[RP 2020 - 2028] Services Spéciaux Wapongais
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s16.postimg.org/h6g5rht5x/1390306795570.jpg[/img]
09/03/2023
Base militaire de Runkâ, District 81
Massif des Cinq Pics
[url=http://www.youtube.com/watch?v=aj95iDeSXpE]Ambiance musicale[/url]
Une nouvelle aube se lève sur le Wapong.
En cette fin d'été, l'air au cœur des montagnes étaient humides, annonciateur des crues qui submergeraient bientôt la vallée de Wa, à la fois bénédiction et malheur pour quantité de familles des campagnes.
Les inondations demeuraient un problème récurent au Wapong, une calamité qui chaque année ruinait des villages entiers, sans parler de la situation des bidons-villes des grandes agglomérations, pressés le long du fleuve et ses affluants.
Non que quiconque fasse réellement quoique ce soit pour améliorer la situation :
Pour le peuple, c'était une plaie récurrente avec laquelle chaque génération avait appris à vivre.
Pour les élites, isolées sur les hauteurs ou dans les quartiers aux systèmes d'égouts bien conçus, le problème n'existait pour ainsi dire pas.
Et lorsqu'elles y étaient confrontées, elles réglaient uniquement les aspects du problème qui les concernaient.
On avait ainsi renforcer certaines routes, plaçant digues, tranchées d'écoulement et macadam là où autrefois de simples sentiers traversaient les campagnes, tout cela afin d'assurer un transport routier stable et fluide à travers le pays, libérant les entrepreneurs des caprices du climat.
On avait creuser des égouts dans certaines zones urbaines avant de paver et goudronner par dessus, offrant aux citadins nantis le luxe de ne pas avoir les pieds boueux lorsqu'ils se presseraient dans les boutiques et restaurants.
Le long de certaines rivières, on avait renforcé les berges pour limiter l'érosion du sol et le mouvement des cours d'eau.
On avait creusé des canaux munis d'écluses qui ouvraient sur des bassins d'écoulement pour gérer les crues soudaines.
On avait utilisé les remblais provenant de ces projets pour surélever plusieurs terrains, les mettant hors d'atteinte de l'eau pour qu'ils abritent des infrastructures sensibles.
Tous ces projets avaient jusqu'ici été menés à une échelle largement locale et sur fonds privés, au cas par cas, avec des moyens faibles et sans réel plan d'ensemble.
Avec la chute du Pelabssa, les fermetures d'usines et le chômage rampant, cela avait changé.
La LNC avait lancé le Service Civil, embauchant des centaines de milliers d'adultes sans emploi, leur fourant pelles, pioches, bêches et autres outils entre les mains avant de les envoyer sur le moindre projet disponible.
Le SSP avait mené une politique similaire avec les "bataillons affamés", ajoutant les fusils mitrailleurs aux outils de chantier.
Et le PNM avait emboîté le pas, utilisant les Jeunes Citoyens pour recruter et encadrer des volontaires pour le Service Civil.
Avec la trêve post-électorale du SSP et du PNM pour former une alliance temporaire contre la Main Noire, ces mesures s'étaient combinées.
En ce début de mars, il n'était plus un seul adulte dont les bras, la tête ou les jambes ne furent employés au Wapong.
L'emploi n'était souvent pas optimum mais il était préférable à l'inactivité.
La nation, après un marasme de plus de six mois, avait littéralement sauté du lit avec la même énergie débordante dont elle avait fait preuve depuis plus de 10 années... avec ceci de différent que ce n'était plus la main invisible du marché qui guidait les efforts de la masse populaire mais la main gantée d'un État-Nation dont la gestation passerait par les flammes et l'acier.
Telle une armée de fourmis, c'était ainsi 40.000 travailleurs qui s'activaient sur les flancs d'une colline proche de la frontière du Shankhaï.
Perdue telle des îlots de métal au milieu d'un océan de chair, quelques pelleteuses et bulldozers assistaient cette horde qui, derrière un chaos apparent, bougeait, respirait et travaillait avec une précision d'horloger.
Ici, dans une semaine à peine, une voie de chemin de fer fendrait l'horizon, serpentant vers l'Ouest entre les deux pics centraux du massif pour rejoindre la vallée tandis qu'elle filerait par l'Est pour rejoindre le Shankhaï.
Et le long de cette voie, diverses voies secondaires menant à des gares qui alimenteraient usines, casernes, greniers et entrepôts variés.
Le Wapong se préparait à la guerre, son économie visant à satisfaire les besoins et désirs des citoyens se mutant en un appareil industriel visant à produire en masse armes, munitions, véhicules et soldats.
La guerre demandait des hommes et femmes aux tripes solides, au cœur brave et aux jambes robustes.
L'armée de métier du Wapong était l'une des plus modernes, des mieux entraînées et des mieux équipées au monde mais jusqu'à peu, elle n'avait même pas assez de troupes que pour former une seule division.
15.000 hommes, même parmi les mieux entraîné au monde, ne formaient pas une armée.
Tout au plus une force d'intervention pour le maintient de la paix.
Il avait existé des plans avec le Pelabssa pour incorporer l'armée Wapongaise dans l'Armée Auxiliaire, laquelle se professionnalisait chaque année un peu plus.
Mais ces plans avaient largement été sabordés avec l’holocauste récent commis par les Rostovs.
Tout n'était pas pour autant perdu :
[img]http://s29.postimg.org/jrcaw25kn/1389421706604.jpg[/img]
La guerre avait rendu orphelins plus d'un million de soldats auxiliaires.
Et le Wapong en avait récupéré 60.000, majoritairement des volontaires Vieks.
Ils n'avaient que leurs équipement d'infanterie légère et aucun véhicule mais cela changerait vite.
En attendant ce jour, les 60.000 hommes et femmes de la 1st Viek Army poursuivaient leur mission au Sud-Est Makara :
Former, encadrer, entraîner,...
Ils avaient déjà contribuer à réorganiser la force 54.000 soldats du Shankhaï qui devait, en collaboration avec 6.000 soldats Wapongais, former la "1st South Makara Army".
Et à présent qu'ils étaient officiellement incorporés dans la force armée du Wapong, ils travaillaient aux cotés de leurs élèves pour fournir ce même entrainement à une force bien plus massive.
Le Général Chuyen supervisait en ce moment même un des points de ce dernier aspect.
Chuyen :
Chef d'État-Major
"-C'est le premier contingent ?"
Capitaine Han :
Aide de camp
"-Oui. Débarqués par avion à Mal'edtsu puis convoyés en train jusqu'à Pâsindal et enfin à pieds jusqu'ici.
Il leur aura fallut une semaine à partir de la gare... je suis loin d'être impressionné, pour être franc.
Des paysans, des artisans, des bergers, des bûcherons, des pêcheurs...
Aucun d'eux, pas même les poignées de brigands accouchés par la guerre civile, n'ont l'étoffe de vrais soldats.
Je doute même qu'ils vaillent la dépense des rations avec lesquelles ils sont nourris."
Général Chuyen :
Chef d'État-Major
"-Ils feront l'affaire.
On ne leur demande pas d'être les meilleurs soldats.
Juste d'être suffisamment bons pour faire la différence.
Ce sera à l'industrie de compenser leurs lacunes humaines.
Combien sont-ils ?"
Capitaine Han :
Aide de camp
"-Il s'agit des recrues pour le 1er Corps d'Armée d'Hanguk.
58.973 unités. 1.127 de moins que prévus, en raison d'incidents sanitaires, accidents divers et désertions lors du transport.
Une perte acceptable qui sera compensée par le prochain convoi, légèrement en excès.
Leur zone de casernement a été prévue un peu plus en amont, à environ 3 kilomètres derrière cette colline, là-bas.
Et des cantonnements pour 4 autres Corps d'Armée sont prévu dans la région.
Si les ouvriers finissent les travaux à temps, le ravitaillement en vivres et matériel par voie ferroviaire ne sera pas un soucis.
Le Premier Délégué Huan Chou a toutefois insisté pour que priorité soit donnée aux trains déservant les gares civiles.
C'est la condition pour la vente des terrains au Directoire..."
Général Chuyen :
Chef d'État-Major
"-Foutus communistes... même quand on cherche à sauver leur peau, ils essaient de vous prendre à gorge et de récupérer la situation à leur avantage.
Vivement que cette foutue guerre soit finie, capitaine... qu'on puisse démarrer la purge de cette vermine."
Le jeune Capitaine ne dit rien, cachant ses propres opinions politiques.
Il était l'un des derniers officiers wapongais à ne pas faire partie de la "nouvelle génération", élevée dans les pensionnats militaires et apolitique.
Il était né dans la région et s'il avait débuté avec une mentalité socio-démocrate, il embrassait à présent de tout cœur le communisme.
En privé, du moins : l'armée wapongaise n'aimait pas le Syndicat et ses sympathisants... ou tout idéologie un peu trop "rouge" en général.
Cela rendait la collaboration actuelle avec l'Hanguk des plus étranges, la lointaine république populaire ayant accepté d'offrir 2 millions de soldats pour combattre la Main Noire.
30 Corps d'Armée. Soit plus que ce que l'Armée Auxiliaire elle-même ne comptait à son apogée.
Et tout ce petit monde avançait en ce moment-même vers le Wapong et le Shankhaï pour y être entraînés et équipés.
Une nouvelle aube se levait pour le Wapong.
Et si les Kamis le voulaient, elle serait rouge...
[img]http://s16.postimg.org/h6g5rht5x/1390306795570.jpg[/img]
09/03/2023
Base militaire de Runkâ, District 81
Massif des Cinq Pics
[url=http://www.youtube.com/watch?v=aj95iDeSXpE]Ambiance musicale[/url]
Une nouvelle aube se lève sur le Wapong.
En cette fin d'été, l'air au cœur des montagnes étaient humides, annonciateur des crues qui submergeraient bientôt la vallée de Wa, à la fois bénédiction et malheur pour quantité de familles des campagnes.
Les inondations demeuraient un problème récurent au Wapong, une calamité qui chaque année ruinait des villages entiers, sans parler de la situation des bidons-villes des grandes agglomérations, pressés le long du fleuve et ses affluants.
Non que quiconque fasse réellement quoique ce soit pour améliorer la situation :
Pour le peuple, c'était une plaie récurrente avec laquelle chaque génération avait appris à vivre.
Pour les élites, isolées sur les hauteurs ou dans les quartiers aux systèmes d'égouts bien conçus, le problème n'existait pour ainsi dire pas.
Et lorsqu'elles y étaient confrontées, elles réglaient uniquement les aspects du problème qui les concernaient.
On avait ainsi renforcer certaines routes, plaçant digues, tranchées d'écoulement et macadam là où autrefois de simples sentiers traversaient les campagnes, tout cela afin d'assurer un transport routier stable et fluide à travers le pays, libérant les entrepreneurs des caprices du climat.
On avait creuser des égouts dans certaines zones urbaines avant de paver et goudronner par dessus, offrant aux citadins nantis le luxe de ne pas avoir les pieds boueux lorsqu'ils se presseraient dans les boutiques et restaurants.
Le long de certaines rivières, on avait renforcé les berges pour limiter l'érosion du sol et le mouvement des cours d'eau.
On avait creusé des canaux munis d'écluses qui ouvraient sur des bassins d'écoulement pour gérer les crues soudaines.
On avait utilisé les remblais provenant de ces projets pour surélever plusieurs terrains, les mettant hors d'atteinte de l'eau pour qu'ils abritent des infrastructures sensibles.
Tous ces projets avaient jusqu'ici été menés à une échelle largement locale et sur fonds privés, au cas par cas, avec des moyens faibles et sans réel plan d'ensemble.
Avec la chute du Pelabssa, les fermetures d'usines et le chômage rampant, cela avait changé.
La LNC avait lancé le Service Civil, embauchant des centaines de milliers d'adultes sans emploi, leur fourant pelles, pioches, bêches et autres outils entre les mains avant de les envoyer sur le moindre projet disponible.
Le SSP avait mené une politique similaire avec les "bataillons affamés", ajoutant les fusils mitrailleurs aux outils de chantier.
Et le PNM avait emboîté le pas, utilisant les Jeunes Citoyens pour recruter et encadrer des volontaires pour le Service Civil.
Avec la trêve post-électorale du SSP et du PNM pour former une alliance temporaire contre la Main Noire, ces mesures s'étaient combinées.
En ce début de mars, il n'était plus un seul adulte dont les bras, la tête ou les jambes ne furent employés au Wapong.
L'emploi n'était souvent pas optimum mais il était préférable à l'inactivité.
La nation, après un marasme de plus de six mois, avait littéralement sauté du lit avec la même énergie débordante dont elle avait fait preuve depuis plus de 10 années... avec ceci de différent que ce n'était plus la main invisible du marché qui guidait les efforts de la masse populaire mais la main gantée d'un État-Nation dont la gestation passerait par les flammes et l'acier.
Telle une armée de fourmis, c'était ainsi 40.000 travailleurs qui s'activaient sur les flancs d'une colline proche de la frontière du Shankhaï.
Perdue telle des îlots de métal au milieu d'un océan de chair, quelques pelleteuses et bulldozers assistaient cette horde qui, derrière un chaos apparent, bougeait, respirait et travaillait avec une précision d'horloger.
Ici, dans une semaine à peine, une voie de chemin de fer fendrait l'horizon, serpentant vers l'Ouest entre les deux pics centraux du massif pour rejoindre la vallée tandis qu'elle filerait par l'Est pour rejoindre le Shankhaï.
Et le long de cette voie, diverses voies secondaires menant à des gares qui alimenteraient usines, casernes, greniers et entrepôts variés.
Le Wapong se préparait à la guerre, son économie visant à satisfaire les besoins et désirs des citoyens se mutant en un appareil industriel visant à produire en masse armes, munitions, véhicules et soldats.
La guerre demandait des hommes et femmes aux tripes solides, au cœur brave et aux jambes robustes.
L'armée de métier du Wapong était l'une des plus modernes, des mieux entraînées et des mieux équipées au monde mais jusqu'à peu, elle n'avait même pas assez de troupes que pour former une seule division.
15.000 hommes, même parmi les mieux entraîné au monde, ne formaient pas une armée.
Tout au plus une force d'intervention pour le maintient de la paix.
Il avait existé des plans avec le Pelabssa pour incorporer l'armée Wapongaise dans l'Armée Auxiliaire, laquelle se professionnalisait chaque année un peu plus.
Mais ces plans avaient largement été sabordés avec l’holocauste récent commis par les Rostovs.
Tout n'était pas pour autant perdu :
[img]http://s29.postimg.org/jrcaw25kn/1389421706604.jpg[/img]
La guerre avait rendu orphelins plus d'un million de soldats auxiliaires.
Et le Wapong en avait récupéré 60.000, majoritairement des volontaires Vieks.
Ils n'avaient que leurs équipement d'infanterie légère et aucun véhicule mais cela changerait vite.
En attendant ce jour, les 60.000 hommes et femmes de la 1st Viek Army poursuivaient leur mission au Sud-Est Makara :
Former, encadrer, entraîner,...
Ils avaient déjà contribuer à réorganiser la force 54.000 soldats du Shankhaï qui devait, en collaboration avec 6.000 soldats Wapongais, former la "1st South Makara Army".
Et à présent qu'ils étaient officiellement incorporés dans la force armée du Wapong, ils travaillaient aux cotés de leurs élèves pour fournir ce même entrainement à une force bien plus massive.
Le Général Chuyen supervisait en ce moment même un des points de ce dernier aspect.
Chuyen :
Chef d'État-Major
"-C'est le premier contingent ?"
Capitaine Han :
Aide de camp
"-Oui. Débarqués par avion à Mal'edtsu puis convoyés en train jusqu'à Pâsindal et enfin à pieds jusqu'ici.
Il leur aura fallut une semaine à partir de la gare... je suis loin d'être impressionné, pour être franc.
Des paysans, des artisans, des bergers, des bûcherons, des pêcheurs...
Aucun d'eux, pas même les poignées de brigands accouchés par la guerre civile, n'ont l'étoffe de vrais soldats.
Je doute même qu'ils vaillent la dépense des rations avec lesquelles ils sont nourris."
Général Chuyen :
Chef d'État-Major
"-Ils feront l'affaire.
On ne leur demande pas d'être les meilleurs soldats.
Juste d'être suffisamment bons pour faire la différence.
Ce sera à l'industrie de compenser leurs lacunes humaines.
Combien sont-ils ?"
Capitaine Han :
Aide de camp
"-Il s'agit des recrues pour le 1er Corps d'Armée d'Hanguk.
58.973 unités. 1.127 de moins que prévus, en raison d'incidents sanitaires, accidents divers et désertions lors du transport.
Une perte acceptable qui sera compensée par le prochain convoi, légèrement en excès.
Leur zone de casernement a été prévue un peu plus en amont, à environ 3 kilomètres derrière cette colline, là-bas.
Et des cantonnements pour 4 autres Corps d'Armée sont prévu dans la région.
Si les ouvriers finissent les travaux à temps, le ravitaillement en vivres et matériel par voie ferroviaire ne sera pas un soucis.
Le Premier Délégué Huan Chou a toutefois insisté pour que priorité soit donnée aux trains déservant les gares civiles.
C'est la condition pour la vente des terrains au Directoire..."
Général Chuyen :
Chef d'État-Major
"-Foutus communistes... même quand on cherche à sauver leur peau, ils essaient de vous prendre à gorge et de récupérer la situation à leur avantage.
Vivement que cette foutue guerre soit finie, capitaine... qu'on puisse démarrer la purge de cette vermine."
Le jeune Capitaine ne dit rien, cachant ses propres opinions politiques.
Il était l'un des derniers officiers wapongais à ne pas faire partie de la "nouvelle génération", élevée dans les pensionnats militaires et apolitique.
Il était né dans la région et s'il avait débuté avec une mentalité socio-démocrate, il embrassait à présent de tout cœur le communisme.
En privé, du moins : l'armée wapongaise n'aimait pas le Syndicat et ses sympathisants... ou tout idéologie un peu trop "rouge" en général.
Cela rendait la collaboration actuelle avec l'Hanguk des plus étranges, la lointaine république populaire ayant accepté d'offrir 2 millions de soldats pour combattre la Main Noire.
30 Corps d'Armée. Soit plus que ce que l'Armée Auxiliaire elle-même ne comptait à son apogée.
Et tout ce petit monde avançait en ce moment-même vers le Wapong et le Shankhaï pour y être entraînés et équipés.
Une nouvelle aube se levait pour le Wapong.
Et si les Kamis le voulaient, elle serait rouge...
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s13.postimg.org/tnsz0zyuv/printing_money_1.jpg[/img]
24/03/2023
Banque Nationale du Wapong
District 1
[url=http://www.youtube.com/watch?v=_4Ia4R6gSGE]Ambiance musicale[/url]
Parades sous les drapeaux, vert comme rouge, au bruit des slogans politiques et d'une jeunesse embrigadée. Généreuses distributions de nourriture et de médicaments par les entreprises aux masses populaires. Armées d'ouvriers marchant d'un chantier à l'autre à travers tout le pays. Usines civiles sans clientèle reconverties en fabriques militaires. Vastes programmes de recherche gouvernementaux. Afflux massifs de "migrants" d'Hanguk alors même que l'émigration des Wapongais est découragée...
Le Wapong d'aujourd'hui est, selon la vision des nations autocratiques nationalistes collectivistes, sur la voie d'un avenir GLORIEUX !!!
À nouveau, le vacarme de l'industrie retentit nuit et jour dans les villes tandis que les campagnes, jadis délaissées, sont le champ de bataille du Progrès contre une nature dont la beauté s'avère obsolète face aux priorités immédiates du gouvernement : l'effort de guerre.
Le smog, à peine éclairci par 6 mois de léthargie après l'attaque contre les USP et la mise au chômage technique de la République, gonfle à nouveau, masquant le soleil qui, en ce mois de Mars, devrait pourtant briller de milles feux.
La chaleureuse lumière de l'astre lointain est remplacée par la myriades de lampes artificielles qui constellent les villes et villages, ainsi que par les étouffantes lueurs des aciéries.
Dans les container-towns, on mange à sa faim chaque soir tout en parlant d'une voie excitée des nouvelles merveilles et curiosités observées durant la journée.
Car, pour ceux qui ne s'écroulent pas de fatigue, le Wapong est un endroit à nouveau en mutation quasi-quotidienne, plein de surprises et d'opportunités.
À chaque heure du jour comme de la nuit, ce sont entre 2 et 8 millions d'hommes et femmes qui œuvrent à bâtir la société de demain... ou au moins à ériger l'armée qui écrasera le démon du Nord.
Chaque jour, des cargos partent pour des pays lointains, leurs entrailles emplis du fruit laborieux cultivé par des milliers de familles, tandis qu'encore d'avantage arrivent dans les ports pour y vomir des montagnes de minerai, des lacs entiers de combustible et assez de machines et biens divers pour construire une petite ville.
Le Wapong ne cède sa place de 3ème force industrielle du Makara qu'au Raksasa et à l'URCM, pays chacun plus de 20 fois plus peuplés que lui.
Un accomplissement glorieux mais qui n'est pas sans coût.
Jadis, il était payé par les investisseurs étrangers qui y voyaient un placement rentable au vu de l'appétit pantagruélique du Pelabssa pour les biens de consommation bon marché.
Et de fait, encore aujourd'hui, l'économie Wapongaise est à 60% entre les mains d'actionnaires étrangers, la plus-value nationale filant droit dans les poches de riches Almérans, Pelabssiens, Shawiriciens, Raksasans, ect...
Le décès soudain de 70 millions de Pelabssiens et le flou juridique entourant cette situation aide un peu les entreprises à conserver une partie de leurs capitaux mais ce n'est qu'un répis temporaire :
Le Wapon demeure la propriété légale et volontaire du reste du monde.
Et il a perdu sa principale source de revenus pour satisfaire ses propriétaires.
Le fait que sa population travaille aujourd'hui à des projets qui n'intéressent presque personne dans le reste du monde aggrave encore la situation, provoquant une véritable hémorragie financière là où il s'agissait autrefois d'une simple mise sous perfusion.
Le Directoire est la principale cause de cette saignée brutale, ayant abandonné sa politique budgétaire conservatrice et équilibrée au profit d'un endettement public visant à compenser le soudain trou dans la demande privée né de la mort du Pelabssa.
Que ce "traitement de choc" se soit avéré bénéfique au patient est indéniable mais c'est là l'équivalent de doper un malade avec des amphétamines : il aura l'air bien vivant mais, si l'organisme ne se débarrasse pas de la source du mal, il agonisera sitôt que l'effet des pilules s'estompera.
Le crash de l'économie Wapongaise est connu, le moment est attendu avec crainte et, si les experts spéculent encore sur son ampleur, ils sont tous d'accord pour affirmer que ce sera une catastrophe pour les créanciers.
Et c'est le rôle de Ji Wu, Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong, de trouver le moyen de prouver à tous ces grands monsieurs qu'ils ont tord.
Une tâche impossible sur le plan purement économique.
Une mission suicidaire sur le plan politique.
Bref, un job de merde !!
La situation ne serait pas si mauvaise si les dépenses publiques se limitaient au seul Service Civil, comme il en avait [url=http://www.simpolitique.com/post209962.html#209962]déjà discuté avec Cat Tuong et d'autres politiciens voici quelques mois déjà.[/url]
Le Keynesianisme, s'il était une horreur comme modèle de société durable, demeurait un outil économique efficace sur le court terme lorsqu'un électrochoc était nécessaire pour ranimer le cadavre d'une économie inefficace en mal de reconversion.
Les travaux accomplis selon le Service Civil contribuaient à rendre cette reconversion rapide et peu coûteuse grâce à une main d'oeuvre abondante et désespérée au point de travailler simplement pour un repas et un toit.
Le problème était que, comme Kirov l'avait fait à l'aube de l'URKR, la reconversion s'orientait vers la création d'un pure appareil militaro-industriel.
Sur le plan de la production brute, ce serait une réussite mais un tel appareil ne pouvait croître de manière infinie.
Il avait besoin pour cela de toujours plus de travailleurs, donc d'une population jeune et fertile, laquelle aurait des besoins sans cesse croissants.
Sans parler des besoins matériels de l'appareil en lui-même.
En l'absence d'exportations en demande dans le reste du monde, il ne serait possible de combler ces besoins que par la conquête et le pillage.
Une stratégie qui se heurterait vite à un mur, même si les Rostovs semblaient penser le contraire.
Et surtout une stratégie qui allait à l'encontre de la mentalité Wapongaise elle-même : la prospérité ne valait rien si elle était juste volée.
Elle devait être méritée par le labeur, en œuvrant pour soit-même ou en commerçant les surplus avec les autres.
Ce serait donc une course contre la montre :
Utiliser l'appareil militaire pour éliminer la menace puis reconvertir l'économie wapongaise avant que le reste du monde, au crédit duquel vivrait le Wapong, ne décide de couper les vivres, ce qui serait suivi par une famine et une guerre civile.
Le scénario était connu car c'était celui de l'Histoire moderne du Wapong depuis son indépendance.
Jusqu'ici, les gouvernements concernés avaient toujours échoués.
Aucune raison que cette fois-ci soit différente... à ceci prêt qu'aujourd'hui, une guerre civile et une famine seraient en elles-mêmes des victoires comparées à l'annihilation pure et simple que promettait la Main Noire.
Une manière de relativiser comme une autre le prix à payer que ne partageait pas le Directeur de la Banque Nationale.
Ji Wu :
Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong
"-Plus de 8 billiards... au cours officiel actuel de notre devise nationale, c'est ce que leur petite aventure militaire de cette année va nous coûter.
Notre dette publique dépassera les 300% du PIB en moins de deux ans et ces mégalomanes non seulement haussent les épaules mais en plus il demande de revenir à l'équilibre en seulement 20 ans !!
Vos idées, messieurs ?"
Surplombant les ateliers où la monnaie était produite, appuyé sur le parapet métalique qui courrait le long des murs, le vieux banquier lançait un regard mi-exaspéré mi-défiant à la dizaine de jeunes sycophantes qui l'entouraient.
Le décors de cette conversation ne se pretait pas exactement à l'optimisme pour eux qui savaient, par formation, que chaque billet imprimé ici représenterait à court terme une perte nette de pouvoir d'achat pour les Wapongais.
Ce billet servirait au Directoire pour payer ses travailleurs et fournisseurs, comblant à court terme sa dette et maintenant l'illusion de sa richesse.
Afin de contrôler l'inflation, le billet devrait être retiré de la circulation via une taxe, ce qui priverait une famille d'une partie de son confort.
S'il n'était pas retirer du système, il serait alors rejoint très vite par d'autres à mesure que l'État payait ses factures sans engranger de recettes.
Et quel utilité avait donc un billet, à part payer les taxes, lorsqu'on en avait plein la cave mais que les rayons des magasins étaient vides ?
Hors, ici, dans les sous-sols de la Banque Nationale, nuit et jour depuis maintenant une année, les rotatives tournaient à plein régime...
Sycophante n°1 :
"-Nous avons les réserves d'or.
Une goutte d'eau dans l'océan, je vous l'accorde... mais cela offrira au moins un répit de quelques semaines si besoin."
Sycophante n°2 :
"-La générosité et la compréhension des créanciers.
Les banquiers chrétiens sont déjà un anachronisme, leur religion abhorrant l'idée du prêt à intérêt.
Jouer sur l'émotivité des gouvernements les plus réactionnaires, comme ceux du Thorval, pourrait contribuer à réduire la dette, surtout en cas de victoire contre l'URKR.
Ne nous laissez donc pas porter seuls la croix de votre salut, ect..."
Sycophante n°3 :
"-Rostovs, Finnherlandais, Juvniens... autant de peuples habitués au pire privation.
Si nous sommes victorieux et armés, nous pourrons exiger des réparations de guerre de ces peuples.
Et vu l'importance du ratio effort/confort qu'ils endurent sans sourciller, il sera possible d'exiger beaucoup avant qu'ils n'envisagent même de se révolter."
Sycophante n°4 :
"-Ou nous pourrions simplement vendre aux enchères le matériel militaire restant, en même temps que les territoires conquis.
La Fiémance nous a montré la voie et certaines légendes tarnoises parlent d'une pratique similaire chez les Sayaken qui, après avoir débarrasser une vallée de ses habitants, la cédaient aux tribus capables de leur faire la meilleure offre."
Sycophante n°5 :
"-Ces approches sont créatives mais n'oubliez pas les méthodes classiques : travaillons et remboursons.
La théorie du dividende de la paix affirme qu'un état ne doit pas regarder à la dépense pour s'assurer qu'aucune menace n'existe contre la sécurité de son peuple car, lorsque cet objectif sera atteint, la réduction des dépenses sécuritaires sera rapide, massive et durable, compensant en peu de temps le coût global du conflit qui aura précédé.
Franchement, une dette de 300% du PIB, même sans croissance, devrait être facile à payer si nous cessons d'avoir à dépenser pour la défense.
Le Directoire dépense actuellement 15 milliards $RAK juste pour notre armée nationale, soit 19% du PIB.
Même en assumant une croissance de 0%, une telle somme affectée pendant 20 ans au crédit de la dette serait plus que suffisant à combler même les plus ruineuses des dépenses."
Sycophante n°6 :
"-Intéressant mais peu crédible : après l'URKR, il restera encore l'URCM, la Roumalie, le Tarnosia,... sans parler de l'Hanguk ou même simplement des menaces inférieures contre nos intérêts à l'étranger.
Et que dire des menaces intérieures ? Le SSP redeviendra une menace sitôt la guerre achevée.
Les dépenses militaires se réduiront donc mais pas trop.
Je prônerais même leur maintient et la négation pure et simple de notre dette à l'égard des peuples barbares.
Après tout, si nous sommes bien armés et entourés par nos frères makirans, pourquoi aurions-nous à coopérer ou à craindre les Almérans ?
Leur cœur est vide, leur bras faible, leur ventre mou et leur mémoire courte :
Quand le Tarnosia a renié sa dette envers le Quantar et nationaliser ses investissements, les Almérans ont simplement accepté la chose... et signer de nouveaux contrats d'investissement le lendemain !!
Sycophante n°7 :
Vous vous trompez sur les étrangers.
Le fait est qu'ils financent actuellement les aventures militaires du Directoire.
Ils prêtent de l'argent à un petit pays pacifiste afin qu'il construise une armée pour lutter contre la 1ère puissance militaire et économique mondiale.
Un pari risqué avec une très faible récompense à la clé de toute façon.
Imaginez ce qu'ils seraient prêts à sacrifier si vous leur jouiez un tour pareil.
Les navires du Schlessien obscurciraient la Mer Australe... et il ne faudrait pas compter sur le grand frère Raksasan pour bouger le petit doigt.
Siman est enfermé dans son palais et ses ministres sont des lâches.
Sycophante n°6 :
"-Hé !! Je vous interdit de parler de Son Auguste Majesté ainsi !!"
Sycophante n°2 :
"-Une approche mixte est aussi possible.
Les réserves d'or et la diplomatie peuvent nous gagner du temps pour la victoire sur l'URKR.
La mise à la corvée des esclaves de la Main Noire permettra d'en gagner encore un peu tout en contribuant à l'effort de guerre et en faisant la publicité de la valeur des territoires concernés en vue d'une enchère.
Par la suite, renier une partie de la dette parmi les plus "gentils couillons" de nos créanciers serait possible sans nous isoler diplomatiquement.
La réduction des dépenses militaires qui suivra la Longue Paix permettra de rembourser ceux de nos créanciers que nous ne pouvons nous permettre d'aliéner.
Enfin, avec la disparition de l'URKR, on peut s'attendre à une déstabilisation politique massive de diverses régions du monde.
La demande en armes disponibles immédiatement explosera, ce qui nous permettra de vendre le surplus de matériel, de mettre à profit notre industrie militaire et de financer la reconversion de notre économie vers un appareil de production civil prospère.
Dans tous les cas, soyons clair, le gros des revenus contribuant à rembourser l'emprunt viendront de la mise à la corvée et de la vente aux enchères de l'URKR.
Hors, si nous ne gagnons pas la guerre d'abord, cela sera impossible.
Faudrait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuer...
Je dis que le Directoire fait un pari fou mais que nous n'avons, en réalité, rien à perdre de plus que si nous ne le faisions pas :
C'est soit la prospérité de la neutralité suivie d'une annihilation par la Main Noire lorsque notre tour viendra.
Ou soit la misère douloureuse de la guerre avec une chance pour un futur radieux et prospère."
Ji Wu :
Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong
"-... ton nom, mon garçon ?"
[img]http://s13.postimg.org/tnsz0zyuv/printing_money_1.jpg[/img]
24/03/2023
Banque Nationale du Wapong
District 1
[url=http://www.youtube.com/watch?v=_4Ia4R6gSGE]Ambiance musicale[/url]
Parades sous les drapeaux, vert comme rouge, au bruit des slogans politiques et d'une jeunesse embrigadée. Généreuses distributions de nourriture et de médicaments par les entreprises aux masses populaires. Armées d'ouvriers marchant d'un chantier à l'autre à travers tout le pays. Usines civiles sans clientèle reconverties en fabriques militaires. Vastes programmes de recherche gouvernementaux. Afflux massifs de "migrants" d'Hanguk alors même que l'émigration des Wapongais est découragée...
Le Wapong d'aujourd'hui est, selon la vision des nations autocratiques nationalistes collectivistes, sur la voie d'un avenir GLORIEUX !!!
À nouveau, le vacarme de l'industrie retentit nuit et jour dans les villes tandis que les campagnes, jadis délaissées, sont le champ de bataille du Progrès contre une nature dont la beauté s'avère obsolète face aux priorités immédiates du gouvernement : l'effort de guerre.
Le smog, à peine éclairci par 6 mois de léthargie après l'attaque contre les USP et la mise au chômage technique de la République, gonfle à nouveau, masquant le soleil qui, en ce mois de Mars, devrait pourtant briller de milles feux.
La chaleureuse lumière de l'astre lointain est remplacée par la myriades de lampes artificielles qui constellent les villes et villages, ainsi que par les étouffantes lueurs des aciéries.
Dans les container-towns, on mange à sa faim chaque soir tout en parlant d'une voie excitée des nouvelles merveilles et curiosités observées durant la journée.
Car, pour ceux qui ne s'écroulent pas de fatigue, le Wapong est un endroit à nouveau en mutation quasi-quotidienne, plein de surprises et d'opportunités.
À chaque heure du jour comme de la nuit, ce sont entre 2 et 8 millions d'hommes et femmes qui œuvrent à bâtir la société de demain... ou au moins à ériger l'armée qui écrasera le démon du Nord.
Chaque jour, des cargos partent pour des pays lointains, leurs entrailles emplis du fruit laborieux cultivé par des milliers de familles, tandis qu'encore d'avantage arrivent dans les ports pour y vomir des montagnes de minerai, des lacs entiers de combustible et assez de machines et biens divers pour construire une petite ville.
Le Wapong ne cède sa place de 3ème force industrielle du Makara qu'au Raksasa et à l'URCM, pays chacun plus de 20 fois plus peuplés que lui.
Un accomplissement glorieux mais qui n'est pas sans coût.
Jadis, il était payé par les investisseurs étrangers qui y voyaient un placement rentable au vu de l'appétit pantagruélique du Pelabssa pour les biens de consommation bon marché.
Et de fait, encore aujourd'hui, l'économie Wapongaise est à 60% entre les mains d'actionnaires étrangers, la plus-value nationale filant droit dans les poches de riches Almérans, Pelabssiens, Shawiriciens, Raksasans, ect...
Le décès soudain de 70 millions de Pelabssiens et le flou juridique entourant cette situation aide un peu les entreprises à conserver une partie de leurs capitaux mais ce n'est qu'un répis temporaire :
Le Wapon demeure la propriété légale et volontaire du reste du monde.
Et il a perdu sa principale source de revenus pour satisfaire ses propriétaires.
Le fait que sa population travaille aujourd'hui à des projets qui n'intéressent presque personne dans le reste du monde aggrave encore la situation, provoquant une véritable hémorragie financière là où il s'agissait autrefois d'une simple mise sous perfusion.
Le Directoire est la principale cause de cette saignée brutale, ayant abandonné sa politique budgétaire conservatrice et équilibrée au profit d'un endettement public visant à compenser le soudain trou dans la demande privée né de la mort du Pelabssa.
Que ce "traitement de choc" se soit avéré bénéfique au patient est indéniable mais c'est là l'équivalent de doper un malade avec des amphétamines : il aura l'air bien vivant mais, si l'organisme ne se débarrasse pas de la source du mal, il agonisera sitôt que l'effet des pilules s'estompera.
Le crash de l'économie Wapongaise est connu, le moment est attendu avec crainte et, si les experts spéculent encore sur son ampleur, ils sont tous d'accord pour affirmer que ce sera une catastrophe pour les créanciers.
Et c'est le rôle de Ji Wu, Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong, de trouver le moyen de prouver à tous ces grands monsieurs qu'ils ont tord.
Une tâche impossible sur le plan purement économique.
Une mission suicidaire sur le plan politique.
Bref, un job de merde !!
La situation ne serait pas si mauvaise si les dépenses publiques se limitaient au seul Service Civil, comme il en avait [url=http://www.simpolitique.com/post209962.html#209962]déjà discuté avec Cat Tuong et d'autres politiciens voici quelques mois déjà.[/url]
Le Keynesianisme, s'il était une horreur comme modèle de société durable, demeurait un outil économique efficace sur le court terme lorsqu'un électrochoc était nécessaire pour ranimer le cadavre d'une économie inefficace en mal de reconversion.
Les travaux accomplis selon le Service Civil contribuaient à rendre cette reconversion rapide et peu coûteuse grâce à une main d'oeuvre abondante et désespérée au point de travailler simplement pour un repas et un toit.
Le problème était que, comme Kirov l'avait fait à l'aube de l'URKR, la reconversion s'orientait vers la création d'un pure appareil militaro-industriel.
Sur le plan de la production brute, ce serait une réussite mais un tel appareil ne pouvait croître de manière infinie.
Il avait besoin pour cela de toujours plus de travailleurs, donc d'une population jeune et fertile, laquelle aurait des besoins sans cesse croissants.
Sans parler des besoins matériels de l'appareil en lui-même.
En l'absence d'exportations en demande dans le reste du monde, il ne serait possible de combler ces besoins que par la conquête et le pillage.
Une stratégie qui se heurterait vite à un mur, même si les Rostovs semblaient penser le contraire.
Et surtout une stratégie qui allait à l'encontre de la mentalité Wapongaise elle-même : la prospérité ne valait rien si elle était juste volée.
Elle devait être méritée par le labeur, en œuvrant pour soit-même ou en commerçant les surplus avec les autres.
Ce serait donc une course contre la montre :
Utiliser l'appareil militaire pour éliminer la menace puis reconvertir l'économie wapongaise avant que le reste du monde, au crédit duquel vivrait le Wapong, ne décide de couper les vivres, ce qui serait suivi par une famine et une guerre civile.
Le scénario était connu car c'était celui de l'Histoire moderne du Wapong depuis son indépendance.
Jusqu'ici, les gouvernements concernés avaient toujours échoués.
Aucune raison que cette fois-ci soit différente... à ceci prêt qu'aujourd'hui, une guerre civile et une famine seraient en elles-mêmes des victoires comparées à l'annihilation pure et simple que promettait la Main Noire.
Une manière de relativiser comme une autre le prix à payer que ne partageait pas le Directeur de la Banque Nationale.
Ji Wu :
Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong
"-Plus de 8 billiards... au cours officiel actuel de notre devise nationale, c'est ce que leur petite aventure militaire de cette année va nous coûter.
Notre dette publique dépassera les 300% du PIB en moins de deux ans et ces mégalomanes non seulement haussent les épaules mais en plus il demande de revenir à l'équilibre en seulement 20 ans !!
Vos idées, messieurs ?"
Surplombant les ateliers où la monnaie était produite, appuyé sur le parapet métalique qui courrait le long des murs, le vieux banquier lançait un regard mi-exaspéré mi-défiant à la dizaine de jeunes sycophantes qui l'entouraient.
Le décors de cette conversation ne se pretait pas exactement à l'optimisme pour eux qui savaient, par formation, que chaque billet imprimé ici représenterait à court terme une perte nette de pouvoir d'achat pour les Wapongais.
Ce billet servirait au Directoire pour payer ses travailleurs et fournisseurs, comblant à court terme sa dette et maintenant l'illusion de sa richesse.
Afin de contrôler l'inflation, le billet devrait être retiré de la circulation via une taxe, ce qui priverait une famille d'une partie de son confort.
S'il n'était pas retirer du système, il serait alors rejoint très vite par d'autres à mesure que l'État payait ses factures sans engranger de recettes.
Et quel utilité avait donc un billet, à part payer les taxes, lorsqu'on en avait plein la cave mais que les rayons des magasins étaient vides ?
Hors, ici, dans les sous-sols de la Banque Nationale, nuit et jour depuis maintenant une année, les rotatives tournaient à plein régime...
Sycophante n°1 :
"-Nous avons les réserves d'or.
Une goutte d'eau dans l'océan, je vous l'accorde... mais cela offrira au moins un répit de quelques semaines si besoin."
Sycophante n°2 :
"-La générosité et la compréhension des créanciers.
Les banquiers chrétiens sont déjà un anachronisme, leur religion abhorrant l'idée du prêt à intérêt.
Jouer sur l'émotivité des gouvernements les plus réactionnaires, comme ceux du Thorval, pourrait contribuer à réduire la dette, surtout en cas de victoire contre l'URKR.
Ne nous laissez donc pas porter seuls la croix de votre salut, ect..."
Sycophante n°3 :
"-Rostovs, Finnherlandais, Juvniens... autant de peuples habitués au pire privation.
Si nous sommes victorieux et armés, nous pourrons exiger des réparations de guerre de ces peuples.
Et vu l'importance du ratio effort/confort qu'ils endurent sans sourciller, il sera possible d'exiger beaucoup avant qu'ils n'envisagent même de se révolter."
Sycophante n°4 :
"-Ou nous pourrions simplement vendre aux enchères le matériel militaire restant, en même temps que les territoires conquis.
La Fiémance nous a montré la voie et certaines légendes tarnoises parlent d'une pratique similaire chez les Sayaken qui, après avoir débarrasser une vallée de ses habitants, la cédaient aux tribus capables de leur faire la meilleure offre."
Sycophante n°5 :
"-Ces approches sont créatives mais n'oubliez pas les méthodes classiques : travaillons et remboursons.
La théorie du dividende de la paix affirme qu'un état ne doit pas regarder à la dépense pour s'assurer qu'aucune menace n'existe contre la sécurité de son peuple car, lorsque cet objectif sera atteint, la réduction des dépenses sécuritaires sera rapide, massive et durable, compensant en peu de temps le coût global du conflit qui aura précédé.
Franchement, une dette de 300% du PIB, même sans croissance, devrait être facile à payer si nous cessons d'avoir à dépenser pour la défense.
Le Directoire dépense actuellement 15 milliards $RAK juste pour notre armée nationale, soit 19% du PIB.
Même en assumant une croissance de 0%, une telle somme affectée pendant 20 ans au crédit de la dette serait plus que suffisant à combler même les plus ruineuses des dépenses."
Sycophante n°6 :
"-Intéressant mais peu crédible : après l'URKR, il restera encore l'URCM, la Roumalie, le Tarnosia,... sans parler de l'Hanguk ou même simplement des menaces inférieures contre nos intérêts à l'étranger.
Et que dire des menaces intérieures ? Le SSP redeviendra une menace sitôt la guerre achevée.
Les dépenses militaires se réduiront donc mais pas trop.
Je prônerais même leur maintient et la négation pure et simple de notre dette à l'égard des peuples barbares.
Après tout, si nous sommes bien armés et entourés par nos frères makirans, pourquoi aurions-nous à coopérer ou à craindre les Almérans ?
Leur cœur est vide, leur bras faible, leur ventre mou et leur mémoire courte :
Quand le Tarnosia a renié sa dette envers le Quantar et nationaliser ses investissements, les Almérans ont simplement accepté la chose... et signer de nouveaux contrats d'investissement le lendemain !!
Sycophante n°7 :
Vous vous trompez sur les étrangers.
Le fait est qu'ils financent actuellement les aventures militaires du Directoire.
Ils prêtent de l'argent à un petit pays pacifiste afin qu'il construise une armée pour lutter contre la 1ère puissance militaire et économique mondiale.
Un pari risqué avec une très faible récompense à la clé de toute façon.
Imaginez ce qu'ils seraient prêts à sacrifier si vous leur jouiez un tour pareil.
Les navires du Schlessien obscurciraient la Mer Australe... et il ne faudrait pas compter sur le grand frère Raksasan pour bouger le petit doigt.
Siman est enfermé dans son palais et ses ministres sont des lâches.
Sycophante n°6 :
"-Hé !! Je vous interdit de parler de Son Auguste Majesté ainsi !!"
Sycophante n°2 :
"-Une approche mixte est aussi possible.
Les réserves d'or et la diplomatie peuvent nous gagner du temps pour la victoire sur l'URKR.
La mise à la corvée des esclaves de la Main Noire permettra d'en gagner encore un peu tout en contribuant à l'effort de guerre et en faisant la publicité de la valeur des territoires concernés en vue d'une enchère.
Par la suite, renier une partie de la dette parmi les plus "gentils couillons" de nos créanciers serait possible sans nous isoler diplomatiquement.
La réduction des dépenses militaires qui suivra la Longue Paix permettra de rembourser ceux de nos créanciers que nous ne pouvons nous permettre d'aliéner.
Enfin, avec la disparition de l'URKR, on peut s'attendre à une déstabilisation politique massive de diverses régions du monde.
La demande en armes disponibles immédiatement explosera, ce qui nous permettra de vendre le surplus de matériel, de mettre à profit notre industrie militaire et de financer la reconversion de notre économie vers un appareil de production civil prospère.
Dans tous les cas, soyons clair, le gros des revenus contribuant à rembourser l'emprunt viendront de la mise à la corvée et de la vente aux enchères de l'URKR.
Hors, si nous ne gagnons pas la guerre d'abord, cela sera impossible.
Faudrait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuer...
Je dis que le Directoire fait un pari fou mais que nous n'avons, en réalité, rien à perdre de plus que si nous ne le faisions pas :
C'est soit la prospérité de la neutralité suivie d'une annihilation par la Main Noire lorsque notre tour viendra.
Ou soit la misère douloureuse de la guerre avec une chance pour un futur radieux et prospère."
Ji Wu :
Directeur Général de la Banque Nationale du Wapong
"-... ton nom, mon garçon ?"
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s23.postimg.org/evtt7bgl7/kalash001_8.jpg[/img]
31/03/2023
Yweth
District 38
[url=http://www.youtube.com/watch?v=kSTFAy50VxM]Ambiance musicale[/url]
La sonnerie retentit, son cri strident raisonnant depuis l'oreillette de Chang jusqu'au plus profond de son oreille interne, brisant sa concentration sur la tâche en cours d'une manière désagréable mais provoquant en même temps en lui un réflexe conditionné par des semaines de pratique répétée :
C'est la fin de la période. La deuxième aujourd'hui, longue de 5 heures comme la première.
Les gestes du jeune homme sont mécaniques, agissant avec la précision née de l'habitude alors qu'il range méticuleusement les pièces traînant encore sur son atelier, en faisant un rapide inventaire avant de verrouiller le coffret.
Déjà, celui-ci est aspiré le long d'un tunnel étanche, ses différents compartiments mesurés par un ordinateur selon leur poids, volume et composition chimique afin de déterminer, indépendamment de l'inventaire fait par Chang, le nombre de chacune des pièces détachées remises et les éventuelles erreurs de classement.
Chang s'est appliqué lors du rangement : chaque erreur sera un malus décompté de sa paie, chaque pièce perdue ou endommagée lui sera facturée pleinement.
Le contrôle est dans son intérêt, le dédouanant de toute responsabilité pour ce qui se passera à "son" atelier où, déjà, un autre homme, le visage dissimulé derrière un masque filtrant, des lunettes de protection et un casque de protection auditif, prend sa place et, avec un bref hochement de tête, se met au travail.
Chang, lui, se dirige vers les vestiaires, jetant un regard las aux murs de taule et aux poutrelles encore apparentes qui forment l'ossature du hangar où il passe la moitié de ses journées.
Ici, à Fugarami Corporation, on assemblait jadis des réfrigérateurs pour plusieurs grandes marques Pelabssiennes.
Une petite affaire de famille, avec ses 600 ouvriers, une poignée d'employés de bureau et même deux ingénieurs à plein temps à la tête d'un service pompeusement nommé "département R&D".
Le Clan Fugarami était loin d'être important à Yweth mais c'était une famille qui avait sa place dans la Cité Ardente, monument à la gloire de la manufacture.
Puis vint l'Holocaust. 60 millions de Pelabssiens tués en quelques heures par une pluie de bombes nucléaires, chimiques, biologiques et autres saloperies. Du jour au lendemain, les commandes cessèrent d'affluer, plusieurs contrats en cours n'étant même pas honorés par une clientèle déjà enterrée ou trop occupée à essayer de survivre.
L'usine réduisit son activité, licenciant la majorité de son personnel ouvrier tandis qu'on cherchait des clients en Alméra, au Jeekim et au Makara, sans réel succès.
Il fallut attendre le [url=http://www.simpolitique.com/post213256.html#213256]Service Civil[/url], véritable bouée de sauvetage, pour que la Fugarami Corporation renaisse, aussi forte qu'avant...et néanmoins différente.
Arrivé au vestiaire, Chang tape son code sur le clavier alphanumérique tandis que, dissimulé dans le faux-plafond, un capteur [url=http://www.simpolitique.com/post181521.html#181521]Nanoware[/url] analyse la puce qui lui a été implantée lors de son enregistrement comme volontaire.
La concordance est faite en quelques dixièmes de secondes. Il en faut à peine plus au processeur qui contrôle l'ouverture de la porte pour réagir. Chang pénètre dans l'atmosphère humide et rance, commençant déjà à ôter équipement et vêtements alors qu'il avance jusqu'à son casier.
Là, nouveau code, nouvelle identification et nouvelle ouverture. Autant de gestes anodins qui lui offrent une assurance contre le vol (en plus de la véritable assurance, offerte par son employeur en même temps que l'assurance médicale) de ses affaires. Mais c'est aussi un fantastique outil de contrôle statistique qui mesure et évalue à chaque instant comme dans la durée les comportements des ouvriers.
Ici, toute déviation significative de la moyenne arithmétique ou médiane est pointée comme suspecte par l'ordinateur et pourra aidé une enquête interne.
Ouvrier :
Fugarami Corporation
"-Hé !! Chang !! T'as eu l'occasion de voir les scores ?"
Non. Chang n'avait pas même songé à regarder le tableau, clairement visible à la sortie de l'atelier principal, où les niveaux de production de chaque équipe et chaque ouvrier était affichés, avec des indices de hausse ou baisse mais aussi un classement.
Une manière comme une autre de mettre en compétition les travailleurs mais surtout de les pousser à se dépasser.
Chang, comme tous ici, était rémunéré à la journée mais aussi en fonction de ses performances réelles.
Une bonne performance de l'atelier résultait en une prime égale pour chaque ouvrier.
Un bonus supplémentaire allait aux meilleures équipes tandis qu'au sein de chaque équipe, un bonus supplémentaire récompensait les meilleurs ouvriers.
L'équipe 03-A2, celle de Chang, était en deuxième position hier. Aucune raison que cela ait changé depuis lors.
Mais il était clair que le collègue, dont Chang avait oublié le nom, ne parlait pas de ce score-là.
Ouvrier :
Fugarami Corporation
"-T'es premier, mon salaud !! Le Voyage est pour toi, faut croire."
Le Voyage, c'était la carotte suprême agitée par le Clan Fugarami envers ses dévoués employés et les volontaires du Service Civil comme Chang.
Un voyage de deux semaines tout frais payé pour l'Océania pour l'ouvrier et sa famille, avec l'assurance de retrouver sa place à son retour de congé.
C'était un concours mensuel qui poussait chacun à l'excellence, s'appliquant pour allier qualité et quantité dans son travail.
Chang aurait été hypocrite s'il avait répondu ne pas s'y intéresser. Le simple fait qu'il soit l'actuel potentiel gagnant du mois de Mars prouvait qu'il avait la même ambition que chacun des salariés, y compris les membres du Syndicat, quoiqu'ils en disent.
Néanmoins, Chang ne perdait pas son temps à rêver comme beaucoup de ses collègues.
Il avait un but clair et s'y attelait, donnant toute son énergie afin de sortir sa famille du container-town où elle vivait actuellement.
Le Voyage, s'il le gagnait, il le revendrait à un de ses collègues à la famille plus nombreuse. Une pratique que ne décourageait pas la direction et qui avait déjà eu deux précédents.
L'argent ainsi sauvé permettrait à Chang de souscrire au prêt bancaire chez [url=http://www.simpolitique.com/post111513.html#111513]JP Kanton[/url] pour acheter un appartement dans l'un des immeubles en construction.
S'il avait de la chance, il pourrait même avoir un logement assez haut que pour s'élever au-dessus du nuage de miasme qui dominait les rues des sous-quartiers.
Un bol d'air pur et un cocon douillet où ses deux enfants pourraient s'épanouir loin de la crasse, de la violence, du froid, de l'humidité et autres nuisances.
Mais la victoire ne serait pas avant demain. Tout pouvait encore basculer. Et le score importait peu, même si Chang le connaissait sans avoir lu le tableau car, après tout, il avait personnellement travailler sur chacun des éléments qui y contribuait, comptant à chaque fois qu'il passait une unité de plus pour l'inspection.
Dans sa tête le chiffre était clair :
Chang Yatari, 26 jours de travail, 3041 fusils assemblés.
[img]http://s27.postimg.org/xojv09nab/kalash001_22.jpg[/img]
----------------------------------------
Assembler les différentes pièces détachées d'un "BoumStick Mk1", la copie wapongaise du fusil d'assaut Gigakov, ne requérait guère plus de 10 minutes.
Aucun outil n'était en soit nécessaire et certaines milices tenaient même des compétitions pour voir en combien de temps leurs recrues pouvait réaliser cette opération relativement basique mais nécessaire pour l'entretien de l'arme.
Un score d'à peine une minute n'était pas rare parmi les mieux entraînés des miliciens.
Certaines armes s'avéraient plus complexes car elles n'étaient pas prévues pour être ainsi montées et démontées à volonté.
Et même si l'essentiel des parts du "BoumStick Mk1" étaient démontables et remontables à loisir, certaines n'étaient tout simplement pas supposées être décortiquées pour être entretenues.
Leur assemblage initial requérait pour cela des outils, un savoir-faire et du temps, choses qui étaient offertes aux ouvriers travaillant dans les usines d'armement du Wapong.
Mais avant d'arriver à l'assemblage des pièces entre elles, encore fallait-il fabriquer les pièces en elles-mêmes.
Un processus que des ingénieurs Rostovs très savants expliqueraient comme complexe, long, requérant de lourdes infrastructures, une main d'oeuvre qualifiée et tant de chose que seul la Rostovie posséde et...
[img]http://s9.postimg.org/m1k3idsmn/PHTONsnnr980adfadsf.jpg[/img]
Les Wapongais rigolent bien face à ces argumentaires nés de l'industrialisme stalinien dépassé de l'URKR, où les camps de travail forcé sont encore la première source d'industrie du pays.
Le Kirovisme avait refusé à son peuple l'entrée dans l'Age de l'Information afin de garder le contrôle sur ses citoyens, sans réaliser que sa pleine adoption, sans garde-fou moraux, pouvait conduire à un contrôle encore plus efficace mais bien moins visible et oppressif, sans parler des besoins humains bien inférieures.
Ce que le NKRD réalisait dans une ville grâce à une centaine d'agents hautement qualifiés et des dizaines de milliers d'informateurs, les entreprises wapongaises le réalisaient avec un simple software et quelques gadgets.
De la même manière aujourd'hui, un de ces gadgets, à peine plus cher qu'une tablette électronique Numancienne et d'une taille égale à une mallette, permet de réaliser un scanning tridimensionnel de haute résolution de n'importe quel petit objet, dans n'importe quel lieu disposant d'une source d'électricité.
Il existe aussi des scanners bien plus performants, alliant les fonctions d'un microscope électronique avec ceux d'un simple balayage de la forme de l'objet par un laser.
Leur taille varie, tout comme leur prix mais, pour l'industrie du Monde Libre, cloner numériquement un objet à la molécule près n'est plus réellement un défis.
Tout comme fabriquer une copie physique bien réel d'un tel objet sans pour autant rien comprendre à la méthode initiale utilisée pour créer l'original.
Le Pelabssa l'a fait pour des pièces de son industrie aéronautique.
Le Wapong le fait aujourd'hui, [url=http://www.simpolitique.com/post170158.html#170158]après plus de trois années de recherche[/url], pour à peu près n'importe quoi d'assez petit pour rentrer dans le scanner.
Une création aussi basique que la Gigakov-3 ne fut pas longue à être désassemblée pièce par pièce, ces dernières étant ensuite scannées... et des copies imprimées.
L'assemblage lent et méticuleux des pièces du "BoumStick Mk3", du nom de la copie locale du fusil d'assaut Rostov, demeure plus rapide que l'impression en elle-même, ce qui pourrait générer de sérieux temps morts dans la production.
Ceci n'est en rien un problème : le catalogue de la Gigakovaya Kompaniya est bien fourni et les exemplaires qui traînent dans la nature ne manquent pas, tant concernant les armes que leurs munitions.
Cela est aussi vrai pour d'autres catalogues en cours d'adaptation, bien que le matériel Rostov reste un choix sûr pour une raison simple :
La quasi-absence d'électronique dans les produits d'un pays où le citoyen lambda n'a jamais toucher à un ordinateur, une voiture ou autre appareil moderne.
Trouver, désassembler, réassembler, désassembler, scanner, imprimer en masse, assembler en chaîne, livrer aux clients...
Un travail qui pourrait être presque intégralement automatiser et qui le serait si le Wapong en avait les moyens.
Mais pour l'heure, l'assemblage demeurerait à la main car, faute d'assez d'imprimantes tridimensionnelles industrielles, la production demeure trop faible que pour justifier la création de lignes d'assemblage robotisées.
Aussi, la sous-traitance est une possibilité future...
Le chemin sera encore long pour que l'industrie militaire du Wapong émerge du néant d'où le Directoire la fait naitre voici à peine quelques mois.
Mais, lentement mais sûrement, appliquant au mieux les connaissances modernes et sans pour autant trahir ses principes de liberté, paix et prospérité, la République avance.
600.000 baïonnettes se lanceront à l'assaut de Novgorod, espérant par leur témérité rallier d'autres bannières à l'Ost de la dernière chance.
[img]http://s23.postimg.org/evtt7bgl7/kalash001_8.jpg[/img]
31/03/2023
Yweth
District 38
[url=http://www.youtube.com/watch?v=kSTFAy50VxM]Ambiance musicale[/url]
La sonnerie retentit, son cri strident raisonnant depuis l'oreillette de Chang jusqu'au plus profond de son oreille interne, brisant sa concentration sur la tâche en cours d'une manière désagréable mais provoquant en même temps en lui un réflexe conditionné par des semaines de pratique répétée :
C'est la fin de la période. La deuxième aujourd'hui, longue de 5 heures comme la première.
Les gestes du jeune homme sont mécaniques, agissant avec la précision née de l'habitude alors qu'il range méticuleusement les pièces traînant encore sur son atelier, en faisant un rapide inventaire avant de verrouiller le coffret.
Déjà, celui-ci est aspiré le long d'un tunnel étanche, ses différents compartiments mesurés par un ordinateur selon leur poids, volume et composition chimique afin de déterminer, indépendamment de l'inventaire fait par Chang, le nombre de chacune des pièces détachées remises et les éventuelles erreurs de classement.
Chang s'est appliqué lors du rangement : chaque erreur sera un malus décompté de sa paie, chaque pièce perdue ou endommagée lui sera facturée pleinement.
Le contrôle est dans son intérêt, le dédouanant de toute responsabilité pour ce qui se passera à "son" atelier où, déjà, un autre homme, le visage dissimulé derrière un masque filtrant, des lunettes de protection et un casque de protection auditif, prend sa place et, avec un bref hochement de tête, se met au travail.
Chang, lui, se dirige vers les vestiaires, jetant un regard las aux murs de taule et aux poutrelles encore apparentes qui forment l'ossature du hangar où il passe la moitié de ses journées.
Ici, à Fugarami Corporation, on assemblait jadis des réfrigérateurs pour plusieurs grandes marques Pelabssiennes.
Une petite affaire de famille, avec ses 600 ouvriers, une poignée d'employés de bureau et même deux ingénieurs à plein temps à la tête d'un service pompeusement nommé "département R&D".
Le Clan Fugarami était loin d'être important à Yweth mais c'était une famille qui avait sa place dans la Cité Ardente, monument à la gloire de la manufacture.
Puis vint l'Holocaust. 60 millions de Pelabssiens tués en quelques heures par une pluie de bombes nucléaires, chimiques, biologiques et autres saloperies. Du jour au lendemain, les commandes cessèrent d'affluer, plusieurs contrats en cours n'étant même pas honorés par une clientèle déjà enterrée ou trop occupée à essayer de survivre.
L'usine réduisit son activité, licenciant la majorité de son personnel ouvrier tandis qu'on cherchait des clients en Alméra, au Jeekim et au Makara, sans réel succès.
Il fallut attendre le [url=http://www.simpolitique.com/post213256.html#213256]Service Civil[/url], véritable bouée de sauvetage, pour que la Fugarami Corporation renaisse, aussi forte qu'avant...et néanmoins différente.
Arrivé au vestiaire, Chang tape son code sur le clavier alphanumérique tandis que, dissimulé dans le faux-plafond, un capteur [url=http://www.simpolitique.com/post181521.html#181521]Nanoware[/url] analyse la puce qui lui a été implantée lors de son enregistrement comme volontaire.
La concordance est faite en quelques dixièmes de secondes. Il en faut à peine plus au processeur qui contrôle l'ouverture de la porte pour réagir. Chang pénètre dans l'atmosphère humide et rance, commençant déjà à ôter équipement et vêtements alors qu'il avance jusqu'à son casier.
Là, nouveau code, nouvelle identification et nouvelle ouverture. Autant de gestes anodins qui lui offrent une assurance contre le vol (en plus de la véritable assurance, offerte par son employeur en même temps que l'assurance médicale) de ses affaires. Mais c'est aussi un fantastique outil de contrôle statistique qui mesure et évalue à chaque instant comme dans la durée les comportements des ouvriers.
Ici, toute déviation significative de la moyenne arithmétique ou médiane est pointée comme suspecte par l'ordinateur et pourra aidé une enquête interne.
Ouvrier :
Fugarami Corporation
"-Hé !! Chang !! T'as eu l'occasion de voir les scores ?"
Non. Chang n'avait pas même songé à regarder le tableau, clairement visible à la sortie de l'atelier principal, où les niveaux de production de chaque équipe et chaque ouvrier était affichés, avec des indices de hausse ou baisse mais aussi un classement.
Une manière comme une autre de mettre en compétition les travailleurs mais surtout de les pousser à se dépasser.
Chang, comme tous ici, était rémunéré à la journée mais aussi en fonction de ses performances réelles.
Une bonne performance de l'atelier résultait en une prime égale pour chaque ouvrier.
Un bonus supplémentaire allait aux meilleures équipes tandis qu'au sein de chaque équipe, un bonus supplémentaire récompensait les meilleurs ouvriers.
L'équipe 03-A2, celle de Chang, était en deuxième position hier. Aucune raison que cela ait changé depuis lors.
Mais il était clair que le collègue, dont Chang avait oublié le nom, ne parlait pas de ce score-là.
Ouvrier :
Fugarami Corporation
"-T'es premier, mon salaud !! Le Voyage est pour toi, faut croire."
Le Voyage, c'était la carotte suprême agitée par le Clan Fugarami envers ses dévoués employés et les volontaires du Service Civil comme Chang.
Un voyage de deux semaines tout frais payé pour l'Océania pour l'ouvrier et sa famille, avec l'assurance de retrouver sa place à son retour de congé.
C'était un concours mensuel qui poussait chacun à l'excellence, s'appliquant pour allier qualité et quantité dans son travail.
Chang aurait été hypocrite s'il avait répondu ne pas s'y intéresser. Le simple fait qu'il soit l'actuel potentiel gagnant du mois de Mars prouvait qu'il avait la même ambition que chacun des salariés, y compris les membres du Syndicat, quoiqu'ils en disent.
Néanmoins, Chang ne perdait pas son temps à rêver comme beaucoup de ses collègues.
Il avait un but clair et s'y attelait, donnant toute son énergie afin de sortir sa famille du container-town où elle vivait actuellement.
Le Voyage, s'il le gagnait, il le revendrait à un de ses collègues à la famille plus nombreuse. Une pratique que ne décourageait pas la direction et qui avait déjà eu deux précédents.
L'argent ainsi sauvé permettrait à Chang de souscrire au prêt bancaire chez [url=http://www.simpolitique.com/post111513.html#111513]JP Kanton[/url] pour acheter un appartement dans l'un des immeubles en construction.
S'il avait de la chance, il pourrait même avoir un logement assez haut que pour s'élever au-dessus du nuage de miasme qui dominait les rues des sous-quartiers.
Un bol d'air pur et un cocon douillet où ses deux enfants pourraient s'épanouir loin de la crasse, de la violence, du froid, de l'humidité et autres nuisances.
Mais la victoire ne serait pas avant demain. Tout pouvait encore basculer. Et le score importait peu, même si Chang le connaissait sans avoir lu le tableau car, après tout, il avait personnellement travailler sur chacun des éléments qui y contribuait, comptant à chaque fois qu'il passait une unité de plus pour l'inspection.
Dans sa tête le chiffre était clair :
Chang Yatari, 26 jours de travail, 3041 fusils assemblés.
[img]http://s27.postimg.org/xojv09nab/kalash001_22.jpg[/img]
----------------------------------------
Assembler les différentes pièces détachées d'un "BoumStick Mk1", la copie wapongaise du fusil d'assaut Gigakov, ne requérait guère plus de 10 minutes.
Aucun outil n'était en soit nécessaire et certaines milices tenaient même des compétitions pour voir en combien de temps leurs recrues pouvait réaliser cette opération relativement basique mais nécessaire pour l'entretien de l'arme.
Un score d'à peine une minute n'était pas rare parmi les mieux entraînés des miliciens.
Certaines armes s'avéraient plus complexes car elles n'étaient pas prévues pour être ainsi montées et démontées à volonté.
Et même si l'essentiel des parts du "BoumStick Mk1" étaient démontables et remontables à loisir, certaines n'étaient tout simplement pas supposées être décortiquées pour être entretenues.
Leur assemblage initial requérait pour cela des outils, un savoir-faire et du temps, choses qui étaient offertes aux ouvriers travaillant dans les usines d'armement du Wapong.
Mais avant d'arriver à l'assemblage des pièces entre elles, encore fallait-il fabriquer les pièces en elles-mêmes.
Un processus que des ingénieurs Rostovs très savants expliqueraient comme complexe, long, requérant de lourdes infrastructures, une main d'oeuvre qualifiée et tant de chose que seul la Rostovie posséde et...
[img]http://s9.postimg.org/m1k3idsmn/PHTONsnnr980adfadsf.jpg[/img]
Les Wapongais rigolent bien face à ces argumentaires nés de l'industrialisme stalinien dépassé de l'URKR, où les camps de travail forcé sont encore la première source d'industrie du pays.
Le Kirovisme avait refusé à son peuple l'entrée dans l'Age de l'Information afin de garder le contrôle sur ses citoyens, sans réaliser que sa pleine adoption, sans garde-fou moraux, pouvait conduire à un contrôle encore plus efficace mais bien moins visible et oppressif, sans parler des besoins humains bien inférieures.
Ce que le NKRD réalisait dans une ville grâce à une centaine d'agents hautement qualifiés et des dizaines de milliers d'informateurs, les entreprises wapongaises le réalisaient avec un simple software et quelques gadgets.
De la même manière aujourd'hui, un de ces gadgets, à peine plus cher qu'une tablette électronique Numancienne et d'une taille égale à une mallette, permet de réaliser un scanning tridimensionnel de haute résolution de n'importe quel petit objet, dans n'importe quel lieu disposant d'une source d'électricité.
Il existe aussi des scanners bien plus performants, alliant les fonctions d'un microscope électronique avec ceux d'un simple balayage de la forme de l'objet par un laser.
Leur taille varie, tout comme leur prix mais, pour l'industrie du Monde Libre, cloner numériquement un objet à la molécule près n'est plus réellement un défis.
Tout comme fabriquer une copie physique bien réel d'un tel objet sans pour autant rien comprendre à la méthode initiale utilisée pour créer l'original.
Le Pelabssa l'a fait pour des pièces de son industrie aéronautique.
Le Wapong le fait aujourd'hui, [url=http://www.simpolitique.com/post170158.html#170158]après plus de trois années de recherche[/url], pour à peu près n'importe quoi d'assez petit pour rentrer dans le scanner.
Une création aussi basique que la Gigakov-3 ne fut pas longue à être désassemblée pièce par pièce, ces dernières étant ensuite scannées... et des copies imprimées.
L'assemblage lent et méticuleux des pièces du "BoumStick Mk3", du nom de la copie locale du fusil d'assaut Rostov, demeure plus rapide que l'impression en elle-même, ce qui pourrait générer de sérieux temps morts dans la production.
Ceci n'est en rien un problème : le catalogue de la Gigakovaya Kompaniya est bien fourni et les exemplaires qui traînent dans la nature ne manquent pas, tant concernant les armes que leurs munitions.
Cela est aussi vrai pour d'autres catalogues en cours d'adaptation, bien que le matériel Rostov reste un choix sûr pour une raison simple :
La quasi-absence d'électronique dans les produits d'un pays où le citoyen lambda n'a jamais toucher à un ordinateur, une voiture ou autre appareil moderne.
Trouver, désassembler, réassembler, désassembler, scanner, imprimer en masse, assembler en chaîne, livrer aux clients...
Un travail qui pourrait être presque intégralement automatiser et qui le serait si le Wapong en avait les moyens.
Mais pour l'heure, l'assemblage demeurerait à la main car, faute d'assez d'imprimantes tridimensionnelles industrielles, la production demeure trop faible que pour justifier la création de lignes d'assemblage robotisées.
Aussi, la sous-traitance est une possibilité future...
Le chemin sera encore long pour que l'industrie militaire du Wapong émerge du néant d'où le Directoire la fait naitre voici à peine quelques mois.
Mais, lentement mais sûrement, appliquant au mieux les connaissances modernes et sans pour autant trahir ses principes de liberté, paix et prospérité, la République avance.
600.000 baïonnettes se lanceront à l'assaut de Novgorod, espérant par leur témérité rallier d'autres bannières à l'Ost de la dernière chance.
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s11.postimg.org/icj6zwjvn/Stratforvideo_Dispatch_Thailand_And_Cambodia_Fightin.jpg[/img]
12/04/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=akQNC6w3VkQ]Ambiance musicale[/url]
Ce ne fut pas l'arrêt soudain du cahot régulier, brisé uniquement par les occasionnelles ornières et rails mal ajustés, qui réveilla Chuntao. Après les deux premiers jours, elle s'était habituée à ces secousses constantes, son esprit les reléguant à l'arrière-plan tout comme les discussions souvent animées et l'odeur de sueur, de vieux tabac et de nourriture mal bouillie qui emplissaient le wagon.
Ce ne fut pas non plus la soudaine hausse du ton des discussions en question, celles-ci ayant déjà plusieurs fois dégénérées en bagarres entre les passagers les plus impulsifs. Si cela s'avérait parfois être une nuisance, Chuntao avait appris à les ignorer si sa section n'était pas concernée.
Ce ne fut pas d'avantage l'appel d'air froid qui balaya l'intérieur, la jeune femme ayant eu à endurer les courants d'air tout au long de son voyage de plus de 4000 kilomètres à travers plaines, forêts et montagnes, bravant un climat qui allait en s'empirant à mesure que le train avançait vers le Sud.
Ce ne fut pas non plus la voix inconnue, rude et autoritaire qui beugla une série d'ordres dans un anglais à couper au couteau et que Chuntao, issue d'une famille paysanne du Sud de l'Hanguk, ne compris pas du tout. Elle fut partiellement sortie de sa torpeur mais se contenta de tirer d'avantage la couverture rêche qui couvrait ses épaules.
Ce fut le bruit, familier celui-ci, de la culasse d'un fusil automatique qui claque lorsqu'on arme un nouveau chargeur.
Chuntao, âgée d'à peine 21 printemps, avait vécu pendant plus de 5 années avec ce bruit retentissant quotidiennement à ses oreilles. Recrutée au tendre age de 8 ans par les glorieuses forces révolutionnaires de la bande d'idéalistes qui avait fondé la République Populaire d'Hanguk, la jeune femme avait passé son adolescence à survivre de son mieux entre les rares batailles, les nombreux pillages et les longues marches qui ponctuaient l’existence de la bande armée qui l'avait recrutée avec quelques slogans mais surtout grâce aux rafales tirées pour attirer l'attention des villageois.
Les balles s'avéraient être pour le peuple des arguments bien plus porteurs et universels que les grandes théories développées par des intellectuels depuis le confort propret de la chambre qu'ils occupaient dans un pensionnat privé payé par leurs parents.
Le communisme, elle n'était toujours pas sûre de comprendre ce que c'était. Du partage équitable des ressources, elle avait surtout vu les officiers prendre ce qu'ils désiraient et exécuter ou mutiler quiconque trouvait à critiquer. Et la seule égalité se trouvait dans les mauvais traitements qu'elle et les autres recrues avaient fait de leur mieux pour éviter. Une tâche loin d'être aisée, surtout pour les filles à la féminité naissante.
Avec la paix qui régnait depuis 2015, la situation avait changée, bien sûre, et le gouvernement de l'Hanguk faisait de son mieux pour établir une nation où la justice serait une réalité quotidienne pour tous.
Mais les moyens du gouvernement demeuraient limités, laissant la majorité de la population vivre en autarcie, avec les dérives autoritaires locales que cela impliquaient venant des garnisons locales.
C'était une des raisons pour lesquelles Chuntao avait signé comme volontaire : la promesse d'une vie meilleure, même si, dans son cas comme dans celui des dizaines de milliers d'enfants de la "génération perdue", cela n'avait pas exactement la même signification que pour les plus vieux et les plus jeunes.
Chuntao avait été démobilisée en 2020, lorsqu'un agent du gouvernement avait annoncé aux officiers qui la commandaient que la menace rebelle était passée, que l'Hanguk marchait uni à nouveau et qu'il fallait échangé le fusil et le couteau pour la bêche et la truelle.
Les "officiers" en question, guère d'avantage que des brutes aux grades auto-proclamés dans une ère d'anarchie sur le point d'être révolue, saluèrent l'annonce et acceptèrent leur rétrogradation comme simples soldats.
Pour Chuntao et les autres enfants-soldats, rien n'était prévu. Ce n'était pas par manque de volonté mais simplement par manque de moyens :
L'Hanguk parvenait à peine à gérer son immense territoire ravagé et combler les besoins des citoyens ordinaires était déjà un défi quotidien.
Prendre pleinement en charge une horde de gamins traumatisés et ayant passer la majeure partie de leur existence à tuer, voler, torturer et détruire était impossible.
La solution à court terme avait été de confier Chuntao et les autres à la collectivité locale, plaçant aux champs et aux ateliers les anciens meurtriers pour que la boue efface le sang sur leurs mains.
Rééducation par le travail. Réinsertion à travers une profession. Pacification à travers une occupation.
En soit, ce n'était pas si mal : Chuntao avait eu un repas chaque soir, n'avait plus eu à craindre d'être égorgée ou violée dans son sommeil, avait appris à lire un peu et elle commençait même à faire une paysanne décente.
Mais ce n'était pas une vie pour elle.
Tout autant qu'elle eut voulu aimer sa nouvelle vie, les fantômes du passé la hantaient et les vieux réflexes acquis par nécessité de survie faisaient d'elle un être asocial, à la fois crainte et haïe par la collectivité.
Elle ne pourrait jamais fonder une famille ou mener une existence paisible et rangée.
Pour Chuntao et les autres enfants de la génération perdue, la promesse d'une vie meilleure était la promesse d'une cause pour laquelle se battre et mourir, loin du monde civilisé si doux et désirable mais dans lequel ils ne se sentiraient jamais vraiment chez eux.
Ce monde, Chuntao le laissait à nouveau derrière elle en cet instant, lorsque la culasse claqua et qu'elle roula par réflexe derrière une caisse, s'attendant à entendre les détonations suivre.
Elle ne fut pas déçue, deux soldats wapongais tirant des balles à blanc tout en lançant des grenades fumigènes dans le wagon afin de forcer les traînards à sortir, paniqués.
Chuntao fut parmi les derniers à descendre du train, lequel repartit presque aussitôt, changeant d'aiguillage pour faire demi-tour : il y avait encore des milliers d'autres recrues qui attendaient au Nord.
--------------------------------------------
À la Direction Générale de la Défense, la planification nécessaire pour mettre en place la structure logistique indispensable à l'entrainement des volontaires d'Hanguk se mettait en place, chaque jour apportant son lot de triomphe logistique mais aussi de nouveaux problèmes et défis, de nouveaux échecs et limites, le tout affronté par de nouvelles idées tantôt ingénieuses et tantôt stupides.
Dans l'immédiat, les grandes lignes existaient et, sur papier au moins, le Wapong pourrait déployer 600.000 soldats d'ici la fin du mois de Juin 2023.
D'autres suivraient, en nombre toujours plus grand et en qualité toujours supérieure, tant qu'il en faudrait, jusqu'à ce que la Main Noire soit vaincue... ou que l'argent et les recrues cessent d'affluer.
Les campagnes et collines de la vallée de Wa accueillaient actuellement plus d'un million de volontaires, transportés par trains et routes directement depuis l'Hanguk.
De cette masse humaine, les meilleurs recevaient un entrainement poussé qui ferait d'eux de vrais soldats, les destinant à porter la lutte jusqu'à Novgorod avec les meilleures armes que les fonds Almérans pouvaient offrir.
Ils formeraient 10 Corps d'Armée qui, à l'aube de 2024, seraient remis à l'Hanguk pour livrer bataille partout où la maladie kiroviste subsisterait.
Ils seraient les hérauts de l'Humanité, les légions salvatrices dont le sacrifice contribuerait à une ère de paix et de justice globale.
... et Chuntao n'était pas parmi eux.
[img]http://s30.postimg.org/ge6thnq81/REU_CHINA_BODYGUARDS_010.jpg[/img]
Comme la majorité des volontaires, elle avait été affectée aux unités de la "première vague" où elle recevrait un entrainement de deux mois à peine avant de rejoindre sa zone de déploiement.
C'était assez pour lui apprendre à tirer, à reconnaître quelques ordres basiques en anglais et pour la mettre en condition physique acceptable.
On attendrait peu de sa part, de toute façon, maintenant que la machine de guerre Rostov s'était grippée.
Elle devrait sans doute affronter une bande de mercenaires coupés de la chaîne logistique qui coulait autrefois depuis Novgorod et était déjà à peine suffisante alors.
Un mercenaire sans espoir de paie et d'un lieu où prendre sa retraite est un soldat d'une loyauté et motivation douteuse au mieux.
Ajoutez-y les pénuries de carburant, munitions, rations, médicaments, pièces détachées,... et il faut une très bonne raison pour que le soldat de fortune reste sous la bannière qui louait ses services.
Raisons pour lesquelles d'ici Juin 2023, les Services Spéciaux Wapongais espéraient voir la Main Noire saignée à blanc par les désertions.
Les soldats de l'Hanguk, même avec un entrainement inférieur, compenseraient par le courage, la vaillance et une logistique supérieure.
Mais juste au cas où, d'autres vagues étaient prévues, la machine militaire se mettant en place dans ce sens.
Tandis que Wapongais et Shankhaï supervisaient l'entrainement long de 9 mois des 10 Corps d'Armée d'élite, les Vieks formerait autant de troupes tout les 2 mois.
De quoi produire potentiellement une armée de 3 millions d'hommes en une seule année (même si 80% de cette armée serait de qualité douteuse).
Il était néanmoins estimé qu'un tiers des recrues en question ne pourraient être déployées ou même entraînées dans les temps pour des raisons purement matérielle :
Le Wapong, s'il se militarisait progressivement, demeurait encore une nation majoritairement civile et était loin d'être prêt à fonctionner dans une logique de guerre totale.
Il ne pouvait ni fournir assez d'équipement pour autant d'hommes ni produire les richesses à exporter pour acheter l'équipement ailleurs.
Raison pour laquelle la diplomatie Wapongaise faisait son possible, timidement et sans insister de manière trop visible, pour que l'AdE entre dans la dance.
Une force armée transnationale au service d'une organisation vouée à maintenir la paix et à faire naître une forme de justice internationale était l'instrument parfait pour voir naître l'ère de paix durable dont rêvait les fondateurs de la République.
En temps de paix et sans même essayer, les membres de l'Assemblée pouvaient fournir 600.000 recrues pour cette armée chaque année.
Avec quelques efforts pour se mobiliser, ce nombre pouvait être multiplier par 10 et même la mort de chacun de ces soldats n'aurait aucune réelle influence sur la démographie des nations concernées.
Ceci alors même que la puissance industrielle nécessaire à équiper une telle armée selon les critères modernes serait également présente :
Ensemble, elles totalisaient d'avantage de puissance économique que l'URKR.
Financer [url=http://www.simpolitique.com/post172319.html#172319]10 Corps d'Armée modernes ne serait pas un soucis[/url] tandis qu'en financer une centaine, avec l'aide du Raksasa, de l'URCM, du Schlessien et du Thorval, demanderait à peine quelques sacrifices.
L'URKR, déjà en guerre totale, privé du gros des matières premières nécessaires à son industrie et isolé diplomatiquement, ne tiendrait guère plus d'un an ou deux.
[img]http://s11.postimg.org/icj6zwjvn/Stratforvideo_Dispatch_Thailand_And_Cambodia_Fightin.jpg[/img]
12/04/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=akQNC6w3VkQ]Ambiance musicale[/url]
Ce ne fut pas l'arrêt soudain du cahot régulier, brisé uniquement par les occasionnelles ornières et rails mal ajustés, qui réveilla Chuntao. Après les deux premiers jours, elle s'était habituée à ces secousses constantes, son esprit les reléguant à l'arrière-plan tout comme les discussions souvent animées et l'odeur de sueur, de vieux tabac et de nourriture mal bouillie qui emplissaient le wagon.
Ce ne fut pas non plus la soudaine hausse du ton des discussions en question, celles-ci ayant déjà plusieurs fois dégénérées en bagarres entre les passagers les plus impulsifs. Si cela s'avérait parfois être une nuisance, Chuntao avait appris à les ignorer si sa section n'était pas concernée.
Ce ne fut pas d'avantage l'appel d'air froid qui balaya l'intérieur, la jeune femme ayant eu à endurer les courants d'air tout au long de son voyage de plus de 4000 kilomètres à travers plaines, forêts et montagnes, bravant un climat qui allait en s'empirant à mesure que le train avançait vers le Sud.
Ce ne fut pas non plus la voix inconnue, rude et autoritaire qui beugla une série d'ordres dans un anglais à couper au couteau et que Chuntao, issue d'une famille paysanne du Sud de l'Hanguk, ne compris pas du tout. Elle fut partiellement sortie de sa torpeur mais se contenta de tirer d'avantage la couverture rêche qui couvrait ses épaules.
Ce fut le bruit, familier celui-ci, de la culasse d'un fusil automatique qui claque lorsqu'on arme un nouveau chargeur.
Chuntao, âgée d'à peine 21 printemps, avait vécu pendant plus de 5 années avec ce bruit retentissant quotidiennement à ses oreilles. Recrutée au tendre age de 8 ans par les glorieuses forces révolutionnaires de la bande d'idéalistes qui avait fondé la République Populaire d'Hanguk, la jeune femme avait passé son adolescence à survivre de son mieux entre les rares batailles, les nombreux pillages et les longues marches qui ponctuaient l’existence de la bande armée qui l'avait recrutée avec quelques slogans mais surtout grâce aux rafales tirées pour attirer l'attention des villageois.
Les balles s'avéraient être pour le peuple des arguments bien plus porteurs et universels que les grandes théories développées par des intellectuels depuis le confort propret de la chambre qu'ils occupaient dans un pensionnat privé payé par leurs parents.
Le communisme, elle n'était toujours pas sûre de comprendre ce que c'était. Du partage équitable des ressources, elle avait surtout vu les officiers prendre ce qu'ils désiraient et exécuter ou mutiler quiconque trouvait à critiquer. Et la seule égalité se trouvait dans les mauvais traitements qu'elle et les autres recrues avaient fait de leur mieux pour éviter. Une tâche loin d'être aisée, surtout pour les filles à la féminité naissante.
Avec la paix qui régnait depuis 2015, la situation avait changée, bien sûre, et le gouvernement de l'Hanguk faisait de son mieux pour établir une nation où la justice serait une réalité quotidienne pour tous.
Mais les moyens du gouvernement demeuraient limités, laissant la majorité de la population vivre en autarcie, avec les dérives autoritaires locales que cela impliquaient venant des garnisons locales.
C'était une des raisons pour lesquelles Chuntao avait signé comme volontaire : la promesse d'une vie meilleure, même si, dans son cas comme dans celui des dizaines de milliers d'enfants de la "génération perdue", cela n'avait pas exactement la même signification que pour les plus vieux et les plus jeunes.
Chuntao avait été démobilisée en 2020, lorsqu'un agent du gouvernement avait annoncé aux officiers qui la commandaient que la menace rebelle était passée, que l'Hanguk marchait uni à nouveau et qu'il fallait échangé le fusil et le couteau pour la bêche et la truelle.
Les "officiers" en question, guère d'avantage que des brutes aux grades auto-proclamés dans une ère d'anarchie sur le point d'être révolue, saluèrent l'annonce et acceptèrent leur rétrogradation comme simples soldats.
Pour Chuntao et les autres enfants-soldats, rien n'était prévu. Ce n'était pas par manque de volonté mais simplement par manque de moyens :
L'Hanguk parvenait à peine à gérer son immense territoire ravagé et combler les besoins des citoyens ordinaires était déjà un défi quotidien.
Prendre pleinement en charge une horde de gamins traumatisés et ayant passer la majeure partie de leur existence à tuer, voler, torturer et détruire était impossible.
La solution à court terme avait été de confier Chuntao et les autres à la collectivité locale, plaçant aux champs et aux ateliers les anciens meurtriers pour que la boue efface le sang sur leurs mains.
Rééducation par le travail. Réinsertion à travers une profession. Pacification à travers une occupation.
En soit, ce n'était pas si mal : Chuntao avait eu un repas chaque soir, n'avait plus eu à craindre d'être égorgée ou violée dans son sommeil, avait appris à lire un peu et elle commençait même à faire une paysanne décente.
Mais ce n'était pas une vie pour elle.
Tout autant qu'elle eut voulu aimer sa nouvelle vie, les fantômes du passé la hantaient et les vieux réflexes acquis par nécessité de survie faisaient d'elle un être asocial, à la fois crainte et haïe par la collectivité.
Elle ne pourrait jamais fonder une famille ou mener une existence paisible et rangée.
Pour Chuntao et les autres enfants de la génération perdue, la promesse d'une vie meilleure était la promesse d'une cause pour laquelle se battre et mourir, loin du monde civilisé si doux et désirable mais dans lequel ils ne se sentiraient jamais vraiment chez eux.
Ce monde, Chuntao le laissait à nouveau derrière elle en cet instant, lorsque la culasse claqua et qu'elle roula par réflexe derrière une caisse, s'attendant à entendre les détonations suivre.
Elle ne fut pas déçue, deux soldats wapongais tirant des balles à blanc tout en lançant des grenades fumigènes dans le wagon afin de forcer les traînards à sortir, paniqués.
Chuntao fut parmi les derniers à descendre du train, lequel repartit presque aussitôt, changeant d'aiguillage pour faire demi-tour : il y avait encore des milliers d'autres recrues qui attendaient au Nord.
--------------------------------------------
À la Direction Générale de la Défense, la planification nécessaire pour mettre en place la structure logistique indispensable à l'entrainement des volontaires d'Hanguk se mettait en place, chaque jour apportant son lot de triomphe logistique mais aussi de nouveaux problèmes et défis, de nouveaux échecs et limites, le tout affronté par de nouvelles idées tantôt ingénieuses et tantôt stupides.
Dans l'immédiat, les grandes lignes existaient et, sur papier au moins, le Wapong pourrait déployer 600.000 soldats d'ici la fin du mois de Juin 2023.
D'autres suivraient, en nombre toujours plus grand et en qualité toujours supérieure, tant qu'il en faudrait, jusqu'à ce que la Main Noire soit vaincue... ou que l'argent et les recrues cessent d'affluer.
Les campagnes et collines de la vallée de Wa accueillaient actuellement plus d'un million de volontaires, transportés par trains et routes directement depuis l'Hanguk.
De cette masse humaine, les meilleurs recevaient un entrainement poussé qui ferait d'eux de vrais soldats, les destinant à porter la lutte jusqu'à Novgorod avec les meilleures armes que les fonds Almérans pouvaient offrir.
Ils formeraient 10 Corps d'Armée qui, à l'aube de 2024, seraient remis à l'Hanguk pour livrer bataille partout où la maladie kiroviste subsisterait.
Ils seraient les hérauts de l'Humanité, les légions salvatrices dont le sacrifice contribuerait à une ère de paix et de justice globale.
... et Chuntao n'était pas parmi eux.
[img]http://s30.postimg.org/ge6thnq81/REU_CHINA_BODYGUARDS_010.jpg[/img]
Comme la majorité des volontaires, elle avait été affectée aux unités de la "première vague" où elle recevrait un entrainement de deux mois à peine avant de rejoindre sa zone de déploiement.
C'était assez pour lui apprendre à tirer, à reconnaître quelques ordres basiques en anglais et pour la mettre en condition physique acceptable.
On attendrait peu de sa part, de toute façon, maintenant que la machine de guerre Rostov s'était grippée.
Elle devrait sans doute affronter une bande de mercenaires coupés de la chaîne logistique qui coulait autrefois depuis Novgorod et était déjà à peine suffisante alors.
Un mercenaire sans espoir de paie et d'un lieu où prendre sa retraite est un soldat d'une loyauté et motivation douteuse au mieux.
Ajoutez-y les pénuries de carburant, munitions, rations, médicaments, pièces détachées,... et il faut une très bonne raison pour que le soldat de fortune reste sous la bannière qui louait ses services.
Raisons pour lesquelles d'ici Juin 2023, les Services Spéciaux Wapongais espéraient voir la Main Noire saignée à blanc par les désertions.
Les soldats de l'Hanguk, même avec un entrainement inférieur, compenseraient par le courage, la vaillance et une logistique supérieure.
Mais juste au cas où, d'autres vagues étaient prévues, la machine militaire se mettant en place dans ce sens.
Tandis que Wapongais et Shankhaï supervisaient l'entrainement long de 9 mois des 10 Corps d'Armée d'élite, les Vieks formerait autant de troupes tout les 2 mois.
De quoi produire potentiellement une armée de 3 millions d'hommes en une seule année (même si 80% de cette armée serait de qualité douteuse).
Il était néanmoins estimé qu'un tiers des recrues en question ne pourraient être déployées ou même entraînées dans les temps pour des raisons purement matérielle :
Le Wapong, s'il se militarisait progressivement, demeurait encore une nation majoritairement civile et était loin d'être prêt à fonctionner dans une logique de guerre totale.
Il ne pouvait ni fournir assez d'équipement pour autant d'hommes ni produire les richesses à exporter pour acheter l'équipement ailleurs.
Raison pour laquelle la diplomatie Wapongaise faisait son possible, timidement et sans insister de manière trop visible, pour que l'AdE entre dans la dance.
Une force armée transnationale au service d'une organisation vouée à maintenir la paix et à faire naître une forme de justice internationale était l'instrument parfait pour voir naître l'ère de paix durable dont rêvait les fondateurs de la République.
En temps de paix et sans même essayer, les membres de l'Assemblée pouvaient fournir 600.000 recrues pour cette armée chaque année.
Avec quelques efforts pour se mobiliser, ce nombre pouvait être multiplier par 10 et même la mort de chacun de ces soldats n'aurait aucune réelle influence sur la démographie des nations concernées.
Ceci alors même que la puissance industrielle nécessaire à équiper une telle armée selon les critères modernes serait également présente :
Ensemble, elles totalisaient d'avantage de puissance économique que l'URKR.
Financer [url=http://www.simpolitique.com/post172319.html#172319]10 Corps d'Armée modernes ne serait pas un soucis[/url] tandis qu'en financer une centaine, avec l'aide du Raksasa, de l'URCM, du Schlessien et du Thorval, demanderait à peine quelques sacrifices.
L'URKR, déjà en guerre totale, privé du gros des matières premières nécessaires à son industrie et isolé diplomatiquement, ne tiendrait guère plus d'un an ou deux.
-
Johel3007
Research & Destruction
[img]http://s15.postimg.org/x10vwv3h7/F_200704_April28ed_i_36954a.jpg[/img]
03/05/2023
Pénitencier RAJ-003
Île d'Atumbo,
Konwmabiwé, ex-Kweku, ex-Îles Vertes, ex-Veporia
[url=http://www.youtube.com/watch?v=mHYGFf_O4LU]Ambiance musicale[/url]
Les prisonniers subsistaient dans leurs cellules, oubliés lors de l'évacuation qui prenait place depuis déjà plusieurs semaines.
Qu'il eut s'agit des accommodations de classe 3, vastes fosses putrides où la lumière du jour ne pénétrait jamais et où des dizaines de détenus s'entassaient, ou des spartiates mais hygiéniques cellules individuelles de classe 1 où les prisonniers politiques de marque attendaient, elles n'avaient pas été la priorité de RentAJail, l'entreprise se concentrant sur son plus gros client.
Dans les vastes halls du pénitencier, le silence régnait tandis un personnel aux effectifs squelettique offrant un service minimum aux bagnards, juste assez pour les garder en vie.
Les bidons de nourriture étaient toujours descendus par câble dans les fosses, remontant souvent avec un ou deux cadavres, garantie pour les survivants d'un peu plus de viande dans leur prochain menu mais surtout d'une absence d'odeur, de maladie et de vermines, lesquelles arrivaient rapidement lorsque les corps se décomposaient sous le climat chaud d'Atumbo.
Le bruit des pas rapides de Sasuke Suwura résonnant sur les plateformes métalliques qui surplombaient les cages n'en fut que plus audible.
Le PDG de l'entrepris carcérale était l'un des derniers qui quitterait l'île, tel le capitaine d'un navire.
Non qu'il n'eut fait plusieurs aller-retours durant les semaines précédentes, inspectant plusieurs des nouveaux sites sélectionnés, supervisant la relocalisation des différentes unités de production à travers le monde.
Une tâche difficile, surtout dans un laps de temps aussi bref.
[quote][img]http://s8.postimg.org/4xo0u0fut/4470186.jpg[/img]
Couvent de Notre Mère de Miséricorde
Ranekika, Région Est
"Soeur Marie-Adelaine" Tong :
Sage femme
"-Allez, mais poussez donc !!"
Les joues rougies par l'effort, le sang battant aux tempes, elle serra les dents, s'exécutant à nouveau, seulement à moitié consciente.
La délivrance était pour bientôt. Et quelle délivrance !! Celle qu'ils appelaient #20200202F033 avait déjà donné naissance à deux unités depuis sa mise en production.
Le cocktail de diverses drogues qui lui avait été procuré tout au long de son calvaire avait rendu l'expérience presque tolérable, faisant disparaître douleur et fatigue tout en préservant une partie de sa santé mentale en la plongeant dans une béatitude médicamenteuse.
Rien de tout cela, ou au mieux en quantité homéopathique, n'était disponible ici, dans cette soit-disant maison de dieu, perdue au milieu de la campagne Sud-Vicaskaranne.
Ici, elle et une quarantaine d'autres "patientes" étaient cachées dans les caves, leur ventre gonflant à mesure que progressait la production.
Une équipe réduite les encadrait, s'assurant aussi bien de leur bien-être physique que de la sécurité des lieux.
La liberté de culte était garantie au Ranekika et nul ne posait de question quand une communauté chrétienne décidait de vivre refermée sur elle-même, offrant à ses adeptes une vie simple, cultivant la terre à l'écart des tentations du monde et dévouant leur quotidien à la prière.
Le fait que les bonnes servantes de Dieu offrent également des soins à la population des villages locaux étaient un avantage non-négligeable qui poussaient les autorités, largement absentes d'ailleurs, à respecter la petite communauté de religieux.
Que la région soit largement déserte et les villages locaux peuplés largement d'émigrés wapongais facilitaient encore la coopération locale avec les religieux wapongais "ayant fui la folie de leur patrie d'origine".
De par ce fait, nul ne supposait que ses membres n'avaient de croyants que l'habit et que sous la protection de la Sainte Croix, des choses pas très catholiques avaient lieue.
Tout cela, #20200202F033 l'avait entendu de la bouche du Wapongais en costume lorsqu'il était venu visiter les lieux. Il n'était pas resté longtemps. Juste assez pour s'assurer que la production reprenne au même rythme et que la sécurité soit à nouveau optimum.
La jeune femme ignorait encore comment ses ravisseurs avaient fait pour la transporter jusqu'ici.
Et si elle l'avait sû, cela n'aurait rien changé : ici, au milieu d'une région largement inhabitée, elle ne pourrait guère s'enfuir très loin.
Pas dans son état de faiblesse et certainement pas quand, dans sa chair profanée et meurtrie, une puce permettait de traquer ses mouvements.
Oui, il n'y avait plus de satellites grâce à la Rostovie... mais il n'en était pas besoin pour traquer un signal radio.
Et si la technologie échouait, les chiens réussiraient.[/quote]
Sasuke Suwura n'était pas satisfait.
Oui, comme promis, le Directoire leur avait gagné du temps et même plus qu'assez, noyant la menace Zanyanaise dans un marasme diplomatique pro-tracté tandis qu'avions et navires quittaient librement l'île.
Oui, si les diplomates wapongais se montraient assez habiles, il y aurait encore plusieurs semaines supplémentaires, voir même des mois avant que quiconque ne soit en mesure de forcer les portes du pénitencier.
Oui, il ne subistait plus un seul enfant ou prisonnière sur Atumbo et le peu de preuves restantes auraient disparus d'ici peu, évacué ou passé à la torche selon les cas.
Mais la réinstallation avait posé et posait toujours son lot de soucis.
Avec la mobilisation du Wapong pour une guerre imminente, le projet initié à Atumbo prenait une place secondaire, considérant que les premiers prototypes ne serait pas prêt avant encore plus d'une décennie. Quant à la production de masse, il était de plus en plus clair qu'elle devrait attendre que la technologie progresse :
Sans utérus artificiel, la création en usine d'êtres humains posait tout simplement trop de considération éthique que pour faire l'objet d'une production intensive à grande échelle.
Le Directoire et les autres clients n'avaient pas besoin d'une armée dans vingt années mais bien dans quelques mois... et ça, ce projet ne pouvait le fournir.
Non que d'un point de vue technique, l'idée fut mauvaise. Les estimations actuelles montraient qu'une femelle normale pouvait sans mal produire 8 à 10 unités viables si une assistance médicale appropriée était fournie.
C'était quelque chose de commun dans de nombreuses communautés rurales du tiers-monde mais l'apport de la médecine moderne dans l'équation réduirait la mortalité infantile de manière drastique.
En considérant cela, une seule femelle pourrait produire 4 à 5 femelles pour la remplacer, ce qui permettrait une croissance autonome et exponentielle de la capacité de production.
Mais mieux encore, cela signifiait surtout qu'il était possible de garder l'opération à un niveau limité tout en restant utile : un million d'unités de production permettrait de produire chaque année jusqu'à 900.000 futurs citoyens "libres" tout en fournissant de quoi maintenir le niveau de production indéfiniment.
900.000 naissances, c'était autant que la natalité moyenne d'une nation de 45 millions d'habitants.
Dans un contexte d'après-guerre, surtout en cas de conflit nucléaire, bactériologique et chimique comme l'URKR semblait les favoriser, le projet permettrait de repeupler rapidement la planète si besoin.
À situation critique, mesure drastique...
[quote][img]http://s30.postimg.org/4fkmjiar5/2009_nica_mana13_prison.jpg[/img]
????
Luania
Les murs carrelés à la perpétuelle odeur de javelle avaient cédés la place à du béton humide d'où un plâtre défraîchi s'écaillait, éfeuillant des grafittis visibles ci et là, vestiges de la précédente occupation des lieux par quelques bandes de squatteurs locaux.
Ici, dans la banlieue de cette ville minière où un cortège de camions ne cessaient de transporter minerai, terre, matériaux et ouvriers, la société de consultance "Max, Frans & Wong" avait ouvert ses bureaux.
Ceux-ci restaient modestes, bien sûr, mais ce n'était rien que quelques coups de peinture ne pourraient changer. Tel était le discours motivé de l'agent immobilisé local, qui n'avait guère posé de question : ici, au cœur de Sud-Vicaskaran, les wapongais étaient chez eux depuis 10 ans. Leurs affaires sentaient toujours le souffre mais ils payaient bien et causaient rarement des problèmes.
L'agent en question ignorait bien entendu que cette ancienne usine, vieille de plus de 40 années et en proie au ravage de plus de deux décennies de négligence et d'inactivité, allait devenir bientôt une école privée.
Un pensionnat de luxe pour jeunes enfants, fils et filles d'expatriés makirans et almérans vivant au soleil mais à l'écart de la population locale, avec qui les seules contacts se limiteraient à l'approvisionnement en marchandises diverses.
Les Services Spéciaux Wapongais prévoyaient ici une capacité de 3.000 places, couvrant l'éducation de la maternelle jusqu'à la fin du primaire pour les futurs soldats.
Dans les mois à venir, d'autres centres similaires verraient le jour aux quatre coins du monde, chacun avec leur couverture propre. Celui-ci était un prototype, destiné à accueillir la "première génération" :
Un tiers des 10.000 unités produites en 2019 et dont certaines, déjà, prenaient leurs quartiers afin de reprendre l'entrainement.
Séparer centres de production et centres de formation s'avérerait peut être une bonne idée, contribuant à limiter les dégâts.
Après tout, quoi d'illégale dans le fait de dispenser une éducation à des enfants d'expatriés Wapongais ?
D'autant que le régime local, amical envers Wapong-City, ne poserait pas de question tant que les Services Spéciaux se montraient assez discrets.
Que les agents Almérans s'amusent donc à pister les centres de production pour libérer à chaque fois quelques dizaines de femmes facilement remplaçables.
En délogeant maladroitement la fourmilière qu'était Atumbo, ils n'avaient fait que pousser ses occupants à fonder un millier de colonies qui, si elles seraient moins rentables, seraient aussi moins visibles et faciles à saboter.
[/quote]
Sasuke regrettait par dessus tout que des sacrifices aient dû être faits, souvent douloureux pour toutes les parties impliquées mais nécessaires à la survie du projet et de la majorité de ceux concernés.
L'évacuation du personnel et sa dispersion sur une base d'un "need to know" strict devrait avoir permis de sécuriser pour un temps au moins le projet.
Mais quantité de ressources humaines, aussi bien parmi les unités produites, les unités de production ou même les employés, avaient quand même dû être liquidées en urgence, souvent de manière brutale.
Ceci alors que pour une bonne partie des marchandises et du matériel de production d'origine biologique était actuellement entreposé dans des conditions précaires... ce qui affecterait la productivité et était regrettable.
[quote][img]http://s2.postimg.org/qp9zuu6i1/462023.jpg[/img]
????
Wapong
AT-201902-0002 fixait le cadavre d'un de ses camarades.
Il avait porté le nom de AT-201902-0231 et s'il avait toujours été jugé faible par ses pairs, il avait été ce que 0002 aurait pu appeler un ami si ce terme avait eu un sens.
0002, à présent âgé de 4 ans, vivait dans cette petite pièce depuis déjà 2 mois.
C'était mieux que la précédente et, deux fois par jour, il pouvait sortir avec les autres de son peloton pour un peu d'exercice dans les couloirs. La nourriture s'était aussi améliorée et ils avaient même des matelas.
Mais en dépit de cela, 0002 regrettait sa première maison. Il regrettait le centre où il était né et où son enfance atypique mais, à ses yeux, parfaitement normale, avait été bien plus heureuse et confortable.
Le luxe dont lui et ses frères avaient profité jadis avait disparu, faisant place à des conditions où plusieurs avaient déjà succombé à un mal qu'aucun des antibiotiques ne semblaient pouvoir guérir.
Faible consolation :
Pour la première fois, 0002 avait vu la lumière du jour... et le ciel, bleu et infini, dans lequel trônait l'astre de lumière qu'on appelait le soleil mais qu'on lui avait toujours refusé de voir.
Bientôt, quand il serait grand, il jouerait au grand air.[/quote]
[img]http://s15.postimg.org/x10vwv3h7/F_200704_April28ed_i_36954a.jpg[/img]
03/05/2023
Pénitencier RAJ-003
Île d'Atumbo,
Konwmabiwé, ex-Kweku, ex-Îles Vertes, ex-Veporia
[url=http://www.youtube.com/watch?v=mHYGFf_O4LU]Ambiance musicale[/url]
Les prisonniers subsistaient dans leurs cellules, oubliés lors de l'évacuation qui prenait place depuis déjà plusieurs semaines.
Qu'il eut s'agit des accommodations de classe 3, vastes fosses putrides où la lumière du jour ne pénétrait jamais et où des dizaines de détenus s'entassaient, ou des spartiates mais hygiéniques cellules individuelles de classe 1 où les prisonniers politiques de marque attendaient, elles n'avaient pas été la priorité de RentAJail, l'entreprise se concentrant sur son plus gros client.
Dans les vastes halls du pénitencier, le silence régnait tandis un personnel aux effectifs squelettique offrant un service minimum aux bagnards, juste assez pour les garder en vie.
Les bidons de nourriture étaient toujours descendus par câble dans les fosses, remontant souvent avec un ou deux cadavres, garantie pour les survivants d'un peu plus de viande dans leur prochain menu mais surtout d'une absence d'odeur, de maladie et de vermines, lesquelles arrivaient rapidement lorsque les corps se décomposaient sous le climat chaud d'Atumbo.
Le bruit des pas rapides de Sasuke Suwura résonnant sur les plateformes métalliques qui surplombaient les cages n'en fut que plus audible.
Le PDG de l'entrepris carcérale était l'un des derniers qui quitterait l'île, tel le capitaine d'un navire.
Non qu'il n'eut fait plusieurs aller-retours durant les semaines précédentes, inspectant plusieurs des nouveaux sites sélectionnés, supervisant la relocalisation des différentes unités de production à travers le monde.
Une tâche difficile, surtout dans un laps de temps aussi bref.
[quote][img]http://s8.postimg.org/4xo0u0fut/4470186.jpg[/img]
Couvent de Notre Mère de Miséricorde
Ranekika, Région Est
"Soeur Marie-Adelaine" Tong :
Sage femme
"-Allez, mais poussez donc !!"
Les joues rougies par l'effort, le sang battant aux tempes, elle serra les dents, s'exécutant à nouveau, seulement à moitié consciente.
La délivrance était pour bientôt. Et quelle délivrance !! Celle qu'ils appelaient #20200202F033 avait déjà donné naissance à deux unités depuis sa mise en production.
Le cocktail de diverses drogues qui lui avait été procuré tout au long de son calvaire avait rendu l'expérience presque tolérable, faisant disparaître douleur et fatigue tout en préservant une partie de sa santé mentale en la plongeant dans une béatitude médicamenteuse.
Rien de tout cela, ou au mieux en quantité homéopathique, n'était disponible ici, dans cette soit-disant maison de dieu, perdue au milieu de la campagne Sud-Vicaskaranne.
Ici, elle et une quarantaine d'autres "patientes" étaient cachées dans les caves, leur ventre gonflant à mesure que progressait la production.
Une équipe réduite les encadrait, s'assurant aussi bien de leur bien-être physique que de la sécurité des lieux.
La liberté de culte était garantie au Ranekika et nul ne posait de question quand une communauté chrétienne décidait de vivre refermée sur elle-même, offrant à ses adeptes une vie simple, cultivant la terre à l'écart des tentations du monde et dévouant leur quotidien à la prière.
Le fait que les bonnes servantes de Dieu offrent également des soins à la population des villages locaux étaient un avantage non-négligeable qui poussaient les autorités, largement absentes d'ailleurs, à respecter la petite communauté de religieux.
Que la région soit largement déserte et les villages locaux peuplés largement d'émigrés wapongais facilitaient encore la coopération locale avec les religieux wapongais "ayant fui la folie de leur patrie d'origine".
De par ce fait, nul ne supposait que ses membres n'avaient de croyants que l'habit et que sous la protection de la Sainte Croix, des choses pas très catholiques avaient lieue.
Tout cela, #20200202F033 l'avait entendu de la bouche du Wapongais en costume lorsqu'il était venu visiter les lieux. Il n'était pas resté longtemps. Juste assez pour s'assurer que la production reprenne au même rythme et que la sécurité soit à nouveau optimum.
La jeune femme ignorait encore comment ses ravisseurs avaient fait pour la transporter jusqu'ici.
Et si elle l'avait sû, cela n'aurait rien changé : ici, au milieu d'une région largement inhabitée, elle ne pourrait guère s'enfuir très loin.
Pas dans son état de faiblesse et certainement pas quand, dans sa chair profanée et meurtrie, une puce permettait de traquer ses mouvements.
Oui, il n'y avait plus de satellites grâce à la Rostovie... mais il n'en était pas besoin pour traquer un signal radio.
Et si la technologie échouait, les chiens réussiraient.[/quote]
Sasuke Suwura n'était pas satisfait.
Oui, comme promis, le Directoire leur avait gagné du temps et même plus qu'assez, noyant la menace Zanyanaise dans un marasme diplomatique pro-tracté tandis qu'avions et navires quittaient librement l'île.
Oui, si les diplomates wapongais se montraient assez habiles, il y aurait encore plusieurs semaines supplémentaires, voir même des mois avant que quiconque ne soit en mesure de forcer les portes du pénitencier.
Oui, il ne subistait plus un seul enfant ou prisonnière sur Atumbo et le peu de preuves restantes auraient disparus d'ici peu, évacué ou passé à la torche selon les cas.
Mais la réinstallation avait posé et posait toujours son lot de soucis.
Avec la mobilisation du Wapong pour une guerre imminente, le projet initié à Atumbo prenait une place secondaire, considérant que les premiers prototypes ne serait pas prêt avant encore plus d'une décennie. Quant à la production de masse, il était de plus en plus clair qu'elle devrait attendre que la technologie progresse :
Sans utérus artificiel, la création en usine d'êtres humains posait tout simplement trop de considération éthique que pour faire l'objet d'une production intensive à grande échelle.
Le Directoire et les autres clients n'avaient pas besoin d'une armée dans vingt années mais bien dans quelques mois... et ça, ce projet ne pouvait le fournir.
Non que d'un point de vue technique, l'idée fut mauvaise. Les estimations actuelles montraient qu'une femelle normale pouvait sans mal produire 8 à 10 unités viables si une assistance médicale appropriée était fournie.
C'était quelque chose de commun dans de nombreuses communautés rurales du tiers-monde mais l'apport de la médecine moderne dans l'équation réduirait la mortalité infantile de manière drastique.
En considérant cela, une seule femelle pourrait produire 4 à 5 femelles pour la remplacer, ce qui permettrait une croissance autonome et exponentielle de la capacité de production.
Mais mieux encore, cela signifiait surtout qu'il était possible de garder l'opération à un niveau limité tout en restant utile : un million d'unités de production permettrait de produire chaque année jusqu'à 900.000 futurs citoyens "libres" tout en fournissant de quoi maintenir le niveau de production indéfiniment.
900.000 naissances, c'était autant que la natalité moyenne d'une nation de 45 millions d'habitants.
Dans un contexte d'après-guerre, surtout en cas de conflit nucléaire, bactériologique et chimique comme l'URKR semblait les favoriser, le projet permettrait de repeupler rapidement la planète si besoin.
À situation critique, mesure drastique...
[quote][img]http://s30.postimg.org/4fkmjiar5/2009_nica_mana13_prison.jpg[/img]
????
Luania
Les murs carrelés à la perpétuelle odeur de javelle avaient cédés la place à du béton humide d'où un plâtre défraîchi s'écaillait, éfeuillant des grafittis visibles ci et là, vestiges de la précédente occupation des lieux par quelques bandes de squatteurs locaux.
Ici, dans la banlieue de cette ville minière où un cortège de camions ne cessaient de transporter minerai, terre, matériaux et ouvriers, la société de consultance "Max, Frans & Wong" avait ouvert ses bureaux.
Ceux-ci restaient modestes, bien sûr, mais ce n'était rien que quelques coups de peinture ne pourraient changer. Tel était le discours motivé de l'agent immobilisé local, qui n'avait guère posé de question : ici, au cœur de Sud-Vicaskaran, les wapongais étaient chez eux depuis 10 ans. Leurs affaires sentaient toujours le souffre mais ils payaient bien et causaient rarement des problèmes.
L'agent en question ignorait bien entendu que cette ancienne usine, vieille de plus de 40 années et en proie au ravage de plus de deux décennies de négligence et d'inactivité, allait devenir bientôt une école privée.
Un pensionnat de luxe pour jeunes enfants, fils et filles d'expatriés makirans et almérans vivant au soleil mais à l'écart de la population locale, avec qui les seules contacts se limiteraient à l'approvisionnement en marchandises diverses.
Les Services Spéciaux Wapongais prévoyaient ici une capacité de 3.000 places, couvrant l'éducation de la maternelle jusqu'à la fin du primaire pour les futurs soldats.
Dans les mois à venir, d'autres centres similaires verraient le jour aux quatre coins du monde, chacun avec leur couverture propre. Celui-ci était un prototype, destiné à accueillir la "première génération" :
Un tiers des 10.000 unités produites en 2019 et dont certaines, déjà, prenaient leurs quartiers afin de reprendre l'entrainement.
Séparer centres de production et centres de formation s'avérerait peut être une bonne idée, contribuant à limiter les dégâts.
Après tout, quoi d'illégale dans le fait de dispenser une éducation à des enfants d'expatriés Wapongais ?
D'autant que le régime local, amical envers Wapong-City, ne poserait pas de question tant que les Services Spéciaux se montraient assez discrets.
Que les agents Almérans s'amusent donc à pister les centres de production pour libérer à chaque fois quelques dizaines de femmes facilement remplaçables.
En délogeant maladroitement la fourmilière qu'était Atumbo, ils n'avaient fait que pousser ses occupants à fonder un millier de colonies qui, si elles seraient moins rentables, seraient aussi moins visibles et faciles à saboter.
[/quote]
Sasuke regrettait par dessus tout que des sacrifices aient dû être faits, souvent douloureux pour toutes les parties impliquées mais nécessaires à la survie du projet et de la majorité de ceux concernés.
L'évacuation du personnel et sa dispersion sur une base d'un "need to know" strict devrait avoir permis de sécuriser pour un temps au moins le projet.
Mais quantité de ressources humaines, aussi bien parmi les unités produites, les unités de production ou même les employés, avaient quand même dû être liquidées en urgence, souvent de manière brutale.
Ceci alors que pour une bonne partie des marchandises et du matériel de production d'origine biologique était actuellement entreposé dans des conditions précaires... ce qui affecterait la productivité et était regrettable.
[quote][img]http://s2.postimg.org/qp9zuu6i1/462023.jpg[/img]
????
Wapong
AT-201902-0002 fixait le cadavre d'un de ses camarades.
Il avait porté le nom de AT-201902-0231 et s'il avait toujours été jugé faible par ses pairs, il avait été ce que 0002 aurait pu appeler un ami si ce terme avait eu un sens.
0002, à présent âgé de 4 ans, vivait dans cette petite pièce depuis déjà 2 mois.
C'était mieux que la précédente et, deux fois par jour, il pouvait sortir avec les autres de son peloton pour un peu d'exercice dans les couloirs. La nourriture s'était aussi améliorée et ils avaient même des matelas.
Mais en dépit de cela, 0002 regrettait sa première maison. Il regrettait le centre où il était né et où son enfance atypique mais, à ses yeux, parfaitement normale, avait été bien plus heureuse et confortable.
Le luxe dont lui et ses frères avaient profité jadis avait disparu, faisant place à des conditions où plusieurs avaient déjà succombé à un mal qu'aucun des antibiotiques ne semblaient pouvoir guérir.
Faible consolation :
Pour la première fois, 0002 avait vu la lumière du jour... et le ciel, bleu et infini, dans lequel trônait l'astre de lumière qu'on appelait le soleil mais qu'on lui avait toujours refusé de voir.
Bientôt, quand il serait grand, il jouerait au grand air.[/quote]
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s27.postimg.org/ru9u809wz/industrialcomplex.png[/img]
15/06/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=FlgNhPf2aEU]Ambiance musicale[/url]
Le "Hard Power", expression ultime du militarisme nationaliste mégalomane, rêve humide de tous les apprentis tyrans et symbole absurde d'une course à la production destructive voulue par les élites aux commandes des États-Nations dans leur compétition permanente pour le contrôle des ressources humaines et matérielles.
Depuis la chute du Général Ngô en 2012, la République n'avait cessé de cracher sur ce concept, le voyant comme une absurdité qui entraînerait le pays dans un cercle vicieux d'insécurité isolationniste et d'agressivité expansionniste.
Pourtant, le Wapong, jadis fier bastion des libertés qui brillait à la face du monde en exposant sa prospérité et son ingéniosité sans afficher le moindre soupçon de doute quant à sa supériorité ou d'ambitions à l'égard de ses voisins, avait cédé aux sirènes de la Puissance.
Son industrie qui hier produisait de quoi satisfaire les besoins matériaux et spirituels de ses citoyens s'activait aujourd'hui à produire une machine de destruction.
Le charbon du Shankhaï et quantité d'autres combustibles venus de l'étranger maintenaient vives les flammes des fonderies dans le creuset desquels les alliages métaliques voyaient le jour.
Et sous les noirs nuages qui obscurcissaient les cieux, une population courageuse se démenait à la tâche pour obtenir les précieux billets qui lui donnaient accès à une nourriture également venue de contrées lointaines.
Telle une machine bien huilée, la République transformait des moments d’existence humaine en munitions, fusils et autres fournitures martiales.
Ses travailleurs-citoyens étaient maintenus en vie, dans une parodie de bien-être couvrant les besoins de base, pour qu'ils œuvrent à la réalisation des desseins belliqueux d'une poignée d'individus se croyant investi d'une mission sacrée.
Selon toute logique, la misère aurait déjà dû saisir le Wapong par le cou et traîner sa population dans la famine.
Mais pour l'heure, les marchés réagissaient bien : la monnaie se dévaluait, bien entendu, mais les énormes réserves de devises étrangères acquises via les prêts permettaient de minimiser le besoin d'imprimer de nouveaux billets.
Le coût des importations, une fois reporté en terme d'heure moyenne de travail, demeurait supportable, laissant le flot de ressources couler dans le gosier avide de la République.
Au Wapong, pas un seul adulte n'était désormais sans emploi. Beaucoup étaient sous-employés comparé à ce qu'ils pourraient être, s'activant à leur ouvrage avec des outils inadéquats ou insuffisants mais s'activant néanmoins et, en cela, ils ne gâchaient pas complètement leur temps, justifiant au moins la maigre pitance que le Directoire leur accordait.
Pas un seul des 10,5 millions de Wapongais en age de travailler n'était obligé de le faire : tous le faisait volontairement, par la nécessité d'une terre trop pauvre pour nourrir leurs familles et de l'absence d'une solidarité de privilège comme il en existait dans ces "orgueilleuses nations barbares d'Alméra" que dénonçait la propagande du Directoire.
Le Directoire disposait de moyens humains et matériels gigantesques pour mener à bien ses projets guerriers... mais il en avait besoin de d'avantage encore.
L'efficacité laissait encore à désirer. Placés à égalité, l'humain et l'outil étaient des moyens de production dont la valeur s'additionnait... hors il était quantité de tâches où l'humain pouvait être remplacé par l'outil mais ne l'était pas encore, faute d'outils appropriés disponibles en quantité suffisante.
Et si PNM et SSP donnaient une priorité grandissante à la militarisation de l'appareil économique, le développement de celui-ci restait important.
D'une part pour des raisons de politique intérieur, la population attendant beaucoup de son gouvernement.
Mais aussi pour des raisons géostratégiques propres à la notion de "Hard Power" : une économie plus productive signifiait un appareil militaire plus large.
L'automatisation du labeur se poursuivait donc, avec l'aide des technologies émergentes.
[img]http://s3.postimg.org/wvauefvwz/plateglass.jpg[/img]
La majorité du travail manuel au Wapong se faisait encore à bras d'homme, que se soit dans les champs, les mines, les chantiers ou les usines.
Les usines automatisées, bien que présentes ici et là, n'avaient jamais vraiment décollées considérant que la main d'oeuvre Wapongaise restait plus rentable que l'investissement dans un outil de haute technologie.
L'automatisation avait alors lieue mais à un rythme progressif suivant la demande privé réelle et sur base d'un financement se reposant sur des investissements plutôt que sur l'endettement.
Mais avec l'effort de guerre et l'ouverture des robinets de l'endettement publique qui l'accompagnait, l'heure n'était plus à la productivité rentable mais bien à la productivité tout court.
Comparée à la demande privée d'avant-guerre, les commandes de l'État étaient sans limite et, sitôt la main d'oeuvre complètement affectée, le seul moyen d'honorer les nouveaux contrats était bel et bien d'automatiser massivement, libérant des bras pour produire encore et toujours plus.
Le coût importait peu : le Directoire et ses poches sans fond, généreusement remplies par les banquiers étrangers, couvrirait l'ardoise... enfin, si la guerre était gagnée.
[img]http://s30.postimg.org/a1hdxiqmp/mistral5.jpg[/img]
Atelier de production automatisée d'obus "Pogjug" [feux d'artifice]. L'assemblage demeure encore à petite échelle mais contribue à fournir l'Armée de Libération.
La productivité brute du Wapong augmente... mais paradoxalement, ses importations de matériel industriel sont en hausse, les navires venant du Raksasa, du Kaiyuan, du Vicaskaran et d'Alméra apportant leur lot d'outils-machines, de véhicules civils et autres matériaux en vue de renforcer une infrastructure en perpétuelle mutation.
Il faut libérer toujours plus de bras pour les affecter immédiatement après à une nouvelle tâche, un nouveau chantier, un nouveau projet.
L'émigration facilitée, autrefois pratiquée comme un moyen de se débarrasser des moins rentables des habitants en vue de créer une société efficace et élitiste, est pour ainsi dire à l'arrêt.
Le mot d'ordre premier est quantité, pas qualité... ce qui implique que même un paysan illettré sans qualification est précieux si son travail vaut même un seul $RAK de plus que ce qu'il coûte à maintenir en vie au quotidien !!
Chacun est le bienvenu dans la nation-usine afin de faire sa part, portant une partie du fardeau commun qui chaque jour s'alourdit.
La technologie ne l'allège pas : elle l'autorise à grandir sans qu'il n'écrase la masse humaine qui, sous sa masse croissante, est lentement brouillée.
Et si les portes de la République restent ouvertes, c'est uniquement car le Directoire regarde à présent plus que jamais vers ses voisins pour trouver encore plus de main d'oeuvre.
Dans cette optique, toute technologie qui libérera des champs les paysans de l'Hakoim, du Shankhaï ou du Luveing pour ensuite les pousser vers les usines de la Vallée de Wa est bonne à saisir...
[img]http://s7.postimg.org/s34cmplaz/riceplanter.jpg[/img]
Prototype de robot planteur de riz complétement automatisé. Le projet, prévu pour aboutir d'ici un à deux ans, devrait permettre de libérer 5 à 6 millions de travailleurs potentiels rien qu'au Sud-Makara lors de la prochaine décennie.
Mais on ne se limite pas à considérer les ressources humaines à l'échelle du grossier dénominateur qu'est l'individu.
On descend jusqu'à l'heure de travail, instant précieux limité à 24 heures par individu par jour et dont entre 25 et 33% sont gâchés par le sommeil.
Une inefficacité de plus qui, si les projets lancés dans certains districts portent leurs fruits, appartiendra bientôt au passé.
Le sommeil polyphasique, qui fut découvert, observé, étudié et pratiqué au sein de la Technocracie en vue d'offrir d'avantage d'heures de loisir à l'homme, est vu ici comme un moyen d’accroître la productivité.
Déjà, dans le District 63, le projet "Dajun" est opérationnel depuis trois mois.
Il a rendu une vie de famille aux travailleurs tout en faisant le bonheur des actionnaires des entreprises locales, dont la productivité augmente légèrement.
Mais ces quelques heures de loisirs offertes à cet échantillon de cobayes, luxe décadent en cette ère de péril, est un maigre prix à payer pour ce qu'ils ont apporté comme connaissance.
Sous un an, le sommeil polyphasique sera la norme parmi les entreprises du Wapong, non pas pour offrir des loisirs mais bien pour accroître le volume horaire de travail possible... et avec lui la productivité totale de la nation.
[img]http://s29.postimg.org/4iyggtw47/stareater_Capsule.jpg[/img]
"Sleeping Coffin", un concept encore théorique d'unité de sommeil offrant un contrôle sonore et atmosphérique totale pour maximiser la qualité du sommeil des travailleurs. La diffusion de divers composés chimiques (ou même carrément pharmaceutiques) dans l'habitacle est envisagée pour améliorer encore cela et réguler le sommeil utile à la minute précise.
S'y ajoutent l'usage d'autres technologies émergentes, tel que le projet "Smart Guy" mené par l'Université de Wapong-City pour améliorer la neuroplasticité du cerveau en vue d'un accroissement des capacités d'apprentissage, des réflexes, du raisonnement et de la mémoire.
Que dire aussi des possibilités de contrôle à distance de l'outil sans cesse accrue par le projet "Small Step" qui, chaque jour, gomme la frontière entre l'esprit humain et les circuits électroniques ?
Le contrôle de chaque minute et geste de chaque outil, qu'il soit humain ou machine, se précise et s’accroît, apportant son lot d'amélioration au processus de fabrication.
L'ensemble de ces mesures, combinées, visent à doter le Wapong des moyens de sa politique.
Si la quantité est l'objectif premier de l'économie wapongaise en cours de transition vers une économie de guerre, l'efficacité ne peut que contribuer à cet objectif.
Et comme cela a toujours été le cas pour le Miracle Wapongais, il n'y a aucun tabou moral ou technologique qui ne serait être balayé par la recherche de l'excellence...
[img]http://s27.postimg.org/ru9u809wz/industrialcomplex.png[/img]
15/06/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=FlgNhPf2aEU]Ambiance musicale[/url]
Le "Hard Power", expression ultime du militarisme nationaliste mégalomane, rêve humide de tous les apprentis tyrans et symbole absurde d'une course à la production destructive voulue par les élites aux commandes des États-Nations dans leur compétition permanente pour le contrôle des ressources humaines et matérielles.
Depuis la chute du Général Ngô en 2012, la République n'avait cessé de cracher sur ce concept, le voyant comme une absurdité qui entraînerait le pays dans un cercle vicieux d'insécurité isolationniste et d'agressivité expansionniste.
Pourtant, le Wapong, jadis fier bastion des libertés qui brillait à la face du monde en exposant sa prospérité et son ingéniosité sans afficher le moindre soupçon de doute quant à sa supériorité ou d'ambitions à l'égard de ses voisins, avait cédé aux sirènes de la Puissance.
Son industrie qui hier produisait de quoi satisfaire les besoins matériaux et spirituels de ses citoyens s'activait aujourd'hui à produire une machine de destruction.
Le charbon du Shankhaï et quantité d'autres combustibles venus de l'étranger maintenaient vives les flammes des fonderies dans le creuset desquels les alliages métaliques voyaient le jour.
Et sous les noirs nuages qui obscurcissaient les cieux, une population courageuse se démenait à la tâche pour obtenir les précieux billets qui lui donnaient accès à une nourriture également venue de contrées lointaines.
Telle une machine bien huilée, la République transformait des moments d’existence humaine en munitions, fusils et autres fournitures martiales.
Ses travailleurs-citoyens étaient maintenus en vie, dans une parodie de bien-être couvrant les besoins de base, pour qu'ils œuvrent à la réalisation des desseins belliqueux d'une poignée d'individus se croyant investi d'une mission sacrée.
Selon toute logique, la misère aurait déjà dû saisir le Wapong par le cou et traîner sa population dans la famine.
Mais pour l'heure, les marchés réagissaient bien : la monnaie se dévaluait, bien entendu, mais les énormes réserves de devises étrangères acquises via les prêts permettaient de minimiser le besoin d'imprimer de nouveaux billets.
Le coût des importations, une fois reporté en terme d'heure moyenne de travail, demeurait supportable, laissant le flot de ressources couler dans le gosier avide de la République.
Au Wapong, pas un seul adulte n'était désormais sans emploi. Beaucoup étaient sous-employés comparé à ce qu'ils pourraient être, s'activant à leur ouvrage avec des outils inadéquats ou insuffisants mais s'activant néanmoins et, en cela, ils ne gâchaient pas complètement leur temps, justifiant au moins la maigre pitance que le Directoire leur accordait.
Pas un seul des 10,5 millions de Wapongais en age de travailler n'était obligé de le faire : tous le faisait volontairement, par la nécessité d'une terre trop pauvre pour nourrir leurs familles et de l'absence d'une solidarité de privilège comme il en existait dans ces "orgueilleuses nations barbares d'Alméra" que dénonçait la propagande du Directoire.
Le Directoire disposait de moyens humains et matériels gigantesques pour mener à bien ses projets guerriers... mais il en avait besoin de d'avantage encore.
L'efficacité laissait encore à désirer. Placés à égalité, l'humain et l'outil étaient des moyens de production dont la valeur s'additionnait... hors il était quantité de tâches où l'humain pouvait être remplacé par l'outil mais ne l'était pas encore, faute d'outils appropriés disponibles en quantité suffisante.
Et si PNM et SSP donnaient une priorité grandissante à la militarisation de l'appareil économique, le développement de celui-ci restait important.
D'une part pour des raisons de politique intérieur, la population attendant beaucoup de son gouvernement.
Mais aussi pour des raisons géostratégiques propres à la notion de "Hard Power" : une économie plus productive signifiait un appareil militaire plus large.
L'automatisation du labeur se poursuivait donc, avec l'aide des technologies émergentes.
[img]http://s3.postimg.org/wvauefvwz/plateglass.jpg[/img]
La majorité du travail manuel au Wapong se faisait encore à bras d'homme, que se soit dans les champs, les mines, les chantiers ou les usines.
Les usines automatisées, bien que présentes ici et là, n'avaient jamais vraiment décollées considérant que la main d'oeuvre Wapongaise restait plus rentable que l'investissement dans un outil de haute technologie.
L'automatisation avait alors lieue mais à un rythme progressif suivant la demande privé réelle et sur base d'un financement se reposant sur des investissements plutôt que sur l'endettement.
Mais avec l'effort de guerre et l'ouverture des robinets de l'endettement publique qui l'accompagnait, l'heure n'était plus à la productivité rentable mais bien à la productivité tout court.
Comparée à la demande privée d'avant-guerre, les commandes de l'État étaient sans limite et, sitôt la main d'oeuvre complètement affectée, le seul moyen d'honorer les nouveaux contrats était bel et bien d'automatiser massivement, libérant des bras pour produire encore et toujours plus.
Le coût importait peu : le Directoire et ses poches sans fond, généreusement remplies par les banquiers étrangers, couvrirait l'ardoise... enfin, si la guerre était gagnée.
[img]http://s30.postimg.org/a1hdxiqmp/mistral5.jpg[/img]
Atelier de production automatisée d'obus "Pogjug" [feux d'artifice]. L'assemblage demeure encore à petite échelle mais contribue à fournir l'Armée de Libération.
La productivité brute du Wapong augmente... mais paradoxalement, ses importations de matériel industriel sont en hausse, les navires venant du Raksasa, du Kaiyuan, du Vicaskaran et d'Alméra apportant leur lot d'outils-machines, de véhicules civils et autres matériaux en vue de renforcer une infrastructure en perpétuelle mutation.
Il faut libérer toujours plus de bras pour les affecter immédiatement après à une nouvelle tâche, un nouveau chantier, un nouveau projet.
L'émigration facilitée, autrefois pratiquée comme un moyen de se débarrasser des moins rentables des habitants en vue de créer une société efficace et élitiste, est pour ainsi dire à l'arrêt.
Le mot d'ordre premier est quantité, pas qualité... ce qui implique que même un paysan illettré sans qualification est précieux si son travail vaut même un seul $RAK de plus que ce qu'il coûte à maintenir en vie au quotidien !!
Chacun est le bienvenu dans la nation-usine afin de faire sa part, portant une partie du fardeau commun qui chaque jour s'alourdit.
La technologie ne l'allège pas : elle l'autorise à grandir sans qu'il n'écrase la masse humaine qui, sous sa masse croissante, est lentement brouillée.
Et si les portes de la République restent ouvertes, c'est uniquement car le Directoire regarde à présent plus que jamais vers ses voisins pour trouver encore plus de main d'oeuvre.
Dans cette optique, toute technologie qui libérera des champs les paysans de l'Hakoim, du Shankhaï ou du Luveing pour ensuite les pousser vers les usines de la Vallée de Wa est bonne à saisir...
[img]http://s7.postimg.org/s34cmplaz/riceplanter.jpg[/img]
Prototype de robot planteur de riz complétement automatisé. Le projet, prévu pour aboutir d'ici un à deux ans, devrait permettre de libérer 5 à 6 millions de travailleurs potentiels rien qu'au Sud-Makara lors de la prochaine décennie.
Mais on ne se limite pas à considérer les ressources humaines à l'échelle du grossier dénominateur qu'est l'individu.
On descend jusqu'à l'heure de travail, instant précieux limité à 24 heures par individu par jour et dont entre 25 et 33% sont gâchés par le sommeil.
Une inefficacité de plus qui, si les projets lancés dans certains districts portent leurs fruits, appartiendra bientôt au passé.
Le sommeil polyphasique, qui fut découvert, observé, étudié et pratiqué au sein de la Technocracie en vue d'offrir d'avantage d'heures de loisir à l'homme, est vu ici comme un moyen d’accroître la productivité.
Déjà, dans le District 63, le projet "Dajun" est opérationnel depuis trois mois.
Il a rendu une vie de famille aux travailleurs tout en faisant le bonheur des actionnaires des entreprises locales, dont la productivité augmente légèrement.
Mais ces quelques heures de loisirs offertes à cet échantillon de cobayes, luxe décadent en cette ère de péril, est un maigre prix à payer pour ce qu'ils ont apporté comme connaissance.
Sous un an, le sommeil polyphasique sera la norme parmi les entreprises du Wapong, non pas pour offrir des loisirs mais bien pour accroître le volume horaire de travail possible... et avec lui la productivité totale de la nation.
[img]http://s29.postimg.org/4iyggtw47/stareater_Capsule.jpg[/img]
"Sleeping Coffin", un concept encore théorique d'unité de sommeil offrant un contrôle sonore et atmosphérique totale pour maximiser la qualité du sommeil des travailleurs. La diffusion de divers composés chimiques (ou même carrément pharmaceutiques) dans l'habitacle est envisagée pour améliorer encore cela et réguler le sommeil utile à la minute précise.
S'y ajoutent l'usage d'autres technologies émergentes, tel que le projet "Smart Guy" mené par l'Université de Wapong-City pour améliorer la neuroplasticité du cerveau en vue d'un accroissement des capacités d'apprentissage, des réflexes, du raisonnement et de la mémoire.
Que dire aussi des possibilités de contrôle à distance de l'outil sans cesse accrue par le projet "Small Step" qui, chaque jour, gomme la frontière entre l'esprit humain et les circuits électroniques ?
Le contrôle de chaque minute et geste de chaque outil, qu'il soit humain ou machine, se précise et s’accroît, apportant son lot d'amélioration au processus de fabrication.
L'ensemble de ces mesures, combinées, visent à doter le Wapong des moyens de sa politique.
Si la quantité est l'objectif premier de l'économie wapongaise en cours de transition vers une économie de guerre, l'efficacité ne peut que contribuer à cet objectif.
Et comme cela a toujours été le cas pour le Miracle Wapongais, il n'y a aucun tabou moral ou technologique qui ne serait être balayé par la recherche de l'excellence...
-
Johel3007
Research & Destruction
[img]http://s23.postimg.org/iczjlbwvv/empty_idle_chinese_steel_factory_manufacturing.jpg[/img]
01/07/2023
Fonderie n°23 de [url=http://www.simpolitique.com/post70985.html#70985]MakeMoreSteel Corporation[/url]
Yweth, District 38
Wapong
Grand jour pour Sato Makatari, président exécutif de la MakeMoreSteel Corporation. Son entreprise, fondée voici une décennie à peine avec l'aide d'investisseurs Thorvaliens et Savoiens durant la période de privatisation de l'industrie qui avait suivi la révolution de 2012, avait bénéficié d'une croissance rapide grâce au Miracle Wapongais, lequel entraînait une forte demande pour de l'acier et autres alliages à base de fer.
Une demande qui n'avait cessé de croître et qui s'avérait encore souvent insatisfaite : le marché mondial affichait [url=http://www.simpolitique.com/post218692.html#218692]un prix de presque 12.000 $RAK la tonne[/url] alors que les coûts de production atteignaient au pire les 1.000 $RAK la tonne malgré un cour du fer lui aussi en forte hausse depuis quelques années.
Il en résultait des marges folles pour les producteurs et des carnets de commande en permanente saturation.
La destruction du Pelabssa et de son industrie avait laissé un vide que le monde peinait à combler et dans ce contexte, trouver les ressources pour construire de nouvelles aciéries n'était pas un soucis.
Dans ce contexte, une diversification des activités avait peu de sens. Le core business, l'activité dans laquelle le savoir-faire était maîtrisé, suffisait largement et l'idée même de s'en éloigner s'approchait dangereusement d'une volonté monopolistique ou, pire, d'une intégration verticale.
La pensée économique de la Doctrine Fan, dont Sato Makatari était un des disciples, décourageait cela, estimant que toute tentative de contrôle absolu visant à réduire la concurrence entraînerait une stagnation technologique et, à terme, économique.
Seule le monopole naturel, né de l'excellence pure plutôt que d'un sabotage du marché, était tolérable à cet égard.
Mais ce n'était pas Makatari qui prenait la décision ici concernant la stratégie de MakeMoreSteel : c'était les actionnaires, parmi lesquels le plus gros était l'Assemblée Citoyenne, représentée en ce jour par le Directeur Exécutif Li Fu.
Beaucoup de critiques de la République ricanaient sans doute en voyant que, dans un pays qui se proclamait comme un bastion du marché libre, le gouvernement soit toujours l'actionnaire majoritaire dans beaucoup d'entreprises.
C'était simplement une preuve que, contrairement aux apparences, la privatisation du Wapong avait été loin d'être sauvage et précipitée suite à la chute du régime kiroviste de Ngô :
Les secteurs des services, de l'industrie de consommation avaient en effet été bradés dès les premiers jours de la République, leur vente servant autant à remplir les caisses vides du gouvernement qu'à récompenser la loyauté politique, comme le démontrait le fait que quantité de membres influents du MLC et de la LNC étaient fortement représentés au sein des grands patrons.
Mais c'était précisément les secteurs qui, sous le kirovisme, étaient les moins développés dans une économie déjà peu productive à la base.
Les industries lourdes, les mines, l'agriculture... ces secteurs-là n'étaient privés que sur papier, le gouvernement gardant, via ses actions, une forte participation au bénéfice et un droit d’ingérence dans la gestion.
Jusqu'à présent, l’ingérence du Directoire dans le quotidien des grandes entreprises avait été relativement faible.
Il exigeait parfois quelques faveurs et il était ainsi fréquent que les grandes entreprises aient des départements fantômes dont la contribution au bénéfice était ridicule comparé aux dépenses qu'ils généraient et dont l'activité des employés elle-même était floue.
Mais cela restait à un niveau tolérable et était vu par tous comme un maigre prix à payer pour la liberté totale à tous les autres niveaux.
C'était une de ces "faveurs" que le Directoire avait exigée de MakeMoreSteel voici déjà quelques mois [url=http://www.simpolitique.com/post218799.html#218799]en préparation d'autres projets[/url].
La faveur en question avait été une collaboration avec d'autres entreprises sur plusieurs aspects et elles étaient également représentées ici :
Hong Hac Bek, la présidente des entreprises [url=http://www.simpolitique.com/post97783.html#97783]Cyclo Bek[/url] (un tiers de la production de vélos au Wapong) et Motor Bek (la moitié des ventes de vélomoteurs au Wapong).
Benjiro Nakasone, président de la [url=http://www.simpolitique.com/post106296.html#106296]Makaran Automobile Company[/url], industrie automobile d'origine tarnoise revendue depuis lors à la JP Kanton.
Song Yamato, première fortune du pays, chef de file du MLC et président du groupe [url=http://www.simpolitique.com/topic5577.html]Yamato Shipyard[/url] (construction navale et autres affaires maritimes)
Et une dizaine d'autres formant un groupe hétéroclite d'hommes d'affaire et d'ingénieurs.
Le projet avait été important et la carrière de Sato Makatari dépendrait de son succès ou de son échec :
Un énorme contrat gouvernemental était à la clé et la perte d'un tel contrat ne plairait pas du tout aux actionnaires...
D'autres retombées, bonnes comme mauvaises, étaient aussi à prévoir pour les autres personnes et entreprises impliquées
Li Fu
Directeur Exécutif
"-Je vois que nous sommes tous arrivé. Makatari-san, vous pouvez débuté."
Sato Makatari
Président de MakeMoreSteel
"-Merci, monsieur le directeur exécutif. Je souhaite tout d'abord la bienvenue à chacun de vous et vous adresse mes remerciements pour ce qui a été accomplis au cours des derniers mois.
Nous ne disposions que de peu de temps pour réaliser quelque chose de relativement nouveau avec des techniques encore largement méconnues.
Si je ne doute pas que le résultat sera satisfaisant, il me faut aussi reconnaître qu'il n'est pas, et loin de là, un exemple d'excellence telle que nos entreprises ont toujours cherché à accomplir depuis plus d'une décennie.
Mais le fait est que nous avons malgré tout accompli une prouesse d'ingénierie qui pose ici les bases pour un futur prometteur.
Je vais à présent céder la place à Sarah Bek, ingénieure en chef du projet, afin qu'elle nous parle en des termes plus techniques de notre création commune, j'ai nommé le AV-001, alias "Bakeneko".
Mademoiselle Bek ?"
Une jeune femme en tailleur s'avança à l'avant du petit groupe. Elle pianota d'une main légère sur sa tablette électronique avant de rehausser une paire de lunettes étroites sur un nez un peu trop parfait que pour être complètement naturel, tout comme ses yeux un peu trop ronds comparés à ceux des sud-makirans.
Les lunettes aussi étaient sans doute purement cosmétique : à son niveau de salaire, une telle personne avait accès aux meilleures de ce que la Wai Health Corporation pouvait offrir.
Quand elle prit la parole, ce fut sur un ton sec, direct et dépourvu de toute émotion.
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Le AV-001 est le premier de ce que nous espérons être une longue série de modèles de véhicules blindés qui, sur les champs de bataille de demain, rempliront un large éventail de rôles contribuant à la victoire des forces armées qui l'adopteront.
Basé sur le modèle du [url=http://www.simpolitique.com/post67463.html#67463]FV-58 de chez Mayers Fields[/url], il en partage quantité de caractéristiques.
En fait, je peux même affirmé sans gène ou honte qu'il en est une copie quasi-conforme, nos ingénieurs n'ayant eu qu'à modifier certaines extravagances de leurs homologues Pelabssiens.
Dans sa configuration de base, le AV-001 a une longueur de 487 centimètres, une largeur de 269 centimètres et une hauteur de 250 centimètres. C'est donc un volume relativement compact qui, avec un poids opérationnel de 12 tonnes, autorise son transport par voie aérienne, par train et même par camions ou petits navires si besoin.
Doté d'une capacité amphibie des plus honorables, il peut même opéré pour une durée limitée en étant entièrement submergé.
Son moteur, d'une puissance incroyable au vu de son volume et de ses besoins en carburant, peut le propulser jusqu'à 60km/h en tout terrain et le faire voguer à 5km/h pour les opérations de débarquement ou de franchissement de cours d'eau.
Avec une autonomie moyenne de 450 km, le AV-001 peut ainsi rouler pendant un peu moins de huit heures par jour à pleine vitesse sans avoir besoin de ravitaillement, le tout en transportant son équipage maximum de 13 personnes.
Mais cette introduction pleine d'éloges rend moins hommage à la bête qu'elle ne saurait le faire elle-même."
Le rugissement d'un moteur s'éleva en écho à travers l'usine, couvrant le bruit des machines et faisant lever la tête aux ouvriers malgré la menace toujours discrète du système de surveillance auxquels ils étaient soumis.
Puis, entre le capharnaüm de tapis roulants, pompes, forges, puits à scories, palettes de matériel et divers petits véhicules de chantier, l'ombre menaçante d'un mastodonte d'acier apparut, dansant à la lumière écarlate du métal en fusion qui circulait ici en rivières.
Elle fut suivie par son propriétaire : AV-001.
Le premier blindé fut rapidement suivi par une dizaine d'autres.
[img]http://s11.postimg.org/3za33hv8z/m113_approach_ship_ramp.jpg[/img]
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Son surnom, Bakeneko, est en rapport avec une créature de la mythologie Eranéen qui, ayant l'apparence d'un petit chat, peut néanmoins changer de forme afin d'accomplir ses desseins.
Comme le Bakeneko, le AV-001 est capable de s'adapter aux situations et de changer de forme selon les besoins opérationnels.
L'idée d'une haute modularité fut au cœur même de sa conception. Onze modules alternatifs ont déjà été conçus et sont en cours de test :
Dans un atelier correctement équipé, chaque version peut être convertie dans une autre en quelques jours de travail à peine, assurant ainsi une grande flexibilité stratégique.
Le AV-001 est la désignation pour le véhicule blindé transporteur de troupes.
Des désignations similaires, allant de AV-002 à AV-011 seront utilisées pour les autres modules lorsqu'ils seront pleinement opérationnels et qu'une production à grande échelle sera possible.
Chacun bénéficie des caractéristiques tout-terrain du AV-001 et ses performances en terme de vitesse, autonomie, blindage, ect...
En ce qui concerne le AV-001, il est le modèle le plus basique de la série et comme vous pouvez le voir, ce n'est pas grand chose de plus qu'une grosse boite sur chenilles, en fait.
La complexité vient surtout de sa résistance, son endurance et sa simplicité logistique comparé à sa puissance et sa taille réduite.
Comparé à son équivalent Pelabssien FV-58, il est clairement inférieur, ne serait-ce que parce que nous ne pouvions nous permettre de concevoir un véhicule plus complexe car il aurait été impossible de le produire dans un volume utile.
Quantité de technologies Pelabssiennes ont été perdues. D'autres ne sont plus maîtrisées que par une poignée d'individus et même les technologies largement comprises ne peuvent souvent pas être répliquées adéquatement, faute de disposer de l'outil industriel pour produire certains composants pour lesquels, si nous comprenons leur fonctionnement, nous ignorons comment les fabriquer en masse.
Nous avons donc opter pour la rentabilité et la simplicité plutôt que pour l'excellence et l'efficacité individuelle.
Oui, un AV-001 est inférieur à un FV-58... mais il peut être produit pour la moitié du coût et avec des moyens technologiques très inférieurs.
Hors, l'une des idées clés derrière le concept de la série AV et du complexe industriel qui les produira en masse est que celui-ci doit pouvoir être dupliqué facilement par de nombreux pays en vue d'atteindre le volume de production gigantesque qui sera nécessaire à une éventuelle Armée de l'Humanité sous bannière de l'Assemblée des États.
À ce jour, nous n'avons produit qu'une vingtaine d'unités, dont la majorité servent de base pour les tests des différents modules alternatifs.
Ceux que vous voyez devant vous sont les seuls blindés légers opérationnels qui, si besoin, pourraient rejoindre le front dès demain.
Cela est dû au fait que, sans moyens industriels spécialisés, la fabrication de chacun de ces blindés fut un processus presque artisanal.
Nous estimons toutefois que le [url=http://www.simpolitique.com/post216016.html#216016]premier complexe industriel[/url], actuellement en construction et prévu pour être finalisé d'ici trois mois, pourra produire environ 3000 unités à l'année.
Un volume de production que pourront égaler ou même dépasser les autres futurs complexes industriels."
Li Fu
Directeur Exécutif
"-Je suppose qu'une démonstration pratique est prévue ?"
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Au sein de cette usine, cela n'est hélas pas possible.
Mais une vidéo de présentation vous attend dans nos bureaux, où je vous invite à me suivre pour prendre le champagne et répondre aux questions dans une atmosphère plus confortable."
[img]http://s23.postimg.org/iczjlbwvv/empty_idle_chinese_steel_factory_manufacturing.jpg[/img]
01/07/2023
Fonderie n°23 de [url=http://www.simpolitique.com/post70985.html#70985]MakeMoreSteel Corporation[/url]
Yweth, District 38
Wapong
Grand jour pour Sato Makatari, président exécutif de la MakeMoreSteel Corporation. Son entreprise, fondée voici une décennie à peine avec l'aide d'investisseurs Thorvaliens et Savoiens durant la période de privatisation de l'industrie qui avait suivi la révolution de 2012, avait bénéficié d'une croissance rapide grâce au Miracle Wapongais, lequel entraînait une forte demande pour de l'acier et autres alliages à base de fer.
Une demande qui n'avait cessé de croître et qui s'avérait encore souvent insatisfaite : le marché mondial affichait [url=http://www.simpolitique.com/post218692.html#218692]un prix de presque 12.000 $RAK la tonne[/url] alors que les coûts de production atteignaient au pire les 1.000 $RAK la tonne malgré un cour du fer lui aussi en forte hausse depuis quelques années.
Il en résultait des marges folles pour les producteurs et des carnets de commande en permanente saturation.
La destruction du Pelabssa et de son industrie avait laissé un vide que le monde peinait à combler et dans ce contexte, trouver les ressources pour construire de nouvelles aciéries n'était pas un soucis.
Dans ce contexte, une diversification des activités avait peu de sens. Le core business, l'activité dans laquelle le savoir-faire était maîtrisé, suffisait largement et l'idée même de s'en éloigner s'approchait dangereusement d'une volonté monopolistique ou, pire, d'une intégration verticale.
La pensée économique de la Doctrine Fan, dont Sato Makatari était un des disciples, décourageait cela, estimant que toute tentative de contrôle absolu visant à réduire la concurrence entraînerait une stagnation technologique et, à terme, économique.
Seule le monopole naturel, né de l'excellence pure plutôt que d'un sabotage du marché, était tolérable à cet égard.
Mais ce n'était pas Makatari qui prenait la décision ici concernant la stratégie de MakeMoreSteel : c'était les actionnaires, parmi lesquels le plus gros était l'Assemblée Citoyenne, représentée en ce jour par le Directeur Exécutif Li Fu.
Beaucoup de critiques de la République ricanaient sans doute en voyant que, dans un pays qui se proclamait comme un bastion du marché libre, le gouvernement soit toujours l'actionnaire majoritaire dans beaucoup d'entreprises.
C'était simplement une preuve que, contrairement aux apparences, la privatisation du Wapong avait été loin d'être sauvage et précipitée suite à la chute du régime kiroviste de Ngô :
Les secteurs des services, de l'industrie de consommation avaient en effet été bradés dès les premiers jours de la République, leur vente servant autant à remplir les caisses vides du gouvernement qu'à récompenser la loyauté politique, comme le démontrait le fait que quantité de membres influents du MLC et de la LNC étaient fortement représentés au sein des grands patrons.
Mais c'était précisément les secteurs qui, sous le kirovisme, étaient les moins développés dans une économie déjà peu productive à la base.
Les industries lourdes, les mines, l'agriculture... ces secteurs-là n'étaient privés que sur papier, le gouvernement gardant, via ses actions, une forte participation au bénéfice et un droit d’ingérence dans la gestion.
Jusqu'à présent, l’ingérence du Directoire dans le quotidien des grandes entreprises avait été relativement faible.
Il exigeait parfois quelques faveurs et il était ainsi fréquent que les grandes entreprises aient des départements fantômes dont la contribution au bénéfice était ridicule comparé aux dépenses qu'ils généraient et dont l'activité des employés elle-même était floue.
Mais cela restait à un niveau tolérable et était vu par tous comme un maigre prix à payer pour la liberté totale à tous les autres niveaux.
C'était une de ces "faveurs" que le Directoire avait exigée de MakeMoreSteel voici déjà quelques mois [url=http://www.simpolitique.com/post218799.html#218799]en préparation d'autres projets[/url].
La faveur en question avait été une collaboration avec d'autres entreprises sur plusieurs aspects et elles étaient également représentées ici :
Hong Hac Bek, la présidente des entreprises [url=http://www.simpolitique.com/post97783.html#97783]Cyclo Bek[/url] (un tiers de la production de vélos au Wapong) et Motor Bek (la moitié des ventes de vélomoteurs au Wapong).
Benjiro Nakasone, président de la [url=http://www.simpolitique.com/post106296.html#106296]Makaran Automobile Company[/url], industrie automobile d'origine tarnoise revendue depuis lors à la JP Kanton.
Song Yamato, première fortune du pays, chef de file du MLC et président du groupe [url=http://www.simpolitique.com/topic5577.html]Yamato Shipyard[/url] (construction navale et autres affaires maritimes)
Et une dizaine d'autres formant un groupe hétéroclite d'hommes d'affaire et d'ingénieurs.
Le projet avait été important et la carrière de Sato Makatari dépendrait de son succès ou de son échec :
Un énorme contrat gouvernemental était à la clé et la perte d'un tel contrat ne plairait pas du tout aux actionnaires...
D'autres retombées, bonnes comme mauvaises, étaient aussi à prévoir pour les autres personnes et entreprises impliquées
Li Fu
Directeur Exécutif
"-Je vois que nous sommes tous arrivé. Makatari-san, vous pouvez débuté."
Sato Makatari
Président de MakeMoreSteel
"-Merci, monsieur le directeur exécutif. Je souhaite tout d'abord la bienvenue à chacun de vous et vous adresse mes remerciements pour ce qui a été accomplis au cours des derniers mois.
Nous ne disposions que de peu de temps pour réaliser quelque chose de relativement nouveau avec des techniques encore largement méconnues.
Si je ne doute pas que le résultat sera satisfaisant, il me faut aussi reconnaître qu'il n'est pas, et loin de là, un exemple d'excellence telle que nos entreprises ont toujours cherché à accomplir depuis plus d'une décennie.
Mais le fait est que nous avons malgré tout accompli une prouesse d'ingénierie qui pose ici les bases pour un futur prometteur.
Je vais à présent céder la place à Sarah Bek, ingénieure en chef du projet, afin qu'elle nous parle en des termes plus techniques de notre création commune, j'ai nommé le AV-001, alias "Bakeneko".
Mademoiselle Bek ?"
Une jeune femme en tailleur s'avança à l'avant du petit groupe. Elle pianota d'une main légère sur sa tablette électronique avant de rehausser une paire de lunettes étroites sur un nez un peu trop parfait que pour être complètement naturel, tout comme ses yeux un peu trop ronds comparés à ceux des sud-makirans.
Les lunettes aussi étaient sans doute purement cosmétique : à son niveau de salaire, une telle personne avait accès aux meilleures de ce que la Wai Health Corporation pouvait offrir.
Quand elle prit la parole, ce fut sur un ton sec, direct et dépourvu de toute émotion.
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Le AV-001 est le premier de ce que nous espérons être une longue série de modèles de véhicules blindés qui, sur les champs de bataille de demain, rempliront un large éventail de rôles contribuant à la victoire des forces armées qui l'adopteront.
Basé sur le modèle du [url=http://www.simpolitique.com/post67463.html#67463]FV-58 de chez Mayers Fields[/url], il en partage quantité de caractéristiques.
En fait, je peux même affirmé sans gène ou honte qu'il en est une copie quasi-conforme, nos ingénieurs n'ayant eu qu'à modifier certaines extravagances de leurs homologues Pelabssiens.
Dans sa configuration de base, le AV-001 a une longueur de 487 centimètres, une largeur de 269 centimètres et une hauteur de 250 centimètres. C'est donc un volume relativement compact qui, avec un poids opérationnel de 12 tonnes, autorise son transport par voie aérienne, par train et même par camions ou petits navires si besoin.
Doté d'une capacité amphibie des plus honorables, il peut même opéré pour une durée limitée en étant entièrement submergé.
Son moteur, d'une puissance incroyable au vu de son volume et de ses besoins en carburant, peut le propulser jusqu'à 60km/h en tout terrain et le faire voguer à 5km/h pour les opérations de débarquement ou de franchissement de cours d'eau.
Avec une autonomie moyenne de 450 km, le AV-001 peut ainsi rouler pendant un peu moins de huit heures par jour à pleine vitesse sans avoir besoin de ravitaillement, le tout en transportant son équipage maximum de 13 personnes.
Mais cette introduction pleine d'éloges rend moins hommage à la bête qu'elle ne saurait le faire elle-même."
Le rugissement d'un moteur s'éleva en écho à travers l'usine, couvrant le bruit des machines et faisant lever la tête aux ouvriers malgré la menace toujours discrète du système de surveillance auxquels ils étaient soumis.
Puis, entre le capharnaüm de tapis roulants, pompes, forges, puits à scories, palettes de matériel et divers petits véhicules de chantier, l'ombre menaçante d'un mastodonte d'acier apparut, dansant à la lumière écarlate du métal en fusion qui circulait ici en rivières.
Elle fut suivie par son propriétaire : AV-001.
Le premier blindé fut rapidement suivi par une dizaine d'autres.
[img]http://s11.postimg.org/3za33hv8z/m113_approach_ship_ramp.jpg[/img]
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Son surnom, Bakeneko, est en rapport avec une créature de la mythologie Eranéen qui, ayant l'apparence d'un petit chat, peut néanmoins changer de forme afin d'accomplir ses desseins.
Comme le Bakeneko, le AV-001 est capable de s'adapter aux situations et de changer de forme selon les besoins opérationnels.
L'idée d'une haute modularité fut au cœur même de sa conception. Onze modules alternatifs ont déjà été conçus et sont en cours de test :
- Artillerie mortier mobile
- Transport médical chenillé
- Cargo logistique chenillé
- Poste de commandement mobile
- Batterie antiaérienne
- Plateforme lance-missile antichars
- Plateforme radar mobile
- Véhicule d'ingénierie militaire
- Chars léger
- Véhicule blindé de reconnaissance
- et bien entendu, Véhicule blindé transporteur de troupes
Dans un atelier correctement équipé, chaque version peut être convertie dans une autre en quelques jours de travail à peine, assurant ainsi une grande flexibilité stratégique.
Le AV-001 est la désignation pour le véhicule blindé transporteur de troupes.
Des désignations similaires, allant de AV-002 à AV-011 seront utilisées pour les autres modules lorsqu'ils seront pleinement opérationnels et qu'une production à grande échelle sera possible.
Chacun bénéficie des caractéristiques tout-terrain du AV-001 et ses performances en terme de vitesse, autonomie, blindage, ect...
En ce qui concerne le AV-001, il est le modèle le plus basique de la série et comme vous pouvez le voir, ce n'est pas grand chose de plus qu'une grosse boite sur chenilles, en fait.
La complexité vient surtout de sa résistance, son endurance et sa simplicité logistique comparé à sa puissance et sa taille réduite.
Comparé à son équivalent Pelabssien FV-58, il est clairement inférieur, ne serait-ce que parce que nous ne pouvions nous permettre de concevoir un véhicule plus complexe car il aurait été impossible de le produire dans un volume utile.
Quantité de technologies Pelabssiennes ont été perdues. D'autres ne sont plus maîtrisées que par une poignée d'individus et même les technologies largement comprises ne peuvent souvent pas être répliquées adéquatement, faute de disposer de l'outil industriel pour produire certains composants pour lesquels, si nous comprenons leur fonctionnement, nous ignorons comment les fabriquer en masse.
Nous avons donc opter pour la rentabilité et la simplicité plutôt que pour l'excellence et l'efficacité individuelle.
Oui, un AV-001 est inférieur à un FV-58... mais il peut être produit pour la moitié du coût et avec des moyens technologiques très inférieurs.
Hors, l'une des idées clés derrière le concept de la série AV et du complexe industriel qui les produira en masse est que celui-ci doit pouvoir être dupliqué facilement par de nombreux pays en vue d'atteindre le volume de production gigantesque qui sera nécessaire à une éventuelle Armée de l'Humanité sous bannière de l'Assemblée des États.
À ce jour, nous n'avons produit qu'une vingtaine d'unités, dont la majorité servent de base pour les tests des différents modules alternatifs.
Ceux que vous voyez devant vous sont les seuls blindés légers opérationnels qui, si besoin, pourraient rejoindre le front dès demain.
Cela est dû au fait que, sans moyens industriels spécialisés, la fabrication de chacun de ces blindés fut un processus presque artisanal.
Nous estimons toutefois que le [url=http://www.simpolitique.com/post216016.html#216016]premier complexe industriel[/url], actuellement en construction et prévu pour être finalisé d'ici trois mois, pourra produire environ 3000 unités à l'année.
Un volume de production que pourront égaler ou même dépasser les autres futurs complexes industriels."
Li Fu
Directeur Exécutif
"-Je suppose qu'une démonstration pratique est prévue ?"
Sarah Bek
Ingénieure en chef - Motor Bek
"-Au sein de cette usine, cela n'est hélas pas possible.
Mais une vidéo de présentation vous attend dans nos bureaux, où je vous invite à me suivre pour prendre le champagne et répondre aux questions dans une atmosphère plus confortable."
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s28.postimg.org/bop5hyg4t/1380398153386.jpg[/img]
12/07/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=MRsiwBoUQPM]Ambiance musicale[/url]
La guerre approchait. Depuis plus d'une année déjà, le Wapong s'y préparait activement.
Cela avait commencer par un soutien matériel aux forces de l'UdJ dont les travailleurs troquaient le bleu d'un uniforme pour le kaki d'un autre. Le Wapong était alors une économie de marché orientée vers l'exportation de denrées de consommation et cela avait suffit à compenser pleinement les carences des nations en guerre contre la Main Noire.
Cela n'avait été qu'une étape tandis que l'outil industriel, motivé par les commandes du gouvernement, s'adaptait pour la production de munitions, armes légères, pièces détachées et autres biens utiles à la logistique d'une armée.
Au milieu de cet arsenal, des milliers de tonnes de marchandises et de biens d'équipement avaient ainsi pris la route de la Sébaldie puis, de là, avaient été déversées vers la Varlovie et les autres belligérants.
Toujours une simple étape, encore largement en cours d'ailleurs, vers la militarisation d'une économie qui, voici à peine douze mois, était dévouée à offrir aux citoyens du monde de quoi vivre confortablement.
Une étape dont le but était de maintenir en vie les nations alliées et de préparer la voie pour la production d'armes lourdes : chars, blindés, canons et drones divers.
Le temple au consumérisme se transformait en cathédrale à la guerre d'où pas plus tard qu'il y a quelques jours, les premiers avatars émergeaient.
Bien d'autres suivraient d'ici peu, avec l'ouverture programmée du premier complexe industriel militaire, voué à la production de véhicules blindés.
Mais des projets plus modestes existaient, parfois hors de l'influence directe du gouvernement et sous le contrôle de l'une ou l'autre organisations qui, dans l'anarchie wapongaise au verni d'apparence ordonnée, se disputaient l'influence sur la population en prenant soin de ne pas boulverser l'équilibe des pouvoirs trop brutalement car les Services Spéciaux n'aimaient pas cela.
Le Syndicat pour la Solidarité Paysanne était l'une de ces organisations, un "état dans l'état" avec ses propres écoles, forces de sécurité, hôpitaux, journaux, services postaux, programmes sociaux, usines et infrastructures diverses.
Dans l'immédiat, le SSP était un "partenaire à part égale" avec le PNM pour le contrôle du législatif et, dans une moindre mesure, de l'exécutif.
Ensemble, nationalistes et communistes maintenaient le peuple uni et soumis, justifiant tantôt par le patriotisme panmakiran et tantôt par la révolution sociale les sacrifices que le wapongais moyen acceptait avec résignation.
Le Wan, monnaie nationale, était victime d'une inflation rapide, fruit de la politique "de la planche à billets" pratiquée par le gouvernement pour payer ses fournisseurs avec de l'argent qu'il n'avait pas.
Il en résultait une perte rapide du pouvoir d'achat, déjà assez médiocre pour quantité de familles wapongaises, et les travailleurs payés en salaire fixe plutôt qu'en actions souffraient le plus.
À mesure que le peuple perdait confiance dans le papier-chiotte gouvernemental, il en accordait d'avantage aux actions des entreprises pouvant montrer des contrats avec l'étranger et donc des sources de devises plus stables, dont la valeur en Wan ne cesserait de grimper dans les mois à venir.
Une autre forme de rémunérations alternatives appréciées était le paiement en nature : nourriture, savon, combustible, tissu, alcool, tabac et autres denrées de consommation courante qui, de toute façon, ferait partie de la liste de courses de chaque foyer.
Le SSP avait opté pour cette deuxième solution, offrant au sein de ses collectivités un niveau de vie certes précaire et déclinant mais néanmoins stable.
Il n'était pas le seul mais il était l'organisation ayant la structure la plus adaptée pour ce genre de "retour au troc" au sein des container towns.
Cela lui garantissait une forte popularité dans les milieux les plus défavorisés, au sein desquels les délégués et officiers du Syndicat avaient un statut quasi-religieux.
Une communion fraternelle unissaient les membres du Syndicat, forcés d'avancer ensemble pour survivre à la marée, qu'il s'agisse de la Main Noire ou du coût économique de lutter contre elle.
Le SSP savait joué de cette dévotion née de la misère à peine évitée et en tirait une force qui, jusqu'ici, n'avait pas été utilisée.
Cela allait changer.
----------------------------------------
Ils étaient plus de 400 à avoir été rassemblés sur les quais de Lushan. Cité du vice, jadis escale de choix des marins pelabssiens et des mercenaires de tout bord, la ville brillait déjà de ses lumières néonées multicolores, bien qu'une forte lueur rouge monte de plusieurs quartiers en dépit de l'heure pourtant encore peu avancée.
Il n'était pas encore 19h00 mais déjà, la nuit était tombée en ce milieu d'hiver.
Le froid ne semblait pourtant pas géner les volontaires, dont le coeur, à l'idée de ce qu'on allait demandé d'eux, était réchauffé par une ardeur patriote... à moins qu'il ne s'agisse de l'alcool généreusement distribué par les fille de joie errant sur le port dans leur quête de clientèle.
Plusieurs volontaires s'étaient déjà laissé distraire et Sergio estima que cela ne pouvait plus durer.
Une détonation fendit l'air et le regard des paysans frigorifiés passa immédiatement des putains roucoulantes à la silhouette du vieux cubalivien qui, tenant son pistolet pointé vers les cieux, attendit d'avoir l'attention de son public.
Sergio Vargas
Légende vivante
"-Des pétasses, vous en aurez autant que vous voudrez à votre retour, camarades !!
Et d'ici quelques mois, si notre résolution ne faiblit pas, les cuisses de la Mère Rostovie elle-même s'écarteront pour vous accueillir.
Non qu'on ait grand chose à tirer de cette vieille catin ravagée... mais soit !!
Messieurs, vous êtes ici ce soir car vous êtes l'élite, la fierté et l'espoir de vos frères et soeurs.
Chacun d'entre vous est un redoutable guerrier et un fidèle serviteur du Syndicat dans la lutte pour la révolu... Oh et puis merde !!
On sait bien vous et moi que c'est des conneries !! La réalité est que vous êtes des merdeux, des bons à rien, des orphelins sans autre attache que la collectivité qui, par pitié, vous a accorder de porter une arme en son nom pour que vous soyez un minimum utile et justifiez votre misérable existence.
J'en vois qui sont gênés !! Ne le soyez pas !! J'étais pareil à votre age et ça m'a valut d'avoir une vie intéressante... mais pour cela, j'ai dû prendre mon destin en main et accepter l'idée que cette vie pourrait s'arrêter chaque jour, à l'instant où la réalité finirait par ne plus se plier à ma volonté.
Je continue de vivre avec cette idée et à chaque jour dire au monde "pas aujourd'hui... pas encore..." avant de me battre pour le rendre meilleur et l'arracher des griffes de la bande de monarques couards et de faux prophètes qui prétendent nous dictez nos existences "pour notre bien".
À partir de ce soir et pour les semaines à venir, vous allez faire pareil... ou mourir en essayant, ce qui reviendra au même.
Vous allez vous tenir droit, bomber le torse, serrer les dents, bander vos muscles et plonger de front contre un monstre dont chacune des puissances mondiales de cette planète s'est jusqu'ici écarter en pissant de trouille.
Et vous savez quoi ? Mort ou vifs, vous allez gagner. NOUS allons gagner, camarades !!
Nous allons saigner à blanc la bête qui rôde au Viek Kiong jusqu'à ce que cesse de battre son cœur noir et que s'affaisse son corps morbidement bouffi par le sang et les larmes de nos frères.
Ce soir, vous êtes mort, comme je l'ai été [url=http://www.simpolitique.com/post64535.html#64535]voici de cela dix ans quand j'ai embarqué pour le Wapong[/url] avec une promesse faite au grand Tony Peres lui-même :
Rendre votre pays à votre peuple !!
Aurez-vous le courage de me faire la même promesse ce soir ?!!
Embarquerez-vous sur ces navires, derrière moi, sans certitude de ne jamais revoir votre patrie mais avec la conviction de lutter pour une cause juste ?!!
Vivrez-vous libres ?!!!"
La réponse fut positive, bien que Sergio nota q'elle aurait pu être plus enthousiaste.
Mais bon... cette bande de jeunots n'étaient encore que des civils hier.
Des fils de pêcheurs pour certains mais surtout des vagabonds sans profession et des paysans sans terre pour qui les Milices Syndicales avaient été une meilleure famille que celle dont, cinquième ou sixième enfant, ils avaient dû partir.
Mais ils feraient l'affaire. Déjà, les officiers prenaient le relais, groupant la horde informe en un semblant d'équipages avant de les faire avancer vers ce qui serait leur foyer pour les mois à venir :
[img]http://s16.postimg.org/46sci7s7p/photodune_4387127_fishing_boats_vietnam_xs.png[/img]
Les [url=http://www.simpolitique.com/post109027.html#109027]chalutiers de classe "Cormoran"[/url], produit phare de la Yamato Shipyard parmi les populations des Districts côtiers.
Incroyablement lents... mais robustes et endurants.
Ils seraient une centaine à prendre ainsi la mer et à naviguer dans le Détroit du Fzing, longeant la côte jusqu'à la pointe de l'Hakoim avant de se lancer en haute mer pour leur raid, invisibles qu'ils seraient au milieu de la horde de petits navires de pêche similaires qui se disputaient les eaux poissonneuses dans une région où l'agriculture ne suffisait pas à nourrir les hommes.
Les navires seraient probablement cinq à six fois moins rapides que leurs proies mais leur nombre et anonymat suffirait à compenser ce problème.
D'autant que, contrairement aux pirates qui pullulaient le long des côtes du Zanyane et du Nord-Makara, ceux-ci ne chercheraient pas à aborder leurs cibles... mais bien simplement à les couler.
Une tâche pour laquelle les câles des navires, habituées à transporter plusieurs tonnes de poisson, avaient été aménagées pour accueillir un outil de choix.
[img]http://s22.postimg.org/tqymkhsch/torpedo.jpg[/img]
Le Wapong manque d'expérience en matière de torpilles, n'ayant jamais vraiment voulu investir dans les sous-marins jusqu'ici.
Il a en revanche une solide expérience dans les systèmes de guidage radar, sur lesquels il a longuement travailler avec le Lochlann dans le but de réaliser le patrouilleur lance-missile "Sea Snake".
Le projet fut long de trois années et n'aboutit qu'à la création d'une poignée de navires mais permit l'acquisition d'un grand savoir-faire, lequel est appliqué aujourd'hui avec deux modèles de "drones marins" expérimentaux.
La SSA-001X "Blue Shark" et la SSA-002X "White Shark" ont pour objectif d’équiper la flotte wapongaise dans les années à venir.
Actuellement encore en phase de test, elles sont peu fiables contre des navires de guerre et presque inutiles contre des navires de guerre modernes.
Mais elles sont jugées plus que suffisantes pour attaquer des navires civils qui ne suspecteraient rien.
Sergio Vargas aimait ce plan.
Moins parce qu'il jouait sur les forces actuelles du SSP que parce qu'il lui en apporterait d'avantage :
L'usine où était produite les torpilles était la propriété (indirecte) du Syndicat.
Avec un sourire satisfait, il se dirigea vers la jeep, refermant son manteau pour se protéger du froid tandis que les volontaires poursuivaient l'embarquement.
[img]http://s28.postimg.org/bop5hyg4t/1380398153386.jpg[/img]
12/07/2023
[url=http://www.youtube.com/watch?v=MRsiwBoUQPM]Ambiance musicale[/url]
La guerre approchait. Depuis plus d'une année déjà, le Wapong s'y préparait activement.
Cela avait commencer par un soutien matériel aux forces de l'UdJ dont les travailleurs troquaient le bleu d'un uniforme pour le kaki d'un autre. Le Wapong était alors une économie de marché orientée vers l'exportation de denrées de consommation et cela avait suffit à compenser pleinement les carences des nations en guerre contre la Main Noire.
Cela n'avait été qu'une étape tandis que l'outil industriel, motivé par les commandes du gouvernement, s'adaptait pour la production de munitions, armes légères, pièces détachées et autres biens utiles à la logistique d'une armée.
Au milieu de cet arsenal, des milliers de tonnes de marchandises et de biens d'équipement avaient ainsi pris la route de la Sébaldie puis, de là, avaient été déversées vers la Varlovie et les autres belligérants.
Toujours une simple étape, encore largement en cours d'ailleurs, vers la militarisation d'une économie qui, voici à peine douze mois, était dévouée à offrir aux citoyens du monde de quoi vivre confortablement.
Une étape dont le but était de maintenir en vie les nations alliées et de préparer la voie pour la production d'armes lourdes : chars, blindés, canons et drones divers.
Le temple au consumérisme se transformait en cathédrale à la guerre d'où pas plus tard qu'il y a quelques jours, les premiers avatars émergeaient.
Bien d'autres suivraient d'ici peu, avec l'ouverture programmée du premier complexe industriel militaire, voué à la production de véhicules blindés.
Mais des projets plus modestes existaient, parfois hors de l'influence directe du gouvernement et sous le contrôle de l'une ou l'autre organisations qui, dans l'anarchie wapongaise au verni d'apparence ordonnée, se disputaient l'influence sur la population en prenant soin de ne pas boulverser l'équilibe des pouvoirs trop brutalement car les Services Spéciaux n'aimaient pas cela.
Le Syndicat pour la Solidarité Paysanne était l'une de ces organisations, un "état dans l'état" avec ses propres écoles, forces de sécurité, hôpitaux, journaux, services postaux, programmes sociaux, usines et infrastructures diverses.
Dans l'immédiat, le SSP était un "partenaire à part égale" avec le PNM pour le contrôle du législatif et, dans une moindre mesure, de l'exécutif.
Ensemble, nationalistes et communistes maintenaient le peuple uni et soumis, justifiant tantôt par le patriotisme panmakiran et tantôt par la révolution sociale les sacrifices que le wapongais moyen acceptait avec résignation.
Le Wan, monnaie nationale, était victime d'une inflation rapide, fruit de la politique "de la planche à billets" pratiquée par le gouvernement pour payer ses fournisseurs avec de l'argent qu'il n'avait pas.
Il en résultait une perte rapide du pouvoir d'achat, déjà assez médiocre pour quantité de familles wapongaises, et les travailleurs payés en salaire fixe plutôt qu'en actions souffraient le plus.
À mesure que le peuple perdait confiance dans le papier-chiotte gouvernemental, il en accordait d'avantage aux actions des entreprises pouvant montrer des contrats avec l'étranger et donc des sources de devises plus stables, dont la valeur en Wan ne cesserait de grimper dans les mois à venir.
Une autre forme de rémunérations alternatives appréciées était le paiement en nature : nourriture, savon, combustible, tissu, alcool, tabac et autres denrées de consommation courante qui, de toute façon, ferait partie de la liste de courses de chaque foyer.
Le SSP avait opté pour cette deuxième solution, offrant au sein de ses collectivités un niveau de vie certes précaire et déclinant mais néanmoins stable.
Il n'était pas le seul mais il était l'organisation ayant la structure la plus adaptée pour ce genre de "retour au troc" au sein des container towns.
Cela lui garantissait une forte popularité dans les milieux les plus défavorisés, au sein desquels les délégués et officiers du Syndicat avaient un statut quasi-religieux.
Une communion fraternelle unissaient les membres du Syndicat, forcés d'avancer ensemble pour survivre à la marée, qu'il s'agisse de la Main Noire ou du coût économique de lutter contre elle.
Le SSP savait joué de cette dévotion née de la misère à peine évitée et en tirait une force qui, jusqu'ici, n'avait pas été utilisée.
Cela allait changer.
----------------------------------------
Ils étaient plus de 400 à avoir été rassemblés sur les quais de Lushan. Cité du vice, jadis escale de choix des marins pelabssiens et des mercenaires de tout bord, la ville brillait déjà de ses lumières néonées multicolores, bien qu'une forte lueur rouge monte de plusieurs quartiers en dépit de l'heure pourtant encore peu avancée.
Il n'était pas encore 19h00 mais déjà, la nuit était tombée en ce milieu d'hiver.
Le froid ne semblait pourtant pas géner les volontaires, dont le coeur, à l'idée de ce qu'on allait demandé d'eux, était réchauffé par une ardeur patriote... à moins qu'il ne s'agisse de l'alcool généreusement distribué par les fille de joie errant sur le port dans leur quête de clientèle.
Plusieurs volontaires s'étaient déjà laissé distraire et Sergio estima que cela ne pouvait plus durer.
Une détonation fendit l'air et le regard des paysans frigorifiés passa immédiatement des putains roucoulantes à la silhouette du vieux cubalivien qui, tenant son pistolet pointé vers les cieux, attendit d'avoir l'attention de son public.
Sergio Vargas
Légende vivante
"-Des pétasses, vous en aurez autant que vous voudrez à votre retour, camarades !!
Et d'ici quelques mois, si notre résolution ne faiblit pas, les cuisses de la Mère Rostovie elle-même s'écarteront pour vous accueillir.
Non qu'on ait grand chose à tirer de cette vieille catin ravagée... mais soit !!
Messieurs, vous êtes ici ce soir car vous êtes l'élite, la fierté et l'espoir de vos frères et soeurs.
Chacun d'entre vous est un redoutable guerrier et un fidèle serviteur du Syndicat dans la lutte pour la révolu... Oh et puis merde !!
On sait bien vous et moi que c'est des conneries !! La réalité est que vous êtes des merdeux, des bons à rien, des orphelins sans autre attache que la collectivité qui, par pitié, vous a accorder de porter une arme en son nom pour que vous soyez un minimum utile et justifiez votre misérable existence.
J'en vois qui sont gênés !! Ne le soyez pas !! J'étais pareil à votre age et ça m'a valut d'avoir une vie intéressante... mais pour cela, j'ai dû prendre mon destin en main et accepter l'idée que cette vie pourrait s'arrêter chaque jour, à l'instant où la réalité finirait par ne plus se plier à ma volonté.
Je continue de vivre avec cette idée et à chaque jour dire au monde "pas aujourd'hui... pas encore..." avant de me battre pour le rendre meilleur et l'arracher des griffes de la bande de monarques couards et de faux prophètes qui prétendent nous dictez nos existences "pour notre bien".
À partir de ce soir et pour les semaines à venir, vous allez faire pareil... ou mourir en essayant, ce qui reviendra au même.
Vous allez vous tenir droit, bomber le torse, serrer les dents, bander vos muscles et plonger de front contre un monstre dont chacune des puissances mondiales de cette planète s'est jusqu'ici écarter en pissant de trouille.
Et vous savez quoi ? Mort ou vifs, vous allez gagner. NOUS allons gagner, camarades !!
Nous allons saigner à blanc la bête qui rôde au Viek Kiong jusqu'à ce que cesse de battre son cœur noir et que s'affaisse son corps morbidement bouffi par le sang et les larmes de nos frères.
Ce soir, vous êtes mort, comme je l'ai été [url=http://www.simpolitique.com/post64535.html#64535]voici de cela dix ans quand j'ai embarqué pour le Wapong[/url] avec une promesse faite au grand Tony Peres lui-même :
Rendre votre pays à votre peuple !!
Aurez-vous le courage de me faire la même promesse ce soir ?!!
Embarquerez-vous sur ces navires, derrière moi, sans certitude de ne jamais revoir votre patrie mais avec la conviction de lutter pour une cause juste ?!!
Vivrez-vous libres ?!!!"
La réponse fut positive, bien que Sergio nota q'elle aurait pu être plus enthousiaste.
Mais bon... cette bande de jeunots n'étaient encore que des civils hier.
Des fils de pêcheurs pour certains mais surtout des vagabonds sans profession et des paysans sans terre pour qui les Milices Syndicales avaient été une meilleure famille que celle dont, cinquième ou sixième enfant, ils avaient dû partir.
Mais ils feraient l'affaire. Déjà, les officiers prenaient le relais, groupant la horde informe en un semblant d'équipages avant de les faire avancer vers ce qui serait leur foyer pour les mois à venir :
[img]http://s16.postimg.org/46sci7s7p/photodune_4387127_fishing_boats_vietnam_xs.png[/img]
Les [url=http://www.simpolitique.com/post109027.html#109027]chalutiers de classe "Cormoran"[/url], produit phare de la Yamato Shipyard parmi les populations des Districts côtiers.
Incroyablement lents... mais robustes et endurants.
Ils seraient une centaine à prendre ainsi la mer et à naviguer dans le Détroit du Fzing, longeant la côte jusqu'à la pointe de l'Hakoim avant de se lancer en haute mer pour leur raid, invisibles qu'ils seraient au milieu de la horde de petits navires de pêche similaires qui se disputaient les eaux poissonneuses dans une région où l'agriculture ne suffisait pas à nourrir les hommes.
Les navires seraient probablement cinq à six fois moins rapides que leurs proies mais leur nombre et anonymat suffirait à compenser ce problème.
D'autant que, contrairement aux pirates qui pullulaient le long des côtes du Zanyane et du Nord-Makara, ceux-ci ne chercheraient pas à aborder leurs cibles... mais bien simplement à les couler.
Une tâche pour laquelle les câles des navires, habituées à transporter plusieurs tonnes de poisson, avaient été aménagées pour accueillir un outil de choix.
[img]http://s22.postimg.org/tqymkhsch/torpedo.jpg[/img]
Le Wapong manque d'expérience en matière de torpilles, n'ayant jamais vraiment voulu investir dans les sous-marins jusqu'ici.
Il a en revanche une solide expérience dans les systèmes de guidage radar, sur lesquels il a longuement travailler avec le Lochlann dans le but de réaliser le patrouilleur lance-missile "Sea Snake".
Le projet fut long de trois années et n'aboutit qu'à la création d'une poignée de navires mais permit l'acquisition d'un grand savoir-faire, lequel est appliqué aujourd'hui avec deux modèles de "drones marins" expérimentaux.
La SSA-001X "Blue Shark" et la SSA-002X "White Shark" ont pour objectif d’équiper la flotte wapongaise dans les années à venir.
Actuellement encore en phase de test, elles sont peu fiables contre des navires de guerre et presque inutiles contre des navires de guerre modernes.
Mais elles sont jugées plus que suffisantes pour attaquer des navires civils qui ne suspecteraient rien.
Sergio Vargas aimait ce plan.
Moins parce qu'il jouait sur les forces actuelles du SSP que parce qu'il lui en apporterait d'avantage :
L'usine où était produite les torpilles était la propriété (indirecte) du Syndicat.
Avec un sourire satisfait, il se dirigea vers la jeep, refermant son manteau pour se protéger du froid tandis que les volontaires poursuivaient l'embarquement.
-
Johel3007
Research & Destruction
[img]http://s27.postimg.org/wdagelwar/figure_1.jpg[/img]
18/07/2023
Centre de traitement des déchets radioactifs de W-Atomik
Gudae, District 14
Wapong
Le travail à la centrale nucléaire TOMIK-001 de Gudae était pénible, dangereux et incroyablement réglementé, le personnel étant trié sur le volet par le conseil d'administration lui-même, au cas par cas, excluant toute politisation excessive.
Mais si l'on craignait que les travailleurs de TOMIK-001 ne provoquent un accident par incompétence ou fanatisme idéologique, ceux du centre de traitement de déchets étaient sous surveillance pour une autre source de problèmes :
L’appât du gain.
Les déchets nucléaires, bien qu'inutiles dans la création d'armes à fission nucléaire, représentaient une sérieuse menace sanitaire et, dans un monde où nuire à son voisin comptait d'avantage que survivre pour beaucoup de gens, quelques tonnes de fluides hautement radioactifs était un trésor.
D'où le système d'inventaire méticuleux et les procédures d'accès contraignantes aux précieux barils qui, pour une moitié, refroidissaient au fond d'une piscine et, pour l'autre, étaient stockés dans des fosses sous le complexe.
D'où la présence de gardes armés, recrutés auprès de compagnies de sécurité différentes afin qu'ils se contrôlent mutuellement et qu'un complot nécessite l'enrôlement de d'avantage d'individus et organisations distinctes.
D'où la présence d'un système de sécurité électronique sophistiqué qui traquait en temps réel les moindres mouvements du personnel et, d'ailleurs, de chaque être humain à entrer officiellement sur le site.
D'où un second système observant et analysant les changements de température, pression, humidité, ventilation, radioactivité et composition atmosphérique dans chaque section du bâtiment.
D'où la présence de contrôle d'identité fréquent sur base de la puce intradermique, des empreintes digitales, de l'ADN, de transcription vocale et de logiciels de reconnaissance faciale.
D'où les nombreux points de contrôle internes limitant la fluidité des mouvements au sein du complexe et contrôlant, compteur à la main, le taux de radioactivité de chacun, le tout toujours sous l’œil vigilant de caméras et à porté d'actions d'équipes armées tenues en réserve.
D'où la triple enceinte de grilles qui entouraient le site, laissant de vastes zones à découvert bien visibles au regard des sentinelles, qu'elles soient humaines, animales ou électroniques.
D'où la présence, à seulement 5 kilomètres du site, de la base militaire du District 15, où la [url=http://www.simpolitique.com/post117420.html#117420]2ème Brigade[/url] était stationnée et prête à intervenir si besoin.
Sortir le moindre échantillon de déchet radioactif du site était virtuellement impossible sans que cela ne soit officiellement planifié des semaines à l'avance.
Telle était la contrainte des mesures de sécurité :
Une lourde bureaucratie qui était souvent TROP efficace dans son rôle de contrôle et limitation des entrées et sorties.
C'était la raison pour laquelle les recherches sur la militarisation des déchets nucléaires avançait aussi lentement depuis toutes ces années mais, jusqu'ici, la lenteur n'avait pas été un soucis.
Elle était acceptée comme un maigre prix à la sécurité mais, avec le conflit à venir, les restrictions placées sous Nute Fan étaient mises à mal par la pression politique de Li Fu.
Le Directeur Exécutif de la République et chef de file du Parti Nationaliste Makiran voulait voir le stock de poison utilisé contre ses ennemis.
En l’occurrence, il s'agissait de la Main Noire et ses colons Almérans installés au Viek Kiong.
Les bombes sales, envisagées initialement comme armes de terrorisme visant à intimider un ennemi potentiel pour le décourager d'attaquer le Wapong, pourraient ici fournir une carte tactique supplémentaire aux forces de l'Armée de Libération du Makara.
[img]http://s27.postimg.org/9ypluavgj/111.jpg[/img]
Mais les procédures de sécurité existaient aussi pour prévenir un usage impulsif de ce pure produit de l'industrie wapongaise.
Voilà pourquoi, malgré les vociférations du Directeur Exécutif et de toute la hiérarchie du Directoire, depuis le sommet du l'Union Minière Wapongaise jusqu'au sous-directeur au stockage, Chang n'avait pas cédé d'un pouce.
Chang se voyait à juste titre comme le dernier rempart contre le pillage de ces stocks de substance hautement nocive par quelques politiciens et hommes d'affaires corrompus dont l'avidité les poussaient à ignorer la sécurité du peuple Wapongais.
Chang ne savait pourtant pas tirer, n'avait aucune formation martiale et était loin d'avoir un physique impressionnant.
Mais il avait quelque chose qui le rendait encore plus redoutable :
Chang avait été formé à l'Académie Nationale pour la Formation et l'Agrégation Confédérée des Hauts Fonctionnaires d'Hylée.
Un nom pompeux qui rendait toutefois bien la mentalité de l'institution :
On y formait l[url=http://www.youtube.com/watch?v=SnmO3OwtRHM]es bureaucrates les plus tatillons, pointilleux et inflexibles que l'Humanité ait vue[/url], bien que certains prétendent que les Staglamanquins talonnent de près leur intransigeance bornée et procédurière.
C'est donc sans l'ombre d'une émotion que Chang avait déjà à quatre reprises renvoyé le groupe d'officiels des Services Spéciaux venus lui demander l'accès à la fosse de stockage n°3, où les déchets les plus stables étaient entreposés.
Sa réponse aujourd'hui, transmise depuis un bureau situé à trois étages de l'interlocuteur visible sur le petit moniteur, fut aussi brève et sèche que la précédente :
Chang :
Fonctionnaire
"-Je n'ai pas encore reçu votre formulaire C45-F8 en double exemplaire sur papier rose et paraphé par un fonctionnaire d'agrégation rouge ou supérieur.
Revenez demain entre 14h00 et 15h00. Peut être que vous aurez plus de chance."
L'Agent Spécial repartit comme les jours d'avant, bloqué devant la porte blindée purement mécanique dont seul Chang avait le code, lequel changeait chaque matin, généré par un algorithme complexe et transmis au fonctionnaire après que celui-ci fut entré dans son bureau, isolé du monde pour les prochaines 8 heures.
Il y en avait beaucoup d'autres comme Chang, à différentes étapes et leur coopération était la seule solution pour avoir accès au trésor toxique.
[img]http://s27.postimg.org/wdagelwar/figure_1.jpg[/img]
18/07/2023
Centre de traitement des déchets radioactifs de W-Atomik
Gudae, District 14
Wapong
Le travail à la centrale nucléaire TOMIK-001 de Gudae était pénible, dangereux et incroyablement réglementé, le personnel étant trié sur le volet par le conseil d'administration lui-même, au cas par cas, excluant toute politisation excessive.
Mais si l'on craignait que les travailleurs de TOMIK-001 ne provoquent un accident par incompétence ou fanatisme idéologique, ceux du centre de traitement de déchets étaient sous surveillance pour une autre source de problèmes :
L’appât du gain.
Les déchets nucléaires, bien qu'inutiles dans la création d'armes à fission nucléaire, représentaient une sérieuse menace sanitaire et, dans un monde où nuire à son voisin comptait d'avantage que survivre pour beaucoup de gens, quelques tonnes de fluides hautement radioactifs était un trésor.
D'où le système d'inventaire méticuleux et les procédures d'accès contraignantes aux précieux barils qui, pour une moitié, refroidissaient au fond d'une piscine et, pour l'autre, étaient stockés dans des fosses sous le complexe.
D'où la présence de gardes armés, recrutés auprès de compagnies de sécurité différentes afin qu'ils se contrôlent mutuellement et qu'un complot nécessite l'enrôlement de d'avantage d'individus et organisations distinctes.
D'où la présence d'un système de sécurité électronique sophistiqué qui traquait en temps réel les moindres mouvements du personnel et, d'ailleurs, de chaque être humain à entrer officiellement sur le site.
D'où un second système observant et analysant les changements de température, pression, humidité, ventilation, radioactivité et composition atmosphérique dans chaque section du bâtiment.
D'où la présence de contrôle d'identité fréquent sur base de la puce intradermique, des empreintes digitales, de l'ADN, de transcription vocale et de logiciels de reconnaissance faciale.
D'où les nombreux points de contrôle internes limitant la fluidité des mouvements au sein du complexe et contrôlant, compteur à la main, le taux de radioactivité de chacun, le tout toujours sous l’œil vigilant de caméras et à porté d'actions d'équipes armées tenues en réserve.
D'où la triple enceinte de grilles qui entouraient le site, laissant de vastes zones à découvert bien visibles au regard des sentinelles, qu'elles soient humaines, animales ou électroniques.
D'où la présence, à seulement 5 kilomètres du site, de la base militaire du District 15, où la [url=http://www.simpolitique.com/post117420.html#117420]2ème Brigade[/url] était stationnée et prête à intervenir si besoin.
Sortir le moindre échantillon de déchet radioactif du site était virtuellement impossible sans que cela ne soit officiellement planifié des semaines à l'avance.
Telle était la contrainte des mesures de sécurité :
Une lourde bureaucratie qui était souvent TROP efficace dans son rôle de contrôle et limitation des entrées et sorties.
C'était la raison pour laquelle les recherches sur la militarisation des déchets nucléaires avançait aussi lentement depuis toutes ces années mais, jusqu'ici, la lenteur n'avait pas été un soucis.
Elle était acceptée comme un maigre prix à la sécurité mais, avec le conflit à venir, les restrictions placées sous Nute Fan étaient mises à mal par la pression politique de Li Fu.
Le Directeur Exécutif de la République et chef de file du Parti Nationaliste Makiran voulait voir le stock de poison utilisé contre ses ennemis.
En l’occurrence, il s'agissait de la Main Noire et ses colons Almérans installés au Viek Kiong.
Les bombes sales, envisagées initialement comme armes de terrorisme visant à intimider un ennemi potentiel pour le décourager d'attaquer le Wapong, pourraient ici fournir une carte tactique supplémentaire aux forces de l'Armée de Libération du Makara.
[img]http://s27.postimg.org/9ypluavgj/111.jpg[/img]
Mais les procédures de sécurité existaient aussi pour prévenir un usage impulsif de ce pure produit de l'industrie wapongaise.
Voilà pourquoi, malgré les vociférations du Directeur Exécutif et de toute la hiérarchie du Directoire, depuis le sommet du l'Union Minière Wapongaise jusqu'au sous-directeur au stockage, Chang n'avait pas cédé d'un pouce.
Chang se voyait à juste titre comme le dernier rempart contre le pillage de ces stocks de substance hautement nocive par quelques politiciens et hommes d'affaires corrompus dont l'avidité les poussaient à ignorer la sécurité du peuple Wapongais.
Chang ne savait pourtant pas tirer, n'avait aucune formation martiale et était loin d'avoir un physique impressionnant.
Mais il avait quelque chose qui le rendait encore plus redoutable :
Chang avait été formé à l'Académie Nationale pour la Formation et l'Agrégation Confédérée des Hauts Fonctionnaires d'Hylée.
Un nom pompeux qui rendait toutefois bien la mentalité de l'institution :
On y formait l[url=http://www.youtube.com/watch?v=SnmO3OwtRHM]es bureaucrates les plus tatillons, pointilleux et inflexibles que l'Humanité ait vue[/url], bien que certains prétendent que les Staglamanquins talonnent de près leur intransigeance bornée et procédurière.
C'est donc sans l'ombre d'une émotion que Chang avait déjà à quatre reprises renvoyé le groupe d'officiels des Services Spéciaux venus lui demander l'accès à la fosse de stockage n°3, où les déchets les plus stables étaient entreposés.
Sa réponse aujourd'hui, transmise depuis un bureau situé à trois étages de l'interlocuteur visible sur le petit moniteur, fut aussi brève et sèche que la précédente :
Chang :
Fonctionnaire
"-Je n'ai pas encore reçu votre formulaire C45-F8 en double exemplaire sur papier rose et paraphé par un fonctionnaire d'agrégation rouge ou supérieur.
Revenez demain entre 14h00 et 15h00. Peut être que vous aurez plus de chance."
L'Agent Spécial repartit comme les jours d'avant, bloqué devant la porte blindée purement mécanique dont seul Chang avait le code, lequel changeait chaque matin, généré par un algorithme complexe et transmis au fonctionnaire après que celui-ci fut entré dans son bureau, isolé du monde pour les prochaines 8 heures.
Il y en avait beaucoup d'autres comme Chang, à différentes étapes et leur coopération était la seule solution pour avoir accès au trésor toxique.
-
Johel3007
Vers le Front
[img]http://s15.postimg.org/ls0vuhc6z/Village_Hanguk.png[/img]
24/07/2023
Village sans nom
40 km de Samcheok
Sud de l'Hanguk
[url=http://www.youtube.com/watch?v=URmrY_5g8II&list=PLdmXIzBVZbq6zbDxgIH31nRmidNvb55qs]Ambiance musicale[/url]
Les forces terrestres de l'Armée de Libération étaient pour ainsi dire opérationnelles, les mois de préparation ayant permis de mettre en place la structure d'entrainement nécessaire à fournir 3 millions de soldats par an.
Au-delà de l'aspect purement militaire ou industriel derrière ce projet, celui-ci était une grande pièce d'ingénierie sociale :
L'Hanguk désirait se débarrasser des éléments inadaptés et irréformables de sa société.
Le Wapong offrait ici un moyen simple et qui bénéficierait à toute l'Humanité.
Pour autant que les deux nations étaient concernées, pas un seul de ces conscrits ne rentreraient vivants en Hanguk.
Les Services Spéciaux, dans toute leur logique froide et détachée, prenaient très sérieusement en compte dans leur stratégie de destruction de la Main Noire des pertes à hauteur de 8.000 par jour dès le début de la phase active du conflit et avaient mis en place l'axe de fabrication de l'élément humain de telle façon que ce rythme soit actuellement soutenable pendant cinq années si besoin.
Il en résulterait une élimination des éléments indésirables qui, car ils décéderaient avant l'âge de la retraite, ne seraient pas un poids pour la société solidaire de l'Hanguk et donc libérerait encore plus de ressources pour assurer la culture méticuleuse de la génération suivante.
Les vieux vétérans de la guerre civile, inadaptés à la vie civile, seraient progressivement remplacés par une jeune génération éduquée loin des ravages de la guerre.
Avec des pertes quotidiennes autorisées à hauteur d'une moyenne de 8.000 par jour et d'un maximum absolu de 300.000 par mois, l'Armée de Libération avait une grande marge de manœuvre.
Que la bataille initiale pour la ligne Jigsaw fauche même la moitié des 600.000 soldats qui y participeraient et cela serait encore acceptable, les pertes étant entièrement remplaçables quelques jours après seulement.
Traverser les montagnes du Viek Kiong à pieds tout en combattant prendrait au moins quatre à cinq mois et risquait de résulter en 1,5 million de morts et blessés... mais cela resterait acceptable.
Car dans ce monde, les ressources humaines étaient bon marché et la vie humaine complètement méprisée en comparaison des impératifs géopolitiques.
C'était d'autant plus le cas que le Directoire n'envoyait pas à la mort des citoyens wapongais mais bien des étrangers, communistes de surcroît, pour lesquels aucun électeur wapongais n'avait la moindre empathie.
Pour lui, cette affaire était une simple ligne dans un budget.
La ligne en elle-même représenterait quand même un poids annuel de quelques 13 milliards rien que pour maintenir la qualité d'entrainement et d'équipement de cette armée.
Il s'y rajouterait le remplacement du matériel détruit et, sans doute la plus grosse dépense, le coût de ravitaillement logistique.
Le coût estimé variait.
Les plus optimistes parlaient de 10 millions $RAK par jour, tablant sur le fait que les soldats pourraient vivre sur le pays, qu'ils seraient capables, de par leurs origines géographiques, d'endurer bien plus que le citoyen wapongais moyen et que l'état-major ferait un usage très modéré du matériel lourd.
Le scénario catastrophe parlait de 100 millions $RAK par jour, ce qui épuiserait rapidement l'économie wapongaise, encore seulement partiellement militarisée.
Une bonne raison pour tout faire pour achever la campagne au plus vite.
C'est dans ce sens que s'orientait la démonstration d'aujourd'hui, au coeur même des steppes de l'Hanguk.
-----------------------------------------------------
Le petit groupe d'hommes en uniformes austères regardaient tandis que les soldats mettaient en place le mortier d'infanterie et le préparait au tir.
Pour le Capitaine Han, aide de camp du Général Chuyen, chef d'état-major des forces de défense de la République Souveraine du Wapong, l'instant était historique :
Une nation jadis farouchement anticommuniste allait fournir volontairement des armes de destruction massive à une nation communiste.
Une preuve que si le Kirovisme avait accompli une bonne chose pour l'Humanité, c'était en faisant l'unanimité contre lui, au mépris des petites différences idéologiques, de l’éthique et autre considération culturelle, balayées au profit d'un objectif unique : la disparition de cette horreur misanthropique.
Han était lui-même communiste de conviction, même s'il gardait pour lui ses idées politiques, considérant qu'elles étaient mal vues dans une armée dont les haut gradés étaient tous des anciens de la résistance contre le régime rouge de Ngô.
Cela ne l'empêchait pas d'être membre (bien qu'officieusement seulement) du Syndicat pour la Solidarité Paysanne, de participer aux meetings de formation des cadres du SPP quand il en avait le temps et d'aider la collectivité la plus proche de chez lui lorsqu'il en avait les moyens.
Comme le MRNV jadis, le Syndicat avait très vite compris l'importance de placer ses pions au sein même du système qu'il combattait.
Si le programme des pensionnats militaires visaient à rendre l'armée complètement apolitique en empêchant justement une infiltration, cet objectif était encore lointain... et le flot d'anciens du MRNV n'aidait en rien.
Les 60.000 Vieks incorporés à l'armée wapongaise étaient de fervents anti-kirovistes en raison des actions de Novgorod... mais beaucoup étaient socialistes ou communistes par conviction, ne s'étant opposés à l'Eran que par patriotisme et différences culturelles.
Le MRNV lui-même proposait un modèle de société d'inspiration socialiste et avait même, une fois l'Eran foutu dehors du Viek Kiong, chercher à faire la paix avec le Pacte pour le rejoindre et contribuer à construire le communisme international dans le respect de la diversité des peuples et de leur droit à l'autogestion.
Une requête que Novgorod avait rejeté immédiatement, Kirov ne supportant pas l'idée d'une nation socialiste réellement indépendante de Novgorod.
Au pays du lion bleu, la couleur politique de l'armée tendait donc vers le rouge, même si la situation était un rien plus complexe que cela.
Mais les luttes de pouvoir intérieures étaient les derniers soucis actuels de l'état-major, du directoire et du syndicat.
L'ennemi extérieur importait d'avantage.
D'où cette démonstration aux officiels de l'Hanguk.
[img]http://s4.postimg.org/cvs9h4p31/size0.jpg[/img]
Capitaine Han
Aide de camp
"-J'ai la confirmation qu'ils sont prêts"
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Bien. Commencez."
Sur un geste du capitaine, les soldats chargèrent le premier obus dans le tube avant de s'écarter promptement tandis que le projectile décollait, précédé dans son ascension par une détonation assourdissante.
Dans l'assistance, comme les instructions révisées avant le demandaient, chacun mit son masque anti-gaz.
Non que ce fut réellement nécessaire : les wapongais avaient pratiqué depuis plus d'une semaine chez eux.
Il s'agissait là d'une simple précaution pour marquer les esprits des militaires de l'Hanguk : ce qu'on leur montrait était incroyablement léthal et délicat à manipuler.
Une minute environ après la première détonation, l'écho de l'impact, à environ 8 kilomètres de là, résonna à travers la plaine.
Une communication radio entre les militaires de l'Hanguk et une équipe d'observation située sur place sembla susciter l'enthousiasme.
La délégation de l'Hanguk avança d'un air neutre.
Officier de l'Hanguk
????
"-Les observateurs confirment que le bétail exposé à votre gaz ne semble pas affecté en dehors d'une certaine panique à cause du bruit.
Nous devrons observer en détail et réaliser d'autres tests par nous-même mais cela semble un fiasco.
Comment avez-vous dit que cela s’appelait ?"
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Les p'tits génies des Services Spéciaux l'ont simplement baptisé TAX-001F.
Il s'agit de leur sixième version d'un premier gaz de combat basé sur la ricine qui conserve assez de son potentiel létal après dispersion aérosol que pour être utile comme arme d'interdiction de zone ou comme arme de neutralisation d'infanterie.
Sans soin rapide, 5 milligrammes pures de ce truc tueraient n'importe quel adulte qui le respirerait.
Maintenant, pour ce qu'on m'en a dit, contrairement au VX et à d'autres gaz neurotoxiques, les effets ne sont pas immédiat.
Un délai de quelques heures à une journée est nécessaire pour l’apparition des premiers symptômes mais, à ce stade, il est déjà trop tard.
Les dégâts provoqués par la toxine sur les organes empêche la production de certaines protéines vitales au bon fonctionnement du corps.
Comptez 3 à 5 jours et les victimes décèdent, non sans avoir endurés un long et agonisant processus de détérioration physique incluant fièvre, hémorragie interne, diarrhée, vomissement, tachycardie, chute de tension et convulsions violentes.
Une bonne méthode pour encombrer les services médicaux de l'ennemi, neutralisant une partie de son personnel et taxant ses ressources.
L'avantage principal du TAX-001F n'est pas sa létalité. Comme déjà dit, le gaz VX et autres agents neurotoxiques sont bien plus efficaces dans ce rôle.
Son avantage est la grande simplicité avec laquelle il peut être produit : le processus coûte pour ainsi dire la même chose que la fabrication industrielle d’ypérite mais s'avère bien moins demandeur en moyens technologiques.
Cela est dû en partie au fait que la toxine impliquée est disponible en grande quantité à l'état naturel et ne nécessite donc pas de complexes processus chimiques pour la synthétiser.
Le Wapong peut fournir dès maintenant une quantité limité d'obus pour mortier léger, ceci dans le but d'un usage comme arme de terreur contre les conscrits kirovistes et les populations civiles qui les soutiendraient.
Nous travaillons aussi sur une sous-munition pour l'artillerie lourde, les roquettes et les bombes guidées.
Nous serons heureux de fournir ces munitions à l'Armée de Libération sitôt qu'elles seront disponibles.
Cette technologie peut aussi être offerte à l'Hanguk... à un prix, bien entendu."
Le plus âgé des officiers de l'Hanguk semblait sceptique tandis qu'un autre semblait hésité entre horreur et outrage.
Officier de l'Hanguk
????
"-Le gaz est une arme interdite par la Charte de l'Assemblée des États et, indépendamment de cela, son usage contre des civils pourrait être une invitation à des représailles similaires contre notre propre population.
Dans son concept même, votre arme présente donc un danger diplomatique certain.
Et cela en supposant qu'elle fonctionne comme vous le dites.
Nous en reparlerons sans doute mais je dois d'abord consulter ma hiérarchie."
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Écoute, espèce de saloperie de bolchevique attardé, j'me suis pas taper dix heures d'avions pour t'entendre me dire que t'es pas sûr d'avoir l'estomac qu'il faut pour faire ton boulot. Alors soit vous prenez cette camelote soit..."
Capitaine Han
Aide de camp
"-Si je puis me permettre, peut être qu'une démonstration plus pratique et en situation contribuerait à convaincre l'honorable officier."
[img]http://s15.postimg.org/ls0vuhc6z/Village_Hanguk.png[/img]
24/07/2023
Village sans nom
40 km de Samcheok
Sud de l'Hanguk
[url=http://www.youtube.com/watch?v=URmrY_5g8II&list=PLdmXIzBVZbq6zbDxgIH31nRmidNvb55qs]Ambiance musicale[/url]
Les forces terrestres de l'Armée de Libération étaient pour ainsi dire opérationnelles, les mois de préparation ayant permis de mettre en place la structure d'entrainement nécessaire à fournir 3 millions de soldats par an.
Au-delà de l'aspect purement militaire ou industriel derrière ce projet, celui-ci était une grande pièce d'ingénierie sociale :
L'Hanguk désirait se débarrasser des éléments inadaptés et irréformables de sa société.
Le Wapong offrait ici un moyen simple et qui bénéficierait à toute l'Humanité.
Pour autant que les deux nations étaient concernées, pas un seul de ces conscrits ne rentreraient vivants en Hanguk.
Les Services Spéciaux, dans toute leur logique froide et détachée, prenaient très sérieusement en compte dans leur stratégie de destruction de la Main Noire des pertes à hauteur de 8.000 par jour dès le début de la phase active du conflit et avaient mis en place l'axe de fabrication de l'élément humain de telle façon que ce rythme soit actuellement soutenable pendant cinq années si besoin.
Il en résulterait une élimination des éléments indésirables qui, car ils décéderaient avant l'âge de la retraite, ne seraient pas un poids pour la société solidaire de l'Hanguk et donc libérerait encore plus de ressources pour assurer la culture méticuleuse de la génération suivante.
Les vieux vétérans de la guerre civile, inadaptés à la vie civile, seraient progressivement remplacés par une jeune génération éduquée loin des ravages de la guerre.
Avec des pertes quotidiennes autorisées à hauteur d'une moyenne de 8.000 par jour et d'un maximum absolu de 300.000 par mois, l'Armée de Libération avait une grande marge de manœuvre.
Que la bataille initiale pour la ligne Jigsaw fauche même la moitié des 600.000 soldats qui y participeraient et cela serait encore acceptable, les pertes étant entièrement remplaçables quelques jours après seulement.
Traverser les montagnes du Viek Kiong à pieds tout en combattant prendrait au moins quatre à cinq mois et risquait de résulter en 1,5 million de morts et blessés... mais cela resterait acceptable.
Car dans ce monde, les ressources humaines étaient bon marché et la vie humaine complètement méprisée en comparaison des impératifs géopolitiques.
C'était d'autant plus le cas que le Directoire n'envoyait pas à la mort des citoyens wapongais mais bien des étrangers, communistes de surcroît, pour lesquels aucun électeur wapongais n'avait la moindre empathie.
Pour lui, cette affaire était une simple ligne dans un budget.
La ligne en elle-même représenterait quand même un poids annuel de quelques 13 milliards rien que pour maintenir la qualité d'entrainement et d'équipement de cette armée.
Il s'y rajouterait le remplacement du matériel détruit et, sans doute la plus grosse dépense, le coût de ravitaillement logistique.
Le coût estimé variait.
Les plus optimistes parlaient de 10 millions $RAK par jour, tablant sur le fait que les soldats pourraient vivre sur le pays, qu'ils seraient capables, de par leurs origines géographiques, d'endurer bien plus que le citoyen wapongais moyen et que l'état-major ferait un usage très modéré du matériel lourd.
Le scénario catastrophe parlait de 100 millions $RAK par jour, ce qui épuiserait rapidement l'économie wapongaise, encore seulement partiellement militarisée.
Une bonne raison pour tout faire pour achever la campagne au plus vite.
C'est dans ce sens que s'orientait la démonstration d'aujourd'hui, au coeur même des steppes de l'Hanguk.
-----------------------------------------------------
Le petit groupe d'hommes en uniformes austères regardaient tandis que les soldats mettaient en place le mortier d'infanterie et le préparait au tir.
Pour le Capitaine Han, aide de camp du Général Chuyen, chef d'état-major des forces de défense de la République Souveraine du Wapong, l'instant était historique :
Une nation jadis farouchement anticommuniste allait fournir volontairement des armes de destruction massive à une nation communiste.
Une preuve que si le Kirovisme avait accompli une bonne chose pour l'Humanité, c'était en faisant l'unanimité contre lui, au mépris des petites différences idéologiques, de l’éthique et autre considération culturelle, balayées au profit d'un objectif unique : la disparition de cette horreur misanthropique.
Han était lui-même communiste de conviction, même s'il gardait pour lui ses idées politiques, considérant qu'elles étaient mal vues dans une armée dont les haut gradés étaient tous des anciens de la résistance contre le régime rouge de Ngô.
Cela ne l'empêchait pas d'être membre (bien qu'officieusement seulement) du Syndicat pour la Solidarité Paysanne, de participer aux meetings de formation des cadres du SPP quand il en avait le temps et d'aider la collectivité la plus proche de chez lui lorsqu'il en avait les moyens.
Comme le MRNV jadis, le Syndicat avait très vite compris l'importance de placer ses pions au sein même du système qu'il combattait.
Si le programme des pensionnats militaires visaient à rendre l'armée complètement apolitique en empêchant justement une infiltration, cet objectif était encore lointain... et le flot d'anciens du MRNV n'aidait en rien.
Les 60.000 Vieks incorporés à l'armée wapongaise étaient de fervents anti-kirovistes en raison des actions de Novgorod... mais beaucoup étaient socialistes ou communistes par conviction, ne s'étant opposés à l'Eran que par patriotisme et différences culturelles.
Le MRNV lui-même proposait un modèle de société d'inspiration socialiste et avait même, une fois l'Eran foutu dehors du Viek Kiong, chercher à faire la paix avec le Pacte pour le rejoindre et contribuer à construire le communisme international dans le respect de la diversité des peuples et de leur droit à l'autogestion.
Une requête que Novgorod avait rejeté immédiatement, Kirov ne supportant pas l'idée d'une nation socialiste réellement indépendante de Novgorod.
Au pays du lion bleu, la couleur politique de l'armée tendait donc vers le rouge, même si la situation était un rien plus complexe que cela.
Mais les luttes de pouvoir intérieures étaient les derniers soucis actuels de l'état-major, du directoire et du syndicat.
L'ennemi extérieur importait d'avantage.
D'où cette démonstration aux officiels de l'Hanguk.
[img]http://s4.postimg.org/cvs9h4p31/size0.jpg[/img]
Capitaine Han
Aide de camp
"-J'ai la confirmation qu'ils sont prêts"
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Bien. Commencez."
Sur un geste du capitaine, les soldats chargèrent le premier obus dans le tube avant de s'écarter promptement tandis que le projectile décollait, précédé dans son ascension par une détonation assourdissante.
Dans l'assistance, comme les instructions révisées avant le demandaient, chacun mit son masque anti-gaz.
Non que ce fut réellement nécessaire : les wapongais avaient pratiqué depuis plus d'une semaine chez eux.
Il s'agissait là d'une simple précaution pour marquer les esprits des militaires de l'Hanguk : ce qu'on leur montrait était incroyablement léthal et délicat à manipuler.
Une minute environ après la première détonation, l'écho de l'impact, à environ 8 kilomètres de là, résonna à travers la plaine.
Une communication radio entre les militaires de l'Hanguk et une équipe d'observation située sur place sembla susciter l'enthousiasme.
La délégation de l'Hanguk avança d'un air neutre.
Officier de l'Hanguk
????
"-Les observateurs confirment que le bétail exposé à votre gaz ne semble pas affecté en dehors d'une certaine panique à cause du bruit.
Nous devrons observer en détail et réaliser d'autres tests par nous-même mais cela semble un fiasco.
Comment avez-vous dit que cela s’appelait ?"
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Les p'tits génies des Services Spéciaux l'ont simplement baptisé TAX-001F.
Il s'agit de leur sixième version d'un premier gaz de combat basé sur la ricine qui conserve assez de son potentiel létal après dispersion aérosol que pour être utile comme arme d'interdiction de zone ou comme arme de neutralisation d'infanterie.
Sans soin rapide, 5 milligrammes pures de ce truc tueraient n'importe quel adulte qui le respirerait.
Maintenant, pour ce qu'on m'en a dit, contrairement au VX et à d'autres gaz neurotoxiques, les effets ne sont pas immédiat.
Un délai de quelques heures à une journée est nécessaire pour l’apparition des premiers symptômes mais, à ce stade, il est déjà trop tard.
Les dégâts provoqués par la toxine sur les organes empêche la production de certaines protéines vitales au bon fonctionnement du corps.
Comptez 3 à 5 jours et les victimes décèdent, non sans avoir endurés un long et agonisant processus de détérioration physique incluant fièvre, hémorragie interne, diarrhée, vomissement, tachycardie, chute de tension et convulsions violentes.
Une bonne méthode pour encombrer les services médicaux de l'ennemi, neutralisant une partie de son personnel et taxant ses ressources.
L'avantage principal du TAX-001F n'est pas sa létalité. Comme déjà dit, le gaz VX et autres agents neurotoxiques sont bien plus efficaces dans ce rôle.
Son avantage est la grande simplicité avec laquelle il peut être produit : le processus coûte pour ainsi dire la même chose que la fabrication industrielle d’ypérite mais s'avère bien moins demandeur en moyens technologiques.
Cela est dû en partie au fait que la toxine impliquée est disponible en grande quantité à l'état naturel et ne nécessite donc pas de complexes processus chimiques pour la synthétiser.
Le Wapong peut fournir dès maintenant une quantité limité d'obus pour mortier léger, ceci dans le but d'un usage comme arme de terreur contre les conscrits kirovistes et les populations civiles qui les soutiendraient.
Nous travaillons aussi sur une sous-munition pour l'artillerie lourde, les roquettes et les bombes guidées.
Nous serons heureux de fournir ces munitions à l'Armée de Libération sitôt qu'elles seront disponibles.
Cette technologie peut aussi être offerte à l'Hanguk... à un prix, bien entendu."
Le plus âgé des officiers de l'Hanguk semblait sceptique tandis qu'un autre semblait hésité entre horreur et outrage.
Officier de l'Hanguk
????
"-Le gaz est une arme interdite par la Charte de l'Assemblée des États et, indépendamment de cela, son usage contre des civils pourrait être une invitation à des représailles similaires contre notre propre population.
Dans son concept même, votre arme présente donc un danger diplomatique certain.
Et cela en supposant qu'elle fonctionne comme vous le dites.
Nous en reparlerons sans doute mais je dois d'abord consulter ma hiérarchie."
Général Chuyen
Chef d'état-major
"-Écoute, espèce de saloperie de bolchevique attardé, j'me suis pas taper dix heures d'avions pour t'entendre me dire que t'es pas sûr d'avoir l'estomac qu'il faut pour faire ton boulot. Alors soit vous prenez cette camelote soit..."
Capitaine Han
Aide de camp
"-Si je puis me permettre, peut être qu'une démonstration plus pratique et en situation contribuerait à convaincre l'honorable officier."