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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:04 pm
par Ramiro de Maeztu
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J'arrivai enfin sur la Plaza de Colón après mon périple sur la première partie du Paseo de Recoletos, impressionné par la hauteur de la colonne de marbre sur laquelle était juchée la statue du découvreur et grand navigateur.
Ce vaste carrefour, qui débouchait d'un côté sur l'Avenida de Palermitana, de l'autre sur l'Avenida de Serrano, était très emprunté et le bruit y était littéralement assourdissant. S'il y avait bien une chose que j'avais notée, c'était le bruit permanent qui régnait dans ce pays : chacun parlait plus fort que son interlocuteur, un peu comme s'il avait peur de ne pas être entendu ou écouté; les voitures et les motocyclettes pétaradaient; même les passants faisaient du bruit en claquant les talons sur le bitume et le silence était presque suspect, surtout dans cette immense ville de plus d'onze millions d'habitants.
Épuisé par une journée de marche et de visite, je décidai de rentrer à l'hôtel arrivé au niveau de la station de métropolitain Colón, située sur la quatrième ligne, identifiée par sa couleur brune. Alonso Martínez, Bilbao... Les stations défilèrent jusqu'à la Plaza de la Villa, où je descendis exténué. Je saluai à peine la réceptionniste, qui avait une nouvelle fois changé, et allai me jeter sur mon lit, dans ma chambre, où je m'endormis profondément. Je sautai même le dîner et me réveillai le lendemain, frais et dispos pour une bonne douche et une nouvelle journée de visite. Mais je ne me doutai pas de ce qui allait m'arriver...
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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:04 pm
par Ramiro de Maeztu
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Après avoir longuement contemplé cet imposant arc de triomphe, je ne savais pas réellement vers où me diriger et arrêtai une passante dont je supposais qu'elle était hispalienne pour lui demander ce que je pouvais visiter dans le secteur.
Elle me dit que si je ne l'avais pas encore vu, le mieux était d'emprunter le Paseo de Recoletos, qui partait depuis la Plaza de Cibeles dans le sens opposé du Paseo de la Meseta, et qui traversait une bonne part du Quartier de Salamanca, ainsi nommé en l'honneur du marquis éponyme qui l'avait conçu et fait bâtir au XIXème siècle.
Je dus donc redescendre toute la Calle de Alcalá jusqu'à l'immense fontaine de Cybèle, puis je tournai à droite dans le Paseo de Recoletos, qui m'impressionna par sa longueur - il s'étendait à perte de vue ! - et sa largeur. Un bruit assourdissant gâchait toutefois un peu la perspective, du fait de l'intense circulation du boulevard; les autobus étaient notamment très nombreux et je repérai au loin une station de métro nommée Colón, sûrement en hommage de Cristóbal Colón, navigateur tripicien qui avait découvert le Vicaskaran pour le compte de la Couronne numancienne.
Au centre, de nouvelles plantations diverses et variées et des statues d'angelots ou de muses et de grâces. De mon côté de la rue, je pouvais distinguer entre des troènes et des thuyas d'anciens hôtels particuliers transformés en hôtels ou en banques.
Puis j'arrivai au niveau de la Bibliothèque Nationale du Numancia, immense derrière ses grilles en fer forgées, ornée d'une statue gréco-romaine coiffée d'un bonnet phrygien. Ce fut surtout son escalier de marbre, parsemé d'imposantes statues d'écrivains et de penseurs nationaux, qui me frappa. Don Miguel de Argote, saint Isidore d'Hispalis, Calderón del Barco... menaçaient du haut de leur stature et du poids des siècles et de leurs œuvres tous les visiteurs de cet édifice que je décidai d'aller visiter dès le lendemain.
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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:05 pm
par Ramiro de Maeztu
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Alors que j'allais quitter le ministère des yeux, il me sembla qu'un attroupement se formait devant sa porte, fait à la fois de passants et de journalistes armés de leur appareil photographique. Je crus d'abord à un accident ou à un scandale, mais non : c'était simplement le Ministre de la Culture et de l'Éducation, Carlos Molina de Vega, dont j'avais déjà vu la photographie dans les périodiques numanciens, qui sortait avec plusieurs conseillers, pour se diriger vers un énième lieu à visiter dans la capitale.
Mais à ma grande surprise, s'il ne répondit pas aux journalistes qui le harcelaient de questions, il n'était pas en voiture, mais à pied, ses dossiers sous le bras !
A un Numancien qui était à côté de moi, de l'autre côté de la rue, je demandai s'il était normal qu'il sorte à pied et non pas en voiture, utilisant mon castillan le plus apprêté :
"¿Es normal que no salga en coche sino andando?"
Mon interlocuteur sourit, sans doute amusé par mon accent britannique à couper au couteau et par l'aspect pincé de mon expression, puis me répondit qu'en vertu de plusieurs plans de rigueur ministérielle successifs, les ministres et leur entourage avaient reçu pour consigne stricte de n'utiliser la voiture que s'ils se rendaient dans un lieu mal desservi par les transports en commun urbains ou interurbains ou qui ne pouvait être rejoint à pied. Ce n'était pas en Adélie que l'on ferait ça !
Je continuai mon chemin, étonné par les mœurs politiques de cet étrange pays où l'élite montrait l'exemple au peuple, n'hésitant pas à sortir dans la rue, ainsi, pour se rendre dans un autre lieu. J'imaginais encore moins bien le Premier Ministre aller dans le train ou le métro pour aller saluer ses administrés !
Chemin faisant, je remarquai la beauté des bâtiments qui bordaient la deuxième section de la Calle de Alcalá, tous dans le style Napoléon III. Massifs, constitués de quatre à cinq étages, ils conféraient à cette artère majeure un aspect sévère, renforcé par l'Arc de Triomphe dont je me rapprochais.
Arrivé sur la Plaza de la Independencia, ainsi nommée en référence à l'indépendance totale du pays en 1492, après la Reconquista, je contemplai cet immense édifice, qui trônait au centre d'un carrefour à sens giratoire très emprunté par les véhicules. Son inscription, en latin, ne me laissa comprendre que le nom de la Reine qui l'avait fait construire : Adelia II. Au vu de ma piètre connaissance de la langue de Cicéron et des chiffres romains, je ne pus en savoir plus. Mais je me laissai porter par ces lignes droites et brisées qui menaient vers le faîte de l'édifice, surmonté de lauriers, de casques et de boucliers sculptés à même le granite.
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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:05 pm
par Ramiro de Maeztu
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Je sortis du Musée de la Meseta épuisé par tant de piétinement et de salles visitées, sans même avoir visité les salles de peinture rostove, adélienne, tripicienne ou quantarienne.
J'en avais plein les yeux et plein la tête mais je ne regrettais pas cette visite gratuite de l'une des plus belles pinacothèques du monde, dont je n'avais vu qu'un bon quart.
Après m'être reposé un temps sur un banc en face de l'entrée du muséum, qui semblait fermer ses portes pour la nuit, je décidai de continuer sur le Paseo de la Meseta, entres les chérubins et les parterres de fleurs, et arrivait rapidement au niveau d'un monument aux morts de construction récente. Sur sa plaque, je lus qu'il avait été érigé en hommage aux soldats numanciens décédés lors de la Première Guerre de l'Altevum. Ce conflit semblait avoir profondément marqué le peuple numancien, qui en faisait l'un de ses repères historiques contemporains.
Sur ma droite, une vaste avenue remontait vers le Parc du Buen Retiro, l'un des principaux poumons verts de la ville; sur ma gauche se trouvait, à quelques encablures de moi, un vaste bâtiment dans le style néoclassique, aux colonnades corinthiennes et doriques, qui semblait fermé au public. Je me dirigeai vers lui et, arrivé à son niveau, contemplai ses frises faussement gréco-romaines et son fronton dédié à Athéna la Victorieuse.
Je demandai à un passant, sans doute hispalien, s'il savait ce qu'était cet immense temple païen aux portes closes; il me répondit qu'il s'agissait de l'ancienne bourse nationale, porteuse de la valeur Ibex-35, qui avait été fermée définitivement sous le règne d'Isabel Ière. Je restai stupéfait face à cette réponse tant j'avais du mal à y croire : un pays alméran occidental où il n'existait aucune bourse ?! Pour moi qui travaillais à Barrow dans le monde de la finance, cela paraissait inconcevable.
Je décidai de retourner du côté de la station de métro de Banco de Numancia et de continuer à remonter la Calle de Alcalá vers l'arc de triomphe qui s'élevait tout en haut, au milieu d'une immense jardinière.
La nuit commençait à tomber sur la ville et l'éclairage public se mettait progressivement en route, illuminant les monuments de mille feux.
En poursuivant mon chemin sur le boulevard très fréquenté, je remarquai de nombreux cinémas, théâtres, cafés, restaurants, des hôtels et des auberges, mais également des ministères, comme celui de la Culture et de l'Éducation, qui était l'un des plus actifs au Numancia.
Le bâtiment, massif dans son granite, son grès et son fer forgé, était surveillé par deux gardes civils et portait une plaque réglementaire portant l'inscription : "Ministerio de Cultura y Educación - Gobierno de Numancia", "Ministère de la Culture et de l'Éducation - Gouvernement du Numancia", avec les armoiries du pays.
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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:06 pm
par Ramiro de Maeztu
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Les Enfants du peintre dans le salon japonais, de Mariano Fortuna (1874)
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Portrait de Ramón de Errazu, de Jaime Madrazo (1879)
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Des Enfants sur la plage, de Roberto Sorolla (1910)
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Vue d'Hispalis depuis la Prairie de saint Isidore, d'Aureliano Beruete (1909)</center>
Je passai ensuite dans une nouvelle salle, qui abritait d'après les écriteaux une série de tableaux sur le réalisme pictural numancien et ses évolutions entre les XIXème et XXème siècles.
J'étais plus captivé par des toiles personnelles, comme celles de Roberto Sorolla ou Aureliano Beruete, que par des réalisations plus académiques, comme celles de Jaime Madrazo.
C'était toutefois dans cette salle que l'on constatait mieux l'ascension de la bourgeoisie almérane au XIXème siècle et sa volonté d'imiter la noblesse par le faste, la représentation et les loisirs coûteux.
Les panneaux indicateurs parlaient pour l'époque s'étendant de 1860 à 1930 de "cooptation" entre une noblesse souvent désargentée mais très prestigieuse par ses titres et son passé glorieux et une nouvelle aristocratie financière, riche mais désireuse de s'offrir des titres de comtes ou de ducs par une vaste politique matrimoniale.
Au sortir de cette immense salle, je pénétrai dans la partie consacrée aux sculptures et autres objets d'art - ferronneries, émailleries, camées, coffrets et autres tables.
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Le Roi Felipe Ier et la Fureur, de Pompeo Leonés (1724)
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La Reine Isabel, de Pompeo Leonés (1735)
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Le Christ gisant, d'Augusto Valdeacederas (1872)
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Isabel de Bragance, de José Cubrero (1869)</center>
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:07 pm
par Ramiro de Maeztu
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Le Duc et la Duchesse d'Osuna et leurs enfants, de Francisco Lucientes (1778)
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Saturne dévorant l'un de ses enfants, de Francisco Lucientes (1823)
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La Fusillade de Torrijos et ses compagnons sur une plage d'Hispalis, d'Antonio Sisberto (1887)
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Doña Isabela la Catholique dictant son testament, d'Eduardo de Rosales (1864)</center>
En pénétrant dans une nouvelle salle capitonnée, je fus surpris et effrayé par ce que les différents panneaux indicateurs nommaient "La Pintura Negra numántica", "La Peinture Noire numancienne". En pleine période de décadence et de doutes, dans une société prolifique dans les arts mais en échec dans la politique, les conquêtes militaires et la prospérité économique, le Numancia avait donc produit une série d'huiles sur toile terrifiantes, marquantes, sombres, exprimant toute la frustration, tout le désespoir et toute la peur d'un pays face à son avenir.
Cela contrastait avec la folie des grandeurs, la richesse, l'exubérance du Grand Siècle de Felipe I et avec le regain, la confiance retrouvée et la soif de futur du siècle présent.
Quoi qu'il en fût, j'étais absolument médusé par de telles réalisations, à la fois répulsives et attractives.
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Juana la folle, d'Eduardo de Rosales (1877)
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Deux vieux en train de manger, de Francisco Lucientes (1821)
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Le Sabbat des sorcières ou le Grand Bouc, de Francisco Lucientes (1821)
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Un Chien à moitié noyé, de Francisco Lucientes (1819)</center>
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:07 pm
par Ramiro de Maeztu
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Le Triomphe de Bacchus, de Rodrigo Velázquez (1629)
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Agnus Dei, de Francisco Zurbarán (1640)
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L'Adoration des pasteurs, de l'Ateniense (1614)
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La Dernière cène, de Juan Juanes (1562)</center>
Après m'être extasié sur la peinture numancienne des XVIème et XVIIème siècles, je passai au Pavillon Santa Isabel, qui exposait généralement la peinture numancienne des XVIIIème et XIXème siècles.
En observant le plan que j'avais pris à l'entrée, je constatai que j'avais bien piétiné et marché dans les différentes salles précédentes.
Mais, étrangement, j'avais été si capté, envoûté, fasciné par ce que j'avais vu jusqu'à maintenant que je ne me rendis même pas compte du chemin parcouru.
Et d'autres chefs-d'œuvre m'attendaient encore, même si les techniques et courants picturaux avaient changé entre temps : l'on passait du baroque et du classicisme, du churrigueresque et du plateresque au romantisme, impressionnisme, fauvisme, pointillisme, expressionnisme et art naïf !
Le sujets se modifiaient aussi : de l'alternance classique entre royauté, mythologie et christianisme, l'on passait à davantage de natures mortes, de marines, de scènes de la vie champêtre, de portraits bourgeois et de sujets conceptuels.
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Ascension d'une montgolfière à Aranjuez, d'Antonio Carnicero (1784)
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La Reine María Luisa à cheval, de Francisco Lucientes (1799)
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L'Été, de Francisco Lucientes (1786)
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La Marquise de Santa Cruz, de Francisco Lucientes (1805)</center>
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:08 pm
par Ramiro de Maeztu
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Les Ménines, de Rodrigo Velázquez (1656)
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Un vase en cristal, de Santiago de Arellano (1668)
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Le Prince Don Carlos, d'Alonso Rodríguez Coello (1558)
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La Reine Doña Margarita, de Juan de Navarrete, dit "Le Muet" (1606)</center>
La peinture numancienne était d'une grande richesse et j'étais notamment impressionné par l'alternance de sujets religieux, mythologiques et officiels.
Les peintures à l'huile, à la chaux, minérales, à l'eau, à l'aquarelle, la tempera, les sfumatos révélaient leurs mille notes d'indigo, de safran, de guède, de garance, de cochenille, de murex, de gaude, d'amarante, de jaune-de-beurre, de sépia, de cobalt, de cadmium, de cinabre, d'outremer, de carmin, de terres de Sienne, de céruléum, d'ocre, de lapis-lazuli, d'oxyde de chrome, de maurelle, d'orseille, de pérylène, de naphtol, d'orpiment, de gomme-gutte, de laque d'alizarine et de turquoise en une symphonie complexe où Vénus côtoyait la Vierge Marie, où le baptême du Christ n'avait son pareil que dans les orgies bachiques et où tout était soigneusement conservé, entreposé, étiqueté, étudié et placé dans des conditions idéales de luminosité, d'aération et de température.
Je continuai mon parcours dans les couloirs pourpres et noirs de cette immense pinacothèque, perdant la notion de l'heure et des gens, pourtant nombreux, autour de moi.
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Nature morte avec un chardon, un francolin, du raisin et des iris, de Juan de Cota (1628)
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Mars, de Rodrigo Velázquez (1640)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/2/b/1/murillo04-1ef448e.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/5/a/e/murillo04-1ef448f.jpg[/img][/url]
Apparition de la Vierge à saint Bernard, d'Esteban Murillo (1660)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/c/0/5/esp_xvi14-1ef44d8.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/8/4/8/esp_xvi14-1ef44d9.jpg[/img][/url]
Le Christ embrassant saint Bernard, de Roberto Ribalta (1622)</center>
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:09 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/7/a/d/museo-del-prado-1eeb84b.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/4/3/6/museo-del-prado-1eeb84c.jpg[/img][/url]</center>
Dans la file d'attente, j'observai l'architecture, à la fois néoclassique et baroque, du Museo de la Meseta, immense édifice assez conventionnel dans son architecture, orné de bas-reliefs, de sculptures hellénisantes, de frises et de linteaux ciselés.
J'entendais toutes les langues du monde dans la queue, mais je commençais à avoir l'habitude du cosmopolitisme paradoxal et limité d'Hispalis. Les touristes pouvaient tout à fait y discuter avec les Numanciens, qui étaient avec eux avenants et accueillants, mais il n'y avait aucun mélange réel : les étrangers étaient des étrangers et le restaient. Étrange conception de la vie et du monde...
La file avançait assez rapidement et, au bout d'une demi-heure, je pénétrai dans l'enceinte du musée où l'on me donna un billet gratuit.
Je pris également un plan de la pinacothèque en anglais et me dirigeai vers la première section, qui réunissait la peinture numancienne des XVIème et XVIIème siècles.
Je fus notamment impressionné par les tableaux suivants, qui étaient véritablement des chefs-d'œuvre :
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/24/3/3/5/herrera-el-viejo-...rancisco-1eebc01.jpg.htm][img]http://img24.xooimage.com/files/0/f/e/herrera-el-viejo-...rancisco-1eebc02.jpg[/img][/url]
Saint Bonaventure reçoit le froc de saint François, de Francisco de Herrera (1646)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/4/5/5/3005263664_17be5679ab_o-1eebcb9.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/4/5/5/3005263664_17be5679ab_o-1eebcb9.jpg[/img][/url]
La Trinité, de José de Ribera (1635)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/a/4/4/la-adoraci-n-de-l...b.-ma-no-1eebceb.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/d/3/9/la-adoraci-n-de-l...b.-ma-no-1eebcec.jpg[/img][/url]
L'Adoration des rois, de Juan Bautista Maíno (1678)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/6/8/2/bautismo_de_crist...co_500px-1eebd1d.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/4/6/3/bautismo_de_crist...co_500px-1eebd1e.jpg[/img][/url]
Le Baptême du Christ, de l'Ateniense (1542)
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/9/f/1/alonso-cano-crist...-un-ngel-1eebd4a.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/0/f/e/alonso-cano-crist...-un-ngel-1eebd4b.jpg[/img][/url]
Le Christ mort soutenu par un ange, d'Alonso Cano (1653)</center>
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:09 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/5/d/2/cibeles_ori-1edb43d.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/5/e/e/cibeles_ori-1edb43e.jpg[/img][/url]
La Fontaine de Cybèle, dans le centre-ville d'Hispalis</center>
Après avoir obtenu le résultat escompté sur la plage, je repartis avec mon teint légèrement halé après m'être rapidement rhabillé.
Je consultai mon plan de la ville pour voir l'ensemble des lieux qui me restaient encore à découvrir et contempler, et il m'en restait beaucoup !
Je me redirigeai vers la bouche de métropolitain la plus proche, après m'être un peu perdu dans un dédale de rues du quartier de Legazpi, à la fois populaire et charmant. Je manquai d'ailleurs la station éponyme et dut me rabattre sur celle de Delicias.
Je me rendis rapidement à la Puerta del Sol, où passait la ligne trois, et décidai de pousser un peu plus haut, jusqu'à la station de Banco de Numancia, sur la ligne deux.
Je sortis et redécouvris la magnifique Plaza de Cibeles, immense carrefour passant dont le centre était occupé par la fameuse fontaine de Cybèle, érigé en l'honneur de la déesse phrygienne du même nom. Je me dirigeai ensuite vers le Paseo de la Meseta, que je ne connaissais pas encore. Nettement plus calme et boisé, il m'offrit un peu de repos après le vrombissement des voitures, des taxis, des camionnettes et des autobus.
Je me baladai entre les fontaines, les sculptures de chérubins, les roseraies, les ormeaux tortus et les rambardes de granite ou de marbre. La circulation existait sur cette vaste avenue, mais elle ne pouvait être ressentie tant son bruit était absorbé pas la végétation étonnamment luxuriante en pleine ville. J'observais malgré tout les bâtiments qui bordaient cette avenue : le Palais des Communications, siège des services de poste de la Province de Romania; le Musée de la Marine, que j'avais l'intention de visiter plus tard; la Fondation Thyssen-Bornemisza, qui était apparemment un autre musée assez vaste, niché derrière un joli petit parc; quelques palaces; la Fontaine de Neptune, en l'honneur du dieu romain du même nom qui déchaînait les flots avec son trident; et surtout le Musée de la Meseta, plus grande pinacothèque du Numancia et l'un des plus grands muséums d'Alméra.
Je tombai bien d'après les panneaux qui se trouvaient à côté d'une immense file d'attente : l'entrée était gratuite de quinze heures à dix-neuf heures et nous étions dix-sept heures ! Le musée fermait dans trois heures, j'avais largement de voir quelque peinture...
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/b/3/0/ba336_madrid-1edb9cc.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/d/b/b/ba336_madrid-1edb9cd.jpg[/img][/url]
La Fontaine de Neptune, sur la Plaza de Felipe IV</center>