à Dieu, ou difficilement.
Les villes retombent alors dans le marasme, le mépris et l'oubli d'une campagne triomphante. Le contexte n'est pas propice aux affaires, ni au relèvement.
Les sacs se produisent régulièrement, les voies de communication ne sont pas sûres, le crédit est inaccessible (les banquiers sont dévalisés, rançonnés et expulsés à multiples reprises), aucun droit ne protège les affaires.
La bourgeoisie ne bénéficie à aucun moment d'une politique volontariste de soutien à son développement, elle doit constamment faire face à un contexte délétère et à des bâtons dans les roues.
Les villes se relèvent au début XVIIIe mais s'effondrent à nouveau quelques années plus tard quand les banquiers sont bannit du royaume.
La remontée est lente, éperdument lente, et ne s'accomplit réellement qu'en 1950, où Jensgård et Sainct-Thøger regagnent en puissance économique, quand Valborg n'est qu'un port de pêche.
Avant que la capitale ne soit à nouveau complètement détruite lors de la crise du Blé en 2039. En conclusion : jamais la bourgeoisie des villes n'est parvenue à imposer sa propre vision du monde à la société.
A la place, c'est la mentalité seigneuriale et paysanne qui prédomina : société s'appuyant sur le monde rural, composée de communautés villageoises superstitieuses méfiante à l'égard du non-familier.
Une tendance renforcée par l'isolation du royaume.[/justify]

Posté : mar. juil. 16, 2019 6:33 pm
par Zaldora
[justify]Dans la tempête (1).
20 août 2039,

[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/j55b.png[/img]
Les deux forteresses d'Hurðborg.[/center]

De pauvres hères en haillons, à la mine déconfite, défilaient devant Marie depuis l'aurore. Chaque récit paraissait plus triste que le précédent. Pour la plupart, ils décrivaient avec désespoir comment les « Roys de sel » (ces paysans déjà plus ou moins aisés, principaux bénéficiaires de l'opération "humanitaire" de l'agrobusiness Lébirien) renvoyaient des clans entiers de leurs terres. Ainsi, la réforme agraire, si lente et douloureuse, périclitait. Des années d'efforts tombaient en ruines, s'effilochaient emportés par le vent. A intervalle régulier, des valets glissaient des rapports d'espionnage à l'oreille de la Reine. Ceux-ci n'étaient pas fameux et certaines informations plutôt même très inquiétantes : l'une affirmait qu'Álmarr, brigand célèbre de Jensgård jusqu'au Fljótland, enrichis lui aussi grâce au sel, sillonnerait les camps de coupe-gorges afin de lever une gigantesque armée et prendre le trône de Saint Ólafr. Une menace que Marie prit très au sérieux, d'autant plus dans la période trouble que vivait le royaume.

Les ennuis s'accumulaient et venaient de toute part. Avant l'acte des gentils industriels, les principaux problèmes étaient la guerre contre les seigneurs Erlandr IX et Víðarr III, la spéculation sur le grain, la mise à sac de la capitale et diverses autres guerres privées. Avec le concours des italiques s'ajoutaient désormais des pénuries locales, des expropriations de petits clans paysans et le renforcement de réseaux criminels prêts à encore plus déstabiliser le pays. Un ensemble de périls peut être trop vaste pour une femme en cloque... mais aguerrie par huit rudes années de règne, Marie semblait déterminée à l'affronter sans faiblir, avec caractère, force et courage. Elle n'était plus la petite fille faible et effrayée des débuts. La paysannerie aisée regrettera ses actes et les bandits goûteront au moment venu au tranchant de sa lame.

Les audiences publiques se poursuivirent dans la grande salle de la forteresse sud d'Hurðborg. En ce lieu, ni ailleurs, personne ne se doutait que le Thorval était le sujet de discorde principal de la communauté internationale, qu'à cause de lui deux grandes puissances économiques se dirigeaient vers la guerre, qu'un éditorialiste avait frôlé la crise cardiaque, que [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353788#p353788]les satires fleurissaient[/url], et sans oublier [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353792#p353792]les sarcasmes piquants du futur grand méchant loup[/url]... [/justify]

Posté : jeu. juil. 18, 2019 9:43 am
par Zaldora
[justify]Écrits privés et secrets (7).
25 août 2039,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/3otq.png[/img][/center]

Me voici dans les forteresses d'Hurðborg. Je suis partie de Jensgård, en pleine désolation et n'étant plus que l'ombre de la fière Cité qu'elle était encore au début de ce funeste été. Une lutte de pouvoir s'y prépare entre la Fraternisté Aurr (paléo-communisme) et la Confrérie Sainct Ólafr derrière laquelle se cache, localement, l’Évêché de la ville. La Haute bourgeoisie semble, quant à elle, hors-jeu et tenue responsable des récentes destructions. Le voyage s'est déroulé sous bonne escorte, même si la présence d'hommes puissamment armés n'empêcha pas de souiller mes chausses à chaque approche d'un groupe de chevaliers ou lorsque nous croisions des feux de camps dans la forêt.

La forteresse se compose de salles sombres et humides, pauvrement décorées, avec de rares et petites fenêtres apportant un peu de lumière. Aimant les lieux confortables, un hobbit aurait refusé d'y vivre. Il aurait en revanche adoré la boustifaille, notamment ce ragoût au faisan dans sa sauce avec ses pommes de terre, ses carottes, ses navets et ses petits morceaux de panais pour relever l'ensemble ! Un peu de réconfort en un temps bien sombre. La Reine m'a offert l'hospitalité et a même accepté de me garder à ses cotés comme clerc. J'ai déjà aidé à traduire la missive de la Shakhan Mamta, arrivée ce matin, et doit retranscrire la réponse de Marie dans un langage compréhensible à l'étranger. La Reine passe l'essentiel de ses journées en audiences publiques, à écouter des paysans se plaignant de sévisses subit, ou en conseil de guerre, à entendre ses capitaines élaborer la stratégie, et ses éclaireurs rapporter les mouvements ennemis.

Cette nouvelle vie me plait, même s'il n'est pas très prudent d'être dans un château risquant d'être assiégé within a fortnight... Les celliers possèdent des vivres pour trois bons mois. Espérons que le siège ne dure pas trop longtemps, et surtout qu'il soit levé avant l'hiver, sans quoi nous serions réduit à manger les rats. J'espère en tous cas pouvoir finir l'écriture de mon roman, surement le dernier de ma vie...


[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]

Posté : dim. juil. 21, 2019 11:11 am
par Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (53).
2 septembre 2039,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/2jw7.png[/img]
Sept brigands furent emmenés prisonniers lors de l'attaque d'un camps.[/center]

Les chevaliers de la Foi, ordre religieux et combattant, s'étaient finalement levés et pourchassaient impitoyablement les accapareurs fonciers en Heillmerki, Fuglsröddland, Tyrfa, Karlið, Herjólfætt, Eyfurauðna, Àmáttugniðr, etc. Les terres volées étaient reprises et rendues au fur à mesure à leurs possesseurs légitimes, des familles d'humbles conditions dans l'immense majorité. Les chevaliers profitaient aussi des raides pour confisquer d'énormes quantités de sel, avant de les confier aux abbayes et aux monastères locaux, afin d'être redistribuées équitablement aux gens dans le besoin. Entretemps, la Reine et les Seigneurs continuaient de doter divers communaux du sel qu'ils avaient amassé après le passage des aigles d'acier. Alors que les paysanneries aisées fuyaient devant la charge dévastatrice des moines guerriers, la renommée de l'Église fleurissait... Forte de sa gloire, allait-elle réussir à contenir les massacres qui se préparaient ? En effet, le cœur des lésés ne souhaitait guère se contenter du retour de ses terres et d'un peu de sel, il criait vengeance et appelait au bain de sang contre ses bourreaux.

Le camps de RáðulfR, brigand notoire dans le Sævar et rallié aux ambitions royales de son compère Álmarr, fut détruit par le feu pendant la nuit. Vingts brigands périrent durant l'attaque et sept furent emmenés prisonniers par des hommes dont l'allégeance ne fut pas découverte. Cependant, compte tenu des circonstances, il s'agissait très probablement de guerriers de Marie. La bande de RáðulfR avait ainsi été quasiment détruite et l'essentiel de ses butins emportés. Apprenant la nouvelle, Álmarr promit publiquement de violer la Reine et de la donner en tournante à ses voleurs. Au Roi consort, il promit de le laisser regarder avant de lui arracher les yeux.

Malgré l'instabilité et les guerres, les paysans des diverses régions du royaume asséchaient les pois glanés en août. En outre, les feuilles fanées des tubercules marquèrent, ces derniers jours, le commencement de la récolte des pommes de terre. Ces dernières ne devinrent un pilier alimentaire qu'en 2001. La paysannerie mit longtemps à ne plus rejeter la nouvelle venue de Dorimarie et ne l’apprivoisa que plusieurs siècles après son apparition sur le continent Dytolien.[/justify]

Posté : lun. juil. 22, 2019 6:12 pm
par Zaldora
[justify]Dans la tempête (2).
6 septembre 2039,

[center][img]https://zupimages.net/up/19/30/kb1q.png[/img]
Et la forteresse des forteresses tomba...[/center]

Dans la région de Drengrland, les vaches paissaient paisiblement l'herbe fraiche de l'aurore, sans se soucier des épaisses bandes de fumées qui s'élevaient dans le lointain horizon. Ce ne fut que lorsque les villageois mirent le nez dehors qu'ils découvrirent la gravité des évènements. La forteresse de Vetrborg avait été prise et brûlée ! Le château des Ducs d'Hàrland était tombé et n'offrait probablement plus aucune protection. L'inquiétude se lisait sur le visage des paysans et des paysannes, effrayés par le terrible spectacle qui se jouait devant eux. Ils pensaient d'ors-et-déjà à garnir leurs charrettes, prendre le bétail et se réfugier au sein des bois avoisinants.

La place forte appartenait dorénavant à Ǫrnólfr « Dent de Loup », redoutable brigand dont l'armée n'avait fait qu'une bouchée des cent-cinquante soudards de la garnison. Aucun doute, un ou plusieurs traitres lui avait ouvert les portes, sans quoi jamais Vetrborg ne serait tombé. A l'intérieur, les vainqueurs semaient la terreur, rudoyaient les hommes, pelotaient les femmes, vidaient les celliers, se goinfraient et s’enivraient abondamment. Ǫrnólfr savourait son triomphe mais n'était pas complètement serein : le Duc avait disparu, aucun des hommes, malgré leurs efforts, n'était parvenu à lui mettre la main dessus. En plein chaos, une paysanne pensait l'avoir vu s'échapper à la nage dans la Murtelfr. Oncle de la Reine, le Duc Jensi possédait une vigueur peu commune et une carrure impressionnante. Opiniâtre et fort en gueule, il était un guerrier de légende et ne comptait pas abandonner son foyer ancestral aussi facilement. La chute de Vetrborg promettait toutefois de provoquer, dans les semaines à venir, une véritable onde de choc à l'échelle du royaume.

En sa forteresse d'Hurðborg, loin des évènements du Drengrland, Marie III s'était, de son coté, entendue avec Erlandr IX et Víðarr III pour prolonger la trêve qui les liait dans la guerre des trois couronnes. Face aux menaces que des brigands enhardis faisaient peser, chacun convint de la nécessité d'enterrer provisoirement les querelles. Au moins jusqu'au printemps.[/justify]

Posté : jeu. juil. 25, 2019 4:17 pm
par Zaldora
[justify]Pourquoi du comment (2).

Comment se fait-il que le Royaume n'ait pas adopté le droit romain, ne disposant donc d'aucune législation ?!!

Éléments clés

Étant un pays norrois, aux marges des influences de l'ère romaine, le droit romain n'atteint le Thorval qu'au milieu du XIVe siècle sous l'influence de l'Université de Jensgård. Il se cantonne toutefois au cercle restreint des savants.
En 1413, le Roi Ragnarr II entreprend la mise par écrit des coutumes présentes en son royaume mais abandonne son ambition sous la pression des diverses Things (assemblées traditionnelles dans le monde norrois).
Pourquoi ? Parce que les coutumes ne lui appartiennent pas, il n'a le droit ni de les modifier, ni de les enrichir, ni de les supprimer et encore moins de les graver dans le marbre, acte par ailleurs profondément dénaturant.
En 1633, le Roi Haraldr III s'entoure de légistes connaisseurs du droit romain et tente prudemment de le greffer au droit traditionnel. L'acte est de nouveau un échec : les coutumes se suffisent à elles-mêmes.
D'autres tentatives se tiennent en 1689, 1735 et 1768 mais échouent devant l'intransigeance coutumière des seigneurs, des clans et aussi de l'Église. L'adoption du droit romain est une dernière fois rejetée lors des États-Généraux
de 1805. Durant ce temps, les rois, les seigneurs et les autorités municipales disposent d'une très faible marge de manœuvre sur les coutumes des villes, des provinces, des pays, des terroirs, des villages, des clans, etc.
En 2038, la dernière Haute Assemblée (États-généraux) en date refuse au consensus général la rédaction des coutumes, proposée par certains clans citadins issus des rangs de la Ligue du Roy, communauté défendant l'absolutisme.

Le royaume possède donc bel et bien des Lois. Cette législation est néanmoins entièrement non-écrite et purement coutumière. La Coutume commune, réduite et vague, vit dans l'ombre de la multitude de coutumes particulières.
Chaque village, ville, clan, province, université, corporation et groupe divers jouit de ses propres coutumes, statuts et privilèges. L'application des édits royaux ou seigneuriaux est aléatoire depuis la nuit des temps.
Elles régissent la vie sociale, les relations entre les personnes, les formes de possession et d'usages des sols, les héritages, les impôts, les droits et prérogatives des différentes communautés, etc.
La nature clanique du royaume place la communauté au dessus de l’individu, favorise la multitude de chefs et refuse de voir la Loi emprisonnée dans le marbre, chose qui ne peut que desservir les Hommes.
La coutume ne peut donc pas être modifiée ? Elle le peut mais il faut au préalable que les mentalités aient changée. L'édit et/ou le vote du Thing ne fera alors que confirmer un état de fait déjà perceptible.
En revanche, un édit ou une proposition au Thing visant à changer brusquement la coutume ou à travailler les esprits afin de les conduire dans une direction ne fonctionnera que rarement.
Les dispositions, orales et consacrées par l'usage, des diverses coutumes sont claires pour les Thorvalois. A l'inverse, elles sont perçues à l'étranger comme illisibles et mystérieuses.

Il existe une seule exception à ce règne sans partage de la coutume (répondant au règne absolu du droit écrit en Dytolie) : Le codex canonum de l'Église catholique de Thorval, en communion avec le Pape mais jouissant
d'un droit canon particulier.[/justify]