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Posté : jeu. sept. 19, 2019 12:14 pm
par Galaad
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26. februar 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]Le principal groupe audiovisuel lance sa chaîne d'information internationale[/center][hr][/hr]

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Après le lancement et la multiplication des [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352052#p352052]centres culturels norrois[/url] par le Jernland, il y a déjà presque un an, l'officialisation d'une nouvelle chaîne de télévision dédiée aux actualités internationales et nationales pouvant intéresser les téléspectateurs étrangers apparaît comme une nouvelle étape dans la stratégie d'influence mise en oeuvre et soutenue par le Statsråd. Cette chaîne de télévision, qui sera opérée par le principal groupe audiovisuel jernlander - Nordisk rikskringkasting (ndlr. Société norroise de radiodiffusion) est déjà connue dans l'espace norrois pour la qualité de ses émissions et a construit sa réputation sur la délivrance d'une information factuelle, et ses analyses pointues -, devrait émettre sur plusieurs support. En effet, son président-directeur général a promis que les téléspectateurs pourront y avoir accès par satellite naturellement, mais également grâce au streaming. Ce choix de ne pas avoir recours uniquement à une émission par satellite s'appuie sur la volonté de rendre accessible y compris depuis d'autres supports numériques comme les téléphones intelligents et les tablettes. L'essor de la consommation de télévision au travers d'autres médias que la très traditionnelle télévision a incité la direction à retenir également cette solution et ainsi accroître potentiellement le nombre de ses téléspectateurs. « Les jeunes générations consacrent de moins en moins de temps au visionnage d'émissions de télévision et privilégient largement de nouveaux moyens de communication pour regarder leurs séries, leurs films ou les émissions autrefois proposées en direct à la télévision. Nous avons constaté une envolée du visionnage en replay, ou à la demande » confie le directeur des programmes de NRK.

C'est justement ce constat qui a incité fortement le groupe audiovisuel à privilégier un format mixte pour pouvoir suivre cette nouvelle chaîne. « Le format sera d'ailleurs très novateur, puisque une grande partie des chaînes d'information continuent de proposer des émissions plutôt longues, parfois de plus d'une demi-heure », ce qui a conduit à s'orienter vers une grille de programmes assez mixte. « Nous ne cherchons pas à créer une chaîne d'information en continue, qui est le mal de ce siècle, puisqu'on est dans l'instantanéité et que rarement il est pris le temps de décortiquer les événements et d'en offrir une grille de lecture et d'analyse aux téléspectateurs » estime le président-directeur général du groupe. Ainsi, la future chaîne proposera des émissions culturelles, de divertissement, essentiellement des films et téléfilms produits au Jernland et mettant en lumière le septième art national, ainsi que des temps prévus pour l'information. Cette nouvelle chaîne devrait émettre d'ici quelques mois, dès les derniers préparatifs terminés, avec dans un premier temps une priorité donnée à la diffusion par internet qui est plus simple à mettre en oeuvre, avant que ne débutent les diffusions par satellites.

Si en apparence il pourrait ne s'agir que d'une énième chaîne de télévision - le groupe dispose déjà de trois canaux au Jernland, dont deux disponibles en clairs -, impossible de ne pas voir derrière cette nouvelle offre pour les téléspectateurs une pierre de plus dans l'important travail d'influence exercé depuis quelques années par le gouvernement du Jernland. Le ministre de l'information, de la culture et des cultes s'est d'ailleurs réjoui que des acteurs privés veuillent également mieux faire connaître le pays norrois, grand représentant de cette culture de Dytolie du nord, en s'inscrivant en complément de l'action institutionnelle et très officielle du Jernland. « Les centres culturels, sous l'égide commune du ministère des relations internationales et du ministère de la culture ont vocation à permettre aux ressortissants étrangers dans leur pays de mieux se familiariser avec notre culture, notre langue et notre mode de vie, tout en ayant une mission d'attractivité pour renforcer évidemment la filière touristique et sensibiliser d'éventuels talents aux opportunités offertes par le Jernland » complète-t-il. Les centres culturelles norrois offrent en effet l'opportunité d'avoir accès, à l'étranger, aux productions cinématographiques jernlanders, à des ouvrages de littérature nationale, ou même à la presse du Jernland du jour. Pour accroître leur rayonnement, ils ont d'ailleurs récemment numérisé et digitalisé leur action et leur fonctionnement, afin de permettre aux étrangers d'avoir plus rapidement accès aux contenus proposés. Si les cours de langue proposé localement restent dispensés in situ, les personnes intéressées peuvent à présent se créer un compte pour acheter les journaux numériques, louer des films ou même préparer leur voyage au Jernland. Selon plusieurs utilisateurs et visiteurs réguliers, « cela a facilité énormément l'accès à la culture norroise, pourtant encore peu présente au Lebira » - un centre culturel, adossé à l'ambassade, y a récemment ouvert ses portes. « Cela sensibilise à la culture norroise et au Jernland, alors que beaucoup d'incompréhension subsiste » ajoutent-ils.

C'est justement pour réduire ce genre d'incompréhension que le gouvernement a décidé de soutenir cette initiative, tout en garantissant l'indépendance des informations et des programmes diffusés à l'étranger. Pour le ministre de l'information, de la culture et des cultes, « s'il appartient au Statsråd de s'assurer de la qualité des programmes émis et visionnés au Jernland, il en est tout à fait autrement pour ceux à destination de l'étranger où la seule condition, au delà du respect des réglementations qui y sont applicables, doit être la véracité des informations données au public ». c'est d'ailleurs sur ce seul critère que le ministère de l'information et de la culture sera vigilant et s'attardera. En faisant ainsi la promotion de l'art et de la culture jernlander, le groupe audiovisuel et le gouvernement espèrent améliorer les relations bilatérales, avec à la clef la construction potentielle de partenariats nouveaux et davantage basés sur la compréhension mutuelle et le dialogue.

Posté : lun. sept. 23, 2019 9:59 am
par Galaad
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08. mars 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]Le Jernland va réinstaurer les visas pour les Lébiriens[/center][hr][/hr]

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Après la décision du Sénat unique lébirien de représenter et réadopter [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356701#p356701]sa loi controversée[/url] interdisant l'accès au territoire de la Ligue à tous les individus porteurs d'une puce électronique LITO sous-cutanée, en cours de développement par le fabricant Atelm, le Statsråd avait espéré que l'exécutif lébirien, emmené par le président de la province nazalienne, Lino di Melaccis, apposerait à nouveau son veto sur le nouveau texte de loi. [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356701#p356701]Il n'en a rien été[/url], et cela permet à la loi d'entrer progressivement en vigueur sur l'ensemble du territoire lébirien, privant ainsi une partie des citoyens jernlanders, déjà porteurs de puces électroniques, de se rendre en Nazalie, Arovaquie, Illythie, ou plus largement dans toute la Ligue de Lébira. Au delà du débat de fond, la situation traduit également des rapports de force entre un exécutif lébirien en mal d'affirmation, face à un Sénat unique visiblement désireux de s'imposer comme l'institution centrale de la vie politique nationale. Selon Godtfred Amundsen, professeur de sciences politiques à l'université de Røros, « nous assistons à l'affirmation d'un césarocaméralisme, où le Parlement lébirien s'est finalement imposé face à un exécutif qui n'a pas souhaité entrer dans un affrontement avec le pouvoir législatif, au risque de sacrifier au passage le dialogue jernlando-lébirien ». Pour l'enseignant, cette situation contribue à obscurcir encore le fonctionnement institutionnel d'un Etat déjà réputé pour ses complexités politiques ; « cette situation assez inédite, où le Sénat s'arroge le droit d'entraver le travail du gouvernement représentant lui aussi la population sur des sujets éminemment régaliens devient problématique et conduit la Ligue de Lébira à basculer davantage vers un régime des partis où l'exécutif est otage des intérêts électoralistes de telle ou telle fraction parlementaire ». Alors qu'au Jernland l'exécutif dispose de larges prérogatives en ce qui concerne la conduite des affaires diplomatiques du pays, dorénavant il faudra compter avec un Parlement lébirien visiblement plus enclin à entraver les relations de confiance qui s'instauraient entre les deux Etats au profit d'équilibre et d'accords politiques nationaux par définition fragiles. Si Kristoffer Østgård, le ministre des relations extérieures, s'est refusé à condamner l'initiative législative - le Jernland s'attache strictement à ne pas interférer avec les affaires internes des Etats de la communauté internationale - il rappelle que s'en prendre à plus de trente-trois millions de Jernlanders en les privant potentiellement à terme d'accès au territoire lébirien « ne peut évidemment pas contribuer à améliorer les relations diplomatiques jernlando-lébiriennes et risque finalement de compromettre le climat de dialogue qui s'était instauré » entre les deux pays.

Au delà de l'aspect diplomatique, le vote de la loi lébirienne anti-puces risque également d'avoir des répercussions judiciaires. En effet, un collectif rassemblant une vingtaine de plaignants, tous de nationalité jernlander, a indiqué s'être constitué avec comme objectif de coordonner les actions en justice intentées devant les juridictions lébiriennes. Pour éviter l'action de groupe, dont elle n'est pas nécessairement reconnue partout, l'association a préféré engager autant de procès qu'il n'y a de plaignants. « Cela contribue à deux éléments importants : tout d'abord, cela accroît la visibilité de la démarche et renforce la volonté d'aller au bout, et deuxièmement, nous allons porter l'affaire devant des tribunaux de juridictions différentes » confie le président du collectif. Leonzio Pelliccia, avocat lébirien de l'une des victimes jernlander, estime que cette loi heurte les principes fondamentaux du droit en restreignant largement la liberté de circulation des individus, alors qu'ils ne représentent pas un danger pour la collectivité, ne troublent pas l'ordre public et ne risquent pas de contaminer autrui. « Sans autre risque sanitaire ou de sécurité, l'Etat a choisi de discriminer un certain nombre de ressortissants au motif qu'ils ont fait un choix qu'il n'appartient pas aux autorités de juger » considère Umberto Barbara, l'un des plaignants. Au regard du grand attachement des Lébiriens à la liberté et au respect des droits fondamentaux, l'initiative pourrait rencontrer un certain succès devant les juges. D'autant plus que puisque ni le gouvernement, ni le législatif ne parviennent à un compromis, nombreux sont ceux qui espèrent que les tribunaux seront plus avisés en rappelant les bases des droits fondamentaux. Cette détermination se ressent d'ailleurs chez plusieurs Jernlanders ayant déposé plainte, puisqu'ils n'excluent pas de « saisir toutes les cours de justice lébiriennes jusqu'à celle faisant office de tribunal constitutionnel si nécessaire », anticipant par là un potentiel jugement en leur défaveur. LE ministère des relations extérieures, bien qu'étranger à cette initiative affirme avoir été informé par l'ambassadeur jernlander auprès de la Ligue de Lébira et plusieurs avocats jernlanders des plaignants. « Je suivrai évidemment avec attention l'évolution de la situation, sans toutefois y prendre part directement » rappelle-t-il.

Pourtant, le Statsråd n'entend pas rester passif face à ce qu'il considère être une attaque directe contre le Jernland, alors que ce dernier indique réfléchir à la généralisation de la puce sous-cutanée pour l'ensemble des ressortissants jernlanders vivant sur le sol national, et qu'aucun autre Etat n'a encore indiqué penser à une telle mesure. « Il serait difficile de ne pas voir derrière cette initiative du Sénat unique une mesure visant à restreindre l'accès des Jernlanders au territoire lébirien et particulièrement hypocrite de nier une telle volonté », même s'il espère toujours une résolution rapide de ce différends diplomatique. En attendant, le gouvernement a pris un décret temporaire dont la durée est de six mois interdisant à toute entreprise nationale de fournir des produits ou des pièces qui permettraient au gouvernement de la Ligue de Lébira, ou à des entreprises lébiriennes de nuire aux intérêts stratégiques de l'Etat. C'est ainsi qu'Altek se retrouve dans une situation l'empêchant de fournir à son client Orbis Communication les ordinateurs et systèmes d'exploitation nécessaires à la fabrication des satellites commandés par la Ligue de Lébira et encore non livrés. « J'ai personnellement appelé mon homologue santognais pour l'avertir de cette situation, qui, s'il la regrette, est parfaitement comprise » indique Kristoffer Østgård. Du point de vue des analystes et observateurs de la scène diplomatique mondiale, il s'agit évidemment d'une pression mise par le Jernland sur son interlocuteur lébirien, alors que les décrets d'application de la loi tant décriée ne sont pas encore pris. Godtfred Amundsen juge d'ailleurs la manœuvre plutôt habille, puisque le décret n'a qu'une valeur de six mois - il peut cependant être renouvelé autant que nécessaire. « En prenant ces mesures de rétorsion, le Statsråd rappelle qu'il n'a pas l'intention de rester passif pour faire valoir les droits de ses ressortissants et il s'en prend à un besoin essentiel de la Ligue de Lébira, tout en restant très mesuré dans sa réponse, loin des excès qui ont conduit à l'annulation de la dette détenue par l'Ennis et à une guerre commerciale pour les deux pays ». Le ministre des relations extérieures a toutefois déclaré que passé ce délai de six mois, le décret pourrait être prolongé, et que le Jernland prendra alors vraisemblablement l'attache d'Orbis Communication et du gouvernement santognais pour se porter acquéreur de certains satellites initialement destinés à la Ligue de Lébira ; « c'est une mesure que nous n'excluons pas et qui vise à ne pas pénaliser trop lourdement Orbis Communication qui est l'un de nos fournisseurs principaux en matière d’objets spatiaux et qui n'a pas à être une victime collatérale des divergences jernlando-lébiriennes ».

Pour beaucoup, cette annonce sonne comme un avertissement au gouvernement de Luciano Vesperto, l'enjoignant à prendre ses responsabilités et à envoyer un signal clair au Jernland en faveur du dialogue. En attendant de connaître les intentions de l'exécutif lébirien, le ministère des relations extérieures a retiré la Ligue de Lébira de sa liste de pays pouvant bénéficier d'exemption de visas - le Jernland a mis en place un système d'autorisation administrative simplifiée d'entrée et de séjour sur le territoire national, connue sous le nom d'[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=353472#p353472]IBSI / ESTA[/url] - augmentant dès lors les frais et conditions d'entrée au Jernland. « Naturellement, j'espère que ces mesures pourront bientôt être reconsidérées et que les conditions permettant le retour à une situation ante loi d'interdiction du sol lébirien seront bientôt réunies » déclare le ministre. Il semblerait que du côté du Statsråd on souhaite ainsi privilégier le dialogue, sans pour autant apparaître comme passif ou observateur. Selon Godtfred Amundsen la stratégie du gouvernement pourrait se révéler être la bonne, la Ligue n'ayant aucun intérêt à un renforcement des tensions en Dytolie norroise, où elle ne compte que peu de partenaires et donc de débouchés commerciales potentielles.

Posté : mer. sept. 25, 2019 8:21 am
par Galaad
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14. mars 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]Le coup d'Etat auroran changera-t-il quelque chose ?[/center][hr][/hr]

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Alors que le président du Conseil fédéral, le très austère Pierre-Louis Seyrès avait procédé fin décembre 2039 à plusieurs changements au sein des attributions des portefeuilles ministériels, avec l'entrée au gouvernement de deux femmes en charge de la justice et de la police pour la première et de la défense, de la protection des citoyens et des sports pour la seconde, nous apprenons ce matin que [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356807#p356807]plusieurs unités de l'armée auroranes ont « déposé » l'exécutif[/url], refusant cependant la qualification de coup d'Etat. A peine trois mois après leur désignation, Jade Beaubois et Marianne Grandis ont donc magistralement échoué dans les missions qui leur avaient été confiées, puisque ni l'une ni l'autre ne sont parvenues à anticiper un tel scénario - certes des plus improbables alors qu'on pensait que l'armée constituait un allié et soutien de poids du gouvernement auroran et de son martial président - alors même qu'elles devaient garantir les missions de police et superviser la grande muette. Le coup de force militaire est intervenu en pleine nuit avec un déploiement assez important de blindés et fantassins qui ont rapidement pris le contrôle des lieux névralgiques, en témoigne la capacité qu'a eu le général Jean-Marie LeMahieu à transmettre un message radiotélévisé pour tenter de rassurer une population civile et une presse visiblement surprise d'une telle opération. Selon les informations du Auroran Associated Networks, l'agence nationale de presse, plusieurs dizaines de coup de feu ont été échangés entre les soldats rebelles et les forces de protection de la présidence, avant que l'essentiel des membres du gouvernement auroran ne soit finalement arrêté et ses membres placés sous la protection de l'armée, qui affirme que « leur sécurité est assurée ». Pour l'heure, c'est toutefois la confusion qui continue de régner, rendant par là même très difficile d'y voir plus clair sur les motifs et intentions véritables des forces armées rebelles.

Le ministère des relations extérieures à indiquer suivre de près le déroulement de cette crise qui frappe l'Aurora et par effet de ricochet l'ensemble de la Confédération des Etats Indépendants, qui regroupe aussi les îles des Provinces-Unies de Panoa et la Principauté d'Alden. Pour Kristoffer Østgård ce coup d'Etat est d'autant plus problématique qu'il frappe un pays notoirement connu pour ses positions très hostiles à la Communauté des Nations Dytoliennes. Pour lui, « la plus grande vigilance est de rigueur au regard des capacités de projection importantes de l'armée aurorane et que les intentions du général LeMahieu reste très obscure en ce qui concerne les relations qu'il souhaitera établir avec les Etats-membres de la Communauté des Nations Dytoliennes ». En effet, alors que souvent la rhétorique belliciste aurorane fustige ceux que la Confédération des Etats Indépendants a érigé en adversaires de premier ordre pour elle, sans que les motifs ne soient toujours très évidents pour la communauté internationale, le Statsråd ne veut pas, à ce stade, prendre position ou exprimer le moindre avis sur les difficultés que rencontre actuellement les institutions de La Trinité. Cependant, le General Magnuss Løvenskiold considérerait d'un œil plutôt favorable tout événement qui permettrait l'instauration d'un dialogue plus apaisé entre Røros et le gouvernement auroran. D'ailleurs, pour Bjørnar Thomsen, professeur à la Krigsskole (ndlr. Ecole de guerre) - il s'agit de la principale académie militaire du Jernland, et l'une des plus anciennes du pays - « la position du gouvernement jernlander ne peut pas être autre, au risque sinon de provoquer des conséquences potentiellement indésirables pour les relations bilatérales avec l'Aurora, alors même que le Jernland et le Caeturia ont convenu récemment de chercher à trouver des terrains d'entente et de possibles compromis pour faire baisser les tensions et de rétablir, a minima, un climat d'apaisement ».

En attendant, Kristoffer Østgård, le ministre des relations extérieures, a appelé l'ensemble des ressortissants jernlanders à la plus grande attention en leur déconseillant de se rendre pour quelque motif que ce soit sur le sol de l'un des territoires composant la Confédération des Etats Indépendants. Si depuis septembre 2039, les conditions pour les individus de nationalité de l'un des Etats-membres de la Communauté des Nations Dytoliennes ont été [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=354151#p354151]considérablement durcies[/url] depuis la cyberattaque dont a été l'objet la Ligue de Lébira après l'affaire du largage de sel sur le Thorval, pour lequel l'administration de Luciano Vesperto a fait preuve de la plus grande complaisance. « A 900 dalers (ndlr. 600 dollars) le visa touristique, il ne fait aucun doute que c'est déjà très dissuasif, mais certaines personnes n'ont généralement pas d'autre choix que de se rendre en Aurora, ne serait-ce que pour affaire » plaide le ministre, en espérant pouvoir compter largement sur le bon sens et la responsabilité des Jernlanders, de toute façon assez peu enclin à se rendre dans cette partie du continent.

De manière générale, Bjørnar Thomsen estime que les prochaines heures seront naturellement cruciales puisqu'elles donneront davantage d'indications quant à la trajectoire que l'armée aurorane voudra donner à son action, et sur ses intentions de rétablir ou non le fonctionnement constitutionnel. Pour autant, il juge que cette déposition du gouvernement « ne fait que traduire en vérité un sentiment beaucoup plus profond qui traversait les troupes depuis maintenant plusieurs mois, alors que des informations qui remontent, les chefs militaires avaient déjà alerté les autorités civiles sur les dangers à poursuivre une politique parfois considérée comme illisible ; d'autant plus dans le contexte institutionnel que l'on connaît, où cohabitent principauté, république et fédéralisme sous couvert de confédéralisme ». Il est en effet particulièrement difficile de savoir ce qui a fondamentalement motivé une intervention aussi directe de l'armée dans les affaires gouvernementales et la vie institutionnelle nationale, si ce n'est pour en réorienter profondément le cours. « En recourant au "pronunciamento", les haut-gradés se sont rappelés au bon souvenir du pouvoir civil pour lui indiquer qu'il faudra compter dorénavant plus évidemment avec eux pour décider des politiques de la nation ». Pourtant, si nombreux sont ceux à avoir critiqué le changement institutionnel ennissois après les attentats meurtriers de Dunmore, il sera intéressant d'observer les réactions de la communauté internationale face à la situation aurorane, pays qui s'est déjà transformé au cours des années précédentes en sorte de caserne à ciel ouvert, dont ne filtraient presque plus que des informations sur les entraînements militaires ou les diatribes contre la Communauté des Nations Dytoliennes, apparemment responsable de tous les maux de la planète. La Flavie, particulièrement proche des autorités auroranes, sera évidemment très scrutée dans les jours à venir ; elle pourra soit réaffirmer son soutien inconditionnel à La Trinité, au risque de se décrédibiliser et passer pour la marionnette de cette dernière, soit au contraire chercher à prendre ses distances, isolant alors encore davantage la Confédération des Etats Indépendants sur la scène internationale et en Dytolie.

Posté : lun. oct. 07, 2019 1:05 pm
par Galaad
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20. april 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]Le Sénat lébirien revient à la raison et lève son interdiction de séjour[/center][hr][/hr]

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Il n'aura pas fallu plus de trois mois au Statsråd pour finalement faire entendre raison à un Sénat lébirien, explosé façon puzzle entre les représentants d'un pays déjà lui même fragmenté comme aucun autre sur la planète. Alors que la réforme des institutions de la Ligue de Lébira laissait présager plus de rationalité et de transparence dans le fonctionnement démocratique italique, c'est plutôt par sa déraison que l'assemblée unique a surpris son monde. En effet, dès le 5 février 2040, elle votait une [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356460#p356460]loi interdisant l'accès au territoire national[/url] à tous les individus porteurs d'une puce sous-cutanée, immédiatement après qu'Arne Odlo, le ministre de l'intérieur et de la sûreté annonçait [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356456#p356456]l'intention du gouvernement[/url] d'équiper chaque Jernlander de ces bijoux technologiques d'ici plusieurs mois. Si entre temps la décision a été prise d'étaler cette mesure jusqu'en 2042, le temps de développer les techniques relatives aux composants électroniques miniaturisés, cet épisode a provoqué une grave crise institutionnelle en Ligue de Lébira. Ainsi, après [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356471#p356471]le veto du président nazaliéen[/url], Lino di Melaccis, les sénateurs, provocateurs, ont [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356658#p356658]revoté une loi anti-puces[/url]. La réaction jernlander ne s'est d'ailleurs pas faite attendre, puisque [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356745#p356745]par décret[/url], il a réinstauré une obligation de visas pour l'ensemble des citoyens lébiriens, tout en interdisant aux fournisseurs nationaux d'Orbis Communication de fournir les pièces nécessaires à la conception des satellites commandés par la Ligue de Lébira. Quelques [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356804#p356804]démissions[/url], [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356837#p356837]élections[/url] et [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=357252#p357252]invalidation de loi[/url] plus tard, la pression maximale exercée par Røros sur Cartagina a fini par payer, puisque dorénavant les Jernlanders, clairement visés par la loi anti-puces, pourront à nouveau se rendre plus aisément sur le territoire de la Ligue.

Pour le Jernland c'est une incontestable victoire. En effet, alors que la Ligue de Lébira s'installe de plus en plus dans un bras de fer avec l'ensemble des membres de la Communauté des Nations Dytoliennes comme en témoigne les violentes passes d'arme avec la République de Valdaquie - cet épisode contribue à alimenter encore la thèse des « chars valdaques roulant sur une Cartagina à feu et à sang » - ou avec la République fédérale d'Ennis lorsque Luciano Vesperto a décidé de faire défaut sur la dette détenue par Dún Mór. Pourtant, en comparaison à l'allié ennissois, le Statsråd a réussi à s'imposer face à la première puissance économique mondiale en appuyant exactement sur ce qui pouvait faire mal, à savoir le confort de vie des Lébiriens et le prestige de disposer d'un important réseau satellitaire. Au ministère des relations extérieures, néanmoins, l'ambiance est au triomphe modeste, le ministre Kristoffer Østgård préférant rappeler que le dialogue sera toujours la voie diplomatique privilégiée par le Jernland quel que soit l'interlocuteur et l'adversaire du moment. Ce dernier témoigne d'ailleurs avec calme que « la violence, les mesures de rétorsion violentes ou même les démonstrations de force intempestives ne seront jamais privilégiées par ce gouvernement parce que ces moyens ne peuvent conduire qu'à une aggravation de situations déjà suffisamment tendues ». Néanmoins, pour Bjørnar Thomsen, professeur à la Krigsskole (ndlr. Ecole de guerre), cette séquence traduit que le rapport de force semble être un des discours que les autorités lébiriennes comprennent clairement, et qui paraît permettre d'infléchir la ligne diplomatique de la Ligue de Lébira lorsque cette dernière se met en tête de provoquer des confrontations là où il n'y aurait pas lieu d'en avoir. Tandis que Godtfred Amundsen, professeur de sciences politiques à l'université de Røros, complète en estimant que « cette victoire internationale renforce encore la légitimité jernlander à prendre part aux grands débats qui animent la scène internationale et positionne le pays comme un interlocuteur avec lequel il va falloir compter toujours davantage en Dytolie, et pas seulement norroise », alors que les intérêts s'aiguisent en Cérulée autour d'un Caskar au bord du précipice de la guerre civile.

Nonobstant le positionnement géographique du Jernland qui l'a longtemps confiné à jouer des rôles de second plan et principalement dans l'espace boréal et norrois, la nouvelle donne après le succès diplomatique face à une Ligue de Lébira qui a également démontré son grand isolement sur la scène international - aucun Etat n'a volé à son secours ou lui a apporté son soutien explicite dans sa croisade anti-Jernland - pourrait inciter Røros à davantage position dans les affaires continentales et chercher à contrebalancer les influences historiques et rebattre les cartes des rapports de force. D'ailleurs le General Magnuss Løvenskiold exclut de moins en moins de se concentrer sur l'espace céruléen en investissant davantage sur la sécurité et la défense dans cette région de la Dytolie. A la sortie du dernier Rådet for statens sikkerhet (ndlr. Conseil pour la sûreté de l'Etat), il a rappelé que « directement ou indirectement, notamment au travers de nos alliés de la Communauté des Nations Dytoliennes, notre pays dispose d'intérêts économiques et politiques localement et il serait tout à fait légitime, logique même, que nous y renforcions notre présence militaire, mais également diplomatique pour pouvoir anticiper les potentiels sources de conflit et apporter une réponse contribuant à la stabilité régionale ». Derrière ces déclarations en apparence assez peu polémiques, Godtfred Amundsen et Bjørnar Thomsen s'accordent surtout à dire que l'implication croissante de puissances extra-dytoliennes sur le continent, mais également une tentation hégémonique de la Ligue de Lébira et un axe Røros-Albarea qui tend à se démarquer toujours plus ; « il y a une convergence des intérêts jernlando-valdaques depuis plusieurs mois maintenant, d'abord pour amoindrir l'influence lébirienne en Cérulée mais également parce que le Statsråd a rapidement compris l'intérêt de renforcer l'axe nord-sud en Dytolie ». A terme, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui estiment que les Nouvelles Routes de la Soie et les routes arctiques finiront par être les deux outils d'influence au service des ambitions économiques, commerciales et militaires d'une Valdaquie et d'un Jernland qui se veulent être deux puissances régionales majeures ; à la différence que dans l'espace norrois, le second n'a pas une Ligue de Lébira immédiatement voisine. « Plus il contribue à amoindrir Cartagina, plus il y a d'espace pour Albarea et moins la Ligue sera tentée de venir s'immiscer dans les affaires norroises, ce qui provoquerait irrémédiablement un réchauffement des tensions et potentiellement des mesures de rétorsion plus virulentes » analyse Godtfred Amundsen, n'excluant pas à terme que cela puisse dégénérer en conflit armé localisé.

Bjørnar Thomsen va plus loin, puisque pour lui, Cartagina est en train de se laisser enfermer dans le piège de Thucydide, « la peur que lui inflige une Communauté des Nations Dytoliennes toujours plus forte économiquement, militairement et technologiquement la conduise à amplifier très largement ce qui ne sont à la base que de banales divergences et appréciations de situations, les transformant en véritable motifs d'affrontement diplomatique et potentiellement militaire à terme ». Face aux ambitions hégémoniques lébiriennes et de ses alliés en Cérulée, au premier rang desquels figure notamment la Cybistrie, ou l'Epibatie plus au sud, le Jernland pourrait être tenté de renforcer également ses partenariats avec le Royaume de Kars. En ligne de mire, les Nouvelles Routes de la Soie dont le Statsråd verrait d'un bon œil qu'elles excluent la Ligue de Lébira et la Cybistrie qui cherche par tous les moyens à être sur son tracé ; « c'est très simple, lorsque les principaux acteurs des Nouvelles Routes de la Soie ferment la porte, ils essaient de s'infiltrer par la fenêtre » observe Godtfred Amundsen. Cette tendance risquerait d'ailleurs potentiellement d'envenimer largement la situation et les tensions, là où Cartagina devrait pourtant privilégier une approche plus indirecte en se disant ouverte au dialogue et aux discussions pour intégrer mieux la Ligue sur ces chemins commerciaux. « Malheureusement, les Lébiriens ne savent pas faire autrement que de vouloir forcer la main à leurs interlocuteurs lorsque ces derniers se montrent plutôt sceptiques »...

Posté : mer. oct. 09, 2019 9:17 am
par Galaad
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26. april 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]La Ligue de Lébira est-elle toujours la démocratie qu'elle prétend être ?[/center][hr][/hr]

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La Ligue de Lébira a beau jeu de faire la leçon au monde entier. Un matin c'est sur la manière dont le Jernland compte renforcer la sûreté de ses ressortissants en proposant l'introduction de puces sous-cutanées, un autre jour, c'est en essayant de se poser en gendarme de la Cérulée et en dénonçant les agissements gandhariens en Janubie. Cette dernière affaire ne doit d'ailleurs pas faire oublier que les agissements lébiriens l'ont déjà conduit à rompre commercialement avec plusieurs Etats, et non des moindre. Ainsi, après la rupture commerciale avec la [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=355935#p355935]République de Valdaquie[/url], après la République fédérale d'Ennis, et le [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=355125#p355125]Royaume de Slézanie[/url], Cartagina s'est coupé un énième autre membre en déclarant la rupture de tous les échanges de marchandises en provenance du [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=357135#p357135]Gandhari[/url] et les flux financiers dans les deux sens. Avec la fin des échanges économiques avec ces trois seuls Etats, la Ligue de Lébira voit ainsi déjà l'équivalent de 7,5% du produit intérieur brut mondial lui être intégralement fermé. Il s'agit ni plus ni moins de 312 milliards de dollars de production qui échappe entièrement à la Ligue de Lébira, soit l'équivalent de sa propre richesse nationale. Loin d'avoir atteint un seuil considéré comme alarmant pour ses perspectives économiques, toutes ces mesures de rétorsion commencent cependant à inquiéter les investisseurs jernlanders, notamment ceux ayant décidé d'investir dans l'immobilier lébirien ces dernières années ; au point que plusieurs analystes de l'agence de notation et d'évaluation des risques financiers [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=355863#p355863]Investment information and credit rating agency[/url] (ndlr. Agence d'information sur l’investissement et la notation des crédits ; I2CR) estiment maintenant que le gouvernement de Luciano Vesperto manque de sang froid en ne procédant pas par gradation et en appliquant généralement d'office la rupture de l'ensemble des liens commerciaux. « Cela crée une très forte instabilité puisque des entreprises lébiriennes qui ont établi des liens avec des homologues étrangers peuvent se retrouver du jour au lendemain dans l'incapacité légale d'honorer leur part du contrat en raison de dispositions réglementaires nouvelles consécutivement à des sanctions prises sur le plan politique. cela ne contribue évidemment pas à l'établissement de relations de confiance, essentielles dans le monde économique et tôt ou tard, cela ne pourra qu'avoir des conséquences sur le niveau des investissements directs étrangers, déjà en chute logiquement » constate le directeur-général de l'agence, Tomas Askeland.

Pourtant, au delà de ce phénomène d'hystérie de sanctions dont semble être saisi le gouvernement lébirien, plusieurs autres questions se posent. En effet, si elle a beau jeu de critiquer le fonctionnement institutionnel ou politique du reste de la communauté internationale, n'est ce pas en réalité de Cartagina que viendrait le problème ? Il est permis de se poser la question, tant le décalage entre les discours moralisateurs en matière de respect des grands principes du droit et la réalité concrète de leur application à l'intérieur des frontière est toujours plus abyssal. Ainsi, comme premier exemple, il est permis de s'interroger très fortement sur les exactions commises en Epibatie et où la Ligue de Lébira a toujours plus d'intérêts. Au delà des bombardements au napalm qui ne peuvent, par leur nature même, que potentiellement faire des victimes collatérales, il y a à peine un an, plusieurs humanitaires relevaient de [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=351928#p351928]potentiels massacres sur des minorités autochtones[/url], sans que grand monde dans la communauté internationale ne s'en émeuve, ni même que la Ligue de Lébira n'agisse, alors même qu'elle est très prompte à intervenir lorsque ses intérêts sont plus clairement menacés. C'est justement ce qui a conduit à mettre entièrement [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=355492#p355492]sous influence l'empereur proclamé Giorggis IV[/url], qui ne peut plus se déplacer sans plusieurs dizaines de membres des services de renseignement lébiriens. A ce stade, c'est ce qui conduit le ministère des relations extérieures à considérer que « l'Epibatie n'est plus véritablement un Etat indépendant et libre de ses décisions, puisque les forces armées lébiriennes y sont déployées pour imposer leur empereur et que faute de ce soutien, il y a fort à parier que l'ensemble du pays sombrerait dans l'anarchie encore plus fortement ». De même, sur place, Cartagina semble largement cautionner les arrestations arbitraires au sein de l'armée, qualifiées par ailleurs par la presse locale de [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=354126#p354126]purges politiques comparables à celles connues en 2020[/url]. La Haute-Illythie et l'Epibatie, territoire de la Ligue pour le premier, protectorat pour le second, témoignent ainsi froidement de la réalité d'une démocratie lébirienne sclérosée par un pouvoir aux abois et totalement incapable de redresser la barre sur son sol et sur le territoire dont elle a la protection en Algarbe. Au regard de la situation locale, il devient difficile d'ignorer que la Ligue est une démocratie malade et dangereusement au bord du précipice.

Mais au sein même de ses provinces historiques en Cérulée et en Dytolie, la situation n'est guère plus rassurante pour Cartagina. En effet, au delà des affres économiques évoqués ci-avant, c'est bien le fonctionnement institutionnel même qui peut être remis largement en question. Après l'adoption d'une loi interdisant de séjour sur le territoire lébirien tous les citoyens jernlanders, indirectement visés par la nouvelle législation, le gouvernement de Luciano Vesperto et des présidents provinciaux s'est embourbé dans des manœuvres dignes des démocraties les plus corrompus par les dysfonctionnement. Ne tenant plus ses élus et sa majorité, le pouvoir central a été contraint de [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356804#p356804]pousser à la démission la présidente indépendantiste arovaque[/url], Lena Lazarevicio, parce que cette dernière refusait la tenue d'élections anticipées localement ; ces dernières auraient ainsi permis d'envisager une nouvelle majorité au Sénat majeur. En nommant [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356837#p356837]un homme de paille[/url], entièrement soumis aux décisions et intérêts de Luciano Vesperto, Cartagina s'est assurée que la démocratie fonctionnerait selon son bon plaisir, et que ces élections faciliteraient les petits arrangements d'arrière boutique. S'il est encore difficile d'estimer quelles seront les conséquences sur la société civile et comment réagiront les électeurs après ce que certains, attachés au respect de la séparation des pouvoirs, peuvent légitimement considérer comme un dévoiement constitutionnel. En cédant à la pression étrangère pour pouvoir bénéficier de sa livraison de satellites santognais, la Ligue de Lébira a en partie vendu son âme et retiré son texte anti-puces, mais s'apprête également à [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356872#p356872]rompre avec sa tradition du secret bancaire absolu[/url] et livrera des informations aux administrations de Forcastel dans leur croisade contre l'évasion et l'optimisation fiscale. Ces deux pantalonnades poussent d'ailleurs les observateurs à juger durement les derniers agissements du gouvernement de Luciano Vesperto. « Plutôt que de chercher à apaiser des situations potentiellement conflictuelles, ce gouvernement fait feu de tout bois pour accroître les crispations avec une Communauté des Nations Dytoliennes qui initialement n'avait pas de grief particulier vis-à-vis de la Ligue. Au vu du comportement ouvertement provocateur et provocant de Cartagina elle n'a cependant pas d'autre choix que de montrer elle aussi les muscles. Avec les conséquences que l'on connaît, puisque la Ligue a reculé et s'est compromise, elle qui se décrit comme l'une des rares démocraties libérales du monde ». Ainsi, en cherchant l'affrontement, finalement ce sont les principes dont elle se drape qui en ont pris un sérieux coup...

Et le traitement réservé aux immigrés et aux ressortissants étrangers n'a rien à envier au plus durs des régimes de la planète en matière d'immigration. Si le Jernland par exemple ne s'est jamais caché de disposer d'un droit très sévère en matière d'acquisition de la nationalité et d'entrée sur le territoire, la Ligue de Lébira au contraire se targue régulièrement de naturaliser massivement et d'être une terre d'accueil pour ceux qui fuient leur pays. Cette tendance à se tourner vers la Ligue de Lébira pour trouver refuge et de meilleures conditions de vie que dans son pays d'origine risque elle aussi de se tarir. Entre le sort réservé aux [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=354108#p354108]Amarantins d'Alilée[/url] ou [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=357348#p357348]les camps de concentration pour les immigrés illégaux[/url] qui fleurissent en Illythie avec au moins 3,6 millions de personnes qui y sont parquées selon l'association Columbus, l'attractivité lébirienne va pâlir durement. Pour plusieurs autres organisation non gouvernementales de divers pays, la situation devient intenable et relève de l'absence de respect pour la dignité humaine, critiquant au passage le double discours des autorités lébiriennes qui se présentent d'un côté comme particulièrement favorable à l'accueil de migrants pouvant être une chance pour leur pays, et de l'autre côté, la réalité de la gestion de ces flux que la Ligue a elle même encouragée et stimulé avec des politiques supposément favorables aux étrangers. Incapable d'endiguer l'immigration dont elle est responsable en semant la mort en Algarbe ou en n'étant pas plus ferme dès l'arrivée aux frontières extérieures, la Ligue de Lébira est aujourd'hui confrontée au risque d'un triplement des arrivées clandestines en cas d'abandon de la politique d'incarcération dans ses camps de concentration, où les hommes valides sont d'ailleurs exploités tel des esclaves pour des travaux physiques. Cette situation inquiète d'ailleurs de plus en plus le Statsråd qui y voit une bombe à retardement, parce que tôt ou tard, Cartagina ne sera plus en mesure de gérer cette crise migratoire et des milliers d'illégaux chercheront alors à fuir ce pays qui les a si mal traités. Le ministre des relations extérieures s'est d'ailleurs dit « très préoccupé par les conditions indignes du respect de la vie humaine que les gouvernements lébiriens font subir à ceux qui arrivent sur place. Une politique active et pérenne de reconduite à la frontière ou dans les pays d'origine serait déjà nettement plus respectable ».

Alors oui, la Ligue de Lébira reste en apparence une démocratie, mais dans les faits, elle est gangrenée par les comportements et politiques conduites par ses dirigeants, au point que le discours du gouvernement jernlander selon lequel la démocratie libérale ne peut et ne doit pas être « l'alpha et l'oméga de tout et qu'une autre voie existe ; voie que le Jernland essaie de construire et de suivre » avec les valeur d'ordre, d'autorité et de juste liberté économique comme alternative au désordre des régimes comparables à la Ligue de Lébira.

Posté : lun. oct. 14, 2019 9:24 am
par Galaad
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11. mai 2040 utgave[/center]

[hr][/hr][center]Le monde musulman est une poudrière prête à exploser à la moindre étincelle[/center][hr][/hr]

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Si régulièrement la Dytolie est pointée du doigt comme une véritable poudrière, terre d'origine de nombreux conflits, affrontements et oppositions diplomatiques, en réalité, la situation dans le monde musulman - nous nous abstiendrons de limiter ici l'analyse au seul monde marquésien tant en réalité les ressorts dépassent cette seule zone géographique - est encore beaucoup plus préoccupante et pourrait laisser présager à terme - qu'il soit moyen ou long - d'un conflit d'une envergure beaucoup plus importante encore. Malgré les efforts de plusieurs Etats de la zone marquéso-algarbienne - essentiellement du nord du continent noir d'ailleurs - de nombreuses lignes de fractures traversent ces espaces et portent en elles les germes des guerres futures. Bien que la zone soit très riche en ressources naturelles, minières et fossiles, et que cela pourrait contribuer à stabiliser et pacifier les gouvernements les plus turbulents en les intégrant dans une organisation régionale reposant d'un côté sur des traits culturels et cultuels commun et d'autre part sur des intérêts économiques partagés - l'Algarbe-Marquésie dispose des atouts pour devenir un acteur majeur du commerce mondial - force est de constater qu'au contraire, les moteurs karsais et karmal ne parviennent pas à contenir les débordements de plus en plus nombreux des partenaires musulmans de la Ligue islamique mondiale. C'est d'ailleurs ce qui fait dire à Godtfred Amundsen que « tôt ou tard finira par éclater un conflit majeur impliquant les principales forces musulmanes de ce monde, et ce conflit ne sera en réalité qu'une des répliques de la guerre d'Aminavie qui avait vu le monde se déchirer autour de l'Etat nord-algarbien ».

Cette tendance au renforcement des points de tension dans le bassin sud céruléen et marquésien se traduit d'ailleurs au travers de plusieurs exemples particulièrement éloquents et marquants. En effet, les récents événements au sultanat d'Al-Kouba, qui s'est proclamé en République d'Azouglie après le renversement de son souverain et chef d'Etat démontrent la grande instabilité de l'Algarbe musulmane. Alors que l'Aminavie avait déjà été le théâtre d'une guerre impliquant la Ligue de Lébira qui avait saisi l'occasion de cet affrontement pour s'emparer de plusieurs îles au sud de la Nazalie, il semblerait que la région soit très loind e retrouver son calme, puisque après plusieurs journées d'émeutes et la déclaration de l'état d'urgence, l'armée du sultan se soit mutinée et ait décidé de renverser le gouvernement légitime et de décréter la création d'un Haut-Conseil républicain faisant office de nouveau gouvernement, tandis que le colonel Khali en prend la présidence. Ce qui n'est rien de moins qu'un coup d'Etat a pourtant déjà été reconnu par plusieurs puissances locales qui prennent par là acte de leur incapacité à éviter ce renversement de situation. Et non des moindre d'ailleurs, puisque tant la République démocratique du Makengo, qui aurait pourtant eu tout intérêt à contribuer à une stabilité des institutions des Etats algarbiens, ou encore le Shakhanat du Karmalistan qui lui aussi aurait eu plusieurs motifs pour soutenir davantage un pouvoir face à son armée rebelle. Si le Makengo est géographiquement plus éloigné, ainsi que culturellement et cultuellement, c'est surtout sa situation intérieure - plusieurs centaines de militaires makengais sont déjà déployés au sein des frontières nationales pour rétablir la paix ethnique - qui explique sa promptitude à prendre acte du changement de régime. En revanche, la réaction des autorités du Karmalistan est plus surprenante. Bien qu'idéologiquement plutôt opposé au sultanat, le pragmatisme géopolitique aurait pu conduire à moins de radicalité et plus de soutien pour uns stabilisation de l'espace islamique. La naissance de la jeune république azouglienne augure en effet une instabilité politique régionale conséquente, avec notamment des risques conséquentes tant pour le trafic maritime dans le détroit algarbo-dytolien.

De même, la République de Saog, autre acteur islamique de Marquésie, est un élément géopolitique renforçant l'explosivité régionale. En effet, son gouvernement s'est déjà par deux fois opposé très frontalement aux desseins de la Ligue de Lébira en Cérulée et il devient difficile d'imaginer un futur dans lequel ces oppositions ne finiraient pas par des accrochages militaires, voire même un conflit ouvert qui entraînerait avec lui des implications extérieures. Dans la guerre du Raja Tika, si la Ligue islamique mondiale n'est pas parvenue à contenir les relents bellicistes saoguiens qui s'est empressé d'intervenir aux côtés des communistes gandhariens, après avoir tenu longtemps une rhétorique violemment anti-occidentale, cela démontre bien l'incapacité du monde musulman à se structurer et à faire émerger des positions communes capables de s'imposer à l'ensemble de la région algarbo-marquésienne. A l'inverse d'une Communauté des Nations Dytoliennes - qui quand bien même est décriée par une minorité sur le continent - la Ligue islamique mondiale n'est pas encore parvenue à devenir un acteur local capable de faire cesser les aventures des Etats de sa zone d'influence. Godtfred Amundsen estime d'ailleurs que le concept de zone d'influence est absolument incontournable dans les relations internationales contemporaines. « C'est surement ce qui a toujours posé un problème de fond aux détracteurs de la Communauté des Nations Dytoliennes, à savoir que l'organisation régionale a cherché à structurer les relations continentales en proposant des coopérations économiques, technologiques, et culturelles tout en étant un acteur majeur de l'équilibre des puissances en Dytolie et cherchant à tout prix à éviter les ingérences extracontinentales ; sur ce dernier point, les ingérences au Caskar risquent d'ailleurs de contribuer à un accroissement des crispations ». En revanche, à terme, « si nous voulons éviter l'éclatement d'un conflit dans le monde musulman, nous devons plaider et agir dans le sens d'un renforcement de la Ligue islamique mondiale et organiser les relations politiques, économiques et commerciales avec la Communauté des Nations Dytoliennes ». Si les Nouvelles Routes de la Soie sont un beau projet pour le professeur de sciences politiques, et un premier pas vers la réconciliation entre divers acteurs dytoliens et islamiques hier plutôt opposés, le parachèvement serait la signature d'un important accord CND-LIM sur les échanges commerciaux par exemple, à l'image de ce en faveur de quoi plaident le Jernland et le Royaume de Kars depuis plusieurs mois. Géant militaire, la Ligue islamique mondiale pourrait également y retrouver de sa confiance en elle-même et s'ériger davantage comme le gendarme régional en assumant une mission allant parfois au delà de son périmètre géographique des Etats-membres pour renforcer la paix en Cérulée du sud et dans l'océan marquésien.

En raison des nombreuses autres menaces qui pèsent également sur les Etats islamiques, comme par exemple la [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356156#p356156]mauvaise santé financière[/url] de la République de Dhosa, ou encore l'épineuse question du Hierosylme qui risque à tout moment de s'[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349063#p349063]embraser à nouveau[/url], malgré l'accord karso-valdaque en faveur d'une protection commune de la Ville Sainte, ou encore la propension naturelle qu'a la Ligue de Lébira à jouer au fauteur de trouble dans cette zone, il paraît difficile de considérer comme très stable cette région du monde par laquelle transite pourtant l'essentiel du pétrole et des hydrocarbures consommés par la communauté internationale. Avec sa quinzaine de zones riche en or noir, le Royaume de Kars est surement celui qui a le plus à craindre d'un embrasement généralisé puisqu'il pourrait compromettre conséquemment la pérennité et la sécurité de son commerce pétrolifère. Si le géant militaire karmal pourrait être l'acteur de la paix - la menace dissuasive qu'il pourrait faire peser sur les trublions régionaux avec ses effectifs pléthoriques - les instabilités dans le nord du pays et l'émergence de mouvements au sein d'une nébuleuse très peu identifiable et descriptible font craindre un basculement un jour où l'autre dans une forme d’anarchie dans laquelle la souveraine karmale aurait bien du mal à maintenir le contrôle sur l’arsenal national, qui entre de mauvaises mains pourrait compromettre bien plus que la simple paix algarbo-marqésienne.