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Posté : jeu. sept. 09, 2010 11:59 am
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/6/4/3/remparts-1ffae59.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/5/5/9/remparts-1ffae5b.jpg[/img][/url]</center>


L'avantage de ce petit train touristique était qu'il nous faisait voir la ville de Lapoblación depuis les collines avoisinantes, nous permettant d'avoir une situation d'aplomb et une vue plongeante sur la bourgade, qui semblait bien tranquille sous le soleil de plomb revenu après l'épisode orageux de la fin de matinée. Les remparts de la ville étaient encore plus impressionnants vus de loin, dessinant une silhouette à la fois massive et élégante, qui mêlait l'art de la fortification chrétien et les arcs en fer à cheval hérités de la domination arabe sur le secteur.

Le guide, une sorte de voix préenregistrée disponible en de nombreuses langues, débitait son flot ininterrompu d'indications historiques et chiffrées, parlant à foison de kilomètres de longueur, de mètres de hauteur, de siècles d'âge et de tonnes de granite utilisées. De quoi avoir le tournis !

Insensiblement, le train redescendit de la butte où il était juché et se redirigea vers la bourgade. Nous faisions le chemin en sens inverse et repassions au-dessus du fameux coude du Río del Levante, dont les eaux torrentueuses évacuaient la décharge pluviale de la fin de matinée. Une légère brise, élément météorologique assez rare dans la région pour être noté, vint nous rafraîchir à travers les vitres étouffantes du convoi.
Je m'assoupissais d'ailleurs par moments, entendant par bribes l'histoire des crues du fleuve, dont celle de 1961, dernière grande crue en date, qui avait provoqué une inondation dans la nouvelle ville et fragilisé les fondations des murailles de la vieille ville : le fleuve avait alors débordé de son lit de cinq mètres !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/5/9/6/le-tage-1ffb638.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/9/e/c/le-tage-1ffb639.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:00 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/e/8/a/le-pont-san-mart-n-1fe0476.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/7/0/2/le-pont-san-mart-n-1fe0477.jpg[/img][/url]</center>


Après un tour d'environ vingt minutes dans le centre historique de Lapoblación, le train touristique passa par les vieux remparts de la bourgade, notamment le célèbre Pont de San Martín, qui menait vers le quartier moderne de la ville.
Les créneaux et donjons étaient tout à fait remarquables et le tout était admirablement conservé !

Nous longeâmes ensuite les murailles, dont une petite partie s'était malheureusement écroulée suite à un glissement de terrain après d'importantes intempéries en mars. Tout autour du chantier, des plots et des bandes avaient été installés et déroulés; autant dire qu'une éventuelle subvention de la part du Comité du Patrimoine Mondial, faisant suite à un classement en bonne et due forme, était très attendue !

Nous passâmes ensuite dans la partie moderne de la ville qui, en dehors de la gare, n'avait pas un grand intérêt : c'était là des édifices d'habitation modernes, des commerces et des parcs de stationnement. Mais, lorsque nous grimpâmes sur le mamelon qui faisait face à la vieille ville de Lapoblación, je découvris tout un ensemble d'hôtels particuliers et de villas, les fameux "cigarrales", bâtis depuis le XVIème siècle et maintes fois rénovés ou agrandis. Autrefois résidences seigneuriales, ces villas étaient aujourd'hui habitées par des particuliers fortunés, dominant ainsi la ville et le coude du Río del Levante.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/49/7/f/2/z_720_cigarral_santa_maria-1fe0bf2.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/b/d/a/z_720_cigarral_santa_maria-1fe0bf3.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:00 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/4/c/5/menu_semanal_dap_500-1fd5242.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/7/f/4/menu_semanal_dap_500-1fd5243.jpg[/img][/url]</center>


Le serveur m'indiqua que le service ne commençait qu'à treize heures mais que je pouvais déjà m'installer à table, regarder le menu et commander des en-cas, les fameuses "tapas". La carte était richement illustrée et donnait envie !
Je commandai une fameuse "caña de cerveza", ce petit verre de bière blonde de trente-trois centilitres, quelques olives dans leur saumure et un peu de "queso curado", fromage bleu fait à cœur.
Quelques clients, visiblement des touristes slaves, arrivèrent dans le restaurant, mais l'établissement était, en dehors du va-et-vient des serveurs qui me disaient tous "¡Buenos días!" avec un large sourire, très calme. Je me demandais d'ailleurs pourquoi l'on disait "Bons jours" au pluriel en castillan et pas simplement "Bonjour" au singulier. Une grande question de linguistique ! Je l'avais également noté pour "Bonne soirée !" ("¡Buenas tardes!") ou encore "Bonne nuit" ("¡Buenas noches"!) et ces considérations un peu abstraites me divertirent jusqu'à l'heure de début du service.

Le serveur qui m'avait accueilli se dirigea vers ma table, prit ma commande et repartit aussitôt en cuisine. En face de moi, un couple de Numanciens qui venait d'arriver discutait et riait bruyamment; les cloches de la cathédrale retentirent subitement pour sonner une heure.
Mon repas, très agréable, fut pris rapidement : j'avais hâte de découvrir le reste de la bourgade de Lapoblación !

Après manger, je me redirigeai vers la Plaza de Zocodover, où je remarquai qu'un petit train touristique, déjà à moitié rempli, allait partir dans une petite dizaine de minutes. Je trouvai le moyen de transport sympathique et décidai d'acheter un billet au conducteur. Pour deux euros, j'obtins mon passe pour un voyage qui devait durer, d'après l'écriteau posé à côté du convoi, trente-cinq à quarante minutes de voyage dans le cœur historique de la bourgade ainsi que dans ses nouveaux quartiers.
Le train ne tarda pas à démarrer et passa près du château, que j'avais déjà vu. J'allais toutefois découvrir nombre d'endroits que je ne connaissais pas encore !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/3/6/8/le_petit_train_to..._540x360-1fd566b.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/1/8/2/le_petit_train_to..._540x360-1fd566c.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:01 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/b/2/8/atelier-de-damasquinage---2-1fcb369.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/c/5/b/atelier-de-damasquinage---2-1fcb36a.jpg[/img][/url]</center>


Ma visite de cette boutique-atelier de damasquinage avait été très agréable et j'y avais découvert ce que je ne connaissais pas : l'artisanat vivant, vécu non pas comme un phénomène isolé et folklorique mais bien comme une habitude, quelque chose de normal, de quotidien, de vivace dans l'esprit des Numanciens et des habitants de Lapoblación.
Après un petit tour dans les ateliers de fabrication à la main, l'arrière-boutique et la réserve, je décidai de ressortir pour aller manger un morceau dans un restaurant typique. Il était déjà midi et demie et mon ventre commençait à gargouiller sérieusement !

Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque je fus raccompagné par mon guide improvisé sur le pas de la porte d'entrée de sa boutique : il pleuvait des cordes ! Des torrents d'eau s'abattaient sur la bourgade; tous les bâtiments, tous les toits, toutes les gouttières en ruisselaient. Les caniveaux ainsi que les bouches et grilles d'égout avalaient le flot ininterrompu de l'eau de pluie, dont j'avais lu qu'une grande partie était stockée dans de grands réservoirs et d'imposantes citernes pour être retraitée et réutilisée. Cela faisait visiblement partie d'un plan nation d'utilisation de l'eau voté par le gouvernement nationaliste, dont je n'avais jamais vraiment étudié la législation; en Adélie, les médias se contentaient de dire qu'il était xénophobe, dictatorial et qu'il menait le pays à sa perte. Les Numanciens ne me donnaient en tout cas pas cette impression !
Mon guide, qui s'appelait José, m'indiqua que ce genre d'orage violent était assez courant durant l'été dans l'intérieur du pays : dès que l'on s'éloignait de la mer à plus de vingt kilomètres, le climat méditerranéen prenait des tours de climat semi-continental. Il me prêta gentiment un parapluie et me dit que je pouvais même le garder : il en avait trop lui-même ! Je lui demandai s'il ne connaissait pas un bon restaurant dans le coin et il me parla immédiatement de "La Campana Gorda" (mot à mot, "La Grosse Cloche" ou "Le Bourdon"), qui se situait à cinq minutes à pied. Il me décrivit le chemin sur mon plan puis me laissa sortir sous l'intempérie.

Je m'y précipitai et entrai rapidement dans le vestibule de ce restaurant, décoré de nombreuses affiches de corrida, de peintures assez quelconques mais jolies et plusieurs sculptures sur bois. Un serveur vint tout de suite m'accueillir et prendre mon coupe-vent, qu'il accrocha sur un portemanteau, et mon parapluie trempé, qu'il déposa dans une petite boîte prévue à cet effet.
Je pénétrai dans le cœur du restaurant qui, à cette heure-ci, n'était pas très animé : l'on mangeait tard au Numancia, plutôt à quatorze ou quinze heures qu'à midi et demie !


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=100829032538907972.jpg][img]http://nsa20.casimages.com/img/2010/08/29/mini_100829032538907972.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:01 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/2/9/7/ecole-des-traducteurs---2-1fb8eb5.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/4/2/b/ecole-des-traducteurs---2-1fb8eb6.jpg[/img][/url]</center>


Après une brève et très intéressante visite de la cathédrale, je décidai de poursuivre ma visite de Lapoblación et de pousser plus avant ma découverte du centre historique. Ce dédale de rues en pente, aux maisons typiques, moyenâgeuses, anciennes était véritablement superbe. Jamais je n'avais vu ça dans ma vie !

Je remarquai notamment des édifices d'une grande valeur historique, qui devaient abriter jadis des organisations et confréries importantes, comme la "Hermandad de Santa María del Pilar" ou le "Convento de Santa Isabel". Je tombai également sur l'ancienne École des Traducteurs de Lapoblación, fondée par le Roi d'Hispania, Alphonse X, très renommée au Moyen-Âge et spécialisée dans la traduction des textes latins, grecs, hébreux et arabes. C'était tout du moins ce que disait mon guide touristique !
Dans la rue, un homme d'une quarantaine d'année, qui avait visiblement repéré mon apparence d'Adélien, m'interpela en espagnol, puis en anglais, et me proposa de venir visiter son atelier de damasquinage. Il me précisa que ses collègues travaillaient encore à la main, selon l'ancienne méthode et non par bain d'électrolyse.

Intéressé par l'artisanat à la main, je décidai de le suivre et il m'emmena dans sa boutique-atelier ("tienda-taller", me dit-il), qui se situait à quelques pas de là. En arrivant, je remarquai une immense armure en pied qui trônait devant la vitrine, puis je pénétrai dans la partie magasin, où se trouvaient de sublimes objets dorés à l'or fin : des colliers ("collares"), boucles d'oreille ("pendientes"), bracelets et gourmettes ("pulseras"), pendentifs ("colgantes"), chevalières ("sellos"), bagues ("sortijas")... Il y avait également là des vases ("jarrones"), des soliflores ("floreros"), des plats ("fuentes"), des assiettes ("platos") et de nombreux autres objets superbement travaillés. La maîtrise de ces artisans était totale !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/3/c/6/une-boutique-1fb94b8.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/b/b/2/une-boutique-1fb94b9.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:01 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/3/9/3/l-h-tel-alfonso-vi-1fb007a.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/4/0/f/l-h-tel-alfonso-vi-1fb007b.jpg[/img][/url]</center>


En chemin, je passai devant de nombreuses boutiques qui vendaient des lames et boucliers en acier de Lapoblación, visiblement célèbre depuis le Moyen-Âge, mais également des ateliers de damasquinage, où je vis de petits morceaux métalliques être plongés dans des bains d'or par électrolyse. Cet art, hérité de la domination maure sur la région, s'était perpétué de siècle en siècle, mais avait évidemment évolué avec l'arrivée de nouvelles technologies. Néanmoins, il conservait un aspect artisanal tout à fait fascinant.
Je remarquai aussi plusieurs hôtels qui affichaient tous "Complet" sur leur devanture; le tourisme fonctionnait à plein régime dans la région et je notais d'ailleurs qu'il y avait nombre de touristes almérans avec leur appareil photographique numérique, auxquels les habitants ne prêtaient guère attention d'ailleurs.

Tant les bâtiments anciens, parfois rénovés, que les rues pavées typiques m'enchantaient; il n'existait plus en Adélie aucune ville médiévale aussi bien conservée et qui ne fût pas transformée en pur musée inhabité. Je décidai de bifurquer à gauche et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris l'immense cathédrale Santa María, sublime édifice gothique que mon dépliant touristique signalait comme monument national, classé comme tel en 1909.
Trois portails, ornés de sculptures et de frises, s'élevaient devant moi, majestueux; toute en verticalité, la façade devant laquelle je me trouvais était couronnée d'un immense clocher dans le style gothique rayonnant, décoré d'arcatures aveugles et soutenu par des doubles contreforts. Sa flèche supérieure, percée de baies géminées et couronnée de gâbles, devait atteindre les cent mètres de hauteur ! J'y distinguai également un tympan représentant une scène dont je ne comprenais pas la signification mais qui représentait à coup sûr la Vierge Marie.
En m'avançant un peu, je constatai que les flancs latéraux et le chevet de la cathédral étaient rythmés des arcs-boutants dans le même style qui conféraient à l'ensemble un caractère harmonieux. Au loi, sur le transept, s'élevait une entrée signalée comme "Puerta del Reloj".
N'y tenant plus, je décidai de visiter l'édifice qui me paraissait aussi sublime de l'intérieur que de l'extérieur. Il était rare de voir un édifice catholique transformé lors de la Réforme numancienne en temple protestant en un si bon état !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/e/4/e/la-cath-drale---7-1fb0503.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/c/6/d/la-cath-drale---7-1fb0504.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:02 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/6/5/4/la-place-de-zocodover---1-1fa19a3.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/f/9/4/la-place-de-zocodover---1-1fa19a4.jpg[/img][/url]</center>


Après un rapide passage dans le dédale des rues entrelacées de la ville médiévale, le taxi me déposa sur une grande place à arcades, dont il m'indiqua qu'elle s'appelait Plaza de Zocodover et correspondait plus ou moins au centre de la ville. Je le remerciai et payai ma course avant de descendre du véhicule qui repartit aussitôt.
Il faisait encore plus chaud à Lapoblación qu'à Hispalis; nous étions au cœur de l'été et plus loin de la Mer de Médie.

Un peu désorienté, ne sachant vers où me diriger, je décidai de me renseigner en premier lieu à l'office de tourisme, qui se trouvait de l'autre côté de la place. Dans la rue, les femmes agitaient leurs superbes éventails probablement faits à la main, les enfants s'ébrouaient et les gens discutaient gaiment, se hélaient et s'apostrophaient.
Je pénétrai dans l'office de tourisme, signalée par son immense panneau "Oficina de turismo", et demandai dans un espagnol encore plus hésitant que d'habitude, au vu de la torpeur qui me gagnait par cette chaleur, un plan de la bourgade et les principaux sites à voir. Avec une amabilité presque exagérée, elle sortit une carte et un stylographe pour m'entourer les principaux points que je pouvais visiter. Elle ajouta que, de toute façon, il y avait de nombreux panneaux indicateurs dans la ville et conclut dans un éclat de rire en m'expliquant que je pouvais aussi suivre le flot des touristes, qui étaient visiblement nombreux pour ce bourg. Mon plan à la main, je décidai de bifurquer directement vers le fameux château médiéval, "el alcázar", que j'espérais pouvoir visiter de l'intérieur. Après dix minutes de marche, néanmoins, mes espoirs furent déçus : à ce que je crus être l'entrée d'une visite guidée, l'on m'indiqua gentiment que je me trouvais à l'entrée de la Bibliothèque Municipale de Lapoblación qui occupait la moitié du palais. L'autre moitié était réservée à la mairie. L'édifice n'était donc plus visitable ! Quelle déception !

Néanmoins, une vue imprenable sur le Río del Levante et sa majestueuse boucle me permit de sortir mon appareil photographique. De l'autre côté du fleuve, mon plan indiquait l'Académie Militaire de Lapoblación, l'une des plus importantes du pays. J'apercevais d'ailleurs, en contrebas, divers bataillons réalisant des exercices en uniforme. Il me semblait avoir entendu que le service militaire avait récemment été rétabli dans le pays; quoi qu'il en fût, les jeunes gens ainsi vêtus mettaient un zèle incroyable à leurs manœuvres, dirigés par un officier bruyant.

Je remontai ensuite vers la Plaza de Zocodover afin de me diriger vers le cœur historique de la bourgade, là où les impasses et ruelles étaient légion. J'avais notamment hâte de voir la cathédrale et quelques célèbres couvents.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/e/5/9/l-alc-zar---1-1fa1a07.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/f/f/2/l-alc-zar---1-1fa1a08.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:02 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/c/d/f/la-gare---1-1f926b7.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/7/2/d/la-gare---1-1f926b8.jpg[/img][/url]</center>


La voix enregistrée retentit à nouveau dans la voiture : "¡Lapoblación! Cinco minutos de parada". J'étais donc arrivé à destination ! Une demi-heure s'était effectivement écoulée depuis le départ de la Gare d'Atocha; la ponctualité était décidément une qualité numancienne !

Je descendis sur le quai avec mon viatique et entrai dans la modeste gare de cette charmante bourgade. Construite dans le style musulman, elle était faite de boiseries et de damasquinages à la beauté fascinante.
Malgré la modestie de la ville, il y avait du monde et beaucoup de touristes germanophones dans la guerre.

J'en sortis rapidement et débouchai sur une placette où défilaient voitures et taxis. Je hélai l'un d'entre eux, qui me demanda où je voulais aller. Ne sachant que lui répondre exactement, je lui dis : "Hacia el casco antiguo". Il se mit donc en route vers le centre historique de la bourgade, car nous nous trouvions, d'après ses indications, dans la ville nouvelle, construite au-delà de la boucle du Río del Levante, qui n'avait ma foi rien de superbe.
Mais à peine avions-nous fait cinq kilomètres en voiture que j'aperçus, au loin, de l'autre côté du fleuve, la ville ancienne, aussi belle que le vantait le prospectus que j'avais lu dans mon hôtel d'Hispalis. Perchée sur une colline, entourée de hauts remparts, elle offrait à la vue du touriste son château du XIIIème siècle ("el alcázar"), ses demeures traditionnelles et sa cathédrale du XVème siècle.

Je sentis que ma visite dans ce bourg médiéval allait être charmante !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/e/f/2/lapo-1f924d2.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/0/c/7/lapo-1f924d3.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:03 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/1/3/a/ave1-1f89c4d.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/8/9/7/ave1-1f89c4e.jpg[/img][/url]</center>


Je pris un billet pour le prochain AVE ("Alta Velocidad Eléctrica", "Haute Vitesse Électrique", dont l'acronyme signifiait également "oiseau" en castillan d'après un dépliant de la RENFE) qui partait vers Barceulo et s'arrêtait à Lapoblación. Je descendis vers le quai numéro trois et, en arrivant au niveau du sas qui menait du hall à la voie, je m'arrêtai dans une file d'attente qui, visiblement, allait au même endroit que moi. Je ne comprenais pas pourquoi ces gens attendaient, mais je le découvris assez rapidement : une employée de la gare validait par infrarouge le code barres des billets des voyageurs. Sur le moniteur de son ordinateur apparaissaient le nom des clients de la RENFE, leur nombre, leur destination... tandis que ceux qui avaient déjà pu valider leur ticket faisaient passer leurs bagages dans une étrange machine qui détectait les armes et autres instruments dangereux. Un agent de sécurité, portant l'uniforme, vérifiait les bagages à main.

Une fois descendu sur le quai, je me dirigeai vers le train, à l'ergonomie tout à fait futuriste; une telle technologie m'étonnait dans un pays à l'économie plutôt modeste comme le Numancia. Avant de monter dans ma voiture, je remarquai sur l'un des piliers de béton armé de la gare une plaque commémorative gravée. Y était inscrit le message suivant : "Se inauguró esta terminal de alta velocidad ferroviaria el 12 de septiembre de 2012, en presencia de Su Majestad Serenísima Felipe V y Su Alteza Real Anabela II". Je compris donc que c'était le Conglomérat à la Construction Thorvalien qui avait réalisé ces infrastructures au Numancia.
Je finissais par grimper dans ma voiture et m'installer à ma place, à côté de la fenêtre et d'un siège vide. Dix minutes plus tard, une petite sirène indiqua la fermeture des portes et le départ du train; alors que nous quittions à petite allure la gare d'Atocha, un message enregistra résonna dans le train : "Señoras y señores, bienvenidos a bordo de este tren AVE con destino a Barceulo, Logroño. Tendrá parada en: Lapoblación; Castrillo de los Polvazares; Parpadeas; Emerita Augusta; Valdeviejas y Barceulo. En nombre de RENFE, les deseamos un buen viaje."
Je traduisis rapidement dans ma tête : "Mesdames et Messieurs, bienvenus à bord de cet AVE à destination de Barceulo, Logroño. Il desservira : Lapoblación; Castrillo de los Polvazares; Parpadeas; Emerita Augusta; Valdeviejas et Barceulo. Au nom de la RENFE, nous vous souhaitons un agréable voyage".

Je regardai distraitement les superbes paysages urbains et ruraux qui défilaient à travers la fenêtre. Le voyage ne devait pas être long.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/4/b/0/ave_tarragona-madrid-1f8a264.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/f/5/9/ave_tarragona-madrid-1f8a266.jpg[/img][/url]</center>

Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:03 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/6/4/7/estacionatocha-1f7fbd6.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/1/0/1/estacionatocha-1f7fbd7.jpg[/img][/url]</center>


Je me réveillai avec une drôle de sensation. J'étais bien physiquement, tout à fait reposé et remis de mes émotions de la veille, mais je me sentais étrangement à l'étroit dans ma chambre d'hôtel pourtant spacieuse. Je descendis comme d'habitude prendre mon petit déjeuner, mais la nourriture, d'habitude délicieuse, me parut sans goût. Je m'étais pourtant fait à la charcuterie de bon matin, aux tartines grillées arrosées d'huile d'olive et aux dés de fromage.
Une fois le repas pris et ma douche terminée, je redescendis à l'accueil et demandai à l'hôtesse s'il existait des villes à proximité d'Hispalis qui valaient la peine d'être visitées. J'avais envie de voir autre chose au Numancia, de découvrir plus avant le pays; non pas que je n'aimasse pas Hispalis, qui était une superbe ville, mais elle n'était sans doute pas représentative de tout le pays, ni même de la Province d'Hispania.
A peine avais-je posé ma question que la jeune femme, avec son sourire habituelle, sortit d'un des tiroirs de la réception un crayon et un dépliant touristique. Elle m'indiqua gentiment et calmement les différentes possibilités dans la banlieue d'Hispalis mais également dans la comarque de Ciudad Capital et celle de Cinturón del Sol.

Je fus immédiatement séduit par les photographies d'une petite ville à l'aspect médiéval, sobrement nommée Lapoblación, à environ soixante-dix kilomètres au Nord d'Hispalis. Lorsque j'exprimai mon désir de m'y rendre, elle m'expliqua que je pouvais y aller en louant un véhicule ou en train, car les lignes d'autobus interurbains desservaient assez peu Lapoblación. En train à grande vitesse, en revanche, je pouvais y être en une demi-heure de trajet, car cette bourgade disposait d'une gare sur la ligne reliant Hispalis à Barceulo, au Logroño.
Aussitôt dit, aussitôt fait : je bouclai un petit viatique en quelques minutes, descendit et me dirigeai vers la Gare d'Atocha, principale station ferroviaire du pays.
A l'intérieur, dans l'immense hall principal, je cherchai des yeux un panneau d'affichage que je remarquai vite. Le prochain train à grande vitesse en partance de Barceulo allait être mis en place sur le quai numéro trois dans une dizaine de minutes et il desservait bien la localité de Lapoblación, où il devait s'arrêter cinq minutes.
Je me dirigeai vers le guichet le plus proche.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/44/2/c/b/pz-th-atocha-station-1f8022f.jpg.htm][img]http://img44.xooimage.com/files/4/b/4/pz-th-atocha-station-1f80230.jpg[/img][/url]</center>