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Posté : mar. juil. 24, 2012 2:49 pm
par Vladimir Ivanov
Its just the beginning (2)

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/186867MainNoireLogo.jpg[/img]

Moi-même, ma femme bien-aimée et mes deux enfants étions serrez comme des sardines dans un bus avec des gens de toutes les couleurs, des blancs, des noirs, des hispaniques... que j'arrivai à peine à distinguer à cause de l'obscurité : les fenêtres étaient très étroites, on avait à peine de quoi voir à l'extérieur. Le silence glacial qui régnait dans le véhicule nous effrayait. Et on avait tous vu les véhicules armés jusqu'aux dents qui nous escortaient "pour notre sécurité".
J'engageais la discussion en espagnol avec un hispanique à côté de moi, qui se posait la même question que moi dans le fond :
"_ mais que diable, où nous emmène-t-ils ? dit-il, en colère.
_ ils ne nous emmènent pas à l'aéroport ?
_ celui de Mjiwatembo ?
_ non, celui du Nord-Est, à...
_ il n'y a qu'un seul aéroport civil au Makengo : celui de la capitale.
_ mais... j'ai cru que...
_ nous aussi on espère revenir dans notre pays... mais cette ambiance bien étrange, sous prétexte de... "sécurité", est totalement inadaptée pour transporter des dizaines de personnes à l'aéroport !
" (il haussa le ton à la fin de sa phrase)

Une vieille dame s'incrusta dans la discussion en disant : "nous sommes des milliers monsieur.
_ comment ça des milliers ? vous voulez dire que l’État makengais planifie un déplacement massif de population ?
_ cela semble être le cas,
dis-je en regardant avec difficulté derrière une toute petite fenêtre du car."

Soudain, le car s'arrêta, enfin le terminus. Tous descendirent à la hâte, la chaleur et l'odeur qui régnaient dans ces autobus de fortune surchargés étaient fort désagréables pour tous.
Une fois dehors, une multitude de soldats en tenues de défense NRBC. Les masques à gaz plus encore que leurs armes intimidaient chacun des arrivants.

Un officier s'exprimait en anglais avec un mégaphone lorsque tous les cars de la série furent vidés :
_ Nous allons tous vous ramener le plus vite possible. Malheureusement le Makengo n'a pas les infrastructures nécessaires pour organiser l'émigration des centaines de milliers d'étrangers dans chacun de leurs pays d'origines. Il n'a pas non-plus les capacités suffisantes pour assurer votre protection contre les milices zanyanaises qui rôdent un peu partout dans le pays et n'attendent qu'à se venger, inutile de préciser que vous êtes leur première cible. C'est pourquoi je vous demanderai de respecter à la lettre les instructions afin d'assurer votre sécurité.
Vous serez escortés par nos gardes qui vous indiqueront le chemin à prendre. Ils garantiront votre sécurité à tous et veilleront à ce que vous soyez convenablement logés à votre départ. Nous veillerons également à votre santé et à votre confort lors du convoi de demain.


Exultations de joie dans la foule, contents ou rassurés, nous allions tous revenir à la maison.
Aucune indication sur le mode de transport, mais il s'avère que se seront probablement des navires. Y-a-t-il un port à proximité ?
Mais au fait... où étions-nous ? Aucune indication géographique.
Selon les dires de l'officier, le convoi partait demain. Nous allions donc dormir sur place, sans doute dans un... "camp".

Alors qu'une immense colonne d'au moins 100 000 personnes avançait lentement -ralentie par les personnes fragiles, les enfants, les vieillards et les malades, escortée par des milliers de soldats "pour notre sécurité", l'extrême fatigue et la peur des "gardiens" dissipaient en nous les doutes ou suspicions légitimes que certains avaient exprimés avant d'arriver. Une sorte d'espoir artificiel avait émergé en chacun nous.
A plusieurs reprises, on nous demanda de laisser des espaces entre chaque partie de l'immense colonne. Des espaces de plus en plus grands, des groupes de plus en plus petits et des gardiens de plus en plus nombreux.
Alors que notre "groupe" ne faisait plus que quelques centaines de membres, on nous imposa de nous séparer par race. Les hispaniques à droite, les noirs à gauche, les barebjaliens ici, les juifs là et les makarans là bas.
Comme convenu on suivit la voie réservée aux hispaniques. Nous n'étions plus qu'une cinquantaine. Mais une nouvelle séparation créa la panique parce que l'on compris alors, à ce moment précis, que le Numancia n'était plus notre destination : on nous demanda de nous séparer par catégorie d'âge et de sexe, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, les enfants ici et les personnes âges là.
Une révolte eue lieue et je fis le premier à reprendre mes forces pour résister à cette violation de nos droits fondamentaux. Les gardiens nous maitrisèrent, je fus blessé à la tête et envoyé de force dans la direction des hommes. Je fis mes adieux à ma famille sous les pleurs et les gémissements. Les derniers mots que mon épouse m'avait adressée étaient : "José, je t'aime !"
Plus jamais ces derniers paroles ne me quittèrent. Elles passèrent en boucle dans ma tête : j'avais tout perdu -ma femme et mes enfants- en à peine quelques minutes.

Tous (ou presque) ignoraient qu'ils allaient participer à un programme de recherche anthropologique secret directement organisé par le Bras armé de la Main Noire. Néanmoins se cachait derrière une toute autre secte, plus discrète mais supérieure en hiérarchie...

à suivre...

mémoires de José Diego Ramírez Fraga

Posté : dim. août 05, 2012 7:35 pm
par Vladimir Ivanov
Its just the beginning (3)
[url]http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=lh2i9nu_8PQ[/url]

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/186867MainNoireLogo.jpg[/img]

Emporté par la masse humaine et le désespoir, nous continuâmes, têtes basses, à marcher vers un endroit inconnu. Nous étions de-nouveau une bonne centaine après la jonction de plusieurs autres groupes de femmes hispaniques en bonne santé. Déçu par l'absence de ma femme, je m'étais aperçu qu'aucune des personnes de sexe opposé ne se connaissaient. Les malades quant à eux, avaient été forcés de prendre le chemin des vieillards... on devine ce qui les attendaient au bout du tunnel qu'ils avaient été obligé d'emprunter sans distinction de race cette fois-ci.
Moi-même n'étant pas dans ma plus grande forme physique (blessure à la tête), j'avais quand même de quoi survivre un long moment dans l'adversité, ayant un corps plutôt robuste. On me soigna rapidement, on m'injecta, comme à tout le monde, une nano-puce sous la peau de l'épaule gauche, et on m'emmena dans une sorte de camp géant.

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/898965PropagandedelaMainNoire.png[/img]
Affiche de grande taille inscrite à l'entrée du camp...

Cet immense centre concentrationnaire ne ressemblait à aucun autre. Certes, sur la forme, les fils de fer barbelés et miradors nous maintenaient enfermés. On nous informa d'ailleurs que le contour du site était truffé de mines.
Mais le site était étrange, d'abord par son immensité, ensuite, parce qu'on avait aucun endroit pour se loger, ni pour se nourrir. Pas de construction humaine, pas de travail obligatoire. On nous laissa totalement à l'air "libre"... dans la nature... mais à l'intérieur d'une zone clairement délimitée et sans doute surveillée. Nous étions donc lâchés là, sans aucune instruction, dans une grande plaine rocheuse semi-désertique entourée d'un ligne infranchissable, dont l'entrée gardée par des soldats masqués au NRBC affichait la phase suivante : "regarde-toi pitoyable humain ; pourquoi tant de vanités ?".

La peur commençait à me grignoter de l'intérieur. Avant qu'elle ne se transforme en angoisse, je me forçais à trouver un moyen pour retrouver ma femme et mes enfants... et...ou... m'enfuir tout simplement. Non, il faut que j'évacue cette idée de ma tête ! Il faut absolument que je retrouve mes proches, je ne peux pas les laisser tomber comme ça ! Pourtant... je commençais à en avoir envie et cela me donnait des frissons de frayeur. La peur de moi-même, celle du risque de muter en un monstre guidé par son seul instinct de survie, me guettai comme des vautours à proximité d'une bête à l'agonie.
N'y a t-il pas moyen de les retrouver dans cette nature hostile ? me dis-je avec candeur.
Ce que je ne savais pas, c'est qu'à vol d'oiseau le camp était encore plus grand qu'on ne le croyait. Il était divisé en sept secteurs fermés : celle des almérans du Sud -là où j'étais, celle des nord-almérans, celle des noirs zanyanais, celle des barbjaliens, celle des makarans et deux étaient spécifiquement dédiées aux juvniens et aux juifs.
Un partage purement racial qui laisse deviner une volonté spécifique derrière cette vaste déportation démographique.

J'essayais d'abord de communiquer avec mon entourage. Ils étaient aussi déboussolés que moi... sauf un seul qui cria de désespoir en hurlant à l'aide. Ce père de famille, dans la même situation que moi, était persuadé que sa femme, souffrant d'un cancer, avait été froidement assassiné avec les autres malades par les hommes qui nous ont emmenés. Ce cri réveilla en moi un souvenir bien sombre : ce vieillard qui avait pris mon enfant lors du voyage vers le Nord, en lui disant qu'il allait mourir s'il ne s'échappait pas immédiatement. Je ne l'avais pas cru. Je refusais encore à l'instant de le croire, mais c'était plus fort que moi : mes yeux se mirent à lâcher soudainement leurs larmes.

à suivre...

mémoires de José Diego Ramírez Fraga

Posté : ven. nov. 09, 2012 5:30 pm
par Vladimir Ivanov
Its just the beginning (4)

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/186867MainNoireLogo.jpg[/img]

Me sentant dans la même situation que ce pauvre père de famille nommé Sergio, je tentais de le réconforter. Mais j'avais moi-aussi besoin de reconfort. Ma femme me manquait à un point...

« Pourquoi nous ont-ils enfermés là ? Vont-ils nous tuer ? »
Un autre homme non-loin d'ici me répondit : « Nous sommes sujets à une expérience anthropologique. A votre deuxième question, il n'y a pas de doute. »
_ Mais qui vous êtes ?
_ Je m'appelle Luis Arenas, j'étais anthropologue. J'ai travaillé pour les juvniens il fut un temps, avant qu'il ne me jette avec vous.
_ Qu'il ne vous « jette » ?
_ Nous sommes des détenus, sujets d'une sorte de Laboratoire à ciel ouvert. Alors oui, ils m'ont jetés dans la zone ZR-4 de ce labo géant, pour des raisons « d'incompétence » disent-ils. Je crois plutôt que c'était politique, j'ai plusieurs fois tenté secrètement de mettre fin à ces travaux en contactant le gouvernement d'Abate, mais rien n'y fait.
_ ZR-4 ? Mais... qu'est-ce que vous savez d'autre ? On peut sortir de ce merdier bordel ?! (criait Sergio)
_ Il n'y a pas de solution. Nous sommes condamnés.

Soudain, Sergio se jeta sur le biologiste et le frappa au visage plusieurs fois en criant « où est ma femme ? Où est mon fils ?! »

Après plusieurs minutes de disputes assourdissantes et de tensions, Luis réussi à calmer Sergio avec mon aide.

_ Je vous le dit, il existe un espoir pour votre femme, et vos enfants. Pour le moment, les autorités juvniennes du Tyrannat de Djokhar se sentent toute-puissantes parce qu'elles bénéficient du soutien de la clique à Terienkov, au pouvoir à Novgorod... les mêmes qui organisèrent le génocide au Viek Koing. Néanmoins, le Makengo d'Abate réclame depuis longtemps la restitution de ce territoire sous sa juridiction, et c'est justement ce que j'ai tenté de faire en travaillant secrètement avec la SNSI. Les services secrets thorvaliens utilisent une ancienne rostove comme agent de destabilisation anti-Main Noire.
_ S'agirait-il de Saratova ? La jeune chrétienne ?
_ Exactement. Et il semblerait que le gouvernement du Makengo tente de prendre contact avec elle dans l'espoir de faire chuter le régime fantoche à la botte du Juvna au Nord-Est de son territoire.
_ Foutaises ! Abate est communiste !
_ C'est un kirovien « modéré » et « national », au même titre que le Valacida -qui n'a cessé de se disputer avec Novgorod, ou que le Wilal Memkile, qui vient carrément de quitter le Pacte par hostilité au nouveau gouvernement de Terienkov. Abate est comme Bissaro, c'est un ami personnel de Kirov et n'a pas l'intention d'obéïr au doigt et à l'oeil de Terienkov, bien plus autoritaire et hégémoniste que celui qu'il a écarté. Les relations entre Mjiwatembo et Novgorod se sont fortement refroidies après le génocide viek et Abate voit d'un mauvais oeil la disparition de Kirov, beaucoup plus zanyanophile que son successeur...
_ Vous dites qu'on peut mettre un terme à ce massacre de masse grâce à une opération conjointe entre la SA et le Makengo ?
_ C'est tout à fait ça. D'autant plus que le christianisme a connu une renaissance au Makengo depuis la révolution d'Abate... et si les relations avec le Schlessien sont execrables (héritage de la guerre civile), celles avec le Thorval sont très prometteuses -et sachant qu'al-Machir applique la même ligne diplomatique très hostile à la Main Noire. La religion catholique a pris une grande importance au sein de la nouvelle société makengaise, et c'est un peu comme au Bangiso d'ailleurs, même si dans ce dernier pays l'islam fait fortement concurrence au christianisme, tandis que Bissaro est un peu plus réservé vis à vis des religions (il n'aime pas la Main Noire non-plus, mais il se revendique d'un kirovisme particulièrement autoritaire).
_ Et le Kumana ? Peut-il nous aider ?
_ Cela je n'en sais absolument rien. C'est un pays très anti-communiste, il devrait donc « par défaut » être hostile à son voisin le Makengo. Si jamais le Kumana désir s'impliquer dans cette crise à venir, deux hypotèses : soit le Juvna réussira à se le mettre dans la poche en profitant de son anti-communisme fanatique, ce qui permettra au Tyrannat de Djokhar de disposer d'un soutien au Nord contre le Makengo kirovien, soit c'est le panzanyanisme qui prime, et le Makengo « communiste-modéré » tendra naturellement les bras en direction de ses frères noirs du Kumana et ce dernier aidera Mjiwatembo à retrouver son intégrité territoriale avec l'aide de la SA.
_ Mais... d'ici combien temps envisagez-vous cette crise ?
_ La crise a déjà commencé. Après... là est le point noir sur ce tableau : d'ici-là, peut-être sera-t-il trop tard et tous les immigrés almérans seront tués dans ce centre.
_ Et comment devrais-je vous croire pour tout cela ? Nous écoutent-ils ?
_ Les juvniens peuvent nous localiser grâce à ces bracelets, ceux qu'ils t'ont mis ici. Mais ils ne peuvent pas t'entendre, ni te voir de près.
_ Et comment consiste cette expérimentation alors ? Parce que c'est bien gentil de parler politique les gars, mais en attendant on est enfermé ici à attendre que la faucheuse vienne nous chercher.
_ C'est très simple : nous allons nous entretuer.
_ PPaarrddoonn ????
_ Ils vont vous expliquer le principe du jeu, lequel commencera la semaine prochaine pour nous. Il existe une arène naturelle, l'endroit où vous vous affronterez sous la surveillance des juvniens. Il y aura plusieurs manches étalées sur plusieurs mois et selon chaque races et chaque genres. Vous allez recevoir des armes, au hasard, répartis de manière équitable entre les camps, ceux qui seront sélectionnés devront se battre. Il peut y avoir 3, 4, jusqu'à 8 camps en une seule et même manche...
Ces camps se différencient selon des catégories raciales : les sud-almérans (nous, les hispaniques principalement), les nord-almérans (terdusiens, fiémançais, lochlannais...), les noirs-zanyanais (principalement makengais), les barebjaliens musulmans, les makarans (wapongais principalement issus de l'immigration de jadis), les slaves (déportés de Rostovie), les juifs (comptés naturellement à part) et les prisonniers juvniens.

_ Et les femmes ? les enfants ? Sont-ils épargnés de ce stupide jeu atroce ? (je pensais très fort à ma famille)
_ Malheureusement, non... les enfants se battent selon les mêmes règles, et les femmes aussi. Seuls les vieillards en sont dispensés : ils sont systématiquement éliminés et jettez dans des fosses communes à l'écart du camp.
Estimez-vous heureux qu'on ne vous fasse pas combattre l'un contre l'autre entre âges et genres, parce que c'est un projet en cours d'étude qui n'a pour le moment pas encore été adopté.


-silence inquiétant, déni, colère et déception-

_ Combien de temps dure ces manches ? Combien de personnes concernent-elles ?
_ Le jeu concerne tout le monde. Un chiffre est transmis à tous pour faire savoir aux détenus combien de personnes doivent mourir avant que le jeu ne se termine. Les survivants ont droit à quelques semaines de répis, avant de retourner au combat la séance suivante. Ces combats se font entre équipes raciales. Mais lorsqu'un camp (ou une race appelez-le comme vous voulez) se retrouve vainqueur de son district, ses membres se retrouvent lors d'une séance spéciale où le chacun pour soi devient la règle : c'est là qu'il vous faudra combattre vos anciens frères d'armes... aussi cette phase de l'expérience est particulièrement redouté par les participants, à tel point que certains préfèrent mourir dès les premiers jours en se suicidant. Le dernier survivant de la dernière séance aura le droit de partir du camp avec une autre personne de son choix (une femme, puisqu'elles seront encore en vie pour la plupart étant donné que leurs séances commenceront après), et deviendra libre. Sachant qu'il n'y a que 12 districts géographiques, il n'y aura que 12 vainqueurs parmi plusieurs centaines de milliers de participants au total. Autant vous dire que si rien ne bouge politiquement à l'étranger, nous mourrons tous ici présent.

_ Et... euh... si on refuse de se battre en leur faisant un joli bras d'honneur ? (dit Sergio avec humour)
_ Vous mourrez brutalement, tué par le collier que vous portez autour de votre cou.
_ Eh merde...
_ Il faut savoir également qu'une séance est marquée par des déplacements forcés. Je m'explique : on vous distribuera des cartes, sur lesquelles il faudra régulièrement noter à chaque fois les « secteurs interdits » édictés en milieu de séance par les mégaphones du camp. Changeant régulièrement, ils vous forceront à décamper sous peine de mort avec toutefois un délais limité qui vous laissera le temps de changer de position. Ces intermèdes sont l'objet de la plupart des victimes, lesquelles prennent l'habitude de « camper » et s'exposent au feu ennemi lors d'un mouvement inhabituel.
_ Et ma femme ? Comment pourrais-je faire pour la libérer ?
_ Le seul moyen de récupérer votre femme est de gagner, monsieur.

À suivre

mémoires de José Diego Ramírez Fraga

Posté : mar. févr. 26, 2013 7:17 pm
par Vladimir Ivanov
Its just the beginning (5)

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/186867MainNoireLogo.jpg[/img]

TYRANNAT DE DJOKHAR

Vue de plus loin, voici la situation réelle de l'endroit où j'étais enfermé :

Rappel important : [url]http://www.simpolitique.com/post157599.html#157599[/url]

Statistiques démographiques en Janvier 2018

_ 900 000 citoyens libres juvniens

_ 600 000 prisonniers arabo-barebjaliens
_ 400 000 prisonniers noirs-zanyanais
_ 350 000 prisonniers juifs
_ 40 000 prisonniers adéliens
_ 35 000 prisonniers rosto-slaves
_ 30 000 prisonniers wapongais
_ 30 000 prisonniers terduso-fiémançais
_ 25 000 prisonniers numanciens
_ 12 000 prisonniers vieks
_ 50 000 prisonniers d'autres nationalités

TOTAL DÉTENUS = 1 572 000

Statistiques démographiques en Janvier 2019

_ 965 000 citoyens libres juvniens (hausse)

_ 240 000 prisonniers arabo-barebjaliens (très forte baisse)
_ 230 000 prisonniers noirs-zanyanais (très forte baisse)
_ 120 000 prisonniers juifs (très forte baisse)
_ 71 000 prisonniers vieks (forte hausse)
_ 44 000 prisonniers rosto-slaves (légère hausse)
_ 37 000 prisonniers adéliens (petite baisse)
_ 29 000 prisonniers wapongais (petite baisse)
_ 27 000 prisonniers terduso-fiémançais (petite baisse)
_ 24 000 prisonniers numanciens (petite baisse)
_ 43 000 prisonniers d'autres nationalités (petite baisse)

TOTAL DÉTENUS = 865 000

En une année, le nombre total de prisonniers du camp principal de Djokhar a été diminué par deux. Toutes ces personnes disparues, dont on estime approximativement à 600 000 (le chiffre n'est pas exact à la soustraction des deux totaux, puisque de nouvelles entrées sont venues grossir quelques données), sont soit partis volontairement servir les intérêts de l'empire juvnien au profit d'une vie rallongée et plus sécurisée (mercenariat ou esclavage), soit ils ont été purement et simplement supprimés.
Djokhar Irrambaïev estimait à juste titre que les détenus étaient trop nombreux, notamment les prisonniers arabes, noirs et juifs. Après une série de sélections arbitraires, on leur conseilla donc tout simplement deux issues : soit la servitude, soit la mort. Les personnes fragiles physiquement, hésitantes, trop âgées ou trop jeunes, sont systématiquement éliminées.
Le deuxième sort concernait un total de 450 000 personnes.
S'inspirant des méthodes de Kherovitch lors du génocide turriï, les techniques de suppression massive devait être systématisée et industrialisée malgré le manque de moyen. Il fallait "faire vite, mais progressivement", de façon à ce que la durée conjugue efficacité et furtivité, que la machine thanato-industrielle soit à la fois suffisamment productive et dissimulatrice.
Pourquoi ne pas les envoyer ailleurs ? Au fin-fond du Zanyane par exemple ?
Impossible, ces détenus en savaient trop et risqueraient de dévoiler des informations sur le Tyrannat qui pourraient être néfastes pour la diplomatie juvnienne.
Il était donc naturellement indispensable de garder une certaine discrétion malgré les rumeurs déjà largement répandues, ainsi qu'une cadence d'élimination correcte, pour en finir avec cette surdose de prisonniers.

[img]http://www.phdnm.org/uploads/3/0/0/1/3001973/treblinka_bruchfeld.jpg[/img]
Schéma simplifié du sanctuaire purificateur en 2016, avant son expansion.

Le procédé était simple : on injecte au prisonnier -considéré comme indésirable dans l'arsenal pénitentiaire du Tyrannat- un peu d'héroïne pour en faire un mollusque bipède. Cela lui épargne au moins la douleur, la peur de la fin de vie, mais aussi la volonté éventuelle de résistance. En effet, puisqu'il n'a plus rien à perdre, le malheureux détenu pourrait décider de faire usage de toutes ses chances apparentes -même la force du désespoir- pour sa propre survie. Étendu à l'échelle collective, cela serait rapidement ingérable : le rapport prisonniers/gardiens dépasse les 4. Ce risque est donc pris très au sérieux par les dirigeants des camps.

Dans un nuage de léthargie paradisiaque, le prisonnier irrécupérable est envoyé en train par voiture blindée dans le "sanctuaire purificateur" local, à proximité de Nonrovia. Moins développé que ceux du Viek, le principe de ce sanctuaire est le même : assurer la mort à une masse considérable de personnes.
Des entrepôts semblables à des grandes fermes s'alignaient au nombre d'une centaine, où des milliers de vies sont ôtées toute les semaines. Les moyens utilisés pour la mise à mort sont de simples guillotines mécanisées. Défilant dans un rouleau automatique, les humains allongés sur le ventre "léthargisés" par l'héroïne avancent vers le couperet, qui se charge, à la chaîne, d’extirper la vie à chacune de ses victimes en leur ôtant la tête. Ce manque total de spiritualité est compensé par l'arrivée de clercs rostovs, des archidiacres du Rovostran. Envoyés par Terienkov depuis le Viek, ces grands ecclésiaux de la Main Noire sont venus bénir les crânes, qui seront alors expédiés en Rostovie. Ce rituel, destiné selon les disciples de la religion rovostranienne à purifier les âmes de toutes les souillures immondes de la nature, sert également à souder plus encore ses adeptes : une idéologie n'est rien sans son aspect religieux.
Dans le cadre de cette élimination systématisée, il existe aussi un quotas, qu'il faut respecter à la lettre. Le kirovisme dans tous ces états impose une part de "Terreur" à l'intégrité des individus... même aux dirigeants. L'ultra-kirovisme adhère à une logique analogue : les bourreaux juvniens, les gestionnaires de ces camps ainsi que les chefs rostovs eux-même risquent à tout moment d'y finir à leur tour : par exemple, en cas d'insubordination grave ou au cas où le quotas est dépassé ou le chiffre de la semaine, insuffisant. Ce serait le cas de plusieurs centaines d'entre-eux. D'abord excommuniés par les archidiacres et déshonorés par l'ANR, ceux-ci sont envoyés à la mort de manière identique au plus simple et inconnu des détenus zanyanais, juifs ou barebjaliens.

Ce génocide planifié de près d'un demi-million d'hommes sur deux ans, en fait le plus grand massacre que n'a jamais connu le continent zanyanais en si peu de temps.
Alors que la chair déchirée puait le souffre, le sang qui en jaillissait avait comme une odeur financière. Si Terienkov n'y voyait que des chiffres pour accomplir un objectif messianique -voire religieux, le leader juvnien quant à lui y tirait beaucoup de plaisir. Voir périr tant d'êtres humains par sa simple décision et sous son pouvoir absolu, lui procurait un plaisir tout particulier, constant, une sorte d'orgasme à sucre lent, moins intense, mais prolongé et bienfaiteur pour sa santé -plutôt fragile.
Terienkov, le sommet de la hiérarchie rostove, le disait lui-même concernant son "serviteur juvnien" :
[quote]Irrambaïev n'est pas un bon disciple. Il profite de sa situation de pouvoir au Juvna pour satisfaire ses envies naturelles. La plaisir qu'il tire de notre programme de purification à grande échelle est profondément malsain. Cet individu n'est pas un véritable humain. Il a un mental de chat, égoïste et profiteur, ce qui explique sa politique de tyran arriéré plutôt que de dictateur progressiste éclairé.
Mais il est utile, provisoirement du moins. Une fois sa tâche accomplie, il paiera pour sa vanité.[/quote]

à suivre...

mémoires de José Diego Ramírez Fraga

Posté : jeu. mars 14, 2013 1:04 am
par Vladimir Ivanov
Its just the beginning (6) - FIN
[url]http://www.youtube.com/watch?v=F_q2mYi7N4s[/url]

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/186867MainNoireLogo.jpg[/img]

TYRANNAT DE DJOKHAR : LA CHUTE

C'était à notre tour, à nous les numanciens. Dans le cadre de ce jeu malsain, nous devions nous battre les uns contre les autres, alors que nous avions fait équipe jusque là. Contrairement à Sergio, beaucoup plus coriace et accroché à la vie, je n'ai jusque là jamais osé attaquer. Je me suis contenté de défendre, en abattant le premier homme qui viendrai s'en prendre à nous. Refusant de tuer au début, je me suis résigné finalement, par légitime défense -si j'ose dire. Je n'avais tué qu'un seul homme. Et pourtant, j'allais le regretter toute ma vie. Tourné vers la religion, je priais quotidiennement pour qu'un jour, vienne notre libération de cet abominable camp qui nous obligeais à pécher. Qu'y a-t-il de pire que d'obliger l'autre à faire le mal ?
Il se trouve que notre équipe avait gagné la "première manche". Voilà pourquoi j'étais encore en vie.
Cependant, lorsque le tocsin retenti, c'était à notre tour : la loi du "chacun pour sa peau" était instaurée. Affamé et désespéré, nous devions nous entretuer pour déterminer qui d'entre-nous allait survivre.
Sergio me proposait de faire équipe avec lui jusqu'au bout... mais viendrait un moment où nous devrons nous battre, l'un contre l'autre. Et je n'avais pas le... "courage" pour assassiner d'autres de mes confrères.

Soudain, le tocsin retenti à nouveau. Mais d'une manière différente.
On entendit dans le haut-parleur le son d'une jeune femme :
[quote]A tous les hommes et les femmes de ce camp :
Ceci est un message de la Ligue St-Michel : vous pouvez sortir. Les gardiens de la Main Noire ont été neutralisé, la voie est libre. Vous n'avez plus rien à craindre.
Tremblez juvniens, le Thorval et l'Aquanox arrivent ![/quote]

Ce fut le plus beau jour de ma vie. Moi et Sergio nous nous embrassions et jetions nos armes vers le ciel, avant de prendre le plus de monde possible et partir de cet abominable camp.
A la sortie, les gardiens de la Main Noire gisaient, inconscients et bâillonnés. La plupart des membres du Bras-Armé de la Main Noire que nous redoutions par leur brutalité étaient mort : tués par une attaque dévastatrice aux missiles V-3 de l'Aquanox. Certains d'entre-eux s'étaient même rendus, vu l'ampleur de l'offensive ennemie. J'appris quelques heures plus tard que la voix qui annonça ma libération était celle de Saratova, que je bénie de tout mon cœur !

Rencontrant en personne la célèbre jeune Pucelle après avoir retrouvé ma famille -miraculeusement en vie- je lui demandais après moults remerciements comment ils avaient fait pour vaincre le Juvna au Makengo aussi rapidement.
Elle me répondit sans détailler que ce fut l’œuvre de Dieu, par la générosité et le courage des peuples chrétiens de la Sainte-Alliance et de l'Aquanox. Elle ajouta cependant que ce n'était qu'une bataille. Et que des millions d'autres vies étaient menacées, persécutées ou massivement ôtées, notamment au Viek Koing et en Rostovie. Ce n'était donc que le début et il ne fallait surtout pas se reposer sur nos lauriers. Le Tryrannat de Djokhar n'est que la première épreuve, la première et la plus simple des étapes, avant la longue et terrible croisade qui mènera à la chute de "la Chose", Ivan Terienkov.

mémoires de José Diego Ramírez Fraga[/quote]

THE END

Posté : ven. mai 03, 2013 9:28 pm
par Vladimir Ivanov
Voici les personnes qui sont/vont retournées/er chez elles après la libération du Tyrannat de Djokhar par l'Aquanox et le Thorval :

[img]http://media2.wptv.com//photo/2013/01/18/hostages_20130118110357_320_240.JPG[/img]

_ 210 000 arabo-barebjaliens ===> Pays d'origine au Barebjal
_ 209 000 noirs-zanyanais ===> Makengo
_ 120 000 juifs ===> Pelabssa et Shmorod (pas d'autorisation directe en Aishren)
_ 45 000 vieks ===> Aquanox
_ 44 000 rosto-slaves ===> en attente...
_ 37 000 adéliens ===> Adélie
_ 29 000 wapongais ===> à la charge du Wapong, en attente...
_ 27 000 terduso-fiémançais ===> Fiémance
_ 24 000 numanciens ===> Numancia
_ 43 000 autres ===> Pays d'origine respectifs.

A tous les détenus (sauf les juifs), leurs sont autorisés de choisir librement leur destination après quelques soins et ré-adaptations si nécessaire. Il en est en fait de même pour les juifs à l'exception de l'Aishren, qui n'a pas été autorisé à recevoir directement des immigrés de cette ethnie par le gouvernement makengais (très antisioniste).
Il est laissé au gouvernement du Wapong le soin de gérer ces immigrants, sans doute ne voudront-ils pas revenir au pays étant donné la politique extrêmement émigrationniste du pays.
Les rostovs libérés, refusant de repartir en Rostovie (dans l'Enfer qu'elles est devenue), resteront au Makengo en attendant qu'un pays se porte volontaire pour les accueillir.

Conséquences :

1- Chacun de ces immigrés répandront de nouvelles informations sur les horreurs commises par Juvna et l'actuel régime de Terienkov dans l'ancien Tyrannat.
2- Une vague de christianisation sans précédent se répand au Makengo. Le Mahaji lui-même commence à en subir les effets : vague de conversion ou de retour à la pratique religieuse constatée dans les régions du Derg.

Posté : dim. juil. 28, 2013 11:34 pm
par Vladimir Ivanov
Rappels :
_ [url=http://www.simpolitique.com/post195250.html#195250]Traque de l'évadé par le NKRD[/url]
_ [url=http://www.simpolitique.com/post196621.html#196621]Par un protocole secret, Terienkov menace publiquement le monde de l'anéantissement de trois pays.[/url]
_ [url=http://www.simpolitique.com/post196676.html#196676]Ce protocole ne s'appliquera qu'après la destruction du Derg, épine dans le pieds de la Main Noire au Zanyane.[/url]

UNE VAGUE SILHOUETTE DANS LE BROUILLARD : L’ÉVADÉ ARRIVE AU MAKENGO

23 Septembre 2021, Mjiwatembo, capitale du Makengo

===> [url=http://www.youtube.com/watch?v=FVdRh-hENLU]Petite vidéo très imparfaite sur les détails mais à peu près juste pour la symbolique et l'atmosphère générale...[/url]

[url]http://www.youtube.com/watch?v=4Ud_RC1QF9c[/url]

Le conseil gouvernemental du FARM (Force Armée Révolutionnaire du Makengo, parti dirigeant du Makengo) venait d'être réuni d'urgence par le Président du Makengo, Atnafu Abate, persuadé que son pays faisait partie des cibles visées par Terienkov dans sa terrible allocution du 21 Septembre 2021. Le Makengo, après avoir libéré l'ensemble de son territoire de la Main Noire en écrasant le pseudo-Etat islamique à l'ouest, était désormais une cible privilégiée pour la Rostovie qui perdait alors son influence dans cette région du monde à cause de lui. Comme si cela ne suffisait pas à Abate, celui-ci abrite la plupart des dissidents rostovs, dont Saratova (avec le Thorval) et Dzérine, chef des "vieux" kiroviens. Cette réunion extraordinaire devait donc accueillir deux invités de marque...

Atnafu Abate : Bonjour messieurs, quand viendra dont notre hôte ?

Un Conseiller : Dans quelques minutes, monsieur le Président, l'évadé du Perelag rostov est déjà en route depuis le port.

Escorté par l'armée makengaise, laquelle était méfiante comme jamais à l'encontre de celui que la nation entière admirait, l'homme s'avança lentement jusqu'à la salle du Conseil dans une grande veste sombre. Ouvrant sa capuche, voici qu'apparu le prophète des temps anciens, le fondateur de la Rostovie communiste et du Rovostran, le légendaire prophète, Vladimir Kirov.

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/120471Kirov11.jpg[/img]

Vladimir Kirov : Mes frères, mes sœurs... j'ai une proposition !

Atnafu Abate : Camarade Kirov. Je suis très heureux de vous revoir, même si tous ne sont pas de cet avis dans ce conseil, et parmi ceux qui nous rejoindront bientôt par cette même entrée.

Vladimir Kirov : Je sais. Mais comme vous le savez, mes frères, nous n'avons pas le temps de tergiverser. Il faudra agir vite, très vite.

Atnafu Abate : C'est pourquoi nous ne perdrons pas de temps. Dites nous ce que vous avez à dire, camarade Kirov.

Vladimir Kirov : Terienkov nous a lancé à tous un défi. Frères narévistes, communistes, chrétiens, musulmans, patriotes, libéraux et humanistes.

-pendant qu'il parle, Saratova -très récemment informée du retour de Kirov- entre dans la salle (sous l'autorisation d'Abate) dissimulant sa colère et son inquiétude... Kirov jette un œil à la jeune femme, sourit timidement et baisse légèrement la tête en signe de salut. Saratova reste froide et fronce les sourcils, fixant le "Prophète du Rovostran" de ses yeux inquisiteurs.

De ce que j'en ai appris là bas, dans les camps de la Rostovie, Terienkov s'apprête à lancer la dernière phase qui précède la Rédemption.

Atnafu Abate : Et en quoi consiste ce plan ?

Vladimir Kirov : Il s'agit au final d'anéantir la grosse majorité de la population mondiale, pour ne garder que les "idiots utiles", esclaves de la Cause du Rovostran.

Les Conseillers :
_ Pure démence...
_ N'importe quoi !
_ Pardon ?!
_ Qu'est-ce qu'il vient faire là, lui, au fait ?

Vladimir Kirov : Croyez-moi, Terienkov ne bluffe pas. Derrière sa langue fourchue, il est on ne peut plus honnête. Son plan est à la fois simple et précis, mais aussi habile et réfléchit. Terienkov est la résultante logique et fondamentale des calculs posés par la machine...

Nina Saratova : La machine kirovienne ! Vous êtes son créateur ! Kirov est le responsable de toute cette situation. Il est le fondateur de l'URKR, le père du Rovostran, celui qui a engendré toutes ces monstruosités. A votre place, je ne lui ferai absolument pas confiance. Il faut combattre Terienkov jusqu'au bout et avec toute les ressources dont nous disposons... sauf celles qui peuvent se retourner contre nous au profit de ceux-là même qui ont précipité des gens comme Terienkov au sommet du pouvoir.

Atnafu Abate : Malheureusement, elle n'a pas complètement tort. Je me souviens de votre amitié généreuse, camarade Kirov, et c'est pour cela que notre pays en fut reconnaissant. Mais il est vrai que vous avez semé les principes de base de l'idéologie terienkoviste...

Vladimir Kirov : Terienkov est un traître. Il s'est emparé du pouvoir avec la complicité d'autres membres obscurs du Rovostran, pour travestir, pour ne pas dire pervertir, ma pensée, à savoir la philosophie d'origine de ce que vous appelez le "kirovisme". Terienkov n'a rien d'un communiste, vous le savez tous, et en premier vous, camarade Abate. Terienkov a permis à la Main Noire d'incendier des régions entières : la première directive de cet homme a été d'éradiquer les communistes du Viek Koing (que nous soutenions avec Dzérine) via cette obscure secte qu'était "Force VK".... Le résultat, vous le connaissez.
Ces hommes ont renié les fondements de l'authenticité kiroviste, l'Amour Universel, la solidarité, le respect des cultures nationales, des nations, des religions, la liberté du culte... ils se sont emparés de mes idéaux pour y retirer ce qu'ils considéraient comme de la "faiblesse", de la "tolérance intempestive".

Atnafu Abate : Il a parlé de "trois pays", sans les nommés. Nous aimerions savoir lesquels...

Vladimir Kirov : Le premier, c'est la Kasovie. Le plan d'extermination est là bas déjà amorcé. Il reprendra presque exactement les mêmes méthodes qu'avec le Viek Koing.

Un Conseiller : Quel salopard...

Vladimir Kirov : Le second est le Pelabssa. Il espère anéantir définitivement cette puissance déclinante avant qu'elle ne répande pacifiquement son énergie aux autres pays. Il reste, malgré le Raksasa, la seule puissance véritablement menaçante à éliminer pour assurer l'hégémonie de l'URKR, à travers la Main Noire et l'empire juvnien, le tout dirigé par un même noyau sectaire de psychopathes emportés par la folie et le fanatisme.

Un Conseiller : Il va provoquer une guerre atomique !!?? Personne n'en sortira vainqueur !

Vladimir Kirov : Détrompez-vous mon frère, l'URKR est d'ores-et-déjà prête pour l'Hiver nucléaire. Moi-même et Terienkov, mais pour des buts différents, avons tout fait pour réduire la vulnérabilité de notre pays aux frappes atomiques. Les satellites-tueurs de l'OTH s'écraseront sur la Rostovie, cela est prévu et depuis bien longtemps anticipé par Terienkov lui-même aidé de ses généraux. Le scénario envisagé serait, semble-t-il, que les deux pays s'entre-dévorent par une impitoyable guerre nucléaire, jusqu'à l'anéantissement complet du Pelabssa... et l'affaiblissement temporaire d'une Rostovie... qui aura survécu. Une fois le conflit terminé et la mort du Pelabssa, la Rostovie fragilisée laissera place au Raksasa comme première puissance mondiale. Mais cela, peu avant que Terienkov ne procède à la phase suivante, celle de la Rédemption... ou plutôt "sa" rédemption, qui m'est encore inconnue. Une intelligence artificielle serait sans aucun doute la solution envisagée. La forme, la stratégie concrète, je n'en ai encore aucune idée.
Le Pelabssa sera bien-entendu le dernier pays détruit, par ordre chronologique, selon ce même protocole.

Atnafu Abate : Que fera-t-il avant la guerre contre le Pelabssa ?

Vladimir Kirov : Je suis navré de vous informer que votre pays, le Makengo, est sa première cible.

Atnafu Abate : J'EN ÉTAIS SÛR ! C’ÉTAIT FORCEMENT NOUS ! MAIS QUEL SAL... rrrhaaa... bon, gardons notre sang froid. Dans combien de temps ? Il a parlé de l'Hiver prochain, mais quand exactement ?

Vladimir Kirov : Lorsque Karané aura détruit la résistance du Derg au Mahaji. Le Derg est une base arrière extrêmement coriace qui résiste encore et toujours à l'Olusegun dans la région. La Main Noire, qui ne veut pas gaspiller ses troupes, a chargé Karané d'en finir une fois pour toute avant le retour des rovostranistes au Makengo.

Atnafu Abate : Il est clair que nous n'avons aucune chance si nous luttons de manière conventionnelle. Très bien. Que proposez-vous, camarade Kirov ?

Vladimir Kirov : Mon plan est simple. Pour avoir une chance de vaincre Terienkov... ou plutôt d'abord de retarder ses plans, il nous faut donner au Derg les moyens de sa survie, en combattant victorieusement Karané au Mahaji du Nord Est. Je me rendrai personnellement là bas pour assister Samora Makhel. Quant à vous, camarade Abate, vous devrez redonner à Dzérine l'aide matérielle qu'il demande, car il est votre seul espoir contre Terienkov.

Nina Saratova : Vous dites cela pour reprendre le pouvoir une fois Terienkov abattu. Kirov n'a d'autre visée que de récupérer l'héritage de Terienkov.

Vladimir Kirov : Sauf votre respect, ma sœur, je n'ai pas l'intention de continuer ce qu'a entrepris Terienkov. Je promet de l’abattre aussi rapidement que j'anéantirai la Main Noire.

Nina Saratova : La Rostovie ne retombera pas sous votre joug, Kirov, vous avez fait assez couler de sang contre votre propre peuple !

Vladimir Kirov : Il est vrai que j'ai du sang sur les mains. Et je n'ai jamais prétendu être un homme Saint. Mais je suis bel et bien le libérateur de ce pays contre le capitalisme et les ravages qu'il a provoqué dans les consciences (et qui subsistent encore aujourd'hui sous certaines formes, dont Terienkov en est une inconsciente victime), je suis également le reconstructeur de la nation rostove, je suis celui qui a vaincu Kherovitch, je suis celui qui a redonné à la Rostovie un sens, en même temps que le conservateur de sa liberté religieuse et sa dignité culturelle. Je ne suis pas comme eux et vous le savez au fond de vous.
Je comprends tout à fait votre colère et votre mépris à mon égard, mademoiselle Saratova. Je ne suis pas un "gentil" au sens commun du terme, je suis un serviteur insensible et bien souvent maladroit d'un idéal qui dépasse tout ce que vous pouvez comprendre en cette heure cruciale pour l'avenir du monde.

Nina Saratova : Vous dites vrai sur certains points de détail. Mais le Rovostran n'a jamais cessé d'habiter votre esprit. Il vous tourmente comme je vous tourmente, il vous opprime alors que vous méditez encore sur le mystère de l'âme chrétienne de votre pays natal, il contredit votre conscience, étouffée par votre orgueil démesuré, lequel dissimule une blessure d'enfance qui appelle sans cesse au secours par des cris malheureusement inaudibles. Vous êtes bien un curieux personnage. Peut-être se cache-t-il, derrière ce monstre insensible et sanguinaire, un enfant tourmenté par une maladie démoniaque d'origine extérieure.
J'espère que vous avez prévu de quoi vous défendre après la chute de Terienkov (dans le cas où nous y parviendrions), car croyez moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous empêcher de revenir à la tête de la Rostovie.

Kirov sourit encore une fois très timidement, avant de reculer de quelques pas en baissant les yeux.

-après quelques minutes de délibération en privée du conseil makengais...-

Atnafu Abate : Camarade Kirov, j'accepte de vous aider dans le cadre de la défense du Derg contre l'Olusegun au Mahaji. Soyez-sûr que l'armée makengaise vous apportera les soutiens nécessaires à votre entreprise de protection du Nord-Est du Mahaji contre ces salopards de la Main Noire.
Cependant, je refuse d'accéder à votre requête à propos de Dzérine. Je sais que vous avez d'autres plans derrière la tête, et, par mesure de précaution et de neutralité, mais aussi sous les conseils très sages de mademoiselle Saratova, le Makengo ne soutiendra pas le comité de Dzérine pour votre compte. Le Makengo ne participera pas au retour de votre pouvoir, je vous laisse vous débrouillez seul. Nous n'apporterons l'aide demandée que lorsque nous aurons reçu les engagements concrets et promesses matérielles de votre bonne volonté dans une lutte de concert, totalement désintéressée, contre Terienkov.

à suivre....