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Posté : sam. avr. 04, 2015 2:26 pm
par Zaldora
[justify][ve]Vie politique locale
[center][img]http://nsm08.casimages.com/img/2013/07/24//1307241027129919611409279.png[/img][/center]
[quote]Nous, Annabelle II Reine du Thorval, arrêtons quant à notre Domaine royal ce qui s'en suit :
En vertu de la Tradition de l'Église réservant le samedi à la mémoire de la Vierge Marie et parce que toute femme chrétienne doit s'atteler a être le reflet de la Très Sainte Mère de Dieu,
Le samedi est proclamé, au nom de Marie, jour du repos de la femme. Chaque samedi, la femme est appelée à quitter ses travaux et à reprendre des forces. Considérant toutefois que le 6è jour est fait pour la femme et non la femme pour le dit jour, il lui est permit de travailler s'il est impossible de reporter l'activité à une date ultérieure ou si des conditions inhabituelles obligent rapide exécution de la tâche.[/justify][/ve][/quote]
Posté : dim. avr. 26, 2015 4:39 pm
par Zaldora
[justify][ve]Parlotes autour du feu.
18 décembre 2026
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/17/1430060100-brasero-600x300.jpg[/img][/center]
Sept à huit copains paysans se retrouvaient près du brasier [cheminée extérieure, brasero] du village. Ils s’accoutraient d'un gilet lacé en laine porté par dessus une chemise en lin, d'un chapeau casquette en feutre et d'un pantalon sombre pour le bas. En hiver, après avoir vérifié l'état des cultures, fait le soin des bêtes et s'être assuré des quelques autres travaux, la journée du paysan moyen comportait une part de glandouille comme aujourd'hui. On mettait à profit ce temps afin de se recueillir à l'église et de discuter entre amis. Néanmoins, après la Saints Innocents, la moitié s'engagera dans l'artisanat rural proche, pour quelques heures par jour, et durant une poignée de semaines. Cela jusqu'aux habituelles semailles de mars, grands travaux agricoles s'effectuant ensemble sur les communaux. Quelque part, l'organisation se rapprochait du communisme mais sans l'être. Un des gars, le plus jeune, alimenta le feu. Ça discutait dans un dialecte rustique qu'un adurstedois pur souche peinerait à suivre.
- Alors, les bêtes ?
- Vont bien.
- Ouais.
- Mes poules aussi.
- J'sortirais mes moutons taleur.
Une fine neige se mit à tomber, le manteau blanc appréciera.
- Qui u' cru ça ya dix ans ?
- c'est parc'que faut ériger un royaume des petits, pour bien r'cevoir Jésus.
- Ouais et en même temps, faire un pied d'nez aux bourgeois.
- Ils savent qu'acheter et vendre eux. I'sont tolérés mais ont pas vraiment leur place.
- Et vous croyez que Not' Majesté d'viendra aussi paysanne à la fin ?
- Oh non, ... nan... nan... nan.
- Ça ferait bizarre.
- Ça troublerait les p'tits gens des campagnes. I'comprendraient pas.
- I'seraient inquiets même.
- J'serais déconcentré, moi.
- Majesté dans les champs ? Nan, faut pas.
- Y'a le messire de Molnland qui travaille la terre, parfois.
- Ouais mais lui, l'est punit.
- Non, Majesté qu'elle soit juste, et protège nos foyers.
- Exact.
- Le bien de tous, aussi.
- Ouais.
- Qu'elle rabaisse les seigneurs quand I'FAUT.
- Oui-da ! ensemble.
- Et qu'elle soit fidèle au Père.
- Oui-da ! ensemble.
[...][/justify][/ve]
Posté : ven. mai 01, 2015 10:28 pm
par Zaldora
[justify]Epiphanie.
6 janvier 2027
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/18/1430516657-couronne-des-rois-thorvaloise.png[/img][/center]
Quand vient l'épiphanie, les thorvalois ont l'habitude de manger une couronnes des rois à la canneberge, brioche semblable dans sa préparation à celles servit en Fiémance méridionale. Une fève de connotation religieuse est glissée à l'intérieur: celui ou celle qui la découvre au moment de la dégustation devient roi et choisit sa reine, ou inversement. Les couronnes offertes au gagnant ainsi qu'à son élu(e) sont confectionnées artisanalement chaque année et permettent une forte personnalisation. D'un village à l'autre, vous ne retrouvez pas les mêmes. En général, le gâteau est préparé par la mère de famille, bien qu'il soit possible d'en obtenir auprès d'un artisan-boulanger, véritable boulanger au savoir-faire ancien. Si le cadre naturel de cette célébration est le foyer, la noblesse a pour coutume séculaire de mettre ses servantes à contribution afin d'offrir une grande couronne des rois aux communautés d'habitants. Ce moment donne lieu à différentes animations, différentes pratiques, variant d'une région à l'autre. En sus de cette tradition purement populaire, les Thorvalois n'en boudent pas pour autant la vie religieuse et vont nombreux aux messes de l'Épiphanie du Seigneur.
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Château de Tolne,
Salle du Souper,
6 janvier 2027, 12h55.
La Salle du Souper était une pièce rectangulaire, plus ou moins grande, ou la famille royale dans sa branche ainée avait l'habitude de prendre ses repas. En dehors d'une longue table en chêne, de ses chaises, d'appliques doubles pour l'éclairage et d'une cheminée, l'endroit ne comptait pas d'autre mobilier. L'ornement des murs se faisait à l'aide de tapisseries anciennes et nouvelles. Il s'en trouvait sur deux des quatre murs: finement travaillées par d'habiles mains, les tapisseries mettaient en scène la [url=http://www.millefleurstapestries.com/fotos/DG000279WH_de.jpg]Sainte Famille[/url], [url=http://www.millefleurstapestries.com/fotos/DG000400WH_de.jpg]l'Annonciation[/url] et [url=http://www.millefleurstapestries.com/fotos/LANATIVITA_de.jpg]la Nativité[/url]. Un lieu peu garnit, sans dorure, mais décoré de telle façon qu'il fasse bon de s'y retrouver pour manger. De plus, deux vases de fleurs étaient posés sur la cheminée.
En ce jour de l'épiphanie, Sa Majesté avait invité quatorze jeunes bambins, sept filles et sept garçons. Ils venaient des hameaux environnants et avaient été tirés au sort afin de partager le gâteau des rois en compagnie de la reine au château. On ne tolérait aucun formalisme et l'ambiance était bonne enfant. On servit une part à chacune des convives, sans non plus oublier la part de Dieu, placée de coté et qui sera donnée plus tard au premier paysan venu à l'extérieur du château. La reine ne pouvait avoir la fève mais les garnements l'ignoraient. Ce fut finalement Niels, 8 ans, qui trouva la fève, une colombe (symbolisant le Saint-Esprit), et devint roi. Comme reine, celui-ci choisit Helle, une fille de dix ans originaire d'un village voisin du sien. Ayant passé les quinze derniers jours à les fabriquer, la servante Hilda couronna les deux bambins et les emmena dans une pièce annexe pour les apprêter. Ils revinrent quelques minutes plus tard sous l'émerveillement de l'assistance, accoutrés d'habits royaux. Niels portait même un mantel digne d'un sacre. Le Roi et la Reine d'un jour reçurent de Sa Majesté une petite somme d'argent ainsi que deux hommes de la Garde chargés de les servir et d’obéir à leurs ordres jusqu'à la tombée de la nuit. On était roi ou on ne l'était pas. Le reste des petits eurent aussi, divers cadeaux de Sa Majesté, à l'image des offrandes que firent les rois mages à l'enfant-roi. La part de Dieu, elle, revint à une humble bergère qui passait là.[/justify]
Posté : sam. mai 16, 2015 1:21 pm
par Zaldora
[justify]Effet de loupe sur les auberges.
Temps actuel
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/20/1431777951-kro.png[/img]
L'auberge (« Kro ») Den Krone près de Gråbæk,
porteur d'un privilège royal depuis le 1er septembre 2025[/center]
Le secteur « Hostellerie-Restauration » du royaume se compose d'un maillage d'auberges organisé, pour une part non négligeable, à partir des anciens relais postes crées à la fin du Moyen-Age, au XVe siècle. Le pays compte 703 établissements de la sorte, répartis entre les auberges citadines, les auberges rurales de carrefour et les auberges de village. Celles-ci ont pour obligation d'être en harmonie avec le milieu naturel et de se fondre totalement dans le paysage. Elles sont dédiées à offrir temporairement le gîte et le couvert aux voyageurs, aux touristes et aux étrangers. On leur associe, à raison, une ambiance rustique et historique, par ailleurs baptisés de noms fortement pittoresques. La nourriture servit s'associe aux produits et goûts locaux, ainsi, vous ne trouverez pas de viande de baleine au menu d'un établissement sudier. Les aubergistes se serrent les coudes en communautés de métier jurées régionales et honorent le 24 juillet ou le 4 juin leur sainte patronne, Sankta Marta. La qualité des différentes auberges est classée selon des critères définis en assemblées corporatives. Les notes vont de zéro à trois épis de seigle, céréale principale du Thorval. La différenciation de la qualité d'un établissement à l'autre se fait sur la rigueur des tenanciers, exclusivement familiaux, quant à l'hygiène en cuisine et l'entretien des chambres.
Trois épis de seigle :
- Bonne nourriture
- Un menu imposé; renouvelé tous les trois jours
- Quatre boissons disponibles (bière, hydromel, vin, lait) + eau
- Légères effluves venant des cuisines
- Chambres chauffées au feu de bois, lits propres et douillets
- Pas de parking, mais une écurie
- L'aubergiste maitrise plus ou moins une langue étrangère
- Prix correcte
Deux épis de seigle :
- Nourriture correcte
- Un menu imposé; renouvelé toutes les semaines
- Trois boissons disponibles (bière, hydromel, lait) + eau
- Effluves venant des cuisines
- Chambres chauffées au feu de bois, lits propres et plus ou moins durs
- Pas de parking, mais une écurie
- L'aubergiste ne maitrise pas de langue étrangère
- Prix faible
Un épis de seigle :
- Nourriture fade mais mangeable
- Un menu imposé; renouvelé toute les deux semaines
- Deux boissons disponibles (bière et hydromel) + eau
- Fortes effluves venant des cuisines
- Chambres pas toujours chauffées, lits sales et durs
- Pas de parking, mais une écurie
- L'aubergiste ne maitrise pas de langue étrangère
- Prix très faible
Aucun épis de seigle :
- A éviter.
Certains établissements peuvent recevoir un privilège royal. Cela arrive quand la famille royale passe une nuit en leurs sein et en ressort satisfaite. L'obtention d'une telle marque de distinction est propre à augmenter exponentiellement la réputation d'une auberge. Les gérants sont tellement reconnaissants qu'ils choisissent de renommer leurs établissements, comme c'est par exemple le cas des auberges la Couronne et les Deux Couronnes. Le privilège royal n'est pas sans limite et on peut en être déchu. Enfin, les plus anciennes auberges remontent aussi loin que le XIIIe siècle.
Auberges à privilège royal : 29 (2025, année de plus récente obtention)
Auberges trois épis de seigle : 35
Auberges à deux épis de seigle : 290
Auberges à un épis de seigle : 297
Auberges sans épis de seigle : 50
Auberges sans évaluation : 2
PS. Pour les besoins de réception de délégations étrangères, le Royaume possède un et un seul hôtel à Adursted.
Nombre total de chambres (auberges + hôtel à Adursted) : 2942[/justify]
Posté : mar. mai 26, 2015 4:22 pm
par Zaldora
[justify]Extraits de scènes de vie.
18 mars 2027
L'homme se traina jusqu'à la chapelle gothique en pierre. Il se trouvait à Birkelse, village typique de trois cent âmes d'éleveurs-polyculteurs-chasseurs-cueilleurs. La ville la plus proche était Adursted et se situait à plus de soixante dix kilomètres au nord. Prairies, champs, forêts et points d'eau composaient le paysage rustique et champêtre des environs. Et même la capitale devenait progressivement semi-rurale, alors que les cochons peuplaient désormais ses faubourgs directs, et villages, prés, bétails, sentes et abbayes son ancienne banlieue. Les villageois reconnurent l'individu, au visage familier. Rural comme eux, ce dernier réajusta son chapeau, prit une feuille de sa poche et sonna de la cloche. D'une voix forte, il déclama :
« Oyez, peuple chrétien, chers frères et sœurs, bons amis. Voici les informations locales et petites annonces à la criée.
La belle Grethe a donné naissance à une fille. Son baptême sera célébré par le curé à 16h, au grand dam du Diable qui n'aura plus que ses yeux pour pleurer. Puisse la petite être aussi douce et aimante que sa mère.
Le Frère Erik du bourg voisin annonce qu'il viendra demain parmi vous. De l'endroit même ou je me trouve, il vous comptera les différences fondamentales entre deux cités que tout opposent : la Cité de Dieu et la Cité du Monde.
Monsieur le Bailli royal voudrait conseiller aux mères du village de ne pas laisser leurs enfants s'aventurer seuls en forêt, à cause des loups dont les meutes atteignent dans la région jusqu'à vingt spécimens.
Pour conclure, voici une information de la ville. Un layeteur adurstedois a fabriqué et vendu une malle en bois. Chose qui n'a pas été du goût des Malletiers d'Adursted qui ont aussitôt porté l'affaire devant la prévôté de la ville. Heureusement, la guéguerre qui commence n'aura aucune incidence chez vous. Autrement, votre Garde Champêtre renverra les dit artisans dans leur ville !
Tous le monde a bien écouté ? Oui ? Si non, demandez à votre prochain. »
Le crieur public salua de son chapeau et repartit en chemin se salir les chaussures sur les derniers restes de l'hiver, à sillonner les proches hameaux. Certains vont à pieds comme lui, d'autres préfèrent le vélo. Le métier consiste à réunir les informations (auprès des autorités locales, de la paroisse, des habitants pour les annonces) et de les transmettre oralement sur le parvis de l'église devant la communauté réunie. Le Thorval compte entre 15 000 et 17 000 crieurs publics. Chaque jour, ils exercent la tâche de relai de transmission, d'informateur, aussi bien à la campagne qu'en ville et rendent un service social des plus nécessaire à la société.[/justify]
Posté : mer. juin 03, 2015 5:26 pm
par Zaldora
[justify]La Noblesse (combattante).
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/31/1437948746-hommage-feodal.png[/img]
Gravure représentant le roi Niels VII recevant l'hommage (XIIIe siècle).[/center]
La noblesse du pays se veut un Ordre honorable, combattant et chevaleresque. Pour entretenir cet esprit, leurs logis demeure assez austère et les entrainements au combat une part essentielle du quotidien. On ne juge pas le gentilhomme sur sa richesse mais sa valeur à la bataille. Souvent, ce sont les moins argentés (la petite noblesse de façon homogène, tandis que des écarts existent dans la haute) qui sont les plus preux et les plus dévoués. Dès lors, différents types de critères existent pour prononcer une déchéance nobiliaire, la perte du fief. Un couperet capable de trancher même les familles dont la noblesse remonte à l'aube du royaume. Les fautes ci-dessous sont toutes infamantes, quoiqu'il n'y ai guère de doute que la félonie soit la plus grave :
1) Ne pas s'entrainer au combat en temps de paix.
2) Violer le code de la chevalerie.
3) Ne pas faire sienne les vertus chevaleresques.
4) Mépriser le Bien Commun dans son fief.
5) Exercer un métier de la négoce, de la banque, de la finance, des services, devenir industriel ou artisan.
6) Être gagné par l'esprit mondain.
7) Désobéir au roi, ne pas remplir ses devoirs envers le suzerain.
Le point sur les métiers "interdits" peut sembler choquant et archaïque. Après tout, pourquoi la noblesse devrait au XXIe s'arcbouter sur les armes, le conseil & le soutien à Sa Majesté, ainsi que sur la direction du fief ? La raison est simple : elle doit satisfaire son rôle et ne pas s'éparpiller ailleurs ou elle n'a pas sa place. Si non, il vaudrait mieux la supprimer et ne plus en parler. La noblesse thorvaloise tire son origine du Moyen Age, les premiers furent des capitaines récompensés pour leurs hauts faits et ainsi de suite au cours de l'histoire. Nul office anoblissant et encore moins vénaux. Si des anoblissements curieux (de bourgeois marchands) ont pu se produire du XVII au XIXe siècle, ces derniers n'existent plus depuis. Dès lors, imbu de l'esprit combattant, les seigneurs du Thorval ont du mal à respecter, quand il les rencontrent, les nobles robins, marchands, industriels ou financiers qui peuvent exister en Alméra. Il les considèrent indignes de leur rang et les voient comme une bande de parvenus sans honneur, ni parole, des décadents sans Dieu, complètement happés par le siècle.[/justify]
Posté : sam. juin 06, 2015 3:48 pm
par Zaldora
[justify]Terre d'empire ?
(17 avril 2027)
La personne du Grand Chambellan, atout majeur des empiristes comme on les surnommaient, ne se retenait plus, depuis un mois, a vanter devant Sa Majesté les bienfaits du Saint Empire autant de fois qu'il le pouvait. Si le grand officier appuyait tant sur le sujet, c'est parce qu'une adhésion à la Couronne impériale était improbable à l'heure actuelle, y compris avec une réforme salutaire entreprise de l'intérieur par le Viertenstein. Seulement, ces prêches, trop régulières et trop insistantes, commençaient à doucement agacer la reine, mais elle ne le montrait guère. C'est pourquoi, de l'extérieur, on avait plutôt la sensation que la souveraine baissait du pied. Et les seigneurs anti-Empire s'en inquiétaient.
---
Logis seigneurial
Baronnie de Nøtten, frontalier du domaine royal
15h33
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/23/1433604009-fenetre-grand-salle.png[/img]
Fenêtres donnant sur la Grand'salle.
L'entretien de l'extérieur laissait à désirer et l'intérieur n'avait rien de grandiloquent.[/center]
Le logis de la petite noblesse se traduisait en une bâtisse à un étage. Au rez-de-chaussée se groupaient la cuisine, le cellier et l'armurerie. Des escaliers pivotants donnaient accès au premier étage constitué de chambres à coucher, d'une salle pour la toilette, d'une petite chapelle aménagée et surtout de la Grand'salle ou se déroulait la basse-justice, les conseils locaux et autres évènements publics. A l'entrée, les murs arboraient trois armoiries : la bannière personnelle du baron, la bannière du Grand et enfin celle de Sa Majesté. Ce jour-ci, le baron se trouvait au dessus, assis sur son siège en bois sculpté. Derrière son épaisse barbe, il examinait un papier, revêche. Il bu de son verre et recracha le contenu au sol, sans manière. Tournant la tête vers son second :
« C'est de l'eau minérale. Va voir s'il ne reste pas une bouteille plus forte. » demanda le hobereau.
Quelques instants plus tard, il bu de plus belle et grimaça : « Voilà de la vraie Mjød... dit-il avant de soupirer. Ce n'est pas bon, petit Lars, pas bon du tout. – Qui a-t-il, messire ? » interrogea Lars, surpris.
« Il parait que notre bonne reine serait prête à céder à l'Empire sous les coups de boutoir du chambellan. L'aide de camps resta dubitatif, ne sachant pas quoi dire, le seigneur repris : – On devrait le calmer celui-ci ! tonna-t-il. – Les guerres privées sont interdites messire, rappela Lars. – Je connais la loi royale, petit. » rétorqua aussitôt le baron. Il se calma en terminant son hydromel et poursuivit : « Je suis vassal de la reine de Thorval et m'y tiendrais. La parole donnée est sacrée. Néanmoins, nous devons combler notre retard, hors de question de se soumettre à un maitre qui se prélasse dans une contrée éloignée [Le Saint Empereur]. Passe moi ma cape, je pars pour Tolne. »[/justify]
Posté : sam. juin 20, 2015 12:25 am
par Zaldora
[justify]Université.
(28 mai 2027)
Depuis des mois, philosophes, juristes, historiens et théologiens s'enfermaient quotidiennement dans l'auditorium de l'Université royale d'Adursted pour discuter du Saint-Empire au cours d'interminables débats où la sérénité fut liquidée dès les premiers jours au bénéfice de joutes verbales enflammées entre empiristes (pro saint empereur) et égalitaristes (pro roi/reine). Sur l'estrade, les deux camps se faisaient face, l'un à gauche l'autre à droite, une vingtaine de chaque coté. Le public suivait les discussions et n'hésitait pas à intervenir lui même, contribuant à rendre l’atmosphère véritablement électrique. Le censeur, mal en point, éprouvait les pires difficultés à faire respecter l'ordre mais il parvenait jusqu'ici à bannir les pires quolibets. Extraits.
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/25/1434836878-auditorium-royale-3.png[/img][/center]
« L'histoire est en faveur du Saint Empire. Le titre impérial revêt un prestige à même d'imposer partout la paix de Dieu que l'Église appelle de ses vœux depuis des siècles. Cela, pour le plus grand bien et l'intérêt supérieur de la Chrétienté. Contrairement aux calomnies qu'il doit endurer, l'Empereur n'est pas un tyran guidé par une soif hégémonique irrassasiable mais un homme tout dévoué à sa mission de réunification des peuples chrétiens sous l'ombre protectrice d'un empire universel abreuvé des préceptes chrétiens. Par son autorité morale inégalable, l'Empereur tempère la passion des peuples turbulents, résorbe toutes les discordes et surpasse le cadre restreint des royaumes.
[...]
Pacificateur ? Le saint empereur ? Doit-on rappeler que c'est principalement par les conflits que son empire se renforçait ? En outre, vous semblez subtilement faire état de la prophétie évangélique de Johannes qui annonce l'unification du monde sous l'égide d'un seul pasteur. Et d'après vous, ce rôle providentiel serait dévolu à la dignité impériale. Nous ne sommes pas d'accord et préférons y voir Notre Seigneur Jésus Christ, l'incontestable Roi des rois. Les empiristes veulent l'unité politique au nom de la paix... mais les royaumes chrétiens sont déjà unis de facto, aussi longtemps que le Christ-roi règnera sur leurs sociétés !
[...]
Vous craignez pour l'indépendance et la liberté du royaume ? C'est une peur irrationnelle, vu les nombreuses réformes de décentralisation amorcées par l'Empereur à la suite du Congrès d'Hochburg. Le pouvoir effectif de la couronne impériale sur le Thorval sera nul et se restreindra au symbole, rien de plus. Ce fut ainsi à la Renaissance, ou le lien vassalique entre l'Empereur et les princes germaniques était plus cérémoniel qu'autre chose. Les ducs étaient tous quasi-indépendants.
[...]
Vous omettez toutefois de préciser que si les principautés étaient à ce point libres, c'est aussi et surtout parce que le pouvoir impérial était impuissant à imposer son auctoritas. Avec les bonnes alliances et les ressources matérielles adéquates, croyez-vous vraiment que l'empereur n'aurait pas renforcer sa main mise ? C'est par obligation et pragmatisme qu'il respectait les us et coutumes, pas par idéal.
[...]
L'avantage que l'empereur a sur les rois et princes, c'est sa pensée ainsi que sa vision qui dépassent le cadre des frontières. Sa position fait de lui le défenseur du Bien Commun des chrétiens, partout sur terre. En ce sens, sa souveraineté est supérieure, au dessus de celles que peuvent exercer les rois, justifiant pleinement son titre de chef temporel de la Chrétienté.
[...]
Vous parlez des rois comme s'ils n'étaient qu'une bande de seigneurs sourds à la chose publique et s'entredéchirant dans des guerres privées. Je ne suis pas sûr que Sa Majesté apprécierait.
[...]
Vous exagérez mes propres ! Et je ne faisais pas référence à Sa Majesté ! N'essayez pas de me faire passer pour un traitre !
[...]
Je ne vois pas en quoi la souveraineté de l'empereur est supérieure. Le Bien Commun est aussi le suprême dessein de Sa Majesté et à cet effet, il ne saurait y avoir de hiérarchie. La souveraineté de Sa Majesté est égale à celle de l'empereur. Elle n'a aucune raison de ployer le genou. Nul prince temporel extérieur, aussi impérial soit-il, ne saurait dicter à Sa Majesté, ni se croire au dessus. L'Église est la seule légitime pour contenir par ses prescriptions morales les débordements éventuels du pouvoir royal.
[...]
Un intervenant empiriste disait ce matin que le pouvoir de l'empereur ne serait que symbolique, et non effectif. J'estime que celui-ci sous-estime beaucoup la valeur du symbole. Entre symbole et force politique, il n'y a qu'un pas, la frontière est mince. Et d'autant plus lorsque nous évoquons le cas de la dignité impériale, personnifiant l'ancien mythe puissant et non moins fascinant des empereurs urbains qui unifient et gouvernent le monde. Attention. »[/justify]
Posté : mer. juin 24, 2015 1:07 pm
par Zaldora
[justify]Gare au loup.
(11 juin 2027)
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/26/1435148278-loups110.jpg[/img]
Une partie de la meute aperçue en décembre, Nord du Thorval[/center]
[url=http://www.simpolitique.com/post250511.html#p250511]La radio rapportait relativement souvent le phénomène[/url] alors que seigneurs et baillis conseillaient l'accompagnement des moins expérimentés. Hostiles et sauvages étaient les forêts du pays, surtout celles au nord. Elles cachaient une faune qui attaquait sans crier gare, en particulier les loups regroupés au sein d'immenses meutes. Ceux-ci osaient depuis peu, aussi s'en prendre aux villages à la lisière des bois ou de montagne. C'était afin de parer au problème, protéger le bétail, faire cesser les dégradations et rassurer les gens apeurés que Søren effectuait sa besogne depuis l'aube: sa tâche consistât à transporter les pieux en bois au bon endroit, où d'autres s'employaient à les fixer ensemble. S'inspirant d'une tendance qui semblait se généraliser chez les hameaux les plus exposés, la communauté villageoise de Svøbebyg avait statué l'élévation d'une palissade qui entourerait les chaumières. Le feu était efficace contre les bêtes sauvages mais avait le défaut de mourir pendant la nuit. Les hommes ne vivaient pas dans la nature mais à proximité, si bien qu'un minimum de séparation s'imposait. Le labeur des paysans avançait, pieu après pieu. Au loin, la symphonie des loups les accompagnait. Hurlements parfois brefs, parfois longs, on sentait la meute présente, quelque part derrière les arbres et la végétation. Soudain, l'excitation des fauves doubla et c'est toute la bande qui hurlait. On ne savait pas exactement la taille du groupe. Dix ? Trente ? D'aucuns pensaient même à cent ! Les paysans se pétrifièrent et quelques uns lâchèrent leurs outils. « C'est bon ! C'est bon ! Hein ! On est pas femmelette ici ! On r'prend ! » encouragea Jesper dont le caractère en faisait le chef naturel du village. Dans la seigneurie, le hobereau se mettait plutôt en retrait de la vie quotidienne et permettait l’émergence de chefs à l'image de Jesper. Les habitants espéraient conclure avant la nuit et travaillaient d'arrache-pied. Cependant, le "premier" ne semblait pas connaitre la peur et jura qu'on ira les chasser sous peu, qu'importe le nombre. La dite meute avait tué neuf chevaux, huit chèvres, deux moutons et abimé la porte de la chapelle romane (urbane). Preuve que ces derniers s'étaient glissés jusqu'au cœur du hameau... mères et enfants ne voulaient plus trembler dans leurs couches une nuit sur deux. La palissade fit l'unanimité.[/justify]
Posté : sam. juin 27, 2015 1:55 pm
par Zaldora
[justify]
La vie des corporations.
(21 juin 2027)
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/26/1435412999-armurier.png[/img]
Un compagnon-armurier à l’œuvre[/center]
Les rumeurs d'entente sur l'armement arrivèrent aux oreilles des armuriers du royaume. Le secteur est varié : chaque corporation correspond à un espace géographique définit par ses chartes. La majorité des communautés rassemblent de petits armuriers sans relation avec les armées royales et qui se dédient à la vente d'armes aux particuliers dans le respect de la loi royale. Carabines non-militaires, révolvers semi-automatiques, pistolets semi-automatiques et armes historiques sont l'essentiel de leurs produits. L'exception à cette situation était la corporation des armuriers d'Adursted : outre de petits armuriers, la jurande comprenaient également des acteurs plus importants en relation avec la Couronne pour l'armement militaire et policier. Ces derniers étaient tout désignés afin de s'accorder avec Roger Lebel. Depuis, les petits armuriers d'Adursted avaient exigé des garanties de non-concurrence dans leur domaine, vite exaucées lors d'une réunion corporative. D'identiques exigences furent formulées par les autres corporations via un courrier conjointement rédigé lors d'une réunion exceptionnelle et improvisée dans une auberge de campagne.
[quote]
- Mes amis,
Les jurandes des autres territoires ont eu vent de l'entente que vous pourriez réaliser avec de puissants acteurs originaires de Fiémance et de Viertenstein. Loin d'y être strictement opposés, nous tenons au préalable à nous assurer que l'hypothétique trust à l'armement ne s'adonnera pas à la violation des règles, usages et coutumes qui régissent l'honorable pratique de notre métier. Dans le but d'écarter avec certitude le danger d'un conflit fratricide préjudiciable à la profession, nous demandons poliment à ce que le groupement dont vous ferez peut-être partie se limite, quant au Thorval, à la fourniture des seules armées royales et à ce qu'il ne vienne pas porter concurrence déloyale en nos provinces sur le petit armement civil.
Cordialement,
Fait et daté en l'auberge du soiffard insatiable, le 21 juin 2027
Les jurandes d'armuriers solidaires
[/quote]
Les industriels y consentirent sans discussion car ils craignaient l'ampleur de la réaction des humbles du métier.[/justify]