Page 22 sur 25

Posté : lun. nov. 25, 2019 1:11 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      14 septembre 2040

      Analyse des élections daharanes par une démocratie occidentale abstentionniste en déclin[/center]

      Les dernières [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359262#p359262]élections législatives au Raj Dahar[/url], entité semi-autonome du Karmalistan, ont donné une large majorité aux partis de droite libérale et conservatrice. Si les tractations sont en cours, de l’autre côté du mur la presse communiste n’en attend pas la fin pour conclure que rien ne changera et pour minimiser la légitimité démocratique des nouveaux élus. La critique est vieille comme le monde, surtout lorsqu’elle émane de communistes : l’élection serait un processus bourgeois, reflétant de manière biaisée les rapports de force et la lutte des classes. Elle serait un processus qui entretiendrait l’Etat bourgeois bien plus qu’elle ne donnerait les outils pour le critiquer. Les médias de masse détenus par des oligarques ainsi que l’idée largement véhiculé que le capitalisme est le modèle unique et indépassable aggraveraient par ailleurs cette domination bourgeoise sur le système électif et la désaffection des urnes par le mouvement ouvrier, même lorsque le vote y est obligatoire. Pour appuyer son propos, Parchan rappelle qu’en réalité, seulement 57 % des Rajans ont voté et non pas 81.2 %, après soustraction des personnes non inscrites, des enfants, des prisonniers et des non-valides qu’on qualifiera d’abstentionnistes pour plus de simplicité. Le procédé est pourtant malhonnête dès lors qu’il peut s’appliquer à toute forme d’organisation politique : communes, conseils, assemblées révolutionnaires ou autres formes d’autogouvernement excluent toutes aussi ceux qui ne disposent ni des moyens de production, ni du capital. Par exemple, les enfants n’y ont pas non plus de droit décisionnel et restent soumis à la volonté de leurs parents. Quant à l’abstentionnisme pure et dure, celle des inscrits qui ne se sont pas déplacés, c’est une erreur de considérer qu’elle répond nécessairement à des motivations politiques. Des citoyens n’attendent pas d’être dégoûtés ou déçus pour s’abstenir. Même provenant de citoyens éduqués et pas encore désabusés, l’abstention peut n’être que le reflet d’un simple désintérêt pour les affaires de la cité, comme une volonté de ne pas faire partie d’une classe quelconque, une volonté de se marginaliser pour vivre son individualité. Que le système soit bourgeois ou révolutionnaire.

      En Santogne, l’erreur a aussi été commise de prêter des intentions, des « signaux » à l’abstention élevée : à peine 54 % des inscrits se sont déplacés en octobre 2039, ce qui est tout de même mieux que le record affolant d’octobre 2035, qui était de 39 %. Encore que selon le calcul de Parchan, la participation véritable devrait être vingt points inférieure aux taux indiqués. En 2035, après une série de mesures d’austérité pour tenter de ramener la dette publique à moins de 100 % du PIB, les journaux se sont fait l’écho d’une population santognaise totalement désabusée, abandonnant son rôle politique et considérant finalement que les politiques n’étaient tous que « blanc bonnet » et « bonnet blanc », de la même manière que l’insinue la presse communiste à l’endroit de la politique rajane. Conséquence de ce désaveu, une abstention record et une majorité absolue détenue par des « populistes » de gauche et de droite, des politiques qui se griment en hommes et femmes du peuple pour le représenter, promettant d’assainir voire de dégager le « Système ». Un nouvel échec. Les signes du déclin de la démocratie occidentale à la santognaise se sont multipliés, avec l’arrivée de « Dégagistes » au Parlement qui promeuvent la version la plus vile et caricaturale de la politique et par la possibilité du Gouvernement de se transformer en organe autoritaire pendant plusieurs mois. Pour autant, dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas le système électif qui est à mettre en cause mais les personnalités qui sont élues. Le vote, l’élection et par là les partis structurent le débat politique, lui donnent des règles du jeu mais ils ne sont que des outils par lesquels les plus malins sortent leur épingle. De la même manière qu’on ne peut pas interpréter l’abstention comme un « vote contestataire », on ne peut que considérer que les électeurs font leur choix en leur âme et conscience et que s’ils sont floués par leurs représentants élus, c’est parce qu’ils ont manqué de jugement et de culture. Les règles du jeu peuvent être plus ou moins difficiles pour exprimer ses idées contraires à celles des élites, mais au final que le régime soit bourgeois ou révolutionnaire, c’est une permanente lutte d’influences. Au cynisme des uns, les autres doivent répondre par le cynisme. Et à l’élection, il faut répondre par l’élection.



      [right]Lucian Chabrol[/right][/justify]

Posté : lun. nov. 25, 2019 11:07 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      16 septembre 2040

      L’absinthe célèbre son retour avec un breuvage à 86° d'alcool

      [img]https://i.imgur.com/6XyX6HY.png[/img][/center]

      Une distillerie de Fruchan, au sud de Mallonnès, a mis au point un breuvage à base d’absinthe, cinq ans après sa réautorisation. La particularité de celui-ci tient à sa teneur d’alcool très élevée : 86° ! Le spiritueux a connu deux longues interdictions en Santogne : en 1938, peu de temps après la naissance de la République de Santogne, le Parlement décide d’interdire production et consommation du spiritueux. Jusqu’à cette date, l’absinthe jouissait en effet d’une certaine complaisance de la part du Roi et pour cause, des distilleries royales aux quatre coins du pays l’utilisaient et étaient aux mains de membres de la famille royale. Il ne s’agissait pas seulement de marquer le coup et de rompre avec la monarchie santognaise mais aussi de répondre à un fléau sanitaire voire économique. D’abord boisson des bourgeois, la « fée verte » est ensuite démocratisée à la faveur de l’industrialisation de son processus, tant est si bien qu’un verre d’absinthe devient en 1900 moins cher qu’un verre de vin. La plante éponyme pousse dans les plaines tempérées de Santogne, notamment dans les provinces de Bassadière et de Darbac. Les patrons se plaignent de l’ivresse continue de leurs ouvriers et employés qui la consomment allègrement. L’Eglise, elle aussi, part en guerre contre l’absinthe, qu’elle accuse d’être utilisée comme abortif. Sa haute teneur en alcool a aussi alimenté la folie de nombreux Santognais et nombre d’artistes en consommaient régulièrement pour leur inspiration. Les viticulteurs se joignent enfin à la contestation. Pourtant, malgré cette pression, les différents rois s’entêtent à poursuivre la production. Les historiens s’accordent même à dire que cette affaire de l’absinthe a contribué à la chute d’Ugolin II et donc de la monarchie en Santogne.

      En 1938, le Parlement vote d’abord l’interdiction de la consommation, les distilleries sont autorisées à en commercer mais uniquement à l’exportation. Cette politique est un échec, le marché noir se développe et c’est grâce à cette activité que le Mitan, la mafia santognaise, se développera et s’installera en Santogne. Finalement, en 1947, le Parlement décide d’interdire consommation et production, le Gouvernement procède à la fermeture des usines. Cette interdiction ne sera levée que dans les années 1990, à la faveur du gouvernement libéral, qui autorisera les producteurs à utiliser les alambics du début du siècle et à titrer au-delà de 75°. En parallèle, et de manière plus anecdotique, une nouvelle industrie se remet en route, celle de la confection de cuillères trouées sur lesquelles on pose le sucre qu’on arrose d’eau au goutte-à-goutte pour atténuer l’amertume du breuvage. Ce retour est très prisé par une bourgeoisie bohème mais l’absinthe n’est plus cette boisson des classes populaires, qui lui préfèrent largement le vin, la bière et le whisky. Elle sera de nouveau frappée d’interdiction en 2022, en plein marasme économique, faussement accusée de contribuer à l’alcoolisme des victimes de la crise. En réalité, de nouveau, le lobby des viticulteurs a eu raison d’elle. Sa production et sa consommation sont de nouveau autorisées en 2035, de manière beaucoup plus encadrée. Seuls les débits de boisson sont autorisés à en vendre et à raison de deux verres maximum par client, elle reste interdite des rayons des boutiques en libre-service. Ce retour plus confidentiel en fait aujourd’hui un produit destiné à un marché de niche mais en repoussant les limites comme avec ce breuvage record à 86° d’alcool, l’absinthe s’inscrit définitivement dans l’histoire nationale.


      [right]Fabien Grosjean[/right][/justify]

Posté : mar. nov. 26, 2019 1:50 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      17 seprembre 2040

      La Santogne, un pays de ponts… dangereux

      [img]https://i.imgur.com/JFhhyl8.png[/img]
      Le pont de Lanjeaux, au nord de la Santogne, figure parmi les plus vulnérables[/center]

      Le rapport parlementaire publié aujourd’hui alarme sur l’état des ponts en Santogne alors même que le pays, plutôt montagneux et vallonné, compte pas moins de 150 000 ponts routiers de tailles bien différentes. En cause : des crédits publics qui ont fondu comme neige au soleil dans les années 2010 et 2030, tant est si bien que pour certains d’entre eux, aucun chantier de modernisation n’a été entrepris depuis trente ans. Mais la situation, là encore est très différente : au plus fort de la crise, l’Etat santognais s’est séparé d’une partie de son patrimoine. Le pont de Noble-Vallon, au nord de Varaunes, qui évite de faire un détour de près d’une demi-heure sur la liaison Crabemortes-Castanhières, est ainsi aujourd’hui géré par un opérateur privé et est par conséquent devenu payant. Cette rente a permis à ce pont d’un axe routier très fréquenté d’être maintenu en excellent état. La situation est bien plus critique pour les ponts qui ne trouvent aucun intérêt pour les investisseurs et qui restent à la charge de la communauté. Le pont de Lanjeaux, au sud de Castelmagne, est dans cette situation : ce pont suspendu d’une hauteur de 96 mètres, qui traverse la rivière de la Gorine, est indispensable dans la vie quotidienne des habitants des bourgs aux alentours mais le trafic n’est pas assez dense et surtout il nécessite trop de frais de maintenance pour séduire les investisseurs. Un appel d’offres avait même été lancé en 2032 pour le vendre : aucune réponse, sinon un investisseur qui proposait de l’acheter à une pistole symbolique. Et c’est loin d’être le seul cas.

      L’autre problème, c’est la perte de compétence de la Santogne en matière d’ingénierie des ponts. Car l’autre conséquence de la perte de crédits alloués à leur construction et leur rénovation, c’est que la Santogne a perdu des personnes qualifiées, qui ne trouvaient plus de débouchés ici. L’Etat santognais était de très loin le premier client des industries du BTP spécialisées dans la conception de ponts. « Nous avons perdu ce savoir-faire. » diagnostique Graffic Constructions, aujourd’hui spécialiste des revêtements de sol mais qui a été le maître d’œuvre de nombreuses infrastructures construites au début des années 2000. Une fuite des cerveaux s’est en effet organisée en direction de la Valdaquie et aujourd’hui, la maintenance des ponts santognais se fait via des sociétés valdaque, ce qui représente un surcoût pour les finances publiques en dépit du marché commun de la CND. Une situation qui n’est cependant pas irréversible et s’inscrivant dans sa politique d’accueil de haut-diplômés, la Santogne entend renouer avec son expertise passée.


      [right]Roger de Féret[/right][/justify]

Posté : mar. nov. 26, 2019 4:27 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      18 septembre 2040

      La Cour Suprême croule sous les plaintes de Santognais « arrêtés préventivement »[/center]

      Ils ont passé la fin de l’été à l’ombre… dans tous les sens du terme. Aujourd’hui, ils sont pour la plupart libérés et d’autres ne devraient plus tarder à l’être. Comme le prévoit le dernier amendement constitutionnel, le Gouvernement a pu un mois durant arrêté et emprisonné préventivement, sans motif préalable, des individus qui, d’une manière ou une autre, menaçaient la sécurité de l’Etat ou en « entravaient » le fonctionnement. Une acceptation bien large sur laquelle le Gouvernement Teysseire s’est appuyé pour arrêter outre des responsables mafieux, des élus de municipalités impactées par des irrégularités lors du scrutin législatif d’octobre 2039 ou encore des clercs appartenant le plus souvent à la mouvance traditionaliste et qui auraient en plus des connivences avec le Mitan. Durant la session des pouvoirs d’exception du Gouvernement, la Cour Suprême était dans l’incapacité de contrôler l’action de l’exécutif comme cela lui est permis. Ceux-ci étant levés, une centaine d’individus ont déposé une plainte contre l’Etat auprès de la Cour Suprême pour reconnaître qu’ils ont été victimes d’un abus d’autorité et d’accusations calomnieuses. Parmi eux, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359054#p359054]Père Jérémie[/url] a annoncé par la voie de son avocat, avoir déposé un dossier solide pour faire reconnaître ses torts à l’Etat ainsi qu’une plainte plus mineure contre la Première ministre elle-même qu’il accuse de l’avoir insulté de « racaille ».

      De son côté, la riposte du Gouvernement s’organise. Le ministère public prétend en effet avoir les éléments constitutifs nécessaires pour justifier une incarcération préalable. Parce que si la Constitution autorise le Gouvernement à emprisonner préventivement, elle précise aussi que le Gouvernement doit apporter la preuve selon laquelle l’arrestation pouvait être justifiée. Cet amendement inverse finalement la procédure judiciaire : on arrête d’abord le prévenu et seulement après on monte un dossier contre lui. Ce rouage très connu des régimes autoritaires a trouvé un foyer dans un Etat de droit comme la Santogne, où les recours restent heureusement importants et puissants. La Cour Suprême, en effet, peut être un contre-pouvoir important à l’exécutif et au Parlement... ou alors un contrefort puisque ses membres, rappelons-le, sont [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342459#p342459]nommés par le Président, le Gouvernement, le Parlement… et l’Eglise[/url]. Sa [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359044#p359044]composition[/url] qui change au gré des décès et des fins de quadriennats, ce qui peut rendre ses décisions assez aléatoires. Avant de quitter son mandat de président de la République de Santogne en 2040, Barnabé Darrieussecq – qui craignait à l’époque une mainmise des populistes sur les leviers du pouvoir – avait nommé le juge Sylvain Brousseau à la Cour, connu pour sa totale insubordination aux pressions médiatiques et politiques. Il est en définitive très difficile de prédire dans quel camp se rangera la Cour à l’examen de ces procédures, qui peuvent potentiellement aboutir au versement par le ministère public de fortes indemnités aux victimes. La plus haute juridiction santognaise devrait se prononcer dans les prochains mois.


      [right]Thomas Gérin-Lajoie[/right][/justify]

Posté : mer. nov. 27, 2019 10:23 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      21 septembre 2040

      La forte production fourragère santognaise, symbole d’une agriculture intensive
      et de la hausse de la demande de produits d’origine animale


      [img]https://i.imgur.com/ceusu5S.png[/img]
      Culture fourragère expérimentale en hydroponie[/center]

      L’Observatoire Economique Panalgarbien a dressé un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359407#p359407]atlas de la production fourragère en Dytolie[/url]. Principal enseignement : avec 16.8 millions de tonnes de foins produits chaque année, la Santogne figure parmi les principaux producteurs du continent mais aussi parmi les pays qui ont les rendements les plus importants au regard de la superficie assez faible du pays. Des pays bien plus grands comme la Flavie ou la Vasconie ont un tonnage moins important. Seul l’Aurora a un rendement plus important. Loin d’être une prouesse économique, ce record est le symbole d’une agriculture intensive et, les foins étant destinés à l’alimentation des ruminants en hiver, à une hausse de la consommation de produits d’origine animale, conséquence d’une augmentation sensible du niveau de vie des Santognais depuis la crise. Depuis 2030, la consommation de viande bovine en Santogne a ainsi augmenté de près de 10 % et celle de produits laitiers de 8 %, avec une forte accélération ces cinq dernières années, l’augmentation du produit intérieur brut et l’entrée du pays dans un marché commun favorisant les importations aidant. L’extension des surfaces fourragères met par ailleurs en danger des espèces fragiles comme l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341208#p341208]arnica[/url] et l’on espère profiter de l’expertise janubienne eashato-gandharienne en matière d’hydroponie pour pouvoir cultiver les fourrages en hors-sol.

      La sélection de plantes fourragères à haut rendement, comme la luzerne, le sainfoin, le trèfle, la rave ou la betterave fourragère ont contribué à l’artificialisation de nombreux sols et à l’abandon de la jachère. Une sélection permise par les « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340991#p340991]vaches à hublot[/url] » de la firme agroalimentaire EPIS, dirigée par Alban de Mallonnès, le même qui vise la chancellerie santognaise avec son parti le Mouvement pour la Liberté. L’observation du cycle de rumination et de digestion des bovins a permis aux fermes-usines de réduire à peau de chagrin la liste de plantes fourragères. Des recherches qui ont contribué au succès économique d’EPIS mais qui condamnent aujourd’hui les prairies santognaises. Mais du côté d’EPIS, c’est le même refrain qui repasse en boucle : « L’image desdites « vaches à hublot » peut heurter la sensibilité de certains mais elles sont nécessaires. La consommation de produits d’origine bovine ira en augmentant en Santogne et nous préférons d’ores et déjà nous adapter à la demande plutôt que de dépendre d’importations qui ne donneront pas les gages suffisants de leur traçabilité » défend-t-on dans un communiqué technocratique publié par EPIS. Le discours des associations véganes ou même simplement écologistes qui en appellent à une réduction drastique de la consommation produits d’origine animale, voire à leur élimination, rencontrent assez peu d’écho auprès de la population santognaise. Leur consommation avait déjà reculé durant la crise, bien davantage pour des raisons économiques qu’environnementales ou éthiques, une tendance qui n’aura été que conjoncturelle au grand dam des écologistes qui avaient exploité ce terreau favorable pour faire valoir leurs arguments.


      [right]Manuel Subercaseaux[/right][/justify]

Posté : jeu. nov. 28, 2019 10:45 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      24 septembre 2040

      L’Alliance pour le pouvoir populaire et le Parti communiste plaident pour le mandat impéraitf

      [img]https://i.imgur.com/B2Qnu3G.png[/img]
      Martin Dartigues, la personnalité montante du Parti Communiste[/center]

      Deux partis politiques qui ont tous deux raté le coche en octobre 2039 à quelques voix près, deux partis qui espèrent traduire en succès cette inespérée seconde chance qui leur est proposée le 7 octobre prochain et deux partis qui se partagent le même électorat font une proposition commune, sans pourtant faire alliance. S’ils obtiennent une majorité, ils prévoient tous les deux l’instauration d’un mandat impératif, c’est-à-dire l’obligation faite pour les élus de tenir ses engagements pris avant leur élection ou même durant leur mandat, au risque d’une révocation voire d’une inéligibilité s’ils ne les respectent pas. L’idée n’a jamais quitté le cadre de la théorie et n’a jamais connu d’application concrète, en Santogne du moins. Plusieurs lois fondamentales l’ont même interdit explicitement, comme la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358129#p358129]Constitution de la Vasconie[/url] dans son article XLII ou la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346664#p346664]Valdaquie[/url] dans son article 66. À ce jour, seul le Royaume de Thorval semble l’appliquer de manière informelle à travers ses différentes [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=298509#p298509]assemblées locales[/url]. Sous le haut-patronage de Martin Dartigues, la figure montante du Parti Communiste 2.0, l’idée refait surface et trouve également un écho auprès de l’Alliance pour le pouvoir populaire, chantre de la « démocratie directe » mais qui l’a très peu expérimentée au moment de l’exercice du pouvoir, entre 2035 et 2039, sous le Gouvernement Delpuech.

      Pour les tenants de cette idée, il s’agit de redonner un peu de noblesse à la politique santognaise, dont il estime qu’elle n’a fait que trahir ses électeurs en appliquant le contraire de ce pour quoi les élus étaient élus. Pour leurs adversaires, le mandat impératif assassine la démocratie représentative et infantilise les élus. Il serait même dangereux en ce sens où il leur interdirait de prendre des décisions pourtant justifiées par le contexte et donnerait à des électeurs profanes le loisir de gérer le pays par procuration, sans jamais devoir en assumer les conséquences. Patrice Mallet, le président du Parti populaire, a d’ailleurs raillé l’idée en proposant que « si mandat impératif il y a, il devrait exister aussi bien pour les élus que pour les électeurs, qu’on pourrait radier des listes électorales s’ils ont mal voté ». Comment le mandat impératif pourrait-il être appliqué concrètement ? Martin Dartigues et l’Alliance pour le pouvoir populaire donnent quelques pistes, en proposant un « mandat impératif volontaire », où chaque candidat pourrait choisir de faire certaines promesses sous serment. Serment qu’ils devraient respecter pour ne pas être frappé d’inéligibilité à la fin de leur mandat, voire de révocation avant celui-ci. Et quitte à jouer sur le bâton, autant jouer aussi sur la carotte, en permettant aux élus qui ont respecté leurs promesses de jouir d’une petite prime au scrutin suivant. Une promesse sous serment respectée pourrait ainsi rapporter un certain nombre d’électeurs « fictifs » et peser sur le score final. Mais Dartigues lui-même le concède : « on est un peu dans le roman d’anticipation ». En tout état de cause, si mandat impératif il y a, il ne devrait pas voir le jour avant l’élection suivante.


      [right]Robert Chastain[/right][/justify]

Posté : sam. nov. 30, 2019 7:39 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      30 septembre 2040

      Les renards ont colonisé Forcastel et d’autres grandes villes

      [img]https://i.imgur.com/EY5pWcT.png[/img][/center]

      L’image peut être assez étonnante, celle d’un garde-champêtre travaillant pour la mairie de la capitale. Et pourtant, elle répond à un besoin réel, celle de surveiller la population de renards, qui a décuplée en vingt ans. Pour l’employé municipal, on en compterait ainsi près de 800, dont une grande partie trouve refuge dans le Bois de l’Alenbéliard, au cœur de la métropole. Rusé et opportuniste, le renard élit domicile là où la densité de nourriture est la plus forte, non sans quelques dégâts pour les riverains qui déplorent les glapissements nocturnes durant la période de reproduction ou encore les poubelles éventrées. Pour autant, pas question de les tuer, puisqu’ils contribueraient à réguler la population de souris qui, elle aussi, connaît une augmentation exponentielle. De quoi mettre en rage les fédérations de chasse qui font pression sur la municipalité de Forcastel pour s’occuper des goupils. Les écologistes, qui appartiennent à la majorité municipale, affirment même que ce sont les chasseurs qui les ont conduits à s’installer en ville, où ils n’ont pas de prédateur, contrairement à la campagne… où c’est le chasseur fait office de prédateur.

      Mais comment sont-ils arrivés jusqu’à Forcastel ? La réponse est là encore étonnante : les canidés auraient pris le train, par inadvertance… mais aussi volontairement. Aux heures tardives, le tramway de Forcastel est aussi emprunté par des renards qui souhaitent retrouver le Bois de l’Alenbéliard. Le rôle du garde-champêtre est aussi de sensibiliser la population, aussi bien pour la rassurer sur l’inoffensivité de l’animal pour l’homme, mais aussi pour prévenir les instincts maternels de vieilles dames âgées qui les nourrissent comme des chats errants. Le fonctionnaire réalise régulièrement des saisies pour limiter leur nombre pour les relâcher à 50 kilomètres de là après avoir été pucés et vaccinés. D’après les relevés GPS, certains renards relâchés sont d’ailleurs revenus quelques mois après dans la capitale. Pour l’Université de Forcastel qui étudie leur comportement depuis plusieurs années, la réponse se trouve dans l’appauvrissement environnemental : l’agriculture intensive, la monoculture et l’étalement urbain réduisent les zones de friche dans ce qui est e cœur industriel de la Santogne.

      [center][img] https://i.imgur.com/2QpMW53.png[/img]
      Un renard empruntant un train périrubain de Forcastel[/center]

      [right]Bruno Allaire[/right][/justify]

Posté : dim. déc. 01, 2019 11:34 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      4 octobre 2040

      Félix Ngounga récidive : « La Santogne doit rendre ses médailles olympiques »

      [img]https://i.imgur.com/2eleShJ.png[/img]
      Maurice Roatta, Santognais médaillé d’or de Mahra en lancer de marteau[/center]

      Il a fallu onze secondes avant que le mot soit prononcé. « Impérialiste » : l’accusation pourrait être percutante si elle n’émanait pas de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350894#p350894]Félix Ngounga[/url], le porte-parole de lui-même qui livre dans une vidéo un nouveau réquisitoire contre la Santogne. En cause cette fois-ci, le palmarès assez bon du pays aux derniers Jeux Olympiques. Si la Santogne ne remporte « que » 15 médailles d’or, 14 d’argent et 15 de bronze (soit un total de 44), la plaçant à la neuvième place, elle est au regard de sa faible population une des nations les plus victorieuses : [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359546#p359546]4.49 médailles pour un million d’habitants[/url], soit juste derrière la Valdaquie, si on reprend les calculs de la presse karmale. Mais un certain nombre de ces médailles gagnées l’ont été par des athlètes d’origine makengaise : l’or pour Edouard Mukadi sur le 200 mètres et pour Maurice Roatta en lancer de marteau ; ainsi que le bronze pour Halimatou Pupina en fleuret individuel féminin. Sans parler de nombreux sportifs noirs ébène de l’équipe de basketball qui a remporté la médaille d’or chez les hommes. Loin de s’en réjouir, Félix Ngounga recycle son patriotisme mal placé en déclarant que la Santogne devait rendre ses médailles olympiques « au Makengo ». Mal placé puisque l’essayiste anti-santognais n’a pas les faveurs du « Système Botomba ». Ce à quoi il a sa réponse toute faite, à savoir que tous ses opposants ne sont que des agents entretenus par l’impérialisme de Forcastel. Ngounga exprime par là une certaine forme de racisme à l’encontre de ses compatriotes, visiblement trop stupides et trop influençables pour faire leur opinion vis-à-vis de la Santogne.

      Il est vrai qu’il manque une seule de ces médailles d’or au Makengo pour qu’il prenne la tête de ce classement dominé par la Valdaquie. Sur le 200 mètres par exemple, des conditions morphologiques favorables permettent aux Makengais et aux Algarbiens du Golfe d’Ebène plus largement de dominer la discipline : une quantité plus faible de graisse sous-cutanée, une meilleure masse musculaire, un cent de gravité plus haut, un réflexe rotulien plus élevé… et bien sûr une sélection précoce et intense qui ne peut pas se réaliser simultanément à des études chronophages. L’immigration makengaise à partir des années 1960 aurait eu une autre conséquence sur une autre discipline athlétique, les lancers. La pratique de la chasse traditionnelle à la lance au Makengo a joué favorablement sur les performances sportives santognaises, pas forcément d’athlètes noirs d’ailleurs. Félix Ngounga reproche en effet à des entraîneurs makengais talentueux d’exercer leur activité auprès de jeunes espoirs blancs santognais contre une bien meilleure rémunération, vidant finalement le Makengo de son personnel sportif encadrant. Forcément, selon lui, les apports ne se font que dans un sens : quand un Makengais part dans un pays étranger il l’enrichit. Quand un Santognais le fait, il fait preuve d’impérialisme. Et si un Makengais vient à commettre un délit en Santogne, c’est que son esprit a été moisi par l’occidentalisme santognais. Un mythe du « bon sauvage » très prégnant chez Félix Ngounga qui choisit de plus en plus le boubou traditionnel pour faire ses conférences. Mais qu’il se rassure : si tant est qu’il représente le Makengo, il lui apportera la dernière médaille d’or qu’il manque pour dominer le classement… celle de l’idiot utile.


      [right]Cassian Larrieu[/right][/justify]

Posté : lun. déc. 02, 2019 4:49 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      7 octobre 2040

      Élections 2040 : pari gagné pour le gouvernement, les libéraux deviennent la deuxième
      force du pays, entrée des communistes, sortie des sociaux-démocrates et des dégagistes


      [img]https://i.imgur.com/rrzzvjD.png[/img][/center]

      Pratiquement un an jour pour jour, les Santognais sont retournés aux urnes après le vote de défiance du Parlement consécutif à la session de pleins pouvoirs dont a joui le gouvernement pour mettre sous les verrous les principaux lieutenants du Mitan. Celui-ci a par ailleurs renforcé la sécurité des bureaux de vote dans les provinces de l’Ouest, où de nombreuses irrégularités avaient été constatées en octobre de l’année dernière, au profit du Parti Populaire. Ce sont aussi les premières élections à se jouer au scrutin proportionnel à prime majoritaire de 10 % pour la liste arrivée en tête. Un détail important puisqu’avec un score légèrement en baisse par rapport à 2039 – et ce d’autant plus si on considère que les irrégularités ont contribué à un score moins élevé que prévu pour l’Action Réformiste – le parti du gouvernement renforce son nombre de sièges. Récoltant d’après des résultats définitifs ce soir 33.97 % et 88 sièges, l’Action Réformiste remporte 8 sièges de plus qu’en 2039 où elle avait obtenu 35.28 %. Le parti reste pourtant encore loin de la majorité absolue, fixée à 101 sièges, et devra composer avec une opposition plutôt hostile à son action et qui a mené un front commun pour refuser de gouverner avec elle. L’opposition, parlons-en : le Rassemblement pour la liberté, le mouvement libéral-démocrate d’Alban de Mallonnès, a doublé son score et culmine à 52 sièges, et devrait avoir un rôle déterminant pour les tractations du prochain gouvernement. Le Rassemblement pour la liberté a axé sa campagne sur le recul des libertés publiques en Santogne et prône un modèle plus confédéral, où l’autonomie des « villes libres » serait réellement respectée, mettant en cause les événements de Gignoux où les forces de l’ordre ont violé le droit d’asile pour y arrêter Tristan Gastinet. L’affaire se joue également sur le terrain judiciaire puisqu’une plainte auprès de la Cour Suprême pourrait condamner cette action du Gouvernement.

      [center][img]https://i.imgur.com/fvC1fd8.png[/img][/center]

      Grand perdant : le Mouvement social-démocrate, qui tombe en-dessous du seuil de 5 %, totalement écartelé entre ses deux ailes. L’aile libérale a joué la carte du vote utile pour tenter de faire jouir au Rassemblement pour la liberté de la nouvelle prime majoritaire et l’aile gauche s’est quant à elle reportée sur l’Alliance pour le pouvoir populaire, qui a co-gouverné avec la Ligue du Renouveau entre 2035 et 2039, et qui fait son grand retour après avoir manqué de peu le seuil. Autre liste qui, cette fois-ci, n’a pas manqué de faire plus de 5 %, le Parti communiste en devenant malgré elle la troisième force du Parlement, avec 6.58 %, soit un point et demi de plus que l’an dernier. Jouissant d’un contexte favorable et d’un certain rajeunissement de ses cadres, le parti est ainsi dans un mouchoir de poche avec la controversée Fédération des Ecologistes, qui a abandonné la ligne social-progressiste pour adopter une ligne plus conservatrice et misanthrope, plaidant pour la décroissance, l’anti-productivisme et le « retour aux sources », et liant [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354845#p354845]pouvoir des banques et vaccination obligatoire[/url]. Juste derrière, la Ligue du Renouveau continue de chuter et tombe de 22 à 12 sièges. En perte de leadership et de crédibilité, le parti nationaliste et xénophobe est loin de son fracas de 2035. Mais la chute la plus importante est enregistrée par le Parti populaire, qui avait dans un contexte nébuleux obtenu près de 16 % et 36 sièges. Les bureaux de vote litigieux ayant été sous contrôle policier cette fois-ci, le décompte est beaucoup plus défavorable pour ce parti conservateur, qui tombe juste au-dessus de 6 % et qui devra se contenter de 12 sièges. Le Gouvernement, qui voulait avoir la peau du Parti populaire en mettant au grand jour les faits de corruption qui lui sont imputés, a réussi son parti puisque ce dernier enregistre le pire score de son histoire. Les éphémères « Dégagistes » ont quant à eux dégagé les bancs du Parlement. Le manque de crédibilité des députés, et la décision de signer une tribune commune avec les autres partis contre Inès Teysseire a fait de ce mouvement un parti comme les autres et a eu raison de son expérience politique. Le mouvement populiste, en proie à des conflits internes, devrait se dissoudre aussi vite qu’il a été constitué. Le taux de participation est en très légère hausse : 55 %.

      Le plus dur reste à venir : la formation d’un gouvernement. Si pratiquement tous les partis ont décliné la possibilité de gouverner avec Inès Teysseire, il est peu probable que le prochain gouvernement exclut un parti qui représente 88 sièges sur 200. L’alliance la plus logique serait celle de l’Action Réformiste avec les libéraux, une coalition cyan-jaune qui serait axée sur un thème cher aux deux partis : la maîtrise des dépenses publiques et l’orthodoxie budgétaire. Mais cela suppose de grandes concessions pour le gouvernement d’Inès Teysseire, qui pourrait bien se tourner vers un des petits faiseurs de rois à 6 %, comme la Fédération des Ecologistes ou le Parti Communiste. Les deux apporteraient les 13 sièges manquants pour former une majorité et les écologistes ont d’ailleurs été les seuls à ne pas signer la tribune de front commun contre l’Action Réformiste. Le gouvernement pourrait réitérer aussi son expérience d’une alliance avec la Ligue du Renouveau, qui représenterait 100 sièges sur 200, mais l’hypothèse est bien moins plausible qu’en 2039. Une coalition avec le Parti populaire est exclue et l’Alliance pour le pouvoir populaire, qui est prêt à gouverner avec « tout le monde » n’a pas suffisamment de sièges.


      [right]Christine Ménétries[/right][/justify]

Posté : mer. déc. 04, 2019 5:27 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      12 octobre 2040

      Un accord de coalition trouvé entre l’Action Réformiste et les communistes

      [img]https://i.imgur.com/ISLhdLR.png[/img]
      Le communiste Martin Dartigues deviendrait Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur[/center]

      Cinq jours après les élections, la Santogne devrait connaître une coalition inédite entre l’Action Réformiste, le parti anti-corruption et sécuritariste d’Inès Teysseire et le Parti communiste. Une telle configuration avait déjà été envisagée à la veille des élections d’octobre 2039 mais le Parti communiste avait alors de peu échoué à atteindre le seuil de 5 % et l’Action Réformiste avait privilégié une alliance avec l’extrême-droite qui a duré moins d’un an. Depuis, tous les partis se sont ligués contre l’Action Réformiste, chacun avec leurs propres griefs : les libéraux s’alarmaient de la politique anti-optimisation fiscale du Gouvernement et la réduction des libertés civiles sous couvert de lutte contre la Mafia ; la gauche s’inquiétait elle aussi de la tendance autoritariste d’Inès Teysseire et la Ligue du Renouveau, enfin, voulait la tête du ministre des Affaires Etrangères, Husain el-Kaleel Rouvier. Ensemble, ces partis parlementaires ont signé une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359159&sid=449e9ebfac97d2accae190e35d12d309#p359159]résolution commune[/url] pour refuser de gouverner avec la Première ministre sortante. Un accord de principe qui n’aura eu aucun effet. Avec 88 sièges à elle seule, l’Action Réformiste n’avait besoin pour atteindre la majorité que 13 sièges. La Fédération des Ecologistes, le parti « vert caca d’oie », vert-brun et complotiste, n’avait certes pas signé le front commun, mais ses conditions pour entrer au gouvernement ont été jugées trop radicales. Le Parti Communiste, qui dispose du même nombre de mandats parlementaires que lui, a été plus offrant.

      Comme la Fédération des Ecologistes de Guilhèm Frayssinet pour qui « le christianisme anthropocentriste a été la pièce angulaire d’une société qui répond aux desiderata du sous-homme consumériste », le Parti Communiste n’a pas condamné les assauts répétés contre le Gouvernement contre des hommes d’église, pour la plupart de la mouvance traditionaliste, ni celui contre la cathédrale de Gignoux. La Société pour la Vie et la Tradition, qui représente ce mouvement, et qui a vu son score gonflé lors du scrutin de dimanche dernier sans pour autant atteindre les 5 %, a d’ailleurs réagi vivement à l’annonce de cet accord, en parlant « du gouvernement de loin le plus anti-chrétien de l’histoire parlementaire de la Santogne, unissant franc-maçons et communistes », le jugeant plus critique encore que « le gouvernement sortant qui a mis un fou d’Allah au ministère des Affaires étrangères ». Le nouveau Gouvernement Teysseire II n’a pas détaillé les dispositions de cet accord de coalition mais les communistes, à défaut d’avoir obtenu l’Economie, obtiennent le ministère régalien de l’Intérieur. Il est question également de « nationaliser provisoirement » les sociétés qui ont annoncé leur départ de Santogne suite à la ratification de la législation anti-optimisation fiscale, avec à terme l’objectif d’en faire des coopératives détenues et contrôlées par les travailleurs eux-mêmes. Mais l’Action Réformiste a refusé de sortir la Santogne du Forum CND pour la Coopération Economique souhaitée par le Parti communiste.

      Les réactions sont très mitigées du côté des deux nouveaux partenaires de coalition qui atteignent la majorité absolue pile, 101 sièges sur 200, et qui laisse supposer une discipline stricte des députés pour adouber tous les projets du gouvernement, ou tout du moins pour ne pas voter contre. Dans les rangs du Parti Communiste lui-même, une minorité s’insurge contre ce qu’ils considèrent un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=359079#p359079]opportunisme de gauche[/url], tel qu’il a été dénoncé par l’Internationale Communiste après que l’organisation valdaque eût renoncé à la lutte révolutionnaire. Des critiques battues en brèche pour le nouveau Vice-Premier ministre Martin Dartigues, qui affirme que les députés communistes ne voteront jamais un texte contraire à la lutte prolétarienne, se déclarant « pragmatique » plus qu’« opportuniste », affirmant que des progrès énormes peuvent être réalisés par la participation du parti au gouvernement. Mais pour certains réfractaires, cette posture de « pragmatisme » est la rhétorique utilisée par les capitalistes refoulés et les sociaux-démocrates qui suivent l’agenda de l’économie de marché, sans même aspirer à la « réformer ». Martin Dartigues pense au contraire qu’il est dans l’intérêt du Parti de profiter de sa participation gouvernementale pour « éduquer le peuple ». En d’autres termes profiter de cette tribune nouvelle et de ces leviers d’action importants pour populariser et vulgariser le communisme dans une Santogne assez profane, par des actions concrètes plutôt qu’à continuer à « prêcher des convertis » en restant dans une opposition aux moyens limités. « Si c’est de l’opportunisme, alors je fais le pari d’être opportuniste » a conclu Dartigues devant ses camarades.


      [right]Manuel Subercaseaux[/right][/justify]