Posté : lun. nov. 27, 2017 2:11 am
[quote]Une vision confuse, allant d'avant en arrière. Elle était sur un petit cheval à bascule en bois, visiblement dans le bureau de sa mère. Celle-ci fouillait à toute allure ses documents, pressée par le temps.
Une porte s'ouvrit.
"Ma chère, il faut que tu partes !
- Nous en avons déjà parlé , et il n'est pas question que je laisse ces pourceaux anéantir tout ce que nous avons construit.
- Mais c'est toi qu'ils viennent anéantir, fuit !
- Ça, jamais !"
Elle regarde sa fille.
"Prends Alexandra et partez !
- Tu sais bien que je ne le peut !
- Débrouille-toi mais met là en sécurité.
Un tambourinement à la porte les interrompis. "Votre Majesté, ils arrivent !"
- Parts, vite !"
Visiblement inquiet quand au probable nouvel intervenant, l'interlocuteur de la Reine sortit, juste au moment où un cri provenant de la même voix étouffé fut émis. Un tintement de métal suivit, puis un bruit sourd de cadavre s'effondrant.
Il y eu un silence. Sur la gauche, des serviteurs et servantes affolés se retenaient de crier. La Reine, sans bruit, leurs fit signe de s'en aller après avoir confié Alexandra à l'un d'entre-eux.
Lorsqu'il ne resta plus qu'elle elle avança vers les portes et d'un coup sec les ouvrit en grand : une horde de soldats se tenait devant elle. En face, un bélier qui aurait frappé en attendant quelques secondes de plus.
Elle avait un regard froid et, étonnement, tous la fixaient, s'écartant sur son passage lorsqu'elle se mit à marcher.
Elle descendit du palier. Tous faisait un pas de côté, formant involontairement une haie d'honneur, la fixant comme si une force émanant d'elle les fascinaient tout en les forçant à la craindre.
Posant délicatement, presque théâtralement ses pieds sur chacune des marches, elle vit à l'autre bout du hall un groupe de seigneurs passer la porte.
Ils étaient nombreux. Bien évidemment, elle était là, cette jeune ambitieuse; suivie de près par Valanos.
Les soldats s'inclinaient poliment sur leurs passage. Du moins l'ont ils cru au début avant que ceux de l'escalier fasse de même et que tous se tournent dans la direction de la Reine.
La Prunelle était armée, le regard enflammé. S'approchant jusqu'à être à porté de sabre. Elle posa la lame de celui qu'elle tenait sur l'épaule de la souveraine, côté tranchant orienté vers le cou.
Le silence revint, plus pesant encore, elles s'affrontaient du regard, la première, jeune et pleine de fougue fixait celle qui avait été sa mentor avec des yeux qui cachait mal l'admiration qu'elle avait malgré tout envers elle.
En face, la Reine restait digne et stoïque, défiant du regard ceux qui l'avait battu par la force des armes.
C'est là que le bruit d'une porte sur la droite rompis la scène. Le Duc de Sakina avança jusqu'à voir les participants. Il s'arrêta une seconde, toute l'attention étant portée sur lui, puis, regardant à tour de rôle les conspirateurs, il finit par voir l'arme tenant en respect la Reine.
La Prunelle lui jeta un regard, puis d'un sourire machiavélique, baissa son sabre et présenta sa poignée au seigneur.
Celui-ci avança, fixant une demi-seconde le pommeau, il regarda celle qui lui proposait puis la Reine et, avec un regard froid, prit l'arme avant de s'installer là où était tantôt la Prunelle qui rentrait dans le rang des partisans.
La Reine sourit, cligna des yeux lentement; puis, dressant le sabre au dessus de sa tête derrière lui, de Sakina faucha d'un coup sec la tête de la monarque. Le bruit de sa tête roulant à terre vint troubler le silence. La lame ensanglanté se baissa, le Duc se retourna et tous, s'inclinèrent profondément devant lui.
Là, il fit signe à la Prunelle de se redresser et, laissant la lame vers le sol, il lui tendis le sabre en présentant son pommeau. La Prunelle le prit, et inclina légèrement la tête.
Enfin, toujours sans mot-dire, le seigneur du sud sortit, tandis qu'à l'image de statuts, l'assemblée demeurait inclinée, sans bouger, comme immobilisé dans les limbes du temps...
Alexandra se réveilla, elle était sur de la paille, dans une cage ressemblant à celles dédiées aux animaux pour cirque, mais en bien plus petit.
Dehors, d'autres prisonniers dormaient à même le sol, la seule entrée de l'espèce de hangar où tout ce monde était stocké était gardée par des troupes aux couleurs du seigneur local.
C'est là que le marchand entra, suivi par un personnage de grand taille et fort. Le vendeur se mit à crier pour réveiller ses "marchandises" et, indiquant la cage à son géant, il lui laissa la charge de conduire Alexandra.
Elle remarqua qu'elle avait des chaînes aux poignets et aux pieds, reliées entre elles par d'autres anneaux de métal.
Le colosse ouvrit la porte et d'un signe de tête, fit signe à la jeune femme de sortir. Alex, encore déboussolé, obéit l'air perdu et rejoignit d'un coup le groupe qui sortait en manquant de tomber, poussée par le géant qui la trouvait trop lente.
Dans les tintements des chaînes et en colonnes par trois bien que cette organisation soit plus formelle que sérieuse, le groupe déboucha sur le marché. Le Soleil les éblouis...
La place était noire de monde; les marchands et leurs "produits" se tenaient sur des estrades surélevés . N'hésitant pas à les mettre en valeur, avançant l'âge ou la force pour les hommes tandis que les courbes et les dents étaient visiblement les principales attraits d'une femme. Alex remarqua aussi qu'il y avait plus de personne provenant d'Algarbe que de Dytolie; ce qui semblait être un argument des trafiquants pour augmenter le prix des Dytoliens.
Là, le groupe s'arrêta et un à un, ses membres montèrent sur l'espace surélevé dédié. Étonnamment (à en juger par les visages surpris de ses voisins); le trafiquant intervint pour placer Alex sur les lignes arrières, mettant en avant d'autres personnages.
Pendant ce temps, dans l'ombre d'une arcade; guettait une silhouette intéressée qui ne perdait pas un seul instant de la scène. En même temps, elle semblait chercher quelqu'un du regard aux alentours.
C'est alors qu'en tournant la tête sur une ruelle donnant sur l'extérieur, elle reconnu les soldats à côté des chariots à bétail : c'étaient ceux du seigneur de Coat-Bras et son homme de confiance avait du être envoyé pour trouver des "spécimens" convenables.
Fouillant alors la marée humaine du regard, le mystérieux personnage l'arrêta enfin sur l'individu en question.
Le rejoignant alors discrètement, il se plaça juste derrière lui
"Ne vous retournez pas !"
Surpris, le serviteur obtempéra mais demanda avec suspicion :
"Qui êtes-vous ?
- Quelqu'un qui vous suggère d'acheter la rousse de l'étale 8.
- Bien voyons, une rousse, et vous croyez que c'est donné une perle aussi rare ?"
Pour toute réponse, le serviteur senti au contact de sa main le tissu d'un sac d'argent.
"Ceci pour aider vos fonds" assura le personnage.
Le remontant à hauteur du visage, le serviteur jaugea le poids.
"C'est un produit rare et précieux, et puis il doit y en avoir d'autre en cherchant bien."
Bien qu'entendant un grognement, le serviteur senti un deuxième sac suivi d'une mise en garde : "Ce sera tout ce que vous aurez, et si vous tâchez de jouer avec le feu, votre nom s'inscrira sur la longue liste des morts inexpliqués de ce marché.
- Très bien." Et, sans que son commanditaire ne demeure plus longtemps, le serviteur prit la route de l'étale n°8 et se plaça devant, cherchant du regard le-dit personnage.
Laissant aller quelques propositions pour des "lots" peu intéressant. Il finit par crier pour dominer le brouhaha : "Et la donzelle au cheveux de feu ?"
Le vendeurs paru une seconde décontenancé et, d'un regard furtif, il regarda le commandant, caché juste derrière l'étale qui guettait visiblement quelque chose avant de donner son accord pour vendre sa prisonnière.
Là, le mystérieux personnages, revenus sous les arcades, sortit un miroir et fit des signaux lumineux qui eurent pour effet de faire acquiescer le commandant.
Alors, prenant Alexandra par le bras, le marchand l’amena à l'avant, à la vue de tous.
Procédant comme ses pairs, le vendeur mis en valeur la jeune femme et proposa un prix.
"5000 de plus !" Lança alors une personne dans la foule. Le serviteur lui jeta alors un regard noir et renchéri : "10 de plus !"
L'enchère continua ainsi, pour la plus grande joie du commerçant qui astiqua la rivalité en avançant la probable bonne éducation de la dame.
Soudain, alors que le concurrent avait la parole, il se tut. Et pour cause, un objet lui piquant le dos le tenait en respect tandis que le mystérieux personnage lui susurrait : "Je suis sur que tu trouveras ton bonheur ailleurs..."
Alors, tout d'un coup, il se retira, imité en un éclair par l'intervenant qui se confondit de nouveau avec la foule.
"Rien d'autre ? 10 de plus une fois, deux fois ? Adjugé !". Conclut le vendeur. Et faisant signe aux gardes tandis qu'un de ses assistants récoltaient l'argent et le divisait en deux pour en donner une partie au commandant; le vendeur vit l'esclave descendre, solidement escorté tandis que l'acheteur poursuivait ses recherches.
Ce dont il ne se doutait pas, c'est que deux yeux attentifs, bien différents de ceux qui lui avait suggéré cet achat, suivait précisément ce dernier du regard.
En effet, Alexandra allait en s'éloignant, solidement escorté par deux gardes en direction de la sortie du marché car, attendaient là garés, différents chariots déjà pleins de "produits"enfermés dans des cages.
En arrivant devant la prison, un des gardes déverrouilla la porte et l'ouvrit pendant que l'autre se tenait derrière Alexandra, l'incitant à avancer sans brutalité. Il n'y avait aucune méfiance des gardes, la plupart des captifs observaient passivement la scène, sachant que les armes des gardes aurait tôt fait de mettre fin à toute fuite.
Une fois que la "nouvelle prise" fut à bord, ils refermèrent la porte et retournèrent au marché. En effet, bien que peu nombreux, les gardes du seigneurs local assurait la sécurité du marché tandis que ceux des acheteurs veillait sur les achats de leur maître, dissuadant quiconque d'approcher.
La paire d'yeux dissimulés le remarqua bien et, tout en prenant d'extrêmes précautions, elle s'approcha aussi près que possible des chariots, restant dans l'ombre d'un passage couvert pour sortit un petit miroir qu'elle pointa dans la direction de la duchesse.
Esquissant plusieurs mouvements, la silhouette tenta de transmettre un message en morse. Mais Alexandra, encore à moitié endormie, n'en saisit pas un traître sens et se tourna comme pour l'ignorer.
La silhouette parut surprise et se redressa légèrement, laissant paraître son visage en partie caché par une capuche : c'était Astrid.
Un cri retentit, un garde avait aperçu les jeux de lumières et approchait rapidement de la position d'Astrid. Sans hésiter, elle s'enfuit en courant dans l'idée de rejoindre la dense foule du centre du marché.
Juste derrière elle, les gardes lui criait de s'arrêter.
Dans sa course, l'agente bousculait de plus en plus de personnes à mesure qu'elle s'approchait de sa destination. Soudain; elle courra le risque et sortit un talkie quelques secondes. Les gardes distinguèrent clairement l'appareil mais ne purent guère en tirer des conclusions.
Peu après avoir rangé l’appareil, renversant un établi, la fuyarde tourna dans un étroit passage encombré. Les gardes réussirent à l'y suivre mais uniquement en se mettant en file indienne et en plaquant leur armes contre leur torse, canon vers le ciel.
L'escapade dura bien quelques minutes jusqu'au moment ou Astrid emprunta une autre ruelle, moins fréquentée, puis une autre couverte et a peine fréquentée.
les gardes avaient retrouvé leur liberté de mouvement et sentirent enfin leur efforts récompensés lorsque leur fuyarde s'arrêta devant un cul de sac. Prenant toutes les précautions, ils pointèrent leurs armes en direction de la fugitive et lui ordonnère de se tourner, mains bien en évidence. Près à tirer au moindre geste suspect.
Tandis qu'ils disaient cela ; ils continuaient d'avancer. Astrid obtempéra en esquissant un petit sourire malin auquel les gardes ne firent pas attention. Soudain, le premier sembla lâcher son arme et porter ses mains à son cou tandis qu'il commençait à s'élever vers le plafond. Le second s’apprêtait à lever la tête quand il sentit une forte pression au niveau de sa gorge, comme si un fil invisible le tirait depuis la charpente pour l'élever dans les airs.
Imitant son collègue, il constata que la fugitive parut s'adresser à des personnages semblant être derrière et au-dessus d'eux.
En effet, deux agents Caskar tiraient, posté depuis la charpente et s'appuyant sur ses nombreuses poutres, les deux gardes.
"On élimine ces gêneurs ?
- Non, je veux savoir quelques petites choses." Répondit-elle autoritairement avant de regarder les deux pendus.
"Qui sait quoi que ce soit à propos du chariot où la rousse à été enfermée ?" Demanda-t-elle en langue locale.
L'un d'entre eux tendis la main la main dans le vide, autant pour signaler que par manque d'air.
"Donner un peu de mou à celui-là." Dit alors Astrid en désignant le garde d'un petit geste de la main.
"Et l'autre ?
- Gardez-le en vie pour l'instant."
A cet ordre, les deux gardes purent reposer les pieds sur le sol, le coup encore enserré des fils et fermement tenus de sorte à ce qu'ils ne puissent s'en débarrasser.
"J'écoute ?"
Le garde désigné, tout en prenant une bouffée d’oxygène, luttant visiblement pour respirer, répondit : "Quelque part dans le sud-ouest, ce sont des colporteurs qui font les achats; ils... ils cheminent ensuite chez les seigneurs qui leurs achètent la cargaison.
- J'ai vu un homme procéder à son achat." dit-elle en donnant sa description.
Les deux-gardes semblèrent dubitatifs mais l'un d'eux répondit avec une voix étranglée: "Un seigneur à du envoyer acheter l'esclave par un homme de confiance. Suivez-le et vous aurez votre réponse...
- Merci pour ses informations messieurs." Leur sourit-elle avant de regarder ses hommes.
"Nous ne pouvons pas courir de risques, tuez-les." Ordonna-t-elle simplement.
A l'instant même, les deux malheureux s'élevèrent à nouveau dans les airs et commencèrent lentement à suffoquer, une agonie qui dura bien quelques minutes avant qu'il ne soit arrivé à auteur de leur bourreaux qui leurs brisèrent la nuque. Là, ils laissèrent retomber lourdement les corps qu'ils placèrent dans le fond du passage, mal éclairé.
Une fois leur besogne accompli, ils rejoignirent Astrid plantée à l'entrée de la rue :
"Vos instructions ?" Demanda l'un d'entre-eux.
"Prenez les uniformes de ces hommes et rejoignez leur poste. Officiellement, vous avez été envoyé par ces... cadavres; dit-elle en se retournant pour y jeter un rapide coup d’œil; qui m'ont arrêté et m'ont emmenée pour "interrogatoire". Parlez aussi peu que possible, nous avons un accent discret mais perceptible malgré tout, et les locaux ne s'y tromperont pas. Pendant ce temps, je vais tâchez de savoir à quel laquais nous avons affaire. Tâchez de vous infiltrer, le doute que nous puissions agir ici."
Les agents acquiescèrent avant d'aller enfiler les uniformes des cadavres pendant qu'Astrid repartait dans le marché à la recherche de son homme.
La tâche allait s'avérer ardue, la foule qui venait d'être son alliée se révélait maintenant être un grand obstacle. Cette masse gênait l'agente plus qu'autre chose. Il lui fallait s'en affranchir, agrandir son champ de vision.
Tandis qu'elle pensait à cela en se frayant un chemin, elle levait la tête et aperçu le sommet des bâtiments.
Voilà un point d'observation qui lui faciliterait la tâche. Mais il allait falloir agir vite, ou alors, elle serait rapidement repérée... son gibier allait disparaître et avec lui les espoirs de garder la trace de la Duchesse.
Ne perdant davantage de temps, elle trouva un empilement de marchandises et s'en servit de marche-pied pour monter.
De là, avançant en restant accroupie, elle fouilla de quelques coups de regard la foule, remontant logiquement en direction des halles marchandes, scrutant particulièrement les devants d'étales.
Il lui fallu plusieurs minutes; mais elle finit par trouver ce qu'elle voulait.
Descendant alors de son perchoir, elle rentra une fois de plus dans la foule, sans perdre de vue le personnage. S'interrogeant sur qui il pouvait bien-être.
Comment savoir de quel fief il provenait ? L'interroger ? Il se douterait de quelque chose. Quoique.... ce marché est réputé pour être un coupe-gorge... il suffirait juste de savoir pour qui il travaille puis de "juger" en l'apprenant, qu'il n'est pas avisé de s'en prendre au personnage.
La seule chose était maintenant de l'isoler.
C'est au moment où elle se posa cette question qu'elle remarqua que le serviteur sortit de sa poche une petite boite pour en retirer une poudre blanche qu'il aspira par le nez. Elle tenait sa solution.
Un passant plus tard, elle n'était plus là.
C'est là que le serviteur entendit une voix enrouée. "Psst... un peu de réserve ?
- Non merci, j'ai déjà." Répondit-il.
"Je peux faire un prix spécial...".
Le serviteur s'arrêta et tourna la tête, Astrid dans son dos, courbée avec l'apparence d'une humble, précisa : "Je pense avoir ce que vous cherchez."
Laissant faire, le serviteur se retourna et ne parut ni surpris ni choquer de voir cette sorte de hère lui proposer cela. Quoiqu'il la trouve plus propre que ce qu'il avait l'habitude de côtoyer.
Saluant poliment, presque avec flatterie, elle commença à le mener dans une ruelle adjacente, à vue de la foule pour ne pas l'inquiéter.
"Alors, qu'as tu donc à me propo...." à cet instant, elle se rapprocha brutalement de lui et il sentit une lame le long de son ventre.
"La bourse ou la vie." Lâcha soudain Astrid.
"Imbécile ! Sais-tu au moins à qui tu as affaire ?
- A l'empereur je parie. Rétorqua-t-elle sur un ton sarcastique.
- Je suis Bouveau, serviteur du compte de Coat-Bras et intendant attitré aux esclaves !
- Ben voyons." Soupira Astrid comme si elle ne le croyait pas.
Ce qu'elle espérait arriva alors : sortant une pièce d'argent de sa poche, il la présenta à l'égorgeuse. Elle parut reconnaître les armes du comte, s'en empara, recula, parut désemparer puis, s'enfuit sans demander son reste. Bien que surpris par la réaction très lâche de la tueuse, Bouveau esquissa un sourire et retourna dans la circulation.
De son côté, satisfaite de ces informations, l'agente prit son talkie et communiqua à Karl :
"St-Bernard à bicoque, je sais où se rend la bergère.
- Bicoque à St-Bernard, j'écoute.
- Le Laskar est serviteur d'un ponte médian, il va falloir la jouer fine et suivre le troupeau de loin.
- Autres aboiements ?
- Chiens de gardes autour du troupeau, j'ai infiltré du monde, demande permission de donner dernières instructions puis de laisser faire."
Karl ne répondit pas de suite, réfléchissant à la chose : inflitrer des hommes ? Pourquoi pas... mais il allait falloir couper le contact un bon moment.
Se doutant que le Colonel allait lui en vouloir, il jugea que c'était le meilleur moyen de savoir où il mettraient les pieds lorsqu'il s'agirait de délivrer la Grande-Duchesse....
"Bicoque à St-Bernard, feu vert."
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Une porte s'ouvrit.
"Ma chère, il faut que tu partes !
- Nous en avons déjà parlé , et il n'est pas question que je laisse ces pourceaux anéantir tout ce que nous avons construit.
- Mais c'est toi qu'ils viennent anéantir, fuit !
- Ça, jamais !"
Elle regarde sa fille.
"Prends Alexandra et partez !
- Tu sais bien que je ne le peut !
- Débrouille-toi mais met là en sécurité.
Un tambourinement à la porte les interrompis. "Votre Majesté, ils arrivent !"
- Parts, vite !"
Visiblement inquiet quand au probable nouvel intervenant, l'interlocuteur de la Reine sortit, juste au moment où un cri provenant de la même voix étouffé fut émis. Un tintement de métal suivit, puis un bruit sourd de cadavre s'effondrant.
Il y eu un silence. Sur la gauche, des serviteurs et servantes affolés se retenaient de crier. La Reine, sans bruit, leurs fit signe de s'en aller après avoir confié Alexandra à l'un d'entre-eux.
Lorsqu'il ne resta plus qu'elle elle avança vers les portes et d'un coup sec les ouvrit en grand : une horde de soldats se tenait devant elle. En face, un bélier qui aurait frappé en attendant quelques secondes de plus.
Elle avait un regard froid et, étonnement, tous la fixaient, s'écartant sur son passage lorsqu'elle se mit à marcher.
Elle descendit du palier. Tous faisait un pas de côté, formant involontairement une haie d'honneur, la fixant comme si une force émanant d'elle les fascinaient tout en les forçant à la craindre.
Posant délicatement, presque théâtralement ses pieds sur chacune des marches, elle vit à l'autre bout du hall un groupe de seigneurs passer la porte.
Ils étaient nombreux. Bien évidemment, elle était là, cette jeune ambitieuse; suivie de près par Valanos.
Les soldats s'inclinaient poliment sur leurs passage. Du moins l'ont ils cru au début avant que ceux de l'escalier fasse de même et que tous se tournent dans la direction de la Reine.
La Prunelle était armée, le regard enflammé. S'approchant jusqu'à être à porté de sabre. Elle posa la lame de celui qu'elle tenait sur l'épaule de la souveraine, côté tranchant orienté vers le cou.
Le silence revint, plus pesant encore, elles s'affrontaient du regard, la première, jeune et pleine de fougue fixait celle qui avait été sa mentor avec des yeux qui cachait mal l'admiration qu'elle avait malgré tout envers elle.
En face, la Reine restait digne et stoïque, défiant du regard ceux qui l'avait battu par la force des armes.
C'est là que le bruit d'une porte sur la droite rompis la scène. Le Duc de Sakina avança jusqu'à voir les participants. Il s'arrêta une seconde, toute l'attention étant portée sur lui, puis, regardant à tour de rôle les conspirateurs, il finit par voir l'arme tenant en respect la Reine.
La Prunelle lui jeta un regard, puis d'un sourire machiavélique, baissa son sabre et présenta sa poignée au seigneur.
Celui-ci avança, fixant une demi-seconde le pommeau, il regarda celle qui lui proposait puis la Reine et, avec un regard froid, prit l'arme avant de s'installer là où était tantôt la Prunelle qui rentrait dans le rang des partisans.
La Reine sourit, cligna des yeux lentement; puis, dressant le sabre au dessus de sa tête derrière lui, de Sakina faucha d'un coup sec la tête de la monarque. Le bruit de sa tête roulant à terre vint troubler le silence. La lame ensanglanté se baissa, le Duc se retourna et tous, s'inclinèrent profondément devant lui.
Là, il fit signe à la Prunelle de se redresser et, laissant la lame vers le sol, il lui tendis le sabre en présentant son pommeau. La Prunelle le prit, et inclina légèrement la tête.
Enfin, toujours sans mot-dire, le seigneur du sud sortit, tandis qu'à l'image de statuts, l'assemblée demeurait inclinée, sans bouger, comme immobilisé dans les limbes du temps...
Alexandra se réveilla, elle était sur de la paille, dans une cage ressemblant à celles dédiées aux animaux pour cirque, mais en bien plus petit.
Dehors, d'autres prisonniers dormaient à même le sol, la seule entrée de l'espèce de hangar où tout ce monde était stocké était gardée par des troupes aux couleurs du seigneur local.
C'est là que le marchand entra, suivi par un personnage de grand taille et fort. Le vendeur se mit à crier pour réveiller ses "marchandises" et, indiquant la cage à son géant, il lui laissa la charge de conduire Alexandra.
Elle remarqua qu'elle avait des chaînes aux poignets et aux pieds, reliées entre elles par d'autres anneaux de métal.
Le colosse ouvrit la porte et d'un signe de tête, fit signe à la jeune femme de sortir. Alex, encore déboussolé, obéit l'air perdu et rejoignit d'un coup le groupe qui sortait en manquant de tomber, poussée par le géant qui la trouvait trop lente.
Dans les tintements des chaînes et en colonnes par trois bien que cette organisation soit plus formelle que sérieuse, le groupe déboucha sur le marché. Le Soleil les éblouis...
La place était noire de monde; les marchands et leurs "produits" se tenaient sur des estrades surélevés . N'hésitant pas à les mettre en valeur, avançant l'âge ou la force pour les hommes tandis que les courbes et les dents étaient visiblement les principales attraits d'une femme. Alex remarqua aussi qu'il y avait plus de personne provenant d'Algarbe que de Dytolie; ce qui semblait être un argument des trafiquants pour augmenter le prix des Dytoliens.
Là, le groupe s'arrêta et un à un, ses membres montèrent sur l'espace surélevé dédié. Étonnamment (à en juger par les visages surpris de ses voisins); le trafiquant intervint pour placer Alex sur les lignes arrières, mettant en avant d'autres personnages.
Pendant ce temps, dans l'ombre d'une arcade; guettait une silhouette intéressée qui ne perdait pas un seul instant de la scène. En même temps, elle semblait chercher quelqu'un du regard aux alentours.
C'est alors qu'en tournant la tête sur une ruelle donnant sur l'extérieur, elle reconnu les soldats à côté des chariots à bétail : c'étaient ceux du seigneur de Coat-Bras et son homme de confiance avait du être envoyé pour trouver des "spécimens" convenables.
Fouillant alors la marée humaine du regard, le mystérieux personnage l'arrêta enfin sur l'individu en question.
Le rejoignant alors discrètement, il se plaça juste derrière lui
"Ne vous retournez pas !"
Surpris, le serviteur obtempéra mais demanda avec suspicion :
"Qui êtes-vous ?
- Quelqu'un qui vous suggère d'acheter la rousse de l'étale 8.
- Bien voyons, une rousse, et vous croyez que c'est donné une perle aussi rare ?"
Pour toute réponse, le serviteur senti au contact de sa main le tissu d'un sac d'argent.
"Ceci pour aider vos fonds" assura le personnage.
Le remontant à hauteur du visage, le serviteur jaugea le poids.
"C'est un produit rare et précieux, et puis il doit y en avoir d'autre en cherchant bien."
Bien qu'entendant un grognement, le serviteur senti un deuxième sac suivi d'une mise en garde : "Ce sera tout ce que vous aurez, et si vous tâchez de jouer avec le feu, votre nom s'inscrira sur la longue liste des morts inexpliqués de ce marché.
- Très bien." Et, sans que son commanditaire ne demeure plus longtemps, le serviteur prit la route de l'étale n°8 et se plaça devant, cherchant du regard le-dit personnage.
Laissant aller quelques propositions pour des "lots" peu intéressant. Il finit par crier pour dominer le brouhaha : "Et la donzelle au cheveux de feu ?"
Le vendeurs paru une seconde décontenancé et, d'un regard furtif, il regarda le commandant, caché juste derrière l'étale qui guettait visiblement quelque chose avant de donner son accord pour vendre sa prisonnière.
Là, le mystérieux personnages, revenus sous les arcades, sortit un miroir et fit des signaux lumineux qui eurent pour effet de faire acquiescer le commandant.
Alors, prenant Alexandra par le bras, le marchand l’amena à l'avant, à la vue de tous.
Procédant comme ses pairs, le vendeur mis en valeur la jeune femme et proposa un prix.
"5000 de plus !" Lança alors une personne dans la foule. Le serviteur lui jeta alors un regard noir et renchéri : "10 de plus !"
L'enchère continua ainsi, pour la plus grande joie du commerçant qui astiqua la rivalité en avançant la probable bonne éducation de la dame.
Soudain, alors que le concurrent avait la parole, il se tut. Et pour cause, un objet lui piquant le dos le tenait en respect tandis que le mystérieux personnage lui susurrait : "Je suis sur que tu trouveras ton bonheur ailleurs..."
Alors, tout d'un coup, il se retira, imité en un éclair par l'intervenant qui se confondit de nouveau avec la foule.
"Rien d'autre ? 10 de plus une fois, deux fois ? Adjugé !". Conclut le vendeur. Et faisant signe aux gardes tandis qu'un de ses assistants récoltaient l'argent et le divisait en deux pour en donner une partie au commandant; le vendeur vit l'esclave descendre, solidement escorté tandis que l'acheteur poursuivait ses recherches.
Ce dont il ne se doutait pas, c'est que deux yeux attentifs, bien différents de ceux qui lui avait suggéré cet achat, suivait précisément ce dernier du regard.
En effet, Alexandra allait en s'éloignant, solidement escorté par deux gardes en direction de la sortie du marché car, attendaient là garés, différents chariots déjà pleins de "produits"enfermés dans des cages.
En arrivant devant la prison, un des gardes déverrouilla la porte et l'ouvrit pendant que l'autre se tenait derrière Alexandra, l'incitant à avancer sans brutalité. Il n'y avait aucune méfiance des gardes, la plupart des captifs observaient passivement la scène, sachant que les armes des gardes aurait tôt fait de mettre fin à toute fuite.
Une fois que la "nouvelle prise" fut à bord, ils refermèrent la porte et retournèrent au marché. En effet, bien que peu nombreux, les gardes du seigneurs local assurait la sécurité du marché tandis que ceux des acheteurs veillait sur les achats de leur maître, dissuadant quiconque d'approcher.
La paire d'yeux dissimulés le remarqua bien et, tout en prenant d'extrêmes précautions, elle s'approcha aussi près que possible des chariots, restant dans l'ombre d'un passage couvert pour sortit un petit miroir qu'elle pointa dans la direction de la duchesse.
Esquissant plusieurs mouvements, la silhouette tenta de transmettre un message en morse. Mais Alexandra, encore à moitié endormie, n'en saisit pas un traître sens et se tourna comme pour l'ignorer.
La silhouette parut surprise et se redressa légèrement, laissant paraître son visage en partie caché par une capuche : c'était Astrid.
Un cri retentit, un garde avait aperçu les jeux de lumières et approchait rapidement de la position d'Astrid. Sans hésiter, elle s'enfuit en courant dans l'idée de rejoindre la dense foule du centre du marché.
Juste derrière elle, les gardes lui criait de s'arrêter.
Dans sa course, l'agente bousculait de plus en plus de personnes à mesure qu'elle s'approchait de sa destination. Soudain; elle courra le risque et sortit un talkie quelques secondes. Les gardes distinguèrent clairement l'appareil mais ne purent guère en tirer des conclusions.
Peu après avoir rangé l’appareil, renversant un établi, la fuyarde tourna dans un étroit passage encombré. Les gardes réussirent à l'y suivre mais uniquement en se mettant en file indienne et en plaquant leur armes contre leur torse, canon vers le ciel.
L'escapade dura bien quelques minutes jusqu'au moment ou Astrid emprunta une autre ruelle, moins fréquentée, puis une autre couverte et a peine fréquentée.
les gardes avaient retrouvé leur liberté de mouvement et sentirent enfin leur efforts récompensés lorsque leur fuyarde s'arrêta devant un cul de sac. Prenant toutes les précautions, ils pointèrent leurs armes en direction de la fugitive et lui ordonnère de se tourner, mains bien en évidence. Près à tirer au moindre geste suspect.
Tandis qu'ils disaient cela ; ils continuaient d'avancer. Astrid obtempéra en esquissant un petit sourire malin auquel les gardes ne firent pas attention. Soudain, le premier sembla lâcher son arme et porter ses mains à son cou tandis qu'il commençait à s'élever vers le plafond. Le second s’apprêtait à lever la tête quand il sentit une forte pression au niveau de sa gorge, comme si un fil invisible le tirait depuis la charpente pour l'élever dans les airs.
Imitant son collègue, il constata que la fugitive parut s'adresser à des personnages semblant être derrière et au-dessus d'eux.
En effet, deux agents Caskar tiraient, posté depuis la charpente et s'appuyant sur ses nombreuses poutres, les deux gardes.
"On élimine ces gêneurs ?
- Non, je veux savoir quelques petites choses." Répondit-elle autoritairement avant de regarder les deux pendus.
"Qui sait quoi que ce soit à propos du chariot où la rousse à été enfermée ?" Demanda-t-elle en langue locale.
L'un d'entre eux tendis la main la main dans le vide, autant pour signaler que par manque d'air.
"Donner un peu de mou à celui-là." Dit alors Astrid en désignant le garde d'un petit geste de la main.
"Et l'autre ?
- Gardez-le en vie pour l'instant."
A cet ordre, les deux gardes purent reposer les pieds sur le sol, le coup encore enserré des fils et fermement tenus de sorte à ce qu'ils ne puissent s'en débarrasser.
"J'écoute ?"
Le garde désigné, tout en prenant une bouffée d’oxygène, luttant visiblement pour respirer, répondit : "Quelque part dans le sud-ouest, ce sont des colporteurs qui font les achats; ils... ils cheminent ensuite chez les seigneurs qui leurs achètent la cargaison.
- J'ai vu un homme procéder à son achat." dit-elle en donnant sa description.
Les deux-gardes semblèrent dubitatifs mais l'un d'eux répondit avec une voix étranglée: "Un seigneur à du envoyer acheter l'esclave par un homme de confiance. Suivez-le et vous aurez votre réponse...
- Merci pour ses informations messieurs." Leur sourit-elle avant de regarder ses hommes.
"Nous ne pouvons pas courir de risques, tuez-les." Ordonna-t-elle simplement.
A l'instant même, les deux malheureux s'élevèrent à nouveau dans les airs et commencèrent lentement à suffoquer, une agonie qui dura bien quelques minutes avant qu'il ne soit arrivé à auteur de leur bourreaux qui leurs brisèrent la nuque. Là, ils laissèrent retomber lourdement les corps qu'ils placèrent dans le fond du passage, mal éclairé.
Une fois leur besogne accompli, ils rejoignirent Astrid plantée à l'entrée de la rue :
"Vos instructions ?" Demanda l'un d'entre-eux.
"Prenez les uniformes de ces hommes et rejoignez leur poste. Officiellement, vous avez été envoyé par ces... cadavres; dit-elle en se retournant pour y jeter un rapide coup d’œil; qui m'ont arrêté et m'ont emmenée pour "interrogatoire". Parlez aussi peu que possible, nous avons un accent discret mais perceptible malgré tout, et les locaux ne s'y tromperont pas. Pendant ce temps, je vais tâchez de savoir à quel laquais nous avons affaire. Tâchez de vous infiltrer, le doute que nous puissions agir ici."
Les agents acquiescèrent avant d'aller enfiler les uniformes des cadavres pendant qu'Astrid repartait dans le marché à la recherche de son homme.
La tâche allait s'avérer ardue, la foule qui venait d'être son alliée se révélait maintenant être un grand obstacle. Cette masse gênait l'agente plus qu'autre chose. Il lui fallait s'en affranchir, agrandir son champ de vision.
Tandis qu'elle pensait à cela en se frayant un chemin, elle levait la tête et aperçu le sommet des bâtiments.
Voilà un point d'observation qui lui faciliterait la tâche. Mais il allait falloir agir vite, ou alors, elle serait rapidement repérée... son gibier allait disparaître et avec lui les espoirs de garder la trace de la Duchesse.
Ne perdant davantage de temps, elle trouva un empilement de marchandises et s'en servit de marche-pied pour monter.
De là, avançant en restant accroupie, elle fouilla de quelques coups de regard la foule, remontant logiquement en direction des halles marchandes, scrutant particulièrement les devants d'étales.
Il lui fallu plusieurs minutes; mais elle finit par trouver ce qu'elle voulait.
Descendant alors de son perchoir, elle rentra une fois de plus dans la foule, sans perdre de vue le personnage. S'interrogeant sur qui il pouvait bien-être.
Comment savoir de quel fief il provenait ? L'interroger ? Il se douterait de quelque chose. Quoique.... ce marché est réputé pour être un coupe-gorge... il suffirait juste de savoir pour qui il travaille puis de "juger" en l'apprenant, qu'il n'est pas avisé de s'en prendre au personnage.
La seule chose était maintenant de l'isoler.
C'est au moment où elle se posa cette question qu'elle remarqua que le serviteur sortit de sa poche une petite boite pour en retirer une poudre blanche qu'il aspira par le nez. Elle tenait sa solution.
Un passant plus tard, elle n'était plus là.
C'est là que le serviteur entendit une voix enrouée. "Psst... un peu de réserve ?
- Non merci, j'ai déjà." Répondit-il.
"Je peux faire un prix spécial...".
Le serviteur s'arrêta et tourna la tête, Astrid dans son dos, courbée avec l'apparence d'une humble, précisa : "Je pense avoir ce que vous cherchez."
Laissant faire, le serviteur se retourna et ne parut ni surpris ni choquer de voir cette sorte de hère lui proposer cela. Quoiqu'il la trouve plus propre que ce qu'il avait l'habitude de côtoyer.
Saluant poliment, presque avec flatterie, elle commença à le mener dans une ruelle adjacente, à vue de la foule pour ne pas l'inquiéter.
"Alors, qu'as tu donc à me propo...." à cet instant, elle se rapprocha brutalement de lui et il sentit une lame le long de son ventre.
"La bourse ou la vie." Lâcha soudain Astrid.
"Imbécile ! Sais-tu au moins à qui tu as affaire ?
- A l'empereur je parie. Rétorqua-t-elle sur un ton sarcastique.
- Je suis Bouveau, serviteur du compte de Coat-Bras et intendant attitré aux esclaves !
- Ben voyons." Soupira Astrid comme si elle ne le croyait pas.
Ce qu'elle espérait arriva alors : sortant une pièce d'argent de sa poche, il la présenta à l'égorgeuse. Elle parut reconnaître les armes du comte, s'en empara, recula, parut désemparer puis, s'enfuit sans demander son reste. Bien que surpris par la réaction très lâche de la tueuse, Bouveau esquissa un sourire et retourna dans la circulation.
De son côté, satisfaite de ces informations, l'agente prit son talkie et communiqua à Karl :
"St-Bernard à bicoque, je sais où se rend la bergère.
- Bicoque à St-Bernard, j'écoute.
- Le Laskar est serviteur d'un ponte médian, il va falloir la jouer fine et suivre le troupeau de loin.
- Autres aboiements ?
- Chiens de gardes autour du troupeau, j'ai infiltré du monde, demande permission de donner dernières instructions puis de laisser faire."
Karl ne répondit pas de suite, réfléchissant à la chose : inflitrer des hommes ? Pourquoi pas... mais il allait falloir couper le contact un bon moment.
Se doutant que le Colonel allait lui en vouloir, il jugea que c'était le meilleur moyen de savoir où il mettraient les pieds lorsqu'il s'agirait de délivrer la Grande-Duchesse....
"Bicoque à St-Bernard, feu vert."
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