Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]
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Zaldora
[justify]Travaux d'érudits (2).
3 décembre 2037
Note du traducteur : Ceci est une version traduite, en briton et en gallique, d'un manuscrit universitaire thorvalois publié au mois de novembre de la présente année. Nous nous sommes démenés afin d'en supprimer les archaïsmes linguistiques, le rendant ainsi accessible à un public mondial contemporain.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right]
[center]---
[img]https://zupimages.net/up/18/51/iqcc.png[/img]
Peinture anonyme récente d'une scène de Carnaval au Thorval.[/center]
Mardi Gras et son Carnaval, la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=336505#p336505]Fête des Fous en la Saints Innocents[/url], la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344748#p344748]Fête de l'ours en la Saint Martin et à la Chandeleur[/url], les diableries et les charivaris... ces célébrations populaires possèdent un caractère éminemment anomique, satanique, stupide, grotesque, blasphématoire et sacrilège ! Il s'y trouve une substance qui gêne, à bon droit, une certaine bourgeoise de Jensgård et sans doute de pieux catholiques Santognais ou d'Hohengraf. En effet, les réjouissances qui s'y déroulent chaque année sont terriblement licencieuses et font la part belle à l’hybris. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'être croyant pour s'offusquer des gigantesques abus et défoulements rencontrés au Carnaval thorvalois.
Lors de ces fêtes, les paysans prennent la place des seigneurs, les criminels celles des justiciers, les chevaliers sont ridiculisés et les archers portés aux nues, les ribaudes faites reines et les reines ribaudes, les clés de la ville (hors Jensgård) remises aux basfonds des faubourgs et les bourgmestres envoyés mendier, etc. La morale publique, à ne toutefois pas assimilée à la morale bourgeoise, est mise sans dessus dessous par de gigantesques beuveries, violences, moqueries, insultes, vols, scènes orgiaques, simulacres de viols, lynchages d'effigies, humiliations, révélations scandaleuses, désignations de boucs-émissaires, etc. Plus grave encore, les institutions sacrées sont bafouées et les messes profanées. On y célèbre de fausses messes outrancières où les fous sont introduits et révérés comme des évêques pendant que le vrai clergé se livre, de bon cœur, à des obscénités en tout genre. Des scènes apocalyptiques qui font froid dans le dos. Faut-il pour autant s'en scandaliser ?
En surface oui, ces célébrations chaotiques et indignes n'ont pas leur place dans une société digne et chrétienne. Toutefois, il ne faut jamais juger d'un phénomène sur les seules apparences mais toujours chercher sa signification profonde ou mieux dit, sa raison d'être. Observons tout d'abord que les joyeusetés carnavalesques sont toutes dirigées et encadrées par les Oratores qui se prêtent eux même aux jeux collectifs plus luxurieux les uns que les autres. Finalement, la Fête des fous, le Carnaval et les fêtes de l'Ours permettent au clergé, figurant au sommet de la hiérarchie féodale, de circonscrire en un lieu bien définit les bas instincts, les tensions sexuels et les pulsions de mort présents chez les fidèles à cause de leur nature blessée. Par cet intermédiaire, les prêtres organisent un chaos contenu, une expiation collective, un exorcisme de groupe qui chassent les influences démoniaques présentes dans la société. Il s'agit de laisser libre cours aux capharnaüm généralisé, pour le maitriser et enfin l'évacuer spirituellement du pays, menant à une prise de conscience individuelle et à un retour sur soi salutaire. Combattre le mal par le mal ou plutôt laisser faire un mal pour en tirer un bien.
En conclusion, cela serait dangereux de sous-estimer l'utilité sociale de pareilles fêtes scabreuses et pure folie que de vouloir les abolir au nom de la morale et de la Foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. A bon entendeur.
[right]Écrit par Stenkil Ingialdsen,
Maître ès arts et Docteur en Théologie.
[img]https://zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img][/right][/justify]
3 décembre 2037
Note du traducteur : Ceci est une version traduite, en briton et en gallique, d'un manuscrit universitaire thorvalois publié au mois de novembre de la présente année. Nous nous sommes démenés afin d'en supprimer les archaïsmes linguistiques, le rendant ainsi accessible à un public mondial contemporain.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right]
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[img]https://zupimages.net/up/18/51/iqcc.png[/img]
Peinture anonyme récente d'une scène de Carnaval au Thorval.[/center]
Mardi Gras et son Carnaval, la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=336505#p336505]Fête des Fous en la Saints Innocents[/url], la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344748#p344748]Fête de l'ours en la Saint Martin et à la Chandeleur[/url], les diableries et les charivaris... ces célébrations populaires possèdent un caractère éminemment anomique, satanique, stupide, grotesque, blasphématoire et sacrilège ! Il s'y trouve une substance qui gêne, à bon droit, une certaine bourgeoise de Jensgård et sans doute de pieux catholiques Santognais ou d'Hohengraf. En effet, les réjouissances qui s'y déroulent chaque année sont terriblement licencieuses et font la part belle à l’hybris. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'être croyant pour s'offusquer des gigantesques abus et défoulements rencontrés au Carnaval thorvalois.
Lors de ces fêtes, les paysans prennent la place des seigneurs, les criminels celles des justiciers, les chevaliers sont ridiculisés et les archers portés aux nues, les ribaudes faites reines et les reines ribaudes, les clés de la ville (hors Jensgård) remises aux basfonds des faubourgs et les bourgmestres envoyés mendier, etc. La morale publique, à ne toutefois pas assimilée à la morale bourgeoise, est mise sans dessus dessous par de gigantesques beuveries, violences, moqueries, insultes, vols, scènes orgiaques, simulacres de viols, lynchages d'effigies, humiliations, révélations scandaleuses, désignations de boucs-émissaires, etc. Plus grave encore, les institutions sacrées sont bafouées et les messes profanées. On y célèbre de fausses messes outrancières où les fous sont introduits et révérés comme des évêques pendant que le vrai clergé se livre, de bon cœur, à des obscénités en tout genre. Des scènes apocalyptiques qui font froid dans le dos. Faut-il pour autant s'en scandaliser ?
En surface oui, ces célébrations chaotiques et indignes n'ont pas leur place dans une société digne et chrétienne. Toutefois, il ne faut jamais juger d'un phénomène sur les seules apparences mais toujours chercher sa signification profonde ou mieux dit, sa raison d'être. Observons tout d'abord que les joyeusetés carnavalesques sont toutes dirigées et encadrées par les Oratores qui se prêtent eux même aux jeux collectifs plus luxurieux les uns que les autres. Finalement, la Fête des fous, le Carnaval et les fêtes de l'Ours permettent au clergé, figurant au sommet de la hiérarchie féodale, de circonscrire en un lieu bien définit les bas instincts, les tensions sexuels et les pulsions de mort présents chez les fidèles à cause de leur nature blessée. Par cet intermédiaire, les prêtres organisent un chaos contenu, une expiation collective, un exorcisme de groupe qui chassent les influences démoniaques présentes dans la société. Il s'agit de laisser libre cours aux capharnaüm généralisé, pour le maitriser et enfin l'évacuer spirituellement du pays, menant à une prise de conscience individuelle et à un retour sur soi salutaire. Combattre le mal par le mal ou plutôt laisser faire un mal pour en tirer un bien.
En conclusion, cela serait dangereux de sous-estimer l'utilité sociale de pareilles fêtes scabreuses et pure folie que de vouloir les abolir au nom de la morale et de la Foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. A bon entendeur.
[right]Écrit par Stenkil Ingialdsen,
Maître ès arts et Docteur en Théologie.
[img]https://zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img][/right][/justify]
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Zaldora
[justify]Travaux d'érudits (3).
11 décembre 2037
Note du traducteur : Ceci est une version traduite, en briton et en gallique, d'un manuscrit universitaire thorvalois publié au mois de décembre de la présente année. Il décrit la vision que les gens d'ici se font de l'aristocratie. Elle n'est pas celle d'aujourd'hui, que les aristocrates « modernes » ne s'offusquent donc pas de ce qu'ils pourraient lire dans cette traduction. Nous nous sommes démenés afin d'en supprimer les archaïsmes linguistiques, la rendant ainsi accessible au public mondial contemporain.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right]
[center]---
[img]https://zupimages.net/up/18/52/0gqs.png[/img]
Quelque part au Thorval...[/center]
La noblesse est née dans les armes, elle s'augmente de l'exercice de la guerre. La présente maxime est celle de l'ordre des Bellatores, la noblesse thorvaloise, décrivant à la fois ses origines et l'état d'esprit qui l'anime. Pour cette dernière, l'aristocratie ne réside pas dans la dignité de sa naissance, et encore moins dans l'achat d'une charge, dans la fortune que l'on possède, dans les lettres patentes que l'on a reçu, dans l'intelligence ou dans l'habileté mise en œuvre pour tenir gracieusement le pot de chambre du Roi. De même, elle ne se trouve pas non plus essentiellement dans la loyauté et l'obéissance volontaire que professent certaines monarchies absolues.
L'aristocratie est avant tout un état d'esprit, un type d'Homme guerrier, férus d'idéal guerrier et guidé par les valeurs guerrières. Elle est une idée de soi et un tempérament. Ce qui importe à l'homme ou à la femme aristocrate, ce n'est pas seulement d'exister ici-bas mais de vivre pleinement avec honneur, bravoure, prouesse, héroïsme, grandeur et panache. Une vie à la racine, profondément radicale, intense, ambitieuse, guerrière, faites d'actions, a côtoyer les extrêmes et a continuellement risquer sa vie. Leur vision du monde est plus claire que celle d'un érudit ou d'un savant. Les aristocrates sont peu clairvoyants, ni même instruits, mais sont de grands convaincus, ils ne doutent pas, ils ont la foi et la certitude d'un « Dieu le veut » qui galvanisent leur volonté et décuplent leur force. Quand l'aristocrate latin prend exemple sur le héros antique, l'aristocrate thorvalois s'inspire de la chevalerie mais aussi du grand guerrier scandinave imbus de la mystique païenne du destin et de la gloire, si caractéristique de toute poésie dans le Nord.
Aujourd'hui, certains nobles du royaume n'ont plus rien d'aristocrates. En cet état, ils survivront peut-être une ou deux générations avant d'être écrasés par plus forts, plus ambitieux et plus ascètes qu'eux car l'aristocrate est une personne rompue à la dureté, à la rapacité, aux privations et aux combats, alors que les premiers se sont ramollis et ont perdu l'état d'esprit aristocratique qui fit le renom de leurs ancêtres. Aucune loi ou coutume ne sanctionne leur statut de toute éternité, les noblesses perdues finiront par disparaitre, leurs Maisons tomberont et sombreront dans l'oubli. Des individus de petite extraction les remplaceront très certainement car d'aucuns paysans possèdent en effet toutes les caractéristiques et aptitudes nécessaires à l'aristocratie. Ils pourront donc très bientôt devenir seigneurs, dans quelques générations, par l'entremise de la Chevalerie, voie rouverte au XVIIe après un siècle de fermeture.
Des clercs se demandent : comment les Westraits peuvent-ils avoir de bons rapports avec les Thorvalois, en dépit de différences parfois fondamentales ? N'est-ce pas évident ? Ce peuple du Nouveau Monde est plus aristocratique que ne le seront jamais les Robins ou les Hauts-de-forme. Comme l'a si bien énoncé un célèbre politicien Léontarien : « Dieu donne toujours l’empire aux races guerrières et toujours condamne-t-Il à la servitude les peuples disputeurs. »
[right]Écrit par Joseph Ulfriksen,
Maître ès arts et Docteur en Droit.
[img]https://zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img][/right][/justify]
11 décembre 2037
Note du traducteur : Ceci est une version traduite, en briton et en gallique, d'un manuscrit universitaire thorvalois publié au mois de décembre de la présente année. Il décrit la vision que les gens d'ici se font de l'aristocratie. Elle n'est pas celle d'aujourd'hui, que les aristocrates « modernes » ne s'offusquent donc pas de ce qu'ils pourraient lire dans cette traduction. Nous nous sommes démenés afin d'en supprimer les archaïsmes linguistiques, la rendant ainsi accessible au public mondial contemporain.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right]
[center]---
[img]https://zupimages.net/up/18/52/0gqs.png[/img]
Quelque part au Thorval...[/center]
La noblesse est née dans les armes, elle s'augmente de l'exercice de la guerre. La présente maxime est celle de l'ordre des Bellatores, la noblesse thorvaloise, décrivant à la fois ses origines et l'état d'esprit qui l'anime. Pour cette dernière, l'aristocratie ne réside pas dans la dignité de sa naissance, et encore moins dans l'achat d'une charge, dans la fortune que l'on possède, dans les lettres patentes que l'on a reçu, dans l'intelligence ou dans l'habileté mise en œuvre pour tenir gracieusement le pot de chambre du Roi. De même, elle ne se trouve pas non plus essentiellement dans la loyauté et l'obéissance volontaire que professent certaines monarchies absolues.
L'aristocratie est avant tout un état d'esprit, un type d'Homme guerrier, férus d'idéal guerrier et guidé par les valeurs guerrières. Elle est une idée de soi et un tempérament. Ce qui importe à l'homme ou à la femme aristocrate, ce n'est pas seulement d'exister ici-bas mais de vivre pleinement avec honneur, bravoure, prouesse, héroïsme, grandeur et panache. Une vie à la racine, profondément radicale, intense, ambitieuse, guerrière, faites d'actions, a côtoyer les extrêmes et a continuellement risquer sa vie. Leur vision du monde est plus claire que celle d'un érudit ou d'un savant. Les aristocrates sont peu clairvoyants, ni même instruits, mais sont de grands convaincus, ils ne doutent pas, ils ont la foi et la certitude d'un « Dieu le veut » qui galvanisent leur volonté et décuplent leur force. Quand l'aristocrate latin prend exemple sur le héros antique, l'aristocrate thorvalois s'inspire de la chevalerie mais aussi du grand guerrier scandinave imbus de la mystique païenne du destin et de la gloire, si caractéristique de toute poésie dans le Nord.
Aujourd'hui, certains nobles du royaume n'ont plus rien d'aristocrates. En cet état, ils survivront peut-être une ou deux générations avant d'être écrasés par plus forts, plus ambitieux et plus ascètes qu'eux car l'aristocrate est une personne rompue à la dureté, à la rapacité, aux privations et aux combats, alors que les premiers se sont ramollis et ont perdu l'état d'esprit aristocratique qui fit le renom de leurs ancêtres. Aucune loi ou coutume ne sanctionne leur statut de toute éternité, les noblesses perdues finiront par disparaitre, leurs Maisons tomberont et sombreront dans l'oubli. Des individus de petite extraction les remplaceront très certainement car d'aucuns paysans possèdent en effet toutes les caractéristiques et aptitudes nécessaires à l'aristocratie. Ils pourront donc très bientôt devenir seigneurs, dans quelques générations, par l'entremise de la Chevalerie, voie rouverte au XVIIe après un siècle de fermeture.
Des clercs se demandent : comment les Westraits peuvent-ils avoir de bons rapports avec les Thorvalois, en dépit de différences parfois fondamentales ? N'est-ce pas évident ? Ce peuple du Nouveau Monde est plus aristocratique que ne le seront jamais les Robins ou les Hauts-de-forme. Comme l'a si bien énoncé un célèbre politicien Léontarien : « Dieu donne toujours l’empire aux races guerrières et toujours condamne-t-Il à la servitude les peuples disputeurs. »
[right]Écrit par Joseph Ulfriksen,
Maître ès arts et Docteur en Droit.
[img]https://zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img][/right][/justify]
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Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (30).
20 décembre 2037,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/18/52/z7fc.png[/img]
Le Jeu
(entrant dans le cadre des préoccupations pour le nouveau Pape) [/center]
- L'abbé mitré Jørn s'était brutalement fait occire dans son abbaye Saint Ansgar de Bragðahjart [voir photo ci-dessus] alors qu'il célébrait une messe privée pour lui même. Sa dépouille avait été retrouvée baignant dans une marre de sang près de l'autel, les yeux crevés, le nez coupé et souffrant de multiples plaies à la poitrine. Compte tenu du désordre ([url=https://zupimages.net/up/18/52/cina.png]porte-cierges renversés, bannières balancées[/url], vitraux éclatés), l'homme d'Église semblait avoir résisté, avant de céder sous les coups de boutoir de l'assaillant. La nouvelle sacrilège se propageait et faisait grand bruit : tuer au sein d'une église, sous le regard de Dieu, était extrêmement grave, impardonnable même, alors si la victime était un clerc... Étant donné le niveau de sauvagerie et d'audace, il était probable que le coupable soit un des écorcheurs qui sillonnaient et pillaient régulièrement la région. Était-ce une rapine qui aurait mal tourné ou un assassinat ? L'abbé Jørn s'était récemment fâché avec la Dame du pays de Bragðahjart, menaçant de révéler de lourds secrets, parmi lesquels adultères et faux-monnayage.
- Un frère convers issus de la paysannerie a tué ce qui semblait être un espion du seigneur Arnulf af Grenaa. Les moines ont trouvé le paysan sous les voûtes d'ogive de la salle capitulaire, adossé à un bas-relief, la tête baissée. A ses cotés gisait le corps de son ennemi, dominé d'une croix de bois fichée profondément dans la bouche. L'évènement était une conséquence parmi d'autres de la guerre larvée que l'Ordre des Chevaliers de la Foi menait contre l'impie seigneur de Grenaa. Pour se faire, l'ordre propageait des calomnies, chuchotait pour retourner l'esprit des guerriers et se posait en bienfaiteur des églises et monastères de la région.
- De forts soupçons de pratiques simoniaques pesaient sur le seigneur Christian III af Skienfylke après que celui-ci ait non seulement prit le contrôle de la grange aux dîmes, s'y servant régulièrement, mais aussi court-circuité l'autorité religieuse en nommant de lui-même les curés d'une demi-douzaine de paroisses en ces terres. L'abbé mitré Simon lui a adressé une missive enflammée, condamnant les larcins effectués sur la dîme, déclarant ensuite ne pas reconnaître les nouvelles nominations et sommant Christian III de respecter le pouvoir spirituel sous peine d'excommunication.
[center]---[/center]
Ainsi, les relations entre l'Église et les autorités politiques étaient moins solidaires, idylliques et harmonieuses qu'on ne le pensait. L'Église était une puissance de son propre-chef, indépendante et libre, dont les aspirations entraient parfois, si ce n'est souvent, en contradiction avec celles de la féodalité. Jamais marche-pied du pouvoir, elle encourageait à renverser les tyrans et n'hésitait pas à faire usage de ses armes spirituelles pour faire pression sur les seigneurs. [/justify]
20 décembre 2037,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/18/52/z7fc.png[/img]
Le Jeu
(entrant dans le cadre des préoccupations pour le nouveau Pape) [/center]
- L'abbé mitré Jørn s'était brutalement fait occire dans son abbaye Saint Ansgar de Bragðahjart [voir photo ci-dessus] alors qu'il célébrait une messe privée pour lui même. Sa dépouille avait été retrouvée baignant dans une marre de sang près de l'autel, les yeux crevés, le nez coupé et souffrant de multiples plaies à la poitrine. Compte tenu du désordre ([url=https://zupimages.net/up/18/52/cina.png]porte-cierges renversés, bannières balancées[/url], vitraux éclatés), l'homme d'Église semblait avoir résisté, avant de céder sous les coups de boutoir de l'assaillant. La nouvelle sacrilège se propageait et faisait grand bruit : tuer au sein d'une église, sous le regard de Dieu, était extrêmement grave, impardonnable même, alors si la victime était un clerc... Étant donné le niveau de sauvagerie et d'audace, il était probable que le coupable soit un des écorcheurs qui sillonnaient et pillaient régulièrement la région. Était-ce une rapine qui aurait mal tourné ou un assassinat ? L'abbé Jørn s'était récemment fâché avec la Dame du pays de Bragðahjart, menaçant de révéler de lourds secrets, parmi lesquels adultères et faux-monnayage.
- Un frère convers issus de la paysannerie a tué ce qui semblait être un espion du seigneur Arnulf af Grenaa. Les moines ont trouvé le paysan sous les voûtes d'ogive de la salle capitulaire, adossé à un bas-relief, la tête baissée. A ses cotés gisait le corps de son ennemi, dominé d'une croix de bois fichée profondément dans la bouche. L'évènement était une conséquence parmi d'autres de la guerre larvée que l'Ordre des Chevaliers de la Foi menait contre l'impie seigneur de Grenaa. Pour se faire, l'ordre propageait des calomnies, chuchotait pour retourner l'esprit des guerriers et se posait en bienfaiteur des églises et monastères de la région.
- De forts soupçons de pratiques simoniaques pesaient sur le seigneur Christian III af Skienfylke après que celui-ci ait non seulement prit le contrôle de la grange aux dîmes, s'y servant régulièrement, mais aussi court-circuité l'autorité religieuse en nommant de lui-même les curés d'une demi-douzaine de paroisses en ces terres. L'abbé mitré Simon lui a adressé une missive enflammée, condamnant les larcins effectués sur la dîme, déclarant ensuite ne pas reconnaître les nouvelles nominations et sommant Christian III de respecter le pouvoir spirituel sous peine d'excommunication.
[center]---[/center]
Ainsi, les relations entre l'Église et les autorités politiques étaient moins solidaires, idylliques et harmonieuses qu'on ne le pensait. L'Église était une puissance de son propre-chef, indépendante et libre, dont les aspirations entraient parfois, si ce n'est souvent, en contradiction avec celles de la féodalité. Jamais marche-pied du pouvoir, elle encourageait à renverser les tyrans et n'hésitait pas à faire usage de ses armes spirituelles pour faire pression sur les seigneurs. [/justify]
-
Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (31).
4 janvier 2038,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/19/02/hilw.png[/img]
La bannière azur de Harald flotte sur la tour forte de Glaumtårn.
Le Jeu [/center]
- Harald IV af Stangeland avait mis la main sur la tour fortifiée de son cousin Arnulf par l'intermédiaire d'un traitre qui lui ouvrit les portes. Mis au courant, Arnulf et sa famille parvinrent à fuir juste à temps par une porte dérobée conduisant à un tunnel courant sous la muraille. Ils trouvèrent refuge chez leurs alliés locaux, après avoir dormit plusieurs jours, incognitos, dans des auberges et des granges paysannes. Le clan sombrait dans la division, se déchirant sur les ambitions et les héritages de chacun. Les escarmouches fratricides causèrent déjà la mort de dix parents, dont la fille ainée et le filleul d'Harald IV, qui semblait ainsi tenir sa vengeance.
- Le remuant seigneur Bjørn X de Soløyland s'était emparé par les armes du prestigieux Válirland et de ses terres hautement fertiles couvertes de céréales. Celles-ci étaient convoitées de tout bord et faisait l'objet de luttes terribles depuis les défrichements et asséchements qui s'y étaient successivement déroulés entre le XIV et le XVe siècles. Le Sire de Soløyland continuait son ascension après avoir, quelques semaines auparavant, gagné la guerre de revendication du Merrermark. La puissance engrangée soulevait des interrogations et n'était pas du goût de la multitude des dynastes régionaux qui complotaient dans le but de conclure une alliance défensive contre le trop fougueux Bjørn X. De son coté, le hobereau Daniel af Ámótbrothir intriguait auprès de l'abbé mitré Påske de Notre-Dame du Ciel pour le faire excommunier.
Øster V af Thygergaard s'était révolté contre son seigneur-lige Kjeld II af Eidgaard en ravageant violemment ses campagnes. Courroucé par la trahison, Kjeld II leva prestement une conséquente armée de cent hommes et chevauchait vers le traitre au milieu de l'hiver. Cela, contre l'avis de ses conseillers qui craignaient pour sa santé fragile mais redoutaient plus que tout un piège. Pendant ce temps, les femmes du château accompagnées de l'Église aidaient par l'aumône les paysans victimes des pillages et des meurtres d'Øster V, désormais appelé « le Truand ».[/justify]
4 janvier 2038,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/19/02/hilw.png[/img]
La bannière azur de Harald flotte sur la tour forte de Glaumtårn.
Le Jeu [/center]
- Harald IV af Stangeland avait mis la main sur la tour fortifiée de son cousin Arnulf par l'intermédiaire d'un traitre qui lui ouvrit les portes. Mis au courant, Arnulf et sa famille parvinrent à fuir juste à temps par une porte dérobée conduisant à un tunnel courant sous la muraille. Ils trouvèrent refuge chez leurs alliés locaux, après avoir dormit plusieurs jours, incognitos, dans des auberges et des granges paysannes. Le clan sombrait dans la division, se déchirant sur les ambitions et les héritages de chacun. Les escarmouches fratricides causèrent déjà la mort de dix parents, dont la fille ainée et le filleul d'Harald IV, qui semblait ainsi tenir sa vengeance.
- Le remuant seigneur Bjørn X de Soløyland s'était emparé par les armes du prestigieux Válirland et de ses terres hautement fertiles couvertes de céréales. Celles-ci étaient convoitées de tout bord et faisait l'objet de luttes terribles depuis les défrichements et asséchements qui s'y étaient successivement déroulés entre le XIV et le XVe siècles. Le Sire de Soløyland continuait son ascension après avoir, quelques semaines auparavant, gagné la guerre de revendication du Merrermark. La puissance engrangée soulevait des interrogations et n'était pas du goût de la multitude des dynastes régionaux qui complotaient dans le but de conclure une alliance défensive contre le trop fougueux Bjørn X. De son coté, le hobereau Daniel af Ámótbrothir intriguait auprès de l'abbé mitré Påske de Notre-Dame du Ciel pour le faire excommunier.
Øster V af Thygergaard s'était révolté contre son seigneur-lige Kjeld II af Eidgaard en ravageant violemment ses campagnes. Courroucé par la trahison, Kjeld II leva prestement une conséquente armée de cent hommes et chevauchait vers le traitre au milieu de l'hiver. Cela, contre l'avis de ses conseillers qui craignaient pour sa santé fragile mais redoutaient plus que tout un piège. Pendant ce temps, les femmes du château accompagnées de l'Église aidaient par l'aumône les paysans victimes des pillages et des meurtres d'Øster V, désormais appelé « le Truand ».[/justify]
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Zaldora
[justify]A l'orée des bois...
15 janvier 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/01/obb5.png[/img][/center]
En la froide matinée de la mi-lune, de menus flocons tombaient du ciel quand la petite troupe conduite par la Reine passa l'orée du bois de Raabervinden. Le vent sifflait à travers les branchages, virevoltants en un concert lugubre qui agita les chevaux : c'était la symphonie des spectres qui hantaient ce lieu sauvage où peu osait s'aventurer fors les brigands. Les histoires populaires rapportaient aussi l'existence d'une très ancienne sorcière vivant dans une clairière plus au nord. Elle y était décrite comme une méchante succube vêtue de haillons dégoutants, un sombre capuchon sur le chef dégarni, et une face déformée, constellée de crevasses et de fistules purulentes. Son regard sournois glaçait le sang des guerriers et son hurlement strident n'était pas de ce monde mais des neuvièmes profondeurs de l'Enfer. L'agitation des chevaux, hennissant sans relâche, ralentit l'avancée et angoissa les cavaliers sur le qui-vive. Marie, elle-même, n'en menait pas large : sous le cri du vent, elle scrutait chaque recoin, agrippant la poignée de son épée, et écartant les branches qui ici ou là lui fouettait le visage.
La troupe suivait au pas la sente à gibier tandis que la faible lumière sombrait au fur à mesure qu'ils s'enfonçaient. Les racines leurs parurent soudain plus dangereuses et les arbres plus imposants. Le chemin sembla même se réduire et l'air se raréfier. Comme si les arbres chuchotaient et se rapprochaient afin de les piéger pour toujours. La forêt était vivante, nos personnages en jureraient. « Retournons au chasteau, Marie ! » pressa Óðinkárr. D'un signe, la reine immobilisa le détachement et clama fortement : « Esprits d'icelieu ! Place, au nom du Christ, pour la descendance de Níels de la lignée du guerrier-ours Bróðir ! Place ! ». Le sifflement sourd reprit et le conciliabule des arbres s'éternisa de longues minutes. La troupe allait rebrousser chemin quand survint un léger bruissement, à peine perceptible : le premier arbre s'écarta et fut suivit bientôt par l'ensemble du conseil. C'est en tous cas ce qui leur parut.
Les guerriers poursuivirent leur épopée un peu plus loin à l'ouest où ils durent attacher leurs destriers et continuer à pieds. Ils avancèrent prudemment, l'épée tirée, jusqu'à la clairière des brigands. Ces derniers dormaient près du feu, n'étant plus alors qu'une simple bande de fumée s'élevant au firmament. Une branche craqua et fit sursauter le bandit de garde : « Qui va là ? » lança-t-il l'air inquiet mais aucune réponse n'arriva. Il entreprit de se rassoir quand un carreau lui transperça la poitrine. Des cris de fureur vinrent des bois, Marie et ses chevaliers foncèrent sauvagement vers les rapaces littéralement pris de surprise. Tous furent occis et aucun ne survécut.
Beaucoup plus tard, en route vers Frueborg, l'ost chantait jovialement et riait. Il en était finit de la peur et des spectres. Les mauvais n'étaient plus de ce monde et le butin récupéré.
« Où coures-tu ainsi, lui dis-je, tu pissois dans tes chausses ! plaisanta la Reine, à quoi les chevaliers s’esclaffèrent vulgairement à en réveiller les morts.
– Certes, il conchie ses braies ! » surajouta le Chevalier Hrolleifr.
– Mi gentils chevaliers, dit Marie, vous fustes très vaillants et n'avez point desmérité. Sortez les atours de festoie, et que l'olifant soit sonné, car seront ce soir asscordé moults réjouissances et festoiemments ! »
Les clameurs s’élevèrent aux cieux jusqu'à l'approche du château où une foule paysanne se regroupa, souhaitant la bienvenue ! Marie descendit de cheval et alla à leur rencontre.
« Le sac à butin, mon Anatolios ! demanda Marie.
– M'amie, ces marchandises ne sont-elles pas la possession légitime de l'icelui mercier très mollasson ? posa le noble hellène.
– Un mercier fort chrestien et grasseteux qui n'auroit point argument à se délester de ses bonnes monnaies et bels ouvres pour le contentement des genz d'icelieu. Óðinkárr ?
– Oui, ma Lige ?
– Va, porte la bière aux estropiés de l'Hostel-Dieu. Et ne t'embevre point en route ! lui glissa-t-elle plaisamment.
– Non point, Marie Reyne ! Les pauvres le feront à ma place. »
La suzeraine poursuivit sa distribution aux paysans des monnaies d'argent et des précieuses argenteries reprit aux voleurs. Ceux-ci lui souhaitèrent Longue Vie et s’empressèrent d'aller vendre les objets à la forge la plus familière.[/justify]
15 janvier 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/01/obb5.png[/img][/center]
En la froide matinée de la mi-lune, de menus flocons tombaient du ciel quand la petite troupe conduite par la Reine passa l'orée du bois de Raabervinden. Le vent sifflait à travers les branchages, virevoltants en un concert lugubre qui agita les chevaux : c'était la symphonie des spectres qui hantaient ce lieu sauvage où peu osait s'aventurer fors les brigands. Les histoires populaires rapportaient aussi l'existence d'une très ancienne sorcière vivant dans une clairière plus au nord. Elle y était décrite comme une méchante succube vêtue de haillons dégoutants, un sombre capuchon sur le chef dégarni, et une face déformée, constellée de crevasses et de fistules purulentes. Son regard sournois glaçait le sang des guerriers et son hurlement strident n'était pas de ce monde mais des neuvièmes profondeurs de l'Enfer. L'agitation des chevaux, hennissant sans relâche, ralentit l'avancée et angoissa les cavaliers sur le qui-vive. Marie, elle-même, n'en menait pas large : sous le cri du vent, elle scrutait chaque recoin, agrippant la poignée de son épée, et écartant les branches qui ici ou là lui fouettait le visage.
La troupe suivait au pas la sente à gibier tandis que la faible lumière sombrait au fur à mesure qu'ils s'enfonçaient. Les racines leurs parurent soudain plus dangereuses et les arbres plus imposants. Le chemin sembla même se réduire et l'air se raréfier. Comme si les arbres chuchotaient et se rapprochaient afin de les piéger pour toujours. La forêt était vivante, nos personnages en jureraient. « Retournons au chasteau, Marie ! » pressa Óðinkárr. D'un signe, la reine immobilisa le détachement et clama fortement : « Esprits d'icelieu ! Place, au nom du Christ, pour la descendance de Níels de la lignée du guerrier-ours Bróðir ! Place ! ». Le sifflement sourd reprit et le conciliabule des arbres s'éternisa de longues minutes. La troupe allait rebrousser chemin quand survint un léger bruissement, à peine perceptible : le premier arbre s'écarta et fut suivit bientôt par l'ensemble du conseil. C'est en tous cas ce qui leur parut.
Les guerriers poursuivirent leur épopée un peu plus loin à l'ouest où ils durent attacher leurs destriers et continuer à pieds. Ils avancèrent prudemment, l'épée tirée, jusqu'à la clairière des brigands. Ces derniers dormaient près du feu, n'étant plus alors qu'une simple bande de fumée s'élevant au firmament. Une branche craqua et fit sursauter le bandit de garde : « Qui va là ? » lança-t-il l'air inquiet mais aucune réponse n'arriva. Il entreprit de se rassoir quand un carreau lui transperça la poitrine. Des cris de fureur vinrent des bois, Marie et ses chevaliers foncèrent sauvagement vers les rapaces littéralement pris de surprise. Tous furent occis et aucun ne survécut.
Beaucoup plus tard, en route vers Frueborg, l'ost chantait jovialement et riait. Il en était finit de la peur et des spectres. Les mauvais n'étaient plus de ce monde et le butin récupéré.
« Où coures-tu ainsi, lui dis-je, tu pissois dans tes chausses ! plaisanta la Reine, à quoi les chevaliers s’esclaffèrent vulgairement à en réveiller les morts.
– Certes, il conchie ses braies ! » surajouta le Chevalier Hrolleifr.
– Mi gentils chevaliers, dit Marie, vous fustes très vaillants et n'avez point desmérité. Sortez les atours de festoie, et que l'olifant soit sonné, car seront ce soir asscordé moults réjouissances et festoiemments ! »
Les clameurs s’élevèrent aux cieux jusqu'à l'approche du château où une foule paysanne se regroupa, souhaitant la bienvenue ! Marie descendit de cheval et alla à leur rencontre.
« Le sac à butin, mon Anatolios ! demanda Marie.
– M'amie, ces marchandises ne sont-elles pas la possession légitime de l'icelui mercier très mollasson ? posa le noble hellène.
– Un mercier fort chrestien et grasseteux qui n'auroit point argument à se délester de ses bonnes monnaies et bels ouvres pour le contentement des genz d'icelieu. Óðinkárr ?
– Oui, ma Lige ?
– Va, porte la bière aux estropiés de l'Hostel-Dieu. Et ne t'embevre point en route ! lui glissa-t-elle plaisamment.
– Non point, Marie Reyne ! Les pauvres le feront à ma place. »
La suzeraine poursuivit sa distribution aux paysans des monnaies d'argent et des précieuses argenteries reprit aux voleurs. Ceux-ci lui souhaitèrent Longue Vie et s’empressèrent d'aller vendre les objets à la forge la plus familière.[/justify]
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Zaldora
[justify]Deux mondes, deux visions.
9 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/02/7n3d.png[/img]
Dans le pays de Nóttlag, une dame entrain d'attendre son chevalier
en secret.[/center]
La corporation Sainct Nicolas [regroupant les armateurs, les merciers et les marins de la capitale], aussi riche que controversée pour ses affaires scabreuses, a publié un traité de bienséance et de politesse qui connait une forte popularité au sein du cercle restreint de la haute bourgeoisie représentée par les merciers, les bouchers, les orfèvres, les épiciers, etc. L'ouvrage propose à ses lecteurs et à ceux qui se feront lire des règles de politesse, des bonnes manières et le savoir-vivre en société. Un des conseils exprimés explique par exemple « de ne guère sonner trompettes à chasser les morvines de son nez, ni point d'estersier l'icelles avec ses doigts ou sa manche » ou encore « de ne point huper à baailler ».
En revanche, le traité rencontre peu d'écho chez les bas bourgeois, les paysans, les moines, les seigneurs... deux mondes s'affrontent : celui des grands bourgeois urbains soucieux de mondanité et de civilisation et celui des peuples faubourgeois et ruraux, jamais civilisés, pieux, bons vivants, bourrus, grossiers, fougueux, belliqueux mais sachant se montrer généreux. Le traité est l'exact opposé de ce qu'ils sont et du comportement de chacun dans la vie quotidienne. Il faut noter que les manières d'un paysan ne sont pas si différentes de celles d'un noble thorvalois, en ce sens que de l'opinion des noblesses sophistiquées du monde, l'éducation reçue par l'aristocratie du royaume laisse clairement à désirer et n'en fait pas de vrais gentilshommes. Les mêmes noblesses raffinées s'offensent aussi d'un manque de prédicats (celui de Majesté n'a été introduit qu'à la fin du XIXe par le courant légitimiste, il reste peu utilisé), de protocoles, d’étiquettes.
Pourtant, la chevalerie structure l'existence des seigneurs et imprègne leur imaginaire. Un idéal dont les vertus comprennent, parmi d'autres, la Courtoisie. Celle-ci, toutefois, doit être replacée dans son contexte et se comprendre autrement. Elle n'est pas une attitude polie et raffinée conforme à la bonne éducation et aux usages mondains, elle n'est pas non plus une attitude de politesse froide et conventionnelle. La courtoisie, telle que comprise et pratiquée localement, est un idéal des rapports hommes-femmes, une façon pour les chevaliers de se comporter avec les dames, en particulier celles qu'ils courtisent. Le service de la Dame est élevé au rang des plus hauts devoirs : le chevalier est à son service, la femme devient littéralement la maitresse de son destin, son but ultime. Pour réussir, afin de mériter son amour, le chevalier court au devant des prouesses et des plus dangereuses quêtes. Par ses progrès moraux, sous l'influence féminine, il doit petit à petit devenir le parfait amant de sa dame. Un état qui recouvre des qualités telles que la loyauté, la fidélité, la bonté, la libéralité, la douceur, la miséricorde, le soucis de la bonne renommée, etc.[/justify]
9 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/02/7n3d.png[/img]
Dans le pays de Nóttlag, une dame entrain d'attendre son chevalier
en secret.[/center]
La corporation Sainct Nicolas [regroupant les armateurs, les merciers et les marins de la capitale], aussi riche que controversée pour ses affaires scabreuses, a publié un traité de bienséance et de politesse qui connait une forte popularité au sein du cercle restreint de la haute bourgeoisie représentée par les merciers, les bouchers, les orfèvres, les épiciers, etc. L'ouvrage propose à ses lecteurs et à ceux qui se feront lire des règles de politesse, des bonnes manières et le savoir-vivre en société. Un des conseils exprimés explique par exemple « de ne guère sonner trompettes à chasser les morvines de son nez, ni point d'estersier l'icelles avec ses doigts ou sa manche » ou encore « de ne point huper à baailler ».
En revanche, le traité rencontre peu d'écho chez les bas bourgeois, les paysans, les moines, les seigneurs... deux mondes s'affrontent : celui des grands bourgeois urbains soucieux de mondanité et de civilisation et celui des peuples faubourgeois et ruraux, jamais civilisés, pieux, bons vivants, bourrus, grossiers, fougueux, belliqueux mais sachant se montrer généreux. Le traité est l'exact opposé de ce qu'ils sont et du comportement de chacun dans la vie quotidienne. Il faut noter que les manières d'un paysan ne sont pas si différentes de celles d'un noble thorvalois, en ce sens que de l'opinion des noblesses sophistiquées du monde, l'éducation reçue par l'aristocratie du royaume laisse clairement à désirer et n'en fait pas de vrais gentilshommes. Les mêmes noblesses raffinées s'offensent aussi d'un manque de prédicats (celui de Majesté n'a été introduit qu'à la fin du XIXe par le courant légitimiste, il reste peu utilisé), de protocoles, d’étiquettes.
Pourtant, la chevalerie structure l'existence des seigneurs et imprègne leur imaginaire. Un idéal dont les vertus comprennent, parmi d'autres, la Courtoisie. Celle-ci, toutefois, doit être replacée dans son contexte et se comprendre autrement. Elle n'est pas une attitude polie et raffinée conforme à la bonne éducation et aux usages mondains, elle n'est pas non plus une attitude de politesse froide et conventionnelle. La courtoisie, telle que comprise et pratiquée localement, est un idéal des rapports hommes-femmes, une façon pour les chevaliers de se comporter avec les dames, en particulier celles qu'ils courtisent. Le service de la Dame est élevé au rang des plus hauts devoirs : le chevalier est à son service, la femme devient littéralement la maitresse de son destin, son but ultime. Pour réussir, afin de mériter son amour, le chevalier court au devant des prouesses et des plus dangereuses quêtes. Par ses progrès moraux, sous l'influence féminine, il doit petit à petit devenir le parfait amant de sa dame. Un état qui recouvre des qualités telles que la loyauté, la fidélité, la bonté, la libéralité, la douceur, la miséricorde, le soucis de la bonne renommée, etc.[/justify]
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Zaldora
[justify]Linguistique.
15 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/gbq8.png[/img]
Un manuscrit en vieux thorvalois (dialectes), langue des campagnes.[/center]
Un pays aussi morcelé que le Thorval ne peut être uni linguistiquement. Et pour cause, il se sépare entre :
Le Jensgårdois, parlé dans la capitale et une partie de ses faubourgs. Idiome standardisé en 1997 (le seul à avoir connut ce processus), il sert officiellement de langue véhiculaire bien que presque personne ne sache le parler en dehors des habitants du bourg. IRL, il correspond au danois moderne avec quelques restes éparses de vieux-norrois. Ses locuteurs s'élèvent à environ 180 000 personnes. L'intercompréhension avec les autres langues norroises présentes est très difficile, étant donné que le Jensgårdois divergea très tôt d'elles, notamment en terme de prononciation. Pour les gens de province, les habitants de la capitale jactent comme les Vonalyens et sont peu ou prou vus comme des étrangers.
Le Vieux-thorvalois, parlé dans les campagnes norroises ainsi que dans les villes de Valborg et de Sankt-Thøger. Il n'est pas question d'une langue standardisée mais d'un ensemble très large de dialectes nordiques qui connaissent leurs propres sous-dialectes (patois), divergeant entre eux. L'intercompréhension est sujette à de fortes difficultés, en raison des divisions, mais quand même meilleure qu'avec le Jensgårdois. Ses locuteurs s'élèvent à 3 490 000 personnes parmi lesquelles on retrouve les Rois et Reines de Thorval. Le Vieux-thorvalois possède aussi bien une écriture latine, que runique : les deux formes cohabitent encore aujourd'hui. IRL, il correspond au vieux norrois.
Le Brakane et le Taunais, parlés respectivement dans le sud-est et le nord-est du royaume par les peuples de racines slaves et baltes. Comme avec le vieux-thorvalois, ces langues sont une série de dialectes slaves et baltes qui au fil du temps intégrèrent des mots norrois. Leurs locuteurs représentent jusqu'à 20% de la population du royaume et s'élèvent à environ 949 000 personnes. Ils sont libres de les pratiquer sans entrave, ni repression. IRL, le Brakane et le Taunais correspondent respectivement à du vieux polonais et du vieux lituanien avec certaines influences norroises. [/justify]
15 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/gbq8.png[/img]
Un manuscrit en vieux thorvalois (dialectes), langue des campagnes.[/center]
Un pays aussi morcelé que le Thorval ne peut être uni linguistiquement. Et pour cause, il se sépare entre :
Le Jensgårdois, parlé dans la capitale et une partie de ses faubourgs. Idiome standardisé en 1997 (le seul à avoir connut ce processus), il sert officiellement de langue véhiculaire bien que presque personne ne sache le parler en dehors des habitants du bourg. IRL, il correspond au danois moderne avec quelques restes éparses de vieux-norrois. Ses locuteurs s'élèvent à environ 180 000 personnes. L'intercompréhension avec les autres langues norroises présentes est très difficile, étant donné que le Jensgårdois divergea très tôt d'elles, notamment en terme de prononciation. Pour les gens de province, les habitants de la capitale jactent comme les Vonalyens et sont peu ou prou vus comme des étrangers.
Le Vieux-thorvalois, parlé dans les campagnes norroises ainsi que dans les villes de Valborg et de Sankt-Thøger. Il n'est pas question d'une langue standardisée mais d'un ensemble très large de dialectes nordiques qui connaissent leurs propres sous-dialectes (patois), divergeant entre eux. L'intercompréhension est sujette à de fortes difficultés, en raison des divisions, mais quand même meilleure qu'avec le Jensgårdois. Ses locuteurs s'élèvent à 3 490 000 personnes parmi lesquelles on retrouve les Rois et Reines de Thorval. Le Vieux-thorvalois possède aussi bien une écriture latine, que runique : les deux formes cohabitent encore aujourd'hui. IRL, il correspond au vieux norrois.
Le Brakane et le Taunais, parlés respectivement dans le sud-est et le nord-est du royaume par les peuples de racines slaves et baltes. Comme avec le vieux-thorvalois, ces langues sont une série de dialectes slaves et baltes qui au fil du temps intégrèrent des mots norrois. Leurs locuteurs représentent jusqu'à 20% de la population du royaume et s'élèvent à environ 949 000 personnes. Ils sont libres de les pratiquer sans entrave, ni repression. IRL, le Brakane et le Taunais correspondent respectivement à du vieux polonais et du vieux lituanien avec certaines influences norroises. [/justify]
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Zaldora
[justify]Tolérance.
27 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/jctm.png[/img]
Sculpture sur une église dans le la pays de Harmaðr, représentant la luxure.[/center]
Au Thorval, l'homosexualité jouit, à l'opposé de ce que l'on pourrait penser, d'une relative tolérance teintée d'indifférence. Elle demeure une faute, un péché, mais au même titre que l'adultère, pas plus, pas moins. Cette absence d'hostilité particulière et tenace se voit notamment à travers quelques tendances notables.
Tout d'abord, on ne nomme pas les personnes d'après leur sexualité. Les langues norroises ne disposent d'ailleurs pas de mot précis pour appeler les homosexuels : "sodomite" a une définition assez étendue et se rapporte à tout individu effectuant un acte sexuel stérile ; "bougre" désigne de manière ambiguë aussi bien un homosexuel qu'un hérétique ; enfin Ergi renvoie à un homme dont l'attitude n'est pas virile, chose qui en elle même constitue un faisceau très large de comportements. Léger bémol, une insulte existe pour ceux qui s'adonnent aux rapports par derrière : "Fot-en-cul". Par rapport à la loi, les coutumes ne prévoient pas de punitions pénales, ni de métiers interdits ou n'encouragent le débusquement d'homosexuels. En revanche, restant un péché, l'Église possède des pénitentiels assez précis pour les hommes qui, en confession, admettent s'être livrés à des relations entre eux. Toutefois, les peines sont toujours de nature spirituelle et dépendent le plus souvent du degré de turpitude : la moins grave impose quatre jours de jeûne au pain et à l'eau quant la plus sévère prévoit douze ans de jeûne stricte si l'un des hommes est marié. L'homosexualité d'un individu constitue parfois un secret de polichinelle, sans éveiller la moindre violence. L'exemple de l'abbé mitré Påske de Notre-Dame du Ciel est marquant. Son état homosexuel est de notoriété publique, déjà connu lorsqu'il était prêtre, chose qui ne l'empêcha pas d'obtenir la mitre, malgré quelques protestations. Les fidèles qui le connaissent disent de lui qu'il est un « bon evesque », quelque peu intrigueur et ambitieux, mais homme de Foi honnête.
Le mariage religieux entre deux hommes n'est pas possible et le restera. Néanmoins, il est probable que les homosexuels au Thorval utilisent ou détournent le contrat d'affrèrement pour vivre discrètement ensemble. Arrivé au XIIIe siècle dans le royaume en provenance de pays de droit écrit, le contrat d'affrèrement permet aux individus de clans différents, pour lesquels l'adoption clanique ou autre n'est pas possible, de fraterniser. C'est par ce biais que les “affrèrés” (hommes ou femmes) promettent oralement, devant témoins, de vivre ensemble et de partager « un pain, une bière, et une bourse ». Il n'est jamais question de mariage ou de liens conjugaux mais de fraternité. Personne ne va cependant vérifier les conséquences exactes de ces fratries.
Ce climat de relative tolérance à l'égard des homosexuels, n'empêchant pas les protestations et humeurs périodiques, n'a pas toujours existé. Sous l'effet d'orateurs radicaux, les XIV, XV et XVIe siècles furent au Thorval des périodes particulièrement difficiles, conduisant à des lynchages, des dénonciations et aux premières poursuites pénales d'homosexuels, allant de la perte des couilles jusqu'au bûcher dans les cas de multiples récidives. Dans l'ensemble toutefois, les condamnations effectives restèrent rares et n’excédèrent pas 10% des procès. Ce temps d'intolérance, qui dura deux longs siècles et demi, disparut en même temps que les prédicateurs violents.[/justify]
27 février 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/jctm.png[/img]
Sculpture sur une église dans le la pays de Harmaðr, représentant la luxure.[/center]
Au Thorval, l'homosexualité jouit, à l'opposé de ce que l'on pourrait penser, d'une relative tolérance teintée d'indifférence. Elle demeure une faute, un péché, mais au même titre que l'adultère, pas plus, pas moins. Cette absence d'hostilité particulière et tenace se voit notamment à travers quelques tendances notables.
Tout d'abord, on ne nomme pas les personnes d'après leur sexualité. Les langues norroises ne disposent d'ailleurs pas de mot précis pour appeler les homosexuels : "sodomite" a une définition assez étendue et se rapporte à tout individu effectuant un acte sexuel stérile ; "bougre" désigne de manière ambiguë aussi bien un homosexuel qu'un hérétique ; enfin Ergi renvoie à un homme dont l'attitude n'est pas virile, chose qui en elle même constitue un faisceau très large de comportements. Léger bémol, une insulte existe pour ceux qui s'adonnent aux rapports par derrière : "Fot-en-cul". Par rapport à la loi, les coutumes ne prévoient pas de punitions pénales, ni de métiers interdits ou n'encouragent le débusquement d'homosexuels. En revanche, restant un péché, l'Église possède des pénitentiels assez précis pour les hommes qui, en confession, admettent s'être livrés à des relations entre eux. Toutefois, les peines sont toujours de nature spirituelle et dépendent le plus souvent du degré de turpitude : la moins grave impose quatre jours de jeûne au pain et à l'eau quant la plus sévère prévoit douze ans de jeûne stricte si l'un des hommes est marié. L'homosexualité d'un individu constitue parfois un secret de polichinelle, sans éveiller la moindre violence. L'exemple de l'abbé mitré Påske de Notre-Dame du Ciel est marquant. Son état homosexuel est de notoriété publique, déjà connu lorsqu'il était prêtre, chose qui ne l'empêcha pas d'obtenir la mitre, malgré quelques protestations. Les fidèles qui le connaissent disent de lui qu'il est un « bon evesque », quelque peu intrigueur et ambitieux, mais homme de Foi honnête.
Le mariage religieux entre deux hommes n'est pas possible et le restera. Néanmoins, il est probable que les homosexuels au Thorval utilisent ou détournent le contrat d'affrèrement pour vivre discrètement ensemble. Arrivé au XIIIe siècle dans le royaume en provenance de pays de droit écrit, le contrat d'affrèrement permet aux individus de clans différents, pour lesquels l'adoption clanique ou autre n'est pas possible, de fraterniser. C'est par ce biais que les “affrèrés” (hommes ou femmes) promettent oralement, devant témoins, de vivre ensemble et de partager « un pain, une bière, et une bourse ». Il n'est jamais question de mariage ou de liens conjugaux mais de fraternité. Personne ne va cependant vérifier les conséquences exactes de ces fratries.
Ce climat de relative tolérance à l'égard des homosexuels, n'empêchant pas les protestations et humeurs périodiques, n'a pas toujours existé. Sous l'effet d'orateurs radicaux, les XIV, XV et XVIe siècles furent au Thorval des périodes particulièrement difficiles, conduisant à des lynchages, des dénonciations et aux premières poursuites pénales d'homosexuels, allant de la perte des couilles jusqu'au bûcher dans les cas de multiples récidives. Dans l'ensemble toutefois, les condamnations effectives restèrent rares et n’excédèrent pas 10% des procès. Ce temps d'intolérance, qui dura deux longs siècles et demi, disparut en même temps que les prédicateurs violents.[/justify]
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Zaldora
[justify]Au cœur de Thorval (32).
28 février 2038,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/ufra.png[/img]
Château Dǫgghöll à l'été dernier. C'est là que Ragnbjǫrn IV
a dernièrement été gravement brûlé.
Le Jeu [/center]
- L'incertitude planait sur le campement de Ragnbjǫrn VI, revenu grièvement blessé de l'assaut donné contre le château Dǫgghöll dans la guerre de revendication du Sonrätt. Alors qu'il prêtait main forte au bélier afin de briser la herse, le noble aurait reçu un plein chaudron de poix en fusion sur le corps ! Le chuchotement des guerriers au sein des tentes ou au coin du feu affirmait qu'une partie de son visage aurait littéralement fondu et qu'un prêtre aurait été mandé afin d'administrer les derniers sacrements au mourant. Sa mort serait un terrible signal : l'héritier n'était qu'un frêle garçonnet tout juste sortit de ses langes, sa mère la régente subissait déjà les contestations de conseillers ambitieux, et l'oncle Agvaldr intrigueait en secret pour s'emparer de terres qu'il convoitait depuis des années. La guerre en cours semblait secondaire tant le chaos politique à venir paraissait inévitable.
- Au cours de ce qui semble être une querelle de jeu (dés), des paysans du clan Fastarring ont mis la main sur dix vaches en gestation appartenant au clan Gullauging. Afin de marquer le coup, les Fastarring enlevèrent également trois garçons et réclamaient une rançon en grain, en sel et en foin. Les agressés répondirent pour l'heure en mettant le feu à deux granges mais les incendies furent vite maitrisés. En attendant, la cheftaine des Gullauging négociait l'aide des Tjörving qui pourrait conduire à l'entrée en guerre des Týliring et des Valring coté Fastarring. D'après les chroniques d'un moine local, le pays d'Odkeland connaissait ici sa trentième faide de l'an Nouveau.
- Lors d'un spectaculaire coup de main, les hommes du seigneur Baard II ont incendié une tour de guet appartenant au puissant Duc Jens af Hårland. Le vassal révolté multipliait les expéditions violentes et les harcèlements, évitant autant que ce peu les combats en rase campagne où il perdrait à coup sûr. Les gardes de la tour furent tous achevés à la miséricorde, geste honorable qui plut au Duc.[/justify]
28 février 2038,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/19/03/ufra.png[/img]
Château Dǫgghöll à l'été dernier. C'est là que Ragnbjǫrn IV
a dernièrement été gravement brûlé.
Le Jeu [/center]
- L'incertitude planait sur le campement de Ragnbjǫrn VI, revenu grièvement blessé de l'assaut donné contre le château Dǫgghöll dans la guerre de revendication du Sonrätt. Alors qu'il prêtait main forte au bélier afin de briser la herse, le noble aurait reçu un plein chaudron de poix en fusion sur le corps ! Le chuchotement des guerriers au sein des tentes ou au coin du feu affirmait qu'une partie de son visage aurait littéralement fondu et qu'un prêtre aurait été mandé afin d'administrer les derniers sacrements au mourant. Sa mort serait un terrible signal : l'héritier n'était qu'un frêle garçonnet tout juste sortit de ses langes, sa mère la régente subissait déjà les contestations de conseillers ambitieux, et l'oncle Agvaldr intrigueait en secret pour s'emparer de terres qu'il convoitait depuis des années. La guerre en cours semblait secondaire tant le chaos politique à venir paraissait inévitable.
- Au cours de ce qui semble être une querelle de jeu (dés), des paysans du clan Fastarring ont mis la main sur dix vaches en gestation appartenant au clan Gullauging. Afin de marquer le coup, les Fastarring enlevèrent également trois garçons et réclamaient une rançon en grain, en sel et en foin. Les agressés répondirent pour l'heure en mettant le feu à deux granges mais les incendies furent vite maitrisés. En attendant, la cheftaine des Gullauging négociait l'aide des Tjörving qui pourrait conduire à l'entrée en guerre des Týliring et des Valring coté Fastarring. D'après les chroniques d'un moine local, le pays d'Odkeland connaissait ici sa trentième faide de l'an Nouveau.
- Lors d'un spectaculaire coup de main, les hommes du seigneur Baard II ont incendié une tour de guet appartenant au puissant Duc Jens af Hårland. Le vassal révolté multipliait les expéditions violentes et les harcèlements, évitant autant que ce peu les combats en rase campagne où il perdrait à coup sûr. Les gardes de la tour furent tous achevés à la miséricorde, geste honorable qui plut au Duc.[/justify]
-
Zaldora
[justify]Vêlage d'une étrangère.
Premiers jours d'avril 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/05/y5az.png[/img]
La Belle Bastarde et son veau qui a été
porté sur les fonds baptismaux. [/center]
Alors que se profile le printemps, saison ancestrale des vêlages dans le royaume, la vache Belle Bastarde du pays Teitrlandais vient de mettre au monde son premier veau. Celui-ci est le premier de sa race, si l'on excepte la mère et le taureau. C'est lors de son introduction en janvier dernier que la reine baptisa la race « Belle Bastarde » en raison de ses origines. La bête est issue d'anciens croisements entre des spécimens thorvalois, nord-ouest dytoliens et britons. Elle est la première vache étrangère à avoir jamais posé les pieds au Thorval. Ses capacités laitières sont intrinsèquement supérieures à quelques-unes des cinq cent races locales du rameau nordique ou de celles issues d’accouplements nordo-slavo-baltes, même en étant élevée de façon traditionnelle (pâturage extensif, traite manuelle, période de traite courte, pie réservée au veau, etc). Le pastoralisme représente un aspect clé du système agraire de Thorval qui repose sur la polyculture élevage traditionnelle régit par la communauté villageoise.
Une augmentation des quantités de lait pourrait convaincre certains clans à faire de la place pour la Belle Bastarde dans leurs troupeaux. Le lait de celle-ci, riche en matière grasse et protéines, semble parfait pour la confection de fromages, de beurre, de skyr, de crèmes… qui sont un ensemble de mets très présents au sein de la gastronomie paysanne. Néanmoins, il apparait très improbable que les campagnards se séparent complètement des races locales qui pâturent les pays herbeux et les hauts alpages au rythme des sonnailles depuis plus d’un millénaire, répondant aux chants d’appel mystique (le « Kulning ») entonnées par les paysannes depuis des temps immémoriaux.
La grande réforme agraire, lancée fin 2030, suit son cours lentement, corrige les abus des accapareurs de la fin du dernier siècle, et restaure peu à peu une certaine égalité traditionnelle associée au sentiment clanique. Les changements font également que moins de paysans payent le cens. Face aux baisses de revenus, les seigneurs regardent du coté de l'Église et parviennent à lui imposer le cens, voir un surcens dans certaines provinces comme le Skovegaard. Cela pourrait à moyen-long terme lourdement impacté la Charité, les écoles, les hôtels-Dieu sachant qu'un tiers du revenu des évêques, et un quart de celui des prêtres, va au profit des pauvres, des malades, des veuves et des estropiés. [/justify]
Premiers jours d'avril 2038,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/05/y5az.png[/img]
La Belle Bastarde et son veau qui a été
porté sur les fonds baptismaux. [/center]
Alors que se profile le printemps, saison ancestrale des vêlages dans le royaume, la vache Belle Bastarde du pays Teitrlandais vient de mettre au monde son premier veau. Celui-ci est le premier de sa race, si l'on excepte la mère et le taureau. C'est lors de son introduction en janvier dernier que la reine baptisa la race « Belle Bastarde » en raison de ses origines. La bête est issue d'anciens croisements entre des spécimens thorvalois, nord-ouest dytoliens et britons. Elle est la première vache étrangère à avoir jamais posé les pieds au Thorval. Ses capacités laitières sont intrinsèquement supérieures à quelques-unes des cinq cent races locales du rameau nordique ou de celles issues d’accouplements nordo-slavo-baltes, même en étant élevée de façon traditionnelle (pâturage extensif, traite manuelle, période de traite courte, pie réservée au veau, etc). Le pastoralisme représente un aspect clé du système agraire de Thorval qui repose sur la polyculture élevage traditionnelle régit par la communauté villageoise.
Une augmentation des quantités de lait pourrait convaincre certains clans à faire de la place pour la Belle Bastarde dans leurs troupeaux. Le lait de celle-ci, riche en matière grasse et protéines, semble parfait pour la confection de fromages, de beurre, de skyr, de crèmes… qui sont un ensemble de mets très présents au sein de la gastronomie paysanne. Néanmoins, il apparait très improbable que les campagnards se séparent complètement des races locales qui pâturent les pays herbeux et les hauts alpages au rythme des sonnailles depuis plus d’un millénaire, répondant aux chants d’appel mystique (le « Kulning ») entonnées par les paysannes depuis des temps immémoriaux.
La grande réforme agraire, lancée fin 2030, suit son cours lentement, corrige les abus des accapareurs de la fin du dernier siècle, et restaure peu à peu une certaine égalité traditionnelle associée au sentiment clanique. Les changements font également que moins de paysans payent le cens. Face aux baisses de revenus, les seigneurs regardent du coté de l'Église et parviennent à lui imposer le cens, voir un surcens dans certaines provinces comme le Skovegaard. Cela pourrait à moyen-long terme lourdement impacté la Charité, les écoles, les hôtels-Dieu sachant qu'un tiers du revenu des évêques, et un quart de celui des prêtres, va au profit des pauvres, des malades, des veuves et des estropiés. [/justify]