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Posté : jeu. sept. 20, 2012 4:43 pm
par Rezzacci
<center>Le Phileas
Edition du 28 février 2018</center>

Les évènements s’accélèrent en San Luca. Certains informateurs affirment que la cité d’Héphaïs est sur le point imminent de basculer dans l’indépendance, sous le nom de République Populaire d’Héphaïs. Apparemment, les forces stalagmantines officielles ont encore du mal à contenir les émules, mais la Sérénissime tient encore le coup.
Les mouvements révolutionnaires se concentrent essentiellement sur Héphaïs, Bel Proximus, Torovgrad et Garicitta. Les campagnes profondes ne commencent qu’à peine à adhérer au mouvement, et la Cité des Doges et l’île des Princes continuent à rester indéfectiblement conservatrices.
A croire que la révolution a du mal à traverser les bras de mer.
Mais le conflit, qu’on aurait pu croire local, devient intégral.
Une puissance étrangère – sûr à 98% qu’il s’agit du Kirkstan – est venue en aide aux révolutionnaires pour leur fournir armements et entraînement. Un matériel militaire à la modernité et la sophistication jamais vues en Stalagmanque s’est vue arriver à foison par aéroportation.
Mais le camp des gentils n’est pas en reste. Le Schlessien s’est montré explicitement prêt à entrer dans le conflit, tandis que le Thorval, plus réservé, reste ferme sur ses menaces d’entrer dans le conflit en cas de dérapage de la part des puissances communistes.
Mais certaines nations viennent inopinément et étrangement mettre leur grain de sel. La République Technocratique-Démocratique d’Azude, par exemple, qui exhorte les deux partis à la sobriété sanguine et à la pacification du conflit.
Nul doute que le conflit possède des proportions et ramifications plus complexes qu’il n’apparaissait au début.

Espérons juste que le régime stalagmantin permettra de garantir, pour des siècles encore, ces libertés et de bien-être dont nous priverons les furies sanguinaires des révolutionnaires.

Posté : sam. sept. 22, 2012 7:04 pm
par Rezzacci
<center>Le Héraut
Edition du 6 mars 2019

Petit étude géopolitique de la région Furibalditaine
Par Dr. Fernando Carusel, professeur de Géographie à l’Université Pontificale de Stalagmanque
</center>

En ces temps troublés, il est plus que nécessaire de mettre à plat les différends, de tabuler les affrontements et idéologies, et les inscrire sur une carte afin d’avoir un meilleur aperçu de l’évolution des mœurs des côtes furibalditaines.
Voici donc, confectionné par mes soins et d’après les études faîtes par mes confrères et votre serviteur, l’évolution idéologique des différentes régions de la république.

<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121111110305118343.png][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/11/11/121111110305118343.png[/img][/url]</center>

En violet, nous avons les territoires qui sont toujours loyaux envers le régime de la Sérénissime, et qui rejettent les enseignements de Kirov. Nous y trouvons la cité de Stalagmanque, le judicat de Furibaldi et l’ancien judicat de Logudoro.
En jaune, nous avons les territoires qui manifestent quelques penchants en faveur de l’indépendance et de la révolution populaire. Ce sont les territoires rattachés aux villes de San Luca, San Rivierasco, Oberto, Aix-sur-Mer, Aix-les-Bains, Doncca, Pazaccévi, Tremor et Asthmise, sans oublier l’ex-Grand-Duché d’Alto-Antrace.
Les territoires en orange sont ceux qui ont déjà amorcé les processus d’indépendance, comme la destitution du recteur ou le vol des clefs de la ville. Ce sont les cités de Triponte et Malatesta, ainsi que l’ancienne Superbe République d’Infoco.
Le bordeaux représente les territoires qui sont sur le point imminent de devenir indépendant, comme l’ancienne république de Bel Proximus et les anciens Bûchés de Tartari et Plutonis.
Enfin, en vert, nous avons les territoires qui ne manifestent aucun penchant particulier pour l’un ou l’autre des deux camps. Ces territoires sont les judicats de Cisylvanie et Giustarostov (avec des différences entre l’ancienne seigneurie de Torovgrad et la baronnie de Giustamare), ainsi que le territoire rattaché à l’abbaye de San Jorge, l’ancien palanat de Sainte-Aix et l’île de Nursie.
Il est intéressant de remarquer que les variations idéologiques coïncident avec les antiques frontières d’avant le premier Risorgimento que connut la région. Il est fort probable que les pays indépendant divisent de nouveau le continent comme lors de l’ère médiévale.

Posté : dim. sept. 23, 2012 7:59 pm
par Rezzacci
<center>Le Souffle
Edition du 9 mars 2019


Premier banquet de l'année
</center>

La révolution a beau lieu d'être, ce n'est pas une raison pour enterrer les traditions, au contraire. Il est nécessaire, en ces temps troublés, de se rattacher au socle immuable et rassurant du calendrier et des us et coutumes.
C'est pourquoi, à l'étonnement général, le Premier Banquet du Doge a quand même eu lieu.

Pour rappel, le Doge est tenu d'offrir sur sa bourse personnelle cinq banquets par an : le premier pour les patriciens, le deuxième pour les guildes et la Chambre de Commerce, le troisième pour les citadins et marins de Stalagmanque, le quatrième pour le clergé, et le cinquième pour les mendiants.

Aujourd'hui, ce fut, bien sûr, le premier banquet, en l'honneur du patriciat. Malgré les troubles extérieurs, l'île de Furibaldi et la Sérénissime Cité semblent être épargnés. Le Sénat au complet s'est réuni pour le magnificient banquet en son honneur.
Mgr. Adso Rezzacci, Sérénissime Doge de Stalagmanque, très souffrant, a tout de même tenu à participer, comme le veut la coutume, au banquet, et de le présider. Il a même tenté de faire un discours, mais ses fluxions et ses poumons atrophiés l'en empêchèrent.

Le festin était au rendez-vous : épices de Roumalie et Kaiyuan, poivre d'Eran, vins biturigeois, caviar rostove, liqueurs en tous genres, bétail, gibier, poissons, fruits de Makara et Zanyane, il y en avait pour tous les goûts et suffisamment pour donner la goutte à quiconque. Le prix de ce repas s'élèvent à plusieurs centaines de milliers de ducats, ce qui soulèverait davantage les esprits épris de socialisme si ceux-ci n'étaient pas déjà en révolution.

Francesco Doppiezza, juge métropolitain, a fait le discours de Mgr. Rezzacci à sa place. Celui-ci portait essentiellement sur les liens essentiels qui unissent la nation, et sur l'importance de la cohésion nationale. Il fallait éviter de reperdre les territoires continentaux, et se retrouver à devoir pratiquer un troisième Risorgimento.

Durant le banquet, les discussions portaient essentiellement sur le cours des épices, du cacao et du café, dont les prix atteignaient des valeurs insensées, et qu'il fallait donc in fine rebâtir un empire commercial et des comptoirs afin de se réapprovisionner en ces ressources indispensables au luxe patricial. Certains esprits embrumés par le vin se risquèrent à lancer la polémique sur la révolution, et sur la possible, mais improbable, prochaine indépendance de Bel Proximus. On ignorait encore le résultat de l'envoi de troupes, mais, comme on ignorait la force de frappe des rebelles, on priait pour s'assurer d'avoir la supériorité militaire et numérique.

Toujours est-il que ce banquet fut, comme d'habitude, un réel succès. Les membres des guildes et la Chambre de Commerce attendent impatiemment le leur, en espérant que la révolution se sera calmée d'ici là, et qu'il restera une Stalagmanque pour héberger ce banquet digne d'un empereur.

Posté : lun. sept. 24, 2012 3:16 pm
par Rezzacci
<center>Guilde des Métiers du Livre
Edition du 12 septembre 2019</center>

Fondation d'une nouvelle guilde

Aujourd’hui naquit une nouvelle guilde, qui remplit toutes les conditions nécessaires pour faire partie de la grande et fraternelle famille des industries des temps anciens.
Cette guilde naquit d’un nouveau besoin dont se pare rapidement la République, comme le fut la Guilde des Electriciens. Nous voulons parler du besoin informatique, électronique et cybernétique. En effet, le réseau internet était tout bonnement anarchique, et la Sérénissime observait un retard flagrant dans ce domaine.
Mais plus de problèmes, plus de soucis. La nouvelle guilde est arrivée, sous le nom assez peu orthodoxe de Cyberguilde. Son Coordinateur, Hector Bibendum, est déjà sur le projet de relier les bâtiments importants de la cité de Stalagmanque à la fibre optique afin que le pays puisse être relié à l’Internet – enfin, la partie du pays reliée à l’électricité pour l’instant.
Nul doute que l’arrivée de cette guilde était indispensable. Mais survivra-t-elle aux affres de la révolution ? Seul le temps nous le dira.

Posté : sam. oct. 20, 2012 9:38 pm
par Rezzacci
<center>Le Souffle
Edition du 31 mai 2019
</center>

Oremus sunnismis in gloria

Depuis quelques temps une étrange fièvre s’est emparée des opéras et théâtres de notre monde entier. Nul ne sait pourquoi ni comment, mais tels sont biens les faits que l’on observe dans nos placides contrées.

Des opéras, ne respectant pas la règle de l’Octet ou de Markovnikov, sans aucun souci pour l’Effet Karash, les conventions de Cahn-Ingold-Prelog ou les représentations de Lewis, pullulent n’importe où. La Nomenclature Organique Musicale, ou Nomenclature sans NOM, comme on l’appelle dans le milieu, est bien mise à mal.

Mais, nom d’un chien, qu’est-ce que c’est beau !

Soyons francs immédiatement : le livret ne mérite pas qu’on s’y attarde. Une jeune femme qui se fait embobiner par le système sunniste, rien de bien folichon. Outre le fait que c’est une excellente satyre au second degré de la naïveté que l’on trouve chez les jeunes et du danger que peut représenter un immonde conglomérat de poètes désabusés (ici, les sunnistes), la mise en vers est en un italien moderne et vulgaire des plus écorcheurs aux oreilles. Auraient-ils pu au moins choisir l’italien académique, tel qu’enseigné à l’Académie des Belles Lettres, ou encore le bien meilleur latin, voir l’espagnol en dernier recours, mais jamais encore la langue des campagnes n’avait souillé notre Bel Art qu’est l’opéra.

Fort heureusement, la musique rattrape tout le reste, et largement. Comme nous l’avons déjà précisé, le style est tout à fait nouveau et excentrique, mais attaque directement dans le lard et dans les tripes. Aucun de nos collaborateurs n’a eu les larmes aux yeux en y assistant. Une telle force se dégageait de l’orchestre, une telle puissance, qui ne devenait pas un simple ravissement des oreilles, mais également une transcendance de l’âme, un chamboulement de l’être et une élévation spirituelle.

Attention, nous ne disons pas qu’ils éclipsent nos maîtres d’antan. Gioacchino Violini reste et restera le grand maître incontesté de la Musique et de l’Opera-Buffa, et les nouvelles œuvres n’arrivent pas à l’orteil de celles de Furtozetti, Bruttini ou Gialli.

Hélas, trois fois hélas ! Si seulement les révolutionnaires, tant sunnistes que communistes, se limitaient à la musique plutôt que de se mêler de politique, le monde ne s’en porterait que mieux.

Mais toujours est-il que les sunnistes manipulent des forces dont ils n’ont pas conscience. Nous autres, stalagmantins de longue date, connaissons le pouvoir et la portée des notes, et savons quelles graves conséquences elles peuvent avoir dans des mains inexpérimentées. Souvenons-nous de Wolfgang Amadeus Goethe, l’émigré du Schlessien, qui poussa au suicide quasiment toute une génération de jeunes mâles embrouillés par ses idées. Il y en a plein d’autres, mais gardons à l’esprit celui-ci. Le fanatisme, la déformation, l’attachement aux formes et non au fond, voilà ce qui attend le sunnisme en Stalagmanque. Déjà Logudoro s’allie aux communistes, et déjà les convois d’eau salée se dirigent vers l’ancien Judicat Libre.

Leur faible expérience en matière de musique se traduira par une échéance à brève période. Les sunnistes, comme les communistes, ne sauront tenir sur la durée. Dureront-ils à peine un ou deux siècles que déjà ils s’éteindront dans la fleur de l’âge.

Quant à nous, bons stalagmantins, profitons de l’éternelle vie que nous a accordé le Seigneur. Remercions-Le, et gardons à l’esprit que la grandeur d’un pays ne se mesure ni à sa population, sa taille, ou son rayonnement, mais bien à l’aune de ses siècles d’existence.

Salve

Posté : mer. oct. 24, 2012 4:33 pm
par Rezzacci
<center>Le Héraut
Edition du 12 juin 2019
</center>

Evolution politique

Décidément, l’année 2019 sera l’année de tous les changements, et sera à marquer d’une pierre blanche autant que l’année 1807. De toute façon, il en faut bien pour marquer la date de la perte de 90% de notre territoire national.

L’esclandre du jour fut la création – forte étonnante pour un système gouvernemental comme le nôtre – de partis politiques. Pour ceux qui sont plus habitués au système parlementaire électif étranger et ne sauraient comment les partis politiques pourraient être efficaces au sein du Sénat, auparavant si uni face aux 99.9% de gens formant le reste de la population, peut se diviser et fonctionner selon un système multipartite.

Il faut savoir que la réunion et la discussion d’environ 5000 individus reste une tâche très ardu. La plupart du temps, les patriciens se réunissaient en groupes et envoyaient délégué pour donner leurs positions et leurs idées de pensées. Ce système n’est pas à rapprocher du multipartisme, car les groupes de pensées étaient uniquement familiaux. Chaque famille envoyait un représentant à la tribune pour discuter et débattre. Ceci simplifiait bien entendu les choses.

Mais voilà : les récentes affaires en Stalagmanque et sur le continent ont fait changer les mentalités. Il ne se passe plus un repas de famille sans que la question tombe sur le tapis, et il y a autant d’avis sur les causes du problème et sur les solutions qu’il y a de participants.

Si bien qu’à présent, les patriciens se réunissent sous l’idéologie et non plus sous le patronyme.

Les deux grandes séparations restent, bien entendu, toujours d’actualités, et restent même au fondement de la séparation mentale des sénateurs. Nous voulons bien entendu parler des différences entre Compositeurs et Librettistes, qui prennent les noms originels, à savoir Partitura et Libretti (la Partition et les Livrets).

Mais il subsiste des divisions au sein même de ces grands ensembles, à présent. Nos experts se sont penchés sur la question et vous livrent ce dossier sur la répartition politique du Sénat de Stalagmanque (bien évidemment tout sauf une représentation démocratique).

Les divisions idéologiques ont pour base initialement soit la volonté de répondre directement au problème de la révolution, soit de résoudre les origines de la révolution dans ce qu’il reste du pays.

<center>Répartition graphique des sièges au Sénat
[url=http://www.casimages.com/img.php?i=12102406390586224.png][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/24/12102406390586224.png[/img][/url]</center>

De gauche à droite :
  • Spettatori (19,35%)
    Doppiezza (9,56%)
    Travesti (12,99%)
    Coloraturas (10,91%)
    Solisti (1,05%)
    Buffoni (4,67%)
    Amministratori (2,59%)
    Banditori (2,08%)
    Sordi (2,08%)
    Padroni (7,29%)
    Maestri (3,13%)
    Moderni (5,21%)
    Loggionisti (19,09%)
<center>La Partitura
Sine musica anima mori

63,20% des sénateurs</center>

Plus spirituels que leurs adversaires, ils restent très attachés aux traditions, au passé et à la culture. Ils n’imaginent pas un univers sans l’Eglise comme tuteur, la Soffitta comme pivot et la Loi comme carcan. Bercés d’imagination et de chansons, ils abordent le monde d’un œil très ouvert, mais la plupart du temps trop distant avec la réalité.

Les Spettatori (19,35%)
La ligne de conduite des Spettatori est l’amorphie générale, la non-action continue, le néant absolu. Ils partent du postulat que si on ne fait rien, on ne fait rien de regrettable ou de préjudiciable, et que, si ça fonctionnait hier, ça fonctionnera demain. Formant un corps important au sein du Sénat, c’est le groupe le plus conservateur et qui n’avancera jamais. Il est fort évident qu’il sera impossible de les faire entrer dans une coalition politique.

Les Doppiezza (9,56%)
Aujourd’hui seulement on a pu mesurer l’étendue de la tentaculaire et infinie famille des Doppiezza. 446 sénateurs appartiennent à cette illustre famille, et, contrairement à de nombreuses autres familles, ils continuent à parler d’une seule et même voix. On en sait peu sur leurs ambitions, et il font tout pour qu’elles restent secrètes.

Les Travesti (12,99%)
Troisième groupe le plus influent, il part sur l’idée que Stalagmanque n’aurait jamais dû devenir un Etat continental, mais rester une thalassocratie, comme elle l’a toujours été et le sera toujours. Ils sont pour une relance de la reconquête des comptoirs commerciaux, pour un commerce à plus grande échelle et pour une plus grande implication diplomatique et d’espionnage sur la scène internationale.

Les Coloraturas (10,91%)
Les Coloraturas virent que la révolution naquit du fait que la culture stalagmantine se délitait considérablement. L’Etat se devait donc, en tant que République, et non plus en tant que somme de riches individus, de s’investir davantage dans la culture du pays, de créer un socle de valeurs communes. En outre, les Coloraturas sont très attachées au principe de religion nationale, et veulent donc une réaffirmation du catholicisme comme seul culte valable dans la République, et exigent une plus grande sévérité de la part de l’Inquisition.

Les Solisti (1,05%)
Très vieux parti en tant que groupe idéologique, ils militent pour que le patriciat devienne héréditaire. En effet, un addendum dans le Code pourrait parfaitement pallier à ce problème et permettre de garder un plus grand élitisme, et donc une moindre corruption de l’Etat. La Sérénissime doit devenir un pays plus minarchiste que jamais si elle veut garder sa souveraineté.

Les Buffoni (4,67%)
Le problème essentiel du pays, selon les Buffoni, est que le Sénat est trop éloigné du peuple, et par conséquent il faut s’en rapprocher, mieux assimiler sa culture aux Beaux-Arts de la capitale. Seule une réconciliation des provinces et de la capitale pourrait éviter de tels débordements comme ceux que l’on a pu observer sur le continent et en Nursie.

Les Amministratori (2,59%)
Véritable paradoxe au sein de la Partitura, ils sont pour une bureaucratisation et une hiérarchisation de l’administration stalagmantine, afin d’exercer un plus grand pouvoir sur le peuple. Ce qui les différencie des Libretti est qu’ils veulent classer tout ce qu’ils voient selon une nomenclature musicale et artistique. Ils gardent une vision très poétique et lyrique du monde ; mais rien ne dit que la poésie et le lyrisme ne peuvent s’épancher dans de jolis classeurs biens tabulés.

Les Banditori (2,08%)
Et si on supprimait le principe d’Etat-nation ? Telle est la question de base des Banditori. Leur projet est de faire en sorte que la culture devienne mondiale, sous indication stalagmantine, bien évidemment – faut pas déconner non plus. Ceci permettrait un meilleur dialogue, et un commerce menant vers une plus grande prospérité commune.

<center>Les Libretti
Pecunia mundo imperat

17,70% des sénateurs</center>

Diamétralement opposés à la Partitura, ils n’envisagent le monde que sous l’angle utile et pratique. Combien avons-nous gagné, combien sommes-nous en train de perdre ? Combien reste la question fondamentale, devant le comment et le pourquoi. Tout peut se résumer, en somme, à un problème plus ou moins complexe d’arithmétique. La Raison et la Logique sont au cœur des outils de pensée, et on évite de perdre son temps en divagations.

Les Sordi (2,08%)
L’étranger, c’est le mal. Vivons en autarcie, fermons nos frontières, et isolons-nous. Si rien ne vient du dehors, il n’y a pas d’éléments perturbateurs, pas de frottements, et tout fonctionne parfaitement selon une mécanique bien huilée, et ce pour les siècles et les siècles. Et si un problème survient, il est bien plus aisé de l’identifier.
Voilà le leitmotiv des Sordi.

Les Padroni (7,29%)
Les Padroni veulent mettre en place une économie d’Etat. Ils veulent que le domaine de la production et de l’industrie ne soit pas plus du domaine privé, et souhaitent que certains domaines, notamment les stratégiques – architecture, armement, énergie, santé – soient nationalisés.

Les Maestri (3,13%)
Le problème de la révolution vient du fait que le peuple bénéficiait de bien trop de libertés. La solution est donc la diminution, voir la suppression totale de ces libertés. Que le Sénat impose un véritable totalitarisme sur les sujets, et le pays ne pourra s’en tirer que mieux, disent-ils.

Les Moderni (5,21%)
Etonnement nombreux, les Moderni sont des « révolutionnaires » sociaux. Ils veulent une plus grande libéralisation des mœurs, une couverture sociale, et pourquoi pas enfreindre les Lois en donnant au peuple un certain pouvoir, et intégrer un peu de démocratie en Stalagmanque. La laïcisation du pays est aussi un de leurs buts.

Les 19,09% des sénateurs restants se sont eux-mêmes nommés les Loggionisti. Ils n’ont, à proprement parler, aucun avis, mais ne se gênent pas pour critiquer celui des autres. Ils ne proposent rien, ne sont pour rien, détestent tout, mais au moins ils pointent les défauts majeurs des autres idées.

Posté : sam. oct. 27, 2012 4:30 pm
par Rezzacci
<center>Le Phileas
Edition du 21 juin 2019</center>

Jour mémorable sur le plan tant diplomatique que judiciaire.

Hier a été rendu le verdict de la XIIe séance correctionnelle supré-républicaine.
Rappelons-le, les séances correctionnelles supré-républicaines sont des procès organisés contre un pays en tant que personne morale, avec pour accusé le chef de l'Etat accusé. Bien entendu, le chef d'Etat étranger étant protégé par l'immunité diplomatique, ce procès n'a qu'une valeur consultative, l'accusé étant renvoyé en son pays et soumis à sa justice endémique. Cette pratique provient du Moyen-Age, à une époque ou les républiques maritimes de la Corne Furibalditaine possédaient une justice indépendante du pouvoir étatique, militaire et diplomatique.

Cependant, l'originalité de la XIIe séance qui a eu lieu hier tient au fait que l'accusée, Mme Justice Clavez, Première Administratrice de la République Technocratique-Démocratique d'Azude, s'est soumise, de son plein gré et selon ses propres mots, à la justice pénale. Les magistrats devaient considérer que la peine existaient, et donc elle existaient. Principe juridique de base.

Et le verdict a été rendu, après dix-sept jours de délibération. Bien entendu, les Juges Métropolitains n'ont pas prit en compte les évènements diplomatiques en jeu. Il est déjà arrivé que le Conseil des III fasse entrer le pays en guerre - guerre perdue, par ailleurs - en accusant et condamnant à mort de jure le Doge d'Infoco, par exemple.

Le verdict rendu est donc, comme d'habitude, d'une exemplaire Justice. Mme Clavez, en tant que Première Administratrice d'Azude, ayant eu une influence néfaste sur Stalagmanque, elle a été bannie, condamnée à l'exil, ainsi que tous les Premiers Administrateurs futurs d'Azude.

Un verdict exemplaire, qui punit juste comme il faut la coupable.

Fait intéressant : ayant été déclarée coupable, Mme Clavez démissionna de son poste de Première Administratrice. Le pouvoir est remit au Conseil Administratif National. De nouvelles élections internes ne sont pas encore annoncées, et la République Technocratique pourrait bien rentrer dans un état d'instabilité.

Il est fort à parier que les diplomates du service de greffe en voudront à notre Justice si cette dernière fait rentrer Azude dans un état de crise, ce pays ayant été non pas un fidèle allié, mais un pays ami, et l'on sentait que l'on pouvait compter sur lui.

Quoiqu'il en soit, Dieu soit loué, l'incident est clot et nous pouvons retourner à nos occupations, à savoir cette petite révolution qui chamboule toutes nos traditions.

Posté : dim. oct. 28, 2012 4:39 pm
par Rezzacci
<center>Le Héraut
Edition du 24 juin

Notre Doge s’en va en mort</center>

Depuis des mois, la santé de notre Sérénissime Doge s’en va en déclinant. Les médecins se succèdent, mais ne parviennent pas à la guérir. L’origine même de la maladie n’est pas déterminée. Les plus grands diagnosticiens du monde se sont succédés, et le seul résultat reste l’usure naturelle de tout corps humain inhérent au grand âge et à l’activité épuisante de Doge. Aucun remède, donc, et aucune échappatoire.

Cependant, ce diagnostic n’a toujours pas été confirmé, ce qui laisse les chances de survie du chef d’Etat très nébuleuses. Ses symptômes seraient seulement une grande fatigue, une anémie croissante, des crises de toux, des fluxions de poitrines et un souffle au cœur. Les docteurs en médecine se succèdent et épluchent tous les manuels, dictionnaires et encyclopédies pour trouver un éventuel remède qui pourra sortir le Haut Magistrat de sa pente inexorable.

Certains parlaient déjà, pour gagner du temps, d’organiser les élections du prochain Doge, mais 90% des sénateurs s’y sont opposés, arguant le fait que le pays ne saurait supporter l’existence d’un second Antidoge. Le Sénat n’a plus qu’à patienter, attendre que le Doge guérisse ou agonise, pour rétablir une situation saine et stable. En effet, les évènements étant ce qu’ils sont, le Doge n’est pas en état d’assurer au maximum les fonctions de décisionnaire exécutif. Les Lois étant ce qu’elles sont, il lui est cependant impossible de nommer un représentant, un régent, qui assurera la gouvernance. Fort heureusement que le Sénat est ici comme garde-fou.

Régulièrement, de nouveaux diagnosticiens débarquent en notre port afin de s’acquérir de la santé du Doge, et d’essayer de trouver un remède à ses souffrances. Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais qu’il puisse trouver rapidement une issue. L’un des plus grands enfants de l’Eglise ne saurait survivre indéfiniment en cette position.

Posté : jeu. nov. 01, 2012 10:45 pm
par Rezzacci
<center>Le Souffle
Edition du 3 juillet 2019

Fête nationale</center>

Hier s'est déroulée la fête nationale, le 2 juillet, date de la célébration de Saint Luc le Météorologiste, saint patron et protecteur de Stalagmanque.

Comme toujours, les célébrations suivirent le protocole en usage depuis des siècles. Au lever du jour, les cloches de la basilique Saint-Luc sonnèrent, appelant les fidèles à la messe, ouverte à tous - bien qu'une place particulière soit réservée au Doge.

Une messe solenelle est pratiquée par l'archevêque de Stalagmanque, Mgr. Hyacinthe Cornelius, qui fit une homélie très impresionnante sur l'importance d'honorer les saints, de respecter les traditions, et de suivre les canons de l'Eglise. L'Archévêque laissa ensuite la place à Mgr. Rezzacci, Doge de Stalagmanque, pour l'annuel discours magistral à la cité. Malgré la maladie qui le ronge et le ravage, le chef d'Etat a tenu a faire son discours. Il porta, comme d'habitude, sur la nécessité de suivre les lois, sur la félicité de vivre en notre pays, sur l'humilité qu'il faut avoir face aux siècles qui nous précédèrent et à la grâce qu'il faut rendre à Dieu pour la chance dont il nous a fait honneur.

Chose inhabituelle, il prononça aussi un discours aux membres révolutionnaires du continent et de Nursie : en ce jour de pardon et de générosité, et reconaissant sa défaite, le Doge céda au peuples les terres, tant qu'ils laissaient l'île de Furibaldi et la cité de Stalagmanque libres. Cela provoqua des émules, surtout en un jour si patriotique. Mais il fallait reconnaître que le geste était fort, et c'était une main tendue aux révolutionnaires pour leur montrer la voie et le chemin à suivre : savoir pardonner, ne pas s'accrocher, garder espoir et ouvrir le commerce.

Midi arriva alors. Un grand banquet, aux frais du Doge, fut organisé pour les clercs, patriciens et artisans, tandis que de grandes ressources de victuailles étaient offertes aux mendiants, en signe de générosité. Don Francesco Doppiezza, juge métropolitain, profita de l'occasion pour faire son discours sur la générosité et sur l'union qu'il fallait garder, clercs, nobles, pauvres, riches, citoyens, bourgeois et artisans, pour faire face au monde et continuer à prospérer au maximum.

Ce fut ensuite l'habituel et grandiose défilé de la flotte stalagmantine dans le Grand-Canal. Ce fut, comme chaque année, un véritable régale de voir tous ces magnifiques navires faire voile, montrant une fois de plus l'inébranlable flotte stalagmantine, jamais défaite et jamais vaincue.

La cérémonie des présents eu alors lieu. Dix navires furent appareillés, et sur chaque navire fut entreposé un artefact ou ouvrage de grande qualité, sensé rapprocher le peuple vers lequel il était envoyé, soit en signe de reconnaissance, de pure amitié ou de pardon.
Les dix présents furent :
  • -Une croix en argent massif incrustée d'émeraudes et de saphirs, datant du XVe siècle, à l'attention d'Annabelle II, reine du Thorval ;
    -Une horloge en platine de la plus belle sobriété, indiquant, en autre de l'heure, une douzaine de mesures physico-géographiques (tempéature, pression atmosphérique, luminosité, hydrométrie...) à l'attention du prochain Premier Administrateur d'Azude ;
    -Un coffret en acajou culpté et incrusté d'or contenant un service à whisky du plus pur cristal, à l'attention du roi du Coorland, Kenneth II ;
    -Un service de navigation du plus bel effet, contenant un sectant, un compas et une carte de haute précision du ciel et des fonds-marins, pour le président d'Océania.
    -Un revolver d'acier sclupté à crosse d'ébène incrusté d'éclats de rubis, sur laquelle est gravée le portrait de Vladimir Stramine, pour lui-même.
    -Un sabre à poignée dorée et fanfreluches de soie, à fourreau en fourrure de phoque ferré d'or pour Dmitri Korolev, Tsar de Transyldavie.
    -Un orgue de salon à triple jeu, touches en ivoire, et armature en palissandre, gravé de ramures et fleurs bucoliques pour l'Empereur du Schlessien, Friedrich IV.
    -Trois anneaux - un en or surmonté d'un diamant, un en argent surmonté de verre, un en cuivre surmonté d'un cristal de sel - et une boîte à musique en acajou incrusté d'argent et de saphirs, contenant un des plus beaux opéras stalagmantins, La Stalagmantina in Roumalia de Violini, pour
    -Un globe terrestre en cristal, surmonté d'une croix sur laquelle est gravé "Neutralité, Paix, Commerce, Prospérité, Coopération, Progrès" pour le Kanseltan de l'Empire Tarnois.
Par tradition, rien n'est envoyé au Saint-Siège, ce dernier étant récipiendiaire des biens spirituels, ne doit pas être souillés par la matérialité des biens temporels.

Pour terminer la journée, au beau milieu de la lagune, des feux d'artifices roumaliens furent tirés, accompagnés par l'Orchestre de la Soffitta. Ils ne représentaient rien, étaient là juste pour le plaisir des yeux, et le spectacle dura une bonne heure, avec un bouquet final extraordinaire.

Comme chaque année.

Ce fut donc une célébration pleine de réjouissance, sous le signe du pardon, de la fraternité et de la prospérité. Malheureusement, toutes ces festivités eurent raison de la santé du Doge, qui se retira une fois le feu d'artifice achevé dans ses appartements, agonisant. Aucune nouvelle n'ayant encore filtré, on ne sait rien de la survie ou non du Doge.

Posté : ven. nov. 02, 2012 11:41 am
par Rezzacci
<center>Les Carnets du Sénat
Edition du 5 juillet 2019


Allocution officielle de
Monseigneur Adso K.S. Rezzacci
Sérénissime Doge de Stalagmanque


Discours prononcé à l’occasion de la messe du 2 juillet, célébration de Saint Luc le Météorologiste et saint patron et protecteur de Stalagmanque

Retransmission sur la plupart des canaux radiophoniques


A l'attention de toutes les Troïkas de la corne Furibalditaines,

Nous vous informons que nous abdiquons.

Vox Populi, Vox Dei, comme le dit si bien l’adage. Nous sommes conscients du déséquilibre qui existe entre nos deux factions. La force du peuple est largement supérieure à celle du Sénat et de la Compagnie Marchande. Que pouvons-nous faire, quand des puissances supportées par le peuple se décide à se soulever, et veut se déterminer par lui-même ?

A vous, à présent, de gouverner, d’administrer, de régner sur nos terres. Les fiefs séculaires et éternels des Républiques Maritimes de la Corne Furibalditaine vous sont abandonnées. Plus de massacres, plus de conflits, le sang a trop de fois déjà été versé. Mieux vaut une transition en douceur qu’une déchirure et un carnage sans égal.

Prospérez sur ces terres, croissez et multipliez-vous, trouvez le salut dans la multitude et la diversité. Que vous puissiez obtenir un rayonnement culturel aussi puissant et flagrant que celui qui éblouit pendant des siècles l’Alméra orientale.

Nous vous demandons juste de conserver un comportement chrétien. Nous ne parlons pas d’assister à la messe, de suivre des cours de théologie ou de baiser l’anneau d’un évêque ; juste faire preuve de compassion, et de pardon. Refusez l’autocratie du Sénat, soit ; mais laissez au moins les loyalistes conserver leur foyer, leur famille, et leurs amis. Ne les lynchez pas. N’utilisez pas les armes contre vos ennemis, mais essayer soit de les assimiler, soit de les affaiblir. N’oubliez pas que c’est dans l’Union que l’on trouve la force de bâtir de hautes murailles.

Nous vous prions aussi de ne pas toucher à la cité de Stalagmanque. Nous désirons garder un dernier bastion, en lequel notre république pourra s’éteindre naturellement, sans heurts ni violence. Nous préférons nous étouffer en dix ans dans notre opulence malsaine plutôt que de retrouver rapidement la félicité d’un régime populaire. On ne peut abandonner un régime de 1300 ans sans en subir de graves conséquences.

Alors, grâce, nous vous cédons le continent, à la condition que nous gardons notre Fons Adae. C’est peu cher payé en comparaison de ce que nous vous laissons : notre Histoire, nos richesses et notre fierté.

Puissiez-vous trouver la paix et la prospérité en vos idées.