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Posté : dim. oct. 20, 2013 9:22 pm
par Alexei
Espoirs blancs II
Tcherkovo - 11 mai 2021
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11 mai, 12h45, Tcherkovo.
Yanvik Slimane était mort il y a très peu de temps, comme par hasard, cette mort coïncidait avec la date de l'attentat prévu par les monarchistes qui y virent instantanément un signe "si la pourriture rouge du nord est morte, celle du sud suivra", c'est pourquoi, c'est de manière très optimiste que les hommes agissaient. Un peu trop, même, ils n'avaient pas prévu que la sécurité autour de la Grande Représentante du Peuple serait renforcée, ni que le général Jankech se ferait arrêté et déporté la veille...
La voiture était une PV -comme la plupart en Tcherkessie-, elle était discrète et roulait à même allure que les autres automobiles dans la rue Statiztika menant au quartier des ministères, à proximité de la cathédrale de Prievidza. Dans la voiture, il faisait chaud, c'était Alfred Kuta qui conduisait en écoutant la Radio de Tcherkovo, à l'arrière, Jan Hipp et Vilduj Borštil se préparaient psychologiquement à leur forfait qui devait renverser la situation en Tcherkessie et ramener le Tsar.
Alfred Kuta -baissant la radio- : On approche.
Vilduj Borštil dégaina un pistolet coor acheté au marché noir puis tira la culasse avant de le remettre dans sa poche sous les yeux inquisiteurs de Jan Hipp, le neveu du Tsar.
Jan Hipp : Voyons, on a pas besoin de ça, tout est déjà dans le coffre.
Vilduj Borštil : Simple mesure de précaution.
La voiture approchait du Palais présidentiel où une foule s'était massée en face des soldats de la Garde Rouge qui montaient la garde. Libena Kirilenka devait émettre un discours, très important pour l'avenir de la Tcherkessie et la guerre. Mais cela, ils ne le savaient pas...
Vilduj Borštil descendit le premier, après s'être saisit de la mallette dans le coffre de la voiture, il se dirigea vers la foule qui attendait patiemment l'apparition de sa chef. Tandis que le comploteur se faufilait parmi eux vers les barrières à quelques mètres de l'estrade encadrées par des gardes à l'air féroce. Soudain, une main se posa sur l'épaule de l'homme qui sursauta légèrement.
Jan Hipp : C'est moi, tout doux.
Vilduj se rasséréna puis se tourna vers Jan Hipp qui était désormais revêtu de l'uniforme des gardes. Celui-ci devait ouvrir le passage à son collègue pour qu'il puisse discrètement placer la bombe.
Une clameur s'empara de la foule ; elle était là, la traître, la rouge, la salope. Elle allait mourir aujourd'hui, avec sa "révolution". Elle ne devait pas venir maintenant, c'était trop tôt, quelque chose clochait. Borštil se demandait ce qu'il devait faire, alors le neveu du tsar prit la mallette contenant l'arme du crime, puis, dans un mouvement assez mal-assuré, se dirigea vers les barrières et les gardes.
Garde -indiquant la mallette- : Hé, tu fous quoi avec ça, toi ?
Jan Hipp -tentant de garder son calme- : Hum.. elle contient un dossier très important appartenant à la TTS.. je dois la délivrer au palais.
"Mes chers camarades, frères..., commença Libena Kirilenka tandis que la pression montait pour le comploteur.
Garde : Je peux avoir ta pièce d'identité, camarade ?
- ... Aujourd'hui, la nation vit des heures difficilement tenables, mais...", continua la jeune présidente pendant que Jan cherchait ses faux-papiers dans sa poche... "Merde, ils sont dans la voiture !", pensa-t'il en jetant un regard surpris au garde. Ce-dernier, ayant senti le piège commença à ouvrir pour appeler ses camarades quand soudain...
Un tir coupa le garde et Libena Kirilenka, perchée sur l'estrade en face du Palais présidentiel.
Nikifor Kulik s'effondra, ce-dernier était monté sur le toit d'un bâtiment à quelques mètres de là, lorsque les snipers le virent assembler une Gigakov, ceux-ci avaient tiré en plein coeur.
Tout se précipita, Jan Hipp abattit la mallette de toutes ses forces dans la tête du garde qui le toisait d'un regard insistant avant de lancer celle-ci vers l'estrade en hurlant "Vive la Sainte-Tcherkessie !"
Libena Kirilenka avait été poussée hors de l'estrade par l'un de ses gardes du corps, tandis que Hipp, qui avait déjà sorti son téléphone portable, appuya sur la touche "appel", entraînant la déflagration de la bombe dans la mallette lancée. L'explosion fut incroyablement sonore et fit voler en éclat l'estrade et tout ce qui se trouvait dessus. L'artificier avait sous-estimer la rapidité des gardes qui lui tiraient déjà dessus, par chance, il parvint à se mêler à la foule en panique. L'homme courait vers la voiture quand tout à coup, il sentit quelque chose de chaud et rapide pénétrer sa jambe gauche.
Jan Hipp : Aaaah, putain de merde !
Mais il continua en sautant sur une jambe jusqu'à la PV qui l'avait amené ici, après s'être jeté sur le siège passager, il claqua la porte tandis qu'Alfred Kuta démarrait dans un crissement de pneus, quittant le chaos ambiant pour le calme des rues étroites de la capitale. Jan Hipp s'assit tant bien que mal, sa jambe pissant le sang en ayant aucune idée de si il avait fait mouche ou pas.
Posté : lun. oct. 21, 2013 10:26 pm
par Alexei
MILAN ZEMKO, LE RETOUR
Quelque part sur Sankt-Vladislav - 26 décembre 2021
<center>[img]http://img.timeinc.net/time/2012/t100poll/t100poll_navalny_alexei.jpg[/img]
Milan Zemko, révolutionnaire,
ex-GRDP de l'ex-République Populaire de Tcherkessie,
trahit par sa propre femme par simple soif de pouvoir,
aujourd'hui, il apparaissait sous un jour nouveau...</center>
Vue la date, cela aurait pu être un cadeau de noël. Les deux agents des Špetsly n'en crurent pas leurs yeux lorsqu'ils découvrirent un homme, inconscient, sur une plage à 20 km de la ville de Nová Revuca sur l'île Sankt-Vladislav. Les soldats d'élite s'approchèrent de l'homme échoué ; il était sale, recouvert d'algue et de sable, ses vêtements -à la base un costume-cravate- n'étaient plus que des haillons, visiblement, l'homme, tourné sur le ventre, était dans un piteux état, de multiples plaies couvraient sa peau nue, ses cheveux étaient mêlés au sable trempés de la plage contiguë à une épaisse forêt.
Špetsly 1 : On... on appelle le QG ?
Špetsly 2 : Non, attend.
L'homme s'avança puis, s'agenouillant, retourna le corps sur le dos, lorsqu'il reconnut le visage du Grand Représentant du Peuple, il fut effaré, comme ses camarades qui, soulevant leurs cagoules, découvrirent une bouche grande ouverte.
Špetsly 2 : Appelle le QG.
Milan Zemko fut admit d'urgence dans l'hôpital du camp "Joseph Ovskorine" des Špetsly sur l'île de Sankt-Vladislav regroupant les 2 000 hommes de la Brigade arborant le nom de l'homme, par chance, le chef du QG n'avait pas informé Tcherkovo de sa trouvaille, ayant jugé suspect le fait que l'on "enterre" si vite le Père de la Tcherkessie communiste, il se doutait que quelque chose de louche se tramait.
Le rescapé se réveilla doucement, ouvrant faiblement les paupières, il ne se souvenait de rien mais avait l'impression d'avoir dormit pendant une semaine. Lorsqu'il agita leva sa main droite, il découvrit un qu'il ne pouvait plus la bouger et qu'elle était encerclée d'un bandage qu'il essaya de retirer.
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Infirmière -parlant avec un fort accent latin, valacide peut-être...- : Ne touchez pas à ça, vous risquez de vous faire mal.
Milan Zemko découvrit une sublime jeune femme au teint légèrement hâlé, de beaux yeux noirs et une longue chevelure châtain foncée tombant à peine sur sa voluptueuse poitrine subtilement mise en valeur le haut blanc déboutonné à ce niveau, ce petit accent latin lui donnant un air encore plus attirant. Cette dernière remit le bandage correctement sans même toiser le VIP et agissant comme si c'était un patient "normal", ce qui surprit le Grand-président.
Infirmière : Au passage, moi c'est Mila, je suis pas d'ici, je viens de Cubalivie. Et vous ?
Milan Zemko : -très surpris par cette question- : Zemko, Milan Zemko, enchanté...
Mila : Ah, c'est vous l'ancien président ? Vous étiez un cadavre quand vous êtes arrivez ici.
Milan Zemko : Je n'en doute pas... mais, comment se fait-il que je sois ici ?
Mila : Hmm.. d'après ce que j'ai entendu on vous a ramassé sur la plage, je vais prévenir le colonel que vous êtes réveillé.
Après avoir changé la compresse du président déchu, la belle cubalivienne se leva sous les yeux de l'homme qui regardait de plus près sa silhouette. On aurait pu se croire dans une série pelabssienne tant sa tenue était clichée : une sorte de chemise blanche les manches retroussées avec un brassard arborant une croix-rouge sur le bras gauche, une jupe blanche arrivant à mi-genoux moulant des fesses sur lesquelles on devinait sa petite culotte, et des talons lambdas. Quelques minutes plus tard, elle revint avec le chef de la base, le colonel Jiří Bok.
Jiří Bok : Comment allez-vous, camarade-leader ?
Milan Zemko : Ca pourrait aller mieux...
Peu à peu, les souvenirs revenaient dans la mémoire du patient... il se souvenait d'un avion, d'un pilote qui ne contrôlait plus rien et du doux parfum de la trahison.
Milan Zemko : -d'un ton angoissé- : Dites-moi, vous n'avez pas prévenu Tcherkovo ?
Jiří Bok : Rassurez-vous, camarade-leader, personne ne sait que vous êtes vivants, ni ici ni ailleurs. Je soupçonne la camarade Kirilenka d'en avoir profité pour prendre le pouvoir.
Il se souvenait de tout, maintenant, avant l'explosion, il avait compris que sa propre femme, celle qu'il aimait l'avait trahi. L'homme se releva doucement, le poing serré et le regard perdu dans le vide.
Milan Zemko : Je dois retourner à Tcherkovo !
L'homme tenta de se relever, en vain, la douleur fusa dans sa jambe droite, tandis que l'infirmière cubalivienne dans le retenait à l'aide du colonel.
Jiří Bok : -qui retenait Milan Zemko- : Non, vous êtes beaucoup trop faible, il faut vous reposer, camarade !
Le patient se laissa retomber sur son lit sous le regard inquisiteur et insistant de Mila.
Milan Zemko : Elle m'a trahi... elle va payer.
Jiří Bok : Qui ?
Milan Zemko : Libena Kirilenka, ma compagne, ma camarade, ma traître...
Posté : mer. oct. 23, 2013 4:23 pm
par Alexei
<center>☭ LA TCHERKESSIE, UNE DEMOCRATIE ? ☭
ACTE III
[img]http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2010-08-27T234744Z_1662202616_GM1E68S0LPV01_RTRMADP_3_CHILE-MINE-ACCIDENT_0.JPG[/img]</center>
Un coup de pioche, encore un coup de pioche, toujours un coup de pioche, puis un autre, et ça continue, les mains couvertes d'échardes, le bruit incessant et strident du fer contre la pierre, les cris des gardes lorsque quelqu'un était surprit entrain de dormir, ou d'arrêter de piocher, l'odeur de la crasse et de la sueur mêlées au parfum des profondeurs.
C'était mon quotidien.
Cela faisait cinq minutes que j'avais repris le travail après une ration plus maigre que d'habitude et j'avais l'impression que j'étais là depuis déjà un an au moins, j'étais avec mon groupe, personne ne parlait, je voyais à peine Jamie à cause de l'obscurité (Jamie est Coor mais noir), celui-ci s'acharnait sur ses pierres plus que d'habitude...
Un nouveau groupe était arrivé ce matin, c'était des étrangers, beaucoup de Liethuviskiens et de Coors, parmi eux, il y avait le frère de Jamie encore en tenue de soldat. Le frère de Jamie qui résidait à Cortingbourg était dans l'armée coore, déployé à la frontière nord, un soir, il s'était égaré et était malencontreusement tombé sur une patrouille de l'APR. J'vous laisse imaginer la joie de Jamie quand il l'a vu. Le seul problème, c'est qu'il a été affecté à un autre skupina dans les champs, du coup, Jamie passait le temps en creusant, voyez ?
"J'avoir quelque chose !"
Les gardes rappliquèrent instantanément vers Ivan. Il était Varlovien, celui là, arrivé seulement la veille et il avait déjà trouvé de l'or ! Y en a qui ont d'la chance, qu'est-ce que vous voulez... profitant que les gardes passèrent derrière moi, j'arrêtai de creuser, ça faisait du bien, mes bras étaient en feu. Nos bourreaux se penchèrent : à coup sûr, c'était un bon filon ! Se tournant, ils nous ordonnèrent de reprendre le travail après avoir fouillé Ivan. Ivan avait une belle gueule, il était pas encore trop esquinté et les gardes semblaient l'avoir à la bonne malgré sa nationalité. Comme le stipulait le "réglement" mis en place par les gardes, Ivan aurait droit à une ration de soupe supplémentaire, bien qu'il était sympa', nous éprouvâmes tous la même chose à cet instant : nous le haïssions.
À la sortie des "ténèbres", ce sentiment était parti. Les gardes paraissaient aussi contents que nous d'en sortir, bien qu'ils ne le montrent que très peu. Au tábor (camp), les gardes n'avaient pas le droit de parler aux prisonniers, exceptés si c'était pour les reprendre ou leur donner des ordres. Un garde s'était lié d'amitié avec moi il y a une semaine, il me donnait un peu plus de pain et s'arrangeait pour que je fasse "plus de pauses". Il a été balancé, du coup il a finit en première ligne au nord, enfin c'est c'qu'on m'a dit. Maintenant, je suis devenu plus cynique, je ne pleurais plus, à quoi ça servait, bordel ? Je savais que je ne reverrai jamais Sandra, c'est la vie. Maintenant, je parlais le Tcherkesse couramment, enfin le Ketcheve plutôt. À part la mine, je ne sors presque jamais du camp : ah si, une fois j'ai dû aller dans un petit village du coin pour aider l'armée à creuser de tranchées et autres positions défensives. Pour beaucoup, la guerre fut une grande nouvelle : "notre libération approche !", "les rouges vont payer", mais rien ne changeait, notre Kapi -qui n'était pas une brute- nous avait dit que l'ennemi était bloqué aux frontières. Ce fut, à mon goût, le plus réaliste. D'autres raisonnements nous parvenaient, tous plus farfelus que les autres : le Pacte avait lancé une énorme offensive en Fiémance et au Coorland, les capitalistes étaient en déroute. Ou encore, la coalition était déjà à Tcherkovo et un accord avait été signé comme quoi la Tcherkessie garderait ses camps.
Mais bon, la guerre avait conduit à la baisse des rations, plus de travail et une animosité énorme chez les gardes, notre camp était relativement axé au nord, nous serions très probablement évacués ou libérés bientôt, l'autre jour, y avait des prisonniers politiques provenant des "asiles" du gouvernement sur la route, on aurait vraiment pu les prendre pour des fous furieux à cause de la mise en scène macabre qui avait lieue, on racontait que ce n'était qu'une partie des prisonniers de l'asile de Krasìn, le reste ayant été exécuté sur place, m'enfin, vous connaissez la chanson, les rumeurs c'est jamais vraiment vrai.
Hier, Basil a été privé de soupe et il a sorti au garde "Tu feras moins le gros dur quand les Jeekimois viendront me sauver !" et le garde avait répliqué "sauf que quand ils viendront, t'auras même pas le temps de les voir car j't'aurai arraché les yeux" avant de le frapper de toutes ses forces. Le tabassage en règle était courant ici, 50 personnes se faisaient tabassés chaque jours eh ouais, j'ai fais le calcul moi-même.
Sinon, y a pas que des optimistes parmi nous, les plus pessimistes arrêtaient pas de répéter "le Kirep et l'URCM vont venir, vous verrez", mais on leur disait de la fermer, pourtant, ils avaient pas complètement tort, une fois, j'ai cru apercevoir des soldats makans sur la route, je les reconnaissais à leur uniforme au camouflage bleuté et leurs véhicules modernes camouflés, mes camarades aussi l'ont vu, mais ont préféré se taire, il valait mieux ça que se faire des films après tout.
Sinon, rien de bien nouveau au tábor.
"Journal d'un mort", Luboslav Doner, prisonnier sébalde.
Posté : dim. oct. 27, 2013 1:49 pm
par Alexei
FEMME DE SOLDAT (1)
Kyjov - 19 Juin 2022
<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/22864878rp.png[/img]</center>
Marina est née à Kyjov, en Tcherkessie pendant l'époque tsariste. Lors de la Révolution, elle est enthousiaste et pense que ses conditions vont s'améliorer sensiblement. Ce fut le cas au début, mais après l'attaque capitaliste, le pays a été plongé dans un état de guerre totale et Marina fut mobilisée dans l'usine d'armement de sa ville où elle travaille des heures et des heures par jours.
Son mari fait la guerre au nord, lors de l'offensive, elle s'était fait un sang d'encre, ne pouvant dormir. Le lendemain, une lettre lui parvint. Au bord des larmes, elle la tourna, mais ne vit pas le sceau tant redouté du commissariat à la défense. En l'ouvrant, elle découvrit ceci un texte de son mari.
[quote]Fait aux environs Nilckovo le 15 juin 2022,
Mon amour,
J'espère, par le biais de cette lettre, mettre fin à ton inquiétude, je me rends compte de la dureté de la vie et de ta peine et j'enrage que tu sois si malheureuse. Je suis arrivé il y a une semaine au front, j'étais perdu, je ne connaissais personne, par chance, mes frères d'armes étaient sympathiques et m'ont vite accepté malgré mon jeune âge. Je n'ai pas le droit de te dire où nous sommes exactement, je peux juste te dire que j'ai affronté des Varloviens assoiffés de sang, après un puissant coup de boutoir, nous avons dû reculer mais nous avons rapidement stabilisé le front, ils étaient si nombreux, tout s'est passé trop vite, dans la confusion, je me souviens avoir ôté la vie à un assaillant, si jeune, mais c'est la guerre, nos généraux nous ordonnent de ne pas faire de sentiment, de ne penser qu'à la patrie. C'est ce que je fais bien que je garde toujours une pensée pour toi, même dans le fracas des canons, des balles et des cris. Mon escouade s'en est très bien sortie, nous n'avons aucun blessé à déplorer. Avant que les Varloviens arrivent à nous, un soldat d'une autre escouade a prit peur et a tenté de fuir, notre officier l'a abattu d'une balle dans la nuque avant de nous dire "voyez ? Si vous reculez sans ordre, vous finirez comme lui." La discipline est extraordinaire, nous n'avons pas le droit de nous plaindre ni de reculer d'un pouce sans ordre préalable du sergent. Nous avons été également très chanceux car lors de la distribution des armes, mon escouade a pu obtenir le nouveau CZ-25 qui est bien mieux que notre VZ-58 habituel. J'aimerais tant être avec toi, au moins un instant. Je te promets de revenir vivant de cette sale guerre.
Ton mari qui t'aime.[/quote]
La jeune femme reposa la lettre puis se mit à pleurer quelques minutes, puis, regardant l'heure, enfila sa veste et partit pour l'usine, le coeur léger.
Posté : lun. oct. 28, 2013 4:06 pm
par Alexei
FEMME DE SOLDAT (2)
Lidice - 24 Juin 2022
<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/53988834rp.png[/img]</center>
Josefina déposa les courses au pied de la porte de son petit appartement du 5ème étage de la ville de Lidice.
"La pêche" n'avait pas été bonne, à cause de la guerre et de la proximité de Lidice avec la ligne de front, Josefina dut se surpasser pour rapporter à ses enfants de quoi manger, au pire, il lui restait la soupe populaire servie par les miliciens de la Levée du Peuple, mais Josefina tenait à se débrouiller seule, comme on l'avait éduquée. Et puis, elle ne supportait pas le regard compatissant des adolescents tenant la grosse marmite et la cuillère, indispensables au salut de centaines de personnes nécessiteuse. Bref, Josefina était donc sereine et puis demain, c'était son jour de congé obligatoire -malgré la guerre-, elle allait donc pouvoir se reposer un peu malgré le fait qu'elle préfère travailler : cela lui fait oublier que son mari se bat à une centaine de kilomètres au nord-est.
Mais comme toutes les femmes de soldat, Josefina craignait de recevoir une lettre à la poste orné du maudit sceau du commissariat à la défense. Bien que ce soit la première "grande" guerre pour les femmes tcherkesses, celles-ci avaient appris bien vite qu'une lettre comportant le sceau du Komisař obrana signifiait qu'un proche était mort ou que l'on était soi-même mobilisé.
Josefina se saisit de ses clefs et tourna celle de son logement dans la serrure alors qu'une vieille voisine passait. Elle la salua poliment puis elle se rendit compte que la porte était déjà ouverte. Etrange, elle était pourtant sûre de l'avoir verrouillée en partant... entrant dans l'appartement, elle posa ses courses sur la table de la cuisine avant de lancer son coutumier "les enfants ?" pour s'assurer que Boris et Miroslav étaient rentrés de l'école.
Pas de réponse.
La mère de famille ne chercha pas à savoir, elle se dit qu'ils étaient peut-être chez des copains. Commençant à mettre au frigidaire les quelques tranches de jambon du dîner, elle se retourna et laissa échapper un petit cri de surprise lorsqu'elle aperçut deux hommes en uniforme barrer le couloir de l'entrée.
Agent du KPK : Vous êtes bien madame Kečeveka ? (en Tcherkesse, le féminin prend toujours un "a" à la fin, son mari s'appelle donc "Kečevek")
La femme savait ce que cela signifiait, elle n'osa pas reprendre les deux hommes qui paraissaient de toute façon déterminés, puis elle répliqua, encore surprise.
Josefina : Hm.. hm.. Ou.. oui ?
Agent du KPK : Vous allez me suivre, s'il vous plaît.
La mécanique policière tcherkesse était manifestement bien huilée et, malgré le chaos naissant, faisait preuve d'une véritable efficacité. Alors que la femme se laissait emmener soit disant au poste police, c'est à la gare qu'on l'amena, retrouvant des centaines de personnes qui n'avaient pas vraiment l'air d'être là volontairement, lorsqu'on lui apprit que son mari avait déserté et donc trahit la patrie, elle comprit quel sort lui était réservé à elle et à ses enfants...
Posté : jeu. oct. 31, 2013 3:49 pm
par Alexei
GUERRE & GUERRE (1)
Lieu inconnu - 29 juin 2022
<center>[img]http://world-countries.net/files/2009/11/a54e4504645dfd9f82caa374b5dfad8a.jpg[/img]</center>
Le camp avancé était en effervescence depuis une semaine.
Dans les bruits de moteurs, le battement des pâles des hélicoptères et l'odeur asphyxiante de l'essence, mille et un uniformes se mélangeaient, l'armée stationnée à cet endroit était une véritablement multinationale, on trouvait des Thalibossiens bavardant avec des Kirkstanais et Upajiens, des Hangukiens jouant au carte avec des pilotes tcherkesses et ce, dans une camaraderie incroyable malgré la barrière de la langue. Les soldats maniaient bien le langage des signes.
Le même phénomène se reproduisait au stand de tir où les soldats s'échangeaient leurs armes, ainsi on pouvait voir un volontaire thalibossien essayer un "Samopal" (VZ-58) obsolète mais fiable et un tcherkesse tirer avec un SKS moderne. Quelques mètres après le stand de tir était dressé un blockhaus dans lequel les soldats s'exerçaient au lance-flammes et au cocktail molotov. Dans la prairie contiguë, des chars de tous types s'entraînaient avant le grand jour. Les soldats étaient, bizarrement, très sereins, se sentant à l'abris grâce à leurs camarades étrangers, sans parler des courageux pilotes makans qui, lorsqu'ils passaient au dessus de camps, faisaient toutes sortes d'acrobaties aériennes.
Le mess des officiers aussi était devenu multiculturel, et les généraux sur une table à l'écart se mélangeaient avec leurs uniformes différents et discutaient stratégie.
Ivo, lui, était tcherkesse. Il s'était fait un "groupe d'ami" dans lequel se trouvait 2 Kirkstanais, 3 Tcherkesses, 1 Thalibossien et 1 Hangukien, ils savaient que dans quelques jours, tout au plus, le feu les séparerait probablement, mais ils s'en fichaient, leur sort était désormais uni par les liens fraternels que la guerre pouvait révéler dans son flot constant de barbarie, s'ils survivaient à la bataille qui allait s'annoncer ainsi qu'à la guerre, ils se promirent de s'inviter mutuellement à dîner "je te présenterai ma belle-soeur, Ivo !", disait en rigolant Jong, l'Hangukien. "Vous viendrez un Marena, on fait pas mieux comme borsch, là-bas !", répétait les deux Kirkstanais. À la fin de la guerre... oui, car elle aurait une fin.
Posté : dim. nov. 03, 2013 3:41 pm
par Alexei
MILAN ZEMKO, LE RETOUR (2)
JUILLET 2022
<center>[img]http://www.quikmaneuvers.com/sitebuilder/images/Spetsnaz-311x204.jpg[/img]</center>
Dans le ciel de Tcherkovo, un bruit d'hélices se faisait entendre.
Nous étions en juillet, il faisait chaud. La guerre durait déjà depuis deux mois, deux mois de trop pour tout le monde. Mais il fallait bien défendre la nation. Les hélices appartenaient à quatre hélicoptères des Forces Spéciales, où 18 des plus valeureux de ces guerriers se préparaient. Equipés de leur Deji-95 makannes, les soldats enfilaient leur cagoule et vérifiaient leur chargeur, comme si la guerre était parvenue à atteindre la belle capitale de Tcherkessie, encore inviolée des malheurs de la guerre. Milan Zemko portait aussi un uniforme, il ne possédait comme seule arme qu'un pistolet et sa cagoule lui servait de bonnet. Mila aussi était là, la charmante infirmière arborait une tenue à sa taille avec un brassard blanc orné d'une croix rouge. Elle regardait le président déchu d'un regard quelque peu inquiet.
Mila : Vous êtes sûr que le Varlovien va tenir sa promesse ?
Milan Zemko : Je l'espère, camarade, je l'espère...
Les trois hélicoptères, volant côte à côte, s'engagèrent dans le vieux quartier des ministères avec ses somptueux palais. La Garde Rouge qui tenait la place jetait des regards intrigués vers le convoi aérien, mais ils se dirent que ce n'était surement rien et se remirent à fumer pour tuer l'ennui.
Pilote : On y est presque, préparez-vous !
La Cubalivienne tira la culasse de son arme dans un bruit métallique. Après avoir attaché ses longs cheveux châtains, elle enfila sa cagoule qui laissait ressortir ses traits fins. Milan Zemko regardait la belle jeune femme qui portait à merveille son uniforme. Une sorte d'attirance s'était créée entre eux, mais l'ex-leader n'en laissait rien transparaître. Soudain, l'appareil se stabilisa lentement, les cordes commencèrent à tomber de chaque côtés du véhicule tels des vers géants. Le pilote cria "jìt, jìt !" et tous se mirent à descendre lentement, la scène se répétait de manière synchronisée avec les autres hélicoptères. Lorsque Milan Zemko toucha le toit de béton de son ancienne demeure, un sentiment étrange l'envahit.
Sergent Nikomir -qui murmurait- : Bien, les deux autres groupes s'occupent de neutraliser la garde, nous, nous devons nous occuper d'arrêter la camarade Kirilenka. Dieu nous garde.
Le sergent leva le poing droit en signe de ralliement, suivi par tout le groupe qui se mit en marche.
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Sur l'aile droite, le groupe A s'était lui-même séparé, une partie à l'intérieur, une autre à l'extérieur. Les gardes trouvés étaient facilement neutralisés, mais pas tués.
À gauche en revanche, les choses se passaient moins bien. Alors que le groupe de Milan Zemko progressait dans les étages supérieurs, un garde aperçut les conspirateurs. Ce-dernier dût être abattu.
Milan Zemko était au milieu du groupe, de manière à être protégé en cas de fusillade. Il demeurait très peu de gardes, bizarrement. Le sergent Nikomir consulta les plans et entra dans la chambre, celle que le président déchu avait dû quitter de force. Il n'y avait personne, la présidente était surement au travail. Soudain, la lumière s'alluma. Le groupe était totalement à découvert au milieu du couloir. Personne n'entendit la femme de ménage qui, quand elle vit ces troupes prêtes au combat, hurla. Par reflex, Mila plaqua sa main droite sur la bouche de la vieille femme.
Trop tard.
Les éléments de la Garde Rouge avaient entendu, ils étaient une trentaine à garder le vaste palais et leur nombre pouvait rapidement augmenter. Un garde arriva par les escaliers, il fut neutralisé d'une balle dans la poitrine.
Sergent Nikomir : On se sépare !
Aussitôt, le groupe se divisa, les soldats se mirent deux par deux, Milan se mit avec Mila. 4 soldats couvrirent l'escaliers, tandis qu'une fusillade se déclencha au rez-de-chaussée. L'alerte sonnée, les autres détachements de la Garde Rouge étaient déjà en route, personne ne savait ceux qu'ils affrontaient, on pensait à des ennemis ayant usurpé l'uniforme de soldats des forces spéciales. Le duo courait, il fallait mettre la main sur la présidente avant qu'elle ne s'en aille. Au détour d'un couloir, trois gardes les retardèrent. Mais l'adresse et le sang froid de Mila permit de passer. Tous les gardes tentaient de converger vers l'étage pour protéger leur dirigeante.
Milan Zemko: Attention à ta droite !
L'homme leva son arme et abattit un garde du corps d'une balle dans la tête. La jeune infirmière le remercia d'un hochement de tête.
Mila : On a pas toute la soirée !
Le petit groupe se remit en branle, protégé à l'arrière par le sergent Nikomir qui était au coeur d'une fusillade intense. Une fois devant la porte, Milan Zemko put apercevoir par la fenêtre les camions de la Garde Rouge qui fonçaient en direction du Palais présidentiel. Milan Zemko jeta un regard à sa partenaire, ils se comprirent rapidement.
D'un mouvement synchronisé, ils enfoncèrent la porte du bureau, Libena Kirilenka était là, un pistolet à la main droite.
Libena Kirilenka : Je savais que vous me trahiriez, espèces de traîtres !
Elle tira avec une adresse surprenante, une balle, puis une deuxième, puis... Mila s'écroula dans un léger bruit. Milan Zemko se jeta derrière une bibliothèque et eut envie de crier "Non !!!" lorsqu'il vit la Cubalivienne touchée.
Libena Kirilenka -hurlant- : Viens, espèce d'enfoiré de traître !
Milan Zemko se leva, lâcha son arme et s'avança à découvert, devant la porte. Libena Kirilenka lança un sourire de satisfaction et pointa son arme sur son ancien époux.
Libena Kirilenka : Pourquoi fais-tu cela ? Tu ne vois pas que nous sommes en guerre ? Qui es-tu, un usurpateur ? Retire cette cagoule !
Milan Zemko s'exécuta, la retirant lentement. Il laissait peu à peu son ancienne compagne redécouvrir son visage bien tracé, ses lèvres bien dessinées, ses yeux bleus et sa chevelure blonde.
Libena Kirilenka : Non... impossible ! Tu.. tu.. tu es mort, l'avion, il s'est...
Milan Zemko : Du calme, Libena. Je viens reprendre ce que tu m'as volé. Pose ton arme, je ne te ferai rien.
Libena Kirilenka : Jamais ! Mon pays a encore besoin de moi ! Plutôt crever que finir dans les camps !
En bas, la fusillade se calmait. La Garde Rouge était arrivée et repoussait peu à peu les špetsly qui se repliaient à l'étage.
Milan Zemko : Tu ne fais que le mener à la ruine.
L'homme approchait, elle n'osait tirer. Les larmes lui étaient montées aux yeux dont une haine énorme s'échappait. Haine qui se traduisait dans une moue colérique sur son visage habituellement doux.
Libena Kirilenka : Encore un pas et je te descends, sale traître !
Milan Zemko : Vas-y, tire.
Libena Kirilenka appuya de toutes ses forces sur la détente, le coup de feu se produisit effectivement, la Grande Représentante du Peuple poussa un cri et tomba sur la moquette du bureau. Milan Zemko, surpris se tourna vers Mila qui avait retiré sa cagoule. Dans sa main droite, son revolver. Ses cheveux étaient bataille et un filet de sang s'écoulait de sa bouche.
Mila : Espèce de salope... !
Libena Kirilenka était touchée à la cuisse, elle n'était pas morte.
Soudain, la porte du bureau vola en éclat, une dizaine d'armes automatiques se braquèrent sur Milan Zemko qui vit la scène du coin de l'oeil.
Soldat de la Garde Rouge : Pas un geste, ou je t'abas, sale traître !
Milan Zemko se tourna, de même la surprise se lut sur le visage des gardes présidentiels. Les tirs avaient cessé, au sol, les cadavres des partisans de Milan Zemko produisaient une flaque de sang qui grossissait. Le sergent Nikomir s'était rendus avec trois autres hommes de l'équipe au total.
Sergent de la Garde Rouge : Nom de dieu, vous savez à qui vous avez affaire ? Baissez vos armes, tout de suite !
Les soldats s'exécutèrent. Milan Zemko se précipita vers Mila qui disait "ça va, ça va...". L'homme ne disait mot devant les gardes médusés. Il leva les yeux vers ces-derniers.
Milan Zemko : Camarades, oui, je ne suis pas mort. Je viens apporter la paix et la prospérité à la nation. L'actuelle Grande Représentante du Peuple a volé le pouvoir au peuple tcherkesse pour son plaisir personnel.
Sergent de la Garde Rouge : Arrêtez la camarade Kirilenka.
Les soldats le regardèrent toujours aussi bizarrement, le sous-officier réitéra son ordre, les hommes s'exécutèrent. D'autres vinrent aider la Cubalivienne blessée, Milan Zemko se releva, se plaçant de l'autre côté du bureau, il lança d'un ton déterminé : "Contactez la Varlovie."
Posté : lun. nov. 11, 2013 3:11 pm
par Alexei
UNE LÉGÈRE RECONVERSION
1 aout 2022
<center>[img]http://www.kyivpost.com/media/images/data/uploads/e/iblock/en_articles/126025/7511/big.jpg[/img]</center>
Hôtesse de l'air : Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures, nous allons bientôt atterrir à l'aéroport de Kritev, Kirkstan. Damy i spadary, pryšpilicie ramiani , my pavinien pryziamlicca ŭ aeraporcie Kritev, Kirkstan.
Quelques minutes plus tard, l'avion touchait le tarmac chaud de l'aéroport international de la capitale de la Confédération des Etats Socialistes Slaves. Celui-ci était magnifique et bien éclairé, une chaleur de plomb régnait malgré la nuit noire. De l'avion Tcherkovo-Kritev de la compagnie d'aviation tcherkesse, sortit une "revenante". Cette femme, tous les passagers la reconnurent malgré les moyens qu'elle déployât pour passer inaperçue. Cette femme, c'était Libena Kirilenka, ancienne présidente de la Tcherkessie, détrônée par l'homme qu'elle avait elle-même détrôné il y a un an de cela. De cette scène, elle avait gardé de nombreux souvenirs, qu'elle ressassa encore et encore pendant son petit séjour dans les geôles de la Vypoly (police secrète tcherkesse). Sa blessure à la jambe lui tiraillait encore légèrement, ce qui la faisait quelque peu boiter.
Malgré tout, elle était vivante, c'était l'essentiel. Milan Zemko, de son apparente bonté lui avait permis de s'exiler dans la destination de son choix et malgré le vol en classe éco' (égalité socialiste oblige), elle était soulagée d'être dans un pays qui ne la haïssait pas.
Pendant ce temps-là, Vladimir Stramine attendait personnellement la jeune femme resplendissante. Le Kirkstanais était très gêné de la condition de celle qu'il attendait, il se doutait que celle-ci voudrait reprendre le pouvoir qui lui était dû. Or, les Tcherkesses ne l'aimaient plus, pire : si elle revenait, ce serait l'incident diplomatique du siècle entre deux nations frères. Enfin, la porte arrière de sa voiture s'ouvrit, Vladimir Stramine découvrit la Tcherkesse et l'accueillit d'une accolade et d'un sourire chaleureux sous l'oeil rieur du chauffeur qui imaginait déjà les deux politiciens fricoter. Quoi qu'il en soit, la voiture démarra dans la nuit noire, se dirigeant vers le Kremlin de Kritev à bonne vitesse. Alors qu'en Tcherkessie, on était certain de ne plus jamais entendre parler de Libena Kirilenka...
Posté : sam. nov. 16, 2013 9:41 pm
par Alexei
LIBERATION !
Aout 2022
<center>[img]http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2009-05/2009-05-05/article_RTXEQYE.jpg[/img]
Réservistes communistes tcherkesses partis pour aider l'armée à "nettoyer" le nord des collaborateurs et autres rebelles</center>
Dans un chaud matin d'aout, le lendemain du retrait des troupes de la Coalition, des bruits de moteurs réveillèrent une population baignant dans la torpeur et la faim, quoi qu'on leur donnât durant la courte occupation à laquelle ils venaient d'émerger. Sur leurs blindés légers, les soldats de la région laissaient échapper des larmes de joie mêlées d'une sourde angoisse : celle de ne pas revoir leur famille ou d'apprendre que celle-ci eut été victime d'exaction. Tout s'était fait si vite, la veille au soir, les habitants des villes et villages pouvaient encore voir des hommes en uniformes inconnus s'exprimer dans une langue inconnue. Dans le rapide retrait qui avait suivit, des collaborateurs s'étaient pressés autour d'eux, révulsés qu'on les laisse à la merci des rouges. Les soldats n'y répondaient rien, se contentant de faire leur paquetage ou mettant fin à des histoires d'amours éphémères. On pouvait voir au coin d'une porte un Liethuviskien embrasser une jeune tcherkesse blonde aux yeux brouillés de larmes, telle était la réalité des occupations et ce sous les yeux... de résistants ou d'agents de la Vypoly. Cette-dernière sous l'impulsion de ses chefs locaux avait dressé des listes extrêmement complète et précise des collaborateurs avérés, des suspectés de collaboration ou des compagnes de guerres de l'envahisseur. Cette liste avait été copiée et distribuée dans toutes les escouades. Parfois apparaissait le nom de famille d'un camarade, celui-ci était automatiquement insulté ou tabassé, peu importe si c'était le fruit du hasard qui s'était glissé dans un homonyme ou un membre de leur famille. Un de ces soldats, une brute épaisse, avait trouvé le nom de sa femme dans la section des "putes de guerre ". Il se jura de la tuer lui-même sous les yeux apeurés de ses coéquipiers dont la carrure du géant leur interdisait toute réflexion.
Le bruit se fit plus précis, dans le village de Kolya, en ex-zone fiémançaise, les premiers collaborateurs et "putes de guerre" se suicidèrent lorsque l'on frappa à leur porte. Ceux qui ne l'avaient pas encore fait était sortis de force ou carrément défenestrés puis alignés sur la place centrale du village et avaient droits aux insultes de tous et a un tabassage en règle avant d'être envoyés aux camps. Les femmes, elles, connaissaient la même punition si elles n'étaient pas exécutés par des soldats ou des résistants furieux...
Dans l'ancienne zone liethuviskienne, les soldats du général Youriovík furent pris à partis par des groupes rebelles anticommunistes, équipés d'armes ennemies "offertes" aux civils. Les habitants, eux, qui n'aspiraient qu'à la paix et à pouvoir cultiver leurs terres crurent que l'ennemi était de retour. Ailleurs, le désarmement se passait plutôt bien et les escadrons vengeurs de la VPK ou de l'armée frappaient, toujours avec autant de vergogne, les armes confisquées étaient offertes à l'armée après avoir servie à exécuter les traîtres ou rebelles opportunistes.
La guerre n'apporte que misère et désolation, tout comme la paix qui ne profite jamais aux traîtres...
Posté : dim. nov. 17, 2013 5:35 pm
par Alexei
La vie rurale en Tcherkessie...
Libuse était une jeune mère dans un petit village de Ketchevie. En Tcherkessie, la mentalité était radicalement différente que dans les autres pays du monde. En effet, les Tcherkesses n'en avaient cure de la politique, tout ce qui comptait pour eux était la tradition et un credo se transmettant de génération en génération : Travail, famille, pain. Libuse en était l'exemple vivant. Dans tout pays capitaliste, son joli minois innocent et sa jupe tombant jusqu'aux genoux -tenue typique- aurait attisé l'appétit sexuel de jeunes hommes dépravés qui auraient profité d'un moment d'inattention et de solitude pour la sauter, en Tcherkessie, c'était radicalement différent. Lorsque Libuse, qui venait de faire ses courses, était un peu trop chargée -et ça marche avec toutes les paysannes-, on venait l'aider sans rien réclamer en retour mise à part la gratitude d'une jeune mère dont le mari cultivait son champ ou élevait ses bêtes toute la journée.
Mais comme dans chaque pays du monde, tant au Liethuviska qu'en Rostovie, l'infidélité pouvait exister.
Sur le coup, c'était excitant. Mais après, la femme, si elle fût un minimum responsable et consciencieuse, était rongée par le remord et n'osait se laisser toucher par son mari, même pour le plus simple des gestes d'affection, de plus, si la femme tombait enceinte -car la contraception en Tcherkessie ne se fait que par voie naturelle-, alors elle aurait touché le gros lot, et si son mari se rendait compte que son fils était un bâtard, il n'avait qu'à aller au commissariat de campagne qui ne manquerait pas, si l'infidélité était avérée, de jeter l'épouse dans le camp de redressement le plus proche.
Heureusement, Libuse n'était pas dans ce cas. Une fois qu'elle rentrait des courses, elle préparait le repas du midi qui serait servi à 11h, lorsque les enfants rentreraient de l'école (on mange tôt en Tcherkessie). Son après-midi serait consacrée au ménage et au rangement, puis elle ferait deux tartines beurrées, si elle en avait le temps et les moyens, à sa progéniture qui rentrait à 16h, ne manquant pas de la remercier et de lui parler du 8.5/10 qu'il avait eut en tcherkesse. La jeune femme lui dira qu'il ferait mieux la prochaine fois.
Venu le soir, papa rentrait du champ, qui avec du pâté ou un saut rempli de lait et n'aurait qu'à mettre les pieds sous la table pour manger un bon ragoût. Les enfants étaient couchés à 20h, les parents, eux, écouteraient la radio ou liraient le Drapeau Rouge puis iraient à leur tour se coucher aux environs de 22h. Le lendemain, Libuse se levait de bonne heure pour préparer le petit déjeuner aux enfants qui iraient à pieds ou prendraient un vieux bus -si la commune en était dôtée- pour se rendre à l'école. La mère irait laver le linge, etc...