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Posté : mar. juil. 30, 2013 5:23 pm
par Iskupitel
<center>Dans le bureau du Délégué au Territoire National</center>

Rizla Gray : Messieurs, dites-moi où en est l'Assemblée Xénocrate.

Isku Pitel : Eh bien, Monsieur le Délégué, nous n'avons pour l'instant qu'un seul représentant étranger.

Rizla Gray : Un seul ?

Isku Pitel : Oui, Monsieur. Il - enfin elle - est ménovienne, et elle est arrivée hier pour prendre place dans ses quartiers. Mme Selena Sckera, 32 ans, favorable à l'entrée de Tel-Érib dans la Fédération Technocratique et un rapprochement avec des pays tels que le Kaiyuan.

Rizla Gray : Personne d'autre n'a prévenu de son arrivée imminente ?

Isku Pitel : Ni imminente ni rien du tout, Monsieur.

Rizla Gray : Mince. Trouvez un moyen de les relancer, laissons leur encore une semaine ou deux. Sujet suivant.

Privath Cynavie : Le Ministère des Affaires Étrangères a reçu une missive valacide, Monsieur. À l'instar de toutes les Nations libres, ils nous invitent à un congrès international pour la lutte contre la Main Noire.

Rizla Gray : C'est une bonne chose. qu'attendez-vous pour leur dire que je m'y rendrai ?

Privath Cynavie : Eh bien, Monsieur... Vous n'êtes même pas officiellement Délégué au Territoire National...

Rizla Gray : Hum, vous avez raison. Je ne suis rien, pour le moment. Mais, admettons que je ne sois rien. Qu'êtes-vous, dans ce cas ?

Isku Pitel : Si je puis me permettre, Monsieur, la meilleure chose à faire dans ce cas est de consulter le Conseil des Tribus.

Rizla Gray : En effet. C'est dans de telles situations que je suis heureux d'avoir un tel organe, que d'autres trouvent trop omnipotent. Sont-ils actuellement en réunion ?

Isku Pitel : Selon mes fiches, ils visitent une école récemment bâtie à Ajnin.

Rizla Gray : Au Diable l'école, appelez-les et qu'ils votent de suite. Je ne veux pas manquer cette occasion de me rendre à un sommet international.

Privath Cynavie : De combattre la Main Noire, vous voulez dire.

Rizla Gray : Pas vraiment. La Main Noire n'est pas actuellement une menace pour Tel-Érib. D'ailleurs, Privath, pourquoi un tel mouvement international ?

Privath Cynavie : Il paraît que trois pays seront rasées, comme cela fut déjà le cas au Viek Kiong, à l'hiver prochain.

Rizla Gray : Vous voyez, nous sommes trop insignifiants pour intéresser la puissante Main Noire. Nous devrions faire preuve d'humilité et seulement nous faire petits. Mais, en tant que nouveau chef d'état tel-éribain, il faut que je me montre, et c'est pourquoi je me rendrai au Valacida. Pourquoi le Valacida, d'ailleurs ?

Privath Cynavie : Il semblerait que leur nouveau Président, celui qui a changé le régime du pays et l'a sorti du communisme, souhaite montrer son renouveau diplomatique.

Rizla Gray : Ah. De toute façon, maintenant que c'est organisé là-bas, je ne vais pas tenter d'organiser la même chose à Tel-Érib : non seulement personne ne viendrait, mais en plus cela serait inutile.

Isku Pitel : Monsieur, vous êtes officiellement Délégué au Territoire National à 10 voix contre 3.

Rizla Gray : Parfait. Ainsi, M. Cynavie, vous pouvez annoncer au Valacida que je me rendrai personnellement à leur capitale... Azibi, c'est ça ? Bref, je m'y rendrai et je m'y rendrai en tant que Délégué au Territoire National.

Privath Cynavie : Bien, Monsieur.

Isku Pitel : Monsieur, qu'en est-il du projet Cité Scolaire ?

Rizla Gray : Pour ça, c'est vous le responsable gouvernemental, débrouillez-vous à présent avec M. Khairi, cela ne me concerne pas. Mais, au fait, je ne serai sûrement pas de retour le 4 octobre, si ?

Isku Pitel : Je ne pense pas.

Rizla Gray : Dans ce cas, il faudra que M. Cynavie s'occupe de la rencontre avec l'Esmark à ma place.

Isku Pitel : Je lui dirai. Il devrait en être capable, maintenant qu'il a compris qu'il faut faire attention à la personne qu'on s'apprête à recevoir, pour éviter qu'il reproduise une erreur du type de celle qu'il a commise avec le représentant agounisimien.

Rizla Gray : Une erreur ?

Isku Pitel : Oui, il a voulu proposer de l'alcool à son homologue, de confession musulmane.

Rizla Gray : Oh le con ! Heureusement que nous avons conclu les contrats.

Posté : lun. août 26, 2013 7:54 pm
par Iskupitel
<center>Dans la chambre présidentielle, au sein du Palais.</center>

- Athia... Dis-moi pourquoi tu ne veux pas.
- Je ne veux pas parce que je ne veux pas.
- Juste un petit câlin... La journée fut difficile, tu sais.
- C'est là le problème !
- Que la journée soit difficile ?
- Que je ne sois... Que je ne sois que ton réconfort quand tu rentres tard le soir ou après deux semaines dans tel ou tel pays...


La voix entrecoupée de sanglots laissa place à des pleurs puissants et continus empêchant Athia Gray de parler. Rizla, hésitant, ne faisait que contempler sa femme en larmes, repensant nostalgiquement à ce qui l'avait poussé à l'épouser... Il se souvint d'elle il y a trente ans, de la douceur de ses cheveux, de la profondeur de son regard, de son sourire et de ses encouragements alors qu'il avait évoqué la politique. Avec le recul de l'âge et la fatigue de la journée terminée, même ce soutien indéfectible lui semblait dérisoire. Au fur et à mesure que passaient les minutes, Athia reprenait son souffle et, laborieusement, elle put reprendre la parole.

- Rizla... Il faut que je te le dise, quelle que soit ta réaction.
- Quoi donc ? Tu as un amant ?
- Non, je te le jure.
- Quoi donc, alors ?
- Je... j'ai bien peur de ne plus t'aimer. J'ai souvent l'impression que je te déteste. Et... Rizla, j'ai demandé le divorce.


Le silence parut durer une éternité, et le lendemain matin les deux époux continuaient de se regarder des les yeux, sans bouger, sans parler, sans émettre le moindre son. Puis une lueur de haine enflamma les pupilles bleues de Rizla, qui se leva, se contenant, et sortit promptement de la pièce. Il revint quelques instants après avec une valise et les yeux fermés.

- Dans ce cas, je ne vais pas te faire le plaisir de refuser ta demande, fit-il froidement, le regard dans le vide. Fais tes valises, alors. Adieu.

Devant l'inaction de sa compagne et empli de colère, le délégué au territoire national appelle deux gardes qui, les yeux écarquillés, se voient recevoir l'ordre d'emmener la Première Dame hors du Palais. Implacable, le chef d'état lui fit signer les papiers de divorce pendant son trajet vers l'extérieur, et sans un regard pour elle réitéra ses adieux d'une voix glaciale. Puis il s'enferma dans sa chambre et dormit.

Posté : ven. sept. 27, 2013 10:29 pm
par Iskupitel
<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/801614PalaisPrsidentielTelrib.jpg[/img]
Conseil d'Etat du 30 avil 2022
Erib, Palais Xénocrate</center>
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
Exactement, Monsieur le Délégué, Messieurs les Ministres. La situation du Simpomonde actuelle est effrayante, et nous sommes en droit de nous poser la question de ce qu'il adviendra de Tel-Erib dans les prochains mois ; car il est à présent de rigueur de parler à une échelle très courte, au vu de la rapidité des attaques militaires actuelles. N'oubliez pas que le Pelabssa a subi toutes ses pertes en seulement quelques heures.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National, Chef du gouvernement
Dans ce cas, que proposez-vous ? Que devrions-nous faire afin de préserver Tel-Erib et sa population ?
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
Eh bien, Monsieur le Président, c'est relativement simple. Vous n'êtes pas, tous, sans connaître mon affiliation politique : la branche vassaliste de la xénocratie. Selon moi, remettre la protection de la population à la Cyrénanie semble une excellente solution.
  • Priivath Cynavie,
    Ministre des Affaires Extranationales
C'est de la folie, je m'y oppose avec virulence. Qu'y aurait-il de plus lâche que cela ? Si nous devons protéger les tel-éribains, nous devons faire face au problème et nous battre jusqu'au dernier morceau de terrain, jusqu'à la dernière balle, jusqu'au dernier homme.
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
Ce n'est pas de la lâcheté, calmez-vous, Privath. Le fait est qu'en rendant la Cyrénanie plus grande, nous accroîtrons sa puissance et lui permettrons de mieux défendre les millions de civils. Car la puissance militaire et diplomatique cyrénane n'est pas nulle, loin de là. Et son habitude neutre en fait un avantage, alors que Tel-Erib semble avoir encore, auprès de certaines sous-nations, une réputation d'instable et de belliqueux.
  • Lukas Dehed,
    Ministre de la Défense
Si je puis me permettre d'intervenir, en tant que Ministre de la Défense je peux vous assurer que nous ne tiendrons pas plus de quelques jours face à quiconque ou presque. Notre entraînement est bon, mais notre équipement est relativement obsolète, et nos stratégies sont soit trop basiques soit inutiles. Pire, l'organisation militaire tel-éribaine actuelle manque cruellement d'une hiérarchie claire. Depuis la fin de la Principauté, aucune réforme n'a eu lieu dans le domaine militaire, et c'est un grand problème. Du temps de la dictature, les généraux étaient respectés à la lettre. Aujourd'hui, on assiste à une libéralisation des soldats, et ceux-ci sont moins dociles. Il y a beaucoup à faire si l'on veut pouvoir être efficaces sur un hypothétique champ de bataille.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National
C'est noté, Lukas. Nous verrons cela en détail ultérieurement, si cela ne te dérange pas. M. Fijh, pour en revenir à votre idée, pensez-vous que la Cyrénanie acceptera ? Car avant de revenir à une Cyrénanie puissante, il faut qu'elle le veuille bien.
  • Loch Fijh,
    Conseiller auprès du Ministère des Affaires Extranationales
En effet ; c'est pour cela que nous avons d'ores et déjà débuté des opérations, en coopération avec le Parti Nationaliste Cyrénan, afin de "sensibiliser" la population cyrénane de manière basique, en faisant appel à la nostalgie de la grandeur cyrénane. On estime depuis lors qu'environ 17% de la population cyrénane serait favorable à un Tel-Erib vassal. Appliqué uniquement aux citoyens, on doit approcher les 20%. Ce n'est pas suffisant en cas de référendum, mais c'est une bonne base pour discuter clairement avec le Président Attinc.
  • Rizla Gray,
    Délégué au Territoire National
Je vois ; c'est parfait. En ce cas, je vais soumettre ce projet au Conseil des Tribus, puis à l'Assemblée Xénocrate. Merci, Messieurs ; je vous laisse disposer.

Posté : ven. oct. 11, 2013 3:30 pm
par Iskupitel
<center>Il n'y a aucun criminel en fuite à Tel-Erib

[img]http://imageshack.com/scaled/800x600/841/n0tt.png[/img]
Personne d'autre ne vous donne une seconde chance.

Trafic de drogues, trafic d'organes, contrebande, jeux d'argent...
Ces crimes ne violent l'intégrité de personne.
Et pourtant, vous êtes considéré comme un criminel.
Pas à Tel-Erib.


Le territoire tel-éribain et la Xénocratie vous assurent une nouvelle existence dans le territoire le plus libre du monde, sous protection et confidentialité.
Gratuitement.

Cette offre est aussi valable pour les réfugiés politiques, les déserteurs, les fuyards, les individus recherchés par les services de renseignements..</center>

Posté : ven. oct. 11, 2013 3:42 pm
par Iskupitel
<center>La déviance n'est plus un problème


[img]http://imageshack.com/scaled/800x600/547/7ona.png[/img]

Partout dans le monde, votre déviance sexuelle est proscrite.
Si votre désir est inaccessible pour vous, il ne l'est pas à Tel-Erib.
Pas pour Volupt Inc.


Quel que soit leur âge, quel que soit leur sexe, quelle que soit leur expérience, quelle que soit leur beauté, quelle que soit leur provenance, nous disposons des plus beaux spécimens qui sauront vous ravir.
Que vous viviez au Thorval, au Raksasa, en Océania ou en Tchoconalie, nous vous livrerons. En moins d'une semaine (sauf jours ouvrés).
À partir de 100$ USP

Pelabssa, Rostovie, Azude, Tel-Azude, Finnherland, Juvna, Imperiak, URCM, Khaldidan, Haturu, Mahaji, Cérésie, Kweku, Thaliboz, Schlessien et Kirkstan sont actuellement indisponibles à la livraison ou nécessiteront d'importants coûts supplémentaires.

Posté : lun. oct. 28, 2013 12:27 am
par Iskupitel
<center>Rappel à l'ordre interne (1/5)</center>

En ce matin de juin, l'hiver entrait dans ses premiers jours et tentait, comme chaque année, de s'installer fortement lors des premiers jours de la saison. De la neige fondue et mélangée à de la boue s'étendait le long des routes goudronnées, de manière éparse et irrégulière. Le trafic, cependant, ne se faisait pas plus rare, et il ne risquait pas de fléchir davantage au cours des prochains mois : les tel-éribains sont à la fois habitués à rouler sur de la neige et équipés en conséquence. Confortablement assis sur la luxueuse banquette arrière de sa voiture d'importation varlovienne, le Chef Tribal de la Tribu de Tel-Aviv se rendait, sans se presser, au Palais Vinnsen, au centre d'Aviv, où se trouvait son bureau. Malgré l'heure matinale (à neuf heures les tel-éribains se lèvent tout juste), le trafic routier était régulier, et la voiture fut souvent prise dans des ralentissements inévitables. Habitant en périphérie de la ville dans une maison de plain-pied disposant d'un certain terrain extérieur et d'une dépendance, il n'était pas à plaindre. Pourtant, en tant que Chef Tribal, il aurait pu acquérir bien mieux que cette habitation plus commune aux premiers représentants de la classe moyenne émergeant actuellement à Tel-Erib. Un peu stressé, l'homme d'une quarantaine d'années avait quelques dossiers importants qui l'attendraient à son bureau, le principal étant bien entendu une nouvelle prise de bec avec les autorités port-carmélites. Ayant vécu, enfant, dans ce qui est devenu le bâtiment administratif de la région récemment cédée par contrat aux ménoviens, le représentant tel-avivien digérait mal le fait de se séparer d'une partie de son territoire au profit de technocrates douteux venus d'Alméra orientale. Mais il n'avait aucunement le pouvoir de contredire le traité de Port-Carmel, et sa hiérarchie le lui avait bien fait comprendre à plusieurs reprises lorsqu'il avait tenté d'empêcher la signature du traité en refusant d'assister à la séance.
Arrivant devant le large escalier de pierre grisâtre donnant sur une monumentale porte aux six lourds battants de bois, il descendit de la voiture et, ne prenant garde aux quelques flocons de neige légers qui tombaient hasardeusement sur la ville, monta les marches quatre à quatre et pénétra dans le bâtiment. À son étage, une grande femme habillée en tailleur et chaussant des chaussures à talons l'interpella, tenant dans ses mains quelques feuilles imprimées.

  • Inya Evell : Excusez-moi, M. de Tel-Aviv. Je suis Inya Evell, attachée du Conseil des Tribus pour l'administration de Tel-Aviv. On m'a mandatée à votre bureau pour quatre mois renouvelables sept fois.

    M. de Tel-Aviv : Expliquez-moi pourquoi vous avez été mandatée.

    Inya Evell : Je n'ai pas le détail, Monsieur. Mais je dois m'entretenir d'un dossier important avec vous. En privé.

    M. de Tel-Aviv : Allez-y, je suis tout ouïe.

    Inya Evell : Ici ? Soit. Le fait est que nous avons appris et constaté avec une certaine horreur que vous aviez instauré une taxe au survol du territoire tel-avivien pour les dirigeables port-carmélites. Cela a profondément choqué de nombreux Chefs Tribaux, qui considèrent que les liens avec la Ménovie sont soit vitaux soit fraternels. Il m'a été demandé de vous proposer de démissionner.

    M. de Tel-Aviv : Non merci. La gestion du territoire de Tel-Aviv est sous mon contrôle, et elle le restera quoi que vous puissiez en dire. Si je souhaite établir cette taxe, elle sera établie. Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    Inya Evell : Rien. Merci de votre réponse. J'en informerai le Conseil au plus vite.
Echauffé par les paroles de la jeune femme, le Chef Tribal entra dans son bureau, claqua la porte et s'effondra sur son fauteuil, croisant les mains. Tremblant, il décrocha le téléphone et composa un long numéro.
  • « Vassiliy ? Je me suis fourré dans une sacrée mouise... le Conseil veut ma peau. Tes activités en cachette sont-elle toujours d'actualité ? J'aurais besoin que tu me rendes un service, je te couvrirai... »
Une fois le combiné reposé, ses yeux violets se posèrent sur un grand tableau kaiyuanais, et il se prit à penser que si le gouvernement avait consulté le Conseil des Tribus avant de céder le territoire de Port-Carmel à la Ménovie il n'aurait pas été réduit à agir de la sorte, dans l'ombre et la discrétion, dans l'illégalité et la corruption. Ses premières semaines de mandat n'avaient pas été peu mouvementées, et il s'y était créé quelques amitiés, officiant à moitié dans le proscrit par la loi. Son passé n'avait pas été des plus glorieux, mais il était persuadé de ne pas devoir en avoir honte. Il ne l'étalait pas, mais il l'assumait. Il avait changé. Officiellement, tout du moins.

Posté : ven. déc. 06, 2013 9:09 pm
par Iskupitel
<center>Rappel à l'ordre interne (2/5)</center>

Devant le haut bâtiment du centre-ville de Beershebat, M. de Tel-Aviv buvait, assis à la terrasse d'un bar, un café fort. Il était tôt, et il souhaitait disposer pleinement de ses moyens lorsqu'il siégerait au Conseil des Tribus, à côté de ses treize collègues. Il vit MM. de Tel-Erib et de Tel-Ajnin passer ensemble la petite porte vitrée et discuter, tranquillement, aux vigiles. Un peu anxieux, M. de Tel-Aviv s'attendait à être fustigé par ses collègues et, surtout, M. de Tel-Beershebat, son supérieur hiérarchique. La tasse vide, il se leva, posa quelques couronnes sur la table et traversa la rue vide de voitures mais pleine de neige maculée de baveux accrocs de boue. Il parcourut, en homme averti, les couloirs du bâtiments, monta deux escaliers, traversa quatre coursives et trois portiques de sécurité avant de parvenir, serein mais un peu essoufflé, à la salle des débats. D'un regard il fit un tour d'horizon de la salle, admettant la présence de la majorité des représentants. Il vint s'asseoir à sa chaise, loin de la porte, et posa ses yeux sur le Président du Conseil jusqu'à ce que son voisin, M. de Tel-Aqshiah, l'aborde en lui demandant des nouvelles de sa femme. Après quelques civilités mondaines, son collègue reprit sa discussion – fort intéressante par ailleurs, portant sur l'importance de Port-Enyah – avec son second voisin. M. de Tel-Aviv ne se sentait pas chez lui ici, il se sentait davantage proche du peuple tel-avivien et des banalités de ses électeurs. Mais il n'avait nul autre choix, ce jour-ci, que de siéger. D'importantes décisions devaient être prises quant aux candidatures aux élections législatives, qui arrivaient à grands pas. Les trois derniers Chefs Tribaux arrivèrent, et la session débuta.
  • M. de Tel-Beershebat, Président du Conseil des Tribus : Messieurs, merci d'être venus aujourd'hui afin de parler des élections législatives. Avant cela cependant, je souhaiterais attirer votre attention à tous quant aux récentes actions de M. de Tel-Aviv ici présent. En effet, il a récemment mis notre amitié avec la Ménovie en péril par le biais de manœuvres idiotes, puériles et inutiles. Je pense donc qu'il peut être nécessaire de l'avertir que mettre en péril une telle fraternité ne peut rester sans conséquences. Qu'en pensez-vous ?

    M. de Tel-Érib : Effectivement, nous devons le punir ! La Ménovie est essentielle à notre pays, nous ne devons pas l'oublier.

    M. de Tel-Aviv : Messieurs, avant que vous mettiez en œuvre une quelconque décision punitive, j'aimerais vous avertir que je n'ai pas agi dans l'inutilité. J'ai conclu avec notre principal allié la cession de Port-Carmel. N'était-il pas important de clarifier la situation de la cité ?

    M. de Tel-Beershebat, Président du Conseil des Tribus : Hélas, cela ne peut tout de même pas rester impuni. Nous ne pouvons pour le moment rien faire, M. de Tel-Aviv, hélas. Mais, comme vous le savez, le Conseil des Tribus est fortement influent et puissant. Ne parlions-nous pas des élections législatives, toute à l'heure ? Ne serait-il pas regrettable que votre image soit, à l'occasion, déformée et satirisée ? Nous avons des contacts partout et un pouvoir incontestable, même de la part de l'Assemblée Xénocrate, M. de Tel-Aviv. Il vous est impossible de nous échapper. En revanche, il nous serait très aisé de vous empêcher tout avancement de carrière, voire de vous retirer votre poste de Chef Tribal. Est-ce ce que vous souhaitez ?

    M. de Tel-Aviv : Ce n'est absolument pas ce que je souhaite, soyez-en rassurés. Je vous prie de ne pas effectuer ceci. Dites-moi simplement comment réparer mon erreur.

    M. de Tel-Aqshiah : Oh, je ne pense pas que ce soit réellement possible.

    M. de Tel-Geshit : M. de Tel-Aqshiah, pardonnez-moi de vous contredire, mais c'est tout à fait possible, de mon point de vue : la démission.

    M. de Tel-Aqshiah : Si nous souhaitons lui faire quitter le poste de Chef Tribal, ne serait-il pas plus simple de le lui retirer nous-mêmes ? Pourquoi lui demander la démission ?

    M. de Tel-Geshit : Pour une raison simple : la démission sera mieux vue, et il disposera de la possibilité d'exercer à nouveau un emploi à Tel-Érib. Sans cela, je pense que nous devrions peut-être même aller jusqu'à lui interdire la sortie du territoire.

    M. de Tel-Aviv : Je ne démissionnerai pas, et je ne me laisserai pas faire ; j'avertirai les médias.

    M. de Tel-Beershebat : Nous avons un contrôle potentiel sur tout à Tel-Érib. Comment souhaitez-vous nous échapper ? Démissionnez, ce sera plus simple pour tout le monde.

    M. de Tel-Aviv : Je refuse. Sur ce, pardonnez-moi mais j'ai des affaires à régler.
Un brin énervé et frustré de voir ses collègues se retourner de la sorte contre lui suite à quelques accrocs apparus avec l'administratrice régionale de Port-Carmel, M. de Tel-Aviv quitta la salle du plus vite qu'il put, se refusant pourtant à courir, ce qui aurait été plus ridicule qu'autre chose. Une fois dans le couloir, il entreprit de se rendre aux toilettes, où il serait tranquille. Sur le chemin, il décrocha son téléphone et composa le même numéro que quelques jours auparavant.
  • « Allô, Vassiliy ? C'est Arthen. Ça a avancé ? »

    « J'ai cinquante hommes qui ont répondu présent, Arthen. Je ne sais pas grand chose quant à leur loyauté pour le moment, je m'apprêtais justement à les tester. »

    « D'accord. Si tu en trouves d'autres, ce serait bien. Je te laisse. »

    « Merci. »

    « Oh, une dernière chose. »

    « Oui ? »

    « Sont-ils armés ? As-tu de quoi le faire ? »

    « J'ai un contact pour ça, et je paierai de ma poche. Il me faut juste de quoi payer les faux-frais. »

    « Pas de problèmes, je te trouve ça. Merci, Vassiliy. Je te laisse. »
Il raccrocha et se lava compulsivement les mains plusieurs fois, guidé seulement par ses pensées. Lorsqu'il sortit, la séance était encore en cours, et il sortit du bâtiment, pressant le pas. Une fois dans sa voiture, il se mit à réfléchir. Leur pouvoir était indéniable. Mais comment s'y prendraient-ils concrètement ? Ils ne pouvaient assurément pas annoncer publiquement qu'il était renvoyé pour une raison aussi futile. Que devait-il faire ? Où devait-il se cacher ? Le devait-il ? Sa voiture le mena à l'aéroport, où il monta dans son avion de fonction qui décolla, l'assourdissant et lui permettant, un instant, d'oublier tous ses problèmes.

Posté : ven. déc. 06, 2013 11:52 pm
par Iskupitel
<center>Rappel à l'ordre interne (3/5)</center>

N'oubliez pas de lire les parties [url=http://www.simpolitique.com/post210188.html#210188]Une[/url] et [url=http://www.simpolitique.com/post214171.html#214171]Deux[/url].

M. de Tel-Aviv, vu comme la peste par les hautes instances des administrations tribales de tout le pays, n'avait plus de refuge autre part que sa lugubre demeure, érigée il y a de cela quelques siècles sur le flanc d'une colline peu joyeuse. Chaque jour depuis sa dernière séance au Conseil des Tribus cependant, il se rendait en voiture au Palais Vinnsen afin de s'enquérir de l'évolution des événements, parfaitement relatés par le « cadeau » que lui avait fait le Conseil, et de recueillir l'avis de ses proches collaborateurs et de tous les membres de son administration. Ceux-ci, partagés entre leur carrière future, qu'ils espéraient se dérouler dans une autre Tribu, et leur carrière présente, qu'ils espéraient ne pas être interrompue futilement, n'avaient que peu de choses à dire à ce propos, et se contentaient généralement de hocher la tête, d'un air absent, sans piper mot. Un midi qu'il rentrait chez lui et que la neige avait cessé de tomber momentanément, sa voiture fut forcée par une obligation mécanique quelconque de s'arrêter sur le bord de la route récemment rénovée qui reliait Aviv et, plusieurs centaines de kilomètres de là, Derenh. Pendant que son fidèle chauffeur s'efforçait de rafistoler, avec les moyens du bord, le véhicule afin de reprendre la route au plus vite, le Chef Tribal reçut un appel sur son téléphone portable, qui s'avéra provenir d'un autre Chef Tribal, qui n'osa point révéler son nom.
  • Chef Tribal (inconnu) : M. de Tel-Aviv, bonjour.

    M. de Tel-Aviv : Bonjour. Que me voulez-vous ?

    Chef Tribal (inconnu) : Oh, c'est tout simple ce que je vous veux. Puisque vous ne souhaitez apparemment par démissionner, il est certaines choses dont je dois vour informer.

    M. de Tel-Aviv : Vous avez aiguisé ma curiosité. Parlez.

    Chef Tribal (inconnu) : C'est tout simple, en réalité. Voyez-vous bien votre femme et vos enfants ?

    M. de Tel-Aviv : Je les visualise, bien qu'ils ne soient pas à proximité de moi pour le moment.

    Chef Tribal (inconnu) : Oui, le contraire m'eût étonné. Votre panne n'est pas innocente, M. de Tel-Aviv. De même, votre famille n'est pas protégée contre toutes les personnes malintentionnées de ce monde, vous savez.

    M. de Tel-Aviv : Où voulez-vous en venir ?

    Chef Tribal (inconnu) : Quatre personnes qui disparaissent... quelle tragédie pour votre image !

    M. de Tel-Aviv : Mon image n'en serait que renforcée, voyons. N'avez-vous donc pas pensé au fait que j'apparaîtrais comme la victime et que le Peuple me prendrait en affection ? Si ma famille venait à disparaître, jamais le Peuple ne me laisserait partir.

    Chef Tribal (inconnu) : Libre à vous de le penser, mon cher collègue. Mais si la blancheur de la victime se voit teinte de gris ou de rouge, votre image n'en serait-elle pas affectée ?

    M. de Tel-Aviv : Qu'entendez-vous par là ? … Monsieur ? Allons, répondez-moi !
La communication fut coupée, et quelques larmes furent prises à couler sur les joues froides du Chef Tribal, gelant par la température ambiante. Rentrant le téléphone dans une des poches de son anorak, l'homme fondit en larmes, se cachant le visage de ses deux mains et se détournant de la route, pour éviter qu'on le voie et qu'on le reconnaisse. Il n'avait plus d'intérêt pour son image, il ne se sentait plus Chef Tribal. Il ne voulait que revoir au plus vite sa famille, il ne souhaitait que les embrasser tous les quatre, il ne rêvait que de les serrer une fois de plus dans ses bras, sentant leur chaleur à tous. En un instant, il revit le visage souriant de Maria, d'origine valicienne, il revit les décoiffés cheveux blonds d'Ehri, son fils, il revit les yeux déterminés, pleins d'espoir et de fierté, d'Idha, sa fille aînée, et entraperçut les mains douces de Felicia, sa petite dernière. Pétrifié par le froid, il fut happé hors de sa semi-transe par les appels de son chauffeur, qui était parvenu à remettre le véhicule en marche. Presque à contre-cœur, il s'y installa, ne cessant de se dire que s'il perdait sa famille il n'aurait plus qu'à venir ici-même, à sa jeter contre le sol et à attendre de voir venir la mort. Sans poser de question, son chauffeur le mena, silencieusement, à sa demeure, où, ayant profité du trajet pour sécher ses larmes et feindre un visage insouciant, il retrouva sa famille, qu'il s'empressa d'embrasser. Plusieurs heures plus tard, alors que le Chef Tribal était parvenu à s'isoler dans son bureau, prétextant du travail et emportant avec lui une vieille bouteille de Whisky coor, il reçut un second appel.
  • « Arthen ? C'est Vassiliy. »

    « Vassiliy ! Te voilà donc ! »

    « Pardonne-moi pour le retard de l'appel. On m'a dit pour les menaces. »

    « On t'a dit ? Qui ça ? Je n'en ai parlé à personne. »

    « J'ai mes informateurs partout. Pour le coup, ils étaient à la source de l'information. »

    « Peux-tu me dire qui c'était ? »

    « M. de Éilat, qui apparemment voit d'un mauvais œil tout ce que tu fais. »

    « Voilà qui ne m'étonne guère. Mais je suppose que tu dois te ficher de la politique tribale. Pour m'appeler ? »

    « Ce que tu voulais est prêt. Les hommes sont installés dans un camp militaire privé, non loin de Beershebat. »

    « Ah ! Voilà qui allège ma journée ! Quand serons-nous prêts à opérer ? »

    « Nous le sommes déjà ; nous n'attendons que ton ordre. Juges-tu le moment opportun ? »

    « Oui. Mettez-vous en branle, j'arrive dès que possible. »

    « Parfait. J'espère te retrouver au plus vite. »
Sourire aux lèvres, il raccrocha, puis se leva et but une rasade de whisky. Regardant la fenêtre d'un air théâtral, il pensa au moyen de se rendre au plus vite sur place. Son avion serait sans aucun doute interdit de tout atterrissage sur les pistes en dehors de sa Tribu. Il lui faudrait donc trouver un compromis. Il décida d'atterrir à l'aéroport international d'Érib, se mêlant à la foule cosmopolite et profitant d'une zone de libre accès total. De plus, une partie des pistes appartenait à une compagnie non gouvernementale, « Independent Airways ». Il pourrait profiter de ce terrain pour s'approcher au maximum de sa destination. Étant toujours officiellement libre, le trajet à terre jusqu'à Beershebat devrait se dérouler sans entrave, et il n'aurait qu'à se garnir de quelques gardes du corps embauchés pour l'occasion. Il devrait pouvoir s'en sortir juridiquement, et espérait même profiter de tout cela pour s'accorder une petite promotion. Si tout se passait bien, il prendrait bientôt le contrôle du Conseil des Tribus. Par la force certes, mais au moins le ferait-il. Si l'opération échouait, en revanche... il préférait ne pas y penser. Descendant quatre à quatre les escaliers de sa demeure, il hurla à son valet de maisonnée de préparer le dîner pour sa famille en l'omettant des prises en compte. Celui-ci acquiesça par un rauque agrément, puis on l'entendit, tout cliquetant de verres vides, se diriger vers les cuisines pour dicter consigne au Maître Cuisinier. Avant de franchir le seuil du manoir, un manteau sur les épaules, le Chef Tribal demanda discrètement au Capitaine de la Garde de la Maisonnée de doubler les tours de garde jusqu'à son retour et de bien prendre garde à tout membre de la famille. Il retrouva son chauffeur devant la voiture, soufflant doucement sur ses mains pour les réchauffer. Après plusieurs heures de vol jusqu'à Érib, le Chef Tribal emprunta les services de quatre gardes du corps armés ainsi qu'une voiture et se dirigea, à toute hâte, vers Beershebat. Moins de dix heures après avoir reçu son appel téléphonique, Arthen retrouvait Vassiliy et l'enlaçait vigoureusement.
  • « Ah, vieux frère ! Comme cela faisait longtemps ! »

    « C'est bien vrai, Vassiliy. Alors, dis-moi. Où en es-tu de cette histoire de Conseil des Tribus ? »

    « Ça avance rigoureusement, Arthen. Nos troupes sont dissimulées partout autour du bâtiment et dans des immeubles alliés loués pour l'occasion. Dès que nous aurons rejoint les abords du champ de bataille, il s'illuminera de notre intervention. »

    « Voilà qui me réjouit ! Viens, allons prendre un verre de Téréos pour fêter ça ! »

    « Avec plaisir ! »
Lorsque le moment leur parut venu, les deux hommes emmitouflés dans leurs manteaux d'hiver prirent un véhicule militaire et se dirigèrent vers Beershebat, à l'orée de laquelle ils descendirent. Finissant le chemin à pied, ils ressentirent le froid plus que jamais. Si loin au sud, la moindre inattention pouvait donner lieu à une perte de connaissance. Originaire du nord du pays, le Chef Tribal faisait extrêmement attention, alors que Vassiliy, originaire du sud polaire, ne s'en souciait que peu. Ils parcoururent les rues de la ville, déserte à cette heure si matinale, et rendirent visite à leurs troupes, qu'Arthen trouva plus mûres et mieux armées qu'il ne l'aurait imaginé en si peu de temps de préparation. Ils patientèrent jusqu'à l'arrivée des Chefs Tribaux, puis envahirent, silencieusement, le grand bâtiment du Conseil des Tribus, ne rencontrant, étrangement, aucune résistance.

Posté : ven. janv. 03, 2014 1:37 am
par Iskupitel
<center>Rappel à l'ordre interne (4/5)</center>

N'oubliez pas de lire les parties [url=http://www.simpolitique.com/post210188.html#210188]Une[/url], [url=http://www.simpolitique.com/post214171.html#214171]Deux[/url] et [url=http://www.simpolitique.com/post214182.html#214182]Trois[/url].

Le temps n'était pas réellement favorable à l'opération, mais le Conseil des Tribus ne tolérerait aucune lâcheté. Ils étaient entraînés pour ce genre de situations, et ils comptaient bien mettre leur entraînement à profit. Les six hommes avançaient sous la pluie battante, pris dans le froid, mais tenaient à se dissimuler à la vue d'un quelconque et inattendu passant. Les chances de trouver quelqu'un au milieu de ces bois éloignés de tout étaient extrêmement faibles, mais ils ne souhaitaient prendre aucun risque qui pourrait compromettre le bon accomplissement de leur mission. Battue par les vents et les gouttes de pluie, la forêt était comme en folie, et les feuilles comme les troncs ployaient dans tous les sens. La petite troupe était ce qui ressemblait le plus à quelque chose d'immobile, au milieu de la tempête. Ils arrivèrent bientôt en vue de la maison, qu'ils contournèrent à couvert. Devant une fenêtre à l'arrière du bâtiment, ils fracassèrent la vitre, profitant du bruit provoqué par un coup de tonnerre, et s'infiltrèrent, vérifiant que personne ne les avait entendus. En quelques minutes, ils avaient atteint le deuxième étage et attendaient les ordres à l'abri d'un cagibi, non loin de la porte stratégique.
  • Capitaine : Attendons les ordres.

    Poste de Commandement : Bien reçu. Au top, ouvrez la porte doucement, elle ne devrait pas être verrouillée. Si elle l'est, crochetez la serrure. Surtout, ne faites aucun bruit.

    Capitaine : Bien reçu.

    Poste de Commandement : Ensuite, exfiltrez les quatre civils, qui devraient être endormis. Usez du chloroforme et restez discrets. L'exfiltration se fera à la Landing Zone. Terminé.

    Capitaine : Bien reçu, en avant.
Sans bruit, ils rangèrent leurs armes, et un sergent ouvrit la porte tandis que quatre s'apprêtaient à entrer et que la capitaine faisait le guet. À l'intérieur, trois femmes dormaient, et un garçon était réveillé. Il tenta de se débattre lorsque l'un des hommes le plaqua à terre avec douceur, puis fut calmé par le chloroforme. Ils repartirent rapidement, laissant derrière eux quatre places vides et quelques débris de verre. L'hélicoptère d'exfiltration les amena à la demeure de vacances du Chef Tribal de Tel-Balikh, de l'autre côté du Détroit, et les six soldats d'élite furent forcés au silence en étant rudement assassinés et jetés, lestés, à la mer.
  • M. de Tel-Balikh : Une bonne chose de faite. À présent que sa famille est sous notre contrôle, que pourra-t-il bien faire contre nous ?

    Domestique : Excellence, un appel de M. de Tel-Beershebat.

    M. de Tel-Balikh : Dites-lui de laisser un message.

    Domestique : C'est déjà fait, Excellence. Il a dit que le Conseil était assiégé par les rebelles et qu'ils tomberaient sous peu sans aide extérieure.

    M. de Tel-Balikh : Quoi ? ! Comment ont-ils osé faire cela ? Et si la République l'apprend et réagit ? Il faut que nous réglions cette histoire rapidement et dans les fines marges de manœuvre laissées par la loi. Ce ne sera pas facile, mais il va nous falloir quelques experts.

    Domestique : Qui dois-je appeler, Excellence ?

    M. de Tel-Balikh : Mes avocats ; et passez-moi M. de Tel-Beershebat.

    Domestique : De suite.

    M. de Tel-Beershebat : Ijihn, il faut que tu nous trouves du soutien. Au plus vite.

    M. de Tel-Balikh : Je vais voir ce que je peux faire avec Tel-Éilat. Au pire, avec Tel-Érib, mais ce sera plus difficile. Vous avez prévenu quelqu'un d'autre ?

    M. de Tel-Beershebat : Non, personne.

    M. de Tel-Balikh : D'accord. Combien sont-ils, environ ?

    M. de Tel-Beershebat : Une bonne centaine, moyennement armés mais bien coordonnés. Selon mes estimations, on pourra tenir encore deux ou trois heures, ensuite on sera dans un état... critique.

    M. de Tel-Balikh : D'accord, très bien. On va vous sauver, tenez bon. Si jamais il y a un problème, n'hésitez pas à indiquer aux leaders que nous tenons la famille de M. de Tel-Aviv, normalement cela les fera réagir.
Au premier étage du Conseil des Tribus se trouvait une large salle généralement utilisée lors des réceptions personnelles de M. de Tel-Beershebat, une fois l'an. Là était établi le quartier général provisoire des rebelles, favorables à M. de Tel-Aviv. Peu, ils avaient préféré les armes aux paroles, et ils s'étaient organisé en conséquence. Vassiliy était dans son élément pour la première fois depuis douze ans, date à laquelle il était chef de bataillon lors de la guerre civile entre les princiers et des rebelles. Il avait alors choisi le camp des vainqueurs, celui d'Iskupitel. Aujourd'hui, il tentait de remettre le système en cause, et mettait volontiers ses compétences au services de tous. Homme de guerre et bon meneur d'hommes, il était mauvais sur la stratégie, et il n'avait pas prévu des renforts ennemis. Aussi vit-il son armée être rapidement prise de court alors qu'elle tentait de s'enfuir du bâtiment et de se retirer au plus loin possible des lieux, chaque rebelle cherchant seulement à survivre. À l'entrée de la ville grondaient les chenilles des chars, et chaque bruit faisait sursauter la cinquantaine d'hommes restants. M. de Tel-Aviv et Vassiliy courant à la tête de leurs troupes, les quatre chars venus en renfort de leurs ennemis les encerclèrent aisément, et, au milieu d'une place tel-beershebatie, Vassiliy ordonna à quelques hommes de rester se battre tandis qu'il fuirait. Sans grande surprise, les hommes refusèrent immédiatement, et tous fuirent, plus ridicules les uns que les autres, vers la seule rue inoccupée, grâce à laquelle ils purent rejoindre leur campement, à l'extérieur de la ville, et fuir de manière plus efficace et plus profonde dans la campagne tel-éribaine.

Posté : sam. janv. 04, 2014 2:44 am
par Iskupitel
<center>Rappel à l'ordre interne (5/5)</center>

Cela faisait plusieurs jours que le chef tribal de Tel-Aviv et ses alliés campaient au fin fond d'une forêt peu fréquentée, plus discrets que jamais. Leur moral était proche du néant, et chacun cherchait un moyen de s'en aller, égoïstement, mais personne n'en trouvait de suffisamment unilatéral pour ne pas être spolié par ses camarades. Chacun des soldats présents avait décuplé le nombre de ses ennemis, et chacun se réfugiait dans une notion, plus ou moins matérielle : d'aucuns buvaient, d'autres fumaient, certains s'étaient trouvés une âme de jardinier, et les autres priaient. Le mysticisme avait atteint son apogée au sein du petit campement, et une secte avait commencé à s'y établir. Sans qu'ils soient physiquement enfermés, le petit groupe était reclu et esseulé, et la situation était critique. Le Chef Tribal sortit un jour de la forêt, à la tête d'une petite patrouille, et il rencontra, sur une route, un vieil homme qui l'informa d'un numéro de téléphone à appeler. Consultant les derniières batteries de son portable wapongais, il le composa, et une voix dure lui répondit.
  • « M. de Tel-Aviv, comme il est plaisant d'entendre votre voix ! Vous vous faites rare sur le devant de la scène, ces derniers temps. »

    « Et vous êtes... »

    « Allons, cher collègue, voyons. Vous savez très bien qui je suis. Sinon, jouons aux devinettes. Je suis un homme, je travaille avec vous mais je n'habite par dans la même tribu que vous. »

    « Vous êtes donc un chef tribal, certes, mais lequel ? »

    « Ma tribu est très influente dans notre milieu. »

    « M. de Tel-Balikh ? »

    « Vous voyez que vous pouvez être intelligent. Quoi qu'il en soit, nous sommes là pour parler affaires. »

    « Ah... vraiment ? »

    « Oui, je vous assure. Visualisez-vous... votre famille. Enfermée. Pleurant. »

    « Vous n'avez pas... »

    « Oh que si ! Alors, mon cher collègue, que diriez-vous que nous négocions la vie de votre famille ? »

    « Que souhaitez-vous ? »

    « Votre démission. »

    « C'est tout ? Vous ne voulez que ma démission ? Et vous avez fait tout cela pour ma démission ? »

    « Exactement. »

    « Dans ce cas, je demande à ce que mes alliés se voient reconduits sans problèmes au lieu de leur choix. »

    « Pourquoi cela ? »

    « Nous avons tous deux intérêt que le gouvernement n'apprenne pas cela, n'est-ce pas ? »

    « C'est tout à fait vrai. J'accepte. »

    « Relâchez ma famille et je me manifesterai pour signer ma démission. »

    « Parfait. C'est un plaisir que de vous voir coopérer. Surtout après tout le mal que nous nous sommes donné pour cela. »

    « Je ne vous le fais pas dire... »
Le soulagement envahit le Chef Tribal, qui rentra en souriant au campement pour annoncer la bonne nouvelle à ses camarades. « Nous sommes sauvés ! » se réjouissait-il. Et la suite des événements confirma ses dires, que ce soit dans le camion les menant à Aviv ou devant sa résidence familiale, ses trois enfants courant vers lui, sourire aux lèvres. « À l'heure qu'il est, Vassiliy doit être en route vers Tel-Dehat. J'espère qu'il n'y sèmera pas trop de troubles... » se prit-il à penser laconiquement. Le lendemain, il signait publiquement sa démission, prononçait un maigre discours d'adieu et regagna sa retraite. Avant de se couper du monde des informations, il remarqua dans un journal local que son remplaçant avait été élu et que c'était un musulman, pour la première fois de l'histoire tel-éribaine. Poussant un grognement désapprobatif, il jeta le journal au feu, et s'endormit.