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Posté : dim. déc. 15, 2013 1:26 pm
par Alexei
<center>LA DICTATURE SELON ALEXEJ NEJEDLY (I)

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Alexej Nejedly lors d'un discours à l'Assemblée du Peuple tcherkesse.</center>

"Kečviska zdarma !".
C'était le refrain qui revenait depuis quelques jours dans les rues de Krasìn et de la plupart des grandes villes ketchèves. Lorsqu'il fut désigné, Alexej Nejedly paraissait être un président jeune, juste et démocratique -bien que le pluralisme politique n'existât et n'existe toujours pas-, ses réformes économiques laissaient pressentir un assouplissement de la suprématie du régime communiste -qui avait désormais abandonné le communisme "lambda", autrement dit, on le prit pour un mou.
C'était tout ce qu'attendaient les citoyens indépendantistes de la Ketchevie, riche province minière de l'est du pays, autrefois siège d'un royaume pouvant égaler la puissance du Royaume de Tcherkie, annexée en 1950 par les troupes tsaristes, la province n'avait jamais vraiment cessée de s'adonner à des relans indépendantistes, plus ou moins forts selon les périodes.
À Krasìn, c'étaient quelques 5 000 indépendantistes qui avaient manifesté -acte passé sous silence dans la presse tcherkesse, bien entendu-. Sous les yeux sceptiques des policiers, la manifestation -bien qu'interdite par la legislation tcherkesse s'était passée dans le calme et sans effusion de sang-. Si la police n'avait pas réagit, c'était uniquement pour ne pas donner une mauvaise image du régime naissant, Alexej Nejedly aurait lui-même dit "ce n'est rien, demain ils resteront paisiblement chez eux".
Le jeune président avait eu tort. Le slogan des indépendantistes était toujours affiché sur les pancartes le lendemain, cette fois-ci, le nombre de manifestants avait presque doublé, encouragés par les non-agissements des forces de l'ordre, ces-derniers se dirigeaient vers la mairie de la ville...

Vratko Titus -Maire de Krasìn : Ils deviennent de plus en plus menaçant...

Secrétaire : Nous devrions peut-être demander du renfort à la police ?

Vratko Titus : Non, je suis persuadé qu'ils se calmeront, comme hier.

À l'extérieur, le cortège devenait, en effet, de plus en plus imprévisible, la police essuyait des jets de pierre sans répliquer, comme l'ordonnaient leurs supérieur. Ce ne fut que lorsqu'un manifestant trop énervé tira sur un membre des forces de l'ordre que les choses dégénérèrent... Les forces anti-émeutes de la police répliquèrent à l'aide de gaz lacrymogènes et tirèrent des coups de feu en l'air alors que certains indépendantistes armés s'introduisaient dans l'hôtel de ville, massacrant le personnel en hurlant "Zrádci" !" ("traîtres !"), la police, débordée, due se retirer alors que la mairie et la place tombaient aux mains des indépendantistes, toujours plus nombreux, voyant leur heure enfin arriver. Cet acte prémédité de longue date par "Jan", le nom de code du chef du mouvement plus organisé qu'il en avait l'air, allait enfin porter ses fruits et refaire de la Ketchevie une terre prospère, et surtout : libre.
C'est dans une ambiance bien morne à Tcherkovo qu'Alexej Nejedly apprit la nouvelle.
Le Tcherkesse avait fait une grossière erreur en demeurant passif, erreur que Milan Zemko, président à vie de la Tcherkessie, lui ferait payer si elle ne se réparait pas, comme il lui dit avec soin au téléphone...

Alexej Nejedly : Je comprends, c'est très dérangeant en effet... -Il se gratte la tête nerveusement-

Milan Zemko : Si j'ai bâtis ce pays, si il a survécu pendant la guerre, ce n'est pas pour s'incliner face à ces guignols. Je te conseille de vite rétablir l'ordre, camarade.

Alexej Nejedly : Je ferai ce qu'il faut en conséquence...

Milan Zemko : Je te fais confiance.

Alexej Nejedly reposa le combiné sur le socle du téléphone. Les quatre derniers mots du Président à vie sonnaient faux, il fallait que Nejedly mate ces insurgés si il voulait garder sa place ou même sa vie. Regardant Tcherkovo enneigée et si calme, il reprit le téléphone et composa un numéro rapidement.

Alexej Nejedly : Allô ? Alexej Nejedly à l'appareil. Lancez immédiatement le plan "niesť" (ours).

Posté : lun. déc. 23, 2013 10:49 am
par Alexei
<center>LA DICTATURE SELON ALEXEJ NEJEDLY (II)

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Soldats de la Garde Rouge avant l'offensive.</center>

Krasín, 4 heures du matin.
Dans la ville endormie où montait des colonnes de fumée dues aux divers objets et bâtiments symboles du pouvoir tcherke* (Rappel : La Tcherkessie est un mélange de deux pays ; la "Tcherkie" et la "Ketchevie", cette-dernière étant sous domination tcherkesse depuis 1948) incendiés par les indépendantistes ketchèves rassemblés dans l'organisation du PNK ("Přední nezávislost Kečviska", ou "Front d'indépendance de Ketchevie"). Cette organisation avait toujours été un mystère pour le renseignement tcherkesse -pourtant censé être partout- qui, semble-t'il, ne s'en était même pas inquiété. Cette bavure aux conséquences graves -la mise en état de siège de Krasín- avait failli coûter le poste de l'Admiral Kubički, le chef de la tristement célèbre Tchaba. Pour les indépendantistes du PNK, tant de la première que de la "dernière heure", la victoire était acquise. Les autorités tcherkesses de la ville avaient été mises en déroute, d'autres villes ketchèves commençaient à se soulever contre l'envahisseur tcherke qui n'avait même pas fait allusion à cet épisode dans sa presse. L'hymne ketchève, le "[url=http://www.youtube.com/watch?v=hCap5rOQ-3c]nezávislost[/url]" (indépendance) avait résonné toute la soirée dans une ville désormais acquise, le chef du PNK s'était même installé à la mairie et était en train de réunir un gouvernement, le rêve d'un peuple semblait enfin se réaliser...
...avant de se transformer en cauchemar. Alexej Nejedly n'avait pas dormi pendant les trois jours et les trois nuits qui avaient suivi, obsédé par le prestige et l'autorité qu'il risquait de perdre. Il avait élaboré un plan audacieux, visant à écraser la rébellion de l'intérieur et de l'extérieur. En effet, aux portes de la ville se tenaient 15 000 soldats de la Garde Rouge, tous venant de Tcherkie, Moravie, Sumerovie. Ceux-ci étaient accompagné de toute une brigade de l'armée tcherkesse si cela ne suffisait pas. À l'intérieur, Alexej Nejedly s'appuierait sur le Prapor univerzita ou bataillon de l'université. Ces mille étudiants communistes, mobilisés durant la guerre tenaient le campus en limitant les tirs. Paradoxalement, 3/4 de ces étudiants étaient des Ketchèves, mais ils avaient plus foi en leur idéologie et la réunification avec le frère tcherke qu'en une indépendance tâchée de sang, non-tolérée par le puissant voisin de l'ouest. Alexej Nejedly était lui-même parti pour "le front", ayant revêtit les couleurs de son armée, publicité diffusée dans tout le pays...

Ivan, lui, était convaincu que la Ketchevie devait être une nation souveraine et reconnue par la communauté internationale. Malgré ses 12 ans récents, il s'était lancé dans le placardage d'affiches dans ce dessein. Alors qu'il collait une énième affiche faisant état de la victoire de la volonté du peuple ketchève "martyrisé", il fut étonné d'entendre un bruit de moteur lent et sourd, caractéristique des chars d'assauts qu'il rêvait de conduire, tel un soldat. Portant la bannière tcherkesse, la Garde Rouge entra dans Krasín endormie, se dirigeant vers la mairie, tandis qu'un autre groupe approchait déjà de Radio Kečviska, l'un des objectifs principaux. de l'attaque. Les premiers tirs ne retentirent que quelques minutes plus tard, lorsqu'un rebelle armé s'en prit à un soldat. Dans l'université, les étudiants se lancèrent également à l'assaut, informés par des radios, les jeunes, arborant des casquettes d'ouvriers et des vestes portées à la "rostove", équipés de fusils et de pistolets se mirent en quête d'attaquer les indépendantistes, ayant dressé des barricades, de l'intérieur. Un étudiant de 19 ans se jeta même sous un van converti en véhicule de combat pour y fixer des explosifs. Si le PNK réussit à infliger de lourdes pertes aux soldats de la Garde Rouge, la résistance s'effondra tout de même en de nombreux points, principalement sous les assauts surprises du bataillon de l'université qui, à lui seul, fit prisonnier plus de deux mille rebelles, le double de son effectif total.
Alexej Nejedly n'entra dans la ville qu'une heure plus tard, alors que la bataille faisait toujours rage. On raconta que son véhicule tomba dans une embuscade et qu'il abattit 5 insurgés. Cette version, adaptée à la propagande, était plutôt mensongère, sachant que l'embuscade avait immobilisé deux voitures devant la sienne et que ce n'était non pas le chef de l'Etat tcherkesse qui avait sorti son arme mais le major-général Jan Rostopšin. Le président tcherkesse, qui ne s'était toujours pas reposé depuis le début de "l'Insurrection d'hiver", était partout, dévoilant sa face cachée énergique et actif, sans prendre toutefois part aux combats. À 7 heures du matin, la station radio tomba, les soldats du major Jevík pouvaient désormais émettre des messages haineux contre leurs ennemis, ces-derniers sentant leur moral tomber. En représaille, dans les zones "libérées", les gardes rouges, exaspérés par la résistance de ce qu'ils considéraient comme de simples mercenaires au service de l'étranger, exécutèrent sommairement une centaine de prisonniers de 18 à 50 ans. Ailleurs, c'était la Vypoly, la terrible police politique tcherkesse, qui avait tissé sa toile, rassemblant de simples insurgés sur les grandes places et obligeant la foule à les tabasser et les insulter.
Dans la mairie de Krasín, Luka Kepolek, le chef de l'insurrection contemplait avec désolation son échec devant la brutalité des Tcherkesses. Celui qui avait, quelques heures plus tôt, cru à l'indépendance était désormais démoralisé et n'hésita pas à s'échapper en cachette par les égouts avant que ceux-ci ne tombent aux mains des partizan de l'université à leurs trousses. À 10h du matin, l'hôtel de ville tomba à son tour après une résistance acharnée, profitant de l'anarchie, des centaines de pillards avaient commencé à amasser un butin important dans les magasins du centre-ville, quelques-un d'eux furent abattus sans sommation par des gardes rouges faisant montre d'une brutalité inédite qui choqua même Milan Zemko.
Les indépendantistes ketchèves, désespérés mais sachant ce qui les attendaient en cas d'emprisonnement par la Garde Rouge ou pire : la Vypoly, se replièrent dans leur dernier bastion, la Modrá Knihovna (l'une des plus grande de Tcherkessie) où ils établirent une ligne de défense précaire avec des étagères à bouquin, détruisant ainsi les ouvrages -parfois uniques- du bâtiment, la commissaire à la culture en fit ulcérée et appela à condamner les "tortionnaires de la culture et de l'histoire tcherkesse". Attaquée de toutes parts, par les gardes rouges et les étudiants de l'université, la bibliothèque tomba vers midi alors que les défenseurs étaient à cours de munition et qu'un incendie s'était déclaré. Le "plus haut gradé" restant dans la ville appela les derniers insurgés dans la ville et en Ketchevie historique à se montrer raisonnable et à déposer les armes. À 13h30, le PNK était vaincu, après avoir perdu 30 000 irréguliers (dont 15 000 morts) et ayant "offert" au KPK 20 000 prisonniers. Alexej Nejedly tint un discours fort, encore habillé de l'uniforme de la Garde Rouge, condamnant les divisions internes "faisant le jeu des puissances étrangères" et appelant à l'union de tous les peuples de Tcherkessie. Le pouvoir du jeune dictateur qui avait tombé le masque semblait désormais incontesté.

Posté : sam. mars 01, 2014 10:09 pm
par Alexei
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Les tramways de Tcherkovo...

Slobodan composta son ticket dans le tramway B direction la grand rue Resslova de Tcherkovo. Les tramways de Tcherkovo étaient de véritables symboles en Tcherkessie. Ayant gardés leur style traditionnel, les petits wagons rouges arpentaient la ville sept jours sur sept depuis plus de cent ans maintenant, grâce à un important réseau de rail édifié sous l'ère du Royaume de Kirep-Tcherkessie. Le tramway était utilisé quotidiennement par des milliers de citoyens se rendant au travail, ce nombre avait augmenté grâce à la réforme rendant les transports en commun gratuits. Après avoir jeté son billet composté, Slobodan se mit en quête d'une place. Nous étions en fin d'après-midi, il faisait assez chaud en ce mois de juin, ainsi, le nouvel arrivant put remarquer un groupe de quelques lycéennes dont l'uniforme se raccourcissait déjà (du moins, seulement en dehors des cours). Le jeune homme s'installa en bout de wagon, après être passé devant ce qui était vraisemblablement un jeune homme faisant la cour à sa dulcinée, comme il en avait l'habitude, plongé dans ses pensées, il regardait les rues qui défilaient dans la petite fenêtre mi-ouverte à sa droite. Les magasins, les gens flânant dans les rues après le travail, les diverses scènes de genre typiques des pays slaves, et les uniformes noirs de la police tcherkesse...

Si Slobodan était stressé, ce n'était pas pour rien. Derrière sa crinière brune ("ténébreeeeeeuse" comme l'auraient soulignés les jeunes pelabssiennes du moins ce qu'il en reste...), ses yeux noirs et son sourire crâneur se cachait en réalité un petit rebelle, un de ceux, crédules, qui pensait que le capitalisme de l'Union du Jeekim était bien et que le communisme tcherkesse était mal. Et il ne faisait rien pour se cacher, si la Vypoly (police secrète tcherkesse) avait eu l'occasion d'entrer dans sa chambre, la famille du jeune Slobodan serait déjà au camp. À ce sujet, sa mère savait tout mais se taisait, son père était mort à la guerre, la famille touchait ses indemnités mais parfois avec retard. Ce soir-là, le jeune "ténébreux" Slobodan avait la permission de rentrer tard. Il comptait bien s'en servir pour entrer en contact avec ses amis de la "Résistance", tous plus inconscients les uns que les autres, dans un lieu public. Le tram approchait de la Ječná, dernière rue avant Resslova. Si Slobodan avait été plus attentif, il aurait remarqué que le jeu de séduction du jeune homme qu'il avait croisé au début était plus que plat et que la jeune fille paraissait beaucoup plus concentrée sur Slobodan que sur l'homme en face de lui. La clochette du tram sonna, Slobodan quitta le wagon, n'ayant toujours pas remarqué le petit couple qui le suivait. Le soleil commençait à se coucher, et en cette fin de semaine, les bars et restaurants étaient malgré tout remplis, forçant la police à patrouiller plus que d'habitude. Slobodan entra dans un café dénommé le "Klov" où ses "compagnons" l'attendaient.

Après avoir bu une kitchera bien fraîche, il ressortit du bar une heure plus tard, désormais accompagné de ses amis. Se dirigeant vers la station de tramway, les quatre hommes plaisantaient comme tous les jeunes de leur âge. À la différence qu'ils fomentaient une grève dans leur université, grève discutée et préparée, de manière purement amateur, autour de leur verre de kitchera. Heureusement, ils n'étaient pas menottés dans un fourgon de police sale, ce qui les rassurait. Au bout de quelques minutes, ils prirent le tram allant dans le sens inverse d'où Slobodan était arrivé, s'installant à l'arrière, ils se réjouirent du fait que le wagon était totalement vide et se rassérénèrent. Toutefois, ils remarquèrent au bout de dix minutes que le tram n'avait toujours pas démarré. Les rues s'étaient vidées et la circulation calmée. Slobodan jeta des regards inquiets à la fenêtre, ne voyant rien de suspect, il tenta de se calmer tandis que ses amis continuaient à plaisanter alors que les portes s'ouvraient... au lieu de simples voyageurs, ce fut quatre policiers vêtus de noir qui pénétrèrent dans le wagon.

Policier : Polícia ! Nehýbte sa ! (Police ! Ne bougez plus !)

Surpris, les hommes se levèrent, cherchant une sortie, en vain, deux étaient déjà plaqués au sol. Faisant montre d'une force inattendue, tel le dernier souffle d'une proie chassée, Slobodan parvint à passer à travers la fenêtre du tram dans une explosion de bouts de verres tranchants. Très vite, il se leva, les sirènes de la police qui approchaient lui procurant une montée d'adrénaline comme jamais il n'en avait eu, courant à travers la rue alors qu'un deuxième tram approchait, encore quelques mètres et il serait sauvé. Toutefois, le pire vient toujours lorsque l'on s'y attend le moins, cette citation prenait tout son sens lorsqu'il se retrouva nez-à-nez avec un agent de police ayant dégainé son CZ-75 de service.

Policier : Bouge plus ou j'tire... compris ?! -reprenant son souffle-

Slobodan se stoppa net et leva les mains en guise de reflex. Le canon absorbait toute l'attention du jeune homme, si bien qu'il n'avait pas remarqué qu'il s'était arrêté sur les rails, pile dans la trajectoire du tram qui arrivait à bonne vitesse. Slobodan fut fauché instantanément, sous les yeux horrifiés du policier ayant tenté de l'appréhender. Le tramway s'arrêta quelques mètres plus loin, il ne restait presque plus rien de ce jeune étudiant fantasmant sur une liberté dans un monde soi-disant libre qu'il ne connaîtrait jamais.

Posté : mar. mars 04, 2014 9:00 pm
par Alexei
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Discours du Maréchal Svata
Tcherkovo - Námestie Revolúcie (Place de la Révolution) 4 Juillet 2023
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La Place de la Révolution était bondée en ce juillet 2023. Il faisait chaud ce jour-là, beaucoup de Tcherkesses étaient venus, habillés légèrement, à ce premier discours du maréchal depuis sa prise de pouvoir. Ce-dernier n'en avait étonnamment pas fait, ce qui avait poussé les Tcherkesses à ne savoir quoi penser de cet énième dirigeant qu'ils admiraient pourtant. Toutefois, l'attente semblait avoir attiré, et puis, peut-être était-il trop absorbé par son travail ? C'était, dans le fond, une bonne chose. Lorsque le maréchal se présenta à la foule, il était drapé dans un de ses sublimes uniformes bleus qui faisaient son charme. Le maréchal avait appris que les uniformes et les médailles avaient un certain effet sur les foules. Une fois les acclamations et les hourras passés, le leader de la République Fédérative Socialiste, imposant une gestuelle de manière à dominer son public, put commencer son discours dans un raclement de gorge.
  • « Chers camarades. Mes frères. Mes soeurs. -silence-
    Aujourd'hui, je me vois porté à la tribune pour prendre la parole envers un peuple, ou plutôt, plusieurs peuples -silence-, par ce terme, j'entends, les Tcherkes, les Ketchèves, les Suméroves ou encore les Moraves qui ne constituent qu'une minorité, mais que nous devons reconnaître. -courts applaudissements- La Tcherkessie ne peut être dominée que par un seul et unique de ces peuples, car nous, résidents de notre terre, sommes tous semblables et indépendants -applaudissements soutenus-. Cette indépendance, nous l'avons rêvée, nous l'avons conquise et nous l'avons défendue. Qui contre le Kirep, qui contre le Jeekim. Je parle bien sûr du Jeekim corrompu et inhumain regroupé dans un même cercle que je ne citerai pas -approbation massive se traduisant par des applaudissements et des hués aux pays sous-entendus-. Nous avons affronté, avec nos camarades, pas moins de sept pays et regardez-vous, regardez-nous, camarades. Nous sommes encore debout, avec notre honneur -silence ponctué d'applaudissements-. La Tcherkessie est plus puissante que jamais, économiquement et militairement pour ne rien vous cacher, aujourd'hui, nous n'avons plus à craindre d'invasion ou la mort de nos fils et filles, désormais, c'est nous qui sommes en mesure de combattre le mal ! -applaudissements soutenus et hourras- Bien entendu, nous ne devons pas utiliser cette puissance à mauvais escient telle que l'URKR l'a fait. C'est ainsi, que j'annonce que des volontaires tcherkesses vont s'engager contre la Main Noire au Viek Koing pour mettre fin aux horreurs qu'il s'y passe. -Quelques applaudissements- Mais me direz-vous, pourquoi là et pas au Nord ? Tout simplement car le Finnherland n'est pas victime de la Main Noire et que son attaque par toutes les "nations" du Nord-Jeekim est parfaitement illégitime et condamnable. -Cris d'approbations de la foule- Néanmoins... laissons le présent se dérouler, aujourd'hui, les deux parties ont déposé les armes, mais je crains désormais que les peuples faibles du Nord-Jeekim, n'ayant connu le Socialisme et l'égalité, ne tombe sous une coupole bien pire que celle qui les gouvernait jusqu'à maintenant : celle du capitalisme sauvage, broyant leur identité et leur âme. -silence et applaudissements soutenus des plus fervents socialistes- En effet, cela se traduira par une immigration massive, l'autorisation de choses dépravantes telles que la transsexualité et l'homosexualité... -silence- fort heureusement, ce n'est pas le cas de notre belle nation qui n'est pas contaminée par cette terrible maladie. C'est pourquoi, je voudrais que vous, camarades tcherkes, ketchèves, suméroves, moraves... ne laissiez pas cette vermine s'infiltrer ici, dans tout ce que nous avons construit. Camarades, ne l'oubliez pas : la Tcherkessie prend ses racines dans cette seule et unique phrase "cinq pays, quatre langues, trois cultures, deux religions, une nation". »
Svata quitta la tribune après avoir salué une foule convaincue, agitant les drapeaux de la Tcherkessie mais aussi de la Ketchevie, pour ceux ayant fait le déplacement, tout en applaudissant frénétiquement alors que l'hymne de la Tcherkessie retentit. Beaucoup de non-socialistes reconnurent mentalement avoir été entraîné par cet homme, droit et charismatique.

Posté : jeu. mars 20, 2014 5:23 pm
par Alexei
<center>Propaganda !</center>

Affiches placardées essentiellement à Miskolce...

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« Femmes de Tcherkessie, désirez-vous la guerre ou la prospérité ? »</center>

Posté : sam. mars 22, 2014 11:58 pm
par Alexei
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Prvý vojnový pamätník sprievod na juh
Premier défilé commémoratif de la Guerre du Sud
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Des mois s'étaient écoulés après ce qui fut une expérience traumatisante pour la moitié des Tcherkesses... il y a un an en arrière, la moitié du pays n'était qu'un champ de bataille fumant, hurlant, soulevant les terres cultivées du pays par des milliers d'obus symboles de la mort toute proche. À cette époque, des milliers de soldats tombaient, criblés de balles et achevés de fatigue, dans le vacarme hurlant de la bataille. Aujourd'hui, à des années lumières de la fusillade et de la monstruosité de la guerre, la bête tcherkesse n'avait nullement l'air affaiblie : bien au contraire. L'armée tcherkesse n'avait jamais été aussi puissante, bénéficiant d'équipement modernes achetés aux vitaux alliés de l'ex-Pacte, la République Fédérative Socialiste n'hésitait pas à les exhiber dans ce premier défilé effectué devant une foule émerveillée, composée d'anciens combattants, de veuves ou alors de citoyens admiratifs et désireux d'être rassuré dans un monde malheureusement encore pourvu de la Main Noire. C'est dans l'hymne national de la Tcherkessie que les premières troupes apparaîtraient, surplombées par un ciel bleu plaçant sous bonne augure cette journée du souvenir, tous les participants du défilé avaient servi, qui au nord, qui au sud et, dans leurs habits de cérémonie resplendissants, les soldats n'hésitaient pas à exhiber leurs décorations : l'Ordre du Drapeau Rouge était la plus rare et la plus haute des distinctions, comme pouvait en témoigner le maréchal Svata qui l'avait reçu deux fois. Ce-dernier était d'ailleurs aux premières loges, dans une tribune surplombant la foule et la grande place de la Révolution dont le bitume s'apprêtait à recevoir la quinzième armée du monde. Tel un empereur ou un général impitoyable, l'homme s'était levé, dominant en taille les plus éminents politiciens tcherkesses -dont Dragoslav Kaladze, président de la RS de Tcherkie- et une myriade de généraux et maréchaux en grande tenue qui avaient sous leur commandement un million d'hommes au total.

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Alors que la foule agitait de petits drapeaux tcherkesses, tcherkes ou encore ketchèves tout en observant leur dirigeant qui, à l'inverse de ses prédécesseurs, possédait une aura et un charisme qui galvanisait les masses, un puissant son vint troubler le brouhaha avant de s'arrêter. C'étaient les Choeurs de l'Armée Populaire tcherkesse qui annonçaient à tous l'arrivée de l'hymne national. Réglés comme des horloges, les hommes et femmes séparés du macadam par des barrières métalliques et quelques policiers plaquèrent leur main droite sur leur coeur tandis que "Nous, Tcherkesses", véritable ode aux peuples habitant le pays, retentissait puissamment, interprété par un certain Simeon Cháritonov, véritable icône de la musique tcherkesse. Dans un élan patriotique, toute la tribune politique se mit à chanter en même temps, pendant qu'au même moment, un soldat agita un fanion rouge, marquant l'arrivée des blindés de l'armée tcherkesses dans un bruit mécanique. Les tankistes, au garde-à-vous à travers leur écoutille chantaient également dans un murmure lointain. Après les canons de mortiers lourds, ce furent les célèbres lance-roquettes mobiles Sulyug, que les Tcherkesses surnommaient "Katuša" qui apparurent sur la place de la Révolution, bientôt suivis par les chars de tous types et l'infanterie.

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Dans un bruit de chenilles ininterrompus, les chars franchirent le "perron" de la Place de la Révolution, tous repeints dans les couleurs de l'Armée Tcherkesse, ils firent forte impression aux visiteurs tant tcherkesses qu'étrangers, même si le nombre de ces-derniers étaient très restreints. Seuls les journalistes des pays socialistes avaient été acceptés, exception faite pour les Kirépiens et les Tchoconaliens qui ne pourraient rapporter dans leur pays que la foi et la discipline -inédite dans cette armée de "barbares" comme l'auraient dit des Almérans par le passé- des soldats tcherkesses qu'ils avaient vu. Jeunes mais déjà vétérans, ils chantaient l'hymne -ou du moins en donnaient l'impression- à la perfection tout en arborant des myriades d'uniformes de styles et couleurs différents, du blanc au noir en passant par le bleu et le vert. Les contingents ketchèves se démarquaient par leur uniforme de cérémonie noir et le drapeau qui annonçait l'arrivée de leur colonne. Tous ces soldats -sans exception- regardaient vers la tribune présidentielle et chantaient devant Svata comme pour lui prouver leur indéfectible loyauté, celui-ci se contentait de la leur rendre avec une interminable position de garde-à-vous qu'il maintenait coûte-que-coûte, forçant son entourage à faire de même. Après que les DCA "Dosl" soient passés, un bruit de moteur à réaction se fit sentir dans le ciel bleu avec sept avions de chasse dessinant avec des fumigènes multicolores la base slave du drapeau tcherkesse.

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Le meilleur pour la fin : les missiles balistiques longue portée, récemment acquis par les Tcherkesses étaient aussi de la partie. Leur placement en conclusion du défilé peut-être interprétée de n'importe quelle manière, mais les plus fanatiques affirment que c'est "un message envoyé aux nations occidentales : la Tcherkessie joue dans la cours des grands" et ils avaient raison, la Tcherkessie, ancien pays du tiers-monde était désormais devenu une véritable puissance émergente à l'économie solide dont les briques étaient le travail et le socialisme, le mortier. Le maréchal Svata était plus que satisfait de ses troupes et la réciproque marchait également. Outre une armée puissante, la Tcherkessie possédait désormais un pouvoir politique entre de bonnes mains à la fois vigoureuses et stabilisatrices. Lorsque la représentation toucha à sa fin, le maréchal plaça quelques mots, après s'être longuement fait désirer, dans un microphone qui provoqua l'enthousiasme dans la foule. Ce jour était son jour et ce premier défilé commémoratif montrait au monde qu'une nouvelle puissance -non-négligeable- était née.