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Posté : sam. déc. 05, 2015 10:08 am
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 11 : Game of Republics -[/bask]

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Monsieur le Premier Ministre,

Nous vous faisons parvenir le rapport du Ministère des Affaires étrangères sur les perspectives diplomatiques pour notre contrée. Comme vous le savez, la situation régionale a significativement changé ces derniers mois, surtout en vue de ce qui arrive aux USP et au Java. En vue de ces changements, nous sommes convaincus que notre pays doit adapter sa stratégie diplomatique et ses ambitions pour éviter que des scénarios noires se réalisent.

Menaces

Le Raksasa est à l'heure actuelle la plus grande menace pour notre pays. Les exercices militaires de Kapasane confirment que ce pays n'a pas rompu avec les dérives de Siman II et s'enfonce dans une croisade qu'on peut qualifier d'insensée. Leurs autorités ont même publiquement déclaré que les exercices étaient organisés à notre encontre. Nous estimons que ces manœuvres sont avant tout une action d'intimidation. Hélas, cela ne réduit pas la dangerosité que ce pays représente pour notre contrée.

Nous avions des grands espoirs que l'émergence d'un régime républicain allait être l'occasion de faire table rase du passé et d'entamer des relations amicales vue que le principal fautif des mauvaises relations était l'empereur Siman II en personne. Malheureusement, le nouveau régime a repris la rhétorique et la politique étrangère de feu Siman II, continuant à vouloir mener une politique belliciste contre nous. Nous avions convenu il y a plusieurs mois de poursuivre la politique de la Fédération donc de ne pas procéder à des actions contre le Raksasa en espérant que le nouveau régime se montre favorable à une restauration des relations diplomatiques. Cette stratégie est un échec.

En conséquence, nos efforts ne doivent plus viser à attendre une occasion de rétablir des relations normalisées avec ce pays. Le régime républicain ne veut pas casser la mécanique infernale qui envenime les relations entre le Tarnosia et le Raksasa. Nous devons donc considérer qu'un conflit sur court et moyen terme est une possibilité, elle est minime mais existante. En vue de ce qu'un conflit signifierait, nous devons agir de telle manière à pouvoir être prêt si ce scénario noir se réalise.

En même temps, le système de stabilisation du Vicaskaran a été détruit par le Khaldidan. Pour rappel, notre pays a réussi à assurer à ce que les républiques du centre du Vicaskaran restent des acteurs indépendants et forts, favorables à notre pays. Cette stratégie du renforcement des petits visait à empêcher que notre pays soit à nouveau encerclé par des bases militaires ennemies et aussi d'empêcher au Ranekika de s'étendre vers le Sud. Les accords sur le transport et sur le pacte de défense créaient un climat hautement profitable aux républiques et ont permis d'établir une muraille contre le Ranekika.

Malheureusement, depuis quelques mois le Khaldidan sabre notre influence au Java. Aussi, nous avons pu constater que l'Icario et le Java ont systématiquement refusé de donner quelconque contrepartie aux avantages économiques offerts par notre contrée et profitent à outrance de nos concessions. Cette attitude du « milk the cow until the blood » était prévue et acceptable pour nous dans le cadre de la guerre froide entretenue avec le Ranekika. Désormais, cette situation devient insoutenable. Nous perdons des milliards en droits économiques et en préparation militaire pour ces républiques et constatons que le Khaldidan avance au centre du Vicaskaran. Il ne fait plus de doute que le Java ne s'intéresse pas à une collaboration avec notre pays et veut uniquement des avantages économiques, jouant sur le plan militaire la carte du Khaldidan pour nous affaiblir dans la région. Une attitude similaire semble aussi se dessiner chez les autorités de l'Icario.

En somme, les deux républiques en question n'offrent plus la garantie de sécuriser notre flanc oriental et nous craignons même que le Java et l'Icario puissent se retourner contre nous par appât de gain. Sur moyen terme, le Khaldidan profitera de la situation actuelle et risque d'étendre son influence jusqu'à la Mer orientale. Pour cette raison, nous conseillons l'abandon de notre politique « un orient stable et indépendant » car elle nous fait perdre beaucoup de ressources pour un retour sur l'investissement presque zéro.

Solutions

Selon nos services, la priorité doit être donnée à la question raksase. Nous devons envisager un scénario d'une tentative d'invasion de notre pays par le Raksasa. Le scénario n'est pas hautement probable en l'état actuel des choses mais nous ne pouvons pas prendre le risque car un simple incident diplomatique pourrait faire dégénérer une situation déjà trop précaire. Cela signifie de revoir notre stratégie par rapport au Khaldidan. Comme vous savez, le Khaldidan fait partie avec le Kaiyuan et le Raksasa de l'Axe impériale. Nos services devraient tenter de réussir à ce que dans le cas d'un conflit, le Kaiyuan et le Khaldidan se contentent d'un statut de neutralité. Cela signifie de résoudre les tensions qui règnent avec le Khaldidan dans la région.

L'objectif sur court terme devrait être de contacter le Khaldidan et de négocier avec lui un pacte réglant la question du centre du Vicaskaran. Selon nos services, le Java ne vaut pas la peine d'être gardé dans notre sphère d'influence. L'exploitation de son pétrole est trop coûteuse et leurs autorités réfusent toute collaboration politique plus poussée. Nous proposons donc de débuter la vente de nos puits au Java pour nous libérer de tout intérêt dans cette région et de lâcher le gouvernement du Java.

Pour venir au contenu du pacte, dans le cadre du traité nous pourrions permettre au Khaldidan d'intégrer le Java dans sa sphère d'influence et en échange, la Couronne tarnoise aura libre main en Icario. Aussi, nous devrions viser à permettre la reprise du commerce de gaz et de pétrole entre le Khaldidan et notre contrée. Ainsi le Khaldidan serait dissuadé d'intervenir en cas de crise entre le Raksasa et le Tarnosia, l'encourageant même à opter pour une attitude neutre. En somme, le Khaldidan doit être incité à trouver d'avantage d'intérêts à coopérer avec nous qu'avec le Raksasa. En poursuivant en parallèle notre politique envers le Kaiyuan, nous pourrions éliminer l'Axe impérial comme acteur en cas de guerre voire empêcher la naissance du conflit.

Cela fait, notre pays pourra alors engager une opération militaire contre la république d'Icario afin d'éliminer un avant-poste potentiel pour nos adversaires et aussi de créer un marge entre nos centres industriels et l'Empire du Khaldidan. C'est une solution extrême mais nous sommes sous des pressions sans équivalant depuis la Grande Guerre du Vicaskaran. Le scénario d'une guerre avec le Raksasa se base essentiellement sur la question de savoir si nous pouvons empêcher nos adversaires d'avoir des bases aériennes à l'est de notre territoire. Si l'Icario est fidèle à ses engagements, le risque n'existe pas mais l'attitude du gouvernement ces derniers mois nous fait douter de leur loyauté. Le danger court donc à ce que l'Icario s'aligne au Raksassa lui permettant de baser ses avions sur le flanc oriental de notre contrée et mettant en péril nos centres industriels. Ce scénario de l'horreur suprême ne doit pas avoir lieu. Malheureusement, l'Icario est le maillon faible dans tout notre dispositif de défense nationale. Pouvons-nous prendre le risque de voir nos peurs se réaliser ? Dans le passé, le malheur s'est abattu sur notre contrée car les dirigeants et généraux n'étaient pas prêts à aller jusqu'au bout. En conséquence, nous vous disons : Icario delenda est. Nous pourrons toujours envisager dans quelques années de restaurer la république de l'Icario si la menace du Raksasa s'estompe.

[center]~ Luis Rodriguez Mandela ~
Ministre des Affaires étrangères

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Posté : mer. janv. 06, 2016 8:52 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 12 : Discours du sénateur Ekoban au Collège aquanox -[/bask]

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Très estimés collègues,

Je m’adresse à vous car les différents collèges, surtout celui des Sayaken, ont été agité par des tumultueux débats ayant comme sujet le projet du gouvernement de faire rejoindre notre pays la Fédération transnationale, organisation avec laquelle notre contrée possède des nombreux liens historiques et économiques. Certains argumentent que nous lier à la Fédération transnationale serait abandonner notre souveraineté au profit d’une organisation avec laquelle nous partageons aucune valeur philosophique.

Beaucoup aiment invoquer le principe de la souveraineté nationale comme un spectre qu’on agite quand il faut empêcher la remise en question des privilèges de certains. La vérité est que la souveraineté nationale invoquée par les nationalistes n’a rien à voir avec la nature profonde d’une souveraineté exercée. Ils croient que la souveraineté nationale consiste à augmenter le budget militaire, à forcer la rentabilité des usines et à faire la guerre à nos voisins. C’est une vision noire de la souveraineté nationale. A celle-ci, je veux vous proposer une autre souveraineté nationale, celle de la liberté et de l’égalité.

La souveraineté nationale s’est de pouvoir prendre des décisions librement et qui conduisent à la prospérité et au bonheur du plus grand nombre. Etre souverain, c’est pouvoir dire que nous n’avons pas besoin de plus de chars, que nos enfants n’ont pas à être mis dans des uniformes et que nous pouvons offrir à chacun un cadre de vie décent. In fine, c’est la possibilité de pouvoir vivre libre de la peur de l’étranger. En quoi la Fédération transnationale est-elle une menace pour cette souveraineté ? En quoi serions-nous handicapés dans notre poursuite du bonheur ? Vous dites que la Fédération nous restreindra dans notre droit de faire la guerre ? La guerre n’est pas un droit, c’est une nécessité, un outil de dernier recours et si notre pays est véritablement menacé dans son existence, alors nous aurons aucune peine à faire la guerre. La seule chose qui changera en étant dans la Fédération, c’est que nous aurons des alliés à nos côtés le jour funeste quand nous devrons défendre nos terres. En rejoignant la Fédération, nous perdons uniquement le droit de commettre une erreur et nous gagnons l’assurance d’avoir des alliés à nos côtés si les choses tournent au pire, dissuadant par ce simple fait nos adversaires de jamais porter la guerre sur notre territoire. Vous voyez, nous ne perdons rien.

Certains disent que nous devons nous assurer d’avoir une grande armée et que la Fédération transnationale nous handicapera dans la réalisation de cet objectif. Dites-moi, combien de nos navires et nos avions n’ont jamais servi au combat ? En même temps, combien de points de notre croissance annuelle n’ont-ils pas été sacrifiés pour entretenir une armée sans autre but que de servir durant des défilés militaires ? Chaque année, plus de 20 milliards de dollars vont dans l’entretien militaire.

Ces mêmes gens qui veuillent plus de chars et sont effrayés par la Fédération car celle-ci pourrait restreindre l’armement, dénoncent le programme spatial comme étant un gaspillage de deniers publics. Ce programme pour lequel nous avons eu le soutien des pays de la Fédération a coûté en tout moins que les dépenses annuelles de notre armée. Quel est le résultat ? Notre pays a réussi à envoyer une équipe internationale faire le tour de la Lune. Voilà qui n’est pas mal pour un programme qui ne rapporte rien. En même temps, le programme spatial a permis de mettre en orbite trois satellites de télécommunication qui ont restauré les communications sur longue distance dans notre pays. Et cela vous ne suffit pas ? Alors voici le résultat le plus frappant. Les recherches conduites pour créer l’avion spatial Icarus, recherches faites avec l’aide de l’Azude, ont permis de développer un moteur qui est le coeur des avions supersoniques de la Tarnosia Airlines. Nos avions civils sont grâce à ces moteurs les plus rapides au monde, connectant des capitales à dix heures de vol classique en deux heures. Et vous osez dire que le programme spatial coûte trop cher ? C’est l’armée qui nous affaiblit, pas le programme spatial, programme pour lequel la Fédération transnationale et des pays alliés comme la Rostovie nous soutiennent et nous aident.

Quelques-uns essaient ensuite de prétendre que les valeurs de la Fédération transnationale et de notre contrée sont incompatibles. Cela est faux. La seule différence fondamentale est la manière d’implémenter les dites valeurs. La technocratie prescrit des moyens et des manières de faire devant conduire à un seul résultat correspondant à la vision morale de la technocratie. Elle trace un chemin en murant toute porte à part celle que le voyageur est censé prendre. C’est une approche basée sur la proscription. Notre philosophie, celle qui a aussi inspirée le Sunisme, part du prince inverse. A la place de fixer le chemin à parcourir, nous indiquons le but à atteindre. Le voyageur est libre de prendre le chemin qui lui semble le plus facile mais il a pour obligation d’atteindre à la fin du jour le lieu indiqué. Cela conduit à la multiplication des manières de faire mais toutes tendent à atteindre un objectif commun. La différence entre nos cultures n’est donc pas de l’ordre des valeurs mais de la conception comment la dite morale doit être réalisée. Les technocrates azudèens écrivent des bibliothèques de règlements et des lois pendant que les sunistes ont pu résumer toute leur idéologie avec trois lettres : PPP, insignes correspondant à Paix, Progrès et Prospérité. Cependant, la finalité n’est-elle pas la même ? Ne veuillent pas les deux idéologies conduire l’humanité vers un avenir meilleur ? Ceux qui conspuent au Sénat la Fédération transnationale sont les mêmes qui pousseront notre pays dans le gouffre par leur bellicisme et leur aveuglement car ils sont les véritables ennemis de nos valeurs.

Le monde change car il a été frappé par l’horreur d’une guerre mondiale que la plus part des régimes politiques tendent désespérément d’ignorer. Beaucoup de gouvernements se sont terrés pendant la guerre entre la Rostovie et les USP en priant d’être les derniers à être exterminés par la Main noire. Et encore plus rare sont ceux qui ont tiré les leçons des guerres de la Main noire. Néanmoins, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas apprendre. Certains veuillent à tout prix commettre les mêmes erreurs qu’ont faits les puissances occidentales comme le Raksasa et la Fiémance, à savoir se perdre dans des délires de grande puissance. Je vous dis que le moment est venu de déclarer la guerre à la guerre et cela passe dans une première phase par une adhésion complète et sans compromis à la Fédération transnationale. C’est par ces structures que nous exercerons notre souveraineté ultime : celle de choisir un meilleur avenir au détriment de considérations idéologiques funestes.

Cependant, cela peut qu’être le début car notre pays doit se fonder sur des bases solides et dépasser les visions primitives qui ont conduites à la Guerre mondiale entre la Main noire et les USP. Je ne suis pas seul dans cette assemblée ni dans les autres collèges à penser ainsi. Il faut un changement radical de notre manière de penser nos relations avec le monde. C’est pour cette raison que le mouvement auquel j’appartiens, celui qui veut concilier les objectifs du sunisme avec les méthodes technocratiques, va prochainement proposer un plan de désarmement national et la création d’un corps de défense nationale dont le seul objectif sera la sécurisation de notre territoire national et le renforcement de notre croissance économique. Nous n'avons pas besoin d'un armement obsolète et dont la seule contribution à notre nation est de ralentir la croissance économique en pesant sur notre appareil industriel ainsi que nos finances publiques. Nous devons repenser nos forces militaires selon un seul principe : celui de la défense.

Le monde sort d'une décennie de barbarie et de chaos. Voulons-nous à tout prix répéter les erreurs du passé ? Sommes-nous tellement désireux de revoir l'anarchie reprendre le dessus sur nos institutions et nos coutumes ? La réponse à cette question peut qu'être négative. Nous avons vu les métropoles tomber dans le désordre, la faim prendre le dessus sur la raison humaine et les effets du Grand Exode. Face à ce passé douloureux, nous devons avoir le courage de prendre des décisions avant-gardistes. Oui, ce ne sera pas facile car nous allons entamer un chemin qu'aucun peuple n’a parcouru avant nous. Nous sommes armés uniquement avec une torche sur une route dont aucune lueur n'a encore révélé les contours. Cependant, nous pourrons avoir dans la Fédération transnationale un allié fort et fidèle durant ce voyage. Nous ne perdrons rien de notre souveraineté car nous deviendrons plus libres que nous ne l’avons jamais été. Le chemin sera long mais nous avons tous les atouts pour réussir. Cela, à condition de ne pas laisser la peur nous envahir et l’émotion étouffer notre raison.[/ve]

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Posté : ven. janv. 29, 2016 11:53 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 13 : Discours du Premier Ministre Topias Savela au Sénat -[/bask]

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Très estimés sénateurs et sénatrices,

Le Gouvernement tarnois s'adresse aujourd'hui à vous afin de vous présenter ses objectifs pour l'année 2029. Comme vous le savez tous, notre pays a connu durant l'année 2028 la plus forte croissance économique de son histoire. Avec plus de 20% de croissance du PIB, le revenu moyen des Tarnois a augmenté en moyenne de 14%, une chose indispensable en considérant que notre pays est celui dont les habitants ont des revenus annuels parmi les plus bas au monde. En même temps, l'année 2028 a vu l'instauration d'un salaire universel qui a déjà commencé à sortir des millions de gens de l'extrême pauvreté pour leur donner une chance de reprendre leur vie en main. Certes, la pauvreté restera un fléau pour une partie de notre population, mais grâce au salaire universel, nous pouvons désormais garantir que plus personne mourra de faim. Cette sécurité sociale contribuera à unir notre nation et à garantir un ordre politique durable.

Nous ne devons pas nous leurrer en ce qui concerne la croissance économique. Les 20% de croissance ne sont pas une aubaine mais un défi que nous devrons relever ensemble. Notre pays a franchi le cap des 500 milliards de dollars de PIB, un seuil notable car il aura mécaniquement pour effet de réduire la future croissance de plusieurs pourcentages. Notre nation devra donc engager des réformes sérieuses pour créer une économie solide et moderne, capable de produire la richesse nécessaire pour faire sortir encore des dizaines de millions de gens de la pauvreté. Pour accomplir cet objectif, nous devons faire ce que nous avons fait jusqu'à là donc imiter le modèle qui marche qu’est celui de l'Empire hokkai.

Le modèle social-démocrate a permis à l'Hokkaido de devenir une des nations les plus riches du monde. Cette contrée a pu faire cohabiter la tradition avec la modernité ; une économie prospère avec une culture rayonnante. Au contraire des USP qui se sont plongés dans un matérialisme aveugle, le Hokkaido est une véritable civilisation qui rayonne sur les peuples du Makara. Nous devons humblement adopter les usages hokkai qui font la force de leur empire en les combinant avec nos valeurs et notre culture. Cela ne signifie pas de renier notre âme, bien au contraire. Le Hokkaido démontre que c'est uniquement en valorisant les traditions qu'on peut établir une société forte. Notre peuple en ayant restauré la vraie monarchie, constitué un Sénat représentatif et en cultivant son art, son architecture et son histoire a retrouvé non seulement le chemin de la paix, mais aussi de la prospérité. C'est car nous refusons les coutumes athées et alméranes que notre économie prospère. La bonne santé spirituelle de notre contrée inspire les ouvriers et les entrepreneurs à se surpasser. C'est car nous sommes fidèles à notre passé historique que nous trouvons l'inspiration de créer et d'innover.

Cependant, une bonne santé spirituelle et culturelle ne fait pas tout. Nous devons mettre un terme à l'anarchie qui tend à s'installer dans certains secteurs économiques. Pour arriver à séparer la mauvaise graine de la bonne, comme le fit Jésus, nous devons autoriser l'initiative privée et récompenser le courage. C'est par la foi et des bonnes lois que des grandes œuvres sont faites. Notre peuple a la foi, mais il lui manque encore les lois adaptées. C'est la raison pourquoi le Gouvernement tarnois va prendre une série de mesures afin de libéraliser l'économie tarnoise. Cette politique se fera sur la base de trois axes:

- La première consistera à défendre le principe de la production indigène pour la consommation locale selon le slogan : produisons tarnois, mangeons tarnois. Notre Gouvernement continuera à soutenir les coopératives, les conglomérats ainsi que les petites et moyennes entreprises car ceux-ci sont indispensables pour pouvoir créer les produits nécessaires au quotidien de 440 millions de personnes. La politique agricole engagée sous la Nouvelle Fédération sera maintenue et renforcée. En même temps, le Gouvernement va libéraliser le secteur minier afin d'inciter les petites et moyennes entreprises à s'engager dans l'extraction de minéraux à destination de notre industrie.

- Le deuxième axe visera à favoriser l'investissement privé dans nos territoires et à l'étranger afin que l'industrie et le commerce soient sources de richesse. Pour avoir une industrie florissante chez nous, il faut des investissements au-delà du Grand Détroit et dans tous les secteurs de notre économie nationale. Le Gouvernement va donc lancer la privatisation des entreprises sur lesquelles la Main publique n'a pas la nécessité vitale de garder le contrôle afin que la Main invisible en prenne soin. En même temps, le Gouvernement renforcera les conglomérats publics ayant une mission stratégique pour le bien-être collectif sans néanmoins empêcher les Tarnois d'ouvrir des entreprises privées dans le même secteur. Cela concernera dans un premier temps l'armement, la recherche militaire, l'énergie et le transport. D'autres secteurs pourront s'ouvrir à plus d’initiative privée en fonction des besoins de notre économie nationale.

- Le troisième axe a pour objectif de renforcer notre monnaie nationale et la participation des Tarnois et étrangers dans les entreprises de notre contrée. Le Gouvernement a publié récemment un décret permettant de mieux encadrer l'émission, mais aussi la gestion de notre masse monétaire. Pour l'année à venir, l’État se fixe pour objectif de systématiser le paiement des importations en ryaïns afin de nous affranchir d'avantage du dollar et ainsi devenir plus libre. Aussi, nous projetons d'autoriser la création d'une bourse à Titanua réunissant les entreprises voulant mettre des actions en vente sur un marché transparent et accessible à tous. Nos partenaires historiques comme la Rostovie, le Kirep,le Hokkaido, le Thorval, le Viertenstein et le Maok jouiront de conditions favorables pour investir dans les entreprises de notre contrée afin que la prospérité de notre contrée profite au plus grand nombre.

A côté de ces trois axes, le Gouvernement prend l'engagement de limiter la hausse des dépenses militaires dans les budgets fédéraux des prochaines trois années. C'est ainsi que la dépense annuelle pour notre armée ne devra pas dépasser les 25 milliards. Idéalement, la dépense devrait se situer entre 20 à 21 milliards hors conflit ou crise majeure durant les trois années à venir. Dans un esprit de contribuer à l'apaisement des relations internationales, nous projetons aussi de confier à la Fédération transnationale la gestion des actuelles difficultés avec un certain pays makaran. Notre Gouvernement juge contre-productif de s'engager en personne dans ce chantier. Nous laisserons donc l'organisation dont nous sommes membre le faire à notre place.

Nous avons pris note des craintes exprimées par certains sénateurs au sujet de la Fédération transnationale. Plus précisément, la fédéralisation prochaine de Vashara San Corporation suscite des grands émois. Sachez que le Gouvernement n'autorisera jamais à ce que notre souveraineté soit limitée de quelconque manière par les décisions d'une assemblée étrangère. L’État et le Sénat tarnois auront toujours le dernier mot. Le choix de fédéraliser la Vashara San Corporation a été fait dans le seul objectif d'augmenter son efficacité et surtout de sécuriser son financement. Il n'est pas un secret que Vashara San Corporation souffre actuellement de faibles marges bénéficiaires. La fédéralisation permettra donc d'augmenter les bénéfices de l'entreprise. Les secteurs véritablement stratégiques, comme la recherche, seront confiées à une nouvelle entreprise publique qui aura le nom de Blackwater Institut. La Blackwater Institut assurera toute la recherche militaire ainsi que sa commercialisation dans notre pays et auprès de nos partenaires. En somme, nous restons maîtres de notre destinée en chaque instant.

Il y a six ans, les grandes métropoles de l'Ouest se sont écroulées. Des dizaines de millions de nos concitoyens sont morts et des centaines de communautés ont été fracturées par la guerre civile, la faim et la maladie. Aujourd'hui, nous assistons à l'aube d'une nouvelle ère. Partout l'industrie, la foi et la culture émergent à nouveau comme l'herbe après un long hiver. Sous le signe de la croix, nous contemplons comment la péninsule redevient un centre de civilisation. Le chemin fut long et celui qui reste à parcourir ne l'est pas moins, mais avec l'aide d'une foi véritable et de lois adaptées ; nous pourrons assurer à ce que nos enfants ne connaissent jamais la faim, le froid et le désespoir d'un monde sans Dieu.[/ve]

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Posté : mer. févr. 10, 2016 9:07 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 14 : Sur la nature de l'homme et du rapport entre la culture et l'économie -[/bask]

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Mon très estimé frère,

Je vous réponds avec beaucoup de plaisir aux questions soulevées dans votre dernière lettre. Sachez que je n’ai nullement la prétention de pouvoir vous donner des réponses aussi valeureuses que celles que pourraient vous donner un prêtre ou un évêque. Je suis au plus un vieillard converti sur le tard à la vraie Foi et aucunement un homme véritablement instruit dans la complexité théologique et philosophique de la Foi.

Vous m’avez demandé quelle était selon moi la nature humaine ? La question est difficile. Certains considèrent que l’homme se compose de deux éléments : un corps et une âme. Cela est la vision la plus répandue chez les peuples urbanisk* de confession chrétienne. Leurs théologiens les plus éminents ajoutent un troisième élément: l’esprit. C’est ainsi que selon eux, les animaux seraient dotés d’un corps et d’une âme mais manqueraient d'un esprit. L’homme, lui, aurait le privilège de posséder les trois composantes qui sont le corps, l’âme et l’esprit.

Vous savez que je suis un adepte de la philosophie de Baelgon, penseur tarnois du 11ème siècle. Selon lui, l’humain est identique aux animaux sur tous les points. Il n’aurait ainsi aucune différence entre un panda et un humain. Pourquoi ? Car selon Baelgon, supposer que l’homme posséderait une nature différente des animaux, consisterait à renier l’unité de la création et la cohérence du plan divin. Pourquoi le Divin créerait deux sortes de créatures ? Cela ne signifierait-il pas qu’une des deux parties serait incomplète donc imparfaite ? De cela on devrait supposer que le Divin peut créer des choses défectueuses, sous-entendant que cette même essence divine est soumise à l’erreur et donc l’imperfection. L’essence de l’homme et de l’animal doivent donc être identique.

Cependant, que distingue donc l’homme de l’animal ? Baelgon nous offre une solution. Selon-lui, l’homme n’est point différent dans son essence de l’animal, mais a été doté d’un sens supplémentaire. Si la plus part des animaux peuvent se saisir de leur environnement par différents sens, seul l’homme est doté de la capacité à comprendre la nature profonde des choses donc de voir à travers les simples apparences physiques. Ce sens serait le sens rationnel, unique à l’homme et conféré par le Divin. Ce sens, comme tous les sens, est attribué aux hommes de manière inéquitable. Comme certains voient mieux que d’autres, d’autres ont plus de sens rationnel et donc sont plus aptes à saisir la nature du monde voire même de saisir l’ombre du Divin.

Vous m’avez également demandé quel était mon avis sur la question du rapport de l’économie et de la culture. Ce débat a éclaté dans la plus part des écoles philosophiques de notre pays depuis bientôt un mois. J’ai même pu entendre dans une taverne de Nilakon comment deux curés débattaient sur la question pour savoir si l’économie prédominait la culture ou si l’inverse était le cas. Je me permets de faire référence à ce sujet aux écrits de Nhon Zhar, grand penseur du 16ème siècle et qui préconisait que le commerce était la source de longues périodes de paix et la meilleure manière de contribuer à la prospérité d’un peuple. Il était opposé, vous ne l’ignorez certainement pas, à Adok Tranion qui lui partait du constat que le commerce ne faisait qu’entretenir les faiblesses économiques des royaumes en compensant leurs manques par l’achat et en soutenant la surproduction par l’exportation. Tranion parlait à ce sujet de la grande mascarade, nourrissant les défauts structurels des économies.

Nhon Zhar a affirmé dans son Traité sur la Nature de la Richesse que l’économie était la fondation des nations. Il ne parlait pas dans ce contexte du principe que l’économie prédominerait dans une société, mais qu’elle serait l’aspiration la plus primitive et la plus nécessaire. Pour lui, l’économie serait faite sous l’effet d’impulsions animalières. Le paysan, l’artisan et le commerçant cultiveraient les champs, créaient des marchandises et les échangeraient pour une simple raison : afin de pouvoir acquérir tous les biens qui leur sont nécessaires à la survie. Le travail et toute l’économie auraient pour unique but de satisfaire un désir relativement simple : l’instinct de survie. La division du travail, les nouvelles technologies et toutes les innovations serviraient uniquement à réduire l’effort nécessaire pour acquérir les biens vitaux. L’économie ne serait donc pas le fruit d’une activité civilisée ou culturelle. L’homme s’adonnerait à l’économie non par choix, mais par nécessité. De là, Nhon Zhar déduit que l’économie serait l’activité la plus fondamentale car le produit de l’instinct de survie. Aussi, l’économie ne causerait aucun plaisir car étant le fruit d’un besoin vital, poussé par l’instinct de survie, et l’homme chercherait toujours le meilleur moyen de soit s’en affranchir soit en réduire le temps qu’il doit en consacrer.

A cela, Nhon Zhar oppose les activités qui ne sont pas nécessaires à la survie et produisant du plaisir. Celles-ci sont celles qu’il regroupe sous le terme d’activités culturelles. La philosophie, l’art, l’éducation, le loisir et les autres activités humaines non-économiques seraient celles qui fondent et forment une civilisation. Pourquoi ? Car les humains, cherchant le plaisir et un moyen d’exprimer leurs personnalités, produiraient une énorme variété de productions culturelles, produits dont la somme formerait sur le long terme ce qu’on appelle usuellement une civilisation. L’homme chercherait, dans une société bien organisée, à toujours maximiser la production culturelle et à minimiser la production économique. De cela, il en déduit que la culture prédomine moralement l’économie car étant l’activité qui donne aux humains leur caractère et les distingue des animaux. Les bêtes, étant uniquement poussés par l’instinct de survie, feraient que de l’économie. Cela consisterait le plus souvent à se nourrir et à s’abreuver. En revanche, l’homme pourrait consacrer une partie de son temps aux activités culturelles, un temps humain, en réduisant le temps nécessaire à l’économie, un temps animalier, devenant par cela civilisé.

Les penseurs urbanisk prétendent que l’économie formerait la culture. Cela est bien faux si on suit la pensée de Nhon Zhar. L’économie est une activité rudimentaire et primitive que l’homme au plus profond de soi méprise et fait que sous la contrainte. Cependant, comment peut-on donc expliquer la dérive libérale des USP ?

Il faut savoir que les USP étaient une nation qui a créé une culture unique en son genre: elle a réussi la prouesse à transformer l’économie en un objet de culture. Gagner de l’argent était devenu identique à une prière. Certains diront que cela est la preuve que l’économie a pris le dessus sur la culture. L’inverse est le cas. Les USP ont pris la décision collective de transformer l’instinct de survie en un produit culturel. Être poussé par ses instincts est ainsi devenu une activité culturelle. L’homme pelabssien a rendu la nécessité plaisante. C’est une grande réussite philosophique car les USP ont pu domestiquer l’activité économique en la transformant en une activité culturelle. A leur apogée, les USP n’ont donc pas vu leur économie phagocyter leur culture; mais ils ont intégré l’économie dans leur culture au point que vers la fin du 20ème siècle, il n’existait plus de véritable économie aux USP au sens classique du terme. Cette fusion entre l’instinct et la raison a été que possible en sacrifiant certains aspects classiques de leur culture afin de laisser la place à cette économie cultivée, créant une chose hybride n’étant ni culture ni économie ; une culture de l’économie. Cela ne fut pas la victoire du monde économique, mais celle de la culture sur la nécessité et le primitif ; la domestication ultime voulue et pensée par leurs philosophes. A certains égards, les USP étaient le pays le plus cultivé au monde car tout était culture chez eux, rien uniquement économique. En retour, il n'y avait plus rien dans leur culture qui ne fut pas marqué par le sceau de l'économie.

Je doute que cela soit un chemin pour nous car la culture économique des USP a rendu ce pays incapable de planifier sur le long terme, a défavorisé l’innovation et a nuit à la stabilité. L’économie étant plaisante car culturelle, les habitants des USP n’ont pas cherché à la rationaliser et à la minimiser. Le résultat fut une économie gaspillant des ressources en masse et marqué par des progrès éphémères, visant le plaisir immédiat à la place de la productivité durable.

Il est sage de bien séparer l’économie de la culture; de ne pas confondre ce qui est la nécessité avec ce qui est le plaisir. De cette manière, nous poussons l’homme à chercher à diminuer l’énergie consacrée à l’économie et donc l’incitons à trouver des meilleures manières de produire ce qui lui est nécessaire. Nous le libérons aussi du temps animalier pour lui permettre de bâtir une civilisation dans le sens classique du terme. En résumé, la culture économique comporte des trop grands désavantages pour être une manière durable de vivre. Il a fallu aux USP moins de deux générations pour voir leur civilisation et économie tomber dans une profonde décadence à cause de ce choix culturel.

* urbanisk : enfants d’Urba, métaphore pour les Latins.  [/ve]

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Posté : dim. févr. 28, 2016 8:11 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 15 : Empire continental VS Thalassocratie -[/bask]

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RAKSASA : L’EMPIRE CONTINENTAL CONTRE LES THALASSOCRATIES

Il est incontestable pour beaucoup que le Raksasa est devenu un empire assurant son emprise sur tout le Makara. Tout ? Non, car des pays résistent encore et toujourrs au grand Léviathan. Comment se fait-il que le Raksasa, hyperpuissance mondiale, se trouve mise en difficulté par quelques états sortant à peine du Moyen-âge ? A vrai dire, le conflit entre le Raksasa et le Hokkaido-Tarnosia n’est pas une simple escarmouche, mais un combat idéologique d’une profondeur insoupçonnée.


Beaucoup diront que la résistance du Tarnosia et du Hokkaido au Raksasa est futile. Certains oseront même avancer que ce conflit est un contresens car pourquoi des pays libéraux se batteraient entre eux ? Est-ce que le Hokkaido et le Tarnosia ne sont-ils pas entra de renforcer le camp communiste en créant un état de tension perpétuel dans le monde libéral ? Ne devraient-ils pas rallier le Raksasa et ainsi créer un bloc libéral fort et uni ? Cette analyse est basée sur une erreur fondamentale : celle de croire que le monde est tripolaire donc scindé entre communisme, libéralisme et conservatisme autoritaire.

Le conflit entre le Hokkaido, le Tarnosia et le Raksasa n’est pas sans fondement idéologique et il n’est aucunement une forme de guerre civile à l’intérieur du bloc bleu. Non, car le Raksasa et les deux nains ont adoptés une vision diplomatique et commerciale diamétralement opposée.

Au contraire de ce qu’on aime croire, le Raksasa est avant une grande puissance makaranne et tout le système économique, politique et militaire tourne autour de ce continent. Les contacts avec le reste du monde sont un sous-produit induit par le statut de hyperpuissance, pas sa composante essentielle. Le Raksasa vit donc l’idéologie de l’Empire continental comme elle a été poursuivie par tant de conquérants dans le passé. Certes, le Raksasa a bien pu changer de régime, le pays pratique toujours la même politique impériale, à ne pas confondre avec impérialiste. Celle-ci a des nombreux avantages pour le Makara. Le continent est ainsi mis au centre du monde civilisé. Néanmoins, cela vient aussi avec un prix terrible : celui de l’extinction inévitable du pluralisme étatique, militaire et politique au Makara.

Le Hokkaido et le Tarnosia agissent différemment. Leurs métropoles étant situées sur des continents « saturés », leur politique se tourne presque exclusivement au-delà de leur région et de leur continent. Le choix s’impose car leur voisinage géopolitique est soit bloqué par un système d’équilibre géopolitique soit il est sous domination d’une superpuissance. Les deux pays font donc le choix de la thalassocratie qui leur permet d’accéder aux marchés et de pouvoir agir sur le plan militaire et politique en se reportant sur d’autres continents. Bien de choses s’expliquent par cette contrainte géopolitique. Forcés d’agir sur un échiquier englobant pas un continent, mais le monde, ils doivent minimiser le nombre des adversaires et maximiser ceux de nations amies afin de pouvoir trouver des niches permettant à leurs commerçants de vendre et acheter dans des conditions optimales. Vulnérables aux pirates et corsaires par le fait de devoir recourir à une flotte marchande conséquente, un conflit trop aigué avec une contrée pourrait nuire de manière critique le fonctionnement de leur thalassocratie. C’est ainsi que les deux pays tentent de rester dans un no-man’s idéologique car cela leur permet d’avoir les occasions nécessaires à l’expansion économique et politique sur le plan international. Comme ils n’ont pas de véritable arrière-pays conséquent chez eux, ces deux contrées en doivent forger un à partir de bric et de broc à travers le monde. Ce puzzle économique est hautement vulnérable, ce qui empêche la poursuite d’une politique impériale dure et militaire.

La source du conflit avec le Raksasa devient donc facile à expliquer. L’Empire raksas désire fermer le Makara et le transformer dans un arrière-pays exclusivement accessible à ses marchands et entrepreneurs selon les principes de la doctrine impériale. Cela se heurte aux besoins des deux petites thalassocraties qui voient leur commerce menacé par ce « blocus continental ». Le Makara étant un des principaux marchés du monde, le projet raksas de le fermer, revient donc à menacer l’existence même des deux thalassocraties. Et donc le Raksasa, sans se rendre compte, provoque un conflit inévitable avec ces deux régimes qui sont plus marchands que militaires. Forcément, sous contrainte par le Raksasa, les deux pays font le seul choix rationnel dans une telle situation : ils s’engagent dans une alliance avec le seul prédateur naturel du Raksasa, la Rostovie. Le blocus continental devient ainsi la raison pourquoi des pays libéraux commencent à rallier la cause rostove. Ce n’est pas par haine du Raksasa, mais car l’empire instauré par le Raksasa est incompatible avec les nécessités des thalassocraties.

Ces logiques sont tellement aux antipodes qu’il est fort probable que le conflit ne pourra pas se terminer avant l’épuisement d’un camp. Si le Raksasa renonce à sa politique impériale, il se condamnera économiquement sur moyen terme car il n’est pas capable de se supporter sans un arrière-pays englobant tout le continent et ne tolérant aucune velléité d’indépendance économique. C’est ainsi que la Roumalie sera inévitablement contrainte d’ouvrir son pays à la modernité car les besoins de l’économie raksase en approvisionnement et en nouveaux marchés rendront tout respect pour les choix culturels caduques. On l’a déjà vu avec l’Eran qui désormais est devenu la périphérie économique du Raksasa. Cela est un désastre heureux car la fin de l’Eran indépendant satisfaira les besoins économiques du Raksasa pendant au moins une génération. Les royaumes du Makara oriental gagnent donc peut-être dix à vingt ans de paix dans les meilleurs des cas. Néanmoins, les monarchies traditionnelles sont condamnées à moyen et long terme par l’Empire raksas.

Reste à savoir si l’Empire raksas se maintiendra sur le long terme. Le conflit avec les thalassocraties est insoluble et forcera donc l’Empire à lutter sur tous les fronts contre des moustiques faisant la cause de la Rostovie. Cela pourrait néanmoins s’inverser rapidement car si dans un avenir incertain un président raksas essaye de miser sur ces mêmes thalassocraties, il pourrait retourner cette épée contre la Rostovie. Cependant, cela sera un travail de longue haleine. La Rostovie profitera entre temps du soutien de deux régimes libéraux avec tous les avantages que cela confère sur le plan économique, et aussi pourra se présenter comme le protecteur des petits peuples opprimés injustement par le « méchant » empire raksas.

Le plus grand danger imminent pour l’Empire serait la perte de l’Eran. Ce pays a toujours eu une histoire agitée et son mouvement communiste est parmi le plus puissant au monde. Si une révolte populaire arriverait à restaurer un régime marxiste, alors celui-ci serait non seulement un adversaire assuré du Raksasa, l’allié de l’ancien régime, mais aussi contribuerait à casser l’empire continental en le coupant non seulement en deux, mais aussi en faisant pression sur les pays du Makara oriental. Très ironiquement, le retour d’un Eran communiste serait une bénédiction pour les monarchies traditionnelles du Makara. Ceux-ci profiteraient très largement de la dislocation de l’Empire continental établi par le Raksasa. En même temps, ils seront confrontés aux risques liés au retour d’un géant communiste sur le continent, mais celui-ci restera toujours plus facile à gérer que l’existence d’une hyperpuissance continentale.

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Posté : mer. mars 23, 2016 3:37 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 16 : Sur le bon gouvernement -[/bask]

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Votre Altesse,

La situation ne s'est pas améliorée depuis les discussions du dernier Mardi avec les différents partis politiques. Comme vous savez, progressistes et conservateurs se battent pour déterminer qui doit être à la tête du gouvernement fédéral. Les progressistes soutiennent la reconduite de Topias Savela comme Premier Ministre et les conservateurs exigent à ce que Luis R. Mandela le succède. Les discussions préliminaires avec Mandela n'ont malheureusement pas permis de convaincre ce dernier à accepter la participation de Monsieur Savela au Gouvernement comme Ministre de l’Économie et du Développement. Mandela est animé d'une rogne ardente contre Savela et il a même affirmé de refuser de diriger un gouvernement incluant Topias Savela.

Certains suggèrent de laisser tomber Savela, mais nous vous déconseillons de ne pas intégrer ce dernier dans le Gouvernement. La raison est que Monsieur Savela dirige TarnEnergy et donc possède le contrôle effectif sur les bénéfices du conglomérat. Un gouvernement Mandela sans Savela sera exposé au risque de ne pas jouir du soutien de TarnEnergy qui est essentiel dans le cadre de notre projet de désendettement. Pour rappel, TarnEnergy est une entreprise de la Couronne et non du Gouvernement, elle doit sa loyauté uniquement à votre personne et non le Premier Ministre. Nous pourrions tenter de remplacer Savela, mais cela serait très difficile car le conseil d'administration de l'entreprise le soutient de manière inconditionnelle. Il est aussi au courant d'informations sensibles qui ne devraient pas être rendues publiques, pas avant 2031 au moins. Le succès des opérations de TarnEnergy nécessite une certaine confidentialité à leur sujet. Nous mettre Savela à dos serait donc contre-productif sur le long terme.

En même temps, maintenir Savela au pouvoir rendra les relations avec le Parlement intenable. Les conservateurs ont une dent contre Savela et refuseront donc de voter les lois soumises par son gouvernement au Sénat. Nous avons l'habitude de ne pas avoir la majorité au Collège sayaken, mais le Collège aquanox semble désormais aussi en main des conservateurs, rendant presque impossible d'avoir une véritable majorité au niveau des voix pour les projets progressistes du Gouvernement. Il faudrait donc trouver une personnalité conservatrice capable de diriger le Gouvernement, mais nous en manquons cruellement à l'heure actuelle. Tous les candidats en dehors de Mandela sont soit trop radicaux ou pas assez compètents pour le poste. Face à cette situation, nous pensons qu'il est urgent de trouver une solution, même si celle-ci doit paraître radicale.

Le poste de Premier Ministre a été instauré dans le but de mieux équilibrer le pouvoir entre la Couronne et le Gouvernement. Votre Altesse a pris cette décision dans le but de faire un geste envers le Parlement. Cependant, cette stratégie semble être compromise à l'heure actuelle car les divergences idéologiques au Parlement rendent presque impossible de faire nommer un Premier Ministre en condition de réunir une majorité parlementaire solide. Nous pensons donc qu'il est nécessaire d'avoir une personnalité neutre à la tête du Gouvernement. Nous suggérons donc que Votre Altesse prenne directement en main le Gouvernement en se passant de Premier Ministre. Le temps des intermédiaires nous semble révolu car le pays a besoin d'une direction qui soit la plus indépendante que possible des luttes partisanes et aussi la plus légitime.

Nous connaissons vos hésitations à ce sujet, mais c'est à notre avis le meilleur choix. Cela mettra un terme aux disputes actuelles entre les deux grands courants idéologiques au Sénat et nous permettra aussi de mettre la priorité au renforcement de notre pays par rapport au voisinage vicaskaran.

Afin d'éviter une trop grande concentration de pouvoir politique entre les mains de la Couronne, nous suggérons d'élargir le Gouvernement et de donner plus de pouvoir à chaque ministre. Cela devra non seulement assurer la cohésion gouvernementale, mais aussi aider à permettre à chaque mouvement politique de faire avancer ces revendications via son ministre d'attache dans le but de trouver des consensus réalistes.

L'histoire nous montre qu'une telle partition du pouvoir entre le Prince et le Parlement fonctionne. Sous le règne d'Oroskon I, le Sud de la péninsule était unifiée selon les principes du parlement et de la monarchie. Un Sénat fier et libre rédigeait les lois pendant que le Kansteltan les exécutait avec efficacité et sagesse. Durant le règne de ce kansteltan, le Sud était la région la plus prospère et cultivée de toute le Vicaskaran. Les seigneurs ensauvagés du Nord envoyaient même leurs fils et filles dans les académies de Tarnaska Magna, cité qui fut la seule à pouvoir rivaliser avec la ville de Titanua. C'est dans cette même région que fut mise la base pour la reconquête de la péninsule. La fille d'Oroskon I, Arkanta, épousa le seigneur de Kanton et permit la réunification du Nord et du Sud après que ce dernier ait repris la cité de Titanua aux rebelles. Elle fut une souveraine juste et sage et c'est l'abandon de la partition entre le Sénat et la Couronne sous le règne d'Oroskon II qui conduisit à ce que l'empire s'affaiblisse. C'est à partir de là que la corruption et l'inertie pririrent possession de notre contrée. C'est ce même affaiblissement qui nous empêcha d'avoir la force pour reprendre les provinces orientales aux Numanciens.

Dans le cadre du renforcement du Gouvernement, le retour de Mandela au poste de Ministre des Affaires étrangères nous semble être une priorité. Mandela possède les réseaux et l’expérience nécessaire pour assurer cette fonction de manière efficace. Le permettre de revenir au Gouvernement serait aussi une garantie offerte au mouvement conservateur. Topias Savela, lui, pourra recevoir comme prévu le poste de Ministre de l’Économie et du Développement. Nous doutons qu'un des deux hommes refusera d'intégrer le Gouvernement dans des telles conditions. Aucun des deux sera supérieur à l'autre et leurs divergences resteront gérables vue la différence notable entre leurs responsabilités ministérielles.

Permettez-moi aussi de suggérer de créer un poste dédié aux affaires régionales. Comme vous le savez, nos services secrets préparent des missions pour sécuriser notre position dans la région. Cela est nécessaire car l'Icario a montré des signes suggérant que ce pays ne soutiendra pas notre cause en cas de crise. Le président de cette république est même hostile à nos intérêts et nous avons désormais la preuve qu'il vise uniquement à profiter des accords conclus avec notre pays pour faire prospérer sa famille et son entourage. Cela est doublement dangereux car le rend susceptible à des tentatives de corruption de la part de nos adversaires, mais aussi peut aliéner les populations locales qui verront en notre gouvernement un allié de la dictature. Affaiblir le président Rodriguez nous semble être une priorité absolue. Pour cela, nous devons pouvoir coordonner les opérations aussi au niveau du Gouvernement sans que les informations tombent entre les mauvaises mains. Les rapports doivent donc être traités par une personne en qui nous pouvons avoir une confiance aveugle. Nous suggérons comme personne pour ce poste de nommer le cardinal Karn. Celui-ci a toujours été d'un grand soutien et il permettra aussi de nous assurer à ce que les services secrets se tiennent strictement à vos consignes de non-violence. Même si Rodriguez peut être un adversaire à notre cause, le peuple d'Icario n'est pas coupable des crimes des Numanciens.

Le bien-être des peuples tarnois est une chose sacrée. Le bonheur des hommes, femmes, vieillards et enfants doit être au centre de l'action politique, pas la poursuite d'un prestige éphémère. L'apparat n'a de sens que dans le seul but de servir le bien collectif. Cela est une lourde charge et il rare que des hommes civils qui ne sont pas issus d'une longue dynastie puissent saisir l'importance de ce sacrifice car le corps d’un prince ne lui appartient pas, mais est la propriété de la Nation.

Votre règne n'est néanmoins qu'à ses débuts, une aube timide après deux siècles d’obscurantisme. Depuis la chute de Titanua en 1749, nul homme n’avait su redonner à cette ville un souffle nouveau. La capitale grandit à nouveau et s'étend. Cependant, à l'heure actuelle, vous n'êtes qu'un prince parmi tant d'autres. Le moment semble venu de changer cela. Maleak peut se proclamer roi d'Astara, son frère roi d'Urba, mais vous, vous êtes le Père de la Nation, le protecteur de cette contrée. Pour accomplir votre rôle vous devez devenir un dirigeant impartial, au-dessus des partis politiques et surtout tourné vers un objectif suprême : la réunification de la Nation tarnoise. Cela passera par le contrôle du Gouvernement.

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Posté : mar. avr. 12, 2016 1:45 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 17 : Réponse à Azarbaïnev Conradian -[/bask]

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Mon frère,

Tu m'as interrogé sur ce que je pensais sur les nombreuses questions posées par l'écrivain Azarbaïnev Conradian, dont les interrogations ont été sujettes à polémique dans le monde alméran. Il me semble important de te répondre avec sincérité et simplicité. Pour commencer, j'aimerais dire qu'on fait à Conradian un mauvais procès en condamnant ses questions. S'interroger n'est jamais mauvais, c'est le refus d'écouter les réponses ou de reconnaître la vérité qui l'est. Il faut donc lui répliquer avec patience et diligence.

Conradian demande pourquoi le catholicisme enseignerait la vénération de la Vierge Marie ? La vérité est que la Vierge est adorée, non vénérée, et donc qu'elle est sujette d'admiration mais non l'objet d'un culte. Néanmoins, il faut reconnaître que Conradian ne se trompe pas sans raison. Dans certains pays, l'adoration de la Vierge a pris des telles proportions qu'elle atteint le stade de la vénération. Cela doit être combattu avec férocité par le clergé.

Conradian s'interroge sur le culte des saints. Celui-ci n'a rien à voir avec la nécromancie. A nouveau, le culte des saints n'est pas un culte mais un processus d’appel à l’intercession. Les saints doivent servir de modèles aux croyants afin de leur inspirer à atteindre la même perfection. En somme, on ne les adore pas, mais on s'inspire d'eux et on demande leur soutien pour intercéder en faveur des humains auprès de Dieu.

Notons que la plus part des saints ne sont pas des êtres n'ayant jamais pêché. Saint Augustin fut connu pour ses aventures amoureuses, Saint-Thomas pour son appétit dévorant et Saint-Pierre pour sa misogynie. Ce qui les rend si particuliers n'est pas leur vie parfaite, mais la perfection atteinte après une vie souvent tumultueuse et cela grâce à leur foi et dans certains cas même leur martyre. C'est pour cela que les gens les prient, car on veut leur soutien, eux qui connaissent la faiblesse humaine, pour qu'ils intercèdent pour les humains devant Dieu.

Conradian est surpris de la place donné à la transsubstantion. Celle-ci est au centre du rite catholique car on considère la dernière cène comme la clé de voûte de l'enseignement christique. En rompant le pain que Jésus confirme comme étant sa chair et en buvant le vin qu'il atteste comme son sang, il indique son sacrifice à venir. La transsubstantiation reproduit donc ce sacrifice ultime afin de renouveler le salut offert à l'humanité. On peut expliquer cela grâce à la philosophie aristotélicienne. Le pain subit durant la transsubstantiation un changement unique. Ses accidents restent ceux du pain, mais son essence devient la chair du Christ. Il apparaît, goûte et sent comme du pain, mais son essence fondamentale est la chair du Christ. Cela nous est incompréhensible car étant le contraire de tous ce que nous trouvons dans la nature. C'est pour cette raison que nous ne comprendrons jamais ce phénomène car il dépasse notre capacité à saisir le monde. Nous avons pour habitude à ce que l'essence reste et que les accidents changent, pas l'inverse. Cela est ce que nous appelons un miracle et nous rappel du sacrifice du Christ, événement central de la foi chrétienne.

Conradian interroge la coutume des catholiques d'aller se confesser auprès leurs prêtres. Cette question est pertinente. Il est vrai que Dieu est le seul à pouvoir pardonner les fautes, mais nous savons aussi que Dieu pardonne tout pêcheur faisant une sincère repentance. Le prêtre n'absout donc pas par sa propre puissance, mais il accorde une absolution offerte par Dieu sous constatation d'une véritable repentance de la part du croyant. Le prêtre n'est qu'outil au service de la Grâce divine et aide le croyant à trouver le chemin de la véritable repentance. Le fait que le prêtre soit pêcheur ne change en rien la qualité de la confession. Un outil peut être rouillé, mais parfaitement accomplir son devoir. Il le fera avec moins d'excellence, mais avec un résultat final identique. L’Église catholique dans sa globalité est dans la même situation. Elle ne pardonne donc pas par sa propre force, mais est l'outil au service de Dieu.

Conradian demande aussi pourquoi le Pape est nommé le vicaire du Christ ? Ce titre est le fruit des coutumes et des titres anciens. Il n'est pas en lien direct avec le titre de vicaire lié au Saint-Esprit, mais au contraire, est une création propre et autonome devant souligner le fait que c'est le Pape qui décide en matière de foi ce qui est dogme et pas. Il est ainsi le défenseur des décisions du Concile de Nicée et des synodes et conciles qui l'ont suivi.

Conradian veut savoir pourquoi la Foi ne suffit pas au salut ? Il faut savoir que la foi n'est pas la causa proxima, mais la causa remota du salut. Comme l'indique Saint-Augustin, Dieu étant omniscient, il peut savoir d'avance qui choisira librement de vivre dans la Foi et il lui accorde alors en fonction du libre choix qu'il ira faire, la grâce de laquelle découle le salut final. Le salut dépend donc de la grâce qui découle de la foi à venir. La foi ne suffit pas à elle-seule car il faut la grâce divine. Cela peut sembler confus et ce l'est car nous devons comprendre l'idée que Dieu sait en avance ce que nous allons faire de manière libre. C'est un concept à la limite de notre compréhension.

Conradian critique le vœu de chasteté pratiqué par le clergé. Il faut noter que la chasteté est une pratique dû à des décisions de l'ordre politique et sans lien avec la doctrine. En Occident, l'ordre monacal a été très puissant au Moyen-âge ce qui a conduit que celui-ci ait pu imposer l'idée de la chasteté au clergé. Le Pape pourrait en tout instant décider de faire autrement si le besoin se ressentirait.

Conradian s'interroge sur le baptême des enfants. La raison est que durant une grande partie de l'ère chrétienne, les enfants mourraient en grand nombre. Afin d'éviter à ce que les enfants finissent dans les Limbes, les parents les baptisaient pour leur assurer le paradis en cas de mort prématuré. Ce geste n'est donc pas la volonté de forcer les gens d'être chrétiens, mais avant tout le symbole de l'amour des parents chrétiens pour leurs fils et filles. Pour cela on leur demande de confirmer leur engagement durant la communion.

Conradian se questionne pourquoi l’Église catholique aurait des liens avec le libéralisme et le communisme. Il oublie que l’Église a été l'organisation ayant le plus férocement combattu le libéralisme et ensuite le communisme. Elle a fini par trouver un certain arrangement avec ces deux idéologies qui correspond d'avantage à une cesse-feu qu'à une association.

Conradian veut aussi savoir pourquoi le clergé catholique serait constitué à moitié d'homosexuels. Cela est la conséquence logique de la vertu des prêtres. Un homme étant homosexuel n'est pas un pêcheur par définition. Le désir et la pulsion ne sont pas pécheresses, y succomber l'est. C'est donc en accomplissant l'acte homosexuel que l'homosexuel devient pêcheur et non l'inverse. Une personne homosexuelle vivant selon les principes de la chasteté est donc parfaitement conforme aux valeurs de l’Église. C'est ainsi que suivre la voie du service envers Dieu est l'acte le plus courageux pour une telle personne. Non seulement elle combat ses pulsions en adoptant la chasteté, mais en plus elle voue sa vie aux autres et à Dieu au détriment de sa nature qui le fait porter une croix plus lourde que celle de la plus part des gens. Il y a donc dans un bon prêtre homosexuel beaucoup de sainteté.

Conradian s'interroge aussi pourquoi l’Église catholique défendrait la théorie de l'évolution. Les théories sur le développement de notre monde ne faisant pas parti de du dogme, l’Église ne peut pas les défendre officiellement ou uniquement comme consignes sociales. Au contraire, ce sont surtout les branches protestantes du christianisme qui ont une véritable obsession sur le sujet du créationnisme.

L'écrivain Azarbaïnev Conradian pose des questions pertinentes que beaucoup de gens doivent aussi se poser, mais n'osent pas les prononcer à voix haute. Il ne faut avoir aucune crainte face à ces interrogations, mais oser les affronter en cherchant à expliquer ce que certains peuvent avoir de la peine à saisir. En matière de foi, beaucoup de principes touchent la limite de ce que l'esprit humain peut saisir. Raison pourquoi il ne faut pas répondre avec agressivité, mais patience et sagesse.

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Posté : mer. juin 22, 2016 7:17 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 18 : Nationalisme tarnois -[/bask]

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Mon ami,

J'ai lu avec beaucoup d'attention tes interrogations au sujet du combat que mène notre groupe en Icario. Oui, l'Unionisme radical est souvent déconsidéré et la presse péninsulaire a tendance à vouloir exagérer nos revendications pour discréditer notre combat. Néanmoins, la vérité est que notre mouvement incarne l'avenir de non seulement les peuples tarnois, mais de tout le Vicaskaran. Nous sommes les paladins du nationalisme, les libérateurs des peuples et les tueurs de tyrans. Cela n'est pas une exagération et c'est même un malheur que nous soyons les seuls à le faire, car le combat pour les peuples devrait être une activité collective et non d'une seule avant-garde. Notre seul crime c'est d'être seul dans ce combat historique pour la liberté d'un continent et contre la tyrannie du Léviathan raksas-rostove.

Nous avons vu avec la Fédération d'Aquanox que l'internationalisme et le progressisme sont le terreau de la guerre et de la misère. La Rostovie, elle, a confirmé cela en ayant engendré l'incarnation suprême de l'internationalisme et du progressisme : le Main noire. Cette force internationale qui voulait rompre les frontières et s'adonner aux délires transhumanistes a failli plonger l'humanité dans un chaos inextricable. Seule l'action conjointe des nations a pu permettre de vaincre ce monstre.

Qu'en apprenons-nous de cela ? Que c'est seulement en basant nos états sur les principes nationalistes et conservateurs que nous pouvons garantir la stabilité. Cette stabilité est à son tour créatrice de prospérité et donc de plus de richesse et de justice sociale. Et une fois le peuple rassasié et la prospérité universelle, il n'y a nul besoin de guerre ou de haine. Les grandes nations peuvent se reposer sur les deux piliers qui font leur fortune : la Nation et les valeurs traditionnelles.

La Fédération d'Aquanox avec sa volonté révolutionnaire n'a réussi à offrir au peuple ni paix, ni progrès ni prospérité. Elle lui manquait pour cela la stabilité politique et sociale, base indispensable à tout projet humain. Son échec n'est donc pas un hasard, mais la conséquence logique d'un choix idéologique erroné. Nous devons éviter au peuple de retomber dans le piège du progressisme. Bien au contraire, nos regards doivent se tourner vers les principes institués par Markeson.

Cet homme fut un nouveau Moïse et comme son lointain ancêtre, il offrit à nos peuples les dix commandements de la bonne république. Ceux-là enrobent les valeurs de l'autorité, de la tradition, de l'ordre, du respect, de la discipline, du mérite, de l'unité, de la foi, du sacrifice et de l'humilité. Par son action et surtout les principes conservateurs que Markeson a établis, nos états ont prospérés et la république a su surmonter toutes les difficultés, réconciliant le peuple avec son passé et son avenir.

L'aboutissement du travail de Markeson fut atteint quand le peuple décida librement et sans contrainte de restaurer la charge de roi, offrant à la Nation la force de la tradition et aussi la conservation des valeurs de la république. Grâce à cela, les Tarnois sont les plus heureux des miséreux. Les anciennes superstitions sont abandonnées en faveur du dogme néo-catholique. Le simple ouvrier peut offrir aux siens du poulet au moins une fois par semaine. Toutes les races et classes sociales cohabitent en harmonie, aucun étant jaloux de l'autre car la monarchie républicaine veille aux droits et devoirs de chacun. Comment pouvons-nous expliquer ce succès ? La réponse est simple : conservatisme et nationalisme. Ces deux fondements sont le produit des valeurs inculquées par Markeson. Les dix commandements de ce dernier sont les nouvelles tables de la loi de la République.

Néanmoins, notre peuple n'est que partiellement sauvé. Des millions de gens sont encore esclaves des tyrans occidentaux. Le Ranekika et l'Icario sont des véritables prisons des peuples, empêchant les Tarnois de former leur nation et de vivre unis dans un seul état. Quelle triste ironie que l'Occident, si fier de ses états-nations, ait oublié une leçon centrale : le principe des états-nations ne vaut pas seulement pour les Almérans, mais pour tous les peuples quelque soient leur couleur de peau ou leur mode de vie.

La Nation tarnoise est divisée et les Occidentaux font tout pour que cela reste ainsi. Ils élaborent des mensonges complexes afin d'empêcher l'unité nationale. Ils affirment ainsi trois grands mensonges. Premièrement, que la péninsule tarnoise appartiendrait aux Vicaskarindiens. Deuxièmement, que les terres tarnoises n'appartiendraient pas à l'Etat tarnois. Troisièmement, que les frontières imposées par les envahisseurs seraient naturelles.

Les Vicaskarindiens n'ont jamais peuplé la péninsule et les territoires tarnois à l'Est. C'est une affabulation faite par des penseurs almérans en mal de romantisme. La vérité est qu’il y a quatre millénaires, les Tarnois sont venus sur ces terres, portant avec eux pour seul arme des houes. Il n'y avait pas des chasseurs à moitié nues avec des plumes sur leurs têtes, mais des femmes et hommes de toutes les nations, unis sous le commandement du roi Barbas. Ensemble, ils ont fini par former la nation tarnoise et à transformer la péninsule et l'Est en un jardin magnifique, cultivé et taillé avec soin et respect. Les Vicaskarindiens entre temps prenaient un malin plaisir de sacrifier des innocents à des dieux cruels dans les terres d'Esmark, du Ranekika et du Khaldidan.

Pour répondre au deuxième mensonge, j'aimerais affirmer l’existence de deux droits. Le premier est le droit de la houe donc celui de l'homme qui arrive sur une terre inoccupée et entame de la cultiver. Nul ayant la propriété avant lui, il devient par son travail le légitime propriétaire. En conséquence, les Tarnois ont acquis par la culture pacifique et honnête le droit de propriété sur toutes les terres entre le Zhao et les volcans du Java, ainsi que des iles du Makiran oriental jusqu'aux tréfonds de la Garonnie. Dieu a confirmé ce droit en offrant aux Kansteltans mille ans de fortune.

Maintenant, j'aimerais parler du deuxième droit, celui de la conquête. Celui-ci signifie qu'un souverain conquérant un autre peuple, devient maître de la terre à travers le peuple soumis. Ce droit, c'est celui que les Almérans ont tenté d'imposer aux Tarnois, mais ont échoué à faire car ils ont été vaincus à la Bataille de Manzikaron. Ne pouvant pas soumettre le peuple tarnois, ils ont donc dû recourir à la force pour imposer leur présence sur le continent. Ils ont tenté par la colonisation de révoquer les droits des Tarnois, mais ce fut un échec. Il faut donc savoir que les Almérans n'ont pas réussi à imposer le droit de conquête. En plus, il faut dire que le droit de conquête est inférieur en qualité au droit de la houe. Le travail honnête étant en accord avec les principes de Moise et le droit de conquête nullement, ce premier est plaisant à Dieu et donc de plus grande valeur. En conséquence, le droit de la houe l'emporte et toutes les terres cultivées par les Tarnois, du Zhao jusqu'au Java sont propriété légale de l'Etat tarnois, l'incarnation de la volonté de tous les Tarnois.

Le troisième mensonge est vite défait. Les frontières de notre époque sont le fruit de pillages et de vols. Le Ranekika, toujours prêt aux pires barbaries, a ainsi défoncé la frontière septentrionale de l'Empire. Une chose similaire est arrivée à l'Est avec la création des républiques numanciennes de la main des Almérans. Ces frontières que les menteurs prétendent naturelles ne pourraient pas être plus artificielles. Elles sont les conséquences du vol et non du travail honnête de la terre. De l'autre côté, nous constatons que les frontières de l'Empire étaient toutes naturelles. À l'Ouest elles étaient délimitées par les eaux de l'océan, à l'Est par les volcans javaites. Au Nord, les fleuves de la Garonnie formaient une belle enceinte, séparant les gens honnêtes de ceux pratiquant le sacrifice d'humains. Au Sud, à nouveau, les eaux formaient une barrière toute naturelle et honnête.

Les Almérans étant des gens tièdes et barbares, leurs mensonges sont aussi nombreux que les étoiles. Ils ont pris mille ans à exercer l'art de la tromperie et ils seront donc très à l'aise pour trouver des arguments fallacieux faisant croire qu'ils ont raison. Il ne faut pas les écouter car ils sont à l'image des sirènes, des créatures sans foi ni loi. Il faut rester fidèle aux préceptes de Markeson et poursuivre notre engagement pour l'unification nationale sans aucune concession et aucun compromis. C'est par excès de témérité que nos ancêtres ont perdu tant de terres. C'est uniquement en osant de renverser les tyrans, de tuer leurs adjudants et en mettant le feu aux cités de nos ennemis que nous saurons triompher. Cela est le dogme central de notre mouvement.

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Posté : mar. août 02, 2016 9:08 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES

- Lettre 19 : Le Rapport Erikon I -[/bask]

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[En 2030, huit ans après le Grand Chaos, le Gouvernement m'a chargé de conduire une enquête sur les événements ayant frappé la péninsule tarnoise au courant de cette époque qu'on a baptisé aujourd'hui Le Grand Chaos. Alors que notre civilisation récupère lentement du collapse sociétal des années vingt, l'intérêt pour cette époque grandit dans le milieu gouvernemental.

Mon enquête m'a conduit à la rencontre de Varon Ceran, Intendant du Palais royal. Cet homme n'est pas connu par le grand public, mais il joue un rôle essentiel. C'est lui qui gère toutes les entreprises et le domaine de la Couronne tarnoise. Cet homme travaille avec des ressources financières dépassant le produit intérieur brut d'un petit pays en développement. Sans oublier que le domaine royal englobe presque tout l'Ouest reconquis au fil de l'année 2029.

A l'inverse de beaucoup de membres de la Cour, Ceran est habillé humblement, ses cheveux coupés courts et sa barbe rasée de près. Il doit faire la quarantaine et les premiers cheveux gris parsèment sa chevelure.]

Ainsi donc, selon les informations que j'ai ici, vous étiez barman avant le Grand Chaos ? Voilà un étrange emploi pour un homme qui désormais est chargé de la gestion du domaine du Prince.

[Sourire de l'intéressé]

Beaucoup de ceux qui gouvernent aujourd'hui n'avaient pas de fonctions prestigieuses à l'époque. C'était un autre âge, à vrai dire. Nous étions à l'époque ou la technologie pelabssienne et numancienne était omniprésente. Et oui, j'étais barman dans un pub réputé au centre-ville de Borisk. Aujourd'hui, en y pensant, tout cela me semble surréaliste. Chaque matin j'arrivais à 5 heures, je préparais tout pour l'ouverture et dès 6 heures, on voyait débarquer les hommes d'affaire et les cols blancs. Il y avait aussi beaucoup d’étudiants portant des vêtements dernier cri avec des smartphones et des coupes excentriques. Ceux qui ont grandi après le Grand Chaos auront de la peine à croire que cela a bien pu exister. Pourtant, c'était ça Borisk. 21 millions habitants embrasant la mondialisation. Un véritable piège à rat.

Pourquoi un piège à rat ?


Car presque personne n’était prêt à affronter la crise. A l'époque, les gens étaient spécialisés. Chacun devenait maître d'un petit rouage, exerçant uniquement un mouvement dans une économie extrêmement diversifiée. Le pouvoir appartenait à ceux qui avaient les connaissances les plus rares, mais pas forcément les plus utiles. L'élite était composée de chanteurs, d’avocats, d’artistes divers et de politiciens. Aucun d'entre eux avait jamais utilisé une machine ou savait comment cultiver un potager. Et c'étaient eux destiné à diriger le navire à travers la tempête à venir ?

Donc vous pensez que c'est la spécialisation qui a tué Borisk ?

Ne me comprenez pas mal. Je ne suis pas contre la spécialisation car elle est nécessaire, mais une ville comme Borisk était excessivement spécialisée. Elle ne produisait presque aucune nourriture, avait des centrales électriques dont tout le carburant devait être importé et elle n'avait aucune campagne avoisinante dont les terres étaient cultivées.

Pourquoi donc ?

Car les autorités ne voulaient pas que par la mise en culture de la campagne de Borisk, cela puisse empêcher la transformation de terres agricoles en zones de construction quand le besoin se ressentira. Borisk grandissait à toute vitesse et le Conseil municipal n'était pas composé d'agriculteurs, mais avant tout de magnats de l'immobilier. La priorité était claire: on a besoin de terrains constructibles, la nourriture, on peut l'importer. En même temps, les magnats achetaient ces terres pour une bouchée de pain, les laissaient en friche en attendant de pouvoir les revendre au prix fort. Je pense que si on avait pratiqué une agriculture moderne dans la campagne de Borisk, on aurait sans aucun doute évité une grande partie de la famine de 2022. Namikon l'a réussi. Certes, ils ont souffert, mais grâce à leur campagne, ils ont tenu le coup.

Et l'énergie ?

Vous soulevez un point important. Toutefois, c'était un problème touchant tout le pays. L'économie de la Fédération d'Aquanox vivait au jour le jour sur le plan de l'approvisionnement en essence, métaux et nourriture. C'était une manière de faire des économies, car créer les réserves nécessaires aurait été très onéreux. Personne ne voulait dire aux contribuables qu'il fallait maintenant dépenser plusieurs milliards de dollars pour créer une réserve qui peut-être ne sera jamais nécessaire. Donc quand les Rostoves ont commencé à tout couler ce qui traversait l'océan, ça a été le désastre. En quelques jours, il n’y avait plus de ravitaillement en essence. Sans réserve, la pénurie a été presque immédiate et la panique a fait le reste. Les stations d'essence sont devenues des champs de bataille où il y a eu probablement le plus grand ombre de morts durant la première phase du Grand Chaos. Les gens, apeurés, sont pires que des loups.

Namikon s'en est apparemment sorti grâce au bio-diesel.

Oui, mais on oublie trop souvent qu'on avait depuis des années travaillé sur la fabrication de biodiesel à partir d'algues dans la région. Les autorités de la cité ont eu beaucoup d'atouts à l’aube de la crise.

Lesquels ?

La cité avait une population modeste. A peine deux cent mille âmes, alors qu'à Borisk on était au-dessus des 20 millions. C'est beaucoup plus simple à garder la paix et nourrir les gens quand ils sont peu nombreux. Aussi, la campagne de Namikon a toujours été très centrée sur l'agriculture et les autorités ont protégé celle-ci contre les manœuvres des agents immobiliers. Quand la crise a frappé, la ville était capable de subvenir sur le plan alimentaire aux besoins de la population. Cela a permis de vite calmer les gens et à commencer à mettre sur pied des plans d'urgence.

C'est là où les autorités ont eu un véritable coup de génie. Ils se sont rendu compte que l'essence allait être la ressource stratégique par excellence et ils ont vite mis la main sur les usines de bio-diesel et sur les ingénieurs travaillant sur le projet. Après des années de recherche, la procédure était presque au point. Il manquait juste que les autorités publiques aient le besoin d'investir ce qu'il fallait pour lancer la production industrielle. Et c'est ce que le Conseil communal de Namikon a fait. Ils ont donné carte blanche à Lek Belvyn qui a commencé à produire du bio-diesel en masse. Au début, l'essence d'algue était strictement rationnée et réservée pour les tracteurs et les véhicules prioritaires. Ensuite, on a commencé à lancer des missions de récupération de machines et de véhicules au loin de Namikon afin de créer un petit parc industriel dans la ville. Je ne vous cache pas que tout ce qui pouvait marcher à base de charbon était très prisé.

Et vous, comment avez-vous survécu au Grand Chaos ? Vous étiez à Borisk, n'est-ce pas ?

Moi ? Disant que le fait de me lever tôt m'a sauvé la mise. J'avais un ami qui travaillait sur les docks et pendant que j'étais entra d'ouvrir le bar, il m'a appelé et averti que quelque chose clochait. Aucun pétrolier et cargo était arrivé au port durant toute la nuit. C'était la livraison de la semaine et ces navires ne manquaient jamais au rendez-vous. On a tous les deux conclus que la guerre entre les Rostoves et les Pelabssiens étaient entra de se reporter sur mer. Je n'ai pas hésité une seconde. J'ai appelé ma femme et on a fait nos valises au plus vite. Que le plus nécessaire. Eau, nourriture et des médicaments. Quelques vêtements. C'est une femme intelligente et à la tête froide, elle n'a même pas pris les albums de photo en me disant.

« Ne nous encombrons pas de poids inutiles. »

Heureusement, la plus part des gens ne se lèvent pas avant six heures. Nous étions déjà sur l'autoroute quand les premières vagues de panique ont commencé. Quelques heures plus tard et nous n'aurions sans aucun doute pas réussi à sortir de la ville.

Ma femme avait un cousin à Orkmonkon et c'est donc vers là que nous sommes allés. J'ai rapidement trouvé un boulot comme magasinier. A cette époque, le vol et la corruption devenaient rampants car tout le monde avait un frère ou un cousin qui mourait de faim. Ma femme et moi étions une famille avec presque aucun parent dans la région. Le cousin était un fermier à l'abri du besoin. On m'a donc considéré comme quelqu'un étant le plus fiable qu'il soit possible d'avoir quand tout s'écroule. Et j'ai agi en fonction. Ma réglé d'or a toujours été : jamais voler, quel que soit la raison. Rien ne détruit plus rapidement la confiance que le vol.

J'ai donc travaillé comme gérant d'un des greniers de la ville d'Orkmonkon. Le temps passant, les choses se sont un peu calmées et le gouverneur s'est intéressé à moi. Il devait me juger comme quelqu'un de travailleur et de fiable. A vrai dire, j'ai peu de mérite. J'ai toujours été lève-tôt et ma famille, s'était ma femme et notre fille, née durant l'été de 2022. Je n'avais pas de véritable raison à voler. D'autres, qui avaient des grandes familles, ne pouvaient pas se permettre le luxe de la vertu. Mais voilà, le gouverneur m'a nommé comme son intendant et de là, j'ai gravi les échelons pour ensuite finir au service du Prince.

Certains vous accusent d'avoir trafiqué les chiffres des réserves pendant votre mandat au service du gouverneur.

[Il sourit]

Oui, c'est vrai, j'ai modifié les chiffres annoncés au public en tenant un registre parallèle.

[Il me regarde]

Vous semblez choqué...mais vous devriez savoir quelle situation nous avions à affronter à l'époque. L'hiver de 2023 fut particulièrement rude, probablement une des nombreuses conséquences de la guerre atomique. Les réserves de blé, de riz et d'agrumes étaient dangereusement bases et le nombre de réfugies ne cessait de grandir dans notre région car l'Argon avait gelé, une première dans toute l'histoire. Si le public avait su que nos réserves étaient au plus bases, la panique se serait emparée de la population. Les plus audacieux auraient tenté de piller les entrepôts et cela aurait conduit directement à une famine. En modifiant les chiffres, j'ai permis que les gens restent calmes et que nous puissions rationner nos réserves. Oui, les gens se sont plaint que le poids du pain vendu a diminué, mais personne n'est mort de faim.

Cependant, vous avez menti en fin de compte.

[Mon interlocuteur sourit et semble amusé]

Vous pensez que cela est un mensonge ? Tout le monde a menti. C'était le seul moyen d'éviter que nous ayons des centaines de millions de morts. Oui, le peuple a été trompé, mais c'était notre rôle. Notre priorité était d'éviter que le navire coule et si cela a signifié faire des entorses à la morale, alors je pense que chacun d'entre nous ira avec plaisir en enfer. Personnellement, je ne regrette rien. Chaque manipulation, chaque tromperie a été faite pour éviter que la population se transforme en une meute de loups. La morale chrétienne, c'est bien beau quand on est le souverain d'un pays nordique n'ayant jamais connu la guerre et qui est oublié de tous, mais quand on doit éviter le collapse de la civilisation, on doit recourir à des méthodes bien moins orthodoxes. L'Histoire nous absoudra, je n’en ai aucun doute à ce sujet.

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